Un territoire d’Angélique Villeneuve

VILLENEUVE - Un territoire.inddUn territoire d’Angélique Villeneuve.

Phébus, collection Littérature française, janvier 2012, 15,20 €, 160 pages, ISBN 978-2-7529-0642-7.

Genre : roman.

Angélique Villeneuve est née en 1965 à Paris. Elle a vécu en Suède et en Inde avant de revenir à Paris.

Du même auteur : Âge mental (2001), Qu’est-ce que j’apporte ? 30 petits délices faciles et jolis à partager (2006), Grand paradis (2010), À la recherche du paon perdu (2011), Les fleurs d’hiver (2014) et Nuit de septembre qui vient tout juste de paraître.

Un village. Une maison. Une femme. Elle a été élevée avec le Père, la Mère et la Sœur plus jeune. Elle est un peu sourde alors elle vit dans son monde intérieur. Elle est débile disent les gens du village. « Le chat est comme elle est, au ras des choses. Le chat est pour elle, silencieux. » (p. 14). Mais elle a élevé deux enfants : la Fille occupe la chambre qu’avaient le Père et la Mère, et le Garçon la chambre qu’avaient Elle et la Sœur. Elle vit dans la cuisine et dort dans le cagibi. La Fille et le Garçon sont grands maintenant et ont oublié l’amour et la tendresse qu’ils avaient pour elle enfants… « Ils ignorent tout de ce qu’elle est, à l’intérieur de ces limites. » (p. 25). Pourtant elle n’est pas si malheureuse. « Elle ne rêve pas d’exister. Elle est. » (p. 91). Des souvenirs, des flashbacks. Elle, l’aînée, et la Sœur qui deviennent des jeunes filles, le sang qui les lie, le sang qu’elle nettoie toujours seule. Le drame familial, les secrets.

Un grand roman ! Petit par la taille mais intense par le ton et les détails. Je me suis demandée par qui la Sœur avait été violée (l’oncle ? le cousin ? le père ?) mais ce n’est pas ça le drame alors j’ai d’abord été un peu déçue que ce soit si simple. Pensez donc, une banale histoire d’amour ! Et puis, lors de ma rencontre avec Angélique Villeneuve, je l’ai entendue dire qu’il ne faut pas être dans la surenchère, qu’il ne faut pas en faire des tonnes et ça m’a ouvert l’esprit ! Elle parlait pour Les fleurs d’hiver mais ça se tient aussi pour ce roman. Drame il y a, alors pourquoi rajouter une couche de glauque ? Du coup, ce roman sur la maltraitance se relit avec un autre état d’esprit et une autre approche au plus prêt de l’intimité et de la poétique des mots.

Je vous reparlerai d’Angélique Villeneuve un de ces jours, en particulier avec Grand paradis. Et il faudra que je prenne le temps de publier les vidéos que j’ai prises lors de notre rencontre sur ma chaîne YouTube qui reste désespérément vide…

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