Contagions de Paolo Giordano

Contagions de Paolo Giordano.

Seuil, collection Littérature étrangère, mai 2020, 64 pages, 9,50 €, ISBN 978-2-02146-576-1. Nel contagio (2020) est traduit de l’italien par Nathalie Bauer. À noter que ce livre est, pour le moment, en ligne, sur le site du Seuil, mais sa parution est annoncée pour le 28 mai 2020.

Genres : littérature italienne, essai.

Paolo Giordano naît le 19 décembre 1982 à Turin (Italie). Il est docteur en physique théorique ; il est aussi romancier : La solitude des nombres premiers (2008) et Le corps humain (2013).

Vous l’avez compris, ce livre parle de la pandémie de coronavirus (CoV-2) que nous vivons actuellement et je remercie Martine d’en avoir parlé sur FB ce qui m’a permis d’aller sur le site du Seuil et de le lire en ligne.

« Ce que nous traversons possède un caractère supra-identitaire et supra-culturel. La contagion est à la mesure du monde d’aujourd’hui, global, interconnecté, inextricable. » (p. 7).

Rendez-vous annulés ou repoussés, pratiquement tout fermé… « J’ai échoué dans un espace vide inattendu. » (p. 7) et « J’ai décidé d’employer ce vide à écrire. » (p. 8).

L’auteur fait appel aux mathématiques (simplement, je vous rassure) et, en courts chapitres, ordonne ses pensées pour ne pas oublier cette période de réactions en chaîne de la contagion de la maladie appelée Covid19.

« Pour le virus, l’humanité entière se partage en trois groupes : les Susceptibles, c’est-à-dire tout ceux qu’il pourrait encore contaminer ; les Infectés, c’est-à-dire ceux qu’il a déjà contaminés ; et les Rejetés, ceux qu’il ne peut plus contaminer. Susceptibles, Infectés, Rejetés : SIR. » (p. 11-12).

Sacrifices, patience, prudence, solitude… qui peuvent entraîner souffrances et rébellion, mais pourquoi pas aussi la réflexion et la sagesse.

« Dans la contagion, nous sommes tous libres et assignés à résidence. » (p. 25).

Un des passages importants est, à mon avis, celui où il explique pourquoi comment toute l’humanité est concernée, « la totalité des êtres humains » (p. 32), et qu’il y a des Ultra-susceptibles partout dans le monde.

Mais, à propos de ces nouveaux coronavirus, et si les coupables, c’était nous ? Urbanisme, déforestation, extinction d’espèces… L’auteur évoque l’hypothèse que des micro-organismes aient besoin de se réfugier ailleurs, de s’installer chez nous, les humains, qui sommes si nombreux, si réceptifs et si vulnérables !

« On en a le vertige. Un enchaînement meurtrier de causes et d’effets. » (p. 45).

L’auteur pense que ce genre de pandémies reviendra et surtout reviendra de plus en plus souvent. Je n’ai pas les connaissances scientifiques adéquates mais c’est ce que je pense aussi.

« Parmi les maladies qui pourraient bénéficier du climate change figurent, en dehors d’Ebola, la malaria, la dengue, le choléra, la maladie de Lyme, le virus du Nil occidental et même la diarrhée […]. Le monde s’apprête à se conchier. » (p. 48).

Mon avis : une chose est sûre, c’est que nous, les citoyens qui respectons le confinement, qui ne sortons pas ou très peu pour des choses indispensables, nous avons perdu le contrôle de nos vies… Mais ce qu’il y a de bien, c’est que nous avons repris le contrôle, chez nous, avec des activités que nous avions oubliées ou que nous n’avions pas le temps de pratiquer (cuisiner, lire, faire du rangement, regarder des films, des séries, écouter de la musique, faire des puzzles, tricoter, broder, coudre, dessiner, étudier, méditer, etc.) bref, utiliser notre temps intelligemment (bon, peut-être pas pour tout le monde, mais en majorité, j’espère).

« Cette crise est en étroite relation avec le temps. Avec notre façon d’organiser, de tordre, de subir le temps. Nous sommes à la merci d’une force microscopique qui a l’arrogance de prendre des décisions à notre place. » (p. 60-61).

Dans cet essai, rédigé entre mi-février et mi-mars 2020, l’auteur met les mots sur certaines choses, c’est ça qui est primordial (j’emprunte le mot de Martine qui a écrit que cette lecture est « essentielle »), et sans être moralisateur, il nous demande de réfléchir à cette situation et de penser différemment. Une lecture intéressante que je n’aurais pas eu sans le post de Martine (merci pour l’info !).

C’est le dernier livre lu en avril 2020 et je posterai ma note de lecture pour le Mois italien en mai.

6 réflexions sur “Contagions de Paolo Giordano

    • Oui, il a commencé à l’écrire en février et a continué en mars ; je le trouve légitime cet essai parce que l’auteur est un scientifique et ce qu’il dit (écrit) pose bien les mots et détaille ce qu’on a besoin de savoir pour comprendre.

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