Beaux Arts hors-série Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD de science-fiction

Beaux Arts hors-sériebd-sf Les secrets des chefs-d’œuvre de la BD de science-fiction. Janvier 2017, 156 pages, 7,90 €, EAN 9791020403094.

De Les pionniers de l’Espérance à Y le dernier homme, un grand tour d’horizon de la bande dessinée de science-fiction avec 10 titres à l’international ! Des extraits, des planches expliquées, des histoires complètes (en noir et blanc ou en couleurs), les trois secrets du succès pour chaque bande dessinée, la naissance de la revue Métal Hurlant en 1974, etc.

Les pionniers de l’Espérance de Roger Lécurieux et Raymond Poïvet : la « première grande bande dessinée française de science-fiction » débute en 1945 et continuera pendant 30 ans. Je ne connaissais pas.

L’Éternaute de Hector Oesterheld et Victor Solano López en 1957 : une bande dessinée argentine (attention aux flocons de neige !). Je ne connaissais pas non plus.

Les naufragés du temps de Jean-Claude Forest et Paul Gillon en 1964 : un space opéra poétique et sentimental (entre Chris et Valérie) avec un « réalisme magique ».

Lone Sloane de Jacques Lob, Benjamin Legrand et Philippe Druillet en 1966 : l’année de ma naissance mais je ne suis pas fan de Druillet, des couleurs éclatantes et des bulles partout !

Valérian et Laureline de Pierre Christin et Claude Mézières en 1967 : un célèbre titre de la revue Pilote que cette « première grande série populaire de science-fiction franco-belge » qui continue encore.

La trilogie Nikopol d’Enki Bilal en 1978 : pas fan du dessin sombre d’Enki Bilal mais c’est sa première œuvre. Je devrais peut-être essayer de relire cet auteur.

incal1L’Incal d’Alejandro Jodorowsky et Mœbius en 1980 : et par extension Les Méta-Barons. Pour moi, c’est le must : j’aime tous les titres de ces deux grands auteurs !

Transperceneige de Jacques Lob, Benjamin Legrand et Jean-Marc Rochette en 1982 : un excellent noir et blanc et un bon film post-apocalyptique réalisé par le Coréen Bong Joon-ho en 2013.

Akira de Katsuhiro Ôtomo en 1982 : un des premiers mangas arrivés en France : chef-d’œuvre ! Ainsi que le film d’animation réalisé par l’auteur lui-même en 1988.

Y le dernier homme de Brian K. Vaughan et Pia Guerra en 2002 : « une des dernières révélations de la BD de SF », une très bonne série effectivement mais je n’ai lu que les deux ou trois premiers tomes.

Il aurait pu y en avoir d’autres comme Aquablue, Arctica, Carmen Mc Callum, Neige, Nomad, Sillage, la Caste des Méta-Barons et les Technopères, les bandes dessinées de Léo (Antarès, Kénya, Terres lointaines…), celles de Christophe Bec (Carthago, Sanctuaire…) ou même le « classique » Yoko Tsuno et l’autre titre japonais emblématique Gunnm, etc. mais je vous laisse le plaisir de les découvrir vous-mêmes car la science-fiction est un univers riche en personnages, animaux et créatures, vaisseaux et planètes lointaines, « critiques » sociales et politiques, mondes détruits, rêve et imagination !

L’appel de Galandon et Mermoux

appelL’appel de Laurent Galandon et Dominique Mermoux.

Glénat, novembre 2016, 124 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-344-01071-6.

Genres : bande dessinée, roman graphique.

Laurent Galandon naît le 16 mars 1970 à Issy les Moulineaux dans la région parisienne. Il étudie la photographie puis travaille pour le cinéma d’Art et essai. Il est scénariste de bandes dessinées et a reçu de nombreux prix en particulier pour sa série L’envolée sauvage. Pas mis à jour très souvent, mais son blog, http://workinprogresslg.blogspot.fr/.

Dominique Mermoux naît en 1980 en Haute-Savoie. Il étudie les Arts appliqués à Grenoble puis la communication visuelle à Besançon et enfin l’illustration en Arts décoratifs à Strasbourg. Il est dessinateur de bandes dessinées et illustrateur pour les livres jeunesse (parfois sous le pseudonyme de Dom) et a reçu plusieurs récompenses. Son blog, http://dominiquemermoux.fr/.

Cécile, une mère célibataire qui travaille de nuit à l’hôpital, est effondrée, impuissante : alors qu’elle croyait Benoît en train de faire du rafting en Ardèche, elle reçoit de Turquie une clé USB avec une vidéo ! Son fils unique est parti au Cham rejoindre ses « frères » et « défendre les opprimés ». Cécile veut comprendre, elle se souvient des dernières semaines et décide de savoir pourquoi Maud, la petite copine, a rompu il y a trois mois. « Comment ai-je pu être aussi aveugle ? » (p. 23).

rentreelitteraire2016Un enfant sans père, une mère souvent absente à cause de son travail, une injustice que l’adolescent ne supporte pas et Benoît est en colère contre sa mère, la société, la police, la terre entière ! « À partir du moment où Benoît a mis le doigt dans l’engrenage, Muhajir ne l’a plus lâché. Il ne s’est plus passé un jour sans qu’il lui adresse un lien vers une vidéo ou des documents vantant le djihad et la vie en Syrie… Ou qu’il le sollicite pour une conversation Skype ou un tchat sur Facebook. Un véritable harcèlement dont Benoît n’a pas pris la mesure et auquel il a volontairement répondu présent. » (p. 69). On le voit, la technologie moderne et les réseaux sociaux ont leur part de responsabilité ainsi que la naïveté des jeunes approchés et leur ignorance du monde dans lequel ils s’engagent… L’appel est une bande dessinée réaliste et difficile, mais vraiment bien traitée et pratiquement d’utilité publique ! À noter que ceux qui connaissent Valence reconnaîtront le centre ville, le pont Frédéric Mistral (qui relie Valence à l’Ardèche) et le Champ de Mars avec le célèbre Kiosque Peynet entre autres.

challengebd2016-2017J’ai eu la chance de rencontrer (rapidement) les auteurs fin novembre 2016 et j’ai pris quelques notes : ils ont commencé à travailler sur cette bande dessinée en novembre 2015 c’est-à-dire avant les attentats. Mermoux n’est pas à l’aise avec la couleur mais le choix du noir et blanc sépia est judicieux je trouve. Galandon dit qu’il n’y a pas de lien avec Shahidas (Grand Angle, tome 1 en 2009 et tome 2 en 2011, avec Volante au dessin) qui a été plus écrit comme un polar (mais il a eu du mal avec le quotidien en Égypte et en Palestine donc il ne souhaite plus écrire d’histoires pour lesquelles il ne maîtriserait pas le sujet). Une actrice célèbre a beaucoup aimé la bande dessinée et il y aurait une possibilité d’adaptation cinématographique.

Je mets L’appel dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2016 (hors roman) et BD.

mermoux-galandon

Dominique Mermoux (à gauche) et Laurent Galandon (à droite)

Challenge BD avec Marjorie

Troisième édition pour le Challenge BD de Marjorie du blog Chroniques littéraires. Les infos sur son billet de présentation et le groupe FB (pour échanger et déposer les liens) ; le challenge court jusqu’au 7 juillet 2017.

Voici les catégories que Marjorie a crées :

challengebd2016-2017Agent 212 = 1 à 4 BD

Les Nombrils = 5 à 10 BD

Alter Ego = 11 à 24 BD

Pico Bogue = 25 à 50 BD

BDvore = plus de 50 BD

Super BDvore = plus de 100 BD

Je vais démarrer « petit » et je me ferai un plaisir d’augmenter la dose !

Mes lectures BD pour ce challenge

1. L’appel de Laurent Galandon et Dominique Mermoux (Glénat, 2016)

En coup de vent… /23

ExploitsQuickFlupke1Dernier jour du mois d’avril et je me rends compte que je n’ai pas honoré certains challenges… Pour ma défense, j’étais alitée – à cause de mon dos – pendant une grosse partie du mois et je n’arrivais pas bien à me concentrer pour lire ou faire quoi que ce soit… Mais j’ai un peu lu quand même ! Alors rapidement :

Pour le mois belge, j’ai lu Les exploits de Quick & Flupke (ça se prononce comment exactement ?) de Hergé, une intégrale parue chez Casterman en novembre 2007 dans une édition en noir en blanc (deux recueils de 120 pages et 144 pages). ExploitsQuickFlupke2Quick et Flupke sont des garnements pas méchants qui veulent bien faire (la plupart du temps) mais ils n’ont pas de chance et… ils sont quand même un peu bêtes ! Mes « exploits » préférés sont Politesse pages 80-81 du premier recueil et L’oiseau rare page 57 du deuxième recueil. Hergé apparaît de temps en temps et il y a de nombreux clins d’œil : j’en ai sûrement raté mais j’ai aperçu l’album Tintin en Amérique, ainsi qu’un chien qui ressemble à Milou et des policiers qui ressemblent aux Dupondt. C’est amusant mais c’est vraiment d’une autre époque ! Imaginez : les gags de ces deux recueils étaient publiés dans le journal Le Petit Vingtième entre 1930 et 1935.

DesertsAmourRimbaudPour le challenge Classiques, j’ai relu des poèmes de Rimbaud (1854-1891) et je voudrais simplement attirer votre attention sur les poèmes en prose comme Les déserts de l’amour (fragments) dans lesquels le poète se souvient de son enfance et de son besoin d’amour. Et puis il y a aussi ce court poème en prose, Ouvriers, dans lequel l’auteur raconte avec simplicité l’histoire d’un couple qui ne gagne pas bien sa vie et qui veut quitter son pays en quête d’un monde meilleur : toujours d’actualité, n’est-ce pas ?

OhLaVacheDuchovnyPour le challenge Un genre par mois, le genre choisi par Iluze pour avril est fantasy ou aventure et j’ai lu Oh la vache ! de David Duchovny paru aux éditions Grasset en janvier 2016. Une aventure amusante – mais qui fait réfléchir – avec des jeux de mots, des animaux, un poil de religion et de fantastique ! Ma note de lecture sera en ligne tout bientôt, d’accord ?Bougie1an

Voilà, je vous souhaite un bon weekend et demain le blog fêtera sa première année !

Phallaina, bande défilée

Phallaina est une bande dessinée, en bande défilée (une fresque horizontale incroyable !), de Marietta Ren. Elle raconte l’histoire d’Audrey qui a des hallucinations, en fait des crises d’épilepsie selon le docteur Chaillet, un neurologue. Audrey pense vivre sous l’eau avec des poissons et des baleines. Plus d’infos sur Phallaina – Nouvelles écritures – France TV et sur 9emeArt.fr.

Marietta Ren est une illustratrice et artiste parisienne. Plus d’infos sur son site (Art, digital comic, illustration) et sur Patateofeu (céramique, illustrations).

La photographe – 1 de Kenichi Kiriki

Photographe1La photographe, tome 1 de Kenichi Kiriki.

Komikku, collection Horizon, novembre 2015, 192 pages, 16 €, ISBN 979-10-91610-75-9. Tokyo shutter girl 東京シャッターガール (2012) et traduit du japonais par Patrick Honnoré et Yukari Maeda.

Genre : manga.

Kenichi Kiriki 桐木憲一 naît le 8 mars 1976 à Yamaguchi. Il est mangaka depuis la fin des années 90. Plus d’infos sur son blog et son compte Twitter. Plusieurs photos et illustrations sur Tokyo shutter girl.

Ayumi Yumeji est inscrite depuis trois mois au club photographie de son lycée. Passionnée, elle parcours la ville avec son appareil argentique pour photographier sur le thème de Tokyo intime. Car, avec son appareil, elle découvre des lieux par hasard ou remarque des choses qu’elle n’aurait pas vues auparavant.

Ce manga est un peu cher (16 €) mais c’est un grand format, de belle qualité, et il sert parfaitement de guide touristique pour découvrir différemment les quartiers de Tokyo. Une préface rédigée par les traducteurs, une postface rédigée par Rumiko Tezuka (la fille d’Osamu Tezuka), une carte de Tokyo pour repérer les quartiers, des notes pour chaque quartier avec plan et lieux de prise des photographies (je crois que l’appareil est un RolleiCord), et plus encore (comme promenade dans Kandâ et Jinbôchô sur les traces de Sôseki Natsume ou dans Kikuzaka sur les traces d’autres écrivains de l’ère Meiji ou dans Ikebukuro qui abrite la maison d’Edogawa Ranpo). Ainsi amateurs du Japon et amateurs de littérature sont tous les deux comblés ! Un seinen (manga pour adultes) à découvrir de toute urgence et à déguster sans modération, mais petit à petit, quartier par quartier. Défilent alors avec des dessins réalistes et sensibles des rues, des monuments, connus ou discrets, des événements spécifiques de chaque quartier, l’unique tramway encore en circulation, les fleurs de pruniers et de cerisiers, des rencontres, le développement des photos en chambre noire, etc., et puis la construction de la SkyTree puisque la tour grandit à chaque visite. Le bonheur : revoir des lieux connus (j’ai pu sentir, ressentir, me souvenir avec plaisir et une pointe de tristesse de ne plus y être) et se dire qu’il y a encore des lieux à découvrir, toujours, car Tokyo est en perpétuel changement tout en gardant sa tradition dans la modernité. Tokyo shutter girl a été adapté en série animée, en film et il existe une expo des photos. J’ai hâte de lire le tome 2 paru fin février (au Japon : 3 tomes en cours) mais les autres œuvres de Kiriki ne sont pas encore traduites en français.

Une petite vidéo pour avoir l’impression d’y être !

Le piano oriental de Zeina Abirached

PianoOrientalLe piano oriental de Zeina Abirached.

Casterman, septembre 2015, 212 pages, 22 €, ISBN 978-2-20309-208-2. Vous pouvez voir 5 pages sur le site de l’éditeur dont une ci-dessous.

Genres : bande dessinée, roman graphique.

Zeina Abirached naît à Beyrouth en 1981. Elle étudie les Beaux-Arts à Beyrouth puis à Paris. Elle vit et travaille entre Beyrouth (Liban), Paris (France) et Berlin (Allemagne).

Beyrouth, 1959. Abdallah Kamanja a reçu une lettre de Monsieur Hofman : il doit aller à Vienne lui présenter son piano oriental. Son meilleur ami, Victor Challita, l’accompagne.

Beyrouth, années 80-90. Enfance et adolescence de Zeina Abirached. « Les mots en français étaient devenus un refuge. (p. 72). Elle quitte Beyrouth en 2004, pour Paris, elle a 23 ans. « J’avais droit à un seul bagage de 23 kilos. » (p. 27).

PianoOrientalExtraitLe piano oriental est une magnifique bande dessinée dans un noir et blanc riche et lumineux ! Sélectionnée au Festival d’Angoulême 2016 et pour le Prix Artémisia 2016, cette œuvre a reçu le Prix Phénix de littérature 2015. J’ai beaucoup aimé comprendre pourquoi Zeina Abirached associe la langue française au noir et blanc. Pour elle, la langue est très importante. « Je tricote depuis l’enfance une langue faite de deux fils fragiles et précieux. » (p. 97). Il en est de même pour la musique avec ce piano éphémère : « Un piano oriental… Cette étrange juxtaposition de deux visions du monde que rien ne semble pouvoir lier, sa musique double, le son léger du déhanchement inattendu d’une note au milieu d’une phrase, je les porte en moi. » (p. 148). Abdallah s’est mariée à Odette ; ils ont eu un fils, Julien ; il est le père de l’auteur. Ainsi, c’est l’histoire de son grand-père que Zeina Abirached raconte avec humour et tendresse dans ce rapprochement entre deux mondes, deux cultures, et c’est vraiment émouvant.

Je vous conseille les autres titres de Zeina Abirached : [Beyrouth] Catharsis et 38 rue Youssef Semaani (2006), Mourir, partir, revenir – Le jeu des hirondelles (2007), Je me souviens – Beyrouth (2008), Mouton (2012) et Agatha de Beyrouth avec Jacques Jouet (2011), tous parus aux éditions Cambourakis. Et pour que vous découvriez encore plus son univers, voici le court métrage d’animation réalisé en 2006, Mouton.