Throwback Thursday livresque

Grâce à Audrey du blog Light and smell, je découvre le Throwback Thursday livresque créé en octobre 2016 par Bettie Rose du blog Bettie Rose Books que je connais peu. Le Throwback Thursday livresque est un « retour de livre » hebdomadaire qui se fait le jeudi sur un thème choisi par Bettie Rose (vous pouvez consulter les archives) pour partager une lecture (une seule, ancienne ou récente).

Il est trop tard pour que je participe une première fois, au thème d’hier, le jeudi 13 (Douce France), et je ne sais pas si je vais participer chaque semaine mais je trouve l’idée sympa ! Infos, logos, thèmes sur Bettie Rose Books.

Juillet 2017

Jeudi 20 : le thème est Tatouage (un livre avec un personnage tatoué)

Jeudi 27 juillet 2017 : Fais-moi lire (un livre que vous conseillez à quelqu’un qui lit peu)

Août 2017

Jeudi 3 : Mon époque préférée

Jeudi 9 : Continent (un livre d’un continent différent du vôtre)

Jeudi 16 : Le livre le plus marquant de vos lectures 2016

Jeudi 23 : J’aurais voulu une autre fin (un livre dont l’issue ne vous a pas plu)

Jeudi 30 : Du bruit pour rien (un livre que tout le monde a aimé mais pas vous)

Je rajouterai les liens pour les thèmes auxquels je participerai, donc à suivre…

Des nouvelles écrites par Benoit Camus

Une bonne nouvelle pour La bonne nouvelle du lundi ? Des nouvelles écrites par Benoit Camus en lecture libre ! Je vous en présente deux, mais d’abord l’auteur.

Benoit Camus, né en 1971, était ingénieur avant de devenir écrivain. Il publie depuis 2012 ses nouvelles dans des revues, des anthologies, chez de « petits » éditeurs et en propose pour des concours. Plus d’infos sur son site et sa page FB.

Portrait de Benoit Camus : http://www.lanthologiste.fr/benoitcamus/

En trompette – Monsieur Cornet a un problème : non seulement il a le nez en trompette mais il l’a en permanence bouché car il est toujours enrhumé… Bien sûr, tout ce tintamarre nasal dérange ses voisins ! « Mettez une sourdine […] On n’a pas idée d’avoir un tarin aussi tapageur. » À lire sur Nouvelles courtes pour une bonne vidange (nasale bien sûr) avec humour !

Maquille – Martin a « emprunté » une voiture et a fait boire Louis et Jean, mais pourquoi les conduit-il dans la forêt du Brammois en pleine nuit ? « On s’est pris une bête. ». Une surprenante histoire de chasseur mécontent. À lire sur Éditions de l’abat-jour (site sur lequel vous pouvez lire également d’autres nouvelles d’autres auteurs et l’excellente revue L’Ampoule).

J’espère que vous prendrez plaisir à découvrir ces sites et ces nouvelles, passez un bel été 🙂

Clues, intégrale de Mara

Clues, intégrale de Mara.

Akileos, octobre 2016, 220 pages, 32 €, ISB 978-2-35574-285-9.

Genres : bande dessinée, policier.

Mara, de son vrai nom Margaux Kindhauser, naît le 9 juillet 1983 à Bâle en Suisse. Elle est autodidacte et elle fait tout : dessinatrice, scénariste et coloriste. Clues est sa première bande dessinée : une réussite ! Plus d’infos sur My little bazaar.

Lorsqu’elle était enfant, Emily a vu des choses qu’elle n’aurait pas dû voir sur le gang des Red Arrows. Sa mère, Mylena Emerson, l’a envoyée à New York. Devenue adulte, Emily Arderen revient à Londres pour découvrir pourquoi et comment sa mère est morte. Elle intègre le département de l’inspecteur Nathanaël Hawkins, spécialisé dans l’entomologie forensique naissante, à Scotland Yard. « Arderen, vous êtes dans un monde cruel et sans pitié. Un monde dans lequel on est mort si l’on ne frappe pas le premier. Un monde où la femme n’a pas sa place. Vous avez voulu intégrer la police, soit. Mais vous ne tarderez pas à réaliser que vous n’avez rien à y faire. Plus tôt vous en prendrez conscience, plus vite je serai débarrassé de vous. » Évidemment Emily va se montrer désobéissante, mais contre toute attente, elle sera aussi curieuse et efficace. Pourtant, le danger est plus important que ce qu’elle imaginait et elle met en danger la vie de policiers.

Dans Londres de la fin du XIXe siècle, cette histoire policière de style victorien est plus complexe qu’il n’y paraît ; elle est par ailleurs superbement illustrée. Après l’intégration d’Emily, difficile comme vous pouvez le comprendre en lisant l’extrait ci-dessus (c’était la mentalité misogyne de l’époque), la jeune femme et le lecteur vont de surprises en révélations ! Avec du rythme, du mystère, de l’action et des rebondissements. Mon tome préféré est le troisième, un flashback rédigé par Henry Feldman, le médecin légiste de Scotland Yard, ami de Nathanaël Hawkins. Le plus de cette intégrale, c’est un carnet de croquis de 26 pages en fin de volume. Le prix de 32 € peut sembler excessif mais si vous comptez les 4 tomes, ça représente 56,50 € en tout donc il y a finalement une belle économie.

Voici les 4 tomes de Clues réunis dans l’intégrale :

1. Sur les traces du passé, Akileos, juin 2008, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-009-1

2. Dans l’ombre de l’ennemi, Akileos, mars 2010, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-050-3

3. Cicatrices, Akileos, octobre 2012, 56 pages, 14 €, ISBN 978-2-35574-097-8

4. À la croisée des chemins, Akileos, octobre 2015, 56 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-35574-224-8

Je me rappelle très bien avoir lu le premier tome à sa parution, mais le problème c’est l’attente entre les différents tomes et je n’avais jamais lu la suite… J’ai donc été ravie de découvrir cette intégrale, de pouvoir reprendre depuis le début et surtout de pouvoir lire toute l’histoire d’un coup ! Et, à la lecture, je comprends effectivement le long travail durant des années de Mara, au niveau de l’histoire, des dessins et des couleurs, bravo ! Si vous aimez la bande dessinée, l’Angleterre victorienne et les romans policiers, foncez !

Une dernière lecture pour le Mois anglais 2017 que je mets dans les challenges BD, Polars et thrillers et Un genre par mois (en juin, bande dessinée).

Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam

Le Cœur de la Terre (Autre-Monde, tome 3) de Maxime Chattam.

Albin Michel, avril 2010, 467 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22620-840-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Toujours un grand plaisir de retrouver l’univers d’Autre-Monde et ses personnages. Ce troisième tome est différent car Matt et Tobias sont séparés ! Tobias est prisonnier dans le Raupéroden avec une affreuse araignée énorme, le Dévoreur.

« Eden semblait imperturbable. Un havre protecteur. Il était difficile de croire à l’imminence de la guerre. » (p. 29).

« Dépêche-toi d’aller te trouver un compagnon à quatre pattes. – C’est déjà fait, dit-il en s’écartant pour désigner une boule de fourrure noire et marron dont les yeux étaient à peine visibles sous les poils trop longs. Je l’ai choisi parce qu’il est aussi moche que moi ! On devrait s’entendre ! » (p. 98).

Dès le tome 2, Malronce, j’avais mon idée sur les identités du Raupéroden et de Malronce 😉 mais je ne vous dirai rien, na !

Encore ici, l’auteur continue de développer avec talent ses idées, comme la Terre en colère et la Nature qui se venge des humains. Tout tient la route mais tous n’arrivent pas au bout de l’aventure… Une pensée pour Peps et une pour Phalène 😥

« Ils n’avaient plus d’ombre. Et rien ne peut survivre sans sa part d’ombre. L’équilibre du monde. » (p. 336).

« Le résultat est le même : ils obéissent à celle qui sait leur parler. Balthazar avait raison : ils n’ont plus de mémoire, ils ne sont que des coquilles vides qui ne demandent qu’à être remplies ! C’est ça qui les rend si mauvais. » (p. 414).

Je vais me répéter mais toujours de l’aventure, de l’action, des rebondissements, etc. ; et puis quelque chose d’impensable : les Pans (enfants et adolescents) vont devoir se battre contre les Cyniks et les Gloutons (adultes). Une belle fin de cycle mais, en terminant ce tome, on ne sait pas ce qui est arrivé à Plume et aux autres chiens ! Un oubli de la part de l’auteur ou une volonté de garder le suspense jusqu’au prochain tome ?

Comme pour les tomes 1 et 2, une très agréable lecture que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (toujours avec du retard dans la publication de ma note de lecture… mais j’ai bien lu ce roman avant !). Et je vais me plonger dans le deuxième cycle (de 4 tomes), c’est sûr et certain !

Malronce de Maxime Chattam

Malronce (Autre-Monde, tome 2) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2009, 407 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22619-413-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Ce fut un plaisir de retrouver l’univers horrifique d’Autre-Monde et nos héros, Matt, Tobias et Ambre (pour les personnages principaux). Ils sont en route vers la Forêt aveugle encore plus au sud, pour le royaume de Malronce, et rien ne leur sera épargné… « Il avait tué. Pour survivre, pour protéger. Mais il avait tué tout de même. » (p. 66). Ils vont découvrir d’énormes chiens qui peuvent servir de montures et rencontrer le peuple Gaïa – ou les Kloropanphylles – qui vivent dans un immense nid judicieusement aménagé au-dessus de la dangereuse Mer-Sèche et qui ont construit un Vaisseau-Matrice.

« Si vous le pouvez, rentrez chez vous, le monde a changé, nous ne pouvons plus compter sur les adultes, et regardez même entre nous, les différences nous poussent à tant de méfiance, nous ne sommes pas encore prêts. À présent je dois vous laisser, je n’ai pas le droit de vous parler. » (p. 171).

« La mémoire est ton identité, tes valeurs, et la connaissance qu’ils n’ont plus les a transformés en coquilles vides. Malronce n’a eu qu’à les remplir de certitudes rassurantes pour en faire ses marionnettes. » (p. 246).

Comme je le disais plus haut : un grand plaisir à retrouver Autre-Monde. L’auteur continue de développer son monde horrifique dans lequel la Nature a repris ses droits de façon bien étrange avec des créatures toutes plus horribles et dangereuses les unes que les autres. En mûrissant, en faisant face au danger ensemble et en pratiquant la solidarité, les enfants et adolescents prennent plus d’épaisseur et de nouveaux apparaissent, tous différents, avec des particularités et des dons différents, ainsi que des ennemis comme les Mangeombres et le Buveur d’innocence. Il y a toujours de l’aventure, du suspense, de la peur, et parfois des traîtrises, c’est que les ados deviennent inévitablement des adultes… et ne peuvent s’empêcher de passer du côté obscur ! Beaucoup d’imagination, j’aimerais bien voir ça en film… d’animation par exemple. Évidemment, j’ai embrayé sur le tome 3 qui clôture le premier cycle de la série et je vous en parle tout bientôt.

Comme pour le tome 1, L’Alliance des Trois, une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu ce roman avant).

L’Alliance des Trois de Maxime Chattam

L’Alliance des Trois (Autre-Monde, tome 1) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2008, 483 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-226-18863-2.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam, de son vrai nom Maxime Drouot, naît le 19 février 1976 à Herblay (Val d’Oise). Après des études de criminologie – et des cours de comédie au Cours Simon à Paris –, il écrit des romans policiers et/ou fantastique et reçoit plusieurs prix littéraires.

Trois copains, Matt, Tobias et Newton, 13-14 ans, à Manhattan, New York. Ils vivent entre deux mondes, l’enfance et l’adolescence. « Aujourd’hui ces deux mondes se mélangeaient, se heurtaient parfois. Celui des jeux, des figurines qu’il appréciait tant, et celui du jeune homme en devenir. Il s’interrogeait sur la conduite à tenir : devait-il sacrifier ses passions juvéniles au nom de l’âge mûr ? Newton était un peu comme ça. Tobias, lui, n’avait pas encore eu le déclic, […]. » (p. 27-28). Mais les parents de Matt annoncent leur divorce et après Noël, arrivent une vague de froid et une tempête colossale qui engendrent un black out et… des phénomènes bizarres. « Oui, le blizzard était énorme ; oui, il leur était tombé dessus plus tôt que prévu, mais cela n’en faisait pas pour autant la fin du monde. Sauf qu’il y a tous ces signes étranges depuis quelques jours. » (p. 45). La majorité des adultes a disparu… « Ne reverraient-ils jamais leur existence paisible ? Avaient-ils perdu leurs parents, leurs amis et le confort de la vie normale pour toujours ? » (p. 99-100). Matt et Tobias s’enfuient au sud mais la ville est remplie d’humains mutants (les Cyniks et les Gloutons et il ne fait pas bon croiser leur route) et de créatures dangereuses. Sur l’île Carmichael où ils ont trouvé refuge, il y a une soixantaine d’enfants entre 9 et 17 ans qui vivent dans six manoirs car le septième est hanté, et ils rencontrent Ambre : ils deviennent les trois « Pans » mais ils sont poursuivis par le dangereux Raupéroden et se rendent compte que beaucoup d’enfants développent des dons. « Je suis… noir, et elle est blanche – Oh ça. On est des êtres humains, non ? C’est quoi la différence ? Ah oui, ta peau est de la couleur de la terre, la sienne de celle du sable. C’est avec du sable et de la terre qu’on fait les continents, qu’on fait la Terre, non ? Alors vous êtes faits pour vous mélanger. Il ne peut en naître que de bonnes choses. » (p. 309).

Autre-Monde est une excellente série post-apocalyptique, pas seulement pour la jeunesse ; elle oscille entre fantasy, science-fiction et fantastique horreur (un peu comme un survival). Moderne, l’auteur fait plusieurs références populaires, comme Le Seigneur des Anneaux ou le groupe System of a Down : Matt est un adolescent de son temps ! Dans ce roman, pas de temps morts, une belle galerie de personnages, de bonnes idées scientifiques et spirituelles, du mystère, de l’aventure et surtout de l’amitié et de la solidarité, quelques traîtrises aussi mais il faut bien qu’il y ait du suspense (après tout, l’auteur est considéré comme un des maîtres français du thriller et du fantastique), des rebondissements et des frayeurs d’autant plus que les créatures sont… ouah je n’aimerais pas les voir en vrai ! Je n’avais jamais lu Maxime Chattam avant et j’ai été ravie de cette découverte : L’alliance des trois est un véritable page turner et vous pensez bien que j’ai vite embrayé sur le tome 2.

Une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire, Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu le roman avant).

J’ai découvert une vidéo présentant ce premier tome d’Autre-Monde :

et par hasard cette suite orchestrale du compositeur français né en 1984, Sébastien Pan. Si vous avez le temps de l’écouter :

Principe de suspension de Vanessa Bamberger

Principe de suspension de Vanessa Bamberger.

Liana Levi, janvier 2017, 200 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-86746-875-9.

Genre : premier roman.

Vanessa Bamberger, née en 1972, est journaliste. Vous pouvez découvrir l’auteur et son appartement sur Turbulences déco (j’aime beaucoup, surtout le côté industriel et les verrières). Principe de suspension est son premier roman.

Thomas, 40 ans, est dans une chambre de réanimation sur un lit médicalisé et une machine le fait respirer. Olivia, son épouse, est à son chevet, elle attend qu’il se réveille, s’il se réveille. « Et voilà qu’il se distend, qu’il se délite sous ses yeux… Il est en train de mourir. » (p. 12). Thomas, petit patron dans l’industrie, est fasciné par les machines, par « le vocabulaire de la machine, rouage, cisaillage, découpage, ferrage, formage, poinçonnage, quoi de plus poétique ? Et son bruit, une pompe, un souffle, un bruit de respiration, elle était vivante. » (p. 23). Cette description de la machine par Thomas est en fait la description de Thomas qu’Olivia peut faire à ce moment à l’hôpital !

L’entreprise que Thomas a rachetée – et sauvée de la faillite il y a dix ans – est Packinter : elle fabrique des inhalateurs doseurs pressurisés en plastique. C’est même un monopole et les inhalateurs sont vendus dans le monde entier mais… « Lui, qui se flattait d’avoir eu des idées révolutionnaires pour son entreprise, n’avait pas pris conscience à temps des mutations de l’industrie pharmaceutique, pression sur les prix, déremboursement de produits, expiration des brevets. Il n’avait pas compris que la progression des génériques entraînerait aussi vite une baisse de la part de marché de l’aérosol doseur du laboratoire et l’amènerait à délocaliser une partie de son activité pour s’implanter loin du Hayeux, très loin vers l’est, dans ces pays où les hommes travaillaient plus et gagnaient moins, où il y avait peu d’impôts, de syndicats et de protection sociale […]. » (p. 31). Que faire ? Innover ? Dépenser encore de l’argent ? Mettre la clé sous la porte et tout le monde au chômage ? « Il n’y avait plus la moindre fierté à travailler dans l’industrie en France, patron ou pas. Les Français n’aimaient pas leur industrie, sous-estimaient les métiers techniques, de l’ouvrier à l’ingénieur, contrairement aux Allemands et aux Italiens […]. » (p. 44).

Principe de suspension est plusieurs histoires à la fois, celle d’un couple et d’une famille, celle d’une autre famille (en tout cas pour Thomas), l’entreprise, avec son lot d’emmerdes et une grosse trahison, celle de l’industrie pharmaceutique et de cette région de l’Ouest de la France qu’on pense verdoyante et heureuse au bord de l’océan, et enfin celle d’un homme dans le coma qui a trop donné et qui n’arrive plus à respirer seul, alors qu’il fabrique depuis dix ans ce qui sauve des milliers de vie. L’auteur ne parle pas ici d’un grand patron dont l’entreprise est cotée en bourse, elle parle d’un homme normal, honnête, qui a souffert dans son enfance (je vous laisse découvrir l’histoire de sa petite sœur, Flora), fidèle à son épouse (elle est artiste peintre) et à ses employés, ancré dans sa région (alors que tous ses amis sont partis à l’étranger après leurs études), qui a changé de métier pour sauver une entreprise, qui a investi son argent personnel et son temps, qui a mis en péril sa vie de famille (le couple a deux fils, Julien, 10 ans, et Raphaël, 7 ans) et sa santé… Eh oui, des patrons sincères et exemplaires, il y en a ! Et qui, parfois, ne gagnent pas plus que leurs employés, et qui ne prennent pas de vacances ou très peu.

Les chapitres s’égrainent avec, en entête, les différentes définitions de principe et de suspension. Au lecteur de voir celle qui lui convient, en équilibre ou pas. « Elle [Olivia] admire son travail, son engagement. Sauver des emplois, des vies, sans que jamais personne le remercie… Jusqu’à y laisser sa peau… » (p. 79). Née dans une famille ouvrière, j’ai été touchée par cette histoire, plus que par celle du couple de La téméraire de Marine Westphal qui m’avait ennuyée… C’est parce qu’elle a du corps, de la matière ! « Tu veux sauver des gens, des emplois ? Tu veux être un bon patron ? T’es pas dans l’humanitaire, t’es pas assistante sociale ! Qu’est-ce que ça peut faire que tu sois un chic type si tu plantes ta boîte ? De toute façon, il n’y en a pas un seul qui est reconnaissant des efforts que tu fais. […] » (César, le contremaître, p. 170). Le style est plutôt journalistique, normal Vanessa Bamberger est journaliste ; elle a d’ailleurs fait des recherches sur l’Ouest, sur l’industrie pharmaceutique ; le roman est bien argumenté et se lit très bien, peut-être même avec passion !

Je remercie Frédérique qui m’a envoyé ce roman dans le cadre des 68 premières fois 2017. Je le mets dans les challenges Défi Premier roman et Rentrée littéraire janvier 2017.