Boneshaker de Cherie Priest

Boneshaker (Le siècle mécanique, 1) de Cherie Priest.

Eclipse, collection Steampunk, février 2013, 460 pages (+ 20 pages avec un extrait du tome 2), 18,30 €, ISBN 978-2-809-42928-2. Le roman est sorti en poche au Livre de poche en août 2016. Boneshaker (2009) est traduit de l’américain par Agnès Bousteau.

Genres : littérature américaine, science-fiction, uchronie, steampunk.

Cherie Priest naît le 30 juillet 1975 à Tampa (Floride) mais, comme son père est militaire, elle vit dans plusieurs États. Elle habite maintenant à Seattle (État de Washington). Son premier roman (série Eden Moore) paraît en 2003 puis plusieurs séries (Le siècle mécanique, Les dossiers Cheshire Red, etc.) et romans indépendants suivent (science-fiction ou horreur). Plus d’infos sur son site officiel, The Haunt.

1864. Après la Ruée vers l’or en Californie, ce fut le tour du Klondike dans le Grand Nord mais la glace, très épaisse, empêchait de creuser. Les Russes, à qui appartenait ce territoire, voulaient le vendre aux Américains pour une bouchée de pain mais un inventeur, le Docteur Blue, a fabriqué une machine. « Ce serait le plus formidable engin d’extraction jamais construit : quinze mètres de long, entièrement mécanisé, actionné par de la vapeur sous pression. […] » (p. 17). Malheureusement, lors du test, le Boneshaker détruit le sous-sol et toute une partie de la ville de Seattle s’effondre en libérant un gaz nauséabond qui contamine les survivants dans les décombres : ils deviennent des morts-vivants. Le centre-ville détruit est alors condamné et entouré « d’un mur immense fait de brique, de mortier et de pierre […] environ soixante mètres de haut […] et quatre à six mètres d’épaisseur en moyenne […] une zone de cinq kilomètres carrés. » (p. 20). Les habitants sains ont soit quitté la région soit se sont repliés dans « les Faubourgs ».

1880. Près de seize ans après le Fléau, Briar Wilkes, 35 ans, travaille à l’usine de traitement des eaux et vit chichement avec son fils, Ezechiel, surnommé Zeke, bientôt 16 ans. Hale Quarter, un journaliste interroge Briar sur Maynard Wilkes, son père : il veut « écrire une véritable biographie » (p. 24) pour rétablir la vérité sur l’acte héroïque qui l’a conduit à la mort. Zeke est d’accord, il pense que son grand-père, qu’il n’a pas connu, est un héros après avoir sauvé les vingt-deux personnes enfermées dans le commissariat alors que le gaz nocif arrivait. Mais, il y a un autre homme que Zeke n’a pas connu, c’est son père, Leviticus Blue… Ce qui inquiète sa mère. « Essaie de sauver Maynard si cela peut te rendre heureux. Fais-en ton but personnel, si ça donne un sens à ta vie et si ça te rend moins… hargneux. Mais s’il te plaît, Zeke, crois-moi, il n’y a rien à sauver chez Leviticus Blue. Rien du tout. Si tu creuses trop profond ou si tu vas trop loin, si tu en apprends trop, tout ce que tu gagneras, c’est d’avoir le cœur brisé. » (p. 45). Le lendemain, Zeke part dans la ville emmurée retrouver les Oubliés car il paraît que des gens vivraient entre ces murs ! Mais un subit tremblement de terre obstrue le passage souterrain par lequel il avait prévu de ressortir… « Zeke se trouvait dans cette ville toxique et emmurée où des morts-vivants, victimes du Fléau, rôdaient en quête de chair humaine et où des sociétés criminelles avaient établi leurs repaires au fond de maisons de fortune et de sous-sols nettoyés. » (p. 86). Briar décide de retrouver son fils et s’adresse aux capitaines de dirigeables, Croggon Hailey de la Corneille libre et Andan Cly de la Naamah Cherie. Parachutée dans la ville, elle rencontre Jeremiah Swakhammer qui lui sauve la vie mais toujours aucune trace de Zeke…

Mes personnages préférés sont Andan Cly et Jeremiah Swakhammer 🙂 Et j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman, j’étais un weekend, je participais à un marathon de lecture et j’avais envie d’un roman divertissant, c’est ce que j’ai eu ! Boneshaker est le premier tome de la trilogie Le siècle mécanique, premier roman de Cherie Priest traduit en français, et il a reçu le prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2010. En général, les zombies apparaissent dans un futur post-apocalyptique ; ici ils apparaissent au XIXe siècle dans une uchronie (1) inventive, mâtinée de steampunk (2) et j’ai trouvé ça très original d’associer du steampunk avec de l’horreur. Les créatures ne sont pas appelées zombies mais simplement les morts-vivants ou les Pourris, ils n’ont plus de conscience, ils ne sont plus humains mais ils veulent se nourrir et ils sont violents et contagieux (ne vous faites pas griffer ou mordre, c’est classique). En 1880, les États – pas encore Unis – sont en pleine guerre civile depuis plus de 20 ans mais elle se déroule plus à l’Est et on en entend simplement parler : il faut comprendre, qui aurait envie de venir ce battre dans une ville détruite et contaminée (mais ce thème de la guerre sera plus développé dans le tome 2, Clementine).

Pour ceux qui ne sont pas fondus de science-fiction : (1) une uchronie est un genre littéraire qui réécrit l’Histoire en se basant sur un point historique mais en lui donnant, suite à un élément déclencheur, une suite différente fictive, qui devient donc une Histoire alternative hors de notre temps. (2) le steampunk est un genre littéraire qui déroule ses histoires principalement au XIXe siècle pour la première révolution industrielle avec du charbon et de la vapeur : le nom est créé dans les années 1980 avec steam, anglais pour vapeur et en parallèle avec cyberpunk qui lui est futuriste (mais les prémices du steampunk existent chez Jules Verne ou H.G. Wells entre autres). Évidemment ces deux genres littéraires ont évolué dans d’autres média comme le cinéma, l’Art, etc.

Dans le déroulement de Boneshaker, un chapitre est consacré à Briar, un autre à Zeke, puisqu’ils sont séparés et ainsi de suite donc le récit est un peu linéaire mais ça ne m’a pas dérangée. Le lecteur se retrouve enfermé dans les sous-sols plus ou moins bien aménagés de la ville et y rencontre les personnages qui y survivent tant bien que mal : certains sont sympathiques voire altruistes (ils veulent absolument protéger la fille unique et le petit-fils de Maynard qui pour eux est un héros), certains sont insignifiants mais ils ont leur utilité dans le fonctionnement de la survie, et il y a ce méchant, Minnericht, serait-il Leviticus Blue ? Plusieurs le pensent. En tout cas, pourquoi des habitants non contaminés sont-ils restés là au lieu d’évacuer en même temps que les autres seize ans auparavant ? L’auteur n’apporte pas de réponse mais on sait qu’il y a toujours des gens qui ne veulent pas partir, qui préfèrent rester chez eux, dans un lieu connu même devenu dangereux, quelles que soient leurs raisons.

Mais, à travers certains personnages, Cherie Priest dénonce la condition des femmes (Briar, ouvrière qui fait un travail indispensable mais qui est mal payée et qui élève seule son fils depuis toujours, Angeline qui se prend pour une princesse et que tout le monde considère comme folle, Lucy amoindrie dans sa chair mais finalement plus forte avec son bras mécanique, ce sont les seules femmes du roman !), l’esclavage (avec les émigrés Chinois qui pompent l’air pour le rendre respirable au moins dans certaines parties cloisonnées des sous-sols sinon il faut toujours porter un masque et se protéger la peau) et la drogue (des petits malins ont découvert que le gaz traité fait une drogue parfaite et en font le commerce depuis l’intérieur !).

Bref, un roman peut-être linéaire – et Briar et Zeke ne sont pas, à mon avis, les personnages les plus importants – mais un roman plus profond qu’il n’y paraît.

Comme j’ai lu ce roman le 12 août durant le Weekend à 1000, je peux vous dire que, depuis, j’ai déjà lu le tome 2, Clementine, qui est en fait totalement différent et je vous en parle tout bientôt mais j’ai hâte de lire aussi le dernier tome, Dreadnought !

Une lecture pour le Challenge de l’épouvante, le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Vapeur et feuilles de thé et Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été). Je ne sais pas trop si je peux le mettre en Jeunesse & Young Adult car il n’est pas édité comme tel.

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