L’empreinte de Karel Čapek

L’empreinte de Karel Čapek.

Bibliothèque russe et slave, collection Littérature tchèque, 26 pages. Šlépěj (1917) est traduit du tchèque par Hanuš Jelínek (pour la Gazette de Prague janvier-février 1924). La couverture ci-contre est l’édition numérique des éditions Marques.

Genres : littérature tchécoslovaque, nouvelle.

Karel Čapek, je vous remets ce que j’avais écrit pour La mort d’Archimède. Karel Čapek naît le 9 janvier 1890 à Malé Svatoňovice en Bohème. Il étudie à Brno puis à Berlin (philosophie) et Paris (Lettres). Il est francophile (il traduit Apollinaire et Molière), amateur de musique ethnique et de photographie. Il meurt le 25 décembre 1938 à Prague.

Après s’être mis à l’abri du froid et de la neige, Boura, un pèlerin, reprend sa route. Ses pas restent dans la neige et il croise un homme en sens inverse qui fait de même mais observe quelque chose. « Voyez-vous cette empreinte, là-bas ? demanda l’homme en désignant une empreinte de pied à quelque six mètres du bord de la grand’route, où ils se tenaient tous les deux. » (p. 2). Mais « l’empreinte du pied était isolée au milieu d’un champ ; il n’y en avait pas d’autre ni devant, ni derrière ; elle était nette et précise sur la surface blanche de la neige, mais aucun pas ne conduisait vers elle ni ne s’en éloignait. » (p. 3). Comment est-ce possible ? Les deux hommes cherchent une explication à cette unique empreinte au milieu du champ enneigé. « Elle était profonde et énergique […] » (p. 5). Mais pendant que chacun argumente, la neige reprend et les deux hommes se séparent sans avoir percé le mystère de l’empreinte.

Un an plus tard, Boura n’est pas du tout à la conférence qu’il donne devant les membres de la Société Aristotélique… Holeček est présent et il est en fait l’homme avec qui il avait observé l’empreinte ! « Ah, oui, dit Boura content, c’était vous. Je suis très heureux, vraiment… J’ai souvent pensé à vous. Eh bien, avez-vous trouvé les autres empreintes ? » (p. 13).

Petites erreurs… « Je me souvient » (p. 8), « je ne fait que constater » (p. 11), « il gagnait à nouveaux » (p. 12), aïe, ça fait mal aux yeux…

Mais L’empreinte est une belle réflexion philosophique et métaphysique, un peu comme une parabole, sur l’âme humaine et ce qu’elle comprend (ou pas) de la réalité et de la rationalité. Un grand écrivain de la première moitié du XXe siècle à découvrir pour la sobriété et la sincérité de ses textes. Dans cette nouvelle, j’ai apprécié le côté mystérieux et j’ai quelques autres titres de Karel Čapek !

Pour le Mois des nouvelles, le Projet Ombre 2021 et 2021, cette année sera classique.

Cannibale de Didier Daeninckx

Cannibale de Didier Daeninckx.

Verdier, collection Jaune, septembre 1998, 96 pages, 8,10 €, ISBN 978-2-86432-297-9.

Genres : littérature française, roman historique.

Didier Daeninckx naît le 27 avril 1949 à Saint-Denis. Il est écrivain (romans, romans policiers, nouvelles, essais) et scénariste. Engagé à gauche, il décrit le social et la réalité historiques pour que les erreurs du passé ne soient pas répétées.

En exergue : « De quel droit mettez-vous des oiseaux en cage ? De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages ? Aux sources, à l’aurore, à la nuée, aux vents ? De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ? (p. 7). Tout à fait d’accord avec Victor Hugo, un auteur que j’aime beaucoup et, comme lui, je ne supporte pas les animaux en cage !

Nouvelle-Calédonie, entre Poindimié et Tendo, des pins colonnaires, des banians, des cocotiers, « la terre rouge, le vert sombre du feuillage » (p. 9), « la barrière de corail, et au large le sable trop blanc […] autour des îlots » (p. 10). Caroz (le Blanc) et Gocéné (le Kanak), tous deux 75 ans, sont arrêtés par un barrage de rebelles de la Kanaky. Caroz doit repartir et laisser son ami continuer seul mais Gocéné va rester et raconter à ces jeunes Kanaks rebelles son histoire. En janvier 1931, il était jeune et a été emmené avec une centaine d’autres jeunes, garçons et filles ; il a été embarqué sur un bateau et débarqué à Marseille trois mois plus tard. « Je ne connaissais que la brousse de la Grande-Terre, et d’un coup je traversais l’une des plus vastes villes de France… Les lumières, les voitures, les tramways, les boutiques, les fontaines, les affiches, les halls des cinémas, des théâtres… […] le bruit, les fumées, les râles de vapeur et les sifflements des locomotives […] un peu de neige » (p. 16-17). Mais, à Paris, le groupe est pris en charge par les responsables de l’Exposition universelle et les jeunes sont enfermés « dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles » (p. 17). Pire, ils sont dressés comme des animaux sauvages… Les jeunes qui écoutent Gocéné rigolent : « Ce n’est pas une histoire vraie, grand-père… » (p. 23). Et pourtant, si !

Gaston Doumergue, président de la République française, inaugure l’Exposition coloniale le 2 mai 1931. Entre les lions et les crocodiles (fraîchement arrivés d’Allemagne car les crocodiles du zoo parisien sont morts subitement), il y a effectivement ce village kanak et on fait croire à la population que ces humains sont des sauvages et qu’ils sont cannibales. Honte aux politiques et scientifiques de cette époque ! J’ai particulièrement aimé le discours de la jeune activiste : « Vous tous qui dites « hommes de couleur », seriez-vous donc des hommes sans couleur ? […] Il n’est pas de semaine où l’on ne tue pas, aux Colonies ! Cette foire, ce Luna-Park exotique, a été organisée pour étouffer l’écho des fusillades lointaines… Ici on rit, on s’amuse, on chante La Cabane bambou… Au Maroc, au Liban, en Afrique Centrale, on assassine. En bleu, en blanc, en rouge… » (p. 79).

Didier Daeninckx prête sa plume au vieux Gocéné pour raconter, à travers son parcours (quelque peu rocambolesque pour retrouver sa bien-aimée, Minoé), l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, de la Kanakie et de sa population afin que les lecteurs prennent conscience de ce qu’ont vécu les Kanaks, comprennent leurs revendications (près de soixante-dix ans après l’Exposition coloniale au moment où le livre est écrit), leur volonté d’indépendance et réagissent contre l’esclavage, la discrimination et le racisme. En effet, les Kanaks sont tout à fait civilisés, propres, respectueux, enjoués, pas du tout sauvages et encore moins cannibales mais les dirigeants du zoo les obligent à pousser des gémissements, des cris, à vivre nus, et ne leur donnent rien à manger… Pourtant, un Français, un Blanc, François Caroz, va prendre la défense de Gocéné (les deux hommes deviendront amis, à la vie à la mort), et, à Paris, un autre Français, un Noir du Sénégal, Fofana, va aider les hommes en fuite, sans poser de questions, par charité et amour du prochain, simplement.

Cannibale est un livre primordial qui apporte et qui importe. Je lirai sûrement la suite, Le retour d’Ataï (Verdier, 2002), qui explique les revendications du peuple kanak.

Je mets cette lecture dans le Challenge lecture 2021 dans la catégorie 56 parce que vu le nombre de pages, il se lit en un jour (ce que j’ai fait).

La douce main du temps de Kim Kwang-kyu

La douce main du temps de Kim Kwang-kyu.

L’Amandier, collection Accents graves Accents aigus, novembre 2013, 262 pages, 25 €, ISBN 978-2-35516-222-0. 시간의 부드러운 손 (Sigan-ûi budûlônum son, 1979-2007) est traduit du coréen par Cathy Rapin et Im Hye-gyông, édition bilingue.

Genres : littérature coréenne, poésie.

Kim Kwang-kyu 김광규 naît le 7 janvier 1941 à Séoul (Corée du Sud). Il étudie l’allemand et la littérature allemande à l’Université de Séoul. De 1972 à 1974, il étudie ensuite à Munich en Bavière (Allemagne) et délivre une thèse de doctorat sur Günter Eich. Dans les années 80, il enseigne l’allemand à l’université Hanyang à Séoul et traduit des poèmes allemands en particulier ceux de Bertolt Brecht, Heinrich Heine et Günter Eich. Depuis son retour d’Allemagne, en 1979, il est poète (à 38 ans, il est considéré comme poète tardif), il reçoit de nombreux prix littéraires et ses poèmes sont traduits en allemand, en anglais, en japonais et en espagnol.

Quatrième de couverture. « Ce recueil préfacé par les traductrices Cathy Rapin et Im Hye-gyong, est né de leur rencontre avec le poète Kim Kwang-kyu, figure reconnue de la littérature coréenne contemporaine et traduit en plusieurs langues. « Captivées » selon leurs propres termes par cette poésie « humaniste », par sa « musique comme un ruisseau pétillant », son « humour). aigre-doux et amer », « sa simplicité et sa force », elles nous ont donné le désir de faire partager aux lecteurs la découverte de ce poète, dont le texte est présenté en version bilingue. Il y a dans cette poésie, notent-elles encore, « une étrange alchimie » réunissant l’Orient et l’Occident autour de thèmes contemporains en prise avec la vie citadine et les réalités sociales et politiques. C’est dans une simplicité, qui n’hésite pas à puiser dans le langage quotidien, et une attention émouvante aux hommes, à la nature, aux détails de la vie, dans un fragile équilibre entre satire et émotion, lyrisme et retenue que ces poèmes nous donnent à entendre cette voix sensible et attachante. »

Bon, eh bien je me lance mais, d’abord, je précise que les poèmes de ce recueil proviennent de plusieurs recueils coréens parus entre 1979 et 2007 (j’ai dû chercher les infos pour les 4 recueils non traduits en français) :
우리를 적시는 마지막 꿈 Le dernier rêve qui nous arrose (1979)
아니다 그렇지 않다 Non ce n’est pas ça (1983)
크낙산의 마음 L’âme du mont Keunak (1986)
좀팽이처럼 Comme un mesquin (1988)
아니리 Aniri (1990)
누군가를 위하여 Nugunlalûl <uihayô (1993)
물길 Le chemin de l’eau (1994)
희미한 옛사랑의 그림자 Hûimihan yetsalangûi hûrimja (1995)
가진 것 하나도 없지만 Bien que je n’ai rien en ma possession (1998)
처음 만나던 때 Quand nous nous sommes rencontrés la première fois (2003)
시간의 부드러운 손 Sigan-ûi budûlônum son (2007) dont est issu le poème La douce main du temps

Dans la préface, Cathy Rapin et Im Hye-gyông, les deux traductrices, expliquent la place de la poésie en Corée, l’histoire de la poésie coréenne et leur(s) rencontre(s) avec Kim Kwang-kyu qui n’utilise pratiquement jamais de ponctuation. Les extraits du paragraphe de la quatrième de couverture, ci-dessus, sont d’ailleurs tirés de cette préface.

De bien jolis poèmes en vers libre ou en prose, dans un style considéré comme simple (dans le bon sens du terme) et descriptif, des poèmes parfois faussement naïfs, parfois drôles voire satiriques, résolument ancrés dans la Nature et dans la vie quotidienne ce qui inclut l’enfance, la famille, la mort, le monde du travail, la ville et son architecture (quasi carcérale), mais aussi la politique (la dictature) et l’évolution de la société avec un petit côté humaniste « contre l’aliénation sous toutes ses formes » (p. 17) et aussi écologique : « C’est le premier poète à écrire sur ces thèmes dits « écologiques » et sans avoir recours à la religion, dénonçant essentiellement un mode de vie qui aliène l’individu. » (p. 21). Et quelque chose que j’ai remarqué mais que ne disent pas les traductrices : l’importance des saisons et des éléments.

Malheureusement, je me dois de dire une chose : la préface est truffée de fautes d’orthographe et de grammaire… Exemples. Parfois il est écrit Kim Kwang-Kyu et parfois Kim Kwang-kyu, parfois avec tiret et parfois sans, « aux chutes inattendues et acide » (p. 9), « très bien accueilli par les critiques, certains de ses poèmes » (p. 11), « Cette relation privilégiée avec la littérature allemande et ce pays qui ne le quitte pas, l’incite » (p. 12, depuis quand met-on une virgule entre le sujet et le verbe ? Et puis je n’ai pas rêvé, il y a bien deux sujets ?), « quelques textes ont été publié » (p. 13, il y a vraiment un problème avec les pluriels !), « où sont rassemblés des expériences exemplaires » (p. 20, tiens, ici, ce n’est pas le pluriel mais le féminin), « exode rurale » (p. 21), « êtres humain » (p. 23) soit une dizaine de fautes dans une préface de 18,5 pages…

Heureusement, c’est plus soigné dans les poèmes. C’est que je ne voudrais pas vous éloigner de leur lecture ! Parce que c’est quand même rare la poésie coréenne en français donc il ne faudrait pas s’en priver. N’est-ce pas ? Et ces poèmes sont tous comme autant de petites histoires, réalistes ou amusantes. D’ailleurs, pour vous donner une idée, voici – parmi les 91 poèmes de ce recueil – 5 extraits.

« Des poissons bossus / vivent dans le Han / pondent des alevins bossus / qui halètent à bout de souffle / qui ne sortent pas des égouts de Séoul / qui ne rejoignent pas la mer / Un coin impossible à quitter / un coin impossible à rejoindre / est-ce là le pays natal ? » (Pays natal, p. 35).

« Les matins d’automne / les faisans criaillent / des poules faisanes / à la tête de leurs faisandeaux / descendent de la colline / vers la décharge / picorent / germes de soja et miettes d’anchois » (extrait de Faisans de Séoul, p. 85).

« Qui ne l’a su / ce que chacun éprouvait / ce que chacun vivait / qui ne l’a su / à l’époque tous / le savaient / faisaient comme si / et ce que / pas un ne pouvait dire / pas un ne pouvait écrire / a été transmis avec / notre propre langue / notre propre vocabulaire / qui ne l’a su / alors aujourd’hui / n’en parlez pas à la légère / pensez-y / à l’époque / que faisiez-vous ? » (À l’époque, p. 109).

« Pouf ! pouf ! le lapin qui bondissait / agonise dans un sous-marin / les panthères plus rapides que les chevreuils / sont en voix de disparition / hier et aujourd’hui / comme d’habitude / la tortue / cric croc ! va encore crapahuter dix mille ans / et qui lui reprochera sa lenteur ? » (La tortue, p. 191).

« Chemin parsemé de feuilles de chêne / devant le portail du temple / un jeune bonze / sous une bâche de plastique / mange une brochette de pâte de poisson / avale gloutonnement toute la soupe / tel un soldat de retour à la caserne / la froidure arrive tôt dans la montagne / l’hiver ne fait pas peur mais / force et vigueur sont nécessaires / pour pratiquer la méditation » (Devant le portail du temple, p. 209).

Alors, ça vous plaît ?

J’ai choisi ce recueil pour la case Poésie du Challenge du confinement (qui se termine dans quelques jours) et j’en profite pour mettre cette lecture dans le Challenge coréen.

La fuite en Égypte de Selma Lagerlöf

La fuite en Égypte de Selma Lagerlöf.

In La Revue Bleue tome 15 n° 1, 1901, (p. 549-551), traduit du suédois par L.H. Havet.

Après avoir vu le documentaire sur Selma Lagerlöf, j’ai trouvé cette légende qu’elle a écrite.

Une légende qui parle d’un palmier « extrêmement âgé et extrêmement haut » dans un désert d’Orient. Alors qu’il contemple « l’étendue du désert », il aperçoit deux voyageurs, deux étrangers, un homme et une femme. « En vérité, dit le palmier se parlant à lui-même, voilà des voyageurs qui viennent ici pour y mourir. » C’est que « La mort les attend ici sous sept formes différentes, pensa-t-il. Les lions les dévoreront, les serpents les piqueront, la soif les desséchera, le sable de l’ouragan les ensevelira, les brigands les massacreront, le feu du soleil les consumera, la peur les anéantira. » Mais… Mais, c’est impossible : ils ont avec eux un petit enfant ! Ce sont sûrement des fugitifs. « Mais ce n’en sont pas moins des insensés, poursuivit le palmier. S’ils n’ont pas un ange pour les protéger, il eût mieux valu pour eux s’abandonner à la fureur de leurs ennemis que de s’enfuir au désert. »

Et le palmier, qui a dans les mille ans, se souvient d’une visite ancienne à l’oasis : « la reine de Saba et le sage roi Salomon ». Mais, maintenant, l’oasis est tarie et les fugitifs n’y trouveront rien à boire…

Une légende inspirée de La fuite en Égypte (Évangile selon Matthieu) comme un miracle de Noël que je mets dans Décembre nordique et le challenge Contes et légendes #2.

Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 24.

Un Logique nommé Joe de Murray Leinster

Un Logique nommé Joe de Murray Leinster.

Le passager clandestin, collection Dyschroniques, octobre 2019, 48 pages, 5 €, ISBN 978-2-36935-228-0. A Logic Named Joe (1946) est traduit de l’américain par Monique Lebailly.

Genres : littérature états-unienne, nouvelle, science-fiction.

Murray Leinster est le pseudonyme de William Fitzgerald Jenkins. Il naît le 16 juin 1896 à Norfolk en Virginie (États-Unis). Jeune auteur, un journal le publie déjà lorsqu’il a 13 ans. Pendant la Première guerre mondiale, il travaille au Committee on Public Information (qui convainc l’opinion publique américaine de soutenir l’effort de guerre). Il devient ensuite écrivain (plus de 1500 nouvelles, une quinzaine de scénarios pour le cinéma et des centaines pour la radio et la télévision) et travaille à l’Office of War Information durant la Seconde guerre mondiale. Il est considéré comme l’inventeur des mondes parallèles (sa nouvelle, Sidewise in Time, paraît en 1934) et un Prix Sidewise, créé en son honneur, récompense chaque année la meilleure uchronie (roman et nouvelle) depuis 1995. Il est aussi un des premiers à parler d’ordinateur et d’Internet avec A Logic Named Joe. Il meurt le 8 juin 1975 à Gloucester Courthouse en Virginie.

« C’est le 3 août que Joe est sorti de la chaîne de fabrication » (p. 5). Voici comment débute ce texte. Le narrateur travaille à la maintenance de la Logics Company : il répare les « Logiques ». Le logique n’est pas un robot mais un ordinateur connecté à un réseau mondial : je rappelle qu’on est en 1946 !

« […] un grand bâtiment plein des événements en cours et de toutes les émissions jamais enregistrées – il est branché sur les réservoirs de tous les autres pays – et vous n’avez qu’à pianoter pour obtenir tout ce que vous voulez savoir, voir ou entendre. » (p. 7). Incroyable, n’est-ce pas ?

Bref, Joe est sorti de la chaîne de montage, il a subi les contrôles habituels et il a été installé dans une famille, les Korlanovitch. « Jusque là, tout baigne dans l’huile. » (p. 8).

Sauf que Joe, plus intelligent et ambitieux que les autres Logiques, ou ayant un infime défaut, allez savoir, déjoue la censure (qui évite de répondre à n’importe quelle question), modifie ses paramètres et donne, à travers ses semblables interconnectés, des idées dangereuses aux humains, adultes et enfants, qui posent des questions genre comment se débarrasser de quelqu’un sans être pris, comment s’enrichir vite, etc.

En plus, arrive en ville, Laurine, une ex du narrateur, maintenant marié mais Laurine, qui est une femme dangereuse, va tout faire pour retrouver l’homme qu’elle dit aimer.

Comment sauver sa famille ? Fuir ? Appeler la Technique et déconnecter les Logiques ? Le narrateur comprend que ce n’est pas possible… C’est comme se séparer du feu à la Préhistoire, de la vapeur au XIXe siècle ou de l’électricité au XXe, impossible ! « Mais voilà : les choses allaient péter parce qu’il y avait beaucoup trop de réponses données à beaucoup trop de questions. » (p. 27).

Toute ressemblance avec les ordinateurs actuels connectés à Internet…

A Logic Named Joe paraît dans Astounding Science Fiction (un pulp) n° 184 en mars 1946. Elle paraît en France en 1974 dans Histoires de machines, le 6e volume de La grande anthologie de la science-fiction (36 volumes entre 1966 et 2005) puis en 1996 dans l’anthologie Demain les puces chez Présence du futur.

C’est incroyable que Leinster/Jenkins ait inventé ce Logique en 1946 quand on sait que l’Arpanet (Advanced Research Projects Agency NETwork, l’ancêtre d’Internet) n’est mis en place qu’en septembre 1969 ! Un visionnaire bien inspiré puisqu’il avait prédit l’avènement d’Internet pour tous ainsi que les éventuelles dérives et les dangers de l’interconnection mondiale.

Un texte à découvrir donc, comme tous ceux de la collection Dyschroniques publiés chez Le passager clandestin, collection idéale pour le Maki Project. Que je mets aussi dans Cette année, je (re)lis des classiques #3, Les classiques c’est fantastique (en novembre, le thème est histoires de famille) et Littérature de l’imaginaire #8.

L’examen de Richard Matheson

L’examen de Richard Matheson.

Le passager clandestin, collection Dyschroniques, novembre 2019, 48 pages, 5 €, ISBN 978-2-36935-235-8. The Test (1954) est traduit de l’américain par Roger Durand (1957), traduction revue par Jacques Chambon.

Genres : littérature états-unienne, nouvelle, science-fiction.

Richard Matheson naît le 20 février 1926 à Allendale dans le New Jersey (États-Unis). Il y a tant de choses à dire sur ce fils d’émigrés norvégiens, élevé par sa mère à Brooklyn (New York), qui écrit sa première nouvelle à l’âge de 8 ans (le journal The Brooklyn Eagle la publie) et engagé dans l’armée américaine en Europe durant la Seconde guerre mondiale. Romancier, nouvelliste et scénariste, il est spécialement connu pour Je suis une légende (1950), L’homme qui rétrécit (1956), La maison des damnés (1971) et les scénarios de La quatrième dimension et Star Trek, entre autres. Suspense, thriller, fantastique, horreur, science-fiction, fantasy, western pour plus de cent nouvelles, une trentaine de romans et une quarantaine de scénarios pour le cinéma et la télévision. Il reçoit le Prix Bram Stoker en tant que Grand Maître pour son œuvre en 1990. Il meurt le 23 juin 2013 à Calabasas en Californie.

New York, janvier 2003. Tom Parker a 80 ans ; il habite avec son fils, Leslie (Les), sa belle-fille, Terry, et ses deux petits-fils, Jim et Tommy. Une famille américaine comme tant d’autres.

Mais cette famille vit dans une société qui régule le nombre de personnes âgées et, alors que les enfants dorment et que Terry coud, Les prépare son père à son quatrième examen. « Les répéta les nombres et, tout en écoutant son père trébucher sur eux, jeta un coup d’œil dans le salon. » (p. 8). Tom, angoissé, s’énerve et Les, énervé, s’impatiente… « L’examen avait lieu le lendemain. » (p. 17).

Les est persuadé que, cette fois, son père ne réussira pas l’examen mais Terry n’en est pas sûre (il a réussi les trois fois précédentes malgré ses problèmes de santé)… Elle s’interroge sur leur couple et leurs enfants : « Les, s’il réussit cet examen, ça signifie cinq ans de plus. Cinq ans de plus, Les. As-tu songé à ce que ça signifie ? » (p. 19).

Voilà, c’est lancé ! L’espérance de vie est plus longue et c’est bien, mais il y a un mais… La vieillesse et la dépendance des vieux mettent à mal non seulement la famille mais aussi l’économie ; les familles ne veulent plus cohabiter comme avant, et de toute façon, cette cohabitation s’arrête au bout d’un moment (interminablement long pour certaines familles) puisque la loi a été votée par l’État.

Un peu d’histoire. Pendant la Grande Dépression, en 1935, le président Franklin Roosevelt met en place le Social Security Act pour protéger les plus fragiles (enfants, handicapés, personnes âgées…) puis, en 1950, une conférence nationale se tient à Washington pour « promouvoir la dignité, la santé et la sécurité économique des Étatsuniens les plus âgés » (p. 43), amélioré ensuite en 1965 par une nouvelle réforme, l’Older American Act (OAA).

Mais Richard Matheson imagine un gouvernement qui aurait fait l’inverse et tout ceci est fort plausible et il joue sur les peurs de l’humanité.

L’examen traite ainsi plus largement de l’euthanasie voire de l’eugénisme (appelé euthanasie involontaire), afin d’éliminer « les personnes défectueuses indésirables de la société. » (p. 44-45) : on est très proche de ce qu’ont fait les nazis dans les années 40…

Ainsi, cette nouvelle (novella pour les Anglo-Saxons) fait froid dans le dos. Et interroge le lecteur (qui veut encore vivre avec trois voire quatre générations à la maison ?) sur ce que lui ferait. Pour certains, la famille est sacrée et pas question d’abandonner parents, grands-parents et arrière-grands-parents s’ils sont encore en vie, mais pour d’autres la famille est une chape de plomb et pas question de vivre ensemble !

The Test est paru deux fois dans The Magazine of Fantasy and Science Fiction (en 1954 puis en 1957). Traduite en français, elle apparaît dans Fiction n° 48 de novembre 1957.

Une lecture édifiante pour le Challenge du confinement (case Classique) que je mets aussi dans Cette année, je (re)lis des classiques #3, Les classiques c’est fantastique (en novembre, le thème est histoires de famille), Littérature de l’imaginaire #8 et Maki Project.

Audience captive d’Ann Warren Griffith

Audience captive d’Ann Warren Griffith.

Le passager clandestin, collection Dyschroniques, février 2016, 50 pages, 5 €, ISBN 978-2-36935-049-1. Captive Audience (1953) est traduit de l’américain par Anonyme.

Genres : littérature états-unienne, nouvelle, science-fiction.

Ann Warren Griffith naît le 31 juillet 1911 (ou 1918, les sources diffèrent) à Newton (Massachusetts, États-Unis). Elle étudie au Barnard College à New York (une des Seven Sisters, les universités féminines d’exception aux États-Unis). Elle entre dans le Women Airforce Service Pilots – WASP, une organisation para-militaire pionnière composées de femmes pilotes civiles mais employées par l’Armée de l’air des États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale. Ensuite elle devient journaliste pour des journaux comme The New Yorker ou Pegasus, un magazine spécialisé dans l’aviation. Elle n’écrit que deux nouvelles de science-fiction : Zeritsky’s Law (Galaxy Science Fiction, 1951) et Captive Audience (The Magazine of Fantasy and Science Fiction, 1953). Et un roman, Who is Hiding in My Hide-a-Bed? (1958). Elle meurt le 11 mai 1983.

Fred et Mavis Bascom prennent le petit-déjeuner avec leurs enfants, Billy et Kitty. Mavis est femme au foyer ; depuis 15 ans, Fred travaille à la VU, la société de Ventriloquie Universelle des États-Unis et il est « considéré par ses chefs comme un homme que l’on pouvait donner en exemple. » (p. 11). Une famille parfaite !

Le problème, c’est la grand-mère de Mavis : elle est contre la VU et, alors qu’elle sort de 5 ans de prison (pour avoir mis des bouchons dans ses oreilles pour ne plus entendre les slogans publicitaires continuels), elle débarque chez eux… Bon, « Toutes les familles ont un squelette dans leur placard. » (p. 15) mais tout va mal si le squelette sort du placard, du moins ça serait catastrophique pour Fred si son entreprise était au courant…

Oh la la, je suis d’accord avec la grand-mère, VU c’est l’enfer ! Tous les produits disent des slogans à tout va ! Au magasin, à la maison… Et ces slogans ne sont pas toujours très fins… Audience captive est un texte satirique injustement méconnu, une dénonciation de la publicité omniprésente, et même pire du « ciblage publicitaire comportemental ».

Une lecture pour le Challenge du confinement (case SF) que je mets aussi dans Cette année, je (re)lis des classiques #3, Les classiques c’est fantastique (en novembre, le thème est histoires de famille), Littérature de l’imaginaire #8 et Maki Project.

QRN sur Bretzelburg de Franquin et Greg

Les aventures de Spirou et Fantasio, 18 – QRN sur Bretzelburg de Franquin et Greg.

Dupuis, novembre 1966, 64 pages, 10,95 €, ISBN 978-2-80010-020-3.

Genre : bande dessinée franco-belge.

André Franquin naît le 3 janvier 1924 à Etterbeek (Belgique). Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe, Modeste et Pompon, le Marsupilami, les Idées noires, c’est lui ! Il meurt le 5 janvier 1997 à Saint-Laurent-du-Var (France). Sa vie et son œuvre sur le site officiel.

Michel Louis Albert Regnier dit Greg naît le 5 mai 1931 à Ixelles (Belgique) mais il est naturalisé français. Il est scénariste et dessinateur ; il est le créateur d’Achille Talon en 1963 (dans Pilote) et il scénarise de nombreuses séries de bandes dessinées (Les As, Bernard Prince, Comanche, Luc Orient, Olivier Rameau, Zig et Puce, etc.). Il meurt le 29 octobre 1999 à Paris.

Fantasio a un nouveau transistor très puissant de la taille d’un caramel mais le marsupilami l’avale et la musique ne s’arrête pas ! Pour le marsupilami, Spip, Spirou et Fantasio, c’est l’enfer…

Pendant ce temps-là, à 200 mètres, Marcelin Switch est mécontent car il a des interférences. Et, après avoir cherché toute la nuit, au petit matin, « Le QRN, c’est vous ? » (p. 10). C’est que Marcelin est radio-amateur et il a capté un message du roi Ladislas de Bretzelbourg retenu prisonnier dans son château de Krollstadt.

Mais Fantasio est enlevé par la Bretzpolizei et conduit à la forteresse prison de Schnapsfürmich où il est soumis à la question par le général Schmetterling et le docteur Kilikil.

Évidemment Spirou, Spip et Switch vont se rendre à son secours au Bretzelburg. Et le marsupilami aussi, échappé de la clinique vétérinaire.

Une folle aventure ! Des militaires avec des chiens dangereux, une population déguenillée qui meurt de faim, un roi drogué et prisonnier, des escrocs qui vendent des armes… Une bande dessinée amusante pour dénoncer le totalitarisme et le sur-armement. Il y a beaucoup de textes pour une BD jeunesse mais elle est parue dans les années 60 et c’était une autre époque.

Pour La BD de la semaine et les challenges Animaux du monde (marsupilami, écureuil, chiens), BD, Cette année, je (re)lis des classiques (eh oui, cette BD est parue avant 1970 !), Challenge du confinement (case BD) et Jeunesse Young Adult #10. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

PS : suite à une info d’Argalit lit sur FB, je voudrais rajouter un événement dont je n’avais pas entendu parler. C’est Lisez-vous le belge ? qui se déroule du 16 novembre au 25 décembre 2020. Infos sur Le carnet et les instants (le blog des lettres belges francophones), sur PILEn et sur la page FB de Lisez-vous le belge ?.

La main tendue de Poul Anderson

La main tendue de Poul Anderson.

Le passager clandestin, collection Dyschroniques, février 2014, 96 pages, 6 €, 978-2-36935-004-0. The Helping Hand (1950) est traduit de l’américain par Maxime Barrière.

Genres : littérature états-unienne, novella, science-fiction.

Poul Anderson naît le 25 novembre 1926 à Bristol en Pennsylvanie (États-Unis). Il étudie la physique à l’université du Minnesota et écrit pour payer ses études. Il est auteur de nouvelles et de romans de science-fiction puis s’intéresse à la fantasy avec la mythologie scandinave (ses parents étaient d’origine scandinave). Il fait partie du mouvement « libertarianisme », une philosophie politique pour une société juste et respectueuse des droits et des libertés. Il reçoit de nombreux prix littéraires. Il meurt le 31 juillet 2001 à Orinda en Californie.

« Son Excellence Valka Vahino, envoyé extraordinaire de la Ligue de Cundaloa auprès de la Confédération du Sol ! » (p. 5). Ralph Dalton et ses collaborateurs terriens reçoivent ce représentant des Cundaloiens pour une conférence préliminaire télévisée. Après la Grande Paix sur Terre et l’avènement de la Confédération, les Terriens ont envoyé des vaisseaux intergalactiques et ont découverts deux autres systèmes : celui de Cundalea et celui de Skontar. Malheureusement les rivalités entre les populations de ces systèmes ont engendré une guerre… C’est de paix dont vont parler les protagonistes maintenant. « Il leur fallait respecter cette paix à présent, surtout à un moment où tous deux avaient un besoin impérieux de se ménager l’aide solienne en vue de la reconstruction. » (p. 12). Solienne pour Sol, c’est-à-dire terrienne et Terre.

Mais les Skontariens sont beaucoup moins appréciés que les Cundaloiens et l’ambassadeur de Skontar, « Son Excellence Skorrogan, fils de Valthak, duc de Kraakahaym » (p. 11) ne fait rien pour arranger les choses : il arrive en retard, parle en rugissant, n’est pas du tout diplomate et dégage une odeur âcre… « il n’y aurait pas d’aide pour Skontar. » (p. 18). Un échec ? À voir !

Mieux vaut-il s’en sortir sous la domination d’un autre et perdre son identité ou faire face seul à « la désolation » (p. 48) ?

Cette nouvelle (novella), une des premières de Poul Anderson, est écrite en pleine guerre froide alors que le président Truman avait déclaré (en 1947) que les régimes totalitaires étaient entretenus par la misère, le besoin et généraient de la pauvreté, des conflits sociaux. Elle paraît d’abord en mai 1950 dans le n° 234 d’Astounding Science-Fiction, un pulp. En France, elle apparaît en 1977 dans Les pièges de l’espace, une anthologie publiée par la Librairie des Champs Élysées puis en 1983 dans Histoires de la fin des temps, un recueil de la collection La grande anthologie de la science-fiction au Livre de poche.

Pour les challenges Cette année, je (re)lis des classiques #3, Littérature de l’imaginaire #8 et Maki Project.

Brume de Stephen King

Brume de Stephen King.

Albin Michel, collection Wiz, octobre 2019, 288 pages, ISBN 978-2-22644-535-3. The Mist (1985) est traduit de l’américain par Serge Quadruppani.

Genres : littérature états-unienne, nouvelle, young adult, fantastique.

Stephen King naît le 21 septembre 1947 à Portland dans le Maine (États-Unis). Dois-je réellement le présenter ? Maître de l’horreur dans les genres fantastiques, science-fiction et policier, il est l’auteur de plus de 60 romans dont quelques-uns sous le pseudonyme de Richard Bachman et plus de 200 nouvelles !

Bridgton, Maine occidental. Grosse vague de chaleur en ce mois de juillet puis, dans la nuit du 19, « épouvantables orages » (p. 7). David et Stephanie Drayton vivent dans une maison à côté du Long Lake avec Billy, leur fils de 5 ans. Ils se réfugient à la cave mais les dégâts sont importants… « La porte de verre coulissante avait tenu bon mais à la place de la baie vitrée il y avait un trou aux bords déchiquetés, garni du feuillage d’un bouleau. C’était la cime du vieil arbre qui flanquait l’accès extérieur du sous-sol d’aussi loin que je me souvienne. […] J’aimais cet arbre. Vétéran endurci de bien des hivers, il était le seul arbre, du côté où la maison donne sur le lac, que ma propre tronçonneuse eut épargné. » (p. 18). Après le cyclone qui a détruit arbres, maisons et pontons, une étrange brume blanche, épaisse, s’installe peu à peu. Lorsque la route est dégagée, Dave se rend au supermarché avec Billy et leur voisin, Breton Norton, un avocat avec lequel il ne s’entend pas très bien, mais en cas de catastrophe, c’est mieux de s’entraider. Alors que la brume arrive au centre-ville, ils sont coincés dans le supermarché (à partir de ce moment, ça devient un huis-clos) avec d’autres clients soit incrédules soit affolés. « Si on attendait encore un peu que le brouillard se dissipe et qu’on puisse voir… » (p. 87). Mais l’angoisse s’installe au fur et à mesure que la brume s’épaissit avec les cris qui en parviennent et les disparitions. « Mesdames et messieurs, il apparaît que nous sommes confrontés à un problème d’une certaine ampleur. » (p. 140).

Je n’en dis pas plus, vous voyez sur la couverture les tentacules et les ventouses mais s’il n’y avait que ça ! Les créatures immondes ont-elles été crées par le projet militaire Pointe-de-Flèche ou arrivent-elles tout droit de l’enfer ? Erreur humaine ou catastrophe naturelle ?

Comme ça faisait longtemps (peut-être une trentaine d’années !) que je n’avais pas lu du Stephen King, j’avais oublié toutes ses descriptions pour présenter les lieux et les personnages mais ça plante l’atmosphère et ça leur donne une épaisseur (sans jeu de mot avec la brume !). Dans cette nouvelle, il traite plutôt des relations parents-enfant (père-fils), des thèmes écologiques et du comportement des gens (par exemple la malveillance et le fanatisme religieux de madame Carmody qui, en plus, fait des adeptes !) en cas de danger imminent.

En fin de volume, dans Notes, l’auteur explique qu’il a écrit Brume à l’été 1976 « pour une anthologie de nouveaux récits » (p. 279) ; le titre original était The Mist et le recueil paru en 1985, Skeleton Crew, remporte le prix Locus du meilleur recueil de nouvelles. La nouvelle Brume dans ce recueil fait 150 pages et elle est plus longue que les autres.

Parfait pour le Mois américain et les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8, Maki Project (bien que considérée comme un peu longue, Brume est bien une nouvelle) et S4F3 #6.

J’apprends qu’un film réalisé par Frank Darabont est sorti en 2007. L’avez-vous vu ?