Factomule d’Øyvind Torseter

Factomule – Grand thriller politique international d’Øyvind Torseter.

La joie de lire, janvier 2021, 136 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-88908-528-6. Mulegutten (2018) est traduit du norvégien par Aude Pasquier.

Genres : bande dessinée norvégienne, thriller.

Øyvind Torseter naît le 2 octobre 1972 à Oslo (Norvège). Il étudie l’illustration au Merkantilt Institutt (1991–1992) et au Skolen for Grafisk Design (1992–1994) à Oslo puis au Kent Institute of Art & Design en Angleterre (1995–1998). Il est auteur et illustrateur (pour les adultes et pour la jeunesse). Plusieurs de ses titres sont parus en français chez La joie de lire, Cambourakis, Didier Jeunesse ou au Rouergue et il a reçu de nombreux prix littéraires en Europe. Factomule était dans la sélection pour le Fauve Polar SNCF Angoulême 2022.

Le narrateur est factotum du Président. Le Président est un homme très occupé et personne n’a l’autorisation de porter sa valise.

Le factotum s’occupe de presque tout… réparer la chaise de bureau du Président, recoller sa semelle de chaussure, réparer les canalisations dans le palais et la télévision… « Le travail de factotum était exigeant. » (p. 15).

Jusqu’au jour où « une puissance étrangère menace le pays ! » (p. 19) car son dirigeant veut « la valise de première importance du Président » (p. 20). Le Président qui a une entière confiance en son factotum lui montre alors le contenu de la valise et lui dit qu’il pourrait la porter si nécessaire. Mais le palais n’a pas seulement des fuites d’eau, il a aussi des oreilles indiscrètes et le factotum se fait tout voler (son portefeuille, ses clés, son appartement, son travail) par un homme qui lui ressemble, ne serait-ce le sourire carnassier. La police ne fait rien contre le sosie malhonnête et le factotum doit se débrouiller seul… Enfin, pas vraiment seul, « Par pur désespoir, j’ai décidé de demander de l’aide à un professionnel. » (p. 45). Le professionnel, c’est mademoiselle Cadmium, nouvellement installée comme détective.

Les deux vont enquêter sur l’escroc qui s’est installé dans l’appartement – et dans la vie – du gentil factotum, le surveiller, le prendre en filature, mais comment vont-ils faire pour le prendre en flagrant délit et récupérer la valise du Président ?

Factomule, c’est parce que le factotum s’appelle Tête de Mule (4e de couverture) ! Je connaissais un peu Torseter puisque j’avais lu Pourquoi les chiens ont la truffe humide de Kenneth Steven et Øyvind Torseter en 2020 mais je ne connaissais pas Tête de Mule, son personnage récurrent, dont le premier opus paraît en 2011.

C’est vraiment bien, il y a une ambiance (comme dit l’éditeur, c’est fantasque et ça m’a beaucoup plu). Les images sont pratiquement toutes pleine page (ce qui est surprenant pour une bande dessinée) et il y a très peu de cases, ça donne un sentiment de largeur, d’ampleur, et surtout l’humour grinçant m’a bien plu.

Après avoir lu cette super bande dessinée, j’ai découvert qu’elle était le 3e tome de la série Tête de mule qui contient Tête de mule (2016), Mulysse – Tête de mule prend la mer (2018), Factomule – Grand thriller politique international (2021) et Mulosaurus (2021) donc je veux absolument lire les trois autres tomes.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Jeunesse young adult #11, Polar et thriller 2021-2022, Tour du monde en 80 livres (Norvège), Un genre par mois (en mai, c’est jeunesse) et bien sûr Challenge nordique.

Seizième printemps de Yunbo

Seizième printemps de Yunbo.

Delcourt, collection Jeunesse, avril 2022, 120 pages, 26,50 €, ISBN 978-2-41302-827-7.

Genres : manwha, bande dessinée jeunesse.

Yunbo ou YunBo, de son vrai nom Bokyung Yun, naît en 1983 à Séoul en Corée du Sud. Elle étudie l’art et la bande dessinée à l’Université nationale de Kongju. Elle vient étudier en France en 2008 et obtient un Master en bande dessinée de l’École Européenne Supérieure de l’Image d’Angoulême en 2012. Déjà paru, Je ne suis pas d’ici (Warum, 2017). Plus d’infos sur Yunbo, travaux graphiques.

Yeowoo a 5 ans, sa mère a acheté un gâteau d’anniversaire. Pendant que ses parents se disputent, elle pense bien faire, elle sort le gâteau de sa boîte mais elle l’abîme, elle veut sortir les assiettes du placard mais fait tomber la pile et les assiettes se brisent, elle met en route l’aspirateur pour nettoyer mais elle le fait griller. Ses parents divorcent et Yeowoo y repensera à chacun de ses anniversaires…

Un an a passé. Yeowoo n’a pas vu sa mère depuis son précédent anniversaire et son père a trop de travail alors il l’emmène vivre chez le grand-père paternel et la tante Yeonju au village du Renard. « Il faut que tu me comprennes. Je vais être très occupé. Je te rendrai visite dès que j’aurai un peu de temps. » (p. 7).

Yeowoo va fêter ses 7 ans mais grand-père et tante Yeonju ne savent pas vraiment s’y prendre avec une enfant… « Elle est trop petite pour bien comprendre… » (p. 20). Elle comprend très bien qu’elle est la bienvenue ni chez sa mère ni chez son père ni ici… et il faut dire qu’elle n’est pas très agréable avec son grand-père et sa tante. « Comme j’ai grandi sans mes parents, c’est normal que je sois méchante et vilaine. » (p. 27).

Paulette, une poule s’est installée dans la maison à côté de chez eux et Yeowoo s’introduit dans la serre pour manger des fruits rouges. Cependant, Paulette, rejetée par les siens car elle ne peut pas pondre et n’a pas de poussins, est venue au village du Renard pour vivre heureuse avec ses plantes. « […] c’est pour ça que je suis venue dans ce village paisible. Et je l’aime beaucoup ! » (p. 48). Paulette est la seule amie de Yeowoo même si parfois la fillette – qui a grandi – est désagréable avec elle.

En fait, Paulette et Yeowoo, toutes deux seules et différentes des autres, vont se lier peu à peu, apprendre à se comprendre l’une l’autre pour se découvrir mieux elles-mêmes. « Yeowoo, écoute-moi bien. On ne peut pas dire qui est normal ou qui est anormal. On est tous différents. Dans la vie, trouver quelque chose qu’on aime faire peut prendre du temps. Certains le trouvent rapidement, d’autres beaucoup plus tardivement… » (p. 73).

Pour les 13 ans de Yeowoo, Paulette organise un repas auquel elle invite le grand-père et la tante de l’adolescente. Elles sont amies depuis bientôt 9 ans mais c’est la première fois que Paulette les rencontre.

Chacun doit trouver sa place et ce n’est pas toujours facile, surtout si l’on se sent rejeté injustement. C’est le cas de Yeowoo, abandonnée par sa maman, puis par son papa, elle se retrouve coincée à la campagne chez un grand-père trop âgé pour s’occuper d’elle et une tante trop seule et rêvant encore au prince charmant. Son amitié avec Paulette (qui eut cru qu’une renarde et une poule puissent être amies ?) va l’aider à grandir et à aimer la vie mais ça ne se fait pas du jour au lendemain parce que Yeowoo est en colère contre les adultes mais Paulette est d’une grande bienveillance et elle croit en Yeowoo. Il se passe des années puisque l’histoire suit Yeowoo de ses 5 ans à ses 16 ans, la renarde va grandir et s’épanouir comme les fleurs que Paulette aime tant. Et les fleurs sont importantes car chaque chapitre commence avec une fleur différente et le lecteur comprend pourquoi à la lecture.

Seizième printemps est très beau tant au niveau des dessins que des couleurs, tout est précis, subtil et on sent une certaine tendresse malgré la douleur et la colère de Yeowoo. Le format paysage change par rapport à une bande dessinée classique, ça donne un côté plus poétique d’autant plus que le récit avance saison après saison. Et puis avec ces personnages animaliers, cette histoire ressemble à une fable ou un conte mais reste toujours optimiste pour que le lecteur aille de l’avant même si c’est avec regret qu’il laisse Yeowoo et Paulette.

Merci à NetGalley et Delcourt pour cette belle lecture ! Elles l’ont lue et appréciée : Marine, mrsserendipitie, Noukette, d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Stéphie) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 7, un livre sorti en 2022 et lu le mois de sa sortie, parution le 13 avril et lecture le 25 avril mais problème de lecture en numérique donc terminé le 1er mai), Challenge lecture 2022 (catégorie 44, un livre dont le titre contient seulement 2 mots, 4e billet), Jeunesse young adult #11, Petit Bac 2022 (catégorie Chiffre pour Seizième), Tour du monde en 80 livres (Corée du Sud), Un genre par mois (puisque je n’ai pas pu mettre cette lecture dans le thème d’avril, bande dessinée, je la mets dans le thème de mai, jeunesse).

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki

Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2010, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-35592-138-4. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la neige – Aya et la déesse de la neige prennent un chocolat chaud mais elles sont dérangées par la déesse de la colline qui annonce une fleur des neige de l’autre côté de sa colline. Mais en s’approchant la fillette tombe dans une crevasse…

La déesse du malheur – Une fillette n’a vraiment pas de chance et la déesse du malheur lui vient en aide mais elle omet de lui dire que le pacte a des conséquences et un coût… « Si tu pensais pouvoir profiter de toute cette chance sans aucune contrepartie, c’est que tu es sacrément stupide, vraiment ! ».

Shimashima et Miyako – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans les 3e histoires du 1er et du 2e tomes. Pendant que Shimashima est dans le monde des déesses, Miyako attend son retour dans le monde des humains. Les déesses réussiront-elles à les réunir et à récupérer la pierre sacrée ?

Après avoir relu récemment les deux premiers tomes de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent et Kamisama 2 – Les contes de la colline, je ne pouvais que relire le 3e tome pour Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2.

Que dire de plus que pour les premiers tomes ? C’est toujours très beau, doux et poétique. Si vous aimez les contes, les chats, le merveilleux et la tendresse, lisez cette belle trilogie aux couleurs pastels.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO

D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO.

Glénat, septembre 2013, 208 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-72349-192-1. D.Gray-Man ディー.グレイマン (2004, Shûeisha) est traduit du japonais par Karine Rupp-Stanko.

Genres : manga, shônen, fantastique.

Katsura HOSHINO 星野・桂 naît le 21 avril 1980 au nord d’Osaka, dans la préfecture de Shiga. Elle souhaite d’abord devenir animatrice en animation et s’installe à Tôkyô mais ça ne lui convient pas et elle se lance dans le manga avec deux one-shots, Continue et Zone, puis commence la série D.Gray-Man.

Europe, fin d’un XIXe siècle imaginaire. Moore Hesse, jeune policière, et son collègue entrent dans une église que les habitants jugent maudite car de nombreuses personnes y disparaissent depuis deux ans. Elle y découvre un chat, une nuée de chauve-souris et un jeune voyageur, Allen Walker, qui dit être arrivé le matin et que le chat a avalé quelque chose qui lui est cher. Mais son collègue est tué par un akuma (diable, démon, esprit maléfique) qui « Plus il commet de meurtres, plus il devient fort. » (p. 24).

Allen est en fait un exorciste, un ecclésiastique chasseur d’akuma ; s’il est en Angleterre, c’est à la demande de son maître, le père Cross Marian, et il doit se rendre au quartier général des exorcistes, la Congrégation de l’Ombre. Mais il rencontre un enfant, Jean ; son père est chercheur au Vatican et il connaît les akuma ; il veut devenir lui aussi chercheur pour créer une arme qui les détruira d’un coup. Mais son meilleur ami, Léo, qui vient de perdre sa mère, n’est plus lui-même… « La progression des akuma est en marche. La fin des temps approche ! » (le Comte millénaire, p. 127)

Quelle lecture ! Au début, je me suis dit, bon, encore un shônen avec des jeunes qui sauvent le monde mais c’est rondement bien mené et super bien dessiné ! Mais dans ce shônen dark fantasy, tout est réussi, les personnages, les décors, l’histoire, le passé d’Allen, la prophétie, l’Innocence. Et puis c’est plutôt rare qu’une femme dessine et écrive un shônen, en plus d’une telle qualité. Je vous le conseille ! Et j’aimerais beaucoup lire la suite mais que vois-je ? 27 tomes, série encore en cours ! Oh la la…

En tout cas, D.Gray-Man a été adapté en animation, en jeu vidéo, en roman et même en jeu de cartes. C’est pourquoi je vais le mettre dans le challenge Adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Contes et légendes 2022, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur) et bien sûr dans Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki

Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, mars 2007, 136 pages, 11,10 €, ISBN 978-2-915513-52-3. カミサマ est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture. Les autres séries de l’auteur sont Roji! et Coco, l’île magique.

La déesse de la colline – Une jeune femme revient sur le lieu de son enfance, une colline où elle avait rencontré une déesse minuscule qui n’avait apparemment aucun pouvoir. « Je ne comprends toujours pas… – Moi non plus. » Mais elle n’a pas pu voir le printemps arriver avec la petite déesse car elle a déménagé avec sa mère… La déesse était-elle un rêve ?

Le cerisier électrique – « On dit qu’il existe plus de huit millions de divinités au Japon. » Mitsuki se rend au cerisier pour voir Sakura la déesse mais celle-ci est avec la déesse de la colline (de l’histoire précédente) et une autre déesse, celle des lignes électriques, fait irruption. Et celle-ci a vraiment un comportement… électrique !

Shimashima au pays des déesses – Shimashima est le jeune chat qui apparaît dans la 3e histoire du 1er tome. Les trois déesses (rencontrées dans les deux histoires précédentes) sont mécontentes car il a une pierre sacrée autour du cou (elle lui a été offerte par Miyako). Pourront-elles renvoyer Shimashima dans son monde (c’est-à-dire celui des humains) ?

Après avoir relu récemment le premier tome de cette trilogie, Kamisama 1 – La mélodie du vent, j’ai eu très envie de relire ce deuxième tome, en plus en avril il y a deux challenges japonais, Un mois au Japon et Hanami Book Challenge #2. Je lirai le tome 3 durant le mois d’avril.

Comme pour le premier tome, c’est très beau, doux (couleurs pastels), vraiment poétique, un peu énigmatique, parfois amusant, toujours tendre. Sans hésitation, pour tous les lecteurs, petits et grands. Les lecteurs retrouvent les fillettes, les chats et la pierre bleue à travers ces trois contes plein de magie et de merveilleux.

J’ai oublié de donner mon lien pour La BD de la semaine… Mais, en plus des challenges japonais (cités ci-dessus), pour Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10 et Un genre par mois (en avril, ce sont les BD qui sont à l’honneur).

Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi

Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi.

Pika, collection Seinen, septembre 2021, 164 pages, 4,49 €, ISBN 978-2-81166-258-5. Kanojo to kanojo no neko (彼女と彼女の猫, Kôdansha, 2016) est traduit du japonais par Claire Olivier.

Genres : manga, seinen.

SHINKAI Makoto 新海 誠 naît le 9 février 1973 à Nagano (Japon). Il est surtout connu en tant que réalisateur de films d’animations (La tour au-delà des nuages en 2004, 5 centimètres par seconde en 2007, Voyage vers Agartha en 2011, Your name en 2016 et Les enfants du temps en 2019) mais il est aussi voix de doublage (dans ses films), graphiste pour des jeux vidéo et auteur. Plus d’infos sur son site officiel et son Twitter.

YAMAGUCHI Tsubasa 山口つばさ naît un 26 juin à Tôkyô (Japon). Elle étudie les arts à l’université de Tôkyô et commence sa carrière de mangaka. Ses séries sont Kanojo to kanojo no neko (2016) et Blue period (ブルーピリオド, 2017, en cours). Plus d’infos sur son site officiel et son Twitter.

Un jour de pluie, une jeune femme trouve un chat, le ramène chez elle et le nomme Chobi. Le chat est le narrateur. « Voilà comment je suis devenu son chat. » La jeune femme, Miyu, vit seule et elle est souvent triste ; Chobi ne comprend pas pourquoi mais il ressent cette tristesse. Cependant il est heureux de la retrouver tous les soirs lorsqu’elle rentre du travail. La journée, il sort parfois et passe du temps avec sa petite copine, « un chaton, du nom de Mimi. […] Elle est petite et mignonne. Et elle adore se faire dorloter. »

Mais les saisons passent, printemps, été, automne et Miyu est de plus en plus triste… « Je ressens sa détresse au bout de chacun de mes poils… ».

Un manga one-shot tout en douceur et en délicatesse, très bien dessiné, avec un côté mignon mais pas mièvre, qui parle principalement du monde du travail et de la difficulté d’être une femme seule au Japon, et aussi de l’amour entre un chat et son humaine.

Il existe un roman éponyme paru chez Charleston en octobre 2021. Un court métrage d’animation réalisé par Makoto Shinkai en 1999. Et une série animée en 4 épisodes réalisée par Kazuya Sakamoto en 2016 (site officiel) et dont la bande annonce est ci-dessous. C’est pourquoi je mets ce manga dans le challenge Les adaptations littéraires.

Et aussi dans La BD de la semaine, BD 2022, Des histoires et des bulles (catégorie 29, une adaptation d’un film, d’une série, voir explication ci-dessus) et Jeunesse young adult #11.

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki

Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki.

Ki-oon, septembre 2006, 112 pages, 11,10 €, ISBN 2-915513-27-9. カミサマ – ルーシーは猫の中 Kamisama –Rûshî wa neko no naka (2006) est traduit du japonais par Ahmed Agne et Cécile Pournin.

Genres : manga, kodomo, shôjo, conte.

KOTOBUKI Keisuke 寿 圭祐 est mangaka (scénariste et dessinateur) depuis 1998. Ses dessins en couleurs sont proches de la peinture.

Lucy, dans le ventre du chat – Lucy va se promener mais doit rentrer avant l’heure du dîner. Sur le chemin, elle voit un chien qui se tient sur ses pattes arrières et qui l’appelle « Mademoiselle ! ». Il l’emmène dans un champ de fleurs comestibles où vit un chat géant qui avale la fillette.

Le chat-pluie – Une fillette déambule sous la pluie et rencontre un chat qui lui parle. Elle se trouve dans un hazama, « un endroit qui se situe entre le monde des vivants et celui des morts. C’est ici que finissent ceux dont personne ne se souvient. »

Shimashima – Shimashima, un jeune chat, rencontre Miyako. Elle a l’habitude d’apporter à manger aux chats du quartier et Shimashima vient d’arriver. « Miyako était très affectueuse avec moi. Et moi aussi, je l’aimais beaucoup. » Mais Miyako est malade.

Voici ce que dit l’éditeur : « Entre manga et conte, cet Alice qu pays des merveilles nippon regroupe plusieurs récits féeriques, drôles et émouvants à la fois. » (4e de couverture).

Kamisama est un manga différent, il est dans un format plus grand (15×21 cm), il est relié et il est tout en couleurs. Le fil directeur en plus des fillettes et des chats est la pierre bleue, semblable à une goutte de pluie, qui a des pouvoirs magiques. Manga à la fois kodomo (jeunesse) et shôjo (fille), il se situe du côté du merveilleux, du fantastique, bref il a tout du conte (mais pas du conte occidental, plutôt du folklore japonais).

Il existe deux autres tomes, Les contes de la colline (2003 au Japon, 2007 en France) et Au bout du chemin (2008 au Japon, 2010 en France) que je vous présenterai une prochaine fois.

À noter que l’auteur a retouché toutes les planches des trois tomes pour les proposer à la lecture dans le sens occidental. Une nouvelle édition de ces trois tomes est parue en novembre 2014.

Kamisama est un très beau livre pour les plus jeunes et les plus grands, pour tous ceux qui aiment la magie des dessins et des histoires.

Pour les challenges Adaptations littéraires (contes et folklore japonais adaptés en manga), BD 2022, Contes et légendes #4, Des histoires et des bulles (catégorie 4, un shôjo, avec cette 40e lecture avant le 1er avril, j’honore le niveau 4), Jeunesse young adult #11 et Littérature de l’imaginaire #10.

Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan

Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan.

Ankama, septembre 2021, 48 pages, 14,90 €, ISBN 979-10-335-1254-7.

Genres : bande dessinée française, policier.

Cyril Lieron, après avoir étudié les arts graphiques, devient coloriste. Le premier tome de L’affaire du ticket scandaleux était sa première bande dessinée en tant que scénariste.

Benoit Dahan naît le 31 mai 1975 à Paris et il étudie les arts graphiques. Il est dessinateur et co-scénariste de L’affaire du ticket scandaleux. Il est aussi illustrateur (presse, jeunesse) et designer graphique. Du même auteur : Simon Radius psycho-investigateur (2017) avec Erwan Courbier. Plus d’infos sur http://www.benoitdahan.com/.

J’ai mis du temps pour lire ce deuxième tome (toujours emprunté à la médiathèque) et, lorsque je l’ai eu en mains, je l’ai dévoré alors j’ai pris peu de notes.

Nous sommes toujours en novembre 1890. Holmes et Watson se dirigent vers Finsbury Printing Company pour découvrir des informations sur l’impression du ticket.

Et c’est une matinée déjà riche en indices et en rebondissements ! « La tête me tourne… ! » (Watson, les pages ne sont pas numérotées).

Après une bagarre mémorable, les deux amis ont en mains un nouveau ticket pour un spectacle qui aura lieu le soir même.

Le lecteur est toujours dans la tête de Sherlock Holmes et il y a toujours ce fil rouge à suivre (lorsqu’il se casse, Holmes tout mignon le répare), non seulement dans les lieux où se rendent Holmes et Watson mais aussi dans la pensée et la réflexion de Holmes. C’est tout simplement énorme.

Mycroft Holmes, le frère de Sherlock, intervient dans cette affaire inédite et restée secrète en lien avec la Chine et la guerre de l’opium.

Je me suis posée cette question : comment l’empire britannique pouvait-il se soucier des habitants des pays qu’il colonisait alors qu’il n’arrivait déjà même pas à se soucier de sa propre population, de ses soldats ? Et peut-être qu’à travers l’empire britannique, la même question peut se poser pour les autres pays colonisateurs…

Des dessins toujours superbes, encore des petits jeux pour vérifier que le lecteur suit (des transparences par exemple), une suite digne du premier tome. En un mot, une réussite !

Coup de cœur du festival Quai des Bulles 2021, élue meilleure série Europe aux BDGest Arts 2021.

Pour les challenges 2022 en classiques, Adaptation littéraire, BD 2022, Des histoires et des bulles (catégorie 36, une BD autour de Sherlock Holmes, Hercule Poirot et/ou Agatha Christie), Polar et thriller 2021-2022, Les textes courts et bien sûr Le signe des trois – Sherlock Holmes.

Go West Young Man de Tiburce Oger

Go West Young Man de Tiburce Oger avec la collaboration de Hervé Richez.

Grand Angle, novembre 2021, 112 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-8189-8320-1.

Genre : bande dessinée française, western, Histoire.

Tiburce Oger naît le 21 avril 1967 à La Garenne Colombes (Hauts de Seine, Île de France). Il étudie les Beaux Arts à Angoulême puis travaille pour des séries animées. Il devient scénariste et dessinateur de bandes dessinées. Son premier titre est Gorn (Vents d’Ouest, 11 tomes entre 1992 et 2008). D’autres bandes dessinées suivent chez Vents d’Ouest, les Humanoïdes associés, Delcourt, Casterman, Daniel Maghen ou Rue de Sèvres. Il existe un tirage luxe noir et blanc de Go West Young Man.

XVIIIe et XIXe siècles, le rêve américain, la Conquête de l’Ouest. Le fil directeur de chaque histoire ou flashback est la montre à gousset de Sanchez.

Golden Watch, Nouveau-Mexique, 1938. Dessins et couleurs de Paul Gastine. Sanchez, un éleveur, s’apprête à vendre son ranch et ses chevaux.

Deux paroles, Pennsylvanie, 1763. Dessins et couleurs de Patrick Prugne. Les Indiens emmenés par « le grand chef Pontiac, ami des Français » (p. 5) veulent récupérer les terres que les Britanniques ne leur ont pas restituées mais ils sont décimés par la variole.

Malheur River, Yellowstone River, 1825. Dessins et couleurs d’Olivier Taduc. James Clyman, un Mountain Man de l’American Fur Company va épouser Nattes sur les joues, « une sauvageonne païenne » (p. 13).

Conestoga, Missouri, 1842. Dessins de Benjamin Blasco-Martinez et couleurs de Serial Color. Kathryn, une femme blanche, et Jonathan, un homme noir, fuient la Louisiane et l’esclavage. Mais Jonathan est tué et le convoi conduit par John Golder est attaqué par des Indiens.

Pyramid Lake War, Utah, 1860. Dessins et couleurs de Ralph Meyer. William Golder a 11 ans et il a récupéré le cheval et les courriers du Pony Express, il veut tout livrer pour devenir un héros mais c’est son dernier voyage…

Ne meurs pas, Fairfax, 1863. Dessins et couleurs de Félix Meynet. L’enfer de la guerre de Sécession.

Les sœurs Austin, Texas, 1875. Dessins et couleurs de Dominique Bertail. Les deux nièces de miss Taffin ont été enlevées par des Cheyennes. Deux hommes courageux tentent de les délivrer.

J’ai connu Wild Bill, territoire indien, 1879. Dessins de Hugues Labiano et couleurs de Jérôme Maffre. Au Texas, une diligence est attaquée par des soudards. À bord, une femme et un enfant, tous deux tués. « On tue jamais par plaisir, je crois… On tue par peur… » (p. 59). Le marshall qui a connu Wild Bill Hickok, emmène le criminel, Douglas Mac Gerthy, à Fort Smith pour qu’il soit pendu. « Voilà, Douglas… On peut tuer pour une montre. Tu l’as fait, Hickok l’a fait… » (p. 63).

L’ours, Montana, 1881. Dessins de François Boucq et couleurs de Jack Manini. Miles City est sous les eaux car la Tongue River a débordé. Un trappeur boit un coup au saloon, il porte un beau manteau en peau d’ours.

The girls and the doc, Kansas, 1882. Couleurs et dessins d’Éric Hérenguel. Au Murray Inn, Gregorwsky tue une prostituée, Mary. Le doc Bernstein qui s’occupe de la santé des prostituées veut faire la peau à cet homme violent.

La lettre. Dessins de Michel Blanc-Dumont & Steve Cuzor et couleurs de Tom Cuzor. « Colorado, septembre 1883. Meredith, ma chère petite, je saisis la plume ce matin avant de reprendre la route. […]. » (p. 81). Meredith est entrée au sanatorium de Saint-Joseph et l’homme espère trouver en Californie, un médecin capable de la soigner mais les Indiens sont à l’affût…

La montagne qui parle, Arizona, 1885. Dessins et couleurs de Christian Rossi. À Chiricahua Mountain, le sergent Lewis en poste à Fort Bowie est menacé par un crotale. Il raconte comment il en est arrivé là.

Cattle Kate, Wyoming, 1894. Dessins de Michel Rouge et couleurs de Corentin Rouge. Nate Lewis court pour sauver son épouse et leur fils, James.

Viva Villa, région de Chihuahua, 1916. Dessins et couleurs de Ronan Toulhoat. Rodrigo donne l’alerte, une vingtaine de cavaliers gringos (ou americanos) arrivent au village de San Miguel (Mexique). Il faut protéger Pancho Villa !

Golden Watch, Nouveau Mexique, 1938. Dessins et couleurs de Paul Gastine. On retrouve Sanchez, actuel propriétaire d’une montre en or à gousset qui vend son ranch et ses chevaux.

Quinze histoires, un même scénariste mais quatorze dessinateurs différents (même dessinateur pour Golden Watch du début et de la fin). Pas d’inquiétude, il y a une belle diversité mais aussi une belle unité dans cet incroyable projet historique et artistique. Quinze histoires qui vont de 1763 à 1938 soit 175 ans d’occupation du territoire américain, d’est en ouest, de dangers, de guerres contre les Indiens, d’exactions, de tueries, de massacres, de bons moments aussi, parfois.

Ce n’est pas le rêve américain dans toute sa splendeur ! C’est sombre, c’est brutal, ça tue des Indiens, mais aussi des femmes, des enfants… C’est sûrement très proche de la réalité. Et c’est surtout une grande réussite ! Comme je le disais en début de billet, la montre est le fil directeur de ces (petites) histoires, de cette (grande) Histoire, une montre anglaise en or de belle valeur, donnée, reçue, volée, qui aura connu de nombreux propriétaires. Cette bande dessinée n’est pas réservée qu’aux amateurs de western !

La petite histoire de Go West, Young Man. Go West, Young Man, Go West est une expression de John Babsone Lane Soule (1815–1891) datant de 1851 (Dictionary of American History). Elle fut reprise par Horace Greeley (éditeur du New York Tribune) dans un éditorial de 1865 pour encourager la conquête de l’Ouest. Trois films (réalisés en 1918, 1936 et 1980) portent le titre Go West, Young Man.

Pour La BD de la semaine (mais j’ai pris du retard et je n’ai pas donné mon lien…), le challenge BD 2022 (il est de retour !), Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 32, un livre d’un auteur de la même nationalité que moi), Book trip mexicain (pour l’histoire Viva Villa, avec Pancho Villa), Challenge lecture 2022 (catégorie 23, un livre avec plusieurs points de vue, je le choisis parce qu’il y a plusieurs points de vue au niveau historique mais surtout au niveau artistique, chaque dessinateur ayant son propre style), Des histoires et des bulles (catégorie 30, une BD western), Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Go, verbe anglais) et Un genre par mois (en mars, c’est le genre historique). Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Challenge BD 2022

Je participe au Challenge BD depuis sa création en 2014. En fait, il est devenu perpétuel mais j’aime bien qu’un nouveau logo arrive et celui de 2022 me plaît. J’espère qu’il vous donnera envie de participer.

Infos, logo et inscription chez Marjorie du blog Chroniques littéraires + le groupe FB.

Les catégories
Agent 212 : 1 à 4 BD
Les nombrils : 5 à 10 BD
Alter Ego : 11 à 24 BD
Pico Bogue : 25 à 50 BD
BDvore : plus de 50 BD
Super BDvore : plus de 100 BD

Mes lectures BD pour ce challenge

1. Go West Young Man de Tiburce Oger (Grand Angle, 2021, France)

2. Dans la tête de Sherlock Holmes, 2 – L’affaire du ticket scandaleux de Cyril Lieron et Benoit Dahan (Ankama, 2021, France)

3. Kamisama 1 – La mélodie du vent de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2006, Japon)

4. Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi (Pika, 2021, Japon)

Catégorie Agent 212 honorée 🙂

5. Kamisama 2 – Les contes de la colline de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2007, Japon)

6. D.Gray-Man 1 de Katsura HOSHINO (Glénat, 2013, Japon)

7. Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement – tome 2 d’Umi Sakurai (Soleil Manga, 2021, Japon)

8. Kamisama 3 – Au bout du chemin de Keisuke Kotobuki (Ki-oon, 2010, Japon)

9. Seizième printemps de Yunbo (Delcourt, 2022, Corée du Sud)

10. Les oiseaux de Troubs (Futuropolis, 2021, France)