Soupe de cheval de Vladimir Sorokine

SoupeChevalSoupe de cheval de Vladimir Sorokine.

L’Olivier, octobre 2015, 109 pages, 13,50 €, ISBN 978-2-8236-0272-2. Лошадиный Суп (Loshadinyj sup) est traduit du russe par Bernard Kreise.

Genres : littérature russe, nouvelle.

Vladimir Gueorguievitch Sorokine (Влади́мир Гео́ргиевич Соро́кин) naît le 7 août 1955 à Moscou. Romancier, dramaturge et scénariste, il est classé en postmoderne et est un auteur controversé.

Juillet 1980, Olia, Volodia et Vitka sont dans le train Simféropol-Moscou ; ils rentrent de vacances. Un homme chauve s’installe près d’eux dans le wagon restaurant. L’inconnu est Boris Ilytch Bourmistrov, il sort de prison et il a un comportement étrange. « Sept ans, les enfants. Sept ans ! Et tout ça pour un sac d’acide citrique. » (p. 16) ; « Olia, je ne suis pas cinglé, croyez-moi ! répliqua Bourmistrov qui secoua les mains. Je suis un citoyen soviétique parfaitement normal. » (p. 25). En fait, l’homme a repéré Olia en train de manger dans un restaurant de Crimée et il l’a suivie pour la voir manger encore… À Moscou, Olia étudie le violon et une fois par mois, elle rencontre Bourmistrov : il la regarde manger et lui verse 100 roubles. Elle le croit fou et le surnomme Soupe de Cheval car c’est ce qu’il mangeait en prison mais l’argent est le bienvenu et elle tombe sous la coupe de cet homme étrange.

La phrase qui tue ! « C’est parfois solitaire de dégobiller. Ça lisse les rides. » (p. 73).

LettreAuteurSoupe de cheval est une nouvelle parue en Russie dans le recueil Pir (Festin) aux éditions Ad Marginem en 2001 et rééditée aux éditions Zakharov en 2007 dans une édition illustrée.

J’ai été un peu déboussolée car il y a un petit problème avec le prénom parfois orthographié Olia et parfois Olga : j’ai, au début, cru qu’il y avait deux filles différentes (comme il y avait deux garçons) mais non, c’est une erreur… ou peut-être un surnom.

RentreeLitteraire2015Soupe de cheval est une histoire dérangeante qui dénonce non seulement le totalitarisme du XXe siècle en Union soviétique mais aussi l’asservissement aux nouveaux riches arrivés dans les années 80-90 : d’un côté la perversité mue par le pouvoir de l’argent et de l’autre côté la dépendance due à l’appât du gain, à l’argent « facile ». Une lecture qui se veut malsaine mais pour obliger le lecteur à réfléchir et à découvrir à travers cette noirceur les hommages aux grands noms de la littérature russe. Un livre (un auteur) qui ne plaira pas à tous mais qui m’a remuée (dérangée, interloquée) donc je lirai d’autres titres.

VoisinsVoisines2016Je présente cet auteur dans Une lettre pour un auteur #33 (lettre S) mais j’ai une semaine de retard… (je n’ai rien pu publier la semaine dernière…) alors j’espère que Cookie prendra bien cette lecture en compte. Ça rentre aussi dans 1 % rentrée littéraire 2015 et Voisins Voisines 2016 (Russie).

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2 réflexions sur “Soupe de cheval de Vladimir Sorokine

  1. DF dit :

    Olia pour Olga: c’est effectivement un surnom, ou plutôt un diminutif. La langue russe adore ça et est très créative en la matière. On pourrait aussi trouver Oletchka, Olenka, etc.

    Pas très sain comme lecture, mais un bon souvenir pour moi!

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    • Oui, je connais le phénomène des surnoms russes (qui contrairement à nos surnoms sont souvent plus longs que le prénom d’origine !) mais là, je pense qu’il s’agit d’une erreur. Pas très sain effectivement mais très bon au niveau littéraire et pour les neurones 🙂 Bonne semaine Daniel 🙂

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