Petits oiseaux de Yôko Ogawa

[Article archivé]

Petits oiseaux de Yôko Ogawa.

Actes Sud, septembre 2014, 269 pages, 21,80 €, ISBN 978-2-330-03438-2. Kotori (2012) est traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.

Genre : littérature japonaise.

Je remercie Oliver et Price Minister puisque j’ai reçu ce très beau roman dans le cadre de l’opération Les matchs de la rentrée littéraire 2014.

Je ne présente plus Yôko Ogawa car j’ai déjà lu La grossesse et L’annulaire.

Le monsieur aux petits oiseaux est mort… « Il vivait seul et son corps avait été découvert plusieurs jours après le décès. » (p. 9). Personne ne le connaissait vraiment… Qui contacter ? Il y a longtemps, il s’occupait du poulailler et de la volière de l’école maternelle qui était auparavant un orphelinat. Il avait découvert les oiseaux à l’âge de six ans grâce à son frère aîné. Un frère aîné qui parlait dans une langue qu’il avait inventée, le pawpaw, et que personne ne comprenait à part les oiseaux et le petit frère. « Quand ils avaient perdu leurs parents, son frère aîné avait vingt-neuf ans, lui vingt-deux. Depuis, ils avaient vécu seuls tous les deux. » (p. 45). Et pendant vingt-trois ans, les deux frères sont partis en voyage imaginaire, s’occupaient des oiseaux ou passaient leurs soirées en écoutant la radio. « Tous les chants d’oiseaux sont des chants d’amour. » (p. 65).

Le monsieur aux petits oiseaux est mort et, avec lui, c’est tout un monde qui disparaît. Une vie simple. Une époque de calme et de bonheur. Avec des choses immuables comme les sucettes de l’Aozora. Il y a beaucoup de douceur dans ce roman (l’auteur soigne ses personnages malgré la solitude qu’elle leur impose) mais aussi de la tristesse. Pourtant quel bonheur de lire ce beau roman poétique et de pouvoir s’approcher un peu de ces petits oiseaux ! « Les gens qui lisent des livres ne posent pas de questions superflues, ils sont paisibles… dit-elle sans lever les yeux. » (p. 141). Car dans Petits oiseaux, Yôko Ogawa écrit par petites touches, sensibles, délicates, et il n’y a pas le côté dérangeant de ses autres livres : je me suis laissée bercée par la vie de ses deux hommes qui ne laisseront qu’une petite trace comme deux petits oiseaux. « […] tout le monde oubliant aussitôt son existence. » (p. 215). Un très beau roman assurément, et pour l’instant le plus beau que j’aie lu de Yôko Ogawa !

Une lecture pour les challenges 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC critiques 2014-2015 (lettre O), Animaux du monde, Écrivains japonais d’hier et aujourd’hui, Petit Bac 2014 (catégorie Animal) et Tour du monde en 8 ans (Japon).