Une famille comme il faut de Rosa Ventrella

Une famille comme il faut de Rosa Ventrella.

Les Escales, janvier 2019, 288 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-36569-421-6. Je l’ai lu en poche : Pocket, juin 2020, 336 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-26630-702-4. Storia di una famiglia perbene (2018) est traduit de l’italien par Anaïs Bouteille Bokobza.

Genres : littérature italienne, premier roman.

Rosa Ventrella naît à Bari en Italie. Journaliste et éditrice, elle se lance dans l’écriture avec Une famille comme il faut (2018) suivi par La liberté au pied des oliviers (2019) que j’ai également acheté en poche.

« Je n’oublierai jamais le jour où mamie Antonietta m’a affublée du surnom de Malacarne : mauvaise viande, méchante chair. Mauvaise graine. » (p. 11).

San Nicola, un vieux quartier de Bari dans les Pouilles. Maria De Santis est la fille d’un pêcheur, Antonio. La famille comporte aussi la mère, Teresa, la grand-mère Antonietta et les deux frères aînés, Giuseppe et Vincenzo. La famille est pauvre et le père est un homme rude voire violent. « La laideur et la douleur étaient partout autour de moi. [mais] Je ne me rappelle pas avoir pensé que ces années étaient moches ou malheureuses. » (p. 22).

Les premiers souvenirs de Maria remontent à l’âge de 7 ans puis elle avance dans le temps. Elle a une amie, Maddalena, très belle mais jalouse de ses résultats scolaires, et un camarade de classe, Michele, un gros garçon adorable mais dont la famille est louche. Elle a 10 ans lors d’un mariage en 1985 et elle décide qu’elle ne veut pas se marier. « Moi, je ne voulais dépendre de personne. Soudain je perçus ma différence. » (p. 93).

Lorsqu’elle entre au collège privé du Sacro Cuore di Gesù, Giuseppe part pour le service militaire laissant sa famille et sa petite amie, Beatrice. « En quelques semaines, je fus entourées de filles d’ennemies déclarées. Les filles de l’élite d’un côté, qui n’acceptaient pas ma présence dans leur monde feint et ouaté, et les filles de cols blancs de l’autre, dont les sacrifices servaient à prouver que l’émancipation était possible, mais pas encore pour tout le monde. » (p. 160-161).

Les années passent. Après le collège, Maria entre au lycée scientifique Enrico-Fermy et passe tous les étés avec sa mère dans la campagne de Cerignola chez mamie Assunta. Les premiers émois amoureux, des deuils, des mariages, la découverte de la politique (à la fin du lycée, le petit-ami de Maria, Alessandro, fils de militaire, est communiste), l’université où elle étudie les lettres, l’histoire et le latin… « On prend chaque jour qui vient avec l’espoir qu’il soit meilleur que le précédent, dit maman. » (p. 270).

J’ai flashé sur la couverture (poche, en noir et blanc) alors j’ai acheté ce roman pour le Mois italien. J’ai d’abord été surprise d’une telle pauvreté dans les années 80 mais j’ai lu que Bari était une région très pauvre dans le sud est de l’Italie (le talon de la botte). Sur la côte Adriatique quand même.

Au début de la lecture, je me suis demandé si ce roman ne surfait pas sur la vague de L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante qui se déroule dans un quartier pauvre de Naples dans les années 50 (et je peux mieux comprendre la pauvreté après guerre que dans les années 80). Bon je n’ai pas lu Ferrante mais j’ai vu la saison 1 de la série et j’ai remarqué des similitudes (la pauvreté, la violence, l’histoire d’une fillette qui grandit, qui est très bonne élève, etc.) qui sont peut-être simplement les souvenirs de Rosa Ventrella (du moins en partie). Et, finalement, elle traite de nombreux sujets à travers ses personnages, enfants, adolescents et adultes, par exemple la mafia, la violence et la drogue avec la famille de Michele et les mauvaises fréquentations de Vincenzo, la féminité naissante et la jalousie avec Maddalena, le rejet des personnes différentes avec le jeune travesti surnommé Mezzafemmna… Beaucoup ont des surnoms, pas toujours agréables à porter.

Les femmes sont effacées, soumises, parfois laides, certaines furent belles mais elles ont vieilli… En tout cas, elle ne sont jamais rebelles sauf Maria, la Malacarne. Et c’est elle, la narratrice, l’observatrice, qui emporte ce roman et le lecteur dans son quartier, dans son apprentissage de la vie et c’est vraiment très bien écrit. C’est presque un coup de cœur. J’ai hâte de lire la suite, La liberté au pied des oliviers (même s’il sera trop tard pour publier dans le Mois italien…).

Pour le Mois italien déjà cité et le Challenge lecture 2021 (catégorie 30, un livre dont l’histoire se déroule dans un pays européen, 5e billet) et Voisins Voisines (Italie).

34 réflexions sur “Une famille comme il faut de Rosa Ventrella

    • Ah oui, d’accord, je tenterai le premier tome alors mais pas dans l’immédiat, peut-être avant de voir la saison 2 de la série pour me remettre dans le bain 😉

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