La fée des glaces de Maxence Fermine

La fée des glaces de Maxence Fermine.

Michel Lafon, novembre 2013, 158 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7499-1978-2.

Genres : littérature française, jeunesse, fantasy.

Maxence Fermine naît le 17 mars 1968 à Albertville (Savoie). Je l’ai découvert avec Neige et Le violon noir en 1999 aux éditions Arléa puis L’apiculteur en 2000 chez Albin Michel. Depuis, j’ai lu une grande partie de ses romans mais pas tous.

Pour ses 13 ans, Malo part en vacances dans les Alpes chez la sœur de son père, Reine Dumont qu’il a surnommée Tante Urticaire car elle pique quand on l’embrasse. Dès le premier jour, un moniteur sympa lui apprend le snowboard mais la météo change tout à coup pendant qu’ils pique-niquent. « Le jour blanc est un phénomène étrange. Tout devient alors uniforme, et celui qui est pris dans ce piège paraît enfermé lui-même dans une gangue de brouillard inextricable. » (p. 15). Malo perd de vue le moniteur et tombe dans une crevasse. Puis il se réveille dans une immense cavité dans laquelle l’attend Léa, une fée des glaces. Pour la troisième fois, Malo est dans le Royaume des Ombres et ici, c’est le Royaume des Ombres de l’Hiver. « Il ne faut pas juger les gens sur leur apparence. Cela ne sert à rien qu’à se perdre. » (p. 119).

La magie a moins opéré dans ce troisième tome des aventures de Malo dans le Royaume des morts. Le roman comporte moins de pages mais il m’a paru plus long… Comme si l’histoire tirait sur la corde. Bien sûr la lecture est toujours agréable et le merveilleux est au rendez-vous mais Malo a grandi, il n’est plus un petit garçon, et en tant que lectrice, je m’attendais peut-être à quelque chose de plus impressionnant. Parce que là, il ne se passe pas grand-chose finalement…

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et S4F3 #6.

La poupée de porcelaine de Maxence Fermine

La poupée de porcelaine de Maxence Fermine.

Michel Lafon, mai 2013, 170 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7499-1969-0.

Genres : littérature française, jeunesse, fantasy.

Maxence Fermine naît le 17 mars 1968 à Albertville (Savoie). Je l’ai découvert avec Neige et Le violon noir en 1999 aux éditions Arléa puis L’apiculteur en 2000 chez Albin Michel. Depuis, j’ai lu une grande partie de ses romans mais pas tous.

Malo passe les vacances de la Toussaint avec ses parents mais il pleut. Sa mère, maussade, ne pense qu’au shopping, et son père est accaparé par le congrès de son Club de porteurs de cravates. Depuis son retour du pays des ombres, il y a environ un an, Malo ne pense qu’à revoir Lili. « Il pensait à elle tous les jours et espérait chaque matin retrouver le passage menant à elle. » (p. 14). Heureusement pour Malo, il y a une fête foraine ! Mais il suit deux étranges nains, Duredoreille et Surdaud, qui transportent une poupée en porcelaine, et se retrouve de nouveau au pays des ombres d’Écosse dans le palais des glaces. « Pour la seconde fois de son existence, il emprunta le toboggan et perdit connaissance. » (p. 36).

Un corbeau le met en garde : « Ici, rien ne se passe comme tu t’y attends. Le temps n’existe pas, la couleur est rare, quant aux petites marchandes de rêves, elles ne courent pas les rues… Ce nouveau voyage n’est pas un rêve… La deuxième fois, on ne rêve plus. » (p. 41).

Au manoir de Darkhouse, Malo est accueilli par Sir Luke, 27e du nom, fabricant de jouets, qui ressemble à un mage noir. Malo et Louison, la poupée qui a pris vie, pourront-ils s’enfuir et retrouver Lili, la petite marchande de rêves ? « Il faut que tu sois prudent. N’oublie pas que tu te trouves au Royaume des Ombres et qu’il faut respecter certaines règles ! Ici, l’imaginaire, c’est le réel. » (p. 64).

Maxence Fermine aurait-il un petit côté Peter Pan ? Ce deuxième tome, moins enfantin, plus sombre, que le premier – La petite marchande de rêves – m’a plus accrochée et je vous parlerai cet après-midi du troisième tome, La fée des glaces, paru en novembre 2013. Mais je préfère tout de même ses romans pour adultes.

Une lecture pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et S4F3 #6.

Arcadia de Fabrice Colin

Arcadia (l’intégrale) de Fabrice Colin.

Bragelonne, collection Steampunk, septembre 2018, 420 pages (poche), 9,90 €, ISBN 979-10-281-0522-8.

Genres : littérature française, fantasy, science-fiction.

Fabrice Colin naît le 6 juillet 1972 à Paris. Il est auteur de romans et de nouvelles de l’imaginaire (science-fiction et fantasy) et se tourne vers le roman policier et la littérature jeunesse. Il est aussi scénariste pour la bande dessinée et la radio. Bien qu’il publie depuis 1997 et que je connaissais certains de ses titres comme Confessions d’un automate mangeur d’opium ou Big Fan ou La poupée de Kafka, j’ai l’impression que je n’avais jamais lu cet auteur ! Plus d’infos sur son site officiel (consultez plutôt « biblio & co » car le blog n’est plus à jour depuis mars 2017).

Rome, Italie, 23 février 1821. Le poète anglais John Keats meurt près de son ami Joseph Severn. « Les yeux du poète se ferment. Il exhale un dernier souffle. » (p. 17).

Londres, Angleterre, décembre 1872. William Morris et Jane Burden épouse Morris rendent visite à leur ami, le peintre Dante Gabriel Rossetti, un artiste préraphaélite qui a reçu la visite d’un esprit. « L’Esprit a besoin de personnages de votre trempe, Gabriel. […] Il m’a parlé de John Keats, poursuit Rossetti. Du rôle que John Keats pouvait exercer sur nos œuvres, de son esprit immortel. Je n’ai pas eu le cœur de le contredire […]. Soyez ses chevaliers, m’a-t-il confié encore. Vous seuls pouvez soutenir son âme, vous seuls pouvez l’aider à revivre. Pour qu’enfin résonne la musique du sommeil. » (p. 27).

140 ans plus tard, à Paris. « […] tout ce qui formait l’ossature de la société a disparu. Ce qui nous reste ? Une poignée de survivants incapables de comprendre ce qu’ils font là, incapables de savoir s’ils ont été choisis, sélectionnés, élus par quelque chose ou par quelqu’un, ou si tout n’a été qu’en définitive que le fruit du plus complet hasard. » (p. 44). Parmi ces survivants, Alex, Guillaume, Estel surnommée Campa et Gabriel, passionnés de peinture et de poésie. C’est que « Keats est passé dans l’autre monde. […] Le monde des rêves et de la mort. » (p. 59).

Mais Paris est sous les eaux à cause d’une pluie incessante… « Paris est devenue une ville morte, enfin pleinement féerique. Comme si son âme s’était révélée. » (p. 70).

Arcadia est un monde magique, baroque, avec des symboles, des rêves, des légendes arthuriennes… « On n’a pas le droit de se souvenir des morts. Ça nous empêche d’être heureux et ça ne sert à rien pour les gens qui sont partis, étant donné qu’ils ne sont pas vraiment partis : juste figés dans le passé. » (p. 102). Arcadia est-il le monde réel et Ternemonde le monde des rêves voire un monde parallèle ? Fabrice Colin embarque ses lecteurs pour un voyage onirique et mélancolique. « le monde va changer, dans les jours à venir. Il va se modifier considérablement. Toute chose arrive à son terme […] Il est logique que le réalité tente de résister. » (p. 178-179). « […] les souvenirs, les défaites, les souffrances : c’est comme si rien de tout ça n’avait jamais existé. » (p. 275).

En mettant en parallèle passé, présent, futur, légende, réalité, rêve, en parlant de poésie, littérature, peinture, mythologie (nombreuses références), l’auteur montre que les combats que nous menons (contre nous-mêmes, contre les autres, contre le dragon, contre la Nature) sont les mêmes que les combats qui ont déjà été menés et ceux qui seront encore menés. « Nous allons réenchanter le monde, chevaliers. » (p. 302).

Alors, nous lecteurs, réenchantons le monde avec ce diptyque atypique et fusionnant (trop pour certains) ! Cette intégrale réunissant le premier tome, Vestiges d’Arcadia, paru aux éditions Mnémos en mai 1998 (que j’ai trouvé plutôt fantasy) et le deuxième tome, La musique du sommeil, paru aux éditions Mnémos en juillet 1998 (que j’ai trouvé plutôt science-fiction).

Une lecture pour les challenges Contes et légendes #2 (légendes et mythologie arthuriennes en particulier) et Littérature de l’imaginaire #8.

L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor

L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor.

Scrineo, août 2018, 176 pages, 12,90 €, ISBN 978-2-36740-628-2. Ce roman a été sélectionné pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire BooktubersApp (PLIB) en 2019 et pour le Prix Livre Élu en Livradois-Forez en 2019-2020.

Genres : littérature française, jeunesse, fantasy.

Arthur Ténor, de son vrai nom Christian Escaffre, naît en 1959 dans l’Allier (Auvergne). Il était instituteur avant d’être écrivain jeunesse spécialisé dans l’imaginaire. Son premier roman paraît en 1998. Depuis, plus de 100 romans sont parus et il a reçu plusieurs prix littéraires. Du même auteur chez Scrineo : Les Fabuleux (2013), Le royaume des Sept Tours (2015), Pourquoi ? Le combat des anges (2017), Le collectionneur de monstres (2019), entre autres. Plus d’infos sur son blog.

Dans l’Empire d’Isuldain, à Éa-Kyrion, la capitale, « la ville aux mille dômes » (p. 29). De nuit, un rôdeur s’introduit dans la villa de maître Gouhni. Il tue les cinq veilleurs et maître Gouhni mais un mystérieux homme a raison de lui. « Tu avais raison, Athia, c’était une ombre assassine de la secte d’Anghor, déclara le justicier dans la langue des elfes. » (p. 12). Au même moment, un des silos à grains du Grand Marché est incendié et la nurserie des dragons sentinelles est attaquée. Parmi les spectateurs, impuissants, Memnéphiphéon (surnommé Phéon), un Elfide des Songes novice à l’Académie diplomatique. C’est donc sur des attaques terroristes que se déroule ce premier chapitre. Phéon partage sa chambre avec Mythrite, fille d’Akréon, une Sorcière, Éléona, une Elfide (heureusement, Özgorde, son dragon qui était à la nurserie est sain et sauf), Orhass, un Magicien, et Ivaar, fils d’Igmar le Preux, un Maraudeur. Leur mentor Méléandion, un humain, « dignitaire de la très puissante Confrérie des Magiciens » (p. 21) leur assigne un dernier locataire (car la chambrée est complète à six), un sang-gris ! « Déjà qu’à cinq on manque de s’étriper à chaque minute, si en plus un monstre mi-homme mi-orque nous rejoint… » (p. 25).

On devine dès le début que l’auteur parlera d’amitié, d’acceptation de l’autre, de solidarité, de confiance et de courage. C’est sûr que chacun a son histoire, ses traditions, ses a priori, et que ça ne va pas être facile surtout s’ils pensent être en compétition les uns avec les autres… C’est que le corps diplomatique est très important pour l’équilibre de l’Empire. Et, avec Anghor, un dieu ancien, oublié depuis des siècles, violent, fourbe, sorti de l’oubli par des fanatiques religieux sanguinaires, l’auteur parlera aussi des problèmes de société, de religion et de misogynie (ce dieu déteste les femmes et la féminité).

Mais, alors que les jeunes de la chambrée vont à la rencontre de leur sixième camarade, ils sont témoins d’un autre attentat : un homme lance des fioles qui explosent et s’enflamment au contact des passants. Akron, c’est le sang-gris, éberlué et indigné de voir ça dans cette belle cité, va être le seul à intervenir.

Akron, « éduqué par un maître-instructeur qui fut mentor auprès du roi de Ligourie » (p. 37) fait la connaissance de ses camarades de chambrée. « […] Akron éprouva une vive émotion, celle de prendre enfin conscience qu’une nouvelle vie commençait pour lui, avec de nouveaux compagnons d’apprentissage, point trop laids de surcroît. Cela ne lui était jamais arrivé d’en gagner cinq d’un coup. » (p. 37).

Il y a quatre chambrées de six élèves donc vingt-quatre novice d’accès (leur première année), « jeunes esprits issus de tous les horizons de l’Empire » (p. 39). Voilà, on est dans une histoire genres Harry Potter pour l’école et le Seigneur des anneaux pour la fantasy et toutes ses créatures. La chambrée de Phéon et ses camarades s’appelle les Crépusculaires (nom donné par Akron). Les autres chambrées se nomment les Vaillants, les Bienveillants et les Perspicaces.

Mon passage préféré : « Les humains sont ainsi faits qu’ils éprouvent une aversion quasi instinctive envers leurs semblables, dès lors qu’ils présentent une singularité. C’est assez curieux d’ailleurs et difficile à comprendre : ils détestent l’uniformité et ne peuvent tolérer la différence. Si un jour tu trouves une explication, n’hésite pas à m’en faire part. » ( Éléona à Akron, p. 78-79).

Je n’en dis pas plus, lisez ce roman et vous passerez un bon moment de lecture ! Belle couverture, en tout cas, avec les six membres des Crépusculaires. J’aurais voulu en savoir un peu plus sur eux, leur passé, leur motivation, on en sait un peu sur Akron mais pas sur les autres, peut-être y aura-t-il une suite ?

Pour les challenges Jeunesse Young Adult #9, Littérature de l’imaginaire #8 et Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #6.

Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #6

16 juillet : le logo est enfin arrivé !

Sixième saison pour le Summer Short Stories of SFFF ou S4F3 en abrégé. J’ai participé en 2018 (13 lectures) et en 2019 (seulement 2 lectures) et j’espère faire mieux cette année que l’été dernier. Le challenge dure du 21 juin au 23 septembre. L’objectif est de lire de la littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy = SFFF) avec des livres, anthologies, essais et recueils de nouvelles entre 80 pages et moins de 350 pages. Nouveau : il y a 10 épreuves – appelées Déca-Star –, une par semaine, mais je ne sais pas si je vais y participer.

Infos, logo (euh… pour l’instant il y n’a pas de logo pour 2020, je le rajouterai plus tard) et inscription chez Lutin82 (Albédo) + ici pour les épreuves.

Mes lectures pour ce challenge

1. L’académie diplomatique d’Isuldain – Les ombres assassines d’Arthur Ténor (Scrineo, 2018, France)

2. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley (Pocket, 2017, Angleterre)

3. L’ambre du Diable (Une aventure de Lucifer Box, 2) de Mark Gatiss (Bragelonne, 2016, Angleterre)

4. La poupée de porcelaine de Maxence Fermine (Michel Lafon, 2013, France)

5. La fée des glaces de Maxence Fermine (Michel Lafon, 2013, France)

6. La Méthode Sisik de Laurent Graff (Le Dilettante, 2018, France)

7. Les attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard (Le Bélial, 2018, États-Unis)

J’ai fait mieux qu’en 2019 alors je suis contente 🙂

Rivages de Gauthier Guillemin

Rivages de Gauthier Guillemin.

Albin Michel Imaginaire, octobre 2019, 256 pages, 18,90 €, ISBN 978-2-22644-237-6.

Genres : littérature française, fantasy, premier roman.

Gauthier Guillemin est directeur adjoint dans un collège. Il aime lire et voyager. Rivages est son premier roman, et quel roman !

« Un homme au départ. » (p. 17). Cet homme, le Voyageur, quitte la Cité post-apocalyptique, bruyante et polluée, dans laquelle il a toujours vécu. Il s’aventure dans la forêt inconnue et dangereuse, appelée le Dômaine. Il y observe des arbres, des animaux et parfois même d’autres humains dont certains ont des branchies. Rapidement, il se découvre un don : voyager d’arbre en arbre ! Au bout d’un an de voyage, il s’arrête dans le village des Ondins car Sylve, une jeune femme l’attire. Ce peuple, les Thuata dé Dana, est un peuple de la mer « maintenant exilé dans l’immensité verte » (p. 37). Le village, c’est Sráidbhaile ciorclaign le Crann Mór Ard, ce qui signifie « le village entouré d’un grand arbre » (p. 48), un figuier banian qui sert de palissade. « […] il écoutait avidement les contes des temps anciens, l’histoire de ceux qui l’avaient accueilli. » (p. 70).

Quel roman magnifique ! La dualité entre les humains et la Nature est racontée avec une telle poésie ! « Maintenant l’homme est seul, dépossédé de la création, incapable de nommer tout ce qui vit sur la surface de la Terre. La nature s’est recréée sans lui, sans qu’il puisse la contrôler, tout occupé qu’il était de lui-même. Il s’est mis au ban de la création et nul Dieu ne vient l’aider, car l’homme ne le veut pas, il enrage, il est seul, il a peur, il ne compte plus pour rien. » (p. 75). C’est que ce roman de fantasy écologique est post-apocalyptique, proche ou lointain dans le futur mais la civilisation des êtres vivants (humains, ondins, nains, etc.) n’est plus du tout la même que celle que nous connaissons et il y a partout beaucoup de verdure.

Mais, revenons au village des Ondins. Le Voyageur, humain, étranger, va-t-il être accepté par le Conseil des Anciens et les villageois ? D’autant plus qu’il y a du danger : les Fomoires (un peuple violent) rôdent… Krûll, le vieux nain, (je l’aime bien, ce personnage) est le père de Dinnâ Trich Krûll Nyssach, surnommée Sente car elle arpente la forêt ; elle est moitié naine (Krûll) moitié Ondine (Nyssach) : c’est avec elle que va travailler le Voyageur pour faire ses preuves.

Le roman aurait pu être titré Le Voyageur ou Le Dômaine ou La quête de… mais « Je veux revenir aux rivages qui ont vu naître nos ancêtres. » (Quentil, p. 156). Quels sont-ils ces rivages ? Où sont-ils ? La mer existe-t-elle toujours ? Une nouvelle quête pour le Voyageur ? Quentil, lui, veut partir en quête des origines de son peuple, les Ondins. « Un poète a dit que l’homme en voyageant mesurait son infini sur le fini des mers. Au temps où les terres étaient toutes recensées, seul les désirs de l’homme restaient sans limites. Je me demande si cela a changé. – Je comprends ce que tu veux dire, acquiesça Quentil, nous voulons toujours aller plus loin, toujours voir de nouvelles choses et peut-être que je pourrais perdre de vue le sens même de mon voyage. » (p. 157).

Ce roman de fantasy, post-apocalyptique, est un conte, une quête avec une grande importance du merveilleux : j’ai beaucoup aimé ce mélange des genres ; ce roman est incroyablement beau, agréablement rythmé et ambitieux (au niveau littéraire). Le tome 2, La fin des étiages, était annoncé pour le 25 mars 2020. Je ne pensais pas qu’il y aurait un deuxième tome mais comme j’ai hâte de le lire !

Pour les légendes et les contes des Thuata dé Dana, je vais mettre ce roman dans le challenge Contes et légendes. D’ailleurs, ce roman interroge le lecteur : les contes, les légendes, les mythes sont-ils utiles, indispensables aux humains ? Je le mets aussi dans les challenges Littérature de l’imaginaire #8 et Printemps de l’imaginaire francophone 2020 (je suis un peu à la bourre, le challenge se termine le 1er juin… J’ai lu 3 ou 4 autres romans qui entrent dans ce challenge mais je ne sais pas si je pourrai publier les notes de lectures avant cette date… En tout cas, si je dois publier une seule note de lecture, c’est bien Rivages !).

Printemps de l’imaginaire francophone 2020

C’est en participant aux deux marathons de mars et en lisant de l’imaginaire que je me suis rappelée du Printemps de l’imaginaire francophone (PIF) ! J’ai participé en 2017 et en 2018 mais j’ai zappé en 2019 (je ne sais pas pourquoi).

Je m’inscris donc pour ce Printemps de l’imaginaire francophone 2020 qui dure du 1er mars au 1er juin. Infos, nouveau logo et inscription sur le blog Aline Wheeler + le groupe FB.

L’organisatrice nous dit que « Le Printemps de l’Imaginaire francophone — ou PIF, pour les intimes — est un challenge de lecture qui consiste à lire et partager des lectures de Science-Fiction, Fantasy ou Fantastique dont la version originale du texte est écrite en français, et ce, quelle que soit la nationalité de l’auteur ou de l’autrice. ».

Il faut donc lire au moins un livre (roman, nouvelle, pièce de théâtre, BD, manga, comic, album, ebook, livre audio…) de science-fiction, fantasy ou fantastique dont la VO est en français (peu importe la nationalité de l’auteur, Français, Belge, Canadien, Suisse ou autres francophones).

Les paliers
Rêveur invétéré = 1 livre
Sorcier vagabond = 3 livres
Scientifique fou = 6 livres
Alchimiste méticuleux = 9 livres
Mage érudit = 12 livres
Bibliothécaire céleste = 15 livres

Les défis

1- Lire un-e auteur européen francophone qui n’est pas français

2- Lire un-e auteur canadien francophone

3- Lire un livre en rapport avec le printemps ou qui vous fait penser au printemps (par un titre qui rappelle le vent ou la nature, l’histoire qui se passe au printemps, la couverture avec de la nature ou des fleurs…)

4- Lire un livre d’au moins 500 pages

5- Lire une nouvelle ou un recueil de nouvelles

6- Lire un livre auto-édité

7- Lire un livre d’une petite maison d’édition

8- Lire un récit avec un personnage principal féminin

9- Lire un livre écrit par une autrice

10- Continuer/Terminer une série

11- Lire une relique de votre PAL

12- Lire un livre d‘un auteur (ou d’une autrice) que vous avez découvert au cours du challenge de cette année ou des années précédentes (dans les PAL ou les suggestions des autres participants, par exemple)

13- Se faire choisir un livre dans sa PAL au hasard ou par une autre personne

14- Lire un livre qui parle d’une créature légendaire (griffon, sirène, dragon, kelpie, basilic, dulahan…)

15- Lire un livre en rapport avec le folklore celte/breton/gaulois (par exemple : réécriture de la matière de Bretagne ou des contes et légendes de nos contrées, des récits qui parlent de fées, de druides, de dieux et déesses celtes…)

Mes lectures pour ce challenge

1. Rivages de Gauthier Guillemin (Albin Michel Imaginaire, 2019, France)

2. La voie Verne de Jacques Martel (Mnémos, 2019, France)

3. Demain les chats de Bernard Werber (Le livre de poche, 2018, France)

ont été lu durant les deux marathons de mars et un marathon de printemps et les notes de lecture arrivent !

4. Interfeel d’Antonin Atger (PKJ, 2018, France)

5. Trois fois la fin du monde de Sophie Divry (Noir sur blanc, 2018, France)

6. Agence Mysterium – Le fantôme de Saint-Malo de Loïc Le Borgne (Scrineo, 2017, France)

Challenge Maki Project 2020

Vu chez Chut… Maman lit !, ce nouveau challenge m’a attirée immédiatement mais quand j’ai vu qu’il fallait lire 52 titres en 52 semaines (soit un titre par semaine), pfou… C’est que, même si c’est du format court, c’est vraiment contraignant et je lis plein d’autres choses ! Heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ça et j’ai vu qu’il y avait plusieurs paliers, ce qui m’a décidée à m’inscrire.

Alors, je vous explique : le Maki Project 2020, c’est le premier challenge créé par Yogo – du blog Les lectures du Maki, un blog que je ne connaissais pas – dont l’objectif est de lire des nouvelles et des novellas, c’est-à-dire des textes courts à raison de un par semaine soit 52 textes en 2020, attention : uniquement dans les littératures de l’imaginaire. Comme il y a 53 semaines en 2020, le challenge commence aujourd’hui, le 6 janvier, et se termine le 31 décembre 2020.

Présentation, logo (très beau logo créé par Chut… Maman lit ! citée plus haut) et inscription chez Yogo + lancement du Projet Maki chez Yogo également + formulaire pour déposer les liens.

Voici les 4 différents paliers :

Objectif Hapalémur Doré : les nouvelles, c’est bien mais pas trop n’en faut. 13 formats courts sur l’année, c’est déjà bien.

Objectif Lémur Fauve : coupons la poire en deux avec 26 textes pour cette année, un bon début et s’il y a une saison 2, on réfléchira…

Objectif Lémur Vari : les vacances, les contretemps, 39 petites histoires semblent être le bon compromis.

Objectif Maki Catta : carton plein, avec une nouvelle par semaine soit 52 textes.

Je vais choisir le premier objectif, Hapalémur Doré, 13 titres, c’est déjà un bel objectif ! Mais je ferai peut-être mieux 😉

Mes lectures pour ce super challenge

1. L’enfance attribuée de David Marusek (Le Bélial, août 2019, États-Unis) 🙂

2. Acadie de Dave Hutchinson (Le Bélial, août 2019, Angleterre) 🙂

3. Les questions dangereuses de Lionel Davoust (Hélios (ActuSF), janvier 2019, France) 🙂

4. Entre la mort et la vie d’Alexei Apoukhtine (Alicia, 2018, Russie, 1892) 🙂

5. Le roi des chats de Stephen Vincent Benét (L’éveilleur, 2017, États-Unis) 🙂

6. Histoires fantastiques du temps jadis (Philippe Picquier, 2002, Japon) 🙂

7. Abimagique de Lucius Shepard (Le Bélial, août 2019, États-Unis)

8. La Méthode Sisik de Laurent Graff (Le Dilettante, 2018, France)

9. Les attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard (Le Bélial, 2018, États-Unis)

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La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou.

Delcourt, collection Terres de légendes, avril 2018, 176 pages, 22,95 €, ISBN 978-2-7560-6231-0.

Genres : bande dessinée, fantastique (mais pas que).

David Chauvel est au scénario. Il naît le 18 décembre 1969 à Rennes. Il étudie le commerce international mais, devant le chômage, il se lance dans la bande dessinée au début des années 90 : Rails, Black Mary, Les enragés, Nuit noire, Lunatiks, Ring circus, entre autres.

Alex Kosakowski est au dessin. Il vit en Californie, il est artiste dans le jeu vidéo. La route de Tibilissi est la première bande dessinée pour laquelle il collabore au dessin. Son œuvre sur https://alexkosakowski.com/.

Lou est à la couleur. C’est rare que le nom du (ou de la) coloriste soit mentionné sur une couverture (il l’est habituellement sur la page de titre à l’intérieur). Son vrai nom est Simon Canthelou : autodidacte (mais fils de Christian Darasse, auteur de BD), il est graphiste, dessinateur, coloriste et scénariste.

Une famille, à pieds dans la neige, fuit devant des hommes à cheval. La mère puis le père sont touchés par des flèches. Jake reçoit la hache du père mourant qui leur conjure de se rendre à Tibilissi. Les deux frères, Jake l’adolescent et Oto le plus jeune, se sauvent dans la forêt et dans la neige ; ils ont peur, ils ont faim, ils ont froid et la tempête faire rage. Le lendemain, comme ils ne sont pas équipés pour survivre, l’aîné décide de retourner dans leur village de Tchintaïchi pour prendre des vêtements et de la nourriture. Tout est détruit et brûlé mais ils retrouvent Doubi, une bestiole à fourrure (mais de quelle espèce ?) et Trois-Trois, un robot rafistolé. « Par les temps qui courent… Quand le frère ne reconnaît plus le frère… Quand le voisin assassine le voisin… On ne sait plus ni à quoi ni à qui se fier. » (p. 65). Jake et Oto rencontrent une vieille femme puis des voyageurs, hommes, femmes, enfants, qui, eux aussi, fuient la guerre. Mais peut-on faire confiance à des inconnus ? « Il n’y a pas de paix. Il n’y a plus de sécurité nulle part. Nous avons réussi à leur échapper, mais c’est avant tout parce que nous avons eu de la chance. » (p. 107).

La route de Tibilissi est une bande dessinée choc sur l’enfance bousillée dans un pays en guerre : lequel et à quelle époque exactement, on ne sait pas trop, on pense à l’Europe de l’Est (influencé sûrement par Tbilissi mais ici c’est Tibilissi donc ailleurs), mais ce qui arrive peut arriver dans tous les pays et à toutes les périodes. Les deux créatures ne collent pas à cette époque qu’on pense plutôt médiévale mais elles correspondent à la fantasy (pour Doubi) et à la science-fiction (pour Trois-Trois). On a donc ici une bande dessinée fusion et j’aime le mystère et la créativité ! D’ailleurs Alex Kosakowski a un style particulier, pas vraiment américain (comics) mais pas européen non plus, c’est un mélange de plusieurs influences ce qui est une belle réussite ; les couleurs, les personnages et les paysages sont beaux malgré l’horreur de la guerre et de la fuite en étant poursuivis par des ennemis. Le lecteur est en cavale avec Jake et Oto, il a froid, il est sur le qui-vive, en perpétuel danger et il ne sait pas trop où il va : quelqu’un sait où est Tibilissi ? De plus, Oto ne se sépare jamais de son livre et il y a de nombreux clins d’œil aux contes comme la vieille femme qui ressemble à une Baba Yaga. Et surtout la fin est étonnante !

Après plusieurs semaines chaotiques (sans lecture de bandes dessinées), voici enfin une bande dessinée pour La BD de la semaine ! Que je mets aussi dans les challenges BD, le tout nouveau Jeunesse Young Adult #9 et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7. J’aimerais bien aussi dans Contes et légendes mais cette BD entre-t-elle dans la piste « Contes de montagnes » : je pense que oui car elle se déroule quand même en forêt enneigée montagneuse (on voit des montagnes, des vallées et des précipices).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

En passant

En coup de vent… 91 – Cafés littéraires à Montélimar

Bonjour mes amis, pour une fois, un billet « En coup de vent… » littéraire.

Si j’ai publié la photo d’Android Nougat [lien] samedi (pour la thématique « monumental »), c’est parce que je suis allée à Montélimar la veille pour une journée professionnelle sur les littératures de l’imaginaire (octobre étant le mois de l’imaginaire).

Je vous épargne le trajet en train, assez court mais qui passe devant la centrale nucléaire de Cruas…

Chaque année ont lieu les Cafés littéraires de Montélimar avec des invités, des rencontres, des spectacles, des expos, etc.

La journée professionnelle du vendredi 4 octobre était sur les littératures de l’imaginaire : ma tasse de thé et aussi une partie de mon travail ! L’événement se déroulait à la Médiathèque intercommunale Maurice Pic de Montélimar (Drôme).

Le matin, deux rencontres, l’une après l’autre :

L’imaginaire dans tous ses états par Stéphane Moulain avec un historique, les genres littéraires science-fiction, fantasy, fantastique et quelques sous-genres puis un échange agréable. J’ai noté deux titres que je n’ai jamais lus et qui, selon lui, sont indispensables : Hyperion de Dan Simmons (un auteur que je n’ai encore jamais lu) et Neverwhere de Neil Gaiman (un auteur dont j’ai déjà lu quelques titres mais pas celui-ci).

Grand entretien avec Alain Damasio modéré par Thierry Caquais. La présentation et l’analyse de Les Furtifs étaient un peu longue mais donnaient très envie à ceux qui ne l’ont pas encore lu de le lire ! Alain Damasio m’est apparu très à l’aise, détendu, engagé (je l’avais vu fin mai sur le plateau de 28’ sur Arte, je vous mets la vidéo ci-dessous si c’est possible). Il a un tic de langage : il dit très souvent « tu vois » et tutoie le public, ça m’a amusée. J’ai pris quelques notes mais je ferai un billet à part car je n’ai pas encore lu Les Furtifs, je n’ai d’ailleurs jamais lu aucun roman de cet auteur. Il a écrit plusieurs nouvelles et seulement trois romans en vingt-cinq ans (car il a une longue gestation) : La Zone du Dehors (1999, réédition 2007 et poche 2009), La Horde du Contrevent (2004 et poche 2007) et Les Furtifs (2019). Quelqu’un parmi vous les a lus ?

De gauche à droite : Thierry Caquais (modérateur) et Alain Damasio (auteur)

L’après-midi, deux rencontres, en même temps :

Table ronde avec Antonin Atger (pour Interfeel chez PKJ, science-fiction) et Valérie Simon (pour Coup d’état chez ActuSF, fantasy), modérée par Thierry Caquais. Deux auteurs que je ne connaissais pas et deux titres qui m’ont paru intéressants non seulement pour les ados mais aussi pour les adultes. La conversation a tourné sur les résumés et les contenus de ces romans, le rôle de la politique et des relations humaines, le rôle des femmes aussi, évidemment sur les littératures de l’imaginaire et plus encore (cinéma, jeux vidéo…). Je les lirai si j’en ai l’occasion (si la bibliothèque les achète !).

De gauche à droite : Thierry Caquais (modérateur), Antonin Atger et Valérie Simon (auteurs)

Une journée enrichissante, je remets ça dès que possible !

J’ai finalement trouvé la vidéo avec Alain Damasio donc elle est ci-dessous (en espérant qu’elle ne disparaîtra pas) et je vous souhaite une bonne semaine automnale et de belles activités littéraires ou autres 🙂