Phèdre de Racine

Phèdre de Racine.

Théâtre classique, 2015, 78 pages.

Genre : théâtre classique.

Jean Racine naît le 22 décembre 1639 à la Ferté-Milon dans l’Aisne dans une famille de petits notables mais il devient orphelin jeune. Ses professeurs sont les Solitaires de Port-Royal. Comme une carrière ecclésiastique ne lui convient pas, il se dirige vers les Lettres : la poésie et le théâtre. Ses pièces sont des tragédies (Alexandre le Grand, Andromaque, Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre…) ; il n’écrit qu’une seule comédie (Les Plaideurs en 1668). Il y a beaucoup à dire sur Racine (Académie française, anoblissement, etc.) mais je vous laisse consulter tout ça sur une encyclopédie ou sur Internet ! Il meurt le 21 avril 1699 à Paris et il est enterré à l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris.

Phèdre et Hippolyte est une tragédie en 5 actes, en vers, jouée en 1677 ; son titre devient Phèdre tout simplement en 1687 et elle est réadaptée avec quelques variantes en 1697.

Phèdre est une pièce inspirée de celle d’Euripide : Phèdre est une reine engagée – par la force des dieux – dans « une passion illégitime » qu’elle essaie de surmonter de toutes ses forces, elle n’est donc « ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente » puisque sa destinée la dépasse ! (préface p. 4). Racine s’est « très scrupuleusement attaché à suivre la fable » et s’est tenu « de conserver la vraisemblance de l’histoire » (préface p. 5) mais il l’a adaptée pour plaire à son temps et à son public.

L’histoire se situe à Trézène, une ville du Péloponnèse. Il y a 8 personnages et quelques gardes.

« Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! / Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, / A pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux ? / Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire. » (Phèdre, p. 11). « Thésée est mort, Madame, et vous seule en doutez. / Athènes en gémit, Trézène en est instruite, / Et déjà pour son roi reconnaît Hippolyte. / Phèdre dans ce palais tremblante pour son fils, / De ses amis troublés demande les avis. » (Ismène, p. 19). Phèdre pense que son époux, Thésée, disparu depuis six mois, est mort, et elle avoue à Hippolyte son amour pour lui, alors qu’il est le fils que Thésée a eu avec une autre femme, Antiope, la reine des Amazones. Puisque Thésée n’est plus, un nouveau roi va être nommé et le nom d’Hyppolyte est sur toutes les lèvres mais celui-ci souhaite quitter Trézène… « Je sais, sans vouloir me flatter, / Qu’une superbe loi semble me rejeter. / La Grèce me reproche une mère étrangère. » (Hyppolite, p. 21). Et Thésée est-il vraiment mort ? « Cependant un bruit sourd veut que le roi respire. / On prétend que Thésée a paru dans l’Épire. » (Théramène, p. 28). Et effectivement, Phèdre apprend le retour de Thésée ! « Mon époux est vivant,Œnone, c’est assez. / J’ai fait l’indigne aveu d’un amour qui l’outrage. / Il vit. Je ne veux pas en savoir davantage. » (Phèdre, p. 31). Que peut-elle faire après avoir avoué son amour à Hippolyte, comment peut-elle se justifier auprès de Thésée ? « Ah ! je vois Hippolyte. / Dans ses yeux insolents je vois ma perte écrite. / Fais ce que tu voudras, je m’abandonne à toi. / Dans le trouble où je suis, je ne peux rien pour moi. » (Phèdre, p. 33). Thésée est prêt à punir cette trahison, cet adultère, presque un inceste mais heureusement Hippolyte est amoureux d’une autre femme, Aricie. « Non, mon père, ce cœur (c’est trop vous le celer) / N’a point d’un chaste amour dédaigné de brûler. / Je confesse à vos pieds ma véritable offense. / J’aime, j’aime, il est vrai, malgré votre défense. / Aricie à ses lois tient mes vœux asservis. / La fille de Pallante a vaincu votre fils. / Je l’adore, et mon âme à vos ordres rebelle, / Ne peut ni soupirer, ni brûler que pour elle. » (Hippolyte, p. 40). Encore faut-il que Thésée, en colère, croit son fils… « Il soutient qu’Aricie a son cœur, a sa foi, / Qu’il l’aime. » (Thésée, p. 42). Et comment va réagir Phèdre à cet amour d’Hippolyte pour Aricie ? « Quoi, Seigneur ! » (Phèdre, p. 42).

La tension dramatique augmente de scène en scène jusqu’à la tragique fin. On est bien dans une tragédie ! Amour interdit, culpabilité, amertume, colère, chagrin…

Il y a plusieurs versions de Phèdre : celles d’Euripide (version grèque) et de Sénèque (version latine) sont plus violentes, plus scandaleuses (inceste), celles de Robert Garnier (1573), de La Pinelière (1635), de Gabriel Gilbert (1647) sont des adaptations plus « gentilles » avec Hippolyte.

Je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de retard pour le challenge Cette année je (re)lis des classiques #2 alors voici un troisième billet ! Peut-être aurais-je le temps, avant la fin de l’année, de (re)lire un quatrième classique pour honorer le niveau 2 ?…

8 réflexions sur “Phèdre de Racine

  1. nathaliesci dit :

    Merci pour cette nouvelle participation. Et pas de panique pour ce challenge, chacun fait comme il veut, et comme il peut ! 😉
    Je crois n’avoir encore rien lu de Racine… Il va être temps !

    J'aime

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