La ferme des animaux de George Orwell

[Article archivé]

Après avoir dévoré 1984 en une journée car je ne pouvais plus le lâcher, j’ai voulu lire un autre roman de George Orwell pour le défi Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents.

La ferme des animaux est un roman plus court écrit en 1945 (publié en Angleterre en 1945 et en France en 1947) soit 4 ans avant 1984. Paru chez Gallimard dans la collection Folio (n° 1516, décembre 2008, 151 pages, ISBN 97862-07-037516-5), Animal Farm est traduit de l’anglais par Jean Quéval.

Genres : littérature anglaise, science-fiction.

J’ai eu l’impression que La ferme des animaux était un galop d’essai avant 1984. George Orwell a imaginé un coup d’État fomenté par un petit groupe d’individus (des animaux) dans un milieu clos (une ferme) et a « observé » ce qu’il s’y passait. Il semblerait que l’auteur n’ait rien laissé au hasard et que, bien que bref, ce récit soit très complet !

Une nuit de mars, le cochon Sage l’Ancien – qui a fait un rêve la nuit précédente – convoque tous les animaux dans la grange et propose aux cochons, chiens, poules, pigeons, vaches, moutons, chevaux, canards, chèvre, âne, corbeau apprivoisé et chatte de faire une révolution pour devenir propriétaire de la ferme et de leur travail. « Nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève » (p. 11) et « L’Homme est notre seul véritable ennemi. Qu’on le supprime, et voici extirpée la racine du mal » (p. 12) affirme Sage l’Ancien, entraînant à sa suite tous les animaux, même les plus attachés à l’Homme et même les plus sceptiques. Trois nuit après, ce brave cochon meurt de vieillesse « paisiblement dans son sommeil » (p. 20) mais ses idées demeurent et sont reprises par deux verrats, Boule de Neige et Napoléon ainsi que par un cochon à l’engrais, Brille-Babil qui élaborent « un système philosophique sans faille », l’Animalisme (p. 21). Le 21 juin, la Ferme du Manoir passe des mains de Mr. Jones aux pattes des animaux qui la peuplent et devient la Ferme des Animaux. Mais tout n’est pas idéal, certains animaux apprennent plus vite que d’autres, certains travaillent plus que d’autres, et puis surtout « Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres » !

Je suis sûre que l’auteur n’a pas choisi au hasard certains éléments. La nuit, c’est le symbole du secret, des choses qui ne doivent pas être révélées, et c’est par un « rêve » que tout commence. La ferme, c’est le symbole de la prospérité « Fertile est le sol de l’Angleterre et propice son climat » (p. 11). Le cochon est considéré comme un animal sale qui se roule dans la fange, pourtant le cochon Sage l’Ancien dénonce l’homme qui « ne donne pas de lait, […] ne pond pas d’œufs » et qui est « trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin ». Mais n’est-ce pas le cas du cochon ? C’est pourtant lui l’instigateur de la révolution et de tout ce qui va en découler !

Tout y est, la doctrine et les Camarades à sauver, les slogans ou Sept Commandements (p. 30), l’hymne « Bêtes d’Angleterre » (p. 17-18), l’endoctrinement et l’embrigadement, les réunions, le soulèvement, la victoire, les convaincus (cons vaincus ?), les fidèles disciples (qui d’ailleurs vont se tuer à la tâche), les idiots utiles (Bêêêê ! « Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! »), l’armée spéciale entraînée en secret (les 8 chiots arrachés à leurs mères et devenus de véritables tueurs dénués de sentiments), « l’émotion, la fièvre et la frénésie » (p. 18), la rééducation (la chatte, plus indépendante, et refusant la rééducation, partira très vite : quel animal intelligent !), et même la foi en un autre monde, la Montagne de Sucrecandi, véhiculée par le corbeau (le seul animal qui voit ce qui se passe à l’extérieur de la ferme).

Lisez ce petit livre pour découvrir comment tout cela va se passer et… se finir (la chute est surprenante). Un roman plein d’humour dans lequel George Orwell dénonce les totalitarismes tout comme dans 1984, mais qui est moins connu ce qui est vraiment dommage.

Ce texte est sûrement un conte fantastique mais il me semble qu’il peut être classé en SF prospective puisque c’est une « simulation faite sur l’évolution d’une société » (voir la page sur les genres et sous-genres en littératures de l’imaginaire).

4e livre pour le défi Blog-o-trésors (après Le treizième conte de Diane Setterfield, 1984 de George Orwell et Le libraire de Regis de Sá Moreira). Défi terminé ! Merci à Grominou pour ce challenge littéraire ! Mais puisque les deux romans d’Orwell sont couplés avec mon défi Littératures de l’imaginaire sur les 5 continents, je vais essayer de lire d’autres romans.

PS du 12 mai : j’ai vu La ferme des animaux, film d’animation de John Halas et Joy Batchelor.

2 réflexions sur “La ferme des animaux de George Orwell

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