Cox ou la course du temps de Christoph Ransmayr

Cox ou la course du temps de Christoph Ransmayr.

Albin Michel, collection Les grandes traductions, août 2017, 320 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-226-39630-3. Cox oder der Lauf der Zeit (2016) est traduit de l’allemand par Bernard Kreiss.

Genres : littérature autrichienne, roman historique.

Christoph Ransmayr naît le 20 mars 1954 à Wels près de Linz en Autriche. Dans les années 70, il étudie la philosophie et l’ethnologie à Vienne puis travaille comme journaliste culturel avant de se consacrer, dans les années 80, à l’écriture (romans et essais pour lesquels il reçoit des prix littéraires).

Chine du XVIIIe siècle. L’empereur Qianlong est passionné par les horloges et les mécanismes qui mesurent le temps et sa course effrénée. Il attend « l’arrivée imminente d’un voilier anglais chargé d’horloges et d’automates précieux » (p. 11). « Alistair Cox, horloger et constructeur d’automates en provenance de Londres, maître de plus de neuf cents micro-mécaniciens, bijoutiers-joailliers, orfèvres et ciseleurs, se tenait au bastingage du trois-mâts Sirius et frissonnait malgré le soleil matinal radieux qui surplombait déjà les collines de Hangzhou et dissipait les derniers brouillards encore présents sur l’eau noire. » (p. 17). Il y a deux ans, lorsque Abigaïl, sa fille chérie, est morte de la coqueluche, Cox a accepté l’invitation de l’empereur-dieu, « être le premier homme du monde occidental à prendre ses quartiers dans une ville interdite et à créer, pour le très haut et passionné amateur et collectionneur d’horloges et d’automates, des œuvres conformes aux plans et aux rêves du Très-Haut. » (p. 20). Cox arrive avec son ami et plus proche collaborateur, Jacob Merlin, et deux assistants exceptionnels, un horloger orfèvre, Aram Lockwood, et un micro-mécanicien, Balder Bradshaw. Mais l’empereur ne veut plus de jouets alors le Sirius continue avec sa cargaison jusqu’à Yokohama et Qianlong demande aux artisans anglais des horloges qui mesurent le temps et la course du temps de façon différente selon la période de la vie car le temps ne passe pas de la même façon pour un enfant que pour un adulte, ou pour des amants que pour un condamné. « Shi jian, dit la voix derrière le paravent. Le temps, traduisit Kiang, le temps, la course du temps, le temps mesurable : Shi jian. » (p. 84). Bien sûr les artisans anglais ne parlent pas chinois, ils ont un traducteur attitré, Joseph Kiang.

Une chose me tracasse : Alistair Cox a 42 ans et, page 38, il est écrit que son épouse, Faye, est « trente ans plus jeune que lui » or leur fille, Abigaïl, est morte vers l’âge de 4 ans il y a un peu plus de 2 ans : il y a sûrement une erreur, peut-être de traduction. D’autant plus qu’on apprend que Faye a épousé Cox lorsqu’elle avait 17 ans (page 44). Si quelqu’un a une explication…

En dehors de cette petite erreur (qui n’est qu’un détail), ce roman est magistral !

L’auteur offre au lecteur un séjour extraordinaire dans la Cité impériale, dite Cité interdite, et si les artisans anglais jouissent d’une très grande liberté et de matériaux en quantité illimitée, ils doivent respecter scrupuleusement de nombreuses règles. Le lecteur en profite pour faire une excursion à la grande Muraille de Chine et une villégiature estivale à Jehol, en Mongolie intérieure. « Les chambres à coucher et les pièces de séjour étaient peintes en bleu, deux pièces de thé en rouge foncé, les ateliers et un bain de vapeur fonctionnant à l’énergie en blanc : les couleurs de l’air, des nuages, du feu et de l’eau constituaient une bénédiction qui ne pouvait que favoriser le travail qui devait être accompli ici. » (p. 208-209).

« Une horloge pour l’éternité. L’horloge des horloges. Perpetuum mobile. «  (p. 229).

Le sobriquet Clox (p. 257) a-t-il donné le mot anglais clock ?

L’auteur s’est inspiré de James Cox, horloger et constructeur d’automates (exposés dans le monde y compris en Chine) mais qui n’a jamais été en Chine ! Et de son collaborateur, Joseph Merlin. Ils ont été les constructeurs de la Perpetual Motion atmosphérique (barométrique). Tout le reste est fiction mais l’auteur a une connaissance sidérale de la Chine et des mécanismes de l’horlogerie !

Ce qui m’a attirée dans ce roman ? La couverture, la Chine et le thème : j’aime les romans fictionnalisant le temps et les mécanismes d’horlogerie (même si je n’y connais… rien !).

Une lecture germanique (littérature autrichienne en langue allemande) pour le Défi littéraire de Madame lit mais je lirai dans le mois de la littérature allemande. Aussi pour le Challenge de l’été 2018, Petit Bac 2018 (catégorie Passage du temps), Raconte-moi l’Asie #3 (l’action se déroule en Chine) et Voisins Voisines 2018 (Autriche).

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12 réflexions sur “Cox ou la course du temps de Christoph Ransmayr

  1. moustafette dit :

    Ah j’avais repéré celui-ci pour le Défi mais je m’étais abstenue car auteur autrichien ! J’adore ces histoires de temps et d’horloges, merci pour ce billet qui confirme mon envie de le lire.

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    • Moi aussi, j’aime les histoires avec le temps, les horloges, les mécanismes 😉 Je te conseille vivement ce roman 🙂 En fait, c’était littérature germanique, lui est Autrichien et le deuxième roman que j’ai lu est d’un Suisse naturalisé Allemand.

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