Camille, mon envolée de Sophie Daull

CamilleEnvoleeCamille, mon envolée de Sophie Daull.

Philippe Rey [lien], 187 pages, août 2015, 16 €, ISBN 978-2-84876-468-9

Genres : premier roman, journal.

Sophie Daull naît dans l’est de la France. Elle vit maintenant à Montreuil. Elle est comédienne depuis plus de 30 ans et Camille, mon envolée est son premier roman.

Montreuil, entre le jeudi 19 décembre 2013 et le lundi 23 décembre 2013. Camille, 16 ans, a passé la soirée au théâtre avec sa mère. Au retour, elle est fatiguée, fiévreuse. « Tu t’es couchée avec 38° et la tête lourde. Tu ne t’es jamais relevée. » (p. 14). Le médecin, les urgences, tout le monde dit qu’il ne faut pas s’inquiéter, c’est la grippe. « On ne se déplace pas… […] Pas d’inquiétude, disaient les médecins au téléphone. C’est la grippe, nous sommes en période endémique. Doliprane. On ne se déplace pas. (p. 17-18). Pendant quatre jours, la mère soigne sa fille et s’inquiète. « Des médecins, j’en ai eu plein au téléphone ; j’étais une mère alarmiste, qui paniquait pour une grippe, qui encombrait les services téléphoniques. » (p. 26). Mais la température monte à 40°. « Tu t’es forcée à manger, tu t’es forcée à boire, tu t’es forcée à sourire et même à faire de l’humour. Je te voyais si concentrée, si confiante, comme papa et moi l’étions dans tes ressources, dans notre amour, dans la médecine… » (p. 30).

Sophie Daull décrit sa fille, leurs relations, leur amour, leur complicité, le père (qui peut sembler absent dans les extraits mais qui est bien présent), quatre jours de maladie, de souffrance ; elle décrit la vie, le quotidien, la mort, l’hôpital, les fêtes de Noël, l’absurde, les choses cocasses et l’horreur. « Pas de proposition de soutien psychologique, ni d’un taxi. » (p. 46). Et puis qu’attendre de l’autopsie : malformation cardiaque non détectée, myocardite, méningite ? Ce roman écrit sous forme de journal est un témoignage qui s’adresse à la fois à Camille pour garder une trace d’elle (avec le tutoiement qui est spontané) et aux lecteurs, c’est assez troublant… Je ne suis pas fan de ce genre de romans, le lecteur n’est pas le psy de l’auteur, c’est ce que je me suis toujours dit, mais le livre doit être bon car je l’ai aimé même si sa lecture fut éprouvante (le lecteur se retrouve avec une histoire et une peine qui ne sont pas les siennes et il sait que ce n’est pas de la fiction malgré le mot roman écrit sur la couverture). Quant à l’auteur, elle voulait écrire jusqu’au 2 janvier 2014, jusqu’à l’enterrement (qu’il faut préparer) mais, finalement, elle a écrit pendant 4 mois, jusqu’au 23 avril 2014 : un mois pour chaque jour de souffrance. « Écrire, c’est te prolonger. » (p. 76). Et la vie continue, de nouveau la vie, le quotidien, la reprise de la scène, des anecdotes qui parfois font sourire (et on est un peu gêné de sourire). 68-premieres-fois« Hélas. Il fallait vivre encore un jour d’après. Et un jour d’après. Et un jour d’après. » (p. 182). Ce qui marque, évidemment, c’est l’absence du corps médical, l’absence de soutien…, et aussi une espèce de détachement, l’absence de pathos mais que l’auteur voulait, c’est son choix, c’est son droit. RentreeLitteraire2015Je retiens aussi une remarque de l’auteur (je n’ai pas noté la page) : lorsqu’on perd un parent, on est orphelin, lorsqu’on perd un conjoint, on est veuf, mais lorsqu’on perd un enfant, il n’y a pas de mot alors qu’est-ce qu’on est ? Camille, elle, restera jeune à jamais. Bouleversant.

Ce roman est le huitième lu dans le cadre de 68 premières fois et il faut lui donner une note alors je dirais… 14/20. Il entre aussi dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

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