La Mandragore de Jean Lorrain

MandragoreLorrainUne petite lecture qui change de la rentrée littéraire. 😉

La Mandragore de Jean Lorrain.

Édouard Pelletan éditeur, 1899, 60 pages, 33 illustrations en couleur de Marcel Pille. Réédition en 2005 aux éditions Le chat rouge [lien] dans la collection La Merveille.

Genre : conte.

Jean Lorrain – de son vrai nom Paul Alexandre Martin Duval – naît le 9 août 1855 à Fécamp en Normandie. Écrivain de la Belle-Époque, il est considéré comme scandaleux et décadent et porte fièrement son surnom L’Enfilanthrope. Son œuvre contient des poèmes, des romans, des contes, des nouvelles, des pièces de théâtre et des récits de voyage. Il meurt le 30 juin 1906 à Paris.

MandragoreAu royaume de Thuringe. La reine Godelive a accouché d’une grenouille et c’est la consternation. « […] des bouches cousues et des regards navrés qui en disaient long » (p. 9). Le roi Luitprand fut vraiment mécontent. Pourtant, cinq ans plus tôt, est né « un beau petit prince » (p. 12) mais Rotterick est cruel et vicieux… Le roi ordonna la mort de la monstruosité qui venait de naître. La reine ne s’en remit jamais et resta désormais dans sa chambre, languissante, angoissée, craignant que le roi la répudie. Elle se mit à faire des rêves horribles, voyant la grenouille vivante, des marécages et de la mandragore. « Et la reine s’éveillait, tout baignée de sueur froide » (p. 25). Honte, obsession, exil et remariage du roi la poussent vers les sciences occultes. « Et la solitude de la pauvre reine était grande. » (p. 34).

La Mandragore est disponible en ligne sur Gallica [lien] avec la réédition de 1903. C’est l’histoire violente et cruelle de la princesse Ranaïde (rana signifie grenouille en latin). Un conte qui dénonce l’orgueil (en la personne du roi), la cruauté (du prince) et qui plonge la reine – et le lecteur – dans la folie. Aucun d’eux n’a droit au bonheur et l’auteur se reconnaît sûrement en chacun d’eux, lui qui ne croyait pas au bonheur ! Par contre, il était passionné par les contes et le merveilleux. Voici ce qu’il écrit dans Princesses d’ivoire et d’ivresse, un recueil de contes paru en 1902 : « Ces contes de fées, qu’on a remplacés aujourd’hui par des livres de voyages et de découvertes scientifiques, ces merveilleuses histoires qui parlaient au cœur à travers l’imagination et préparaient à la pitié par d’ingénieux motifs de compassion pour de chimériques princesses, dans quelle atmosphère de féerie et de rêve, dans quel ravissement de petite âme éblouie et frémissante ont-elles bercé les premières années de ma vie ! Et comme je plains au fond de moi les enfants de cette génération, qui lisent du Jules Verne au lieu de Perrault, et du Flammarion au lieu d’Andersen ! Les pratiques familles de ces bambins-là ne savent pas quelle jeunesse elles préparent à tous ces futurs chevaucheurs de bicyclettes. Il n’est pas au monde une émotion un peu délicate qui ne repose sur l’amour du merveilleux. » Le bonheur non mais le merveilleux oui !

Publicités

4 réflexions sur “La Mandragore de Jean Lorrain

    • Tu parles de l’ancienne couverture ou de la nouvelle aux éditions Le chat rouge ? Cette nouvelle édition coûte 12 € et contient trois autres contes. Sinon, tu as l’édition d’origine à lire en ligne.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s