Je ne sais pas dire je t’aime de Nicolas Robin

Je ne sais pas dire je t’aime de Nicolas Robin.

Anne Carrière, avril 2017, 250 pages, 18 €, ISBN 978-2-8433-7861-4.

Genre : littérature française.

Nicolas Robin : voir la chronique de lecture de Roland est mort. ❤

« Paris, tu l’aimes ou tu la quittes. » (p. 9, première phrase du roman).

Francine et Henri, retraités dynamiques, vont quitter Paris et s’envoler en Floride pour leurs 40 ans de mariage. Mais après un passage à la mairie pour un papier administratif, Francine apprend un secret. « Soixante-deux ans après sa naissance, à l’âge où on est présumé atteindre la sagesse, Francine découvre une réalité aussi tranchante qu’un couteau à huîtres. » (p. 12). Et refuse de partir.

Juliette vend des chaussures « dans un grand magasin parisien » mais « Ce n’est pas la vie dont elle avait rêvé. Elle a plus de trente ans, n’est pas mariée, n’a pas d’enfant et aspire à un autre avenir. » (p. 13).

Joachim, 32 ans, moniteur d’auto-école, sportif et passionné par les animaux, se fait larguer dans une émission télévisée mais il « se demande ce qu’il fait là » (p. 17) d’autant plus qu’il y a un débat électoral sur d’autres chaînes.

Ce même soir, Ben est devant la télévision. Au bout de sept ans, son couple bat de l’aile et il « oublie sa tristesse en regardant celle des autres, et ce soir il assiste à une tuerie de premier choix. » (p. 23).

« C’est une célibataire parmi des millions, mais les millions ont parfois du mal à se rencontrer. » (p. 67, Juliette).

« Il mettra fin à sept ans de vie commune et ne sait pas comment l’autre réagira. Il s’y attend sûrement. Il n’a fait aucun effort. » (p. 115, Ben).

Après avoir lu et adoré Roland est mort, j’ai voulu lire un autre titre de cet auteur et j’aime vraiment beaucoup son style, son humour. Il insiste ici sur certains points comme le monosourcil de Joachim ou la trentaine célibataire de Juliette pour montrer le côté répétitif des jours, de la vie, des petit soucis de tout un chacun. Et je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite mais chaque chapitre est lié au suivant (avec un mot clé ou une idée) ce qui crée un entrelacement et une continuité dans la vie de ces personnages tous Parisiens mais qui ne se connaissent pas et qui se croisent parfois sans se connaître. En fait, ce roman montre un échantillon de la « faune » parisienne et il y en a qui sont gratinés… (comme Évelyne, l’épouse de Daniel).

Je ne sais pas dire je t’aime est un roman choral, dramatique mais souvent drôle (comme le passage entre Juliette et Marie-Cécile/Jessica au bar), qui se déroule sur fond de campagne électorale présidentielle. « Qui sont ces gens égarés politiquement qui vadrouillent dans l’incertitude ? Ont-ils une vie ? des idéaux ? des plans de carrière élaborés ? » (p. 162).

Finalement (comme dans Roland est mort), l’auteur a beaucoup de tendresse pour ses personnages et traite avec humour des sujets graves, et ils sont nombreux ici alors que le roman n’est pas plombant du tout, au contraire : les relations enfants-parents, hommes-femmes ou hommes-hommes, la maltraitance des animaux, les enfants de la guerre avec le passé qui resurgit et qui fait qu’une vie s’écroule à cause des questions qui resteront sans réponse, l’homosexualité, la maladie (greffe), la mort, le suicide, la prostitution, le temps qui passe inexorablement avec la solitude, la politique avec ses espoirs et ses mensonges… Et surtout la difficulté de trouver l’amour et de dire « je t’aime » mais il ne faut jamais oublier que « chaque jour est une fête ! » (p. 178) et c’est peut-être ça le bonheur.

Une très belle lecture que je mets dans le challenge Feel good. Et encore un roman contemporain pour Un genre par mois de novembre.

Publicités

6 réflexions sur “Je ne sais pas dire je t’aime de Nicolas Robin

Répondre à Antigone Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.