Jefferson de Jean-Claude Mourlevat

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat.

Gallimard Jeunesse, mars 2018, 272 pages, 13,50 €, ISBN 978-2-07509-025-4.

Genres : littérature française, jeunesse, roman policier et fantastique.

Jean-Claude Mourlevat naît le 22 mars 1952 à Ambert dans le Puy de Dôme (Auvergne). Il étudie l’allemand et enseigne cette langue au collège. Il se lance ensuite dans le théâtre (clown, magie, mise en scène) puis se consacre à l’écriture dès 1997. Il est auteur de littérature jeunesse et a reçu plusieurs prix (Ado-Lisant, Incorruptibles, Sorcières, Utopiales…). Plus d’infos sur son site officiel, http://www.jcmourlevat.com/.

Dans un monde parallèle à celui des humains, les animaux « marchent debout, parlent, peuvent emprunter des livres à la bibliothèque, être amoureux, envoyer des textos et aller chez le coiffeur. » (p. 9). Jefferson Bouchard de la Poterie (le héros de ce roman, un jeune hérisson de 72 cm) fait tout ça et c’est justement chez le coiffeur qu’il se rend de bon matin. Mais, sur la route, il manque se faire écraser par des chauffards (deux humains patibulaires). Quand il arrive au salon Défini-Tif, tout crotté, il découvre monsieur Edgar… mort ! « Il fit ce qu’il n’aurait jamais dû faire : il s’agenouilla près du corps, […], prit les ciseaux dans sa main droite et les arracha de la blessure en s’étonnant de la résistance opposée. » (p. 23). C’est à ce moment-là que la cliente endormie, une vieille chèvre, épouse du juge, se réveille et hurle en accusant Jefferson. « Il était le coupable désigné, évident, indiscutable, et sa fuite l’accusait. » (p. 29). Heureusement Jefferson peut compter sur son ami d’enfance (son meilleur ami), Gilbert, un cochon gourmand et déjanté. « […] j’ai bien réfléchi et mon idée, la voilà : la seule et unique façon de t’innocenter, c’est d’arrêter nous-mêmes l’assassin et de le livrer clé en main aux gendarmes. » (p. 48). Leur enquête les mène au pays des humains, à Villebourg, où ils se rendent grâce à un voyage organisé par les cars Ballardeau.

Ma phrase préférée (à propos de la consommation d’animaux chez les humains) : « C’est comme pour l’esclavage ou la torture, lança Mme Schmitt, on a pensé pendant des siècles que c’était normal… » (p. 183).

Jefferson est un roman jeunesse bien plus profond qu’une simple histoire d’animaux, le lecteur y côtoie l’amitié, la confiance, plusieurs notions comme la présomption d’innocence (ici bafouée à cause des affabulations d’une vieille bique, c’est le cas de le dire !) et des choses importantes comme l’honnêteté, le combat important pour la liberté et la fin des ignominies (l’abattage infâme des animaux d’élevage). Les voyageurs qui accompagnent Jefferson et Gilbert vont former une équipe exceptionnelle ! Le roman est de plus joliment illustré par Antoine Ronzon. Un roman (qui a reçu plusieurs prix en 2019) pour les petits et les grands !

Je le mets dans les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8, Petit Bac 2020 (catégorie Prénom : ici Jefferson est un prénom) et Polar et thriller 2019-2020.

Challenge Maki Project 2020

Vu chez Chut… Maman lit !, ce nouveau challenge m’a attirée immédiatement mais quand j’ai vu qu’il fallait lire 52 titres en 52 semaines (soit un titre par semaine), pfou… C’est que, même si c’est du format court, c’est vraiment contraignant et je lis plein d’autres choses ! Heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ça et j’ai vu qu’il y avait plusieurs paliers, ce qui m’a décidée à m’inscrire.

Alors, je vous explique : le Maki Project 2020, c’est le premier challenge créé par Yogo – du blog Les lectures du Maki, un blog que je ne connaissais pas – dont l’objectif est de lire des nouvelles et des novellas, c’est-à-dire des textes courts à raison de un par semaine soit 52 textes en 2020, attention : uniquement dans les littératures de l’imaginaire. Comme il y a 53 semaines en 2020, le challenge commence aujourd’hui, le 6 janvier, et se termine le 31 décembre 2020.

Présentation, logo (très beau logo créé par Chut… Maman lit ! citée plus haut) et inscription chez Yogo + lancement du Projet Maki chez Yogo également + formulaire pour déposer les liens.

Voici les 4 différents paliers :

Objectif Hapalémur Doré : les nouvelles, c’est bien mais pas trop n’en faut. 13 formats courts sur l’année, c’est déjà bien.

Objectif Lémur Fauve : coupons la poire en deux avec 26 textes pour cette année, un bon début et s’il y a une saison 2, on réfléchira…

Objectif Lémur Vari : les vacances, les contretemps, 39 petites histoires semblent être le bon compromis.

Objectif Maki Catta : carton plein, avec une nouvelle par semaine soit 52 textes.

Je vais choisir le premier objectif, Hapalémur Doré, 13 titres, c’est déjà un bel objectif ! Mais je ferai peut-être mieux 😉

Mes lectures pour ce super challenge

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Eltonsbrody d’Edgar Mittelholzer

Eltonsbrody d’Edgar Mittelholzer.

Les éditions du Typhon, février 2019, 230 pages, 20 €, ISBN 978-2-490501-02-1. Eltonsbrody (1960) est traduit de l’anglais (Guyana) par Benjamin Kuntzer.

Genres : littérature guyanienne, fantastique.

Edgar Mittelholzer naît le 16 décembre 1909 à New Amsterdam en Guyane britannique (devenue Guyana). Son premier roman, Corentyne Thunder, signe le début de la littérature de Guyana en 1938. Après un séjour à Trinidad où il se marie (en 1942), il s’exile en Angleterre (en 1947) où il rencontre Leonard et Virginia Woolf qui deviennent ses éditeurs ; il est ainsi le premier auteur caribéen à trouver le succès en Europe. Mais, dépressif, à cause de la couleur de sa peau, il se suicide le 5 mai 1965.

Une maison d’éditions inconnue de moi ! Un auteur de Guyane britannique, devenue Guyana, inconnu de moi ! Un roman fantastique, à la limite du gothique, dont l’éditeur dit : « Dans la lignée des chefs-d’œuvre d’Edgar Allan Poe, de H.P. Lovecraft et de John Carpenter, Eltonsbrody captive en faisant imploser le réel. Intriguant et obsédant, le roman happe le lecteur en le confrontant à l’empire des pulsions. ». À noter que ce titre inaugure la collection Les hallucinés « dédiée à une littérature étrange, inclassable, venue du monde entier ». Ni une ni deux, Eltonsbrody a atterri chez moi ! Et participera au challenge Cette année, je (re)lis des classiques #2 (puisqu’il est paru originalement avant 1970), un classique de Guyana, dingue !

Mr Woodsley, le narrateur, est un jeune peintre en visite à la Barbade. Mais, en ce week-end de Pâques 1958, les deux hôtels et la pension de famille de l’île sont complets… Il s’installe donc à Eltonsbrody (bâti en 1887) chez Mrs Dahlia Scaife, veuve du Dr Scaife. Une particularité : Mrs Scaife est Anglaise alors que le Dr Scaife était un Noir de la Barbade (à l’époque, ça faisait jaser mais les gens respectaient tout de même cette union car Scaife était docteur donc utile à la communauté). « Mr Woodsley, avez-vous déjà été submergé par l’horreur et la joie en même temps ? » (p. 36). Malgré l’atmosphère bizarre et le vent, les premiers jours sont agréables mais la situation se dégrade après le décès de Grégory, le petit-fils de Mrs Scaife… « J’ai l’impression que vous avez une imagination extraordinairement morbide, Mrs Scaife. J’irais même jusqu’à dire malade. » (p. 58).

Peu à peu, la tension monte… « […] ces deux jours m’ont convaincu qu’elle était plus qu’une excentrique. Cette femme est folle. Un silence s’ensuivit. Nous contemplâmes la nuit par la vitre. La fenêtre devant laquelle nous nous trouvions se mit subitement à trembler frénétiquement, comme si une main puissante l’avait agrippée et cherchait à la réduire en morceaux. Le vent sifflait à travers les fissures avec une frustration furieuse, et des courants d’air nous entourèrent de leurs tentacules glacials. La maison tout entière semblait vibrer sous la pression du vent. » (p. 128). Avec cet extrait, vous pouvez apprécier le choix des mots et voir qu’il y a toute une ambiance avec le vent, plus loin ce sera avec la mer et les escarpements dangereux et aussi avec les odeurs et les couleurs.

Bon, je n’ai pas été terrifiée (peut-être parce que j’ai lu ce roman dans la journée et pas durant la nuit) mais j’ai été saisie par le style de l’auteur (je me demande bien s’il n’est pas ici traduit en français pour la première fois !) et l’ambiance qui s’alourdit peu à peu dans cette maison, avec des questionnements, des craintes, non seulement au sujet de la vieille Mrs Scaife mais aussi des événements étranges et même des morts ! Une belle découverte donc avec un éditeur à suivre et un auteur qui sera peut-être à nouveau traduit en français. Par contre, est-ce que l’auteur met de son mal-être d’être métis, d’être « de couleur », dans ses écrits, je ne saurais le dire, je ne peux faire confiance qu’en ce qu’en dit l’éditeur.

Ce roman paru en février 2019 est à la fois un roman de la Rentrée littéraire de janvier 2019 et un classique puisqu’il est originellement paru en 1960 : comme je l’ai dit plus haut, je le mets donc dans Cette année, je (re)lis des classiques #2 (parution originale avant 1970) et, en plus, un classique de Guyana, c’est rare ! Il entre aussi dans Littérature de l’imaginaire #7.

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou.

Delcourt, collection Terres de légendes, avril 2018, 176 pages, 22,95 €, ISBN 978-2-7560-6231-0.

Genres : bande dessinée, fantastique (mais pas que).

David Chauvel est au scénario. Il naît le 18 décembre 1969 à Rennes. Il étudie le commerce international mais, devant le chômage, il se lance dans la bande dessinée au début des années 90 : Rails, Black Mary, Les enragés, Nuit noire, Lunatiks, Ring circus, entre autres.

Alex Kosakowski est au dessin. Il vit en Californie, il est artiste dans le jeu vidéo. La route de Tibilissi est la première bande dessinée pour laquelle il collabore au dessin. Son œuvre sur https://alexkosakowski.com/.

Lou est à la couleur. C’est rare que le nom du (ou de la) coloriste soit mentionné sur une couverture (il l’est habituellement sur la page de titre à l’intérieur). Son vrai nom est Simon Canthelou : autodidacte (mais fils de Christian Darasse, auteur de BD), il est graphiste, dessinateur, coloriste et scénariste.

Une famille, à pieds dans la neige, fuit devant des hommes à cheval. La mère puis le père sont touchés par des flèches. Jake reçoit la hache du père mourant qui leur conjure de se rendre à Tibilissi. Les deux frères, Jake l’adolescent et Oto le plus jeune, se sauvent dans la forêt et dans la neige ; ils ont peur, ils ont faim, ils ont froid et la tempête faire rage. Le lendemain, comme ils ne sont pas équipés pour survivre, l’aîné décide de retourner dans leur village de Tchintaïchi pour prendre des vêtements et de la nourriture. Tout est détruit et brûlé mais ils retrouvent Doubi, une bestiole à fourrure (mais de quelle espèce ?) et Trois-Trois, un robot rafistolé. « Par les temps qui courent… Quand le frère ne reconnaît plus le frère… Quand le voisin assassine le voisin… On ne sait plus ni à quoi ni à qui se fier. » (p. 65). Jake et Oto rencontrent une vieille femme puis des voyageurs, hommes, femmes, enfants, qui, eux aussi, fuient la guerre. Mais peut-on faire confiance à des inconnus ? « Il n’y a pas de paix. Il n’y a plus de sécurité nulle part. Nous avons réussi à leur échapper, mais c’est avant tout parce que nous avons eu de la chance. » (p. 107).

La route de Tibilissi est une bande dessinée choc sur l’enfance bousillée dans un pays en guerre : lequel et à quelle époque exactement, on ne sait pas trop, on pense à l’Europe de l’Est (influencé sûrement par Tbilissi mais ici c’est Tibilissi donc ailleurs), mais ce qui arrive peut arriver dans tous les pays et à toutes les périodes. Les deux créatures ne collent pas à cette époque qu’on pense plutôt médiévale mais elles correspondent à la fantasy (pour Doubi) et à la science-fiction (pour Trois-Trois). On a donc ici une bande dessinée fusion et j’aime le mystère et la créativité ! D’ailleurs Alex Kosakowski a un style particulier, pas vraiment américain (comics) mais pas européen non plus, c’est un mélange de plusieurs influences ce qui est une belle réussite ; les couleurs, les personnages et les paysages sont beaux malgré l’horreur de la guerre et de la fuite en étant poursuivis par des ennemis. Le lecteur est en cavale avec Jake et Oto, il a froid, il est sur le qui-vive, en perpétuel danger et il ne sait pas trop où il va : quelqu’un sait où est Tibilissi ? De plus, Oto ne se sépare jamais de son livre et il y a de nombreux clins d’œil aux contes comme la vieille femme qui ressemble à une Baba Yaga. Et surtout la fin est étonnante !

Après plusieurs semaines chaotiques (sans lecture de bandes dessinées), voici enfin une bande dessinée pour La BD de la semaine ! Que je mets aussi dans les challenges BD, le tout nouveau Jeunesse Young Adult #9 et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7. J’aimerais bien aussi dans Contes et légendes mais cette BD entre-t-elle dans la piste « Contes de montagnes » : je pense que oui car elle se déroule quand même en forêt enneigée montagneuse (on voit des montagnes, des vallées et des précipices).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar de Brian Stableford

Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar : deux enquêtes d’Auguste Dupin, investigateur de l’Étrange de Brian Stableford.

Les Moutons électriques, Les saisons de l’étrange #2, mars 2019, 240 pages, 16 €, ISBN 978-2-36183-550-7. The Legacy of Erich Zann (2011) et Valdemar’s Daughter (2010) sont traduits de l’anglais par Catherine Rabier.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

Brian Stableford naît le 25 juillet 1948 à Shipley (Yorkshire, Angleterre). Sociologue de la science-fiction et professeur de sociologie, il se consacre à l’écriture : romans et nouvelles plutôt de science-fiction mais aussi de fantasy et de fantastique.

Voici ce que dit l’éditeur sur Le testament d’Erich Zann : « Quinze ans après la célèbre nouvelle de Lovecraft, le violon et les compositions maudites d’Erich Zann font l’objet de toutes les convoitises. Le grand détective Charles Auguste Dupin est le seul à savoir pourquoi, et à pouvoir s’y opposer. »

Paris, faubourg Saint-Germain, XIXe siècle. Charles Auguste Dupin, Chevalier et détective (un genre de Sherlock Holmes français) rend visite à son ami américain (journaliste, alter ego d’Edgar Allan Poe à qui il envoie des histoires) lorsqu’il apprend que Bernard Clamart, célèbre notaire, a été assassiné à son cabinet, et qu’une tombe non enregistrée (bon, on devine que c’est celle d’Erich Zann) a été profanée au Père-Lachaise. Pendant ce temps, Nicolo Paganini recherche les partitions pour violon disparues de Zann mais « […] tout ce qui a un rapport avec la mémoire de Zann peut devenir redoutablement dangereux, et si nous pouvons avoir une longueur d’avance, nous devons la prendre. » (p. 22-23). Où il est question de Stradivarius perdu et d’une « oreille exceptionnelle pour la musique » (p. 37) mais sera-t-il possible de contrer le violon « dressé, ensorcelé, envoûté, possédé » (p. 122) ?

Voici ce que dit l’éditeur sur La fille de Valdemar : « Rendu fameux sous la plume d’Edgar Allan Poe, Dupin enquête également de nouveau sur Ernest Valdemar, dont le corps a disparu : le comte de Saint-Germain est-il impliqué ? Et pourquoi Balzac, à l’article de la mort, s’y intéresse-t-il ? »

Paris, faubourg Saint-Germain, XIXe siècle. Alors que Dupin se réchauffe devant la cheminée de son ami américain, madame Ewelina Hanska (la maîtresse d’Honoré de Balzac) arrive en pleine nuit pour récupérer un colis en provenance de New York. Mais le colis n’est pas là et le docteur Robert Collyer, un Anglais qui devait le déposer, a disparu. Madame Hanska craint que la Société de l’Harmonie n’ait subtilisé le colis et que son amie – et compatriote – Jana Valdemar n’ait des ennuis. Une machination machiavélique sur les thèmes du mesmérisme, du spiritualisme et d’éventuels progrès de la médecine (sommeil magnétique). « Nous vivons en des temps de trouble, Monsieur Dupin. Il y a de la révolution dans l’air, aussi bien sur le plan politique que scientifique. Mais je crains que dans les deux cas, elle ne débouche sur une catastrophe plutôt que sur une réforme rationnelle. » (p. 180).

Deux récits policiers historiques dans une belle ambiance « dix-neuviémiste » fantastique avec des références littéraires et musicales pour Erich Zann et des références littéraires et médicales (ou spirituelles) pour Valdemar. Et, dans les deux cas, nous avons « Une fiction bien ficelée et tellement plus puissante que la vérité, simplement parce qu’elle est spécialement et habilement conçue pour faire appel à l’imagination. » (p. 212). C’est que « L’esprit peut jouer d’étranges tours, si on le sollicite de la bonne façon. » (p. 229). Alors serons-nous des lecteurs curieux et ouverts d’esprit mais crédules ? Ou doués de logique et de discernement ?

Un livre de la Rentrée littéraire de janvier 2019 pour les challenges Littérature de l’imaginaire #7, Polar et thriller 2019-2020, Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #5 pour le fantastique et Voisins Voisines 2019 (Angleterre).

Buck, la nuit des trolls d’Adrien Demont

Buck, la nuit des trolls d’Adrien Demont.

Soleil, collection Métamorphose, mai 2016, 80 pages, 17,95 €, ISBN 978-2-302-05060-0.

Genres : bande dessinée, conte, fantastique.

Adrien Demont naît le 1er janvier 1986 à Villeneuve sur Lot. Il étudie les Beaux-Arts à Angoulême. Il est dessinateur et auteur. Plus d’infos sur son blog.

Norvège. « L’hiver est rude… Il n’y a que la neige et le vent, le vent et la neige… » (p. 12). Poussés par les flots marins, Buck et sa niche arrivent dans un lieu inconnu. Un malheureux couple d’humains a trouvé un troll dans le berceau de leur fille. Buck est chargé de ramener le bébé mais il est peureux et il fait nuit ! Il rencontre Snorri, un lièvre boiteux qui l’invite au vieux moulin abandonné. Mais « Le temps presse, si la petite humaine finit son sevrage aux mamelles d’une troll, elle deviendra des leurs. » (p. 50).

Auparavant frappé par la foudre, Buck ne quitte plus sa niche, il est un peu un chien-tortue. À la fois drôle et onirique, cette bande dessinée est inspirée d’un conte scandinave. Les dessins sont superbes, sombres, et il y a peu de textes, ce qui laisse place à l’observation des détails et à l’imagination.

J’ai très envie de lire Buck, le chien perdu paru en mai 2019 et qui raconte en fait l’histoire de Buck avant la nuit des trolls.

Buck, la nuit des trolls est dédicacé à Theodor Kittelsen. Je ne connais pas… C’est un peintre et illustrateur norvégien (1857-1914) distingué Chevalier de l’ordre de Saint-Olaf ; il est connu pour ses illustrations de trolls dont s’est inspiré Adrien Demont.

C’est la rentrée de La BD de la semaine ! Je ne sais pas si le challenge BD de Marjorie continue après juillet 2019… (oui, il continue). Je mets cette très belle bande dessinée dans les challenges Contes et légendes, Jeunesse Young Adult #8 (qui cette année, accepte les bandes dessinées) et Littératures de l’imaginaire.

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Challenge Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #5

La 5e édition du Summer Short Stories of SFFF (S4F3) est commencée depuis le 21 juin… Il est tard pour m’inscrire mais le challenge court jusqu’au 23 septembre et il est encore possible de s’inscrire donc challenge, me voici !

Infos, logo et inscription chez Albédo + le top départ ici + les premiers liens ici.

L’objectif est toujours de lire des livres de tous les genres de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique (SFFF), horreur, etc., de moins de 350 pages : romans, recueils de nouvelles, essais et anthologies (ne sont pas pris en compte les nouvelles à l’unité, les novellas de moins de 80 pages, les revues et magazines, les comics et bandes dessinées).

Mes lectures SFFF pour ce challenge

1. Winter is coming : une brève histoire politique de la fantasy de William Blanc (Libertalia, 2019, France)

2. Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar de Brian Stableford (Les Moutons électriques, 2019, Angleterre)