Des mots jamais dits de Violaine Bérot

DesMotsJamaisDitsDes mots jamais dits de Violaine Bérot.

Buchet-Chastel [lien], août 2015, 192 pages, 14 €, ISBN 978-2-283-02873-5.

Genre : roman-conte.

Violaine Bérot naît le 16 juin 1967 à Bagnères de Bigorre. Elle étudie la philosophie à Toulouse mais devient ingénieur en informatique puis professeur. Elle vit dans les montagnes des Pyrénées où elle s’occupe d’animaux et d’enfants. Du même auteur : Jehanne (Denoël, 1995), Léo et Lola (Denoël, 1997), Notre père qui êtes odieux (Baleine, 2000), Tout pour Titou (Zulma, 2000), L’ours, les raisons de la colère (Cairns, 2006) et Pas moins que lui (Lunatique, 2013).

Il y a tant d’amour entre la mère et le père que « On voudrait connaître des mots jamais dits pour raconter cette tendresse. » (p. 12) mais plusieurs enfants naissent et l’aînée s’occupe d’eux car ils sont « sa couvée, sa portée » (p. 25). Les parents, eux, s’aiment tellement : « L’amour entre eux est déraisonnable, vertigineux, enragé. Il fait presque peur. Même les contes de fées n’oseraient imaginer que l’on puisse à tel point aimer. » (p. 18) qu’il n’y a pas de place pour leurs enfants.

« Il était une fois une vilaine petite fille qui vient de naître » (p. 7). Voici la première phrase du roman et « Il était une fois » indique que cette histoire est un conte. Un conte moderne. Un conte cruel dans lequel la mère ne voulait pas laisser l’enfant sortir, dans lequel le père et la mère s’aiment tellement que l’enfant n’a pas sa place avec eux et les enfants suivants non plus d’ailleurs. Cette histoire a un côté invraisemblable : la première née n’a pas de prénom, pas d’âge et le lecteur ne la connaîtra qu’avec « elle » ou « l’aînée » ; elle aura une ribambelle de petits frères et sœurs, tous sans prénom, sans âge… Elle ne joue pas, elle est renfermée, solitaire, toujours sérieuse et efficace aussi bien pour s’occuper des petits que des parents. Comment va-t-elle se construire ? Va-t-elle pouvoir vivre pour elle-même ? À sa majorité, elle part, à la ville, loue un petit appartement, trouve un travail dans un restaurant et se fait enfin des amis. « Elle prononce pour la mère les mots déjà dits au père : « ce n’est plus possible […] et on la dirait soulagée, la mère, par cette phrase si évidente […]. » (p. 86). L’amour des parents m’a fait penser à un ogre : un ogre différent qui ne dévore pas les petits enfants mais qui les délaisse, les ignore… Il est assez malsain et violent ce roman, il traite de la maltraitance d’enfant mais de façon différente. En tout cas, je trouve qu’il y a de nombreux romans féminins et violents dans cette rentrée littéraire !

RentreeLitteraire2015Ma phrase préférée : « Elle s’est remise à lire abondamment, passe à nouveau des heures à rêver. On dirait que lire et rêver sont pour elle deux activités indissociables. » (p. 122). La lecture, un des seuls points positifs dans la vie de l’aînée.

Une lecture pour le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

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