Umbrella Academy 1 – La suite apocalyptique de Way, Bá et Stewart

Umbrella Academy 1 – La suite apocalyptique de Gerard Way, Gabriel Bá et Dave Stewart.

Delcourt, collection Contrebande, février 2019, 224 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-41301-974-9. The Umbrella Academy – Apocalypse Suite n° 1 – 6 (2008) est traduit de l’américain par Jérôme Wicky.

Genres : comics (bande dessinée états-unienne), fantastique, science-fiction.

Gerard Way naît le 9 avril 1977 à Summit (New Jersey, États-Unis). Il est cofondateur et leader du groupe rock alternatif My Chemical Romance de 2001-2013 (le groupe revient en 2019). Musicien donc mais aussi scénariste de bandes dessinées depuis l’âge de 16 ans. Il est marié, a une fille et est végétarien. Umbrella Academy reçoit en 2008 le Prix Eisner et le Prix Harvey. Du même auteur : Killjoys, la vraie vie des fabuleux (2013-2014).

Gabriel Bá naît le 5 juin 1976 à São Paulo (Brésil). Il est dessinateur et crée en 2010 la bande dessinée Daytripper avec son frère jumeau, Fábio Moon.

Dave Stewart est coloriste de comics et travaille particulièrement pour DC Comics, Marvel Comics et Dark Horse (il reçoit de nombreux Prix Eisner, Harvey, Eagle depuis 2003).

« 43 enfants extraordinaires naquirent… mis au monde, aux quatre coins du globe, par des femmes, souvent célibataires, qui n’avaient présenté nul signe de grossesse. Les enfants furent abandonnés ou placés à l’orphelinat… les survivants du moins » (p. 8). Sir Reginald Hargreeves, « illustre scientifique et entrepreneur richissime » (p. 9) surnommé « Le Monocle », en adopte 7 dans l’espoir de sauver le monde car ces enfants ont des « facultés hors du commun ».

Dix ans plus tard, à Paris. La Tour Eiffel est devenue folle ! (1er chapitre). Ce qui m’a fait rire : le policier au bas de la Tour Eiffel a un képi militaire et ressemble au Général de Gaulle et le Français qui est à ses côtés a une grosse moustache et un béret (ah ah, même moi qui n’habite pas à Paris et qui n’y ai mis les pieds que deux fois, je rigole bien !).

Vingt ans plus tard, Sir Reginald Hargreeves meurt, laissant les 7 aux bons soins du Dr Pogo (un chimpanzé), d’Abhijat (son garde du corps) et de madame Hargreeves (un robot qui a servi de mère aux enfants) qui, séparés, se retrouvent de façon chaotique… Du moins, pas tous car Vanya passe une audition au violon pour jouer La suite apocalyptique avec l’orchestre Verdammten. « […] sur ce que j’ai vu dans le futur… Le monde sera détruit trois jours après la mort de Hargreeves ! Le temps presse. » (p. 50).

C’est que Terminal veut détruire le monde. « Mesdames et messieurs ! Depuis des années l’homme cherche la réponse à une seul question : comment exterminer sans raison des milliards de gens en un clin d’œil ? Il y eut tout d’abord l’invention de la mitrailleuse… suivie par la chambre à gaz… et enfin, mon chouchou, la bombe atomique. Pacotille que tout cela. Ce soir, mes amis, nous faisons d’un rêve, une réalité ! » (p. 97). Heureusement que l’inspecteur Lupo (avec son imperméable à la Columbo), et surtout les membres de l’Académie, sont là !

La suite apocalyptique est la première série de Umbrella Academy (6 épisodes parus aux États-Unis entre septembre 2007 et février 2008) avant la publication en intégrale chez Dark Horse Comics (2008) et reçoit le Prix Eisner de la meilleure série limited series (c’est-à-dire une série avec un nombre de numéros limités, ici 6).

En début de volume, il y a une préface de Grant Morrison (scénariste de bandes dessinées et musicien entre autres). En fin de volume, il y a deux histoires courtes bonus et deux postfaces, une de Scott Allie (éditeur et scénariste de comics) et une de Gerard Way. Plus des commentaires de Gerard Way et des dessins inédits de Gabriel Bá.

Les 7 (5 garçons et 2 filles). Numéro 1, c’est Luther surnommé SpaceBoy (l’aîné et le chef) qui vit une partie du temps sur la Lune. Numéro 2, c’est Diego surnommé Kraken, genre vieux loup de mer qui possède un mini sous-marin, le Castillo. Numéro 3, c’est Allison surnommée Rumeur (elle est la seule à s’être mariée et à avoir eu un enfant, une fille Claire, mais elle est divorcée). Numéro 4, c’est Klaus surnommé Séance, il est télékinésiste. Numéro 5, c’est n° 5 (!) et il peut voyager dans le temps mais, comme il a passé 45 ans dans le futur, il est revenu à cette époque avec l’âge de 10 ans et garde cet âge pour toujours (c’est pourquoi il est aussi surnommé le Garçon) alors que les autres ont plus de 30 ans. Numéro 6, c’est Ben surnommé Horreur car il a des tentacules (mais il serait mort, il y a une statue en son hommage dans le jardin). Numéro 7, c’est Vanya surnommée Viole blanche car elle joue du violon mais elle a des pouvoirs maléfiques que Sir Reginald Hargreeves a refoulé dès son enfance. Ils ont chacun leur look, leur caractère et leurs particularités (leurs défauts aussi).

Totalement déjantée, cette bande dessinée résolument fantastique (pouvoirs surnaturels, êtres bizarres…) et science-fiction (rayons laser, voyage dans le temps…) est tout bonnement géniale ! Pourtant je n’ai pas l’habitude de lire des comics (c’est d’ailleurs le seul de l’année que j’ai lu). Et je veux absolument lire la suite ! Umbrella Academy – Dallas (6 épisodes parus entre novembre 2008 et avril 2009) mettant en scène le président Kennedy et Umbrella Academy – Hôtel Oblivion (6 épisodes parus entre octobre 2018 et juin 2019) mettant en scène les malfaiteurs enfermés dans l’Oblivion par Sir Reginald Hargreeves, également parus en intégrale chez Delcourt. Apparemment une quatrième série est en cours (2020). La BD est adaptée en série télévisée en 2019 (bande annonce ci-dessous) et diffusée sur Netflix que je n’ai pas mais j’espère voir cette série un jour !

Pour les challenges Animaux du monde #3 (pour le Dr Pogo chimpanzé, mon personnage préféré avec n° 5), BD, Challenge du confinement (case Comics), Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie Objet pour Umbrella).

Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 23.

Le guide SF à l’usage des lecteurs 5 : l’uchronie

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 5 : l’uchronie par les éditions Delcourt et Soleil.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Delcourt, décembre 2020.

Après les guides SF à l’usage des lecteurs sur le space opera, l’anticipation, le steampunk et le post-apocalyptique (collaborations entre Delcourt et Soleil), voici celui sur l’uchronie.

« L’uchronie n’est originellement pas issu de la science-fiction mais c’est le genre dans lequel il s’autorise les récits les plus fous. » (p. 2).

Après les références de l’uchronie dans les séries, films et romans, découvrez les bandes dessinées uchroniques !

Je me note La grande guerre des mondes, Le château des millions d’années et Metropolis, trois premiers tomes, et Le grand jeu, en 3 tomes.

Je voulais noter Prométhée mais lorsque j’ai vu tome 21, je me suis abstenue…

Découvrez ce livret de 9 pages en lecture sur Calameo.

 Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 13.

Le guide SF à l’usage des lecteurs 4 : le post-apocalyptique

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 4 : le post-apocalyptique par les éditions Delcourt et Soleil.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Delcourt, septembre 2020, 9 pages.

Après les guides SF à l’usage des lecteurs sur le space opera, l’anticipation et le steampunk (collaborations entre Delcourt et Soleil), voici celui sur le post-apocalyptique.

« La vie telle que vous la connaissez n’existe plus. Une catastrophe, qu’elle soit nucléaire, venue d’outre espace, pandémique, politique, économique ou écologique a détruit la civilisation à un tas de ruines et les survivants doivent trouver leurs propres solutions pour survivre. »

Comme d’habitude, les références post-apocalyptiques en films, séries et romans.

Les zombies sont sûrement ce qui est le plus connu ! Avec Walking Dead (bande dessinée – longue série – et série télévisée).

Mais il y en a d’autres à découvrir dans ce livret de 10 pages disponible sur Calameo.

 Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 13.

Porc braisé d’An Yu

Porc braisé d’An Yu.

Delcourt, collection Littérature (attention le nom et le lien ont changé, c’est maintenant, fin décembre 2020, la croisée), septembre 2020, 208 pages, 20 €, ISBN 978-2-413-03821-4. Braised Pork (2020) est traduit de l’anglais (Chine) par Carine Chichereau.

Genres : littérature chinoise, premier roman.

An Yu naît à Beijing (Chine) mais, à l’âge de 18 ans, elle part étudier à New York (États-Unis) puis s’installe à Paris (France). De retour à Beijing, elle écrit ce premier roman, Porc braisé, en anglais.

C’est lors d’un partenariat entre les éditions Delcourt et le groupe FB Hanbo(o)k Club que j’ai gagné ce livre en juillet ; j’étais super contente et je les remercie ; je l’ai reçu le 11 août et je l’ai dévoré dans la journée ! Porc braisé est paru hier donc voici ma note de lecture et je peux d’ors et déjà vous dire que c’est un coup de cœur pour moi.

Jia Jia et Chen Hang sont mariés depuis 4 ans. Au déjeuner, Chen Hang annonce à son épouse « que peut-être ce serait une bonne idée de refaire le voyage à Sanya cette année » (p. 8) puis il va prendre un bain. Jia Jia le retrouve mort dans la baignoire… Il a fait un étrange dessin. « Mon mari m’a laissé un dessin. Qui représente un homme-poisson. Une tête d’homme avec un corps semblable à celui d’un poisson. » (p. 51).

Un mois après, Jia Jia a pris ses habitudes dans le bar de Leo, de l’autre côté de sa rue, un bar de luxe. Mais elle voudrait vendre l’appartement (trop grand et trop cher à entretenir pour elle seule). Elle aimerait aussi reprendre la peinture et vendre ses toiles. Elle commence à fréquenter Leo et profite de sa liberté. Même si elle sait qu’elle boit trop (de Champagne) et se sent un peu coupable, « […] elle voulait essayer, se libérer de Chen Hang, vivre une autre vie. » (p. 59).

Jia Jia n’a plus que sa grand-mère et sa tante qui l’ont élevée après la mort de sa mère ; elle voit très peu son père qui les avait abandonnées lorsqu’elle était enfant pour vivre avec une autre femme, Xiao Fang.

Lorsque son appartement est enfin loué, Jia Jia a un revenu mensuel et décide de voyager au Tibet sur les traces de l’homme-poisson. Elle y rencontre Ren Qi, un écrivain qui recherche son épouse disparue. « Aujourd’hui, les artistes sont formatés pour rester de bons petits robots. Pas seulement les artistes peintres, les écrivains, les musiciens aussi. Les athlètes même ! Ils peignent, écrivent, jouent la même chose encore et encore. Les mêmes oiseaux et montagnes, les mêmes histoires, les mêmes personnages. » (p. 126).

Une erreur : quand l’aquarium de la tante prend feu, il est écrit « les poisons et le corail » (p. 109) au lieu de « les poissons ».

Porc braisé est le roman d’une jeune femme malheureuse. Malheureuse depuis l’enfance (père parti, mère décédée). Malheureuse en mariage (ce n’était pas le grand amour avec Chen Hang. Malheureuse dans sa vie (elle a arrêté de travailler et de peindre et restait chez elle mais elle n’a pas eu d’enfant avec Chen Hang). Ce n’est cependant pas une histoire triste parce que Jia Jia reste optimiste (elle fait preuve de résilience et veut reconstruire sa vie) ; elle va de l’avant quoi qu’il arrive. Et lorsqu’elle part au Tibet, il y a un côté un peu… Je dirais plutôt magique que fantastique (avec le monde de l’eau). D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé que cette romancière chinoise emmène son personnage féminin au Tibet, à la découverte des populations locales et de leurs traditions, ce qui va bouleverser sa vie. Un très beau roman de cette rentrée littéraire à découvrir avec une belle couverture bleue et une nouvelle autrice à suivre !

Je mets cette lecture de la rentrée 2020 en bonus dans le Challenge de l’été (Chine).

Infection 1 de Tôru Oikawa

Infection 1 de Tôru Oikawa.

Delcourt-Tonkam, janvier 2018, 192 pages, 7,99 €, ISBN 978-2-7560-9902-6. インフェクション (2016, Kôdansha) est traduit du japonais par Maxime Bonnet.

Genres : manga, seinen, horreur.

Tôru OIKAWA 及川 徹 naît en 1950 dans la province d’Iwate.

Haruki Amamiya, Yuzuru Takagi, Tsuyoshi Kojima, Chika Kisaragi (surnommée Ragi, la grande sœur), Kasumi Masuda (surnommée la déléguée), Satsuki Samidare (dont Amamiya est amoureux) et leurs camarades de classe sont les personnages principaux de ce roman. Ils sont insouciants car « Le lycée c’est de la jeunesse, des activités de club… et du flirt ! ».

À cause d’une blague, Amamiya est enfermé dans la réserve, normalement avec Samidare, mais en fait avec Kirara Isonami qui est insupportable. Mais, longtemps après que ça ait sonné, ils sont toujours enfermés et ils n’entendent aucun bruit alors qu’il y a le terrain de sport… « Mais le jour suivant… personne n’est venu ouvrir la porte non plus. ».

Au bout de trois jours, lorsqu’ils trouvent enfin une sortie (une fenêtre à ras du sol), ils découvrent l’horreur dans le lycée ! Mais il y a quelques survivants qui les emmènent avec eux dans le gymnase. Il y a des morts vivants infestés de vers et qui se nourrissent de chair humaine.

« Sendai a été mise en quarantaine pour empêcher que cette épidémie inconnue se propage. ».

On est dans une histoire de zombies, classique, les vers en plus, et le ecchi (pervers, indécent, lubrique) en plus. Mais si la série en est au tome 8 en France, elle est encore en cours au Japon avec déjà… 18 tomes ! C’est vraiment trop pour moi mais je suis contente d’avoir pu lire ce premier tome, même si le genre ecchi ne m’attire pas du tout. Je conseille ce manga aux jeunes adultes qui aiment les zombies et l’érotisme.

Pour La BD de la semaine (qui est cependant encore en vacances) et les challenges BD (j’attends des infos pour la nouvelle édition) et Littérature de l’imaginaire #8.

 

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 3 : le steampunk

Après Le guide SF à l’usage des lecteurs, 1 : le space opera et Le guide SF à l’usage des lecteurs, 2 : l’anticipation, voici Le guide SF à l’usage des lecteurs, 3 : le steampunk.

Soleil, juin 2020.

Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction que j’apprécie particulièrement depuis que j’ai vu Le château dans le ciel (1986), Steamboy (2004) et Le château ambulant (2004). Les histoires steampunk se déroulent au siècle de la vapeur (steam) et en général dans l’Angleterre victorienne mais pas toujours (récemment, j’ai présenté Le réseau Bombyce 1 de Cécil & Corbeyran, une bande dessinée steampunk qui se déroule à Bordeaux). Le lecteur est donc dans un monde rétro-futuriste qui lie de façon souvent très esthétique passé et futur.

Le livret (de 9 pages) donne des références de romans, de films, de séries et de jeux vidéo puis présente des bandes dessinées steampunk parues chez Soleil et chez Delcourt. Il est consultable librement sur Calaméo.

Pour La BD de la semaine. Plus de BD de la semaine chez Noukette (et La BD de la semaine est en vacances jusqu’au 2 septembre).

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 2 : l’anticipation

En novembre l’année dernière, j’avais lu avec intérêt Le guide SF à l’usage des lecteurs, 1 : le space opera. Eh bien, voici Le guide SF à l’usage des lecteurs, 2 : l’anticipation.

Soleil, février 2020.

L’anticipation est un sous-genre de la science-fiction, et même précurseur de la science-fiction (avec Jules Verne par exemple). Les romans ou nouvelles d’anticipation se déroulent dans le futur (proche ou plus lointain) et ce peut être des dystopies (ex. 1984 de George Orwell) ou des utopies (ex. L’île d’Aldous Huxley) avec soit un pouvoir totalitaire soit un monde qui paraît irréalisable.

Le livret (de 8 pages) donne quelques références littéraires et cinématographiques puis présente des bandes dessinées d’anticipation parues chez Soleil et chez Delcourt. Il est consultable librement sur Calaméo.

Pour La BD de la semaine. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

La malle Sanderson de Jean-Claude Götting

La malle Sanderson de Jean-Claude Götting.

Delcourt, collection Mirages, août 2004, 114 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-84789-324-3.

Genre : bande dessinée française.

Jean-Claude Götting naît le 21 avril 1963 à Paris. Après des études aux Arts Appliqués Duperré à Paris, il devient auteur et dessinateur de bande dessinée ; il est aussi peintre, illustrateur et a même réalisé un court-métrage d’animation (Tapas nocturnes, en 2017). Plus d’infos sur son site officiel, https://www.gotting.fr/.

Bande dessinée vue récemment sur le blog de Violette, Doucettement, j’ai été attirée par le thème et les dessins et j’ai voulu moi aussi lire cette BD : elle était disponible à la médiathèque, parfait !

Marc Sanderson est un grand illusionniste et mentaliste. Invité à une soirée mondaine, il rencontre Marie, une jeune femme mariée avec qui il a une aventure. Mais pour l’instant, il pense à un nouveau tour, une adaptation de la malle de De Vere, « une évasion au-dessus du vide… » (p. 60). Et il doit, de toute façon, partir pour son nouveau spectacle à Broadway à New York. Mais la vie joue parfois des tours qui ne sont pas préparés…

Je suis ravie de découvrir cet auteur ! J’ai vraiment apprécié son histoire intrigante (années 30, je pense) et son noir et blanc sombre et gras (Violette dit « épais »). J’ai d’ailleurs réservé Watertown, BD parue chez Casterman en 2016 et je vois qu’il y a d’autres titres de cet auteur, à suivre donc !

Une belle lecture pour La BD de la semaine et pour les challenges BD et Petit Bac 2020 (pour la catégorie Personne célèbre, réelle ou imaginaire, avec Sanderson).

Plus de BD de la semaine chez… (lien à venir).

Le guide SF à l’usage des lecteurs : le space opera

Le guide SF à l’usage des lecteurs, 1 : le space opera par les éditions Soleil.

Genres : bande dessinée, science-fiction.

Soleil, novembre 2019.

Un guide pour découvrir le space opera, un sous-genre de la science-fiction. Son contenu : qu’est-ce que le space opera ? Quelles sont les références cinématographiques (films, séries) et littéraires (romans) ? Et quelles sont les bandes dessinées parues chez Soleil et Delcourt à lire ?

Un livret de 6 pages, court donc, et pas exhaustif, mais qui donne quelques pistes pour découvrir le space opera. Il est consultable librement sur Calaméo.

C’est un n° 1 donc d’autres guides SF devraient suivre.

À découvrir pour lire d’autres BD de la semaine ! D’ailleurs, plus de BD de la semaine chez Noukette.

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou.

Delcourt, collection Terres de légendes, avril 2018, 176 pages, 22,95 €, ISBN 978-2-7560-6231-0.

Genres : bande dessinée, fantastique (mais pas que).

David Chauvel est au scénario. Il naît le 18 décembre 1969 à Rennes. Il étudie le commerce international mais, devant le chômage, il se lance dans la bande dessinée au début des années 90 : Rails, Black Mary, Les enragés, Nuit noire, Lunatiks, Ring circus, entre autres.

Alex Kosakowski est au dessin. Il vit en Californie, il est artiste dans le jeu vidéo. La route de Tibilissi est la première bande dessinée pour laquelle il collabore au dessin. Son œuvre sur https://alexkosakowski.com/.

Lou est à la couleur. C’est rare que le nom du (ou de la) coloriste soit mentionné sur une couverture (il l’est habituellement sur la page de titre à l’intérieur). Son vrai nom est Simon Canthelou : autodidacte (mais fils de Christian Darasse, auteur de BD), il est graphiste, dessinateur, coloriste et scénariste.

Une famille, à pieds dans la neige, fuit devant des hommes à cheval. La mère puis le père sont touchés par des flèches. Jake reçoit la hache du père mourant qui leur conjure de se rendre à Tibilissi. Les deux frères, Jake l’adolescent et Oto le plus jeune, se sauvent dans la forêt et dans la neige ; ils ont peur, ils ont faim, ils ont froid et la tempête faire rage. Le lendemain, comme ils ne sont pas équipés pour survivre, l’aîné décide de retourner dans leur village de Tchintaïchi pour prendre des vêtements et de la nourriture. Tout est détruit et brûlé mais ils retrouvent Doubi, une bestiole à fourrure (mais de quelle espèce ?) et Trois-Trois, un robot rafistolé. « Par les temps qui courent… Quand le frère ne reconnaît plus le frère… Quand le voisin assassine le voisin… On ne sait plus ni à quoi ni à qui se fier. » (p. 65). Jake et Oto rencontrent une vieille femme puis des voyageurs, hommes, femmes, enfants, qui, eux aussi, fuient la guerre. Mais peut-on faire confiance à des inconnus ? « Il n’y a pas de paix. Il n’y a plus de sécurité nulle part. Nous avons réussi à leur échapper, mais c’est avant tout parce que nous avons eu de la chance. » (p. 107).

La route de Tibilissi est une bande dessinée choc sur l’enfance bousillée dans un pays en guerre : lequel et à quelle époque exactement, on ne sait pas trop, on pense à l’Europe de l’Est (influencé sûrement par Tbilissi mais ici c’est Tibilissi donc ailleurs), mais ce qui arrive peut arriver dans tous les pays et à toutes les périodes. Les deux créatures ne collent pas à cette époque qu’on pense plutôt médiévale mais elles correspondent à la fantasy (pour Doubi) et à la science-fiction (pour Trois-Trois). On a donc ici une bande dessinée fusion et j’aime le mystère et la créativité ! D’ailleurs Alex Kosakowski a un style particulier, pas vraiment américain (comics) mais pas européen non plus, c’est un mélange de plusieurs influences ce qui est une belle réussite ; les couleurs, les personnages et les paysages sont beaux malgré l’horreur de la guerre et de la fuite en étant poursuivis par des ennemis. Le lecteur est en cavale avec Jake et Oto, il a froid, il est sur le qui-vive, en perpétuel danger et il ne sait pas trop où il va : quelqu’un sait où est Tibilissi ? De plus, Oto ne se sépare jamais de son livre et il y a de nombreux clins d’œil aux contes comme la vieille femme qui ressemble à une Baba Yaga. Et surtout la fin est étonnante !

Après plusieurs semaines chaotiques (sans lecture de bandes dessinées), voici enfin une bande dessinée pour La BD de la semaine ! Que je mets aussi dans les challenges BD, le tout nouveau Jeunesse Young Adult #9 et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7. J’aimerais bien aussi dans Contes et légendes mais cette BD entre-t-elle dans la piste « Contes de montagnes » : je pense que oui car elle se déroule quand même en forêt enneigée montagneuse (on voit des montagnes, des vallées et des précipices).

Plus de BD de la semaine chez Moka.