Les bons gros bâtards de la littérature d’Aurélien Fernandez et PoPésie

Les bons gros bâtards de la littérature d’Aurélien Fernandez et PoPésie.

Lapin, juin 2020, 128 pages, 13 €, ISBN 978-2-37754-091-4.

Genres : bande dessinée française, humour.

Aurélien Fernandez naît le 28 février 1991 (quelque part en France). De 2009 à 2014, il étudie à l’école Rubika (créations numériques, jeux vidéo, animation) à Valenciennes puis il travaille dans l’animation à Paris (animateur et réalisateur). Il est aussi auteur, scénariste et dessinateur. « Ayant déjà lu une fois, il est très qualifié pour faire un livre sur la littérature. » (rabat 3e de couv’). Plus d’infos sur son blog, La bête est méchante (pas de mise à jour depuis mai 2019), sur sa page FB et sur son Instagram.

PoPésie est le surnom de Guillaume Plassans, professeur de lettres, passionné de poésie (en particulier de Victor Hugo) et auteur. Plus d’infos sur PoPésie sur Twitter.

C’est Noctenbule qui m’avait offert cette bande dessinée, encore merci ! J’ai mis deux ans avant de la lire, vous voyez comme j’ai une (des) PàL (piles à lire) à n’en plus finir !

Préface. « Hugo, Sand, Molière, Voltaire, Colette, Rimbaud… l’Histoire de la littérature compte de nombreuses « grandes femmes » et de nombreux « grands hommes » dont les noms résonnent aujourd’hui encore dans les salles de classe, dans les rues et dans les mémoires. Des géants de l’art, des génies de la plume, des artistes incroyables… mais aussi, parfois, des bons gros bâtards. Et ça, on l’ignore souvent. » (p. 5).

Avertissement. « Ce livre présente une centaine d’anecdotes, d’histoires ou de citations datant souvent de plusieurs siècles. En ce sens, certains des épisodes évoqués dans ces pages ne peuvent être parfaitement sourcés. Il peut parfois s’agir de scènes ou de propos rapportés (par des biographes, des intimes, des adversaires) ou de simples rumeurs transformées par les médisances et le passage du temps. Il ne s’agit pas ici de lancer l’anathème sur des autrices et des auteurs dont nous aimons passionnément l’œuvre, mais de porter un regard nouveau, décalé, surpris ou amusé sur des épisodes (banals ou essentiels) de leurs vies ou sur leurs personnalités souvent méconnues. » (p. 5).

Voilà, après avoir recopié préface et avertissement pour que vous compreniez de quoi parle cette bande dessinée couleur (en fait c’est du noir, bleu et blanc), je peux commencer ma lecture et je peux vous dire que je m’amuse bien. Les auteurs utilisent des mots modernes, par exemple pour le « premier gros bâtard de la littérature française » (p. 7), François Villon, célèbre poète du Moyen-Âge, on peut voir les mots « thug life » (p. 9) et « le côté poétique de la street » (p. 12), ce qui donne un côté amusant et moderne à la vie chaotique de ce délinquant récidiviste ! Il y a plus loin d’autres mots modernes utilisés avec humour (loto, potes, gossip girl, agrafeuse, clasheur, zbeul, entre autres).

Il y a aussi des anachronismes (par exemple dans la mythologie grecque, une automobile ou une Game Boy de Nintendo avec Tetris et plus loin, nous sommes chez Sega mais devinez qui a tué Sonic the Hedgehog !) car les auteurs remontent encore plus loin avec les bâtards dans la mythologie et dans l’Antiquité.

Certains dessins ont un petit côté chibi (ceux qui connaissent le manga comprendront ce que je veux dire mais, pour les autres, je précise que ce sont des petits personnages mignons) mais les thèmes abordés sont sérieux, la jalousie, la vengeance, la misogynie, l’abus sexuel, le meurtre, le plagiat, ou tout simplement parfois la stupidité.

Je ne peux m’empêcher de vous mettre un extrait (disponible sur le site de l’éditeur) avec Alfred Jarry au cas où vous auriez envie d’un petit conseil de séduction (il y en a un autre avec Pierre Corneille, p. 48). En tout cas, si vous avez conclu et que vous invitez la dame – remise de ses émotions – au restaurant, attention aux homards, crabes et crustacés (ça tombe bien, je me tiens très éloignée de ces bestioles).

Franchement, j’ai bien ri, j’ai beaucoup aimé Voltaire vs Rousseau : « Mais vous n’aurez pas ma liberté de penser ! » (Voltaire, p. 59, et si je mettais la vidéo de la chanson ?) et aussi la citation « La vie est trop courte, et Proust est trop long. » (Anatole France sur Marcel Proust, p. 83) et les points-virgules (p. 95). Euh, et je me dis que sûrement aucun Belge n’aime et ne lit Baudelaire… (p. 114).

Je vous conseille cette bande dessinée : vous avez ici un livre drôle, décalé, parfois irrévérencieux, vraiment diversifié et au ton juste. Si je savais certaines choses (des citations que j’avais déjà lues, les prête-plumes de Dumas, la haine raciale de Lovecraft…), j’ai aussi appris pas mal de choses (qui me seront peut-être utiles un jour dans la conversation ou dans un billet du blog… si je m’en souviens !).

Ils l’ont lu : Alexandra de Chromopixel, Caroline de Un dernier livre avant la fin du monde, La Chouette aventureuse, Noctenbule de 22h05 rue des dames, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez…) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11 et Petit Bac 2022 (catégorie Gros mot pour Gros Bâtards).

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