Journal de L. de Christophe Tison

Journal de L. (1947-1952) de Christophe Tison.

Goutte d’Or, août 2019, 280 pages, ISBN 979-1-09690-616-1.

Genres : littérature française, journal.

Christophe Tison naît en 1961 à Amiens. Il étudie la philosophie à la Sorbonne puis devient journaliste et écrivain (depuis 2004).

Ce roman est inspiré de Lolita de Vladimir Nabokov (publié en 1955) qui est la confession de Humbert Humbert, un Anglais, en prison, mais Journal de L. donne la parole à l’adolescente : Dolores Haze, plus connue sous le surnom de Lolita. En août 1947, elle a 12 ans et son beau-père, Humbert Humbert, lui annonce que sa mère est morte fauchée en pleine rue et la kidnappe. Ils vont rouler dans la voiture de la défunte et traverser une partie des États-Unis. « Oh ! Maman. C’est un rêve, non ? Un de ces rêves qui tournent au cauchemar. » (p. 20). L’horrible bonhomme va abuser d’elle dès la première nuit. « Il est le diable et m’emmène avec lui. » (p. 21). Lorsque Humbert décide de s’arrêter à Beardsley en septembre 1948, il la fait entrer au collège mais Lolita, brisée, cassée, peine à se faire des amis. « Oh, je voudrais tellement qu’ils m’aiment ! » (p. 102). Elle tombe amoureuse de Stan mais… « Premier amour, premier chagrin. Comme ça a été vite ! » (p. 142). Elle va réussir à s’enfuir : descente aux enfers, alcool, drogue, films pornographiques… « Mais le plus important pour moi est de rester en vie. » (p. 227). Elle restera en vie jusqu’en 1952…

Pauvre gamine ! Dans cette Amérique puritaine d’après-guerre, il y a un homme qui voyage seule avec une gamine de 12 ans. Son père ? Son beau-père ? Un oncle ? Personne ne voit rien, personne ne remarque rien, personne ne se pose de questions… Pourtant partout où ils s’arrêtent, l’homme ne prend qu’une seule chambre. Humbert Humbert en a fait une adolescente sulfureuse, c’était son idée à lui, son idée de prédateur, de pédophile et de violeur. Cette histoire est sordide et je n’avais déjà pas pu lire Lolita de Nabokov. J’ai lu ce « journal » sans déplaisir mais aussi sans plaisir bien que le style soit agréable (et fluide comme on dit). Bien sûr Christophe Tison a mis de lui, de son expérience, dans ce Journal de L mais je n’ai pas réussi à apprécier parce que c’est cru, c’est glaçant, c’est dérangeant et traumatisant… Ces hommes-là, il faut simplement leur couper les c…….

Je découvre quand même les éditions Goutte d’Or et je regarderai si d’autres titres m’intéressent chez cet éditeur qui existe apparemment depuis 3 ans.

Un roman pour le 1 % Rentrée littéraire 2019.