Kuessipan de Naomi Fontaine

KuessipanKuessipan de Naomi Fontaine.

Le Serpent à plumes [lien], août 2015, 112 pages, 15 €, ISBN 979-1-09468-007-0.

Genres : premier roman, littérature québécoise.

Naomi Fontaine est une Innue de Uashat ; elle vit à Québec. Ce premier roman a été publié au Québec aux éditions Mémoire d’encrier [lien] en mars 2011 alors qu’elle avait 23 ans.

Réserve innue de Uashat. Les hommes boivent, les hommes sont violents, les hommes ont des accidents, les hommes meurent. La souffrance des femmes qui se retrouvent veuves, qui ne reçoivent plus d’amour (mais en ont-elles reçu ?), qui doivent élever seules les enfants. « Je déteste le visage des morts. Leurs traits sereins. Leurs yeux fermés. » (p. 13).

Kuessipan – avec une très belle couverture – est une agréable surprise pour le retour du Serpent à plumes [lien]. Un roman triste, avec des chapitres très courts (parfois simplement quelques lignes sur une page). Montagne, bois, rivière, lac : la vie est austère et difficile mais on a l’impression que le lieu est beau et que ce peuple a tout pour être heureux. Pourtant c’est un peuple qui, privé des terres de ses ancêtres et enfermé dans une réserve, a perdu ses racines, son identité… « Nomade : j’aime concevoir cette manière de vivre comme naturelle. » (p. 21) : ainsi se termine la première partie de ce roman.

68-premieres-fois« Une clôture. Plus haute que la tête des hommes. […] La clôture plantée là, un gardien contre les loups, les Innus. Ils s’attardent derrière la barrière. Se tiennent tout près. Cherchent l’issue, trouvent le chemin de leurs propres lois. Ils veulent fuir, là où il n’y a pas de barricades. » (p. 46-47). Voilà la réalité, un peuple enfermé, comme des animaux, comme des sous-hommes… « Tu as vu la réserve, les maisons surpeuplées, la proximité, la clôture défaite, les regards fuyants. » (p. 88).

RentreeLitteraire2015Il y a plein de mots inconnus (comme skidoo, mamu, Nutshimit, Nikuss…) et, avec ces chapitres courts, ces anecdotes qui n’ont pas toujours de lien entre elles, le roman (en est-il vraiment un ?) est décousu mais c’est beau, vraiment, et il y a peut-être un peu d’espoir. « Je n’ai pas le droit. […] Bien sûr que je n’ai pas le droit d’oublier mon instinct de nomade, sans cesse à la recherche d’un état de grâce. » (p. 106).

Quebec2015Ce roman est le onzième lu dans le cadre de 68 premières fois et il faut lui donner une note alors je dirais… 15/20. Il entre aussi dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015 et Québec en novembre.

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