Challenge Littérature de l’imaginaire #5 avec Amarüel

La session 4 du challenge Littérature de l’imaginaire s’est bien passée : en lisant 12 romans (et un supplémentaire), j’ai honoré la catégorie que j’avais choisie : Atterrissage dans l’irréel. Je rempile donc avec Littérature de l’imaginaire #5 ! Infos, logos et inscription chez Amarüel et les liens sont à déposer dans la Chrobox. Le challenge dure du 1er décembre 2016 au 31 décembre 2017 (soit 13 mois).

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L’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique et leurs sous-genres) sous toutes les formes (romans, anthologies de nouvelles, essais, bandes dessinées incluant comics et mangas, magazines spécialisés comme Bifrost par exemple).

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Je choisis la même catégorie : Ange gardien de la simplicité (tous genres et tous supports) et le même échelon que l’année dernière : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres, ce qui fait une moyenne d’une lecture par mois et j’espère en lire un peu plus. 😉

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Mes lectures de l’imaginaire

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Mon chat en vrac d’Archie Kimpton

MonChatEnVracMon chat en vrac d’Archie Kimpton.

Albin Michel Jeunesse, collection Witty, avril 2015, 326 pages, 12,50 €, ISBN 978-2-226-31528-1. Jumblecat (2014) est traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec. Roman illustré par Kate Hindley.

Genres : littérature anglaise, littérature jeunesse, fantastique.

Archie Kimpton, diplômé de l’Université de Manchester en 1991, est l’auteur. Il vit dans le sud de Londres avec son épouse, leurs enfants et leur chat Doonican. Jumblecat est son premier roman.

Kate Hindley, diplômée de l’École d’Art de Falmouth en 2008, est l’illustratrice. Elle vit à Birmingham près d’une usine de chocolat (en fait, je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui aime le chocolat…). Elle a travaillé comme designer et se consacre maintenant à l’illustration de livres jeunesse. Ses illustrations sur son site officiel et sa page FB.

JumblecatDans la famille Chausson, Billy se sent de trop… Sa sœur jumelle, Mindy, est tellement différente de lui… Philippa, leur mère, déteste les animaux et en particulier les chats. Christopher, leur père, est livreur de lait. Dès qu’il le peut, Billy se réfugie au mont Tourneboule. « C’était son endroit préféré au monde. Nulle part ailleurs il ne se sentait plus heureux que dans les bois qui entouraient le mont Tourneboule (lequel n’était, en réalité, qu’une colline). » (p. 19). Ce jour-là, Billy sauve un chat… qui est tout en vrac et découvre que ce chat parle ! Mais il ne peut pas le garder chez lui alors il le laisse chez madame Mandiddy, la voisine de 94 ans. L’enfant et la vieille dame décident d’appeler l’animal Chat-en-Vrac et de le présenter à la « Foire mondiale des créatures curieuses et des animaux étranges » organisée par le colonel Charles Beauvrille. « Voici le vainqueur ! proclama-t-il. » (p. 112). Mais la famille Chausson voit tout ça d’un autre œil et le colonel veut absolument acheter le matou… « Tiens bon, Chat-en-Vrac, on arrive ! » (p. 175).

MoisAnglais2016-1Pauvre Billy ! Sa sœur et sa mère sont… hystériques et détestables ! Quant au colonel, il ne vaut pas mieux… Heureusement, son père et madame Mandiddy sont vraiment gentils… mais impuissants… quoique ! Et puis, il y a Chat-en-Vrac, un chat gourmand, capricieux et orgueilleux mais tellement original et génial : il chante « merveilleusement bien » lorsqu’il dort. Et c’est justement ça qui va le mettre en danger… Mon chat en vrac est un premier roman farfelu, foisonnant, drôle et enlevé, plein de rebondissements et d’aventure. Non seulement le lecteur ne s’ennuie pas une seconde mais en plus il rit – tout en réfléchissant (la famille, le mal-être, la vieillesse, la façon de traiter les animaux) – et il rit beaucoup ! Et si c’était plutôt le monde qui était en vrac ?

UnGenreParMoisDes mêmes auteurs : Comment devenir intelligent en mangeant du porridge paru chez le même éditeur et dans la même collection (d’ailleurs excellente collection) en avril 2016. Dès qu’il est disponible à la bibliothèque, je l’emprunte !

Ce roman lu pour le Mois anglais (29 juin : littérature enfantine ou adulescente) et Un genre par mois (en juin : littérature jeunesse ou young adult) entre dans d’autres challenges : Défi premier roman, Jeunesse – young adult, Littérature de l’imaginaire, Voisins Voisines sans oublier le Feel good car il est vraiment très plaisant à lire. 😉 J’hésite à le mettre dans British mysteries… (qu’en pensez-vous ?).

La liste des 7 de Mark Frost

Listedes7La liste des 7 de Mark Frost.

Cherche Midi, collection Néo, juin 2014, 485 pages, 22 €, ISBN 978-2-7491-1816-1. Déjà paru chez Plon en 1995. The List of Seven (1993) est traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac.

Genres : aventure, suspense, fantastique.

Mark Frost naît le 25 novembre 1953 à New York. Avant d’être romancier, il est scénariste et producteur pour la télévision (Twin Peaks réalisée par David Lynch) puis le cinéma (Les quatre Fantastiques et Les quatre Fantastiques et le Surfer d’argent). La liste des 7 est son premier roman (suivront Les sept messies en 1995, Le second objectif en 2008 et une série jeunesse : La prophétie du Paladin dès 2012).

Londres, Noël 1884. Arthur Conan Doyle, 26 ans, est docteur en chirurgie depuis trois ans. Lorsqu’il reçoit une demande d’aide de Lady Caroline Nicholson concernant une pratique frauduleuse des arts spirites, il se rend dans une maison inconnue mais il échappe à un traquenard grâce à l’aide d’un inconnu se faisant passer pour un professeur de Cambridge. « […] à partir de maintenant, Doyle, il n’existe plus beaucoup d’endroits où vous puissiez vous considérer réellement en sûreté. » (p. 48). Écrivain à ses heures perdues, inspiré par la Russe Helena Petrovna Blavatsky (fondatrice de la théosophie), le jeune Arthur a envoyé à plusieurs éditeurs un manuscrit intitulé La fraternité de l’ombre mais… « En croyant faire œuvre d’imagination, vous avez décrit avec une étonnante fidélité les menées perverses d’une secte de sorciers poursuivant un objectif proche de celui de vos personnages […]. » (p. 51). Son appartement est dévasté, sa voisine est tuée et l’inspecteur Charles Leboux – qu’il a connu dans la Royal Navy et qui est entré à Scotland Yard – ne peut pas l’aider… Le mystérieux John Sparks, surnommé Jack, le pourra-t-il ?

ThrillerPolar-PatiVore1Un excellent premier roman ! J’ai senti la future présence de Sherlock Holmes – et des garçons des rues – car les ingrédients sont là : l’observation, l’analyse, la logique, l’intérêt pour les abeilles, le violon, les déguisements, la dépendance à la drogue et même les Chutes de Reichenbach en Suisse ! Et puis, en plus de la fiction, la société de l’Angleterre victorienne est bien représentée : des bas-quartiers aux châteaux des aristocrates, sans oublier le spiritisme et l’occultisme très présents en cette fin de XIXe siècle. Les prémices de la police scientifique aussi : « La lutte contre le crime est à la fois un art et une science […]. » (p. 258). Il y a des clins d’œil à Trois hommes dans un bateau, roman paru en 1889, c’est-à-dire contemporain de Sherlock Holmes, à Jack l’Éventreur (meurtre d’une prostituée) et une rencontre avec Bram Stoker. En résumé, La liste des 7 est un grand roman d’aventure et d’action avec beaucoup de mystères et de suspense, une pointe de fantastique horreur (roman gothique) et pas mal d’humour !

L’auteur est Américain mais il s’approprie un auteur anglais, Arthur Conan Doyle, et il déroule son histoire dans l’Angleterre victorienne (fin du XIXe siècle) alors je place cette lecture dans A year in England et British mysteries ainsi que dans Défi premier roman, Littérature de l’imaginaire et Thriller et polar.

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La malédiction Grimm de Polly Shulman

La malédiction Grimm de Polly Shulman.

Bayard jeunesse [lien1, lien2], collection Millézime, février 2014, 510 pages, 15,90 €, ISBN 978-2-7470-3678-8. The Grimm Legacy (2010-2012) est traduit de l’américain par Karine Suhard-Guié.

Genres : fantastique, littérature jeunesse.

Polly Shulman est la fille d’Alix Kates Shulman, romancière et féministe de Cleveland. Elle est diplômée en mathématiques de l’Université de Yale et vit à New York avec son époux. Elle écrit pour des journaux, a travaillé à la bibliothèque de New York (département des documents rares) et La malédiction Grimm est le premier tome de la série The Grimm Legacy. Plus d’infos sur le site officiel de Polly Shulman [lien].

New York sous la neige. Elizabeth Rew est nouvelle au Lycée Fisher et elle arrive en retard car elle a aidé une sans-abri. Le professeur d’histoire, M. Mauskopf, donne un devoir à faire sur l’histoire européenne et Elizabeth choisit le thème des frères Grimm. « Les contes de fées ne relèvent peut-être pas de l’Histoire, mais, comme je l’appris au cours des heures que je passai à la bibliothèque pendant les vacances de Noël, Wilhelm et Jacob Grimm s’y intéressaient beaucoup. Et leurs contes sont en réalité des récits populaires qu’ils collectèrent auprès de leurs domestiques ou de leurs amis, d’aristocrates comme de filles d’aubergistes. « p. 11). Grâce à ce même prof, Elizabeth obtient un emploi au Dépôt d’Objets Empruntables de la Ville de New York, une sorte de bibliothèque dirigée par le professeur Lee Rust. Le bâtiment est immense et labyrinthique. Elle y travaille avec Marc Merritt, un lycéen un peu plus âgé qu’elle, sportif, beau et populaire ; avec Anjali Rao dont la famille est issue de la noblesse indienne et Aaron Rosendorn qui s’occupe du Legs Wells (les objets de science-fiction).

Elizabeth est orpheline et son père est remarié à Cathy qui a deux filles, Veronica et Hannah. Celles-ci ne sont pas gentilles avec Elizabeth. Tiens, ça me rappelle un conte ! Ce roman d’aventures mâtiné de conte justement mais aussi de magie, de fantastique et de science-fiction m’a fait penser aux récentes séries américaines Warehouse 13 (Entrepôt 13) et The Librarians (Flynn Carson et les nouveaux aventuriers). On entre rapidement dans le vif du sujet et le rythme est trépidant quoique enfantin ce qui en fait une lecture agréable pour les jeunes lecteurs. Mais les adultes peuvent aussi y trouver leur compte en se replongeant dans la magie des contes. Je l’ai lu d’une traite et j’ai trouvé que l’idée était originale pour faire revivre les contes et les objets magiques. LettreAuteurD’ailleurs, chaque chapitre a en entête, un objet illustré avec son nom et sa cote pour le retrouver en rayon : le lecteur a un peu l’impression d’être dans la bibliothèque d’objets.
À la fin du volume, une dizaine de contes sont présentés (avec plein d’indices sur la couverture !).
Une belle surprise donc et très envie de lire L’expédition H.G. Wells.

MoisAmericainJ’ai choisi cette romancière dont le nom commence par la lettre S pour la 22e édition (la première participation pour moi) de Une lettre pour un auteur avec Cookies. Et cette lecture entre dans le Mois américain avec Titine.

Le Maître bonsaï d’Antoine Buéno

MaitreBonsaiLe Maître bonsaï d’Antoine Buéno.

Albin Michel [lien], mars 2014, 175 pages, 15 €, ISBN 978-2-226-25600-3. Il est possible de lire les 10 premières pages sur le site de l’éditeur.

Genres : roman, étrange (fantastique).

Antoine Buéno est né en 1982 à Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine en Île de France). Chroniqueur (télé et radio), professeur de littérature (à l’Institut d’études politiques de Paris), fondateur d’un label (Plume et Plomb) et d’un prix littéraire (Prix du Style), il est l’auteur de romans, d’essais et d’une pièce de théâtre. Il est même humoriste ! Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

« Je suis un Maître bonsaï. Je crée des bonsaïs et je les vends. » (p. 11). « Je crée et je surveille. Tout le temps. Je contrains et je maintiens la contrainte. » (p. 12). « Créer un bonsaï, c’est contraindre un arbre à ne pas grandir et le maintenir en vie dans cet état. Parce que c’est dans cet état qu’il est une œuvre d’art. Hors du temps. Hors du cours naturel du temps. (p. 13). Ces trois extraits pour vous donner une idée du ton de ce roman, spécial, atypique, et j’aurais pu relever d’autres phrases. L’auteur répète plusieurs fois « Je suis un Maître bonsaï », il répète des mots comme « contraintes », « beauté », comme s’il les scandait : ça m’a un peu fait penser à du slam. Il faut comprendre que, pour le Maître bonsaï, tout doit être dans « l’ordre du règne animal ». Mais, un jour, une jeune femme entre dans le magasin, il ne lui parle pas (il ne parle jamais, il travaille, il écoute les bonsaïs), elle se met en colère et perd connaissance, là au milieu des bonsaïs qu’elle observait. « Je m’approche d’elle. Elle semble endormie. » (p. 27). Pour se faire pardonner, la jeune femme revient : « J’aime cet endroit. Et j’ai envie de vous voir, même si vous êtes un vieux fou… » (p. 42).

Cette rencontre entre le maître bonsaï et l’étudiante, révoltée de ce que les humains font subir à la Terre, va transformer leur vie et le Maître bonsaï va commencer à se rappeler des choses. Des choses de sa vie d’avant, de son pays, de sa langue natale. Alors, oui, il y a un passage difficile (page 38, il se rappelle des enfants qui torturent un chat en riant) mais le livre est vraiment très beau, mystérieux, d’une grande poésie, un « conte initiatique » nous prévient l’éditeur sur la 4e de couverture. Le maître bonsaï et la jeune femme vont se parler, ou plutôt ils vont parler, chacun de leur côté ; lui veut lui enseigner comment s’occuper des bonsaïs, elle veut lui faire réaliser que la Terre souffre, qu’il faut arrêter toute cette folie. « C’est un dialogue de sourds. » (p. 52). Mais ils vont en fin de compte se rejoindre, se comprendre. « […] maintenant les souvenirs fondent sur moi. Comme un essaim de guêpes. Parce qu’ils attendaient tous, massés. Derrière une digue. Mais la digue a cédé. L’arbre a fait céder la digue. » (p. 150).

LA phrase

« L’art du Maître bonsaï, ce n’est pas la vie, c’est le Beau. La vie est moins importante que le Beau. » (p. 72). Êtes-vous d’accord avec cette phrase ? Moi, non ! Je pense que la vie est plus importante parce qu’elle est de la Nature et que le beau est aléatoire : il dépend de trop de choses, d’idées, de valeurs différentes selon les cultures, les époques et les goûts de chacun. D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi on faisait subir ce sort à des arbres bonsaïs pour en faire des miniatures ! Ces contraintes, ces meurtrissures ne sont pas naturelles, elles sont une torture (peut-être y a-t-il un parallèle avec la torture sur le chat, sur un être vivant ?).

Faites comme moi, entrez chez ce Maître bonsaï, découvrez son art même s’il vous perturbe ou que vous ne le comprenez pas et vous ne serez pas déçus par cette lecture étrange, envoûtante, qui vous fera réfléchir sur le devenir de l’espèce humaine et de la planète ! J’ai beaucoup aimé le conte du samouraï Tomotada et du cerisier en fleurs et le conte du peintre Imato. Le Maître bonsaï, un roman original, atypique, étrange, dérangeant, inquiétant et donc tellement intéressant à découvrir ! C’est le premier roman que je lis d’Antoine Buéno mais sûrement pas le dernier. Et vous ?

Le château des chiens perdus de Gudule

En hommage à Gudule (1945-2015) [mon coup de blues].

ChateauChiensPerdusLe château des chiens perdus de Gudule.

Le Livre de Poche Jeunesse [lien], collection Fantastique, octobre 2003, 92 pages, entre 1,24 € (occasion) et 4,49 € (numérique), ISBN 978-2-01322-208-2. Originellement paru aux éditions Hachette Jeunesse en 1996, ce roman a été également réédité en septembre 2010.

Genres : littérature jeunesse, fantastique.

Gudule, comme je le disais hier, est une auteur belge née le 1er août 1945, à Ixelles (commune de Bruxelles). D’abord journaliste, elle devient romancière et nouvelliste. Elle écrit, pour la jeunesse et pour les adultes, des histoires plutôt fantastiques, étranges, et traitant de nombreux thèmes (enfance, traumatismes, misère, racisme, maladie, folie…).

Comme j’ai déjà lu quelques titres de Gudule et que je voulais, pour cet hommage, en lire un autre qui soit rapide (court), j’ai choisi Le château des chiens perdus.

Mickette est mécontente : son père a une copine, Laurence. Et elle s’ennuie : pas de vacances à la mer cet été car Laurence les a invités pour un mois dans sa maison à la campagne. Un trou perdu… Mais, au petit musée du village, Mickette voit le tableau de la comtesse de Paniépiano – un monstre ? un fantôme ? – entourée de ses molosses. Le lendemain, elle se rend au château alors que le gardien du musée lui a dit de ne jamais s’en approcher. « L’endroit est si lugubre qu’en dressant l’oreille elle croirait presque entendre les chiens de la légende aboyer dans le lointain. » (p. 30). Elle rencontre un garçon dont le chien, Fripouille, a disparu… comme tous les chiens du village ! Est-ce le fantôme de la comtesse qui enlève les chiens qu’on entend aboyer la nuit ?

J’imagine très bien les jeunes lecteurs frissonner durant leur lecture ! Le récit est linéaire mais bien amené, l’histoire est simple mais intrigante avec un suspense grandissant et le lecteur a lui aussi l’envie d’entrer dans ce château hanté pour y découvrir ce qu’il s’y passe. Au-delà de cette aventure fantastique, Gudule aborde plusieurs thèmes qui pourront toucher les petits comme les grands : la relation d’une fillette qui vit seule avec son père, l’irruption d’une autre femme dans la vie d’un père célibataire (ou divorcé ou veuf), le problème des vacances loin de ses copains et de ses habitudes, la découverte de la vie à la campagne, la croyance en un monde surnaturel (ici, fantômes), la volonté de protéger les plus faibles/fragiles (ici, le petit garçon qui pleure son chien), le courage d’y aller et de faire une belle action, l’amitié/l’affection entre un enfant (ou un adulte) et son animal (ici, le chien). Gudule réussit ainsi à écrire une histoire fantastique, sociale et profondément humaine, le tout avec humour.

Il est possible de retrouver Mickette dans d’autres aventures : Aie peur et tais-toi !, La boutique maléfique, Danger camping maudit, Dans les griffes du Papagarou, L’école qui n’existait pas, Les tags attaquent ! (réédités pour la plupart en janvier 2006).

Voilà, c’était mon hommage à Gudule ; paix à son âme et une pensée pour ses proches.

Le chat qui ne mangeait pas de souris de Carmen Agra Deedy et Randall Wright

[Article archivé]

Le chat qui ne mangeait pas de souris de Carmen Agra Deedy et Randall Wright.

Flammarion, octobre 2014, 320 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-0812-8895-9. The Cheshire Cheese Cat (2011) est traduit de l’américain par Marie Hermet et illustré par Barry Moser.

Genres : littérature américaine / cubaine, littérature jeunesse.

Carmen Agra Deedy naît à La Havane à Cuba ; sa famille fuit aux États-Unis en 1963 et elle grandit en Géorgie. Elle publie pour la jeunesse depuis 1993 et a reçu de nombreux prix. Plus d’infos sur http://carmenagradeedy.com/.

Randall Wright est également auteur jeunesse ; il vit dans l’Utah avec sa famille.

Barry Moser naît en 1940 à Chattanooga dans le Tennessee. Il est illustrateur, graveur, auteur, éditeur, etc. Il a illustré de nombreux livres dont les plus connus sont Alice au Pays des merveilles, Moby Dick, la Bible

Skilley est un Chartreux, « un chat parmi tant d’autres », mais il cache « un lourd secret […] depuis sa plus tendre enfance » (p. 7). Le pub Ye Olde Cheshire Cheese est célèbre pour son excellent fromage donc il est envahi par les souris… « Ouais, des souris. L’auberge du Cheese en est pleine. Ils ne savent plus quoi en faire. […] Des souris bien grasses et juteuses. Rondes et dodues, jeunes… et tendres… » (Pinch à Skilley, p. 10). Skilley attrape Pip, la petite souris recueillie par Nell, la fille de Henry, l’aubergiste, et celui-ci, très content, accueille le matou dans l’auberge mais… Plus tard, Skilley relâche Pip ! « Nous savons tous les deux que tu ne manges pas les souris. Tu manges du fromage. » (p. 36). Skilley et Pip vont faire un marché qui arrange bien tout le monde, d’autant plus qu’une créature cachée dans le grenier veut absolument aller à la Tour de Londres.

L’histoire se déroule dans Fleet Street où se situe le pub Ye Olde Cheshire Cheese, « la cantine préférée des écrivains de Londres » (p. 9). Et effectivement, le lecteur a le plaisir et l’honneur d’y croiser Wilkie Collins et Charles Dickens ! Ce pub existe vraiment, il est même un des plus anciens d’Angleterre puisqu’il a été reconstruit en 1667 après le Grand incendie de Londres (septembre 1666). Vous pouvez cliquer sur l’image ci-contre.

Quel excellent roman ! Jeunesse ? Je dirais tout public, ou plutôt tous lecteurs ! Car il a plusieurs niveaux de lecture : l’histoire en elle-même entre les chats, les souris et les humains, l’Histoire avec des remarques sur les Anglais, les Français et des illusions à la guerre, la littérature avec Collins, Dickens mais aussi Pip (voir ci-dessous « Écrire selon Charles Dickens et selon Pip la souris »). Ce roman est donc bien écrit (bien traduit), bien rythmé, bien illustré (à l’ancienne !) ; il est intéressant, drôle, passionnant, un vrai régal ! L’ambiance (des mots sont écrits par exemple en forme d’escaliers), les mystères et les rebondissements y sont pour le plus grand bonheur de tous les lecteurs ! Même de ceux qui n’aiment pas particulièrement les romans animaliers !

À noter que le titre original, The Cheshire Cheese Cat, est plus mystérieux que le titre français… qui vend malheureusement la mèche !

Écrire selon Charles Dickens et selon Pip la souris :

Dickens : « Ah, disons-le, un écrivain ne doit jamais reculer devant un bon meurtre littéraire bien construit. Il doit être sans pitié. Si l’histoire le réclame, il doit faire pendre l’adversaire, laisser se noyer l’héroïne, envoyer à l’asile psychiatrique l’épouse du pasteur qui souffre depuis trop longtemps… Et tant pis pour les critiques, qu’ils aillent au diable ! » (p. 151).

La souris : « Écrire, ce n’est pas jeter des mots au hasard sur une page, expliqua Pip. Les mots doivent exister dans leur contexte… » (p. 212).

Un roman pour les challenges 1 mois, 1 plume, 1 % de la rentrée littéraire 2014, ABC critiques 2014-2015 (lettre W), Animaux du monde (s’il continue), Arche de Noé, Charles Dickens, Des contes à rendre (l’édition originale est sous-titrée A Dickens of a tale), Jeunesse & young adult # 4, Romancières américaines, Totem (chats et souris), Victorien et XIXe siècle (roman lu à l’automne 2014).