Throwback Thursday livresque #45

Encore une participation pour le Throwback Thursday livresque de Bettie Rose. Rien que pour les logos hebdomadaires, ça vaut le coup de participer !

Le thème de ce jeudi 24 août est « J’aurais voulu une autre fin (un livre dont l’issue ne vous a pas plu) ». Je ne pensais pas participer cette semaine parce qu’en général je respecte les choix des auteurs. Mais je participe quand même avec un livre qui m’a peinée : pauvre chien 😥 il ne méritait pas ça… C’est Denise au Ventoux de Michel Jullien.

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

Marx et la poupée de Maryam Madjidi.

Le Nouvel Attila, collection Incipit, janvier 2017, 208 pages, 18 €, ISBN 978-2-37100-043-8.

Genres : premier roman, littérature franco-iranienne.

Maryam Madjidi, née en 1980 à Téhéran, quitte l’Iran en 1986 et s’installe à Paris avec ses parents. Elle étudie les Lettres à la Sorbonne et son mémoire de maîtrise en littérature comparée porte sur deux auteurs iraniens, Omar Khayyâm (poète) et Sadegh Hedayat (romancier). Elle est professeur de français ; Marx et la poupée est son premier roman, largement autobiographique.

1980, université de Téhéran. La jeune femme de 20 ans est enceinte de 7 mois mais elle doit fuir car dans l’université, il y a des hommes avec des bâtons cloutés qui frappent les étudiants. Ils insultent aussi, ils violent, ils tuent… Ils hurlent, ils déchirent les livres… Comme elle ne trouve pas la sortie, la jeune femme saute du deuxième étage. « Elle saute et je tombe. » (p. 14). « Je témoignerai de ce que mes yeux ont vu. […] Ce bébé témoignera aussi à son tour, je le sais. » (p. 16). « Je voudrais passer ma vie à récolter des histoires. De belles histoires. Dans un sac, je les mettrais et je les emporterais avec moi. » (p. 27).

C’est ce qu’a fait l’auteur, elle a emporté les histoires et elle nous les raconte. Elles ne sont pas toutes belles, mais beaucoup le sont quand même. Ses propres histoires, bien sûr, mais aussi celles de ses parents, de sa grand-mère bien-aimée, de son pays.

Pour ceux qui ont déjà lu de la littérature iranienne contemporaine (témoignages ou romans), on retrouve des mots connus comme l’horrible prison d’Evin ou le cimetière de Khâvarân. Car « Ce pays massacre ses meilleurs enfants. » (p. 39) et « Sous la torture, qu’est-ce que tu ferais, toi ? » (p. 41). Les rumeurs vont bon train, la peur s’installe, il faut partir. Vite, on enterre dans le jardin les jouets de la petite (5 ans) et les livres des parents (d’où le titre de ce roman témoignage). « Marx, Engels, Lénine, Makarenko, Che Guevara et tous les autres, le père les recouvre de terre humide. » (p. 43). Vous l’avez compris, les parents sont communistes et, s’ils étaient déjà surveillés sous le régime du Shah, le nouveau régime autoritaire n’est pas plus clément avec eux.

1986. Maryam et sa mère rejoignent le père de famille qui est à Paris depuis sept mois. Maryam a grandi en France, elle a appris la langue française, elle a suivi l’école de la République, elle a oublié en partie son pays et sa langue, elle a voyagé et vécu à Beijing en Chine, à Kerala en Inde et à Istanbul en Turquie.

« Je ne peux plus raconter mes histoires persanes. J’ai des hallucinations à la place. – Tu vas désormais les raconter autrement. » (p 84). Le récit est rempli de souvenirs, de séductions, de poésie, de nostalgie, d’histoires, il y a même une part de folie sur ce « Royaume de l’Exil » (p. 117).

Ma phrase préférée de ce très beau roman-témoignage : « Tes blessures, tes écorchures, tes cicatrices, c’est le symbole de l’Iran meurtri et abîmé. » (p. 190). J’avais 13 ans quand les journaux d’informations ont montré les images de la révolution iranienne, en 1979, et j’étais encore insouciante mais je sentais bien que les adultes autour de moi n’étaient pas rassurés. Depuis, j’ai découvert ce pays à travers des témoignages, son histoire, sa littérature, son cinéma, sa musique et je le trouve fascinant. Maryam Madjidi rend bien cette fascination, le côté attractif du pays, toute cette poésie, cette sensualité, cette histoire (l’empire perse est né au Xe siècle avant Jésus-Christ) et le côté cruel et déchirant avec les violences du XXe siècle et même ce début de XXe siècle.

Un roman émouvant, en partie autobiographique, mi-réaliste mi-conte poétique qui a reçu le Prix Goncourt du Premier roman en mai et le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en juin, des prix bien mérités !

Une lecture dans le cadre des 68 premières fois 2017 que je mets dans les challenges Défi Premier roman 2017, Rentrée littéraire janvier 2017 et Raconte-moi l’Asie.

Top Ten Tuesday #125

Je ne participe pas souvent au Top Ten Tuesday… Il est organisé chaque mardi par Frogzine. Ma seule participation pour l’instant était pour les 10 auteurs découverts en 2015 (il y a bientôt deux ans !). Cette semaine le thème me plaît bien : les 10 romans de la rentrée littéraire automnale 2017 que je souhaite découvrir. Premiers romans, ou pas, auteurs et éditeurs connus ou moins, français ou étrangers, choisis pour leur titre ou leur thème, voici ma liste mais j’aurais pu en mettre d’autres car en choisir 10 sur près de 600 titres, ce n’est pas facile ! Ils sont présentés par ordre alphabétique d’auteur.

1. Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot (Belfond, France) pour le titre, le thème musical et puis aussi pour découvrir cet auteur car je n’ai lu aucun de ses huit ou neuf romans !

2. Sangliers d’Aurélien Delsaux (Albin Michel, France) parce que j’avais beaucoup aimé son premier roman, Madame Diogène.

3. Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard, France) parce que j’ai lu deux articles qui m’ont donné envie de lire ce roman historique du XXe siècle et pour découvrir cet auteur (j’avais repéré son Évariste mais je ne l’avais pas lu).

4. Le manuscrit de Beyrouth de Jabbour Douaihy (Actes Sud, Liban) parce que j’ai beaucoup aimé Le quartier américain et que, en octobre 2016, j’ai rencontré Jabbour Douaihy qui m’avait annoncé en exclusivité la parution de ce roman à la rentrée d’automne 2017 (le titre était encore provisoire). La couverture de ce roman n’est pour l’instant pas disponible.

5. De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia (Albin Michel, France) parce que j’avais adoré Le club des incorrigibles optimistes (Albin Michel, 2009) mais je n’ai pas lu d’autres titres de lui depuis.

6. La vie du bon côté de Keisuke Hada (Philippe Picquier, Japon) pour un peu de bonne humeur tout simplement !

7. Un astronaute en Bohême de Jaroslav Kalfar (Calmann-Lévy, République tchèque) parce que j’ai lu deux notes de lecture enjouées qui ont attiré mon attention sur ce premier roman atypique !

8. La colère de Kurathi Amman de Meena Kandasami (Plon, Inde) parce qu’il me fait très envie de par sa couverture, son titre et le pays, et parce qu’il est annoncé comme « éblouissant et souvent très drôle » par l’éditeur (même si je sais qu’il faut parfois se méfier des bandeaux).

9. Le presbytère d’Ariane Monnier (JC Lattès, France) parce que le premier roman de cette anthropologue m’intrigue !

10. L’archipel des Solovki de Zakhar Prilepine (Actes Sud, Russie) pour le pays (la Russie), le thème (les camps de Solovki sont les ancêtres des goulags), un « grand » livre (plus de 800 pages quand même !) et si ce roman me plaît, je lirai Le singe noir (Actes Sud, 2012).

Et vous, quels sont les 10 romans de cette rentrée d’automne que vous souhaitez absolument lire ?

La rentrée n’aura pas lieu de Stéphane Benhamou

La rentrée n’aura pas lieu de Stéphane Benhamou.

Don Quichotte, août 2016, 170 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-35949-567-6.

Genre : premier roman.

Stéphane Benhamou… Pas grand-chose sur cet auteur. Il est réalisateur et producteur de films documentaires, plutôt historiques.

26 août. Il se passe un truc bizarre, cet été-là : les aoûtiens ont déserté les réseaux sociaux, ils ont envoyé des cartes postales à l’ancienne et ont décidé de ne pas reprendre la route pour la rentrée ! Évidemment les vacanciers de juillet ont déjà repris le travail : Michel Chabon, 40 ans, est parmi eux. Il est rédacteur au Ministère des Transports et quatre de ses collègues ne sont pas revenus. Il est envoyé dans le Sud de la France pour observer les autoroutes et comprendre ce qui se passe.

Le roman se déroule du 26 août au 15 septembre. « Septembre est un rivage que ne peut atteindre, pour l’instant, ce monde flottant. » (p. 44). En plus de la crise habituelle, c’est une nouvelle crise : pas de retours de vacances (ou très très peu), pas de bouchons, pas de rentrée scolaire ! Les aoûtiens sont sommés de rentrer dans le rang. Mais rien n’y fait… Que se passe-t-il ? Gouvernement, spécialistes et journalistes sont sur le pont !

Au-delà de l’histoire surréaliste, ce roman est une satire de la société, du monde du travail et des études sociologiques. Je l’ai trouvé surprenant et amusant mais un peu répétitif.

Lu dans le cadre des 68 premières fois – 2016, je le mets dans le challenge Défi Premier roman.

Outre-Mère de Dominique Costermans

Outre-Mère de Dominique Costermans.

Luce Wilquin, collection Sméraldine, février 2017, 176 pages, 17 €, ISBN 978-2-88253-529-0.

Genres : premier roman, littérature belge.

Dominique Costermans naît le 9 septembre 1962 à Bruxelles en Belgique. Elle est nouvelliste (Luce Wilquin, Quadrature), essayiste (Luc Pire, Eranthis) et a reçu plusieurs prix littéraires dont le Prix Annie Ernaux en 2006 ; elle est aussi photographe et a été plusieurs fois exposée (en Belgique). Outre-Mère est son premier roman. Plus d’infos sur https://www.dominiquecostermans.be/.

« Lucie sait que, dans cette famille, il y a des questions à ne pas poser et des sujets à ne pas aborder. Mais c’est la première fois qu’elle en prend conscience. » (p. 13). Qui est cette Hélène Morgenstern qui a reçu Jésus dans son cœur en mai 1946 et dont sa mère (qui porte le même prénom) dit que c’était une amie de classe ? Lucie est née à Bruxelles en 1962. En mai 1969, elle va faire sa communion. « À vingt ans, sa route croise celle de Georges, un veuf rentré d’Afrique, de vingt ans son aîné. Elle était mineure, il l’a enlevée, ils se sont mariés. Je suis arrivée. » (p. 19).

À force d’opiniâtreté Lucie découvre qui est sa mère : Hélène Morgenstern, née en 1939, est la fille de Charles Morgenstern, condamné pour traîtrise contre la Belgique et les Alliés en 1946 ! Un passé douloureux qu’Hélène a totalement rejeté car elle a été placée enfant dans une institution catholique puis a été adoptée à l’âge de 6 ans par Inès et Henri. Et une recherche douloureuse également pour Lucie et le reste de la famille (elle passe « outre-mère », par-dessus l’avis négatif de sa mère), trente ans de recherches, de découvertes, de (re)trouvailles, d’horreur mais aussi de bonheur ! « Je l’écris pour Hélène. Je l’écris contre son gré. J’écris aussi cette histoire pour mes enfants. Je l’écris pour mettre à plat, comprendre, reconstituer, mettre de l’ordre. Pour transmettre. Dans les caves de cette histoire dont personne ne m’a donné les clés, j’ai trouvé des cadavres et des monstres ; quelques trésors, aussi. J’ai trié, rangé, empaqueté, nettoyé les toiles d’araignée et chassé la poussière. Ça m’a pris des années. Et maintenant, je suis assise sur mes caisses et je ne sais pas par où commencer. » (p. 19-20).

Que faut-il faire ? Se taire pour ne pas déranger les morts et les susceptibilités ou chercher et parler (ou écrire) et parfois faire du mal ? Dans ce cas, la famille peut connaître la vérité, l’origine du mal-être et peut faire un travail sur soi. Un « procédé qui a muselé toute une génération après la guerre, celle des rescapés, celle des revenus-de-l’enfer, celle des enfants cachés, celle des survivants. De tous ceux qui tentaient de raconter leur épouvantable histoire et qu’on a fait taire d’un « Tu n’as pas à te plaindre ; au moins, toi, tu es vivant ». Ils avaient survécu, leur souffrance était inaudible : on les priva de parole. Ou ils se résignèrent d’eux-même au silence. » (p. 26). Certains ont « reproché » à leurs parents et grands-parents de ne pas avoir parlé, de leur avoir caché tout ce lourd passé, ils ont fait des recherches et ont partagé ce qu’ils avaient découvert (je pense par exemple à l’excellent – et terrible – Maus d’Art Spiegelman, entre autres) ; certains ont témoigné, peut, trop peu et difficilement c’est sûr, mais ils ont laissé une trace, des dessins, des peintures, des poèmes, des récits, quelques photos même. Mais c’est vrai que beaucoup, la plus grande majorité, n’ont pas parlé… Les en a-t-on empêché ? Ce sont-ils murés dans leur silence et dans leur souffrance ? Que la vie a dû être difficile pour eux ! Et aussi pour leur famille qui peut-être se posait des questions, sentait une souffrance incompréhensible, un non-dit, un secret, un tabou…

« Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je n’étais pas préparée au pire. Je n’ai pas été déçue. » (p. 63). Après « déçue, j’aurais mis un point d’exclamation (je suis extravertie), l’auteur mais un point, pudiquement. Et vous comprenez sa démarche, tout en retenue, en sagesse, avec respect pour les membres de la famille qu’elle découvre. « Pendant des années, j’ai accumulé les questions, les traces, les signes et les preuves. J’ai fréquenté les administrations, les archives, les palais de justice. J’ai envoyé des requêtes, interrogé des fichiers, rencontré des témoins. Pendant des années, j’ai pris des notes. Le temps est venu de rassembler les fragments de cette histoire et de les articuler en un récit éclairant. […] j’écris. Ce travail m’est pénible. » (p. 93).

Un travail de titan, et parfois l’horreur au détour d’un chemin… « Avec le temps et la confiance qui s’installe, nous parvenons à dire que si avoir échappé à la Shoah est parfois une histoire de courage et de bravoure inouïe, c’est parfois aussi une affaire de hasard et d’opportunité. Voire d’opportunisme. De lâcheté. Ou de trahison. » (p. 100). Eh oui, le passé n’est pas toujours celui que l’on croit, on le sait tout le monde n’a pas été Résistant, tout le monde n’a pas été intègre, certains ont préféré montrer leur plus bas instincts… Et ont légué sans le savoir leur malaise et leur mal-être à leurs descendants.

Alors Outre-Mère est un roman difficile, oui, et j’ai vu que plusieurs lecteurs l’avaient carrément arrêté, je ne connais pas leur(s) raison(s), peut-être qu’ils étaient déroutés, perturbés, horrifiés ou qu’ils ont trouvé le style pas assez littéraire (le seul petit défaut de ce roman)… Mais, pour moi, c’est un coup de cœur, un roman familial éprouvant mais sûrement nécessaire avant que tout ceci ne disparaisse des mémoires… Un « beau » roman sur la filiation, la transmission, la mémoire, la délivrance et la résilience. Nous voulons tous savoir d’où nous venons (et où nous allons) pour finalement savoir qui nous sommes, malgré le malaise et la souffrance que cela engendre souvent. Alors fallait-il écrire ce roman ? « Faut-il écrire cette histoire ? Lucie est saisie par le découragement. » (p. 161). Je dis oui ! Sans hésitation. Et lisez-le, vous en sortirez différents ! Plus forts ?

Je remercie Annie qui fait circuler son exemplaire et Natacha qui me l’a envoyé dans le cadre des 68 premières fois 2017. Je le mets dans les challenges Défi Premier roman 2017, Rentrée littéraire janvier 2017 et Voisins Voisines 2017 (Belgique).

Denise au Ventoux de Michel Jullien

Denise au Ventoux de Michel Jullien.

Verdier, collection jaune, janvier 2017, 144 pages, 16 €, ISBN 978-25-86432-907-7.

Genre : roman dramatique.

Michel Jullien naît en 1962 près de Paris. Il étudie la littérature puis enseigne à l’université au Brésil. Lorsqu’il revient en France, il travaille dans l’édition et se consacre à la montagne (l’escalade) puis à l’écriture. Quatre autres romans sont parus chez Verdier : Compagnies tactiles (2009), Au bout des comédies (2011), Esquisse d’un pendu (2013) et Yparkho (2014).

Paul, le narrateur, travaille dans une banque. Il promène Denise trois fois par jour, le matin, en soirée après son travail et avant le coucher entre vingt-trois heures et minuit. Ils sont ensemble depuis trois ans, depuis que Valentine les a abandonnés pour voyager avec un Hollandais. Mais Denise n’est pas faite pour la capitale : c’est une grande chienne de 4 ans qui pèse 43 kilos, une Bouvier bernois… recalée de l’école des chiens d’aveugle de Paris pour « couardise urbaine » (p. 47). Paul décide d’emmener Denise faire de grandes balades au Ventoux. « […] Denise derrière son virage, elle me voyait avancer avec déjà le croupion émoustillé, le trognon de la queue remuant les joies d’usage et, au bout, l’inévitable toupet balayant les cailloux. » (p. 95).

L’auteur se montre ironique quand il décrit la vie de Denise ans l’appartement étroit de Valentine, un peu moins à l’étroit chez Paul mais ce n’est pas ça qui lui conviendrait. L’écriture est déroutante, serrée, c’est avec une grande précision et un peu de poésie qu’il raconte l’histoire d’amour de Denise qui s’est carrément « entichée de Paul » (nous dit l’éditeur) mais elle se montre joyeuse malgré la promiscuité et la solitude de la journée. Du côté du lecteur, il faut s’accrocher, le roman est court mais complexe, dense, intense. Et pour décompresser, une bonne idée : un long weekend au Ventoux, des balades dans la nature, pas de voitures, pas de frayeurs pour la chienne, une escapade à deux, le grand air, le bonheur ! … ? Non, le drame : j’ai terminé ce roman en larmes… Oui Denise au Ventoux est un roman difficile à lire, à appréhender, mais c’est un beau roman, sincère… et cruel. Je suis plutôt chat mais j’aime aussi les chiens, surtout les gros chiens, je les aime assez pour ne pas faire subir à un chien l’enfermement en appartement et la solitude.

Un roman paru en janvier et lu début juin (oui, je sais, je suis en retard dans mes notes de lecture…) pour le challenge Rentrée littéraire janvier 2017.

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Cœur de bois d’Henri Meunier et Régis Lejonc

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, 2016, 34 pages, 19 €, ISBN 978-2-970106-89-0.

Genres : album illustré, conte.

Henri Meunier, né en 1972 à Suresnes, vit à Londres. Étudiant en Arts plastiques puis travailleur social à Bordeaux, il est écrivain, plutôt pour la jeunesse. Du même auteur chez Notari : les albums La mer et lui, La rue qui ne se traverse pas également illustrés par Régis Lejonc.

Régis Lejonc, né en 1967 à Suresnes, a grandi à Annecy, vit et travaille à Bordeaux. Il est illustrateur pour plusieurs éditeurs. Plus d’infos sur sa page FB.

C’est l’hiver, janvier est froid. Aurore, la quarantaine, se prépare pour sortir. « Elle s’apprécia une dernière fois dans le miroir. ‘La plus belle, c’est moi. Et merde à Blanche Neige !’, gloussa-t-elle. » (p. 5). En partant, elle s’arrête à la boulangerie et achète une galette des rois. Aurore pense à ses enfants, aux prochaines vacances, c’est une femme heureuse. En fait, elle va rendre visite à un vieillard qui vit seul dans une chaumière perdue en pleine forêt. « […] un pavillon de chasse délabré. Le fantôme d’une superbe passée. » (p. 9). Vous serez surpris de découvrir le vieillard impotent !

C’est la troisième fois que je lis cet album ! En numérique d’abord, en papier ensuite (un bel album, grand format, superbe ambiance réaliste, feutrée, mystérieuse) et de nouveau en numérique parce que je veux en parler sur le blog. Et je remercie les éditions Notari de me l’avoir envoyé en numérique.

Les images en aquarelle sont magnifiques, elles ressemblent à des gravures, mais l’histoire de cet album illustré pour « les grands » est surprenante. Une histoire de grandeur d’âme, de pardon peut-être, de vie épanouie et équilibrée assurément, avec une référence à un célèbre conte.