Trois contes coréens

Trois contes coréens découverts en juin grâce à un membre du Hanb(o)ok Club sur FB.

Le tigre et le kaki séché sur KBS World. Un énorme tigre qui vit dans la montagne décide de descendre au village pour manger. Un cochon ou un veau ou même un humain. « Il était tellement féroce que même son ombre faisait trembler de peur toutes les autres créatures. » Mais un kaki séché va tout changer !

Frère Lune et Sœur Soleil sur KBS World. « C’est mon dernier. Je t’ai donné tout ce que j’avais. Maintenant, laisse-moi rentrer chez moi ! ». Une femme pauvre est dévorée par un tigre qui a déjà mangé tous ses gâteaux de riz. Maintenant ses deux enfants, un garçon et une fille, doivent échapper au tigre mais comment ?…

Deux bons frères sur KBS World. Comment deux frères, bien qu’orphelins, vivent heureux car ils s’aiment et s’entraident sans rien demander en échange. « Toi en premier ! » « Non, toi d’abord ! ».

Les illustrations sont ⓒ YEOWON MEDIA HANKOOK GARDNER CO. LTD.

Depuis que j’ai lus ces contes (mi-juin), KBS World en a rajouté d’autres dans sa rubrique Il était une fois, profitez-en !

Pour le Challenge coréen #2, Challenge de l’été #2 (Corée du Sud), Contes et légendes #3, Jeunesse young adult #10 et Les textes courts.

PS : s’il n’y a pas de bande dessinée aujourd’hui, c’est parce que La BD de la semaine est en pause en juillet-août mais je publierai tout de même quelques notes de lectures de bandes dessinées pour garder le rythme.

Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme de Jules Verne

Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme de Jules Verne.

In Contes et nouvelles de Jules Verne, Ouest France, mars 2000, 392 pages, 28 €, ISBN 978-2-73732-654-7, épuisé. Disponible librement sur Wikisource.

Genres : littérature française, fantastique, nouvelle, conte.

Jules Verne : consulter ce que j’ai écrit pour ma note de lecture de Le Chancellor : journal du passager J.-R. Kazallon. D’ailleurs, après avoir lu ce titre, je me suis dit que je pouvais encore lire une nouvelle (eh oui, Jules Verne était aussi nouvelliste) pour Les classiques c’est fantastique #2 et La bonne nouvelle du lundi.

Attention, je n’ai pas lu ce livre entièrement ! J’ai lu l’introduction et le premier texte soit 70 pages.

Dans l’introduction, Volker Dehs explique que les nouvelles de Jules Verne sont peu nombreuses (une vingtaine) et peu connues, « une première moitié se constitue de textes de jeunesse […] ; la seconde moitié, écrite après 1863, doit sa genèse bien plus à l’opiniâtreté de quelques directeurs de revues qu’à l’impulsion personnelle de l’écrivain […]. » (p. 9).

Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme fait partie des œuvres de jeunesse (rédaction en 1853 et publication en 1854), œuvre probablement inspirée par les Contes fantastiques d’Ernst Theodor Amadeus (1776-1822) et par Edgar Allan Poe que Jules Verne admirait, et Volker Dehs pense qu’elle « constitue probablement le coup de maître du jeune auteur. » (p. 11).

Cette nouvelle est un conte fantastique paru en deux fois dans Musée des familles en avril et mai 1854 (avant d’être remaniée et publiée par Hetzel en 1874). Jules Verne emmène ses lecteurs chez un horloger à Genève en Suisse, sûrement au XVe siècle.

Dans une maison traditionnelle genevoise vivent le vieil horloger Zacharius, sa fille de 18 ans Gérande, son apprenti Aubert Thün et sa servante Scholastique. Impossible de donner l’âge de maître Zacharius, « Cet homme ne vivait pas ; il oscillait à la façon du balancier de ses horloges ; sa figure, sèche et cadavérique, affectait des teintes sombres […]. » (p. 32). Maître Zacharius est respecté en Suisse, connu en France et en Allemagne, il est habile (il a fabriqué de nombreux instruments d’horlogerie) et inventeur (il a inventé l’échappement).

Mais depuis quelques jours, « les montres [qu’il] a faites et vendues s’arrêtent subitement. On lui en a rapporté un grand nombre ; il les a démontées avec soin ; les ressorts étaient en bon état et les rouages parfaitement établis ; il les a remontées avec plus de soin encore ; mais, en dépit de son habileté, elles sont demeurées sans mouvement. » (p. 35). Or Zacharius pense être l’âme de ces montres car il a mis un peu de son âme dans chacune d’elles. « Chaque fois que s’arrête une de ces horloges maudites, je sens mon cœur qui cesse de battre, car je les ai réglées sur ses pulsations !… Fatalité ! Malheur et tourment !… » (p. 37). Ces arrêts seraient-ils surnaturels ?

C’est que l’horlogerie a suivi le progrès des sciences mais « elle fut toujours arrêtée par une insurmontable difficulté : la mesure régulière et continue du temps. » (p. 42) or l’invention du vieil horloger, l’échappement « lui permettait d’obtenir une régularité mathématique, en soumettant le mouvement à une force constante. » (p. 42), il a transformé le temps en Temps.

Lorsque Maître Zacharius tombe malade, son cœur s’arrête parfois de battre, comme ses montres, et aucun médecin ne peut rien y faire… Les habitants jasent, tout cela est surnaturel pour sûr ! Ses concurrents le plaignent mais ils se réjouissent aussi de leur fortune. Et un jour, il reçoit la visite d’un bizarre petit vieillard qui lui parle des montres. « Eh bien, elles mourront avec vous, puisque vous êtes si empêché de redonner l’élasticité à vos ressorts. » (p. 51). Ce n’est pas possible, maître Zacharius ne peut pas mourir, « maître Zacharius a créé le temps, si Dieu a créé l’éternité. » (p. 51). Orgueil ? Folie ? Il se rappelle subitement qu’une vieille horloge de fer, vendue à un certain Pittonaccio, ne lui a pas été rapportée, « elle existe encore, elle marche encore, elle vit toujours !… Ah, je la veux ! » (p. 59). Lui faudra-t-il faire des sacrifices, se damner pour récupérer cette horloge ?

Les lecteurs connaissent plus Jules Verne pour ses romans d’aventures mêlés de sciences et de science-fiction mais l’auteur a aussi écrit dans le genre fantastique, on l’a vu avec Le Chancellor : journal du passager J.-R. Kazallon (fantastique plutôt horreur) et on le voit encore avec Maître Zacharius (fantastique plutôt gothique, genre mythe de Faust revisité). Il y a 4 personnages principaux, Zacharius, Gérande, Aubert, Scholastique, qui vivent ensemble, qui sont unis par des liens d’amitié ou d’amour, de respect en tout cas, et un personnage étrange, presque diabolique, Pittonaccio. C’est presque un huis-clos dans la maison et l’atelier de Zacharius, si ce n’est la « balade » en montagne. Je confirme que c’est un coup de maître, à découvrir.

Cette lecture entre aussi dans 2021 cette année sera classique, Challenge de l’été #2 (Suisse), Contes et légendes #3, Littérature de l’imaginaire #9, Projet Ombre 2021, Les textes courts et S4F3 #7.

Pour Les classiques c’est fantastique, d’autres titres de Jules Verne chez Moka, FannyLolo, Natiora, Cristie, George, Alice, MumuHéliena, L’Ourse bibliophile, Céline, ManonMadame Lit, Lili.

 

La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing

La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing.

Éditions en langues étrangères est une maison d’éditions chinoise, basée à Beijing, qui publie depuis 1952 des œuvres chinoises dans plus de 40 langues (dont le français) pour faire découvrir la littérature chinoise. 30 pages.

Genres : littérature chinoise, conte illustré, fantastique.

Fang Yuan est un auteur chinois.

Yang Yongqqing est un illustrateur chinois (1928-2011). Quelques œuvres sur Artnet.

Petit Suo est orphelin depuis l’âge de 5 ans. Il vit donc avec son frère aîné et son épouse.

Petit Suo a maintenant 12 ans et il travaille beaucoup : chercher l’eau, couper le bois, faire fonctionner la meule, décortiquer le riz…

Mais un jour, en passant sur une passerelle avec le bois, sa hache tombe dans la rivière dont le courant est très fort. Alors que Petit Suo est en larmes, un vieil homme le console et plonge dans la rivière pour récupérer sa hache.

Est-ce une hache en argent ? Non, répond Petit Suo. Une hache en or ? Non, répond Petit Suo. Le soir, comme Petit Suo rentre tard, il raconte son histoire et le frère aîné est bien intéressé par la hache en or !

Dans ce conte chinois, Petit Suo est le symbole de l’honnêteté avec un album joliment illustré.

Pour les challenges Contes et légendes #3, Jeunesse young adult #10, Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Objet pour la hache) et Les textes courts.

Le Liseron illustré par Walter Crane et Edmund Evans

Le Liseron illustré par Walter Crane et Edmund Evans.

Hachette, collection Magasin des petits enfants, 1874, 26 pages.

Genres : littérature enfantine illustrée, conte.

Walter Crane naît le 15 août 1845 à Liverpool (Angleterre). Il étudie avec le graveur William James Linton (1859-1862) et devient peintre, illustrateur, artiste, membre du mouvement artistique des Arts & Crafts, mais aussi écrivain et socialiste (ami avec John Ruskin et William Morris, entre autres). Il meurt le 14 mars 1915 à Horsham dans le Sussex (Angleterre).

Edmund Evans naît le 23 février 1826 à Southwark à Londres (Angleterre). Peintre, illustrateur, imprimeur et graveur, il développe une technique en provenance d’Asie sur bois en couleurs et devient un incontournable au XIXe siècle. Ainsi il travaille pour des classiques de littérature d’enfance et de jeunesse. Il meurt à Ventnor sur l’île de Wight le 21 août 1905.

Village de Fière-Garde. Le père est mort à la guerre, la mère de chagrin et la fillette, Louise, est orpheline. Les gens du village prennent soin de celle qu’ils surnomment Liseron parce que « le liseron est une plante agréable à voir, courageuse, contente de vivre, qui grimpe le long des haies quand elle peut, qui rampe à terre quand il le faut, qui fleurit partout, même entre deux pavés, même en plein soleil, et qui réjouit les gens par sa jolie couleur et son parfum délicat d’amande amère. » (p. 4) et, en échange, elle garde leurs brebis.

On est après 1515 puisque le Comte de Fière-Garde, blessé à la bataille de Marignan (septembre 1515), est mort quelques années après. La Comtesse de Fière-Garde qui était en Italie pour le soigner vient de rentrer au village et, entendant Liseron chanter, elle questionne la bergère. Celle-ci répond qu’elle aimerait des souliers pour ne plus entrer pieds nus dans la maison du Seigneur le dimanche et qu’elle aimerait savoir lire pour connaître les noms de toutes les choses qu’elle ne connaît pas. « On m’a dit qu’on trouve tout dans les livres. » (p. 12).

D’abord, merci à Katell de Chatperlipopette pour l’info sur FB et à Gallica-BnF pour ce conte, Le Liseron.

Ensuite, deux infos importantes. 1. Magasin des petits enfants est une « nouvelle collection de contes avec un texte imprimé en gros caractères et de nombreuses illustrations en chromolithographie ». 2. La chromolithographie est un procédé d’impression lithographique en couleurs datant de 1837 (impression couleur par couleur, jusqu’à 16 couleurs différentes, donc j’imagine qu’il fallait un passage par couleur).

Louise, la petite bergère orpheline, devient une belle jeune femme, instruite, aimante et comme une fille pour la comtesse dont le fils unique est au service du Roi. Ah, les orphelin(e)s dans la littérature des XIXe et XXe siècles, et les bergères et les princes dans les contes, c’est du pain béni ! Si le conte est français, les deux illustrateurs, très célèbres, sont Anglais et de l’époque victorienne (1837-1901) donc voici cette lecture dans A year in England et le thème de février (époque victorienne) honoré.

Mais aussi dans 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 32, un livre dont le titre comprend le nom d’une fleur), Les classiques c’est fantastique (pour l’histoire d’amour entre la bergère et le capitaine de Fière-Garde), Contes et légendes #3, Jeunesse et Young Adult #10, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Histoire d’une baleine blanche de Luis Sepúlveda

Histoire d’une baleine blanche de Luis Sepúlveda.

Métailié, septembre 2019, 128 pages (voir en bas du billet), 12 €, ISBN 979-10-226-0901-2. Historia de una ballena blanca (2018) est traduit de l’espagnol par Anne Marie Métailié.

Genres : littérature chilienne, novella illustrée.

Luis Sepúlveda naît le 4 octobre 1949 à Ovalle (Chili) mais grandit dans le quartier ouvrier de Santiago. Il pratique le football puis se lance en littérature. Étudiant, il soutient le gouvernement de Salvador Allende et il est emprisonné sous la dictature du général Augusto Pinochet en tant qu’opposant politique. Libéré, il est exilé en Suède mais va voyager en Amérique du sud (Équateur, Pérou, Colombie et Nicaragua) avant de s’installer en Europe (Allemagne puis Espagne). Militant à la Fédération internationale des droits de l’homme et à Greenpeace, il voyage régulièrement (Amérique du Sud, Afrique) et écrit (pour les adultes et pour la jeunesse). Il meurt le 16 avril 2020 à Oviedo (Espagne). En mai 2017, j’avais lu L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, un recueil de très bonnes nouvelles, plutôt politiques, en poche.

Été 2014, Puerto Mountt, Chili. Une baleine de quinze mètres s’est échouée… Les lafkenche, les hommes de la mer du coin, vont la tracter pour qu’elle repose en pleine mer. Un enfant triste offre au narrateur « une coquille de loco, un coquillage marin très apprécié » (p. 14-15) et lui dit d’écouter la baleine. « Je l’ai fait. Et sous le ciel gris du sud du monde une voix m’a parlé dans le vieux langage de la mer. » (p. 15).

À partir de ce moment, c’est la baleine qui devient narrateur. C’est un mâle, couleur de lune, « de l’espèce des cachalots, de la lignée des fjords et des îles » (p. 26). La baleine raconte sa naissance près de l’île Mocha, la mer, ses congénères, ce qu’elle a observé, son admiration des humains qui ne sont pas fait pour la mer mais qui naviguent sur des bateaux de plus en plus élaborés. Malheureusement, « je n’ai pas aimé ce que j’ai appris d’eux. » (p. 37) et ce n’est pas sa rencontre avec une baleine pilote aux poumons perforés par un harpon qui va changer son opinion… Les humains sont donc petits mais dangereux et ingrats envers la terre et la mer.

C’est alors qu’un vieux cachalot de son groupe lui narre la légende des lafkenche et d’une « île ngill chenmaywe, le lieu où on se réunit pour commencer le grand voyage. » (p. 59) et comment son groupe met son espoir en lui « pour faciliter le dernier voyage des quatre vieilles baleines, des trempulkawe » (p. 60).

Et le mâle se retrouve seul, près des côtes de Mocha, se nourrissant « des bancs de calamars et de poulpes qui abandonnaient leurs cachettes dans les fonds marins. » (p. 65). Les années passent et son travail d’attente et de surveillance s’étire en longueur mais le mâle a le temps de dormir et de rêver. « Je rêvais de cet endroit où nous irions, nous toutes les baleines guidées par les lafkenche. » (p. 74).

Que ce texte poétique est beau et triste ! La lecture fut éprouvante tant j’ai pleuré… Je hais les baleiniers ! Clin d’œil évident au Moby Dick de Herman Melville (les baleiniers surnomment notre narrateur Mocha Dick) avec le baleinier Essex du capitaine Achab, cette Histoire d’une baleine blanche est un vibrant hommage au peuple de la mer (baleine, dauphin) et au respect qui lui est dû. En août 2018, Camille Brunel donnait aussi la parole à une baleine, entre autres, dans La guérilla des animaux.

Les 33 dessins en noir et blanc de Joëlle Jolivet sont sublimes et illustrent merveilleusement bien le texte. Mon dessin préféré est celui de la baleine qui dort verticalement (p. 73). Je conseille cette histoire poignante à tous, jeunes et adultes, car il faut arrêter de vider et de polluer les mers et les océans ! J’ai très envie de lire d’autres titres de Luis Sepúlveda, peut-être une lecture commune pour le 16 avril ?

Le site de l’éditeur dit 90 pages mais mon exemplaire contient 128 pages, peut-être à cause des illustrations et le texte ne fait finalement que 90 pages (l’édition espagnole fait d’ailleurs 96 pages). Donc je mets cette lecture dans le Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

J’ai lu Luis Sepúlveda pour le Mois Amérique latine (Chili) et je le mets aussi dans Animaux du monde #3 (pour la baleine bien sûr), Challenge lecture 2021 (catégorie 9 puisque l’histoire se déroule à l’été 2014 mais il aurait pu être dans les catégories 13, 18 ou 41 avec la naissance du baleineau), Contes et légendes #3 (légendes mapuches) et Petit Bac 2021 (catégorie Animal pour Baleine).

Les histoires du Petit Renaud de Léopold Chauveau

Les histoires du Petit Renaud de Léopold Chauveau.

Gallimard, NRF, janvier 1927, 96 pages, ISBN 978-2-07100-526-9. Illustrations couleurs de Pierre Bonnard. Vous pouvez lire ces 5 histoires aux éditions MeMo, en coédition avec la Bibliothèque nationale de France, octobre 2020, 100 pages, 18 €, ISBN 978-2-35289-458-2.

Genres : littérature française, littérature jeunesse, contes.

Léopold Chauveau naît le 19 février 1870 à Lyon (Rhône-Alpes). Il est le fils d’Auguste Chauveau, vétérinaire, anatomiste et physiologiste (1827-1917). Il devient chirurgien mais il est aussi écrivain et artiste (sculpture sur bois, dessin). Il réalise 180 dessins à l’encre de Chine entre 1910 et 1920, intitulés La maison des monstres (voir la vidéo du Musée d’Orsay tout en bas du billet). Parmi ses titres, Derrière la bataille (1916), un récit sur le front de la première guerre mondiale, des contes pour enfants illustrés soit par lui soit par le peintre Pierre Bonnard (1867-1947) comme Histoires du Petit Renaud (1926) et des romans pour adultes comme Ramponnot (1931), Pauline Grospain (1932), Grelu (1934) parus chez Gallimard. Il meurt le 17 juin 1940 à Sérigny (Normandie).

Les histoires du Petit Renaud sont des histoires amusantes qu’un père, écrivain, raconte à son fils, surnommé Petit Père Renaud.

Histoire du gros Escargot raconte comment un escargot avance sur une route qui ne s’arrête jamais, et comment il se presse pour ne pas se faire écraser. C’est que des escargots écrasés, il en a vu beaucoup sur la route, des petits, des gros… Mais le lendemain, le voici ramassé avec plusieurs de ses congénères par une paysanne et jeté dans un arrosoir fermé ! « Il est très gentil mon escargot. ». (p. 30). Rien ne vaut la liberté !

Histoire du petit serpent ou comment le petit serpent, pour échapper à la punition de sa mère parce qu’il avait mis son doigt dans le nez, se met à courir, perd ses pattes et doit ramper sur le ventre. Durant sa course, le petit serpent rencontre un crocodile, un hippopotame, un lion, une girafe et un éléphant qui va devenir plus malicieux et intelligent. « Il se sauva pendant si longtemps, elle le poursuivait si assidûment, qu’elle oublia pourquoi elle tenait tant à lui donner une claque. […] Il se sauvait. Il avait oublié, lui aussi, depuis bien longtemps, pourquoi il méritait une claque. » (p. 38). Une réflexion sur la punition, ses causes et ses conséquences.

Histoire du gros arbre est l’histoire d’un arbre qui est énorme car il mange depuis longtemps les enfants mais seulement un enfant seul, ou deux ou trois, pas plus. « Il n’y aurait pas eu de place pour le quatrième dans son estomac, ce quatrième-là se serait sauvé et aurait raconté pourquoi les autres ne revenaient pas. » (p. 54). Un bûcheron qui se repose contre son tronc découvre le secret de l’arbre. Heureusement parce que les villageois, pour se venger, tuent tout ce qui bouge dans la forêt (charbonniers, animaux et même les lapins… comme si les lapins pouvaient manger des enfants !).

Histoire du petit Ours est une histoire que raconte le père à Petit Renaud pour qu’il digère parce qu’il a trop mangé. Le petit Ours brun en velours, Rounichond, dort tous les soirs avec Toto. Mais une nuit, Toto se réveille et Rounichond n’est pas là… « […] il est parti se promener, il reviendra, il n’est pas perdu ! Allons ! ne pleure plus ! c’est fini ! » (p. 72) dit la maman. Rounichond revient, effectivement, six mois après et il a bien changé ! Mais attention, trop d’éducation nuit à l’éducation.

Le loup et la tortue est une fable que Petit Renaud récite à son papa. La nuit, la tortue rentre dans sa carapace pour que le loup ne la mange pas. « Et la tortue retira tant qu’elle put, sa tête et ses pattes, bien au chaud, au fond de sa maison […]. » (p. 88). Mais elle oublie de rentrer sa queue…

Histoire supplémentaire enregistrée dans cette vidéo du Musée d’Orsay. Histoire de Limace raconte comment Limace Basset, chien savant dans un cirque, et Chocolat Caniche, chien d’aveugle, se rencontrent et deviennent amis, ainsi qu’avec la grenouille Pythagore. Une jolie parabole animalière qui explique qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Ces histoires qui ont bientôt 100 ans se lisent toujours avec plaisir parce que les enfants (et les grands) aiment toujours les histoires amusantes, les histoires d’animaux, les contes, les fables. J’imagine qu’à sa parution, avec les belles illustrations de Pierre Bonnard, ce livre était considéré comme un beau livre d’artiste pour la jeunesse. Pas de morale mais quelques petites idées subversives qui raviront assurément les lecteurs adultes.

Premier livre lu pour le nouveau challenge Les textes courts. Avec tous ces animaux, je le mets aussi dans Animaux du monde #3 ainsi que dans 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 3, un prénom dans le titre), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10 et Projet Ombre 2021.

Le Gel craquant d’Alexandre Afanassiev

Le Gel craquant d’Alexandre Afanassiev.

In Contes populaires russes, tome 1, Imago, janvier 2009, 384 pages, 28 €, ISBN 978-2-84952-071-0. Traduit du russe et présenté par Lise Gruel-Apert.

Genres : littérature russe, conte.

Alexandre Nikolaiévitch Afanassiev (Александр Николаевич Афанасьев) naît le 11 juillet 1826 à Bogoutchar (oblast de Voronej, Russie). Il aime la lecture depuis l’enfance (bibliothèques de son père et de son grand-père) et les contes que lui racontent ses nourrices. Il étudie le Droit à Moscou, écrit des articles (littéraires et politiques) et des livres (histoire, mythologie, folklore…) puis devient professeur avant d’être employé « aux Archives centrales du ministère des Affaires étrangères de Moscou » (introduction, p. 14) de 1849 à 1862. Il meurt le 23 septembre 1871 à Moscou.

Afanassiev est l’équivalent des frères Grimm pour les contes russes puisqu’il a collecté près de 600 contes. « À la fois historien de la civilisation et de la littérature russes, juriste, ethnographe, folkloriste, bibliographe, critique, journaliste, archiviste, étymologiste, connaissant de façon phénoménale presque toutes les langues indo-européennes, Alexandre Nikolaiévitch Afanassiev fut, dans le domaine des sciences humaines, l’un des savants les plus célèbres de son époque. » (introduction, p. 7).

Dans ce premier recueil (il y en a trois en tout) de Contes populaires russes, ce sont les contes d’animaux (62) et les contes du merveilleux (53) qui ont été privilégiés. Ce conte (4 pages), Le Gel craquant, Morozko (Морозко), est dans la deuxième partie, celle des contes du merveilleux. Il existe une variante intitulée Le Gel au nez rouge.

Un vieux et une vieille ont trois filles mais la vieille n’aime pas l’aînée car c’est en fait sa belle-fille. Marthe doit faire toutes les besognes et supporter les remontrances injustifiées de sa belle-mère. « La pauvrette pleurait en silence. Elle s’efforçait par tous les moyens de complaire à sa marâtre et de servir les filles de celle-ci ; mais les filles, qui imitaient leur mère, taquinaient méchamment Marthe, lui jouaient de vilains tours et la faisaient pleurer : c’était même devenu un de leurs jeux favoris. » Un jour, pour se débarrasser de Marthe, la vieille dit au vieux qu’il faut la marier mais en fait elle veut la livrer au Gel craquant, c’est-à-dire l’abandonner dans la forêt de pins enneigés… Le vieux, faible, ne peut qu’obéir à la méchante marâtre. « Reste là à attendre ton fiancé ; surtout, fais-lui bon accueil ! ». Lorsqu’il y retourne le lendemain, non seulement Marthe est vivante mais elle est couverte d’un somptueux manteau et accompagnée d’un « coffre rempli de riches cadeaux ». La marâtre éberluée décide de faire de même avec ses deux filles, Paracha et Macha, mais…

Si la condition de Marthe peut ressembler à celle de Cendrillon, le conte prend une tout autre direction et dimension en Russie (froid oblige !), Morozko personnifiant l’hiver. Ce conte a inspiré un film soviétique, Morozko, réalisé par Alexandre Rou en 1964.

Pour les challenges 2021, cette année sera classique, Contes et légendes #3 et Projet Ombre 2021. Ma lecturothèque me signale que ce conte entre aussi dans le challenge Littérature de l’imaginaire #9 (jusqu’à maintenant, j’y avais mis des textes courts comme des novellas ou des nouvelles de SFFF mais pas des contes).

Challenge Contes et légendes 2021 avec Bidib

Troisième édition pour le Challenge Contes et légendes 2021 organisé par Bidib auquel je m’inscris avec plaisir après avoir participé aux éditions #1 – 2019 (10 billets) et #2 – 2020 (16 billets).

L’objectif est de continuer de (re)découvrir les contes et légendes du monde entier, ceci du 1er janvier au 31 décembre 2021.

Infos, logo (c’est le même) et inscription chez Bidib + formulaire pour déposer les liens + la page FB + le groupe FB + le compte Instagram (avec un défi, un thème par semaine, logo et thèmes ci-dessous mais je ne suis pas sur Instagram).

Logo pour le défi Instagram

Il y a 4 paliers (et je choisis pour l’instant le premier car je préfère augmenter doucement mais sûrement dans l’année) :
Au coin du feu = de 1 à 5 chroniques
Arbre à palabre = de 6 à 10 chroniques
Troubadour = de 11 à 20 chroniques
Grand conteur = plus de 20 chroniques

Thèmes pour le défi Instagram

Et 12 thématiques mensuelles facultatives (pas sûre de les suivre, je lis un peu au hasard) :
Janvier : légendes arthuriennes
Février : contes en cuisine avec Des livres (et des écrans) en cuisine
Mars : contes et légendes d’Amérique
Avril : anges et démons
Mai : mythologies grecque et perse avec Cette année je (re)lis des classiques
Juin : contes et légendes au jardin
Juillet : contes et légendes d’Inde avec Les étapes indiennes
Août : contes slaves
Septembre : contes et légendes de Chine
Octobre : pour Halloween, sorcières, fantômes et monstres en tout genre
Novembre : contes tziganes
Décembre : contes de Noël

Mes lectures pour ce challenge

1.  La princesse au visage de nuit de David Bry (L’homme sans nom, 2020, France) – > légende médiévale forestière

2. Le Gel craquant d’Alexandre Afanassiev (Imago, 2009, Russie) – > conte russe collecté au XIXe siècle

3. Les histoires du Petit Renaud de Léopold Chauveau (Gallimard, 1927, France) – > contes animaliers français du début du XXe siècle

4. Histoire d’une baleine blanche de Luis Sepúlveda (Métailié, 2019, Chili) – > légendes mapuches

5. Le Liseron illustré par Walter Crane et Edmund Evans (Hachette, 1874, Angleterre) -> conte classique avec une bergère et un prince

6. La hache d’or de Fang Yuan et Yang Yongqing (Éditions en langues étrangères, Chine) – > conte chinois

7. Sita Sings the Blues de Nina Paley (États-Unis/Inde, 2008) – > adaptation animée du Râmâyana, légendes et mythologie indiennes, 3e siècle avant JC

8. Morozko réalisé par Alexandre Rou (1964, Russie) – > adaptation cinématographique de Le Gel craquant d’Alexandre Afanassiev (billet n° 2, conte russe collecté au XIXe siècle)

9. La musique d’Édouard de Monika Filipina (Crackboom Livres, 2021, Italie) – > il était une fois un conte moderne et musical italien

10. Projet 52-2021 #12 avec le jeu de cartes Il était une fois… -> pour raconter ses propres contes

11. La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka (Delcourt, 2007-2008, Japon) – > légendes chinoises, japonaises et indiennes

12. Maître Zacharius ou l’horloger qui avait perdu son âme de Jules Verne (Ouest France, 2000, France, 1853-1854) – > légende suisse sur le Temps, conte gothique inspiré du mythe de Faust

13. Le souffle du géant de Tom Aureille (Sarbacane, 2021, France) – > légende avec des géants

14. Trois contes coréens : Le tigre et le kaki séché, Frère Lune et Sœur Soleil, Deux bons frères (KBS World, Corée du Sud)

15. Wandering Souls (2 tomes) de Zelihan (H2T, 2020-2021, France) -> légende des shagaï et de la vie éternelle

16. La fleur perdue du chaman de K de Davide Morosinotto (L’école des loisirs, 2021, Italie) – > légendes d’Amazonie

17. Comme des bêtes de Violaine Bérot (Buchet-Chastel, 2021, France) – > légendes de fées

18. Airpussy d’Ulli Lust (L’employé du moi, 2020, Autriche) – > légende de la déesse de la Terre qui doit réveiller la Nature

La fuite en Égypte de Selma Lagerlöf

La fuite en Égypte de Selma Lagerlöf.

In La Revue Bleue tome 15 n° 1, 1901, (p. 549-551), traduit du suédois par L.H. Havet.

Après avoir vu le documentaire sur Selma Lagerlöf, j’ai trouvé cette légende qu’elle a écrite.

Une légende qui parle d’un palmier « extrêmement âgé et extrêmement haut » dans un désert d’Orient. Alors qu’il contemple « l’étendue du désert », il aperçoit deux voyageurs, deux étrangers, un homme et une femme. « En vérité, dit le palmier se parlant à lui-même, voilà des voyageurs qui viennent ici pour y mourir. » C’est que « La mort les attend ici sous sept formes différentes, pensa-t-il. Les lions les dévoreront, les serpents les piqueront, la soif les desséchera, le sable de l’ouragan les ensevelira, les brigands les massacreront, le feu du soleil les consumera, la peur les anéantira. » Mais… Mais, c’est impossible : ils ont avec eux un petit enfant ! Ce sont sûrement des fugitifs. « Mais ce n’en sont pas moins des insensés, poursuivit le palmier. S’ils n’ont pas un ange pour les protéger, il eût mieux valu pour eux s’abandonner à la fureur de leurs ennemis que de s’enfuir au désert. »

Et le palmier, qui a dans les mille ans, se souvient d’une visite ancienne à l’oasis : « la reine de Saba et le sage roi Salomon ». Mais, maintenant, l’oasis est tarie et les fugitifs n’y trouveront rien à boire…

Une légende inspirée de La fuite en Égypte (Évangile selon Matthieu) comme un miracle de Noël que je mets dans Décembre nordique et le challenge Contes et légendes #2.

Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 24.

La Source au bout du monde (tome 1) de William Morris

La Source au bout du monde (tome 1) de William Morris.

Aux Forges de Vulcain, novembre 2016, 400 pages, 28 €, ISBN 978-2-37305-016-5. The Well at the World’s End (1896) est traduit de l’anglais par Maxime Shelledy et Souad Degachi. Je l’ai lu en poche : Libretto, octobre 2017, 464 pages, 11,30 €, ISBN 978-2-36914-378-9.

Genres : littérature anglaise, fantasy, classique.

William Morris naît le 24 mars 1834 à Walthamstow dans l’Essex (Angleterre). Dès l’enfance, il aime les merveilles, la forêt, les histoires de chevaliers, les Waverley Novels de Walter Scott et même Les mille et une nuits. Il étudie la théologie à Oxford puis l’architecture et la peinture. Il épouse Jane Burden (je le signale car Jane et William sont parmi les personnages d’Arcadia de Fabrice Colin) et le couple a deux filles, Alice (Jenny) et Mary (May). Fabricant et designer textile, imprimeur et éditeur avec Kelmscott Press (sa maison d’éditions fondée en 1891) qui a édité les œuvres de Geoffrey Chaucer dont la plus célèbre est Les Contes de Canterbury (XIVe siècle), architecte, peintre et dessinateur, romancier, poète, traducteur (de textes anciens de l’Antiquité et du Moyen-Âge), essayiste (essais sur l’Art et sur le socialisme) et conférencier, ce touche à tout membre de la Confrérie préraphaélite est un socialiste utopiste et libertaire. Du même auteur : News from Nowhere soit Nouvelles de nulle part, une utopie (1890). Il est considéré comme le père de la Fantasy et La Source du bout du monde a inspiré, entre autres, C.S. Lewis (Les chroniques de Narnia) et J.R.R. Tolkien (Bilbo le Hobbit, Le seigneur des anneaux…). Retrouvez William Morris sur The William Morris Society (Angleterre) et The William Morris Society (États-Unis) et ses œuvres en ligne sur Wikisource.

« Il y avait jadis une petite contrée sur laquelle régnait un petit souverain, un roitelet que l’on appelait le roi Pierre même si son royaume n’était pas bien grand. Il avait quatre fils nommés Blaise, Hugues, Grégoire et Rodolphe. Ce dernier était le benjamin, âgé de vingt et un hivers, et Blaise, qui en avait vécu trente, était l’aîné. » (p. 11). Voici comment débute ce roman et j’aime beaucoup le ton.

Le domaine s’appelle les Haults-Prés – en anglais Upmeads – (champs, bois, ruisseaux et petites collines) mais il est petit et les fils rêvent de voyages et d’aventures. Rodolphe (en anglais Ralph) – alors que ses frères sont partis, l’un au nord, l’un à l’est, l’un à l’ouest, chacun sur son cheval et accompagné d’un écuyer – a dû rentrer au château avec son père… Tôt le lendemain matin, il s’enfuit avec « son armure, sa lance et son épée [et] son destrier, un beau et robuste cheval gris pommelé nommé Faucon. » (p. 21). Il va à « Bourg-la-Leyne, au-delà de laquelle s’étendait, vers le sud, un monde dont Rodolphe ignorait presque tout, et qui lui semblait un endroit fabuleux, regorgeant de merveilles et d’aventures extraordinaires. » (p. 22). C’est là qu’il entend parler de la Source au bout du monde, une eau magique aux propriétés miraculeuses.

Dans ce monde imaginaire, inspiré du Moyen-Âge, Rodolphe devient un chevalier errant. Tout le monde lui parle de dangers mais pour l’instant les rencontres sont plutôt agréables voire charmantes et bienveillantes. Y aurait-il anguille sous roche ? C’est alors qu’il croise des hommes en armes et certains sont manifestement hostiles. En tout cas, partout où Rodolphe va, il observe, il questionne, il en voit et en entend des vertes et des pas mûres (guerres, bûchers, esclaves…). « Il lui sembla que le monde était pire que ce à quoi il s’attendait. » (p. 110). Mais lorsqu’il entend parler de la dame d’Abondance, il en tombe amoureux sans l’avoir jamais vue et ne pense qu’à une chose, qu’elle vienne vers lui. « Elle me racontera tout lorsque je la verrai. Je n’ai pour l’heure à réfléchir qu’à la façon dont je la retrouverai et ferai en sorte qu’elle m’aime. Elle m’indiquera ensuite le chemin menant à la Source au bout du monde, dont je boirai l’eau afin de ne jamais vieillir et d’obtenir, comme elle, la jeunesse éternelle. Nous pourrons alors nous aimer pour toujours et à jamais. » (p. 159). Quel jeune homme rêveur ! Et peut-être même naïf ? « […] le regard amoureux de Rodolphe, qui la bénit et manqua verser des larmes de bonheur. » (p. 203).

Ce que raconte la jeune femme surnommée la dame d’Abondance à Rodolphe ressemble à un conte. Cependant, au lieu d’une princesse ou d’une bergère, le lecteur a ici un jeune fils de roi, instruit comme l’était les jeunes hommes de son époque mais immature, en quête d’aventure et d’amour (je dirais même en quête d’absolu). « M’est avis, messire, répondit Richard, que cette femme qui mourut assassinée ne descendait pas seulement de la race d’Adam, mais qu’il y avait en son sang quelque brassage avec celui des fées. Qu’en dites-vous ? » (p. 308-309).

J’en dis que ce roman n’est pas facile à lire car la police de caractère est toute petite ! Toutefois, il est vraiment agréable de se plonger dans sa lecture et dans ses merveilles et j’ai hâte de lire le deuxième tome pour la suite des aventures de Rodolphe !

La Source au bout du monde est ici traduit intégralement pour la première fois en français. Une traduction partielle avait été effectuée par Maxime Shelledy et Le Puits au bout du monde était paru Aux Forges de Vulcain en deux tomes, La Route vers l’amour en 2012 et La Route des dangers en 2013 (c’est-à-dire les deux premières parties sur quatre). Ensuite La Source au bout du monde a été traduit à nouveau par Maxime Shelledy et Souad Degachi et est paru Aux Forges de Vulcain en 2016 avec des illustrations et des lettrines (il y a aussi de petites lettrines dans l’édition Libretto que j’ai lue).

Je mets cette lecture dans les challenges Animaux du monde #3 (il y a beaucoup de chevaux, que serait un chevalier sans son cheval ?), Cette année, je (re)lis des classiques #3, Challenge du confinement (case Fantasy), Les classiques c’est fantastique (en décembre, des contes pour les fêtes), Contes et légendes #2 et Littérature de l’imaginaire #8.

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