Scents of Orient de Marianne Stern

Scents of Orient de Marianne Stern.

Récits du Monde Mécanique 2/3

Chat noir, collection Black Steam, février 2017, 392 pages, 19,90 €, ISBN 9978-2-37568-027-8.

Genres : science-fiction, steampunk.

Marianne Stern était physicienne mais, mais passionnée par les machines volantes (un peu comme Hayao Miyazaki), elle se consacre maintenant à l’écriture (science-fiction, fantastique) et un peu à la musique. Voir le tome 1, Smog of Germania.

1916. Inde, région de Golkonda. L’empire allemand, avec à sa tête le Kaiser Joachim, a écrasé les Belges et les Français. Mais nous quittons l’Europe puisque le zeppelin Jungfrau est parti vers l’est avec à son bord Maxwell, L’Orfèvre, et Jeremiah, L’Exécuteur. Mais les deux frères sont tout aussi mystérieux en Inde qu’en Europe ! « Les informations, au sein de la haute société, se révélaient aussi précieuses, voire plus, que les richesses – surtout lorsque comme la duchesse, l’on était le meilleur agent de la Couronne britannique infiltré au cœur du Raj. » (p. 10). Les soldats anglais ont arraisonné le Jungfrau et pris possession de la caverne où Maxwell cachait ses trésors mais lui a disparu.

Avec des titres de chapitres comme « Orage et tasse de thé » ou « Le show excentrique de Lord Archibald Nelson », les lecteurs comprennent vite qu’il ont quitté l’empire germanique de Smog of Germania pour l’empire britannique de l’Inde. Évidemment de nouveaux personnages apparaissent comme Lord Archibald Nelson, gouverneur à Surat (centre de l’Inde) depuis 5 ans, le capitaine Oliver Clive, la duchesse Elzebeth de Wigton, riche veuve de 32 ans qui travaille pour le British Intelligence Service depuis 10 ans, Charles de Bellecourt, un Français au service de la duchesse et des services secrets anglais, et Anshu Kapoor, maître marchand ami de Lord Nelson et de Maxwell, pour les principaux. « Maxwell n’avait pas changé d’une once, il était toujours le même que dans ses souvenirs. Ces traits fins, cette longue chevelure ébène, ce regard noir et luisant, ce minuscule sourire rivé au coin des lèvres… Et le corbeau, perché sur son épaule, ses yeux de diamants rouges luisant dans la pénombre. » (p. 58). Vous l’avez compris le corbeau est un des mécanismes créés par Maxwell. Et la couverture qui les représente est vraiment belle, plus lumineuse que celle du tome 1. En quittant l’empire germanique, les lecteurs n’ont par contre pas quitté les complots, les espions et le danger ! « Nelson avait toujours détesté la politique et ses jeux vicieux ; chacun voulait le pouvoir pour lui seul, en finalité, et par conséquent, tous les coups étaient permis ! Ce soir encore, les divers acteurs impliqués dans l’histoire s’inclinaient devant le roi George en public, pour mieux le poignarder entre les omoplates un peu plus tard ! Ce pouvait-il que lui, Lord Archibald Nelson, soit l’unique loyal fidèle serviteur de la Couronne à Surat ? » (p. 101-102). En qui est-il possible d’avoir confiance, qui est sincère, qui trahit ? « En moins d’une heure, l’Allemand avait changé de statut à ses yeux, et il lui vouait désormais respect et admiration. Le personnage était charismatique, gentleman et salopard à la fois, pourvu du grain de folie à même de le différencier de n’importe quel individu lambda. » (p. 303). Tout comme pour le premier tome, je redis ce que j’avais écrit : Marianne Stern plonge ses lecteurs dans un récit steampunk époustouflant et haletant (les lecteurs sont réellement en immersion, en Inde cette fois et dans le monde britannique). Les explications scientifiques et mécaniques sont les bienvenues et participent au bon déroulement de la lecture et de la compréhension des événements. Les mécanismes de Maxwell sont des « babioles » extraordinaires ! Parfois dangereuses… Tout comme le premier tome avec l’Allemagne de 1900, ce deuxième tome montre une Inde mi-réelle mi-fictive, avec de belles descriptions, une Inde plus exotique que Germania sous son brouillard pollué et j’ai pris grand plaisir à suivre Maxwell (mon personnage préféré ici) parmi les nouvelles personnes qui l’entourent, chacune ayant sa personnalité, son rôle et ses manquements (soif de pouvoir, de richesse, traîtrise…). Après l’Allemagne, l’auteur a emmené ses lecteurs 16 ans après en Inde, et j’ai hâte d’avoir le tome 3 pour savoir où il se déroulera (il a été question de la Russie deux ou trois fois dans ce tome mais bon, rien n’est sûr !).

Encore une excellente lecture pour les challenges Littérature de l’imaginaire, Un genre par mois (le dernier genre de l’année est science-fiction) et Vapeur et feuilles de thé.

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