La mémoire du temps de Frank Leduc

La mémoire du temps de Frank Leduc.

Nouveaux auteurs, collections Puissance 2, Thriller, mai 2020, 374 pages, 19,95 €, ISBN 978-2-8195-0605-8.

Genres : littérature française, thriller, Histoire.

Frank Leduc naît le 18 août 1958 à Paris. Après une carrière de cadre manager dans une entreprise de téléphonie, il quitte Paris pour les Landes et devient coach et formateur en management avant de se lancer dans l’écriture. Deux romans, Le chaînon manquant (2017), Cléa (2019) et deux recueils de nouvelles, Quelque chose à vous dire (2019), Un hôtel à Paris (2020) précèdent La mémoire du temps.

Mars 1937. Lisa Stein et Alexis Keller, deux ados (d’environ 16 ans), fuient leur village d’Eltville, situé dans le land de Hesse près de Mayence. Ils ont leurs billets pour Paris via Metz. « Tu vois, nous n’avions rien à craindre. Nous sommes en règle. Et bientôt, nous serons libres. Loin de ce pays qui devient complètement fou. » (p. 23). Mais ils sont rapidement repris et Angus Stein, un homme violent, enferme sa fille Lisa au couvent.

De nos jours, à Paris. Alice et Vincent sont mariés depuis 13 ans et ils ont trois enfants, Romane, Louna et Nathan. Ils vivent bien : Vincent est un célèbre romancier de science-fiction et Alice est une critique gastronomique reconnue. Mais, depuis près d’un an, Alice a sur le corps d’étranges brûlures douloureuses et aucun spécialiste n’a pu donner d’explications… Elle a rendez-vous avec le Pr Strootman. « Ce n’est pas un simple « psy ». C’est un neurologue et l’un des meilleurs. Il va regarder les choses autrement. Il y a forcément quelque chose à trouver. » (p. 20). « C’est l’un des plus grands neuropsychiatres de la planète. Il a écrit des tas de bouquins. Il a dû traiter des centaines de cas. Des milliers peut-être… S’il y en a bien un qui peut comprendre ce qui t’arrive, c’est lui ! » (p. 21). Alice ne sait pas si elle doit être soulagée ou inquiète après sa visite au Pr Strootman. « Même pour lui, l’affaire était surprenante. Il avait à la fois de l’enthousiasme à s’occuper de cette pathologie peu commune, l’adrénaline de réussir là où ses confrères avaient échoué et un mauvais pressentiment. Il ne s’en doutait pas encore, mais les jours qui allaient suivre modifieraient profondément le cours de sa vie ! » (p. 50).

J’ai appris beaucoup de choses sur la mémoire et sur les différentes zones qui abritent la mémoire, je les ai notées pour ne pas les oublier, cerveau, hippocampe, cortex frontal, amygdale, cervelet, ganglions, cortex, en fait tout ce qui concerne le cerveau et la mémoire m’intéressent alors j’ai vraiment envie de creuser le sujet. Mais il existe « une autre mémoire, plus mystérieuse encore, que les neurologues n’étudient sérieusement que depuis une dizaine d’années et dont nous ne connaissons pas encore tout à fait la portée. On l’appelle la mémoire génétique ou « ancestrale ». […] Un lien invisible qui unit les êtres d’une même famille à travers les générations. Un genre d’atavisme émotionnel. On ne l’explique pas encore, mais c’est réel et tout à fait démontrable. » (p. 125).

La mémoire du temps est à la fois un roman historique et un thriller (qui lorgne du côté du fantastique), et j’aime bien le mélange des deux genres que j’avais déjà apprécié dans Le violoniste de Mechtild Borrmann ou dans Angor de Franck Thilliez par exemple. Quant à cette histoire de mémoire familiale, je l’ai découverte dans L’île du Diable de Nicolas Beuglet (avec l’épigénétique). Cette mémoire à travers l’Histoire et le temps m’a donc bien embarquée. D’ailleurs, j’ai particulièrement aimé les passages à bord du dirigeable Hindenburg avec l’amitié entre Lisa et Paul (le jeune homme noir originaire de Pennsylvanie, matelot de seconde classe, qui lui prête Moby Dick pour qu’elle apprenne l’anglais) et la relation avec Otto, un berger malinois. « Ce chien avait une force hors norme. Elle était rassurée de l’avoir avec elle. Elle était persuadée qu’il la protégerait au péril de sa vie si quelqu’un lui voulait du mal. Et vu son gabarit, elle se sentait en parfaite sécurité. » (p. 334-335).

Franchement, le sujet est top, bien raconté, intriguant, et je voudrais vous conseiller La mémoire du temps mais l’auteur a malheureusement perdu la mémoire de l’orthographe et de la grammaire… « un genre d’existence en accélérée » (p. 105), « ils faisaient tous les deux partis » (p. 113), « Ils traversèrent l’air de décollage » (p. 118), « un contrat en bon et due forme » (p. 157), « Le marin sembla désarçonner par cette réponse » (p. 285), « Sans elle, je n’aurai pas réussi » (p. 333), mêmes fautes de futur au lieu du conditionnel dans « je n’aurai pas eu cette part de mystère » (p. 351) et dans « Elle devait penser que je vivrai éternellement » (p. 354), « l’enquête sur la disparition de Sarah Stein » (p. 360) qui je le rappelle se prénomme Lisa, « Et bienvenu à ceux […] » (p. 370)… Ma faute préférée est « Elle sangla solidement Otto à un piquet qui la regarda faire bizarrement. » (p. 346) parce qu’elle est drôle : vu la construction de la phrase, le lecteur ne peut s’empêcher de sourire en imaginant le piquet la regarder bizarrement ! Je ne sais pas si, pour vous, c’est rédhibitoire, pour moi ça l’est normalement mais j’avais déjà lu plus de 100 pages avant la première faute et je voulais savoir le fin mot de l’histoire alors j’ai continué la lecture mais je ne pensais quand même pas qu’il y aurait plus de 10 fautes dans ce roman… Par contre, je ne compte pas lire un autre titre de cette maison d’éditions.

Je place cette lecture dans Animaux du monde #3 (pour Otto, le berger malinois qui a une belle place dans la vie de Lisa), Challenge lecture 2021 (catégorie 26, un roman fantastique), Littérature de l’imaginaire #9 (pour le côté fantastique des rêves d’Alice et cette mémoire partagée qu’on ne comprend pas encore très bien), Mois du polar/thriller et Polar et thriller 2020-2021.

10 réflexions sur “La mémoire du temps de Frank Leduc

  1. C’est dommage, ça avait l’air pas mal. Mais c’est vrai que ça fait beaucoup de fautes.
    Je ne connais pas cette maison d’éditions ni son fonctionnement. Mais certaines font payer les auteurs pour avoir une correction et ne font que passer un logiciel. Je ne suis pas sûre du résultat… et ce n’est franchement pas donné ! Ça ne vaut pas mon premier éditeur qui se prenait pour un correcteur et qui m’a créé des fautes dans mon texte !

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