Semaine à mille pages – avril 2021

Après la Semaine à mille pages de janvier (1248 pages), la Semaine à mille pages de février (seulement 809 pages) et la Semaine à mille pages de mars (1400 pages), voici la Semaine à mille pages d’avril, du lundi 5 au dimanche 11, toujours organisée par Petit Pingouin Vert. Comme je me suis plantée lors du Week-end à 1000 fin mars, j’étais malade et je n’ai d’ailleurs presque rien lu la semaine dernière mais je vais mieux et j’ai très envie de lire alors je tente ce nouveau marathon de lecture confiante.

Mes lectures pour ce marathon

Lundi 5 avril : La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron (Zulma, 2020, 192 pages), c’est le premier roman de ce Brésilien traduit en français, coup de cœur, 192 pages.

Mardi 6 avril : La gouvernante suédoise de Marie Sizun (Arléa, 2016, 320 pages), coup de cœur aussi, 320 pages.

Mercredi 7 avril : Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer (Albin Michel, 2019, 448 pages), 271 pages.

Jeudi 8 avril : je termine Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer (Albin Michel, 2019, 448 pages), décidément un 3e coup de cœur, 177 pages.

Vendredi 9 avril : Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai (Seuil, 2010, 128 pages), 128 pages. Ma note de lecture sera en ligne dimanche matin.

Samedi 10 avril : L’énigme de la porte Rashomon de I.J. Parker (Belfond, 2007, 546 pages), 185 pages.

Dimanche 11 avril : L’énigme de la porte Rashomon de I.J. Parker (Belfond, 2007, 546 pages), lecture en cours mais je l’aurai fini avant minuit, 361 pages.

Total : 5 livres et 1634 pages.

Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada

Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada.

Nobi Nobi, août 2019, 40 pages, 12,50 €, ISBN 9782373491609. Chiisai watashi (2013) est traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

Genre : album illustré japonais.

Mari Kasai naît à Hokkaido. Elle est autrice pour la jeunesse. Son autre titre chez Nobi Nobi : Le portrait de Nounours (2016) et d’autres titres chez Mango : Grand Ours est fâché et Grand ours est timide (2003).

Chiaki Okada naît à Ôsaka. Elle est illustratrice pour la jeunesse. Ses autres titres chez Nobi Nobi : J’attends maman (2016), Douce lumière (2017), Maman ! Oui (2018), Un vœu aux étoiles (2018) et d’autres titres chez Seuil : C’est toi le printemps ? (2014), Une nuit à la bibliothèque (2016), Grande fille (2017), Viens, rejoins-nous ! (2018).

Une fillette va promener son chien, Lulu, mais elle est encore un peu petite alors elle y va avec sa maman. « Moi, je suis encore un peu petite. Mais un jour, je pourrai aller toute seule en promenade avec Lulu. Parce que je grandis ! » (p. 5).

Voici un très joli album illustré pour grandir !

Je démarre en douceur le challenge Un mois au Japon et je mets cette lecture dans Animaux du monde #3 (chien), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2021 (catégorie Adjectif avec Petite) et Les textes courts.

 

Hanami Book Challenge – printemps 2021

En parallèle avec Un mois au Japon, je vais en fait participer à la première édition de Hanami Book Challenge. J’ai découvert ce challenge « dédié au Japon et au printemps » hier chez Light and Smell mais il est organisé par Miss Chatterton (un blog que je ne connaissais pas). Il dure du 1er avril au 30 juin 2021, « le temps d’une floraison de cerisiers », donc, en avril, les billets seront communs aux deux challenges mais en mai et juin, ils ne seront que pour ce challenge.

Infos, magnifiques logos et inscription chez Miss Chatterton (Amélia). Pas de page FB consacrée au challenge mais un compte Instagram.

Les livres (romans, nouvelles, mangas, BD, romans graphiques, documentaires…) « doivent évoquer le Japon ou être écrits par un auteur japonais ». Comptent aussi les films, séries télévisées et animes (et la musique aussi j’imagine puisqu’il y a un menu « Japan pop »).

Il y a 3 menus composés chacun de 4 sous-menus et 6 paliers pour valider des niveaux. Pour que ça ne soit ni trop compliqué ni trop contraignant, je choisis le premier niveau, le « Niveau Disciple » ce qui correspond à 1 livre de chaque menu soit 3 livres au total (même si je publie plus).

Mes billets pour ce challenge

1. Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai (Seuil, 2010) pour le menu 1, Au temps des traditions, pour le sous-menu 4, fête traditionnelle, nature, écologie (chaque changement de saison est une fête au Japon et aussi bien les haïkus que les estampes font ici honneur à la Nature)

Évangile des égarés de Georgina Tacou

Évangile des égarés de Georgina Tacou.

Gallimard, collection L’Arpenteur, janvier 2020, 198 pages, 18 €, ISBN 978-2-07287-000-2.

Genres : littérature française, roman.

Georgina Tacou naît en 1970 en France. Elle est la fille de Constantin Tacou, un Roumain né en Grèce, exilé en France, traducteur et éditeur (à partir de 1976, L’Herne et les Cahiers de l’Herne). Elle est actrice, scénariste et romancière. Son premier roman, La mort n’en saura rien, paraît en 2009.

Première partie. Flora veut mourir, elle voit un psy. « Mon chemin dans cette ville, les déambulations solitaires sont terminées. Je suis allée au bout. J’attends que la route nouvelle se signale à moi. Je suis devenue une pierre. » (p. 17). Mais en voyant Mars de Fritz Zorn dans la bibliothèque du psy, elle reprend goût à la vie. « C’est avant tout le livre d’un immense écrivain, porté par une voix puissante, implacable, qui fait mouche et sens, un livre révulsé, une apologie de la colère, qui vous lamine, vous entraîne sans pitié là où l’on ne veut pas aller, cet endroit si inconfortable : au cœur des choses. » (p. 30).

Je précise à propos du mot « colère » dans l’extrait ci-dessus : le véritable nom de cet auteur suisse est Fritz Angst qui signifie peur et son nom de plume est Fritz Zorn qui signifie colère. Comme il est de langue allemande et qu’il y a plusieurs extraits de Mars (unique livre paru en 1976) qui m’ont intriguée dans cet Évangile des égarés, il est possible que je le lise (si je le trouve à la bibliothèque) pour Les feuilles allemandes, challenge qui aura lieu en novembre.

Deuxième partie. Le psy fait interner Flora (avec son accord) à Merveil-sur-Arc. Le Refuge est rempli d’égarés, c’est « le royaume des désœuvrés » dit Flora (p. 68). « J’apprends. J’apprends des égarés ce que le monde refuse : la fantaisie, l’élan, les audaces minuscules. Ces petites choses qui, si on ne les tente pas ici, ne seront jamais tentées. » (p. 119). Chaque chapitre concerne un(e) égaré(e), Flora, Alexia, Vasco, Judith, François, Karim avec qui Flora va se lier pendant les deux mois d’internement.

Troisième partie. C’est le témoignage de Vladimir, le fils adolescent de Flora, le regard qu’il porte sur sa mère, sur ses parents divorcés, sur sa vie au lycée et aussi sur le monde connecté qu’il a abandonné avec quelques copains. J’ai beaucoup aimé cette partie, fulgurante.

Le style moderne et vif de Georgina Tacou n’est pas banal mais ce roman m’a scotchée. Le témoignage de Flora et la vie de Fritz m’ont touchée et parfois fait sourire. « Je sens les connards, les menteuses. […] Même les animaux me parlent, même les objets, même un coin de ciel. Rien n’est silencieux, tout est vacarme. » (Flora, p. 53). Contrairement à Monstrueuse féerie de Laurent Pépin qui donnait la parole au psychologue (avec un côté fantastique), cet évangile des égarés donne respectueusement la parole aux malades, aux égarés et c’est vraiment émouvant parce que tout le monde peut basculer un jour…

Georgina Tacou est une autrice à découvrir et j’ai très envie de lire son premier roman, La mort n’en saura rien. L’avez-vous lu ?

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 40, un livre qui se déroule en milieu scolaire, la troisième partie se déroule dans le lycée de Vladimir).

Ténèbre de Paul Kawczak

Ténèbre de Paul Kawczak.

La Peuplade, janvier 2020, 320 pages, 19 €, ISBN 978-2-924898-49-9.

Genres : littérature franco-québécoise, premier roman, Histoire.

Paul Kawczak naît le 12 novembre 1986 à Besançon (Franche-Comté) dans une famille d’origine polonaise. Il étudie la littérature en France puis en Suède. Il est poète, romancier et enseigne la littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi (Saguenay). Du même auteur : L’extincteur adoptif (2015, recueil de textes) et Un long soir (2017, micro-récits).

1885, conférence de Berlin, les terres africaines sont partagées. « […] les majestés occidentales tranchèrent à vif la chair ; […] Angleterre, France, Belgique, Italie, Portugal, Espagne, Allemagne se lancèrent sans réserve dans la dévoration. » (p. 17).

Suite à des conflits locaux, en particulier entre Belges et Français, mais les Anglais ne sont pas en reste, le roi Léopold II envoie Pierre Claes, « un excellent géomètre, extrêmement prometteur » (p. 19) pour matérialiser et dessiner le tracé exact de la frontière nord du Congo alors belge. Pierre Claes est né à Bruges, il a moins de 30 ans et le 20 mars 1890 il arrive en Afrique. Port de Matadi puis Léopoldville où il contracte la malaria et où il rencontre Xi Xiao, un bourreau chinois originaire de la province de Guangdong (Canton) reconverti en maître tatoueur, qui devient son ami.

Le voyage est d’abord fluvial, Congo, Ubangui, Mbomou jusqu’à la source. Ensuite terrestre avec des porteurs Bantous. « L’Afrique était déjà mutilée, mais il fallait décider, tracer et enregistrer chaque kilomètre de frontière afin d’apaiser les tensions territoriales dont les voisins français et britanniques souhaitaient profiter pour envenimer une situation à leur avantage. » (p. 39).

Dans cette Afrique bigarrée, il y a bien sûr des Noirs (de différentes ethnies), des Belges, des Français, des Britanniques, des Allemands (dont un fumier qui tire une balle dans la tête du chimpanzé qu’il avait adopté), mais aussi un capitaine de bateau polonais, Jósef Teodor Konrad Korzeniowski (qui a son rôle à jouer) et, on l’a déjà vu, le Chinois Xi Xiao, et aussi beaucoup d’animaux dont la majorité sont dangereux (mais pas plus que les humains finalement). Ce récit extraordinaire fait même croiser Baudelaire, Hugo, Verlaine (dans les souvenirs belges et français de Vanderdorpe avec Manon Blanche) avec plusieurs clins d’œil à la littérature de la fin de ce XIXe siècle.

Mais revenons à Pierre Claes. Abandonné par son père adoptif (l’homme qui a épousé sa mère), le jeune homme hait les Blancs au Congo, qui « ne valaient à ses yeux guère plus que des excroissances improbables de vie dans la chaleur africaine, polypes puants de Léopold II, agents vides de la cancérisation du monde moderne. La prolifération fiévreuse et stérile d’une Europe malade sur le reste de la planète. » (p. 86). Pourtant « Raciste, Pierre Claes l’était certainement, comme tout colonial de sa génération, mais sa haine se portait ailleurs que sur les Noirs. » (p. 105). D’ailleurs, j’ai apprécié son amitié avec Mpanzu, le mécanicien du Fleur de Bruges.

Ténèbre est un premier roman très réussi qui se lit d’une traite (sans vilain jeu de mots). C’est un roman historique et géographique bien construit, un roman de voyage bien documenté, un récit d’amour et de haine (parfois érotique), de passions et de drames. Un coup de cœur donc et j’ai également bien aimé les flashbacks et les passages oniriques mais « Ce monde était une abomination. » (p. 208). Le tout forme un roman puissant, violent, charnel, viscéral même (l’Afrique a été « découpée » et Xi Xiao découpe les corps et peut-être les âmes aussi). « Tout, autour d’eux, était devenu mort, peine et violence. » (p. 244). Paul Kawczak emmène ses lecteurs loin dans la ténèbre (暗黑).

Toutefois je voudrais revenir sur une phrase (je l’ai soulignée ci-dessous) qui m’a interpellée dès le début du roman (heureusement quand même que j’ai continué ma lecture !). « L’histoire qui suit n’est pas celle des victimes africaines de la colonisation. Celle-ci revient à leurs survivants. L’histoire qui suit est celle d’un suicide blanc […]. » (p. 12). L’auteur pense ça, OK, c’est son droit mais je ne suis pas d’accord, je pense que les auteurs peuvent écrire sur le thème qui leur plaît et qui les intéresse. Par exemple, dans Cartographie de l’oubli de Niels Labuzan (un premier roman également), l’auteur français parle très bien de la colonisation allemande en Namibie et des populations noires (ce roman m’a passionnée et j’ai appris beaucoup de choses), pas besoin d’être Allemand ou Africain pour s’emparer de ce sujet ! En ce moment, il y a des polémiques sur qui a le droit de parler de tel pays ou de tel thème, qui a le droit de traduire, je trouve ça immonde, un auteur a le droit d’écrire sur ce qu’il veut et un traducteur qui maîtrise la langue qu’il doit traduire est approprié à traduire même s’il n’est pas de la même nationalité ou du même genre que l’auteur d’origine (et quand j’écris auteur et traducteur, je prends ça pour du neutre, ça inclut autrice et traductrice, et cette autre polémique me saoule aussi mais c’est une autre histoire !).

Bref, je ne peux vous conseiller qu’une chose : lisez Ténèbre de Paul Kawczak, un auteur que je vais suivre (d’ailleurs j’ai aimé tous les livres que j’ai lus publiés par La Peuplade, maison d’édition québécoise).

Pour le Challenge lecture 2021 (catégorie 38, un livre sur le thème du voyage, 2e billet) et À la découverte de l’Afrique.

Un mois au Japon – avril 2021

Oui !!!!! 4e édition pour Un mois au Japon qui se déroule du 1er au 30 avril 2021. Je ne me suis pas inscrite aux deux premières éditions (je ne sais pas pourquoi) mais je publiais sur le groupe FB et en 2020, j’ai publié 21 billets : c’est beaucoup mais il y a deux explications, 1. le mois a continué en mai et 2. j’ai lu beaucoup de mangas que les éditeurs proposaient librement durant le confinement.

Pour cette nouvelle édition, infos, nouveau logo (mais les anciens logos sont encore bons) et inscription chez Hilde et chez Lou + le groupe FB.

Au programme. Livres (romans, nouvelles, essais culinaires, BD, manga, documentaires…). Films, films d’animation, séries, documentaires. Loisirs créatifs. Photos. Apprentissage du japonais. Recettes (sushi/makis, mochi, bento…). Objets, accessoires de décorations (marque-pages, magnets, stickers, cartes…) + billets libres. Je vous laisse consulter le programme quotidien (liens ci-dessus) que je ne suivrai pas (ou peut-être une ou deux fois) et il y aura également un marathon de lecture (date à fixer).

Mes billets pour ce Mois

1. Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada (Nobi Nobi, 2019)

2. Lundi Soleil 2021 #4 (1) : photo Tôkyô

3 . Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai (Seuil, 2010)

4. Read-a-thon du Mois au Japon (marathon de lecture)

5. Lundi Soleil 2021 #4 (3) : photo Tôkyô

Challenge BD « Des histoires et des bulles » avec Noctenbule

Ce Challenge BD « Des histoires et des bulles » vient d’être créé par Noctenbule du blog 22h05 rue des Dames. Il dure du 1er avril 2021 au 1er avril 2022.

Il ne fait pas double emploi avec La BD de la semaine (le billet se publie le mercredi) et avec le Challenge BD de Marjorie (qui est libre). Alors pourquoi un challenge de plus ? Noctenbule propose 50 catégories et 5 niveaux de participation (à consulter ci-dessous).

Voulez-vous participer ? Infos, logo et inscription chez Noctenbule + le formulaire pour déposer les liens + le groupe FB.

Niveau 1 = 10 catégories lues. Niveau 2 = 20 catégories lues. Niveau 3 = 30 catégories lues. Niveau 4 = 40 catégories lues. Niveau 5 = 50 catégories lues. Pour l’instant, je choisis le niveau 2.

1. Une BD de Jirô Taniguchi

2. Une histoire de sorcière

3. Un roman graphique

4. Un shôjo

5. Un shônen

6. Un seinen

7. Une BD issue d’un blog

8. Une BD d’une femme comme scénariste/dessinatrice/coloriste

9. Une BD de SFFF

10. Une histoire policière

11. Une adaptation littéraire

12. Une BD thématique (médecine, économie, philosophie…) avec Jusqu’au printemps (Les gens de rien 1) de Charles Masson (Delcourt, 2021, France), médecine 2/50

13. Une BD dont les personnages sont des animaux

14. Une BD jeunesse

15. Une BD autour d’un(e) artiste

16. Une BD classique

17. Une BD avec le nom d’un animal ou un animal dans le titre

18. une BD avec une couleur dans le titre

19. Une BD de plus de 200 pages

20. Une BD récompensée

21. Une BD sur un thème autour de la femme (droit de la femme, infertilité, violence…)

22. Une BD autour de l’écologie, environnement, développement durable

23. Une BD en rapport avec la musique

24. Une BD autour du thème LGBTQ+

25. Un comics

26. Une série de BD

27. Un recueil de dessins de presse

28. Une BD autour de l’art

29. Une adaptation d’un film, d’une série

30. Une BD western

31. Une BD érotique, porno, hentaï

32. Un livre sur l’histoire de la BD, du manga, de l’évolution du 9e art, des interviews d’artistes…

33. Une BD que l’on vous a offerte

34. Une BD autobiographie

35. Une BD historique avec Les âges perdus 1 – Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (Dargaud, 2021, France) 1/50

36. Une BD autour de Sherlock Holmes, Hercule Poirot et/ou Agatha Christie

37. Un manga non japonais : franga, manhua, manwha…

38. Une BD avec un prénom dans le titre

39. Une BD sur l’éducation

40. Une BD autour du thème de l’amour

41. Une BD au format non standard (hors format A4)

42. Une BD que l’on vous a conseillée

43. Une BD autour de la magie

44. Un classique du manga

45. Un classique du comics

46. Un livre que vous avez découvert dans le challenge

47. Une BD de votre enfance

48. Une BD de Lewis Trondheim

49. Une BD autour des pirates

50. Une BD qui se déroule pendant une guerre

Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin

Bambou à l’école des singes de Lucie Papineau et Dominique Jolin.

Dominique et Compagnie, collection à pas de loup, novembre 2004, 32 pages, 5,95 €, ISBN 978-2-89512-435-1.

Genres : roman illustré québécois, littérature jeunesse.

Lucie Papineau naît le 26 avril 1962 à Longueuil au Québec. Elle étudie la communication à l’Université du Québec à Montréal. Elle est autrice pour la jeunesse.

Dominique Jolin naît en 1964 à Chibougamau au Québec. Elle est autrice et illustratrice.

Ce matin, c’est l’anniversaire de Jeanne et elle reçoit un cadeau : un petit humain qui s’appelle Bambou. Quel beau cadeau ! Mais Jeanne doit aller à l’école… Bambou la suit. Premier cours : les puces ! Eh oui, Jeanne, les autres élèves et le professeur sont des chimpanzés !

C’est drôle mais attention : il faudra compter les puces et les manger !

Un roman illustré amusant pour les challenges Animaux du monde #3, Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts.

Aux jeunes gens de Piotr Kropotkine

Aux jeunes gens de Piotr Kropotkine.

Temps Nouveaux (Paris), 1904, 42 pages. Date d’origine : 1881.

Genres : littérature russe, essai politique et sociologique.

Piotr Alexeïevitch Kropotkine (Пётр Алексеевич Кропоткин) naît le 9 décembre 1842 à Moscou. Il fait des études scientifiques, il est anthropologue, géographe, géologue, zoologiste, naturaliste (et écrit donc des textes scientifiques) mais il est aussi théoricien du communisme libertaire ou anarcho-communisme (c’est-à-dire autogestion et démocratie directe en politique et production du nécessaire au besoin des individus pour l’économie). Il est arrêté plusieurs fois en Russie ainsi qu’une fois à Lyon (France). Il y a beaucoup à dire sur Kropotkine car il est issu de la noblesse militaire Riourikide (ou Rurikide) d’origine Varègue (Scandinave) mais je veux surtout donner quelques-uns de ses titres : Paroles d’un révolté (1885), La conquête du pain (1892), L’entraide, un facteur de l’évolution (1906), La guerre (1912), L’esprit de révolte (1914). Il meurt le 8 février 1921 à Dmitrov (près de Moscou).

Kropotkine écrit Aux jeunes gens en 1880 et le publie dans Paroles d’un révolté en 1881. Il est ensuite publié en 1904 par Temps Nouveaux, un journal anarchiste français dirigé par le militant Jean Grave (1854-1939).

« C’est aux jeunes gens que je veux parler aujourd’hui. Que les vieux — les vieux de cœur et d’esprit, bien entendu — mettent donc la brochure de côté, sans se fatiguer inutilement les yeux à une lecture qui ne leur dira rien. » (p. 3). Donc l’auteur s’adresse particulièrement aux jeunes gens (c’est le titre !), à ceux qui ont étudié et appris un métier, à ceux qui ne sont pas des gommeux (élégants désœuvrés et vaniteux) ou des dépravés et qui se demandent ce qu’ils vont faire de leur vie, à ceux qui veulent « appliquer un jour [leur] intelligence, [leurs] capacités, [leur] savoir, à aider à l’affranchissement de ceux qui grouillent aujourd’hui dans la misère et dans l’ignorance. » (p. 4).

Que les jeunes gens soient bien nés ou pas, qu’ils deviennent médecins, avocats, hommes de lettres, hommes de science, honnêtes artisans, le message est pour eux en priorité car l’auteur souhaite éveiller les consciences aux deux mondes différents, celui des nantis (riches, privilégiés) et celui des démunis (plus que pauvres, opprimés).

Imaginons un jeune médecin qui devrait soigner des riches et des pauvres, eh bien Kropotkine lui dit : « Si vous êtes une de ces natures mollasses qui se font à tout, qui à la vue des faits les plus révoltants se soulagent par un léger soupir et par une chope, alors vous vous ferez à la longue à ces contrastes et, la nature de la bête aidant, vous n’aurez plus qu’une idée, celle de vous caser dans les rangs des jouisseurs pour ne jamais vous trouver parmi les misérables. Mais si vous êtes ‘un homme’, si chaque sentiment se traduit chez vous par un acte de volonté, si la bête en vous n’a pas tué l’être intelligent, alors, vous reviendrez un jour chez vous en disant : ‘Non, c’est injuste, cela ne doit pas traîner ainsi. Il ne s’agit pas de guérir les maladies, il faut les prévenir. Un peu de bien-être et de développement intellectuel suffiraient pour rayer de nos listes la moitié des malades et des maladies. Au diable les drogues ! De l’air, de la nourriture, un travail moins abrutissant, c’est par là qu’il faut commencer. Sans cela, tout ce métier de médecin n’est qu’une duperie et un faux-semblant.’ » (p. 6-7).

Comprenez-vous ce message ? Connaissez-vous l’altruisme ? Ne vivez-vous pas pour l’égoïste jouissance personnelle ? Alors vous comprenez et connaissez le socialisme ! Vous pensez à l’humanité et vous pourrez sûrement aider à sortir les centaines de millions qui vivent dans les préjugés et les superstitions. Avec ce moyen : « de répandre les vérités acquises par la science, de les faire entrer dans la vie, d’en faire un domaine commun. » (p. 10).

Ce message (rédigé en 4 parties) peut faire sourire à notre époque (en particulier parce qu’on ne pense plus seulement à l’humanité mais aussi à la planète avec sa faune, sa flore, au climat…) mais je comprends la portée qu’il pouvait avoir il y a cent-quarante ans, eh oui cent-quarante ans, Kropotkine développant ses thèmes de prédilection : la collectivisation, l’entraide et la morale mais je préfère dire l’éthique, ceci pour la justice, la science et l’impartialité.

Kropotkine donne d’autres exemples, comme un jeune homme qui deviendrait avocat : va-t-il se ranger du côté du propriétaire contre le paysan qui valorise les terres, du côté du patron contre les ouvriers qui font tourner les usines, du côté du commerçant contre le voleur dont la famille n’a pas mangé depuis plusieurs jours ? « Et votre conscience ne se révoltera pas contre la loi et contre la société, en voyant que des condamnations analogues se prononcent chaque jour ! » (p. 14). Tout cela est plus qu’une question de loi et de justice mais une question d’équité. Bref, les idées doivent évoluer ! Il faut raisonner ! « […] si vous analysez et dégagez la loi de ces nuages de fictions dont on l’a entourée pour voiler son origine, qui est le droit du plus fort, et sa substance, qui a toujours été la consécration de toutes les oppressions léguées à l’humanité par sa sanglante histoire, — vous aurez un mépris suprême de cette loi. » (p. 15), oui, c’est révolutionnaire !

Et le message de l’auteur est le même pour les ingénieurs qui construisent le pays, les maîtres d’école qui instruisent les nouvelles générations, les artistes (peintres, poètes, musiciens…) qui apportent « le beau, le sublime » (p. 21) parce que Kropotkine veut les emmener « dans le sens de l’égalité, de la solidarité, de la liberté. » (p. 20). Il s’adresse aussi aux jeunes gens du peuple, il les encourage à avoir « le courage de raisonner et d’agir en conséquence » (p. 31) pour ne pas « s’user au travail et ne connaître que la gêne, si ce n’est la misère, lorsque le chômage arrivera » (p. 33).

Eh bien ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un tel ouvrage, politique, économique et sociologique ! Je le replace bien sûr dans le contexte de son époque mais je me dis qu’il y a encore à notre époque des choses à régler ! Attention, je n’appelle pas aux barricades et aux lancers de pavés, je pense plutôt à un état de conscience. D’ailleurs cet état sera-t-il constant ? L’auteur dit : « Quelle série d’efforts continuels ! Quelle lutte incessante ! » (p. 24) et il s’insurge en fait plus contre les riches bourgeois qui avilissent leurs ouvriers et employés que contre les nobles.

J’ai remarqué que Kropotkine s’adresse plutôt aux jeunes hommes et puis tout à coup, il dit : « Enfin, vous tous qui possédez des connaissances, des talents, si vous avez du cœur, venez donc, vous et vos compagnes, les mettre au service de ceux qui en ont le plus besoin. » (p. 29). Ah, il y a tout de même une place pour les (jeunes) femmes ! D’ailleurs plus loin, il exhorte les femmes du peuple à se battre, pour elles, pour leurs jeunes sœurs, pour leurs enfants, parce qu’elles peuvent aussi faire évoluer les mentalités.

« Vous tous, jeunes gens, sincères, hommes et femmes, paysans, ouvriers, employés et soldats, vous comprendrez vos droits et vous viendrez avec nous ; vous viendrez travailler avec vos frères à préparer la révolution qui, abolissant tout esclavage, brisant toutes les chaînes, rompant avec les vieilles traditions et ouvrant à l’humanité entière de nouveaux horizons, viendra enfin établir dans les sociétés humaines, la vraie Égalité, la vraie Liberté ; le travail pour tous, et pour tous la pleine jouissance des fruits de leurs labeurs, la pleine jouissance de toutes leurs facultés ; la vie rationnelle, humanitaire et heureuse ! » (p. 37-38). Eh bien, quel beau message ! Dommage que ces belles idées et théories aient conduit à la catastrophe à cause de ceux qui ont pris le pouvoir en Union soviétique et dans les autres pays devenus communistes au XXe siècle, avilissant encore plus leur peuple en l’exploitant et en le terrorisant…

Un essai à lire au moins par curiosité pour comprendre ce qui a motivé quelques générations d’idéalistes et de révolutionnaires ! Et puis, vous savez quoi, j’ai deux ou trois autres titres de Kropotkine 😉

Pour les challenges 2021, cette année sera classique, Les classiques c’est fantastique (le thème de mars est moi(s) à contre-emploi : ces livres que je suis censée détester, eh bien, je vais vous dire que les livres politiques, c’est pas mon truc !), Les textes courts et bien sûr le Mois Europe de l’Est.

Week-end à 1000 – mars 2021

Après le Week-end à 1000 de janvier et la Semaine à lire de février (je n’ai pas participé au Week-end à 1000 qui suivait, un oubli…), voici le Week-end à 1000 du 26 au 28 mars 2021. Avec une trachéite et une rhinopharyngite, je ne promets rien…

Mes lectures pour ce marathon

Vendredi 26 mars (après 19 heures) : Erectus de Xavier Müller (XO, 2018, 440 pages), je l’avais déjà commencé (j’en suis à la partie 5 page 213), 227 pages.

Samedi 27 mars : La remontrance du tigre de Park Ji-won (Decrescenzo, 2017, 192 pages)

Dimanche 28 mars (jusqu’à minuit) : Bon, eh bien, j’ai été trop optimiste mais la maladie m’a rattrapée, j’avais la tête comme dans un étau, impossible de lire, tant pis, je me suis reposée.

Total = 2 livres et 419 pages.