Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, mai 2010, réédition août 2014, 631 pages, 25 €, ISBN 978-2-84172-505-2. Метро 2033 (2005) est traduit du russe par Denis E. Savine. Il existe un jeu vidéo sorti en 2010.

Genres : littérature russe, science-fiction.

Dmitry Alekseïevitch Glukhovsky (Дмитрий Алексеевич Глуховский) naît le 12 juin 1979 à Moscou (Russie). Il est journaliste et écrivain de science-fiction. Il parle six langues ! Il est aussi professeur à l’École du nouveau cinéma de Moscou fondée en 2012. Autres romans : Metro 2034 (2011), Sumerki (2014), Futu.re (2015), Metro 2035 (2017), Texto (2019) et un recueil de nouvelles : Nouvelles de la Mère Patrie (2018). Plus d’infos sur le site officiel de Metro en russe.

À Moscou, dans le Metropolitain. Une guerre nucléaire a tout ravagé et les survivants vivent sous terre dans le métro depuis une vingtaine d’années. « Survivre ! Survivre à tout prix. » (p. 22). Artyom, 24 ans, a été sauvé à l’âge de 5 ans d’une invasion de rats par un soldat qui l’a élevé comme son fils. Ils vivent dans la station VDNKh. Un jour, Artyom recueille un chiot. « Qui sait ? Peut-être qu’en grandissant ce chien vous rendra de fiers services. » (p. 40). À part quelques stalkers, dûment protégés, personne ne monte à la surface. « La vie s’était maintenue en surface, mais ce n’était pas la vie telle qu’on l’avait connue, telle qu’on pouvait encore l’appréhender. » (p. 51). Le Chasseur envoie Artyom à Polis, La Ville, La Cité. « Artyom, mon petit, c’est sans doute le dernier endroit sur cette Terre où les hommes vivent comme des hommes. Le dernier où ils n’ont pas encore perdu la mémoire de ce qu’est l’être humain, et de la manière dont ce mot doit résonner. » (p. 109). Mais il y a du danger car dans les autres stations du métro vivent d’autres survivants regroupés comme des tribus… « À votre avis… nous… les êtres humains, je veux dire… est-ce que nous retournerons là-haut ? À la surface. Est-ce que nous pourrons survivre et remonter ? » (p. 245). Mais Moscou est devenue « La ville… Vision lugubre et magnifique ! » (p. 399).

Par le passé, des stations ont été en guerre, comme la Rouge et la Hanse. Il y a eu des annexions, des contrôles, beaucoup de bureaucratie… C’est l’occasion pour l’auteur de « critiquer » la société dans laquelle on vit et la société telle qu’elle peut devenir. Chaque station a sa communauté (ou l’inverse !), il y a les nostalgiques du communisme, les néo-nazis, les Caucasiens, les cannibales… Mais le commerce est fructueux malgré les conflits incessants. Il y a aussi l’obscurité, les rats, la peur puisque le métro est un espace clos ; le roman est de même un huis-clos oppressant. C’est aussi une réflexion intelligente et réaliste sur ce qui fait vivre et se battre les hommes : la politique ? La religion ? Les idées ? Dmitry Glukhovsky nous livre en tout cas des phrases grandioses comme « Pour que des milliers d’hommes et de femmes à travers le métro puissent respirer, manger, s’aimer, donner la vie, déféquer, dormir, rêver, se battre, tuer, s’émerveiller et traduire en justice, philosopher et haïr. Pour que chacun puisse croire à son paradis et son enfer… Pour que la vie dans le métro, malgré sa vanité et son absurdité, malgré sa crasse et son bouillonnement, dans toute cette diversité qui la rendait magique et merveilleuse, pour que la vie des hommes se poursuivent. » (p. 622-623). Évidemment Metro 2033 est un roman difficile à lire, il est assez long (plus de 600 pages), il n’est pas complaisant, il est dense, il est effrayant et c’est un chef-d’œuvre !

À propos des stalkers. « Chaque stalker devenait une légende vivante, un demi-dieu que tout le monde admirait, des plus jeunes aux plus âgés. Quand des enfants grandissent dans un monde où il n’est plus possible de voler ni de naviguer et que des mots tels que « pilote » et « navigateur » se vident peu à peu de leur sens, ils veulent devenir des stalkers. Partir là-haut, nimbés de leurs exploits et accompagnés par des centaines de regards empreints de reconnaissance et d’adoration, pour affronter des créatures monstrueuses et, revenant ici-bas, sous la terre, apporter à leurs congénères du combustible, des munitions, la lumière et le feu. Apporter la vie. » (p. 51-52).

Eh bien, ayant retrouvé mes notes de lectures, je n’aurai pas à relire Metro 2033 et Metro 2034 et je pourrai lire Metro 2035 ! Je ne sais pas si, suite à la lecture, je voulais dire autre chose mais ce billet est déjà pas mal et je le mets dans le Mois Europe de l’Est, ainsi que dans Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Voyage pour Metro) et Voisins Voisines (Russie).

8 réflexions sur “Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

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