La maladroite d’Alexandre Seurat

MaladroiteEn 2015, j’ai eu deux claques littéraires et je me dis qu’il faudrait peut-être que je publie mes notes de lecture avant fin… 2016 ! Voici la première :

La maladroite d’Alexandre Seurat.

Rouergue, collection La Brune, août 2015, 122 pages, 13,80 €, ISBN 978-2-8126-0925-1.

Genre : premier roman.

Alexandre Seurat naît en 1979. Il étudie la littérature. Il est professeur de lettres à l’IUT d’Angers.

Diana, 8 ans a disparu. La fillette était bizarre, elle avait du retard par rapport à sa cousine du même âge, elle ne jouait pas avec les autres enfants, elle disait toujours qu’elle s’était cognée ou qu’elle était tombée parce qu’elle était maladroite ; sa famille déménageait souvent et donc elle changeait régulièrement d’école. Un jour, elle a dit à sa grand-mère « Maman m’a tapée » (p. 45) mais il n’y a pas eu de retour alors elle s’est tue, elle s’est murée dans le silence.

Que dire de ce roman choral qui n’a pas déjà été dit ? Il est court mais tellement intense et dérangeant ! Cette « banale » histoire de maltraitance (d’après une histoire vraie) racontée à tour de rôle par la grand-mère (maternelle), la tante (la sœur de la mère), l’institutrice, la directrice, la médecin scolaire, un autre instituteur, une autre directrice, l’assistante sociale et même un gendarme met vraiment mal à l’aise et fait réfléchir : je pense que la protection des enfants est plus importante que la protection de la famille ! C’est, même après la lecture de ce roman, difficile de comprendre le calvaire qu’a vécu Diana, les renoncements, l’horreur… Le style est impersonnel car chaque protagoniste raconte ce qu’il sait, ce dont il se souvient (à un policier, un journaliste, un écrivain ?) de la même façon, presque clinique, mais impossible de lâcher le livre. Voici les passages qui m’ont le plus marquée :

68-premieres-foisL’institutrice : « Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard. […] et ce jour-là j’ai su que je n’avais rien pu. » (p. 11, début du roman).

La grand-mère : « Cette famille – une malédiction. » (p. 21).

La tante : « […] on n’a plus rien su du tout, maman m’a annoncé un jour que leur téléphone était coupé, ils avaient déménagé. » (p. 37).

L’institutrice : « Je me disais que, sans Diana, je ne pourrais rien, parce que, sans confidence, nous étions condamnés à tâcher d’avancer à l’aveugle, à supputer, à exercer une pression sur des parents inaccessibles. » (p. 73).

Diana : « Je suis tombée […] Je suis très maladroite. » (p. 74).

Le médecin légiste : « Son corps était couvert de traces, de bleus, de cicatrices, de brûlures, de tailles diverses – et plus ou moins anciennes – dix-neuf en tout. » (p. 85).

RentreeLitteraire2015Des parents bien rodés dans leur histoire de maladresse, de chutes, de maladies, faisant tout pour être ouverts et chaleureux avec les autres et optimistes pour leur fille, mais en vérité froids, distants, imperturbables, machiavéliques, et déménageant systématiquement lorsqu’il y avait trop de questions, lorsque trop de personnes étaient impliquées.

Une bien triste histoire. Lue dans le cadre des 68 premières fois. Et qui entre aussi dans le challenge 1 % de la rentrée littéraire 2015.

Sous le choc…

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12 réflexions sur “La maladroite d’Alexandre Seurat

  1. Je note le titre car je pense que ce livre a une utilité dans notre société mais je ne le lirai pas à n’importe quel moment tant il doit être difficile à « digérer ».

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