Philippe Fusaro pour La cucina d’Ines

Ce soir, vendredi 31 mars, en sortant du travail à 19 heures, j’ai vite été à la librairie L’oiseau siffleur pour la soirée de parution de La cucina d’Ines, le nouveau roman de Philippe Fusaro paru à La fosse aux ours (je vous en avais parlé ici). Il est illustré par Albertine, une dessinatrice de Genève (Suisse) spécialisée dans l’illustration pour la littérature jeunesse. Plus d’infos sur http://www.albertine.ch/.

Comme je n’ai pas encore lu La cucina d’Ines, voici le résumé de l’éditeur : « Suite à une déception sentimentale, l’auteur s’installe à Lecce dans les Pouilles pour une année afin d’y écrire son nouveau roman. Il fait la connaissance d’Ines, sa voisine âgée de 90 ans, qui lui fait découvrir la cuisine de cette région. Auprès d’elle, il se remémore son enfance en Lorraine et évoque son lien à l’Italie de ses grands-parents. Avec des recettes. »

J’aime l’Italie, j’aime la gastronomie italienne : ce roman, il me le fallait ! Bien sûr, Philippe me l’a dédicacé. Et je vous en parle dès que possible (c’est que j’ai énormément de choses à lire avec les 68 premières fois, le printemps de l’imaginaire francophone, le printemps Lovecraft…). En tout cas, il y avait beaucoup de monde, un apéritif italien avec des vins italiens (et des jus de fruits) et c’était très sympa, merci Sophie et Philippe !

Alberto d’Antoine Choplin

Alberto d’Antoine Choplin.

La fosse aux ours, janvier 2017, 35 pages, ISBN 978-2-35707-098-1.

Genre : nouvelle.

Antoine Choplin, né le 31 août 1962 à Châteauroux (Indre), est romancier et poète. Il vit en Isère et participe au Festival de l’Arpenteur qui se déroule en juillet. J’ai déjà présenté récemment Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar et Radeau.

Madonna di Campiglio, une maison sous la pluie. En bas, Marie et Alberto qui dialoguent. En haut, le vieux Van Cuers, sur son lit de mort. « si Alberto pouvait venir s’asseoir ici, à côté, avec son carnet à dessin. » (p. 11). Devant la mort, l’artiste continue de dessiner. « L’art que j’apprends à pratiquer se tient-il tellement éloigné de la vie qu’il demeure incapable d’en remarquer la disparition ? » (p. 30).

Vous découvrirez comment Alberto et Van Cuers se sont rencontrés et leur quotidien artistique dans cette maison en lisant cette nouvelle d’Antoine Choplin parue pour les 20 ans de La fosse aux ours. C’est lorsque l’auteur m’a dédicacé ce petit livre que j’ai appris qu’Alberto est en fait Alberto Giacometti jeune !

Ça, c’était la bonne nouvelle du lundi, un texte agréable à lire qui montre que l’artiste est toujours à l’œuvre dans la vie et dans la mort, et une réflexion sur l’art. Et je vous invite à lire le billet de Martine, l’organisatrice de La bonne nouvelle du lundi.

Les autres bonnes nouvelles :

Jeudi de la semaine dernière, j’ai participé à une rencontre avec Antoine Choplin pour son nouveau roman (première rencontre avec des lecteurs pour son nouveau roman !), Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, rencontre animée par Philippe Fusaro, auteur et libraire, en présence de l’éditeur de La fosse aux ours, Pierre-Jean Balzan. Je vous reparle de cette rencontre bientôt car j’ai pris quelques pages de notes ! En attendant, je vous montre la dédicace que l’auteur a rédigée.

L’éditeur : La fosse aux ours a un nouveau site, tout beau et mis à jour, enfin ! Bon anniversaire !

Antoine Choplin m’a donné cette info en exclusivité (merci !). Son prochain projet est un livre sur son voyage à pied entre Pont de l’Isère et le glacier au-dessus de Val d’Isère, ce qui correspond à 300 kilomètres. Ce livre est un texte sur la marche et l’écriture et il paraîtra dans la collection Démarches de Paulsen en janvier 2018.

Philippe Fusaro sort son nouveau livre, La cucina d’Ines, à La fosse aux ours. Le résumé de l’éditeur car je n’ai pas encore lu ce livre : « Suite à une déception sentimentale, l’auteur s’installe à Lecce dans les Pouilles pour une année afin d’y écrire son nouveau roman. Il fait la connaissance d’Ines, sa voisine âgée de 90 ans, qui lui fait découvrir la cuisine de cette région. Auprès d’elle, il se remémore son enfance en Lorraine et évoque son lien à l’Italie de ses grands-parents. Avec des recettes. » et des illustrations d’Albertine, miam, ça fait envie !

Et la dernière bonne nouvelle : c’est le printemps, oui ! Et pour fêter ça, voici une photo de fleurs de cerisier prise hier à la campagne, hum, ça fait du bien la campagne !

Radeau d’Antoine Choplin

radeauchoplinRadeau d’Antoine Choplin.

La fosse aux ours, août 2003, 144 pages, 15 €, ISBN 2-912042-61-3. Le roman est sorti en poche chez Points en septembre 2013.

Genre : littérature française.

Antoine Choplin, né le 31 août 1962 à Châteauroux (Indre), est romancier et poète. Il vit en Isère et participe au Festival de l’Arpenteur qui se déroule en juillet.

1940. Le plan Hirondelle. Louis traverse la France, conduisant un des camions au chargement précieux. Celui qui devait l’accompagner n’a pas pu venir, tant pis, Louis se débrouillera seul, et puis le camion a été révisé. Les consignes : ne pas s’arrêter, ne faire monter personne. Mais, en pleine nuit, Louis voit une femme seule, qui marche au bord de la route… Il hésite, s’arrête finalement et fait monter la jeune femme, elle s’appelle Sarah, elle attend un enfant et fuit ses parents. La conversation s’engage timidement, quelques questions, et puis la confiance. « Je transporte des tableaux, Sarah. Des tableaux de peinture je veux dire, d’une valeur inestimable. Ils viennent du musée du Louvre et je suis chargé de les mettre à l’abri dans un château du Lot. » (p. 34). Mais le camion tombe en panne quelques kilomètres avant le village de Nouaille.

La première partie, 1940, est vraiment prenante, il y a une réelle intensité ; Louis et Sarah discutent sur les paysages et la peinture et ne sont pas du même avis : Sarah pense que les véritables paysages sont plus importants que les représentations que les peintres peuvent en faire. Les paysages, les arbres, les oiseaux, l’Art sont importants, comme souvent dans les romans d’Antoine Choplin (voir Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, son nouveau roman que j’ai lu tout récemment).

La deuxième partie, 1943, m’a un peu déçue, trop de personnages, trop bavarde… Mais on apprend pas mal de choses sur le Radeau de la méduse, peinture à l’huile (1818-1819) du peintre français Théodore Géricault (1791-1824). La sortie du Radeau coïncide avec les 3 ans de Toine, le fils de Sarah. « Alors, c’est sûr, vous allez sortir le Radeau, demande Sarah. » (p. 89). Effectivement, « Les peintures sont régulièrement ventilées. » (p. 97) même si « ici, les conditions de conservation sont idéales. » (p. 97).

un-mois-un-editeurSi j’avais commencé par ce roman d’Antoine Choplin, j’aurais peut-être zappé cet auteur alors qu’avec Le héron de Guernica, La nuit tombée, L’incendie, Une forêt d’arbres creux, j’ai vraiment accroché avec cet auteur sensible et sincère que j’ai déjà rencontré trois fois (deux fois à Valence et une fois à Bron).

Une dernière lecture pour Un mois, un éditeur (La fosse aux ours en févier).

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Radeau de la méduse – Musée du Louvre

Attentat contre le Saint Suaire de Laura Mancinelli

attentatsaintsuaireAttentat contre le Saint Suaire de Laura Mancinelli.

La fosse aux ours, mai 2001, 137 pages, 13,50 €, ISBN 2-912042-36-4. Attentato alla Sindone (2000) est traduit de l’italien par Patrick Vighetti.

Genres : littérature italienne, roman policier.

Laura Mancinelli est née le 18 décembre 1933 à Udine et je découvre qu’elle est morte le 7 juillet 2016 à Turin. En 1956, elle sortait diplômée en Lettres modernes (littérature allemande) de l’Université de Turin. Elle était professeur universitaire, traductrice, auteur en particulier de romans historiques, médiéviste et germaniste : assurément de la matière pour ses romans ! Son œuvre : de nombreux romans et nouvelles, des histoires pour enfants, des essais et des ouvrages sur la littérature allemande.

Ce vendredi soir d’avril, après sa semaine de travail, Carmine Bauducco, professeur d’histoire des religions au Palazzo Nuovo (l’Université des lettres et sciences humaines de Turin), s’apprête à continuer de lire son édition latine des œuvres de Denys l’Aréopagite mais une odeur de fumée le dérange : la coupole Guarini est en feu ! « Ce que lui montra le journal télévisé le glaça au plus profond de l’âme. Un brasier immense et furieux dévorait la chapelle du Saint-Suaire, au sommet de la Cathédrale. » (p. 14). Après avoir réfléchi toute la nuit, Carmine Bauducco est sûr que l’incendie n’est pas accidentel mais criminel. Il pense qu’une organisation a voulu détruire la précieuse relique ou que l’incendie masque le vol de la relique. Il va enquêter avec une jeune collègue chargée de recherches en philologie germanique, Priscilla Pampieri, et un voisin journaliste à La Stampa, Ciro Cerfoglio.

un-mois-un-editeurLa fosse aux ours (site toujours pas à jour…) a édité quelques romans policiers. Attentat contre le Saint Suaire est un d’entre eux. Ce n’est pas un grand roman policier mais il est bien agréable à lire et le lecteur apprend pas mal de choses sur Turin et son patrimoine, c’est ce qui est le plus intéressant. Les personnages ont chacun leur caractère et sont complémentaires ; il y a quelques moments amusants, en particulier avec Camilla et son horrible chien nommé Napoléon.

ThrillerPolar2016-2voisinsvoisines2017Une petite lecture sympa que je mets vite, avant la fin du mois, dans Un mois, un éditeur et dans Polars et thrillers et Voisins Voisines 2017.

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin

tomaskusarchoplinQuelques jours dans la vie de Tomas Kusar d’Antoine Choplin.

La fosse aux ours, janvier 2017, 220 pages, 18 €, ISBN 978-2-35707-095-0.

Genre : littérature française.

Antoine Choplin, né le 31 août 1962 à Châteauroux (Indre), est romancier et poète. Il vit en Isère et participe au Festival de l’Arpenteur qui se déroule en juillet.

Fasciné par le monde ferroviaire depuis que son grand-père l’emmenait « marcher en forêt le long des voies pour voir passer les trains » (p. 16), Tomas est devenu cheminot. C’est un dur métier avec des « journées éprouvantes. » (p. 16) : il est atteleur à la gare de Trutnov mais rêve de devenir mécanicien. Un soir de fête, il ne va pas au bal, il préfère regarder la pièce de théâtre « La fête en plein air » de la troupe de la Balustrade venue de Prague. La pluie et les beuveries des hommes gâchent la fête mais Tomas rencontre Václav Havel et pour la première fois de sa vie, il voit un spectacle et peut discuter de ses impressions. « J’aime bien comme tu dis les choses, finit par dire Václav. J’aime bien parce que tu les dis à ta manière. (p. 44). Tomas devient garde-barrière et s’installe dans la maison du vieux Ludvik décédé. Il photographie beaucoup, les saisons, les arbres, les oiseaux. « Les blessures d’écorces, voilà ce à quoi il se consacrait ces derniers temps lors de ses promenades, photographiant les plus singulières d’entre elles. Discrètes ou béantes, sculptées en relief ou en creux, traits d’élégance ou plaies difformes. Et c’est au tronc des bouleaux, clair et soyeux qu’elles lui semblaient plus que sur les autres essences, prendre toute leur force. (p. 79-80). Cinq ans après la soirée, Tomas et Václav se revoient et une belle amitié va voir le jour ; le travail, la politique, l’Art, la photographie, l’écriture, la liberté, les deux amis peuvent aborder tous les sujets et dialoguer même s’ils ne sont pas sur la même longueur d’onde. « […] bien sûr qu’il irait à Prague et serait de cette histoire, c’était tout. Même si, par moments, à l’occasion de ses marches solitaires sous le couvert des arbres, ou par l’effet de la tombée de la nuit, une inquiétude sourde le prenait […]. Cette liberté. Et la fierté palpitante de venir se joindre à cette communauté secrète assemblée au cœur de la grande ville. » (p. 120).

Dans ce roman, humain, historique, il y a une espèce de douceur et de la tendresse pour les personnages. On vit à la campagne avec Václav Havel et son épouse, on croise les dissidents Zdeněk Urbánek et Jaroslav Seifert, on entend parler de Bohumil Hrabal. En temps que chef de file de l’opposition, Václav est plusieurs fois emprisonné dont une fois pendant quatre ans et Tomas va garder le contact en lui envoyant régulièrement des lettres alors qu’il n’est pas doué pour l’écriture (du moins, c’est ce qu’il croit). Tomas et Václav, ce sont deux hommes qui auraient pu ne jamais se rencontrer, deux hommes qui se révèlent, l’un à l’autre, et au grand jour, deux hommes qui font l’histoire, la « petite » pour Tomas, la « grande » pour Václav, mais finalement les deux sont liées et même indissociables. Car ces quelques jours dans la vie de Tomas Kusar s’étendent finalement sur plus de vingt ans ! Parce que « chacun de nous, même s’il est sans pouvoir, a le pouvoir de changer le monde » et « bien sûr, si je ne fais que considérer ce que le monde est en train de faire de moi, une pièce dérisoire dans une machine gigantesque, alors évidemment, je peux immédiatement abandonner tout espoir. » (p. 187, extraits d’une conférence prononcée clandestinement par Václav pour un groupe d’étudiants). Le lecteur frémit à chaque irruption de la police, serre les dents à chaque saisie arbitraire, et se réjouit que Tomas prenne de plus en plus de photos des humains, ce qui fera un excellent témoignage de la vie en Tchécoslovaquie durant ces années-là (années 70, 80 et début 90) et du combat mené par Václav Havel et ses compagnons de route, combat qui mènera Václav à la présidence.

un-mois-un-editeurMon passage préféré est le monologue surréaliste avec le cafard (p. 128-130) et ensuite le deuxième interrogatoire avec le policier revêche. « Je sais pas si vous auriez ressenti comme moi si vous aviez été à ma place. C’est une drôle de chose, quand on y pense, cette sorte de fraternité avec un cloporte. » (p. 133-134). Gros clin d’œil à Kafka ! Et puis cet extrait, tellement émouvant : « Et il y a une chose que je voudrais te demander, continue Václav. […] J’aimerais que nous plantions un arbre. […] Un érable ? demande Tomas. Un érable, dit Václav. » (p. 206).

rentreelitt01-2017Vous l’aurez compris, Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar est un roman que j’ai beaucoup aimé, que j’ai lu d’une traite un soir, qui m’a émue, et que je vous conseille fortement si vous aimez les belles histoires bien écrites. Je mets cette lecture dans les challenges Rentrée littéraire janvier 2017 de MicMélo (+ page de récap) et Un mois, un éditeur.