Comment j’ai perdu ma femme à cause du tai chi de Hugues Serraf

Comment...TaichiComment j’ai perdu ma femme à cause du tai chi de Hugues Serraf.

L’aube [lien], collection Regards croisés, 20 août 2015, 152 pages, 16 €, ISBN 978-2-8159-1255-6.

Genres : roman humoristique, premier roman.

Hugues Serraf, né le 27 janvier 1964 dans le Morbihan, est journaliste et écrivain ; il partage sa vie entre Paris et Marseille. Outre ses chroniques sur plusieurs médias (L’Argus, Atlantico, Rue89, Slate.fr…), il a écrit trois essais : Petites exceptions françaises (Albin Michel en 2008), L’anti-manuel du cycliste urbain (Berg International en 2010) et Ils sont fous ces Juifs ! (Éditions du Moment en 2012) avant Comment j’ai perdu ma femme à cause du tai chi qui est son premier roman. Plus d’infos sur son blog, Commentaires & vaticinations [lien].

« Le maton ouvre la porte de la cellule et me pousse à l’intérieur. C’est vraiment dégueulasse, une cellule de prison. Exactement comme on l’imagine : les murs sont crades et gris ; la minuscule fenêtre à barreaux est crade et grise ; la table, les tabourets et les lits superposés sont crades et gris… Même mon futur colocataire, avachi sur son matelas, est crade et gris. Tiens, je me demande si je ne vais pas moi aussi devenir crade et gris si je reste ici trop longtemps. Je n’aimerais pas. » (début du roman, premier paragraphe, p. 11). Le narrateur, journaliste, est envoyé en prison : il est soupçonné d’avoir découpé sa femme en morceaux avec un sabre japonais parce qu’elle l’avait quitté mais le corps n’a pas été retrouvé. Il partage la cellule de Coloc, un Belge sympa mais… crade ! Tant qu’à faire, pour passer le temps, l’homme raconte son histoire à Coloc.

Bon sang, et la présomption d’innocence ! « Il aurait découpé… » mais en l’absence de corps et de preuves de sa culpabilité ? « Luz, ou son corps, ou même les morceaux de son corps, sont toujours introuvables mais je reste le principal suspect. » (p. 96). En plus, l’épouse, elle est partie depuis deux ans déjà… Dingue qu’il ait été arrêté ! Et pour finir, il n’est pas aidé par son avocat… « Il est marrant, mon avocat. Je l’avais engagé une première fois il y a des années pour une affaire de prud’hommes et je crois qu’il n’y connaît pas grand-chose en procédure pénale, mais il est toujours enthousiaste et optimiste. » (p. 109). Mais bon, ça donne un roman drôle sur l’univers carcéral ; d’accord je n’ai pas éclaté de rire mais le ton est résolument humoristique, un brin désabusé et les dialogues entre les deux hommes (le narrateur et Coloc donc) sont vraiment amusants. « Ah, le tai chi, je connais un peu. C’est mortel ! – Il semblerait… – Oh, pardon ! – Y a pas d’mal. » (p. 15). « […] et tu me raconteras encore ta femme. Franchement, j’adore ! Ça me change vraiment les idées. Tu sais quoi : t’es journaliste ? Faut l’écrire ton histoire ! – Ouais… Ça m’a traversé l’esprit. » (p. 52). Le roman est découpé en deux parties : « avant » et « après » pour avant le tabassage en règle par les autres détenus et après le tabassage en règle par les autres détenus (mais où sont les surveillants ?) mais, vaillant, le narrateur continue de raconter à un Coloc friand d’histoires comme celle-ci d’autant plus qu’il est privé de télévision, de jeux vidéo et d’Internet ! Comment j’ai perdu ma femme à cause du tai chi est une histoire d’amour, de couple, de famille, de vacances, de séparation, de rupture, de prison mais surtout l’histoire d’un homme qui ne comprend pas ou ne veut pas comprendre, qui se cherche des excuses : si sa femme est partie, ce n’est pas à cause de son comportement, des vacances pourries, du train train quotidien, mais à cause du tai chi, il faut bien une raison de toute façon, n’est-ce pas ?

Pour les bibliothécaires (appréciez !) : « La bibliothèque de la prison ressemble à une vraie bibliothèque. 68-premieres-foisUne vaste pièce tapissée de livres, des présentoirs pour les nouveautés, des racks pour les magazines, des types qui lisent ou écrivent […], un bibliothécaire qui ressemble à un vrai bibliothécaire – avec de grosses lunettes en plastique et la mine de celui à qui il vaut mieux éviter de demander un renseignement parce qu’il n’a ni le temps, ni l’envie de vous le fournir. » (p. 79). RentreeLitteraire2015Tout simplement MDR.

Ce roman est le deuxième lu dans le cadre de 68 premières fois et il faut lui donner une note alors je dirais… 16/20. Il entre aussi dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

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