Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson

Un autre Brooklyn de Jacqueline Woodson.

Stock, collection La Cosmopolite, janvier 2018, 176 pages, 18 €, ISBN 9782-23408-327-1. Another Brooklyn (2016) est traduit de l’américain par Sylvie Schneiter.

Genre : littérature américaine.

Jacqueline Woodson naît le 12 février 1963 à Columbus dans l’Ohio (États-Unis) mais elle grandit à Greenville en Caroline du Sud puis à Brooklyn (NY). Elle écrit des livres pour la jeunesse mais Un autre Brooklyn est paru comme son premier livre adulte et a été nommé pour le National Book Award for Fiction en 2016.

« Je sais désormais que la tragédie ne se vit pas sur le moment. Mais dans le souvenir. » (p. 11). August, anthropologue, revient à Brooklyn pour enterrer son père. Elle revoit son frère, 31 ans, marié, et son épouse va avoir leur premier enfant. Elle se souvient de ses amies lorsqu’elles avaient 15 ans. « Sylvia, Angela, Gigi, August. Quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante, dans une solitude terrifiante. Un souvenir. » (p. 24).

Été 1973. August (8 ans) et Clyde (4 ans) quittent leur Tennessee natal après la mort de leur mère et partent avec leur père à Brooklyn. « Je regardai mon frère observer le monde […]. Où que nous posions les yeux, nous voyions des gens s’efforcer de rêver leur départ. Comme s’il existait un ailleurs. Un autre Brooklyn. » (p. 78). Un Brooklyn sans soldats déglingués, sans drogués, sans dangers ? Mais le quartier devient de plus en plus dangereux et les Blancs le quittent. Et un jour, le père change de vie, il a rencontré une femme et commence à lire le Coran alors qu’avant, la famille fréquentait une église chrétienne.

Mais en fait tout n’est que souvenir…

Un autre Brooklyn est un roman d’apprentissage, c’est l’histoire des Noirs américains dans l’Amérique des années 60-70-80 et en particulier de ces quatre adolescentes qui aiment la musique et s’amuser.

Jacqueline Woodson parle du Black Power et de la Nation of Islam :

Black Power : terme créé en 1966, « divers mouvements politiques, culturels et sociaux noirs aux États-Unis, actifs principalement dans les années 1960 et les années 1970, qui luttaient contre la ségrégation raciale » (Wikipédia).

Nation of Islam : organisation politique et religieuse (nationalisme noir) créée en 1930 à Détroit.

Mais comment, dans un roman comme celui-ci, peut-on oublier de parler de Martin Luther King ? Comment peut-on oublier d’expliquer aux lecteurs néophytes que nombre de Noirs américains ont été islamisés sous prétexte que leurs ancêtres étaient musulmans (ce qui était faux dans la plupart des cas) ?

Un autre Brooklyn est un roman qui ne m’a apporté que ces questions… Je l’ai trouvé lourd, pas explicite sur certains thèmes (que s’est-il réellement passé entre les filles ?), il ne m’a pas touchée, déception donc et je ne pense pas lire un autre titre de Jacqueline Woodson. Mais il y a plein d’avis positifs sur ce roman 😉

Pour le Challenge de l’été, Mois américain et Petit Bac 2018 (catégorie Lieu).

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La plume de Virginie Roels

La plume de Virginie Roels.

Stock, collection La Bleue, mars 2017, 320 pages, 20 €, ISBN 978-2-23408-261-8.

Genre : premier roman.

Virginie Roels était journaliste d’investigation pour la télévision et la presse écrite ; elle est directrice de publication du mensuel « plus féminin du cerveau que du capiton » Causette. La plume est son premier roman.

Début mai, entre-deux tour de la présidentielle. Jean Debanel, président de la République est au coude à coude avec Yves Cranchon, « adversaire coriace et colérique » (p. 16). « Calme, serein et rassurant, répète-t-il face au miroir. » (p. 17). Mais lors du débat, devant des millions de téléspectateurs, Debanel perd pied en voyant dans le public un étudiant de Nanterre. « Assis au deuxième rang, le visage inexpressif, vide, fou, Julien Le Dantec. » (p. 19). Qui est cet étudiant et pourquoi fait-il peur au président sortant ? Et qui a remarqué cela à part Chrystelle Knox, une jeune journaliste en devenir ?

Extrait d’un discours. « […] j’ai entendu vos cris, j’ai vu la détresse, j’ai compris la colère […] de vous je suis fier, fier d’être là où l’on rêve. […] qui êtes-vous, que criez-vous ? […] Tous les jeunes libres, rêveurs, où qu’ils vivent sont des citoyens de la République. […] Je ne vous promettrai pas de jours meilleurs, ni même la réussite, mais je vous promets d’être là. » (p. 90).

« Devenir la plume du président, dignement, c’est tout ce qu’il voulait. » (David Joli, p. 122).

« J’ai du mal à le cerner. Tantôt il joue les porte-parole de l’islam radical, tantôt il se montre aux côtés des militaires, c’est vague, mais oui, pour te répondre, mieux vaut jouer profil bas, le temps de signer en tout cas. » (p. 177).

Qui eut cru que j’aimerais autant un roman politique ?! Virginie Roels, en pleine période électorale, dévoile avec justesse et humour les dessous de la politique (française) et de sa communication, et y mêle une pointe de terrorisme (au Maroc), de drogue et de pédophilie mais il faut des preuves, toujours, quand on vous laisse en vie pour les trouver ! « […] sans une divine intuition, mon enquête resterait ce qu’elle était depuis le début : les divagations stériles d’une pigiste en mal de reconnaissance. » (p. 272). Ou comment mêler réalité et fiction avec un talent indéniable. La plume est donc un roman de « politique fiction » bien construit, « audacieux » dit l’éditeur, en tout cas passionnant, n’ayez crainte pas rébarbatif du tout (il se lit comme une enquête), et qui fait quand même un peu froid dans le dos (même si on n’est pas des quiches, on sait que la grande majorité des politiques sont pourris !). Je l’ai lu d’une traite tellement j’avais hâte de… savoir ! Et je vous le recommande même si les élections sont terminées !

Lu dans le cadre des 68 premières fois 2017, je le mets dans les challenges Défi Premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017.

La téméraire de Marine Westphal

La téméraire de Marine Westphal.

Stock, collection La Bleue, janvier 2017, 141 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-234-08190-1.

Genre : premier roman.

Marine Westphal… Peu d’infos… Elle a 27 ans au moment où sort son premier roman, La téméraire, et elle est infirmière.

Sali veille sur son mari, Bartolomeo : il a fait un AVC en montagne durant son travail. « Sali brisée tel un fétu de paille, face au lit où Lo Meo faisait le mort […] » (p. 16). « Elle guettait un signe, une réponse, quelque chose qui donne raison à son espoir. Elle butait contre ses yeux clos. Sortir se laver les cheveux revenait à jeter à la fosse toutes ces heures bâtardes passées à guetter la paupière qui tressaute, le doigt qui frémit dans sa main à elle, le cil qui s’envole et échoue, minable, sur la pommette ramollie de son mari. »  (p. 17).

36 ans d’amour et deux enfants, Maïa et Gabin, maintenant grands. « […] préparation, redressement, pivot, maintien, jusqu’à l’épuisement. Car elle avait un but, un incroyable objectif qui mobilisait toutes ses pensées et ses forces : ne pas le laisser crever là, lui qui aimait tant l’impolitesse du vent et les grands espaces. […] elle ne le récupérerait jamais […] elle avait encore le droit d’essayer de faire ça pour lui : sauver sa mort, puisqu’elle ne pouvait sauver sa vie. » (p. 73).

Je ne dirai rien de plus sur ce roman car il m’a ennuyée et ne m’a pas convaincue du tout… Son style, trop direct et distant, n’a pas suscité d’empathie chez moi…

Je remercie quand même Alice de me l’avoir envoyé dans le cadre des 68 premières fois 2017 et je le mets dans les challenges Défi premier roman 2017 et Rentrée littéraire janvier 2017 de MicMélo.

Mais, faites-vous votre propre idée !