Raven & l’ours 2 de Bianca Pinheiro

Raven & l’ours 2 de Bianca Pinheiro.

La boîte à bulles, juin 2018, 80 pages, 16 €, ISBN 978-2-84953-309-3. Bear 2 (2018) est traduit du portugais (Brésil) par Catherine Barre et Vincent Henry.

Genre : bande dessinée brésilienne.

Bianca Pinheiro naît le 21 septembre 1987 à Rio de Janeiro (Brésil). Elle étudie les arts graphiques à l’Université technologique fédérale du Paraná et commence à publier en 2012 (webcomics). Deux autres tomes sont parus au Brésil (2015 et 2016) ainsi que d’autres titres comme Dora, Mônica, etc. Plus d’infos sur son site officiel, sur son Instagram et sur le site officiel de Bear.

Lien vers le tome 1.

Nous suivons toujours Raven, la fillette qui cherche ses parents, et son ami, l’ours Dimas. Ils ont réussi à quitter la Cité des Énigmes mais le Grand roi G n’est pas prêt à perdre le pouvoir… « Tout un monde de méchanceté m’attend. » (p. 13). Après un bon repas dans le nouveau bar de Dame Pivara (une capivara), Raven et Dimas arrivent à Métodica. Mais cette ville n’est peuplée que d’enfants ; en deux semaines, les adultes sont tous redevenus des enfants suite à un sort. D’ailleurs Dimas se transforme rapidement en ourson (tout mignon mais tout aussi bougon que le Dimas adulte) et s’enfuit pour retrouver ses parents ! Le Grand roi G est également arrivé à Métodica, avec Zink le cosplayer de Lelda de son vrai nom Auguste (clin d’œil au jeu vidéo Zelda, comme dans le premier tome).

Et un petit groupe d’enfants fait la loi, en particulier Cadou qui a pris le poste de commissaire de son père et qui n’apprécie pas du tout les nouveaux venus. « Des étrangers partout ! La ville est pleine d’étrangers ! Mon père m’a toujours dit qu’ils posaient des problèmes. » (p. 29). Heureusement Raven rencontre Mélie, Nico et Lari, puis Douda, des enfants plus responsables. Parce que les adultes-enfants sont encore plus terribles que les enfants-enfants (vous suivez ?). La princesse Lia (clin d’œil à Star Wars) peut-elle les aider à contrer le sort ?

C’est toujours coloré, drôle, avec des clins d’œil (j’en ai cité deux ci-dessus mais peut-être qu’il y en a d’autres, liés à la culture brésilienne que je n’ai pas vus), et les thèmes abordés sur l’enfance et la relation parents-enfants sont à la fois touchants et dramatiques. En fin de volume, des bonus (story-bord, crayonnés, dessins…). Raven retrouvera-t-elle ses parents ? Le tome 3 est paru en mars 2021 et je le lirai dès que possible.

Une chouette suite pour La BD de la semaine, BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 16, un livre d’une autrice sud-américaine, 2e billet), Des histoires et des bulles (catégorie 8, une BD d’une femme comme scénariste, dessinatrice, coloriste), Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts. Plus de BD de la semaine chez Noukette.

Raven & l’ours 1 de Bianca Pinheiro

Raven & l’ours 1 de Bianca Pinheiro.

La boîte à bulles, juin 2017, 64 pages, 14 €, ISBN 978-2-84953-284-3. Bear (2014) est traduit du portugais (Brésil) par A. Blanzat, V. Henry et D. Pennaneac’h.

Genre : bande dessinée brésilienne.

Bianca Pinheiro naît le 21 septembre 1987 à Rio de Janeiro (Brésil). Elle étudie les arts graphiques à l’Université technologique fédérale du Paraná et commence à publier en 2012 (webcomics). Deux autres tomes sont parus au Brésil (2015 et 2016) ainsi que d’autres titres comme Dora, Mônica, etc. Plus d’infos sur son site officiel, sur son Instagram et sur le site officiel de Bear.

Raven a perdu ses parents et elle les cherche mais elle réveille un ours. « Petite, tu ne peux pas entrer comme ça dans la caverne d’un ours, réveiller cet ours et l’assaillir de questions ! ». Cependant, lorsque l’ours, Dimas, se rend compte que la fillette est toute seule, il décide de l’aider. Elle lui dessine ses parents et l’ours voit le dessin bouger ! C’est que Raven a un don.

Ils vont donc chercher les parents de Raven, du moins quand ils arrêteront de se disputer. « Je ne suis pas petite ! Et moi, je ne suis pas gros ! ». Et ils partent avec chacun un sac à dos à sa taille. En route, ils rencontrent un personnage bizarre qui les conduit dans sa ville, la Cité des Énigmes. Mais il faut résoudre une énigme pour pouvoir y entrer et pour recevoir chacune des informations des habitants… « Quelle ville horripilante ! La nuit est déjà tombée et personne ne veut nous aider gratuitement ! ».

Finalement ils rencontrent Bianca, l’Oracle, ouf, mais l’histoire n’est pas terminée, loin de là !

C’est coloré et drôle. Il y a des clins d’œil par exemple à Harry Potter, à Link du jeu vidéo Zelda ou à Mario le plombier moustachu ! En fin de volume il y a des croquis et quelques explications car cette bande dessinée fut d’abord un feuilleton hebdomadaire en ligne mais quel plaisir de pouvoir la lire intégralement sans attendre une semaine pour chaque page ! Et j’ai hâte de lire la suite ! Le tome 2 est paru en juin 2018 et le tome 3 paraît aujourd’hui le 10 mars 2021.

Une jolie lecture pour La BD de la semaine, Animaux du monde #3 (ours), Challenge lecture 2021 (catégorie 16, un livre d’une autrice sud-américaine), BD, Jeunesse Young Adult #10 et Les textes courts. Dommage que le Mois Amérique latine soit terminé… Plus de BD de la semaine chez Moka.

Ainsi se tut Zarathoustra de Nicolas Wild

Ainsi se tut Zarathoustra de Nicolas Wild.

La boîte à bulles, mars 2013, 192 pages, 19 €, ISBN 978-2-84953-107-5.

Genres : bande dessinée française, témoignage.

Nicolas Wild naît le 1er janvier 1977 en Alsace. Il étudie à l’École des arts décoratifs de Strasbourg. En 2000, il publie Le bourreau puis voyage : États-Unis, Inde, Afghanistan d’où il revient avec Kaboul disco : tome 1. Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan (2007) et tome 2. Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan (2008).

Genève, février 2009. Le procès au tribunal criminel de Mehrab Shashlik, artiste iranien, meurtrier présumé de Cyrus Yazdani, figure du zoroastrisme. Le zoroastrisme, religion monothéiste des Perses, qui a précédé le judaïsme, le christianisme et l’islam (3 700 ans avant J.-C.) raconte le chaos, la création du Ciel et de la Terre, le feu comme symbole divin, la bataille entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, l’interdiction du sacrifice animal, et préconise le frahavar, l’homme ailé avec trois rangées de plumes : « Bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions ».

Flashback. Paris, septembre 2007. Nicolas, un jeune Français revenu d’Afghanistan, raconte son vécu sur un blog. Près du canal Saint-Martin, il rencontre des Afghans exilés en France puis fait la connaissance de Sophia, une Iranienne exilée elle aussi à Paris où elle est architecte. Le père de Sophia, Cyrus Yazdani, travaillait sur un centre culturel zoroastrien à Yazd mais il a été assassiné. Il n’y a pratiquement plus de zoroastriens en Iran… Ils vivent « principalement dans la ville de Yazd, au beau milieu du désert iranien. La ville où Cyrus a acquis un ancien palais en ruines » (extrait ci-dessous).

Mars 2008. Sophia et plusieurs de ses amis se rendent en Iran. Ils vont d’abord rendre visite à Ardéchîr Âtâsh, un ami du père de Sophia, pour célébrer Nowrouz, le nouvel an perse. Et je vous laisse découvrir l’Iran, Kashan, Ispahan, Shiraz, Persépolis, Yazd et toute une galerie de personnages, le tout avec l’humour de Nicolas Wild (par exemple, durant le procès, il y a un jeune policier qui a une houpette et qui ressemble à Tintin !).

Cyrus Yazdani, personnage de fiction, est inspiré de Kasra Vafadari (1946-2005).

Cette bande dessinée a reçu le Prix France Info 2014 de la bande dessinée d’actualité et de reportage. Avec son noir et blanc somptueux, sa tendresse envers ses personnages et sa rigueur en ce qui concerne l’Iran et le zoroastrisme, c’est-à-dire le politique et le religieux, c’est tout à fait mérité !

Une lecture à la fois instructive et divertissante pour La BD de la semaine (enfin !) et les challenges BD et Petit Bac 2020 (pour la catégorie personne célèbre avec Zarathoustra).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Kaboul disco, 2 de Nicolas Wild

[Article archivé]

Après avoir chroniqué le tome 1, Comment je ne me suis pas fait enlevé en Afghanistan, j’avais hâte de lire le tome 2 de Kaboul disco de Nicolas Wild sous-titré Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan. Nicolas, merci d’avoir prévenu de la sortie de ce tome 2 !

Il est paru avec un peu de retard, en octobre 2008, à La boîte à bulles dans la collection Contre-Cœur (ISBN 2-84953-054-2) mais comme il a plus de pages que le premier (175) et qu’il coûte moins cher (16 €), on ne râle pas trop, d’accord ?

Après une page de « résumé incompréhensible du tome 1 » où « si vous n’avez rien compris, achetez et lisez le tome 1 », le lecteur retrouve Nicolas Wild à l’été 2005 en vacances à Strasbourg dans son Alsace natale puis de retour en Afghanistan.

Avec beaucoup d’humour et de nombreux gags disséminés ici et là, Nicolas Wild continue de raconter le quotidien pas toujours facile dans un pays occupé par une force militaire étrangère et où le danger intégriste rôde, ses problèmes existentiels (un peu à la Delisle, Trondheim ou Larcenet) et ses rêves surréalistes (comme la baleine ou le barrage). Il y a aussi plus de détails sur l’histoire de l’Afghanistan (comme si l’auteur était moins tourné sur lui-même et son travail mais s’intéressait plus au pays dans lequel il vit) avec la constitution afghane ou l’émouvant témoignage de Haroun.

Troisième partie, « La guerre contre l’opium n’aura pas lieu », dans laquelle Nicolas explique avec son humour et ses doutes habituels les projets que Zendagui Média met en place pour lutter  (avec peu d’efficacité, à vrai dire) contre l’opium. Mais il y a les nouveaux collègues (c’est une équipe vraiment cosmopolite), le départ de Tristan Bougon et la concurrence de Baïkal Consulting…

Quatrième partie, « Kaboul brûle-t-il ? », mai 2006, l’affaire des caricatures (Nicolas ne porte pas de jugement), le soulèvement d’une partie de la population (qui détruit et vole tout ce qui est possible), le regain d’activité des talibans. Malgré le drame (attaque, évacuation, casse), Nicolas garde son humour et en fait un événement rocambolesque, genre course poursuite de film américain, qui heureusement pour tout le monde se termine bien. Et il n’oublie pas de rendre hommage aux voisins Afghans qui ont risqué leur vie pour les aider.

Le lecteur quitte Nicolas en juin 2006 à son pot d’adieu, à suivre donc…

À la fin de l’album, 11 pages de bonus avec les visuels de communication pour la lutte contre l’opium et les photos personnelles de l’auteur ou de l’équipe.

Un deuxième album toujours aussi drôle mais plus dense et plus intéressant au niveau historique, politique et social (femmes, enfants, handicapés) pour le lecteur qui voudra comprendre mieux l’Afghanistan.

Nicolas travaille sur un livre sur l’Iran et sur la suite de « Kaboul disco », plus d’informations sur son blog From Kabul with blog.

Kaboul disco de Nicolas Wild

[Article archivé]

Suite à l’article Les bandes dessinées sur l’Afghanistan, voici la chronique du tome 1 de Kaboul disco de Nicolas Wild sous-titré Comment je ne me suis pas fait enlever en Afghanistan. Il est paru à La Boîte à Bulles, dans la collection Contre-Cœur, en octobre 2007 (159 pages, 17,00 €, ISBN 2-84953-053-5).

Nicolas Wild est parti à Kaboul, en Aghanistan en 2005. Son travail : dessiner pour une agence de communication. Son témoignage est du même genre que ceux de Guy Delisle (Pyongyang, Shenzen, Birmanie) mais Nicolas Wild développe son propre style graphique et narratif pour faire partager au lecteur son quotidien à Kaboul et ses anecdotes au sujet du pays, des compatriotes, des militaires, de l’actualité, etc.

Intro, Paris-Ménilmontant, janvier 2005, deux pages suffisent à l’auteur pour expliquer avec humour pourquoi il est parti !

Première partie, « un hiver à Kaboul », après être resté bloqué une semaine à Bakou en Azerbaijan, son arrivée à Kaboul, l’accueil des patrons et des collègues de Zendagui Média, la découverte de la ville, des Afghans et des étrangers qui y vivent, de son nouveau lieu de travail, la constitution afghane, le froid, la nourriture, le voyage touristique dans la vallée de Bamiyan, etc. Toutes ces petites choses parfois anodines racontées avec humour et que le lecteur découvre avec délice et un amusement croissant.

Deuxième partie, « pas de printemps pour Kaboul », une boutade puisqu’un proverbe afghan dit : « Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps ». Avril 2005, renouvellement du contrat de Nicolas Wild pour 3 mois grâce à deux nouveaux projets (militaires), la lettre au Président (j’ai adoré ce passage !), le restaurant La Joie de Vivre (ils servent du Pouilly-Fuissé !), le pakol (couvre-chef de Massoud), l’arrivée de Laury White, le voyage à Hérat (est de l’Afghanistan), sans oublier les attentats, les enlèvements (on a beaucoup entendu parler de celui de l’italienne, Clémentina), anecdotes et événements toujours racontés avec humour et même tendresse.

Il y a des passages simples mais vraiment drôles comme la réceptionniste de l’hôtel à Bakou, la constitution et le chauffage, les photos d’Édouard, une rue de Kaboul à différentes heures, le pakol, les niveaux de sécurité, le prototype du bulletin de vote, le best of de Brassens, les vins du restaurant Mostar, « Intox News Channel », entre autres.

Puis c’est le retour en France, via Dubai (encore un gag mémorable) et Moscou, pour une sieste bien méritée en attendant le tome 2 (que j’ai hâte de lire !). Il s’intitulera Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan et il est annoncé pour septembre 2008.

En fin de volume, 13 pages en couleur qui présentent les 10 couvertures et des extraits de la série Les aventures de Yassin et Kâkâraouf qui explique la constitution afghane en bandes dessinées, surtout à l’usage des enfants et des analphabètes, ainsi qu’une sélection de photos prises durant le séjour de l’auteur.

Plus d’informations sur l’auteur et l’Afghanistan dans « From Kaboul with blog », le blog de Nicolas Wild sur 20six.fr et depuis avril 2008 sur blog.lemonde.fr.