Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen

Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juin 2019, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-163-9. Her Royal Spyness (2008) est traduit de l’anglais par Blandine Longgre).

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (1997-2006), Molly Murphy (2001-2017) et Royal Spyness (2007-2019).

Victoria Georgiana Charlotte Eugenie est la fille du duc de Glenn Garry et Rannoch. Sa grand-mère paternelle était une des filles de la reine Victoria mais, peu attirante, elle a épousé « un mauvais baron écossais » (p. 10) qui, pour la peine, devint duc. Elle n’a mis au monde qu’un fils : le père de Georgie (oui, on ne va pas répéter à chaque fois Victoria Georgiana Charlotte Eugenie !). Elle n’est que trente-quatrième pour la succession au trône.

Le lecteur découvre Georgie en avril 1932 au château de Rannoch à Perthshire en Écosse. Georgie est née du remariage de son père, veuf mais ayant un fils de sa première épouse, avec une actrice mais elle « appartenait à l’église anglicane et venait d’une famille britannique respectable […] et l’on approuva donc cette union. » (p. 11). Cependant, l’épouse s’est enfuie lorsque Georgie avait deux ans, elle ne supportait plus de vivre dans un château « lugubre et isolé » (p. 12). Georgie a donc reçu une éducation dans une institution privée suisse grâce à la générosité de la famille paternelle. Elle vit maintenant au château de Rannoch avec son frère aîné, Hamish, surnommé Binky, son épouse acariâtre et pingre, Hilda, surnommée Fig, et leur jeune fils, Hector, surnommé Podge mais « un membre de la famille royale, même mineur, a le devoir de ne pas décevoir les siens. » (p. 17), sous-entendu Georgie doit épouser un bon parti ! Et justement, Sa Majesté a ordonné à Binky d’organiser une réception au château pour lui présenter le prince Siegfried de Roumanie mais Binky est ruiné et Georgie ne veut pas se marier. « Je n’avais pas l’intention de rester ici une minute de plus, à attendre que l’avenir vienne à moi. J’allais partir dans le vaste monde afin de choisir ma propre destinée. » (p. 21).

Fin avril 1932, Georgie s’est enfuie à Rannoch House à Londres dans le quartier aisé de Belgrave Square mais elle n’a pas d’argent, elle se retrouve seule (sans domestiques) dans une maison vide et elle ne sait rien faire (comment allumer la chaudière pour avoir de l’eau chaude ou comment allumer du feu dans les cheminées ou comment faire à manger). Pourtant « Sa Majesté Royale et impératrice des Indes, la reine Mary » (p. 29) qui a des yeux et des oreilles partout, invite Georgie à boire le thé. « Je songe à faire de vous mon espionne, dit-elle tandis qu’on nous versait le thé. » (p. 37). Georgie est donc chargée (sans que la reine ne lui propose de l’aider financièrement) d’espionner son cousin David, prince Galles, futur roi, qui s’est entiché d’une Américaine plus âgée que lui et… mariée !

Mais quatre jours après l’arrivée de Georgie à Rannoch House, son frère débarque à Londres et lui apprend que leur père avait perdu leur château écossais de Rannoch au profit d’un abject joueur français, Gaston de Mauxville ! « J’étais venue à Londres pour fuir les miens, songeai-je tout en me dirigeant vers ma chambre. Mais leur échapper n’était apparemment pas aussi facile que je l’avais cru. L’espace d’un instant, épouser le prince Siegfried ne me sembla pas être une si mauvaise solution que cela, tout compte fait. » (p. 123). Mais la devise des Rannoch est « La mort plutôt que le déshonneur. » (p. 164).

Après les années folles (années 20), la Grande Dépression fut difficile pour tous et beaucoup d’aristocrates furent ruinés. Sans compter qu’il y avait parfois des dettes de jeu… Comme Georgie n’y connaît rien en enquête, elle n’est pas très performante mais ce roman, plutôt genre mystery, est efficace, drôle et distrayant. Il est de plus idéal pour découvrir les jeunes aristocrates désargentés de ce début des années 30, leurs fêtes, leurs intérieurs, et aussi un peu les bas-fonds de Londres. Son amie Belinda ayant un revenu grâce à son activité de créatrice de mode, Georgie souhaite aussi créer son emploi, mais lequel ? C’est qu’une jeune fille de bonne famille ne travaille pas et ce qu’elle a appris à l’institut suisse est inutile ou obsolète… J’ai passé un très bon moment avec ce premier tome que j’ai dévoré en une journée et j’ai embrayé le lendemain avec le tome 2 !

Une chouette lecture que je mets dans les challenges Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2019 (Angleterre).

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