L’endormeur, 2 : Interzone de Morgan Navarro

L’endormeur, 2 : Interzone de Morgan Navarro.

Delcourt, collection Shampooing, février 2013, 200 pages, 15,95 €, ISBN 978-2-7560-2422-6.

Genres : bande dessinée, fantastique.

Morgan Navarro naît en 1975 à Grenoble mais il grandit au Sénégal puis en Bretagne. Il étudie la littérature puis l’architecture avant de se consacrer à la bande dessinée dès 1999. Il est auteur et illustrateur de bandes dessinées, et aussi scénariste pour le cinéma d’animation (OVNI, Ma vie de courgette). Plus d’infos sur son site, Plutoslo – Morgan Navarro Empire, et sur son blog Le Monde, Ma vie de réac.

L’endormeur, 1 : Château rose de Morgan Navarro.

Pearl s’est enfuie avec Samo toujours endormi et Ali Salton, auteur d’un livre sur la dangerosité des endormeurs. Merlin est perdu dans le monde dangereux des religions et il s’enfuit avec Leïla, une belle femme entreprenante. « N’ouvre jamais la porte bleue aux sept lanternes. […] Pour renverser cette réalité et nous libérer tous, tu devras avoir foi en Ali. » ( p. 96). Mais Ali Salton est un vieux fou consommateur de drogues alors peut-on lui faire confiance ?

Ce tome 2 est différent, plus sombre, plus foutraque et il m’a moins plu… Sauf dans le dernier quart où on apprend des choses sur Merlin, sa mère (Alma) et sur son père. Bon, je lirai peut-être le tome 3 si je le trouve à la bibliothèque…

Une lecture pour La BD de la semaine (semaine de reprise après la pause estivale) et pour les challenges bandes dessinées : BD 2018-2019, Un max de BD en 2018 et pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire et Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été).

Pour La BD de la semaine : les autres liens chez Moka.

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L’endormeur, 1 : Château rose de Morgan Navarro

L’endormeur, 1 : Château rose de Morgan Navarro.

Delcourt, collection Shampooing, août 2012, 192 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-7560-1678-8.

Genres : bande dessinée, fantastique.

Morgan Navarro naît en 1975 à Grenoble mais il grandit au Sénégal puis en Bretagne. Il étudie la littérature puis l’architecture avant de se consacrer à la bande dessinée dès 1999. Il est auteur et illustrateur de bandes dessinées, et aussi scénariste pour le cinéma d’animation (OVNI, Ma vie de courgette). Plus d’infos sur son site, Plutoslo – Morgan Navarro Empire, et sur son blog Le Monde, Ma vie de réac.

Comme tous les matins, Merlin se rend au bureau mais, depuis trois semaines, il est épuisé, son fils, Samo, un nourrisson, ne dort pas et pleure toute la nuit. Beaucoup de parents font appel à un endormeur mais Merlin s’y refuse. « On y a pensé mais j’veux pas… Ça me fait peur ! » (p. 19). L’endormeur est un homme étrange qui endort les bébés comme par enchantement et vient les réveiller le lendemain matin : peut-être qu’il n’y a aucun danger. La maman de Samo, Pearl, travaille de nuit et Merlin n’en peut plus alors il appelle l’endormeur. Ah… enfin, une nuit paisible ! Mais le lendemain matin, Samo ne se réveille pas et, à l’adresse indiquée sur la brochure, Merlin trouve l’endormeur poignardé ! Et un miroir qui le fait passer… « de l’autre côté », dans un monde médiéval vraiment bizarre. Est-ce un rêve ? « Ah mais oui !… C’est un rêve, bien sûr ! Je suis en train de rêver ! Génial ! » (p. 139).

Un premier tome intrigant dans le monde du rêve et de l’imaginaire dans lequel Merlin commence à avoir une vague idée de ce que font les endormeurs… Monde médiéval, contes de fées revisités, fantastique, basculement dans la science-fiction, que de surprises, ce premier tome poétique et complètement barré (qui est aussi une réflexion sur l’art difficile d’être parent) a tout pour plaire et j’ai hâte de lire le tome 2, Interzone !

J’avais déjà aperçu en librairie (ou peut-être à la bibliothèque) des couvertures de Morgan Navarro (Flip chez Bréal Jeunesse par exemple) mais je ne connaissais pas l’œuvre de cet auteur et c’est la première fois que je lis une de ses bandes dessinées. Ravie de la découverte !

Une lecture pour La BD de la semaine et pour les challenges bandes dessinées : BD 2018-2019 (billet à venir), Un max de BD en 2018 et pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie couleur pour rose) et Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été).

Sérum de Pedrosa et Gaignard

Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard.

Delcourt, Hors collection, octobre 2017, 160 pages, 18,95 €, ISBN 978-2-7560-6591-5.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Cyril Pedrosa naît le 22 novembre 1972 à Poitiers. Il étudie à l’École des Gobelins puis se consacre à la bande dessinée. Du même auteur : Ring Circus (4 tomes entre 1998 et 2004), Les aventures spatio-temporelles de Shaolin Moussaka (3 tomes entre 2004 et 2006), Les cœurs solitaires (2006), Trois ombres (2007), Paroles sans papiers (2007), Brigade fantôme (2 tomes entre 2007 et 2009), Premières fois (2008), Autobio (2 tomes entre 2008 et 2009), Portugal (2011), Les équinoxes (2015).

Nicolas Gaignard naît le 1er août 1973 au Mans. Il étudie les Arts graphiques et les Beaux-Arts. Il travaille à Paris dans le cinéma d’animation et Sérum est la première bande dessinée qu’il illustre.

Paris 2050. Kader est contrôleur du parc éolien pour Éolia ; il vit dans la zone de transit, porte un bracelet d’identification ; est séparé de son épouse, Heike, et voit très peu leur fille, Lucy. La Ve république a été remplacée par l’Union nationale et le le mot d’ordre du nouveau gouvernement est transparence mais, dans cette société soi-disant démocratique, plutôt totalitaire, les retraités et les handicapés travaillent, la population est rationnée et surveillée et un couvre-feu instauré. Depuis quelques semaines, le logo d’une organisation clandestine, ARV, apparaît sur des murs ou des piliers. Kader a-t-il un lien avec les membres de cette organisation ? Il y a quatre ans, il a reçu une substance, la zanédrine, et il est obligé de toujours dire la vérité ce qui n’est pas du tout facile à vivre. « Et moi je vous réponds. Je réponds aux questions de tout le monde d’ailleurs. Avec ce putain de sérum, je suis devenu tellement transparent que je n’existe même plus. » (p. 85).

Vu chez Mo en novembre dernier et bien sûr en librairie, j’avais très envie de lire cette bande dessinée et j’ai bien fait ! Cette dystopie (*) cynique et déprimante fait froid dans le dos et le lecteur se demande horrifié si un tel régime pourrait s’installer dans notre pays dans si peu de temps… Politiques qui mentent, corruption, pollution, contrôle médical accru, surveillance, censure, rationnement, etc. Pour certaines choses, on y est déjà et pour d’autres on y est presque, il suffit de pas grand chose… Comme le dit l’éditeur, le trait de Nicolas Gaignard est élégant, d’une élégance sobre, froide, terne dit Mo, qui sied merveilleusement bien au sombre scénario de Cyril Pedrosa qui m’a bien surprise car j’avais lu Trois ombres qui est totalement différent. Si vous aimez les histoires d’anticipation ou si vous êtes simplement curieux, je vous conseille cette bande dessinée qui fait réfléchir à un possible avenir pas très avenant mais plausible.

(*) Dystopie : récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. […] L’impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d’anticipation sociale décrivant un avenir sombre. (source Wikipédia)

Pour La BD de la semaine, les challenges BD, Littérature de l’imaginaire et Petit Bac 2018 (titre mot unique).

Le journal des chats de Junji Itô

Le journal des chats de Junji Itô.

Delcourt, collection Seinen de Delcourt/Tonkam, octobre 2015, 116 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-7560-7344-6. Ito Junji no neko nikki Yon & 伊藤潤二の猫日記よん&むー (2015) est traduit du japonais par Jacques Lalloz.

Genres : manga, horreur.

Junji ITÔ naît le 13 juillet 1963 à Gifu (Japon). Il dessine dès l’enfance et, dans les années 80, alors qu’il travaille comme dentiste, il publie son premier manga Tomie 富江 (1987) que j’ai lu en 1999. D’autres histoires d’horreur suivront : Spirale, Gyo, Le mystère de la chair, La femme limace, etc. parues en français chez Tonkam entre 2002 et 2014 (j’en ai lu plusieurs).

Juju a acheté une petite maison neuve il y a un an. Sa fiancée, A, vient de le rejoindre et elle veut ramener son chat Yon, un matou blanc avec des taches noires et une queue tigrée. Pour tenir compagnie à Yon, A décide de prendre en plus un chaton norvégien, Mû. Juju n’ose rien dire mais il trouve que Yon a « une tête maléfique » (p. 6) et puis il préfère les chiens… En tout cas, avoir deux chats à la maison, ce n’est pas facile pour Juju, d’autant plus qu’en tant que mangaka, il travaille souvent toute la la nuit et il a parfois des hallucinations. Mais est-ce vraiment des hallucinations ?

Il y a un genre qui s’appelle le « ero guro » (pour l’érotique gore), eh bien je dirais que ce manga (autobiographique) est du « neko guro » ! Un récit horrifique exagéré avec des chats qui sont très bien dessinés (mais attention, on est loin de Chi, Plum et autres chats de manga pour la jeunesse !). Par contre les personnages ont des visages blafards ou horrifiés et, en ce qui concerne A, elle a pratiquement toujours les yeux blancs ce qui lui donne un air… inquiétant ! Les différentes histoires sont entrecoupées par des questions à Maître Ito, sur sa vie, son travail ; et il y a des photos de Yon et de Mû puisque les deux chats existent vraiment. Quand un des maîtres de l’horreur veut fait rire ses lecteurs, voici ce que ça donne : un manga mi-horreur mi-comique, et donc insolite et totalement réussi !

Pour le challenge BD et La BD de la semaine (après Madame, l’année du chat de Nancy Peña mercredi dernier, on reste dans les chats, ah ah ah !).