Tristesse de la terre d’Éric Vuillard

Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody d’Éric Vuillard.

Actes Sud, collection Un endroit où aller, août 2014, 176 pages, 18 €, ISBN 978-2-330-03599-0. Existe en Babel, n° 1402, août 2016, 176 pages, 6,80 €, ISBN 978-2-330-06558-4.

Genres : récit historique, biographie.

Éric Vuillard, né le 4 mai 1968 à Lyon, écrit depuis 1999 ; il est aussi réalisateur et scénariste. Il vient de recevoir le Prix Goncourt 2017 pour L’ordre du jour que j’ai très envie de lire mais en attendant, voici Tristesse de la terre qui m’a fait apprécier son style.

Chicago, 1893, « pendant que l’Exposition universelle célébrait la révolution industrielle, Buffalo Bill exaltait la conquête. » (p. 12). Buffalo Bill, ancien ranger, devenu acteur et créateur du spectacle Wild West Show, voulait « révolutionner l’art du divertissement » (p. 17) car « […] le spectacle et les sciences de l’homme commencèrent dans les mêmes vitrines, par des curiosités recueillies sur les morts. » (p. 14). Le chef indien Sitting Bull se joint à sa troupe et c’est pour la promotion du nouveau spectacle qu’est prise la célèbre photo où Sitting Bull et Buffalo Bill se serrent la main !

C’est l’histoire d’une époque durant laquelle « le premier zozo venu pouvait fonder une ville, devenir général, homme d’affaires, gouverneur, président des États-Unis » (p. 21) ! On est à la fin du XIXe siècle, il y a de nombreux massacres d’Indiens, William Cody alias Buffalo Bill crée la ville de Cody dans le Wyoming, un de ses amis crée le premier Luna Park à Coney Island… Mais, malgré sa célébrité et sa richesse, Buffalo Bill est un homme sujet au découragement et à la déprime, il est terriblement seul et angoissé. « Le succès est un vertige. » (p. 38). Il est le créateur du divertissement de masse, du reality show. Qu’est-ce que le spectacle ? Le plaisir du spectacle ? « On ne sait pas. Et on s’en fiche. On aime le vertige, se faire peur, s’identifier, hurler, crier, rire, pleurer. […] Le spectacle tire sa puissance et sa dignité de ne rien être. » (p. 85-86). Et que reste-t-il ? Des photographies, souvent montées de toutes pièces, des noms, des souvenirs et aussi des mensonges qui sont pourtant devenus Histoire. « Que c’est étrange une photographie. La vérité y vit comme incorporée à son signe. » (p. 145).

Un récit biographique de Buffalo Bill (personnalité mythique des États-Unis) court mais d’une grande intensité avec un rétablissement de certaines vérités historiques (certains événements qu’on croit être historiques – ou qu’on a vu dans les westerns ! – sont en fait légendaires, soit inventés soit tronqués). Tristesse de la terre, qui a reçu plusieurs prix en 2014 et 2015 (Prix d’une vie par Le Parisien magazine, Prix Folies d’encre, meilleur récit de l’année par Lire magazine, Prix Joseph Kessel) est à lire absolument si vous vous intéressez à l’Histoire des États-Unis, au sort des Amérindiens, au monde du spectacle et si vous voulez savoir pourquoi il y a des bisons en Europe !

Dans un autre registre, Enna propose pour le mois de février un African American History Month Challenge qui concerne les États-Unis avec les Noirs-Américains. Je ne sais pas encore si je vais participer, il faut que je vois ce que j’ai en stock mais si ça vous intéresse, allez vous inscrire !

10 réflexions sur “Tristesse de la terre d’Éric Vuillard

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