Les mystères de Paris d’Eugène Sue en animation

C’est France3 Paris Île de France qui propose Les mystères de Paris d’Eugène Sue en 40 épisodes d’animation 2D d’environ 3 minutes chacun (voire un peu plus ce qui fait dans les 3 heures l’intégrale) réalisés par Véronique Puybaret et Matthieu Dubois en 2020.

Pas envie ou pas le temps de (re)lire Les mystères de Paris ? Profitez-en pour regarder cette série animée ! Mais avant quelques mots sur l’auteur bien sûr.

Eugène Sue naît Marie-Joseph Sue le 26 janvier 1804 à Paris. Son père est médecin et chirurgien sous Napoléon 1er (sa marraine est Joséphine de Beauharnais). Il étudie au Lycée Condorcet et entre comme apprenti à la Maison militaire du roi. Il vit un temps à Madrid puis devient chirurgien de la Marine tout en écrivant. Selon Francis Lacassin, Eugène Sue est l’auteur « de sept romans exotiques et maritimes, onze romans de mœurs, dix romans historiques, quinze autres romans sociaux (dont une série intitulée Les sept péchés capitaux), deux recueils de nouvelles, huit ouvrages politiques, dix-neuf œuvres théâtrales (comédie, vaudeville, drame) et six ouvrages divers. » (source Wikipédia). Parmi les plus connus, Atar-Gull (1831), Les mystères de Paris (1842-1843), Le Juif errant (1844-1845). Il meurt le 3 août 1857 à Annecy le Vieux (Haute-Savoie mais qui faisait alors partie du Royaume de Sardaigne). Plusieurs de ses œuvres sont disponibles librement sur WikiSource.

Paris, Île de la Cité, hiver 1838-1839. Des petites ruelles sombres et miséreuses près de Notre-Dame. Rodolphe invite Fleur de Marie, une orpheline, et Le Chourineur, un ancien bagnard, au Lapin Bleu tenu par L’Ogresse. Il cherche le jeune Germain qui a disparu et qui est le fils de sa gouvernante, Madame Georges. Mais arrivent deux méchants, le Maître d’école, un évadé du bagne, et La Chouette (Fleur de Marie s’enfuit) puis Sarah McGregor (Rodolphe s’enfuit). Des personnages hauts en couleurs, les bas-fonds de Paris et un suspense insoutenable à la fin de chaque épisode (Sue serait l’inventeur du cliff-hanger).

C’est super bien réalisé et raconté (sur un ton résolument moderne mais qui ne dénature pas le récit d’Eugène Sue). Les dessins en noir et blanc (avec des gravures d’époque) sont très beaux. Et en plus c’est drôle car il y a régulièrement des anachronismes. Par exemple, dans le premier épisode, Le Chourineur est débardeur sur les quais, mais non pas le tee-shirt sans manches ! Et dans l’épisode 7, Sarah consulte le Gotha sur une tablette et parmi les célibataires les plus en vue, il y a Brad (Pitt) ! D’ailleurs, prêts pour une soirée chez l’Ambassadeur, vous savez avec les fameux chocolats ? L’aristocratie d’un côté, une extrême pauvreté de l’autre, voici le Paris de la première moitié du XIXe siècle (Sue est un précurseur de Zola), avec quelques incursions à la campagne (vous savez le bled du 9-5 !). Ah, et n’oubliez pas de faire un selfie en sortant de prison, et à la fin, veuillez acheter le roman ou quelques goodies, à votr’ bon cœur M’ssieurs Dames ! Eh bien, ça m’a donné envie de relire Les mystères de Paris que j’avais lus à l’adolescence (mais peut-être dans une édition épurée pour la jeunesse). Mes personnages préférés sont Rodolphe, Clémence et Rigolette.

Je vais mettre ce billet dans les challenges 2021, cette année sera classique (puisque les adaptations sont acceptées) et Les classiques c’est fantastique (ça convient pour les deux thèmes de février, premièrement je me suis emballée pour ces mystères et ces rebondissements, deuxièmement il y a des histoires d’amour en particulier Germain et Rigolette, Nicolas Martial et La Louve, et bien sûr Rodolphe et Clémence, il y en a d’autres mais qui se terminent moins bien).

La bande annonce

23 réflexions sur “Les mystères de Paris d’Eugène Sue en animation

  1. Des Livres Rances dit :

    Lors de ma lointaine lecture, j’étais presque parvenu à la page 1000 (sur un total de 1300 je crois), et subitement j’ai lâchement abandonné 😥

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  2. C’est original et très tentant, j’ai bien envie de me plonger dans ces atmosphères mystérieuses. Il me semble avoir lu le texte à l’adolescence, sans doute une version abrégée comme tu le cites également.

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    • Oui, il y avait des versions abrégées pour la jeunesse, je me souviens entre autres de Cosette et j’ai appris plus tard que les Misérables de Victor Hugo était une œuvre bien plus vaste 😛 Mais ça permettait de découvrir 😉

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  3. J’ai commencé l’œuvre et j’ai arrêté presqu’à la fin, je ne sais plus pourquoi, alors que j’adorais cette lecture. Je veux la relire un jour et aller au bout de ce feuilleton riche en aventures et rebondissements. L’adaptation que tu présentes ne m’intéresse pas je t’avoue, à cause des anachronismes, même si l’initiative est intéressante.

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