Le Vivarium #1

La bonne nouvelle du lundi en ce jour de Noël, c’est, entre autres, la publication récente de Le vivarium #1 – janvier 2018, la lettre d’informations du Serpent à plumes. Ce « journal » de deux pages met en avant Comme le cristal de Cypora Petitjean-Cerf, le roman français de la rentrée de janvier 2018 ; Prière pour ceux qui ne sont rien de Jerry Wilson, un roman américain, et Nés pour être damnés de Jamal Benbrahmi, un roman marocain qui semble très drôle. Les trois font bien envie. J’aime la diversité de cet éditeur, et les couvertures aussi. 🙂

Et pour rester dans le genre de la nouvelle, je veux lire Le Novelliste #1, une « revue littéraire de patrimoine et de création dédiée à la nouvelle » parue en novembre 2017 (208 pages, 12 €). Infos et extrait (pdf) sur Novelliste redux online. Numéro 2 à paraître en mai 2018 et numéro 3 en novembre 2018.

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Orages pèlerins de Fawaz Hussain

Orages pèlerins de Fawaz Hussain.

Le Serpent à plumes, juin 2016, 176 pages, 17 €, ISBN 979-10-9468-069-8.

Genres : littérature kurde, littérature franco-syrienne.

Fawaz Hussain naît dans le nord-est de la Syrie. J’ai cherché le titre original et le nom du traducteur : il n’y en a pas car l’auteur, Kurde réfugié en France, écrit en fançais ! Il vit à Paris où il est auteur et traducteur de classiques français en kurde.

Quatre hommes kurdes (les orages pèlerins) décident de quitter leur pays et de s’exiler en France. Ils ne se connaissent pas mais vont se rencontrer à Paris.

Sino a dix-huit ans, il vit avec sa famille à Diyarbakir en Turquie. Après son bac, « il prit la décision de quitter la misère kurde, la violence de la Turquie et celle du Proche-Orient pour s’installer à Paris. » (p. 23).

Dara a bientôt trente ans, il vit avec ses parents à Taliké dans le Kurdistan irakien. Il rêve de vivre « dans un pays européen et de préférence dans une capitale comme Paris, il aspirait à mener une vie différente de celle qu’il avait toujours connue. » (p. 39).

Shérko vient de Mahabad, dans le nord-ouest du Kurdistan iranien, et il échappe de peu à la mort. « Dieu soit loué, vous vous réveillez. Un terrible séisme a secoué la ville de Bam et toute la région. On dénombre une trentaine de milliers de morts, la citadelle où on vous a trouvé évanoui est complètement détruite, rayée de la carte. » (p. 63).

Rustemé Zal, marié avec une cousine, a quatre enfants, et vit dans la ville d’Amoudé en Syrie mais « il était privé de ses droits civiques et il était considéré comme un étranger sur le sol où lui et ses ancêtres avaient vu le jour. » (p. 75).

Tous les quatre vont tout abandonner (leur âme aussi ? Je pense au Promeneur d’Alep de Niroz Malek) et partir, en quête d’une vie meilleure, mais Paris (et l’Europe en général) n’est pas le pays de cocagne, le paradis promis par les passeurs avides d’argent ! « Il était atrocement seul et si loin des siens. » (p. 104) : cette phrase concerne Rustemé Zal dans le roman mais elle convient aux quatre Kurdes qui vivent à Paris et en fait à tous ceux qui s’exilent par choix, par obligation ou charmés par les sirènes de bonimenteurs qui s’enrichissent sur leur dos… Fawaz Hussain trouve le ton juste et raconte avec pudeur – mais désillusion – l’histoire et l’exil tragique du peuple kurde, peu importe son lieu d’origine car on le voit ce peuple est déjà « éclaté » sur plusieurs pays, apatride…

Une très belle lecture que je mets dans le challenge Raconte-moi l’Asie #2 (Irak, Iran, Syrie, Turquie) et vous pouvez écouter l’auteur (très intéressant) sur :