L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor

L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor.

Scrineo, août 2018, 176 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-36740-628-2. Ce roman a été sélectionné pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire BooktubersApp (PLIB) en 2019 et pour le Prix Livre Élu en Livradois-Forez en 2019-2020.

Genres : littérature française, jeunesse, fantasy.

Arthur Ténor, de son vrai nom Christian Escaffre, naît en 1959 dans l’Allier (Auvergne). Il était instituteur avant d’être écrivain jeunesse spécialisé dans l’imaginaire. Son premier roman paraît en 1998. Depuis, plus de 100 romans sont parus et il a reçu plusieurs prix littéraires. Du même auteur chez Scrineo : Les Fabuleux (2013), Le royaume des Sept Tours (2015), Pourquoi ? Le combat des anges (2017), Le collectionneur de monstres (2019), entre autres. Plus d’infos sur son blog.

Dans l’Empire d’Isuldain, à Éa-Kyrion, la capitale, « la ville aux mille dômes » (p. 29). De nuit, un rôdeur s’introduit dans la villa de maître Gouhni. Il tue les cinq veilleurs et maître Gouhni mais un mystérieux homme a raison de lui. « Tu avais raison, Athia, c’était une ombre assassine de la secte d’Anghor, déclara le justicier dans la langue des elfes. » (p. 12). Au même moment, un des silos à grains du Grand Marché est incendié et la nurserie des dragons sentinelles est attaquée. Parmi les spectateurs, impuissants, Memnéphiphéon (surnommé Phéon), un Elfide des Songes novice à l’Académie diplomatique. C’est donc sur des attaques terroristes que se déroule ce premier chapitre. Phéon partage sa chambre avec Mythrite, fille d’Akréon, une Sorcière, Éléona, une Elfide (heureusement, Özgorde, son dragon qui était à la nurserie est sain et sauf), Orhass, un Magicien, et Ivaar, fils d’Igmar le Preux, un Maraudeur. Leur mentor Méléandion, un humain, « dignitaire de la très puissante Confrérie des Magiciens » (p. 21) leur assigne un dernier locataire (car la chambrée est complète à six), un sang-gris ! « Déjà qu’à cinq on manque de s’étriper à chaque minute, si en plus un monstre mi-homme mi-orque nous rejoint… » (p. 25).

On devine dès le début que l’auteur parlera d’amitié, d’acceptation de l’autre, de solidarité, de confiance et de courage. C’est sûr que chacun a son histoire, ses traditions, ses a priori, et que ça ne va pas être facile surtout s’ils pensent être en compétition les uns avec les autres… C’est que le corps diplomatique est très important pour l’équilibre de l’Empire. Et, avec Anghor, un dieu ancien, oublié depuis des siècles, violent, fourbe, sorti de l’oubli par des fanatiques religieux sanguinaires, l’auteur parlera aussi des problèmes de société, de religion et de misogynie (ce dieu déteste les femmes et la féminité).

Mais, alors que les jeunes de la chambrée vont à la rencontre de leur sixième camarade, ils sont témoins d’un autre attentat : un homme lance des fioles qui explosent et s’enflamment au contact des passants. Akron, c’est le sang-gris, éberlué et indigné de voir ça dans cette belle cité, va être le seul à intervenir.

Akron, « éduqué par un maître-instructeur qui fut mentor auprès du roi de Ligourie » (p. 37) fait la connaissance de ses camarades de chambrée. « […] Akron éprouva une vive émotion, celle de prendre enfin conscience qu’une nouvelle vie commençait pour lui, avec de nouveaux compagnons d’apprentissage, point trop laids de surcroît. Cela ne lui était jamais arrivé d’en gagner cinq d’un coup. » (p. 37).

Il y a quatre chambrées de six élèves donc vingt-quatre novice d’accès (leur première année), « jeunes esprits issus de tous les horizons de l’Empire » (p. 39). Voilà, on est dans une histoire genres Harry Potter pour l’école et le Seigneur des anneaux pour la fantasy et toutes ses créatures. La chambrée de Phéon et ses camarades s’appelle les Crépusculaires (nom donné par Akron). Les autres chambrées se nomment les Vaillants, les Bienveillants et les Perspicaces.

Mon passage préféré : « Les humains sont ainsi faits qu’ils éprouvent une aversion quasi instinctive envers leurs semblables, dès lors qu’ils présentent une singularité. C’est assez curieux d’ailleurs et difficile à comprendre : ils détestent l’uniformité et ne peuvent tolérer la différence. Si un jour tu trouves une explication, n’hésite pas à m’en faire part. » ( Éléona à Akron, p. 78-79).

Je n’en dis pas plus, lisez ce roman et vous passerez un bon moment de lecture ! Belle couverture, en tout cas, avec les six membres des Crépusculaires. J’aurais voulu en savoir un peu plus sur eux, leur passé, leur motivation, on en sait un peu sur Akron mais pas sur les autres, peut-être y aura-t-il une suite ?

Pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #6.

Agence Mysterium – Le fantôme de Saint-Malo de Loïc Le Borgne

Agence Mysterium – Le fantôme de Saint-Malo de Loïc Le Borgne.

Scrineo, octobre 2017, 240 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-36740-479-0.

Genres : littérature française, jeunesse, aventure, science-fiction.

Loïc Le Borgne naît le 7 mai 1969 à Rennes (Bretagne). Il étudie les sciences, l’Histoire et la communication. Il travaille comme journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans en littérature de l’imaginaire en 2006. Il écrit pour les enfants (sous le pseudonyme de Loïc Léo), les adolescents et les jeunes adultes. Plus d’infos sur son blog.

Les personnages principaux de la série Agence Mysterium vivent à Paris. Kim Kraken est la fondatrice de l’Agence Mysterium ; elle a 13 ans et aime la science. Tristan, surnommé Magic Man, a 13 ans et demi ; c’est un geek et un bricoleur qui aime la nature. Salma, surnommée Miss Samouraï, a 12 ans, c’est une grande sportive, ; elle aime aussi les enquêtes et l’Histoire. La Plasmachine, pilotée par Moov, une intelligence artificielle, a été trouvée par Kim ; construit en l’an 7777 en Chine, ce prototype de machine à téléportation a reculé dans le temps.

Ronan Tremen est antiquaire à Saint-Malo. Sa fille, Églantine, 10 ans, a remarqué qu’une « silhouette vaporeuse » vole des objets dans le magasin, la nuit. « Toujours d’anciens instruments de navigation. » (p. 13). Effrayée, Églantine contacte l’Agence Mysterium. « Première affaire ! Première affaire ! » (p. 42).

Grâce à la Plasmachine, le trio (Kim, Tristan et Salma) est téléporté à Saint-Malo, rencontre Églantine et se retrouve rapidement nez à nez avec le voleur qui passe à travers les murs et les portes ! Qui est-il ? Un fantôme ? Un magicien ? « […] il a forcément un truc. Comme nous quand on se téléporte ! » (p. 90).

Les agents Mysterium vont découvrir une histoire de pirates, de corsaires, de flibustiers, quelque chose d’énorme !

Aventure à Saint-Malo et sa région, mystères et amitié sont au rendez-vous de ce charmant roman un poil science-fiction avec un petit voyage à la fin du XVIIe siècle à l’époque des flibustiers. « Rien n’est parfait, mais rien ne vaut la liberté, réplique Barborange en souriant à travers sa moustache rousse. » (p. 227).

Un tome 2 de l’Agence Mysterium est paru en octobre 2018 chez Scrineo : Le diable des Pyrénées que je lirai si j’en ai l’occasion.

Pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Lire en thème 2020 (en mai, un livre dont le titre fait plus de trois mots), Littérature de l’imaginaire #8, Petit Bac 2020 (pour la catégorie lieu avec Saint-Malo) et Printemps de l’imaginaire francophone 2020.

Mamie Polar – Ramdam au musée de Régis Delpeuch

Mamie Polar – Ramdam au musée de Régis Delpeuch.

Scrineo, mars 2017, 160 pages, 8,90 €, ISBN 978-2-36740-452-3. Illustré par Caroline Ayrault.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier.

Régis Delpeuch est né le 5 février 1956. Il fut enseignant pendant 20 ans avant de se lancer dans l’écriture de romans jeunesse. Il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en herbe en 2001. Du même auteur : Rififi au collège (2003), Quand Marcel et ses amis découvrirent la grotte de Lascaux (2016), la série Histoires de pirates (20 tomes), L’enfant d’Oradour (2019) et la série Mamie Polar (5 tomes), entre autres.

Mamie Jo était directrice d’école pendant plus de 25 ans, elle est à la retraite depuis 2 ans. Elle a un teckel de 8 ans, Don Quichotte, un petit-fils de 11 ans, Lucas et une petite-fille de 10 ans, Camille. Camille et Lucas sont cousins. Les samedis matins, Mamie Jo arrive tôt avec Don Quichotte car leurs parents travaillent. Mais ce matin, Lucas et Camille sont inquiets : Momo a disparu ! « Si vous me disiez d’abord qui est Momo ? – C’est notre SDF, répond Lucas. – Votre SDF ! – Oui, un clochard qui fait la manche, tout près de l’école. » (13). Momo était gardien de musée avant et il a disparu depuis 4 jours !

Duflair, 45 ans, est capitaine de police mais il n’est pas très doué pour résoudre une enquête, surtout si Mamie Jo s’en mêle.

Suite à un indice, direction le Musée des Beaux-Arts. Mais Mamie-Jo entend une conversation à travers une porte. « Oui, je l’ai déménagé ! Il y avait deux chiens qui hurlaient devant l’entrepôt : ça aurait pu attirer les curieux… Eux aussi, je m’en suis occupé… Non, il ne veut rien savoir : une vraie tête de mule !… Tu as raison, il sait trop de choses. S’il en parle à la police, on est fichus… OK. On n’a plus le choix. Je te rappelle. » (p. 61). Deux chiens parce que Don Quichotte a retrouvé Ulysse, le chien de Momo, qui l’a conduit à un entrepôt où était enfermé Momo.

Sympa, cette série, Mamie Polar : il y a même quelques jeux, énigmes pour distraire les enfants !

Bon, Mamie Jo, pour Josette, est un roman amusant, plutôt rocambolesque, mais ça dénigre quand même beaucoup la police… Est-ce bien pour les enfants ? Peut-être sont-ils capable de faire la part des choses… En tout cas, je remercie Srineo de l’avoir proposé en ligne gratuitement ; ça m’a permis de découvrir cette série et cet auteur !

Pour les challenges Animaux du monde (deux chiens importants pour l’enquête !), Jeunesse Young Adult #9, Lire en thème (en avril, découverte d’un auteur, auteur jamais lu auparavant) et Polar et thriller 2019-2020.

L’éléphant Junior

Connaissez-vous les éditions Scrineo axée sur « le savoir et l’imaginaire » et leur revue de culture générale, L’éléphant ? En début d’année, un numéro hors-série L’éléphant Junior est paru (68 pages, 6,90 €). Ce numéro pilote (ou n° 0) a tellement plu que L’éléphant Junior devient une véritable revue ciblée sur les 9-13 ans.

D’abord, il y a 4 personnages qui guident le jeune lecteur : Zoé, curieuse et intrépide, Robin, son meilleur ami, inventif et malin, Elsa, la grande sœur de Zoé, toujours avec son portable, et le Professeur Philéas, avec sa malice, son savoir encyclopédique et sa tête d’éléphant !

La revue est composée de 4 grands thèmes : Histoire, Sciences, Monde et Nature. Il y en a ainsi pour tous les goûts.

Comme le dit l’édito : « Un concentré de jeux, de B.D. et de découvertes » avec de l’humour et une énigme à résoudre !

J’ai vu une petite faute : « une disque » page 28. Mais c’est une revue belle et intelligente, si vous avez de jeunes ados, n’hésitez pas à leur offrir un abonnement.

Mes trois articles préférés sont Le Japon, pays des mangas (dans Monde) et L’intelligence animale et Les monstres marins, mythes et réalité (dans Nature) mais tous les articles sont intéressants.

La mort du temps d’Aurélie Wellenstein

La mort du temps d’Aurélie Wellenstein.

Scrineo, mai 2017, 288 pages, 16,90 €, ISBN 978-2-36740-500-1.

Genres : science-fiction, littérature jeunesse.

Aurélie Wellenstein, née en 1980 à Paris, a publié des romans de fantasy : Le roi des fauves (2015), Les loups chantants (2016), Le Dieu Oiseau (2018), des romans jeunesse : Le cheval de l’ombre (2013), Chevaux de foudre (2015), La fille de Tchernobyl (2016) et des nouvelles. Plus d’infos sur http://lafilleperchee.com/.

Paris, l’été. Callista Sirahaj, 16 ans, entend ses parents se disputer comme d’habitude. Alors elle a préparé son sac, elle va fuguer avec sa meilleure amie, Emma. Mais… « le bruit devint assourdissant. […] Une boule de lumière surgit à l’horizon, l’obligeant à plisser les yeux. L’éclair aveuglant s’élargit en un cercle concentrique, comme l’onde de choc d’une bombe. » (p. 6). Une explosion nucléaire ? Un puissant tremblement de terre ? Lorsque Callista se réveille, il y a très peu de survivants et il se passe des choses étranges. « Les gens se battaient, couraient, hurlaient, oscillaient entre la folie et la révolte, questionnaient le vide : ‘Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?’ » (p. 19). Après ces événements horribles et la fuite chaotique, « le silence. Profond. Effroyable. Surnaturel. » (p. 27). Callista veut aller vers l’est, dans les Vosges, où elle espère retrouver Emma mais il n’y a plus de réseau, plus vraiment de routes, tout est défoncé et peuplé d’horribles créatures. « Il y avait peu de corps dans cette région rurale, mais nul survivant non plus. Était-il réellement possible que le séisme ait secoué la Terre entière ? » (p. 97).

L’auteur balade ses lecteurs d’abord dans un Paris en ruines, secoué de flashs temporels et de séismes spatio-temporels ensuite sur la route entre Paris et un village des Vosges, Xertigny. « Tous ces gens… Tous ces gens, anéantis d’un seul coup. » (p. 64). Dans un monde où les temps et les espaces ont fusionné… Ainsi Callista rencontre entre autres Roland de Forceval, un chevalier né en 1199, qui a fusionné avec son cheval, Tyrael, puis Gascogne, un chasseur transformé en homme-loup.

Et, comme Callista, le lecteur s’interroge sur le monde, la vie… « Là. Pas là. Vivant. Mort. » (p. 171).

En commençant La mort du temps, j’ai vraiment pensé au premier tome d’Autre-Monde de Maxime Chattam mais le traitement des personnages est différent et l’histoire est également différente, plus science-fiction post apocalyptique que la fusion fantasy fantastique horreur de la série Autre-Monde. Et puis, ici, il n’y a qu’un tome au déroulement surprenant mais qui trouve une fin finalement logique.

Une chouette lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #7, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (encore pour la catégorie « Passage du temps »), Printemps de l’imaginaire francophone 2018 et que je mets aussi dans le Challenge de l’épouvante parce qu’il y a des choses effrayantes dans ce roman.