De parcourir le monde et d’y rôder de Grégory Le Floch

De parcourir le monde et d’y rôder de Grégory Le Floch.

Christian Bourgois, août 2020, 226 pages, 18 €, ISBN 978-2-26704-302-0.

Genres : littérature française, roman.

Grégory Le Floch naît en 1986. Il vit et travaille à Paris. Il reçoit la Bourse de la découverte de la fondation Prince Pierre de Monaco pour son premier roman, Dans la forêt du hameau de Hardt (L’Ogre, 2019).

Le narrateur, un jeune homme vigile dans un supermarché, est dans tout ses états car il a trouvé une chose dans la rue et souhaite la rendre à son propriétaire mais les passants et les commerçants l’ignorent ou l’insultent. « Chez moi, j’ai posé la chose sur la table, j’ai tiré une chaise, je m’y suis assis. J’ai posé mon menton sur la table et j’ai observé la chose. L’observation a duré toute la nuit car je voulais agir avec le plus de méthode, de logique et de rigueur dont j’étais capable. » (p. 21). Le lecteur est plongé en plein surréalisme avec ce jeune homme un brin mégalo. « Il était évident que j’étais en présence d’un objet remarquable que je devais de toute urgence restituer à l’humanité […]. » (p. 22).

Une intuition le pousse à se rendre à Vienne en Autriche. Et le voici dans le train où il rencontre une jeune femme, Schloma. « […] un prénom horrible mais […] elle avait fini par s’y faire […]. » (p. 30). Elle lui conseille d’aller au musée Freud car la chose y a sûrement été volée. « C’est sur son bureau, je peux vous l’assurer, que j’ai vu cette chose. C’était peut-être il y a un an. » (p. 31-32). C’est le début d’une aventure incompréhensible (une manifestation, une « vieille » femme, un attentat terroriste, une « balade » dans le fleuve, une visite de boucherie-charcuterie…) et ce que je retiens, c’est « distorsion de la réalité » (p. 47).

En rencontrant les amis de Schloma, Amos et Schloma (une autre Schloma), le narrateur découvre l’antisémitisme. « […] et je notais ce qu’il dictait : FPÖ, antisémite, Jérusalem, Jérusalem, Jérusalem, au moins vingt fois Jérusalem. » (p. 60). Mais que signifie être Juif lorsqu’on n’est pas croyant ? « Être juif, a repris Myriam, n’a rien à voir avec la religion. Juif, c’est autre chose que les rabbins et leur synagogue, c’est une identité, une culture. Nous sommes des juifs laïques, voilà tout. » (p. 64). Il ne peut pas suivre Amos, Schloma et leurs amis en Israël alors il retourne en France et retrouve sa petite amie, Katia. Mais ça ne dure pas car elle a de dangereuses fréquentations.

Après avoir rôder à Vienne, le narrateur part rejoindre Schloma (celle qu’il avait rencontrée dans le train pour l’Autriche) à New York. Je ne vous en dis pas plus car il vous faut découvrir par vous-mêmes ce roman farfelu et loufoque, déjanté même. « Et les monstres ont traversé les rangs, s’arrêtant devant ceux qui s’étaient levés pour les toucher. » (p. 186).

Lire ce roman, c’est fuir les mots du narrateur en suivant pourtant le narrateur dans sa folie, ou plutôt dans son obsession. C’est une étrange sensation d’absurde et, franchement, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris ! J’ai tout de même envie de lire Dans la forêt du hameau de Hardt paru aux éditions de l’Ogre en janvier 2019.

De parcourir le monde et d’y rôder contient trois illustrations pleine page en noir et blanc de María Medem. Il a reçu les Prix Wepler 2020, Prix Transfuge découverte 2020 et Prix Décembre 2020.

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4 réflexions sur “De parcourir le monde et d’y rôder de Grégory Le Floch

  1. Mpb dit :

    On n’y comprend rien . Il y a bien des gens qui écrivent pour écrire … c’est un peu comme dans le cinéma… ou alors c’est moi qui suis idiote !!!!

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    • Je ne dis pas que j’ai tout compris, c’est plutôt l’inverse, je le dis dans mon billet, c’est un roman absurde qui développe l’obsession, une part de folie, et finalement nous avons tous un peu de ça en nous, non ? Je ne pense pas que vous soyez idiote, peut-être que vous êtes hermétique à ce genre d’humour absurde… Ne lisez pas Ionesco ou Cioran alors 😉

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