Vivre près des tilleuls de l’AJAR

Vivre près des tilleuls de l’AJAR.

Flammarion, août 2016, 127 pages, 13 €, ISBN 978-2-0813-8919-9.

Genres : littérature suisse, premier roman.

L’AJAR est une Association de Jeunes Auteurs de Romandie (Suisse). C’est un collectif d’une vingtaine d’auteurs, créé en janvier 2012, dont les objectifs sont la création littéraire en groupe. Vivre près des tilleuls est le premier roman ; le nouveau projet est Rose. Plus d’infos sur le site officiel de l’AJAR.

« Lorsque Esther Montandon m’a laissé la responsabilité de ses archives, en 1997, je me suis trouvé face une masse de documents divers : cartes postales, pièces administratives, courriers, coupures de journaux… À quoi s’ajoutait le lot commun de tous les écrivains dont la recherche fait son miel : brouillons griffonnés épars, pages dactylographiées avec ou sans annotations autographes, et trois carnets de notes. Reconnaissant de cette marque de confiance, je me suis attelé à la tâche avec un enthousiasme qui n’a cessé de décroître devant l’ampleur du travail. Même si la mort de l’auteure, l’année suivante, a ravivé un temps l’intérêt du public pour ses écrits, l’œuvre est peu à peu tombée dans l’oubli. » (p. 7). « Comment donc décrire mon émotion lorsqu’un matin d’hiver 2013, en mettant de l’ordre dans les cartons qu’elle m’avait confiés, je découvre une pochette étiquetée « factures », pochette que j’ai dû manipuler vingt fois sans jamais l’ouvrir – renfermant une petite liasse manuscrite. Et tout est là, miraculeusement préservé. » (p. 13).

Esther et Jacques Montandon ont attendu plus de dix ans avant qu’un enfant arrive. Ce fut Louise, en 1956. « J’étais celle qui ne savait rien, elle était celle qui savait tout, mais nous ne parlions pas le même langage. » (p. 17). Malheureusement la petite meurt accidentellement en 1960, à 3 ans et demi… Et, personne ne le savait, Esther a tenu un journal de deuil ! Un journal dans lequel elle raconte des souvenirs, le Rwanda où elle est née, La Chaux de Fonds où elle a grandi, le désespoir, le renoncement puis la grossesse, le bonheur et enfin le chagrin et la destruction de son couple. « Le temps s’épaissit. […] L’espace, lui, se réduit. » (p. 78). « Je ne peux plus continuer à vivre près des tilleuls ensoleillés du cimetière. » (p. 80). « N’en déplaise à Jacques, ma tristesse a tous les droits. » (p. 104).

À noter que le couple a un jeune Berger de Podhale, Gratka, il n’a pas grande importance dans l’histoire (il n’est cité qu’une fois) mais comme je ne visualisais pas ce chien, j’ai cherché, très beau chien (qui a besoin de nature et d’espace, pas de vivre dans un appartement au 4e étage !).

Une remarque sur la couverture : elle est très jolie mais pourquoi avoir montré des feuilles de ginkgo et pas de tilleul ?…

Vivre près des tilleuls est un roman court, épuré, presque sec mais quel talent ! Je me suis laissée prendre au jeu et ce « journal » est émouvant car tout est vraiment bien pensé : la peur d’oublier m’a particulièrement touchée (p. 116-117). Ainsi, je me dis que oui, un auteur peut mélanger fait(s) réel(s) et fiction, oui un auteur peut (doit) raconter, créer, inventer, être libre !

J’ai reçu Vivre près des tilleuls dans le cadre des 68 premières fois 2016 (oui j’ai du retard dans la publication de ma note de lecture… mais je remercie Martine de me l’avoir envoyé) et je le mets dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016, Défi Premier roman 2017 et Voisins Voisines 2017.

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6 réflexions sur “Vivre près des tilleuls de l’AJAR

  1. DF dit :

    Merci pour cette participation au Défi Premier roman! Je la relaierai dans les meilleurs délais.

    Et pour une fois qu’on parle d’écrivains suisses, pourquoi bouder son plaisir? 😉 On avait beaucoup parlé de ce livre à sa parution, mais j’avoue n’avoir pas été ultra-tenté, malgré l’originalité de ce projet collectif.

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    • Merci, Daniel, de passer 🙂 car je n’ai pas toujours le temps de donner mes liens pour les challenges 😦 J’espère que tu le liras, c’est un beau roman mais en attendant, bon weekend 🙂

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