C’est lundi, que lisez-vous ? 4-2019

Camille du blog I believe in Pixie Dust a repris C’est lundi, que lisez-vous ?. Je n’ai pas participé à ce rendez-vous hebdomadaire depuis janvier… Je ne suis pas du tout régulière !

L’objectif est toujours de répondre à ces trois questions : 1. Qu’ai-je lu la semaine passée ? 2. Que suis-je en train de lire en ce moment ? 3. Que vais-je lire ensuite ? Alors…

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ? Le premier tome d’Une étude en soie – Baskerville d’Emma Jane Holloway (Bragelonne, Steampunk, janvier 2019) et j’ai voulu embrayer immédiatement avec la suite.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ? Eh bien, le tome 2 d’Une étude en soie – Baskerville d’Emma Jane Holloway (Bragelonne, Steampunk, février 2019) et cette histoire me divertit bien.

3. Que vais-je lire ensuite ? J’ai le choix entre Le prix de Cyril Gely (Albin Michel, janvier 2019) que j’ai à vrai dire déjà commencé, ou les tomes 2 et 3 de Le rêve de mon père de Taiyô MATSUMOTO (Kana, Made in, janvier 2019) : une trilogie manga dont j’ai déjà lu le premier tome. Ou encore autre chose, ça dépendra de mon humeur !

Et vous, que lisez-vous ? D’autres « Que lisez-vous… » chez Camille sur C’est lundi, que lisez-vous #172.

Et j’espère que vous avez passé un bon weekend de Pâques ; bonne nouvelle semaine 🙂

PS : je voulais vous dire que je viens de passer 2 heures à répondre aux commentaires en attente depuis fin janvier, je passerai sur vos blogs dès que possible, en tout cas merci d’avoir pensé à moi pendant  les rhume et grippe et ce gros passage à vide 🙂

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Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy

Le reste du monde est une série de bandes dessinées de Jean-Christophe Chauzy parue chez Casterman à partir de 2015.

Genres : bande dessinée, science-fiction, post-apocalyptique.

Jean-Christophe Chauzy naît le 16 mai 1963 à Toulouse. Il est auteur et dessinateur de bandes dessinées ; il enseigne aussi le design graphique. Il publie des bandes dessinées (seul ou en collaboration) depuis 1988 mais j’ai l’impression que je n’en avais jamais lu de lui avant cette série.

Tome 1 : Le reste du monde [lien Casterman], mars 2015, 122 pages, 18 €, ISBN 978-2-20308-741-5.

Tome 2 : Le monde d’après [lien Casterman], octobre 2016, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20309-754-4.

Tome 3 : Les frontières [lien Casterman], octobre 2018, 112 pages, 18 €, ISBN 978-2-20314-692-1.

Pour les vacances, Marie est avec ses fils, Jules et Hugo, dans les Pyrénées. Les garçons passeront un peu de temps chez les Guérin à Cazeaux avec leur petit-fils, Théo, et leur chien, Plutarque. Marie est en colère après leur père qui ne s’est pas occupé d’eux car il a une autre femme plus jeune dans sa vie. Pendant que Jules et Hugo sont chez les Guérin, Marie monte au chalet pour tout ranger et nettoyer avant leur retour le lendemain à Paris pour la rentrée scolaire. Mais les animaux se comportent bizarrement et, soudain, un très violent orage éclate suivi d’un puissant séisme ; il n’y a plus d’électricité, plus de réseau… « Ça n’est jamais tombé si dru… Ça n’a jamais soufflé si fort… » (p. 22). Heureusement Marie retrouve ses enfants et Plutarque mais il faut fuir, c’est la fin du monde, tout est détruit et il y a de nombreux morts. Ils se réfugient dans la petite ville de Soulan mais il n’y a plus de routes et la vallée est bloquée. « Nous sommes coincés ! Coincés comme des rats dans une nasse. Des rats sans espoir, sans compassion, sans avenir. » (p. 88-89).

Les dessins ne sont pas très beaux (à mon goût) mais ils retranscrivent bien cette fin du monde : ils sont boueux et poisseux. Quant aux personnages, ils sont remplis de l’énergie du désespoir ! Marie fuit avec Jules, Hugo, Théo (qu’ils ont retrouvé) et Plutarque mais les survivants sont armés et dangereux… Est-il possible de faire confiance à quelqu’un ? Tout est détruit ! Plus de route, plus de communication, peu de nourriture… Est-il possible de survivre dans ce chaos ? De garder son humanité ? Et que reste-t-il du « reste du monde » ? Vous le saurez en lisant cette excellente série !

Par contre, je suis désappointée, j’ai cru que c’était une trilogie… Eh bien, non… Il faut maintenant attendre un quatrième tome pour connaître la fin de cette histoire palpitante et effrayante narrée plus tard par Hugo, le plus jeune fils.

Des lectures pour La BD de la semaine (il était temps car depuis le début de l’année, j’étais aux abonnés absents…), les challenges BD et Littérature de l’imaginaire.

Toutes les BD de la semaine sont chez Moka – Au milieu des livres.

À la ligne : feuillets d’usine de Joseph Ponthus

À la ligne : feuillets d’usine de Joseph Ponthus.

La Table Ronde, collection Vermillon, janvier 2019, 272 pages, 18 €, ISBN 978-2-71038-966-8.

Genres : littérature française, premier roman.

Joseph Ponthus naît à Reims en 1978. Il étudie à Reims puis à Nancy (hypokhâgne, khâgne) puis travaille à Nanterre : éducateur spécialisé auprès d’adolescents en difficulté (paraît Nous, la cité, en 2012 aux éditions La Découverte). Installé à Lorient (Bretagne) après son mariage, il travaille en intérimaire et rédige son vécu professionnel qui deviendra À la ligne : feuillets d’usine.

« L’usine c’est pour les sous / Un boulot alimentaire / Comme on dit » (p. 11). Un homme, bientôt 40 ans, qui a fait des études (littérature à hypokhâgne), mais ne trouve pas de travail, se lance dans l’intérim pour avoir un salaire. « L’usine m’a eu / Je n’en parle plus qu’en disant / Mon usine » (p. 13-14). L’été, pendant trois semaines, pour les vacances, il travaille avec un groupe de handicapés dans le nord (il vit en Bretagne). « Faire la route / C’est presque aussi répétitif / Que trier les caisses les poissons les crevettes » (p. 37). Avant de retourner dans l’agroalimentaire avec les poissons panés et le tofu à égoutter puis les fruits de mer et les crustacés. « Ritournelles obsédantes / Ceux qui taffent / ceux qui cheffent / les cadences de production édictées d’en haut » (p. 90). Puis de travailler au nettoyage dans un abattoir (le sang, le gras…). « Et les collègues sont gentils […] / Et il paraît que l’abattoir paie bien […] / Et puis on s’habitue / Voilà tout » (p. 130). Embauche, débauche, embauche, débauche… « Je me dis qu’il faut avoir une sacrée foi dans la paie qui finira bien par tomber dans l’amour de l’absurde ou dans la littérature / Pour continuer » (p. 49).

Il découvre (et fait découvrir aux lecteurs) l’industrie agroalimentaire avec ses difficultés : horaires, travail de nuit et donc décalage, productivité, bruits, odeurs, précarité, « ambiance de merde (p. 43), etc. Dans ce roman atypique, largement autobiographique, il y a de nombreuses références musicales, littéraires, cinématographiques, même anciennes (par exemple Fernand Raynaud avec son célèbre 22 à Asnières entre autres) : c’est ça qui lui permet de tenir, les souvenirs, la culture.

Mon passage préféré est celui avec Pok Pok, le chiot de six mois (p. 154). Il y a même des passages émouvants dans ce récit (plutôt tragique). Par exemple, l’adieu avec les collègues (p. 167-169) et la lettre qu’il écrit à sa mère (p. 214-219). Et aussi de l’humour comme des jeux de mots, « road tripes » ou « En avant Marx » !

Bref, l’auteur vit grâce à un travail atroce, de la fatigue, des douleurs… Mais il faut « que la tête tienne bon sinon le corps lâche / Et que le corps tienne bon sinon la tête explose » (p. 184).

J’ai noté que « Le sang des bêtes est un documentaire réalisé en 1949 par Georges Franju dans les abattoirs de Vaugirard et de La Villette qui fait passer n’importe quelle vidéo de L.214 pour un épisode gentillet de La petite maison dans la prairie / Le sang des bêtes est insoutenable et c’est pour ça qu’il faut le voir […] » (p. 208). Ainsi, les gens savent ce qui se passe dans les abattoirs, comment sont maltraités les animaux depuis 70 ans… Que vous mangiez de la viande ou non, il faut lire ce livre ! « Hallucination du trop d’animaux morts / Pourquoi / Pour qui » (p. 228).

Comme vous le voyez, dans les extraits ci-dessus, il n’y a pas de ponctuation, pas de virgule, pas de point, et lorsque j’ai mis un « / » entre les groupes de mots c’est parce que l’auteur passe « à la ligne » ; cela donne un rythme particulier au récit et le lecteur est happé par les mots et l’ambiance.

À la ligne : feuillets d’usine est un « livre ouvrier » qui sort vraiment de l’ordinaire ; il a déjà reçu le Grand Prix RTL/Lire 2019 et il est sélectionné pour d’autres prix. Il le mérite amplement car c’est un livre bouleversant, énorme, un coup de cœur de ce début d’année ! Du même genre (roman dans un abattoir) : Les liens du sang d’Errol Henrot (un premier roman également) paru en août 2017.

Je mets cette lecture dans Lire en thème puisque le thème de mars est : auteur français. Et il y a finalement un challenge Rentrée littéraire janvier 2019.

 

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher.

Glénat, collection 1000 feuilles, septembre 2017, 192 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-34401-332-8.

Genres : bande dessinée, fantastique, science-fiction.

Timothé Le Boucher, né le 25 octobre 1988, est scénariste, dessinateur et coloriste de bande dessinée français. Il étudie à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême. Il vit actuellement à Strasbourg. Du même auteur : Skins party (Manolosanctis, février 2011), Vivre dessous (Manolosanctis, août 2011) et Les vestiaires (La Boîte à bulles, mai 2014). Plus d’infos sur son blog.

Lubin Maréchal, 20 ans, est acrobate. Lors d’un spectacle, un support casse et il chute en se cognant la tête. Tout semble normal… « Lubin… Ta tête ? Ça va, je sens presque plus rien… J’ai juste perdu un paquet de neurones… » (p. 8). Mais ça ne va pas bien… Léandre, son meilleur ami, magicien dans la troupe, et Gabrielle, sa petite amie, se rendent bien compte de changements. En fait, Lubin ne vit qu’un jour sur deux, durant la journée de « carence », il ne dort pas, un autre Lubin, identique physiquement mais différent au niveau du caractère, du comportement, et de plus amnésique, vit à sa place. Trouble de la personnalité ? Trouble dissociatif de l’identité ? Au début, les deux jeunes hommes décident de communiquer, de s’apprivoiser en fait, et de s’organiser ; Lubin « original » vit les jours bleus et Lubin « second » vit les jours jaunes. Mais il y a des dérapages… « Tu te fous de ma gueule ! Le jour de mon anniversaire, je me retrouve à poil à côté d’une meuf que je ne connais pas. Putain, merde ! Tu savais très bien que Gabrielle venait me chercher tôt pour partir. » (p. 65). C’est que l’autre Lubin a une autre petite amie, Tamara, caporal dans l’armée de terre. « Lubin, ne t’en fais pas. Ça va rentrer dans l’ordre. Je sais pas… J’ai l’impression de disparaître… » (p. 111). Comment Lubin va-t-il vivre, survivre, avec tous ces jours qui disparaissent ?

Bon sang, quelle bande dessinée ! D’acrobate de métier, Lubin se retrouve acrobate de sa propre vie, tel un équilibriste toujours sur le fil, sur le qui-vive, à ne pas savoir ce que l’autre Lubin fait pendant une journée, puis des journées, puis de plus en plus longtemps. Une allégorie sur le temps qui passe, sur la dualité, sur ce qu’on fait de notre vie. L’histoire, essentiellement dramatique, est un peu fantastique et passe à la science-fiction au fur et à mesure des années qui défilent (au bout d’un moment, on est dans le futur) ; les personnages (amis et famille de Lubin) sont vraiment réussis, ils ont chacun leur place ; c’est incroyable d’originalité et de maîtrise tant dans le scénario que dans le dessin ; autant dire que j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, la première que je lis de l’auteur mais je l’avais repérée à sa parution (pour la petite anecdote, en octobre 2017, avec mon ami Lee Rony, nous sommes passés devant Glénat à Grenoble et l’auteur était en dédicace dans la librairie avec Ces jours qui disparaissent mais nous allions ailleurs, lien ici).

Ces jours qui disparaissent a reçu le Prix des libraires de bande dessinée (Canal BD, 2017), le Prix de la meilleure bande dessinée de science-fiction (Utopiales, 2018) et a été sélectionné pour le Grand Prix de la critique 2018 et pour la Sélection officielle 2018 (Festival d’Angoulême 2018). Une adaptation cinématographique est annoncée par Jonathan Barré pour le printemps 2019.

Une excellente lecture pour La BD de la semaine que je mets dans les challenges BD et Littérature de l’imaginaire #7.

Les autres BD de la semaine chez Moka Milla.

1144 livres de Jean Berthier

1144 livres de Jean Berthier.

Robert Laffont, collection Les passe-murailles, janvier 2018, 180 pages, 12 €, ISBN 978-2-22120-321-7.

Genres : roman français, premier roman.

Jean Berthier est auteur pour des revues littéraires, il est aussi réalisateur (documentaires et films). 1144 livres est son premier roman et le lecteur sent qu’il est un grand lecteur !

Adopté 97 jours après sa naissance, le narrateur a pour parents Henri et Mariette, un couple stérile mais aimant. Il grandit au milieu des clients de la quincaillerie familiale et il ne connaîtra jamais ni ses parents ni les premiers jours de sa vie. « Sur cette ignorance sans fond, j’ai bâti une vie, fondé une famille, exercé un métier. » (p. 12). Il est bibliothécaire. Un jour, il reçoit le courrier d’un notaire . « Il n’est pas rare d’hériter d’une bibliothèque ; il l’est davantage si ce legs provient d’une inconnue et si cette inconnue est votre mère. » (p. 15). Il n’a jamais cherché ses origines : « L’origine est toujours décevante. » (p. 25) et cet héritage anonyme l’inquiète… « Hélas ! Je n’étais plus le lecteur d’un roman auquel j’étais prêt à souscrire ; j’étais le protagoniste d’une histoire à laquelle je ne voulais pas croire. » (p. 26-27). Il pense d’abord à une blague puis veut refuser l’héritage mais se retrouve finalement dans une chambre de l’hôtel de Loisy avec une trentaine de cartons de livres ! « C’était encore vers les livres que la vie m’emmenait. » (p. 32-33). Que faire de ces 1144 livres ? « Ces livres disaient : ta mère est morte et te demeurera inconnue pour toujours. » (p. 74). « Pourquoi recherchais-je une mère que je n’avais jamais cherchée et que la mort rendait introuvable ? » (p. 107).

Trois beaux extraits sur la lecture

« Mais lire, lire est sans partage, lire est exclusif ; l’esprit est occupé, les mains sont occupées, aucune parcelle de notre être ne peut s’évader pour porter son attention ailleurs. Il n’y a pas plus contraignant que cette activité à laquelle rien n’oblige. » (p. 44).

« Nous devrions lire pour nous quitter autant que pour nous retrouver. » (p. 90). Très joli, n’est-ce pas ?

Et mon préféré : « Comme on a peu lu quand on a beaucoup lu ! » (p. 113-114). Comme c’est vrai !!!

1144 livres est un roman court, atypique (avec une écriture, je dirais… ancienne) ; il interroge sur la lecture mais aussi sur l’origine familiale, la filiation, la résilience et l’héritage. Que laissons-nous avec des livres ? Quelle partie de notre vie laissons-nous avec des livres ? Ce roman questionne aussi sur le besoin de la littérature, de la fiction : quelle place occupent les livres dans nos vies ? On le voit avec les extraits ci-dessus, c’est un bel éloge des livres, de la littérature et de la lecture, de la curiosité aussi.

Une agréable lecture pour le challenge Lire en thème (le thème de janvier est chiffre ou nombre dans le titre).

 

The Promised Neverland, 1 de Kaiu Shirai et Posuka Demizu

The Promised Neverland, 1 de Kaiu Shirai et Posuka Demizu.

Kazé, avril 2018, 193 pages, ISBN 978-2-82033-223-3. The Promised Neverland (約束のネバーランド Yakusoku no Nebârando) (2016) est traduit du japonais par Sylvain Chollet.

Genres : manga, fantasy, science-fiction.

SHIRAI Kaiu (白井 カイウ) est le scénariste. Il y a très peu d’infos sur lui, il a étudié à l’université, il a travaillé en entreprise et, avant 2016, il n’était pas du tout dans le monde du manga.

DEMIZU Posuka (出水ぽすか), née le 17 janvier 1988, est l’illustratrice. C’est une artiste indépendante qui réside à Tokyo où elle a étudié. Elle est dans le monde de l’illustration depuis 2011 et a reçu plusieurs prix. Plus d’infos sur son site officiel.

Octobre 2045. Grace Field House. C’est un orphelinat avec 38 enfants dont 15 ont moins de 3 ans. Les plus âgés sont Emma qui y vit depuis 10 ans, Norman et Ray, ils ont 11 ans. « Nous ne sommes pas unis par les liens du sang… Mais ça n’a aucune importance. » (p. 11). C’est maman Isabella, 31 ans, qui s’occupe d’eux et, bien qu’orphelins, ils sont bien traités, bien nourris et heureux. Mais ils ont tous un numéro tatoué sur le cou, ils passent des tests spéciaux pour prouver leur intelligence et ils n’ont pas du tout le droit de sortir de l’orphelinat. « Aucun de nous n’avait connu ses parents et nous ne savions rien de nos origines. » (p. 36). Mais le jour du départ pour adoption de Conny, 6 ans, Emma et Norman découvrent une chose horrible. Ils doivent s’enfuir, tous, mais « il faut réfléchir à la meilleure tactique… » (p. 59). « J’ignore ce qui nous attend à l’extérieur, mais si on en fait rien, on est condamnés. » (p. 121).

Pour l’instant, je n’ai lu que le premier tome de The Promised Neverland. Les dessins sont beaux, les personnages sont attachants, le lieu est superbe mais vraiment clos, l’intrigue s’est bien mise en place et le lecteur tremble avec les enfants. C’est à la fois fantasy et science-fiction, il y a une incroyable intensité dramatique. J’ai hâte de lire les tomes suivants ! (12 volumes aux éditions Shûeisha, encore en cours au Japon).

Le manga a été publié à partir de 2016 dans le magazine de prépublication Weekly Shônen Jump. Plus d’infos sur le site dédié de Kazé. En janvier 2019, l’anime est diffusé au Japon sur Fuji TV (12 épisodes réalisés par Mamoru Kanbe, studio CloverWorks). Pour le public français, c’est sur Wakanim (sur abonnement).

Une lecture pour La BD de la semaine qui entre dans les challenges BD et Littérature de l’imaginaire.

Les autres BD de la semaine chez Stéphie.

 

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters

L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters.

Delcourt, Hors collection, janvier 2018, 326 pages, 30 €, ISBN 978-2-7560-9625-4.

Genre : bande dessinée.

Serge Lehman naît le 12 juillet 1964 à à Viry-Châtillon (Essonne). Il est scénariste, critique et essayiste, spécialiste de la SFFF. Du même auteur : La guerre des sept minutes (son premier roman, Fleuve Noir, 1990), la trilogie F.A.U.S.T. (Fleuve Noir, 1996) et en bande dessinée, La brigade chimérique (six tomes) avec Fabrice Colin (L’Atalante, 2009).

Frederik Peeters naît le 14 août 1974 à Genève (Suisse). Il étudie la communication visuelle à l’ESAA Genève (École supérieure d’Arts décoratifs et d’Arts appliqués). Il est auteur (science-fiction, fantasy). Il publie depuis 1997 et il est connu pour ses séries, Lupus (2003-2006), Koma (2003-2008) et Aâma (2011-2014). Plus d’infos sur son site officiel.

Lien vers le site dédié de L’homme gribouillé avec les 4 premiers chapitres en consultation libre.

J’ai lu cette bande dessinée car je l’ai vue passer l’année dernière dans La BD de la semaine 😉 Et puis, la quatrième de couverture est alléchante : « C’est l’histoire d’une veille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde. »

Paris, 2015, pluie diluvienne. La mère qui fait des crises d’aphasie, c’est Betty Couvreur (elle communique en écrivant sur son téléphone), elle est maquettiste aux éditions du Saule. Sa fille, Clara, une lycéenne pas facile à vivre. Le chat des voisins (en vacances), Baël, noir, de méchante humeur même quand Betty lui donne à manger. Maud, mère de Betty et grand-mère de Clara, écrit des contes terrifiants, elle a perdu connaissance et un individu masqué (qui dit s’appeler Max) s’introduit chez elle car il veut récupérer un paquet qu’elle devait lui remettre. Jasmine, l’amie de la famille, fine cuisinière. Pierre Inferi, auteur et collectionneur, tripoteur répugnant avec ses six doigts à chaque main. Après son AVC (le deuxième), Maud est dans le coma sur un lit d’hôpital ; Clara est traumatisée à cause des menaces de Max ; Betty fait des cauchemars avec des spectres (les Traversants) et un oiseau fossile énorme ; son patron, Sébastien Saule, lui conseille de voir Inferi malgré son aversion pour lui. « Je vous avais prévenue… C’est une histoire effrayante. » (Michel Lévy, p. 119). Après sa rencontre avec le vieux Lévy, la vie de Betty s’effondre car il lui apprend des choses incroyables sur elle, sur Maud et sur le passé de leur famille.

Une bande dessinée intrigante avec un noir et blanc sombre, dense, inquiétant même. Une famille de femmes, la grand-mère, la mère, la fille, la meilleure amie. L’ambiance est chargée avec la ville de Paris ruisselante, inondée par une pluie torrentielle (des routes sont coupées, des stations de métro fermées) et un voyage secret dans le Doubs enneigé. Le lecteur devine un secret de famille bien gardé et frémit lorsque l’histoire s’oriente vers un fantastique plutôt angoissant. Les dessins très réalistes renforcent les caractères et les inquiétudes des personnages et les paysages sont superbes en particulier le Doubs enneigé et le couvent du XIIe siècle. Une œuvre originale et haletante qui montre que passé et présent sont toujours liés.

Une excellente lecture pour le challenge BD et pour La BD de la semaine que je mets aussi dans les challenges Contes et Légendes pour le Golem et le Maugris et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7.

Les autres BD de la semaine chez Noukette.