Printemps de l’imaginaire francophone 2020

C’est en participant aux deux marathons de mars et en lisant de l’imaginaire que je me suis rappelée du Printemps de l’imaginaire francophone (PIF) ! J’ai participé en 2017 et en 2018 mais j’ai zappé en 2019 (je ne sais pas pourquoi).

Je m’inscris donc pour ce Printemps de l’imaginaire francophone 2020 qui dure du 1er mars au 1er juin. Infos, nouveau logo et inscription sur le blog Aline Wheeler + le groupe FB.

L’organisatrice nous dit que « Le Printemps de l’Imaginaire francophone — ou PIF, pour les intimes — est un challenge de lecture qui consiste à lire et partager des lectures de Science-Fiction, Fantasy ou Fantastique dont la version originale du texte est écrite en français, et ce, quelle que soit la nationalité de l’auteur ou de l’autrice. ».

Il faut donc lire au moins un livre (roman, nouvelle, pièce de théâtre, BD, manga, comic, album, ebook, livre audio…) de science-fiction, fantasy ou fantastique dont la VO est en français (peu importe la nationalité de l’auteur, Français, Belge, Canadien, Suisse ou autres francophones).

Les paliers
Rêveur invétéré = 1 livre
Sorcier vagabond = 3 livres
Scientifique fou = 6 livres
Alchimiste méticuleux = 9 livres
Mage érudit = 12 livres
Bibliothécaire céleste = 15 livres

Les défis

1- Lire un-e auteur européen francophone qui n’est pas français

2- Lire un-e auteur candien francophone

3- Lire un livre en rapport avec le printemps ou qui vous fait penser au printemps (par un titre qui rappelle le vent ou la nature, l’histoire qui se passe au printemps, la couverture avec de la nature ou des fleurs…)

4- Lire un livre d’au moins 500 pages

5- Lire une nouvelle ou un recueil de nouvelles

6- Lire un livre auto-édité

7- Lire un livre d’une petite maison d’édition

8- Lire un récit avec un personnage principal féminin

9- Lire un livre écrit par une autrice

10- Continuer/Terminer une série

11- Lire une relique de votre PAL

12- Lire un livre d‘un auteur (ou d’une autrice) que vous avez découvert au cours du challenge de cette année ou des années précédentes (dans les PAL ou les suggestions des autres participants, par exemple)

13- Se faire choisir un livre dans sa PAL au hasard ou par une autre personne

14- Lire un livre qui parle d’une créature légendaire (griffon, sirène, dragon, kelpie, basilic, dulahan…)

15- Lire un livre en rapport avec le folklore celte/breton/gaulois (par exemple : réécriture de la matière de Bretagne ou des contes et légendes de nos contrées, des récits qui parlent de fées, de druides, de dieux et déesses celtes…)

Mes lectures pour ce challenge

1. Rivages de Gauthier Guillemin (Albin Michel Imaginaire, octobre 2019, France)

2. La voie Verne de Jacques Martel (Mnémos, janvier 2019, France)

ont été lu durant les deux marathons de mars et les notes de lecture arrivent !

Challenge Maki Project 2020

Vu chez Chut… Maman lit !, ce nouveau challenge m’a attirée immédiatement mais quand j’ai vu qu’il fallait lire 52 titres en 52 semaines (soit un titre par semaine), pfou… C’est que, même si c’est du format court, c’est vraiment contraignant et je lis plein d’autres choses ! Heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ça et j’ai vu qu’il y avait plusieurs paliers, ce qui m’a décidée à m’inscrire.

Alors, je vous explique : le Maki Project 2020, c’est le premier challenge créé par Yogo – du blog Les lectures du Maki, un blog que je ne connaissais pas – dont l’objectif est de lire des nouvelles et des novellas, c’est-à-dire des textes courts à raison de un par semaine soit 52 textes en 2020, attention : uniquement dans les littératures de l’imaginaire. Comme il y a 53 semaines en 2020, le challenge commence aujourd’hui, le 6 janvier, et se termine le 31 décembre 2020.

Présentation, logo (très beau logo créé par Chut… Maman lit ! citée plus haut) et inscription chez Yogo + lancement du Projet Maki chez Yogo également + formulaire pour déposer les liens.

Voici les 4 différents paliers :

Objectif Hapalémur Doré : les nouvelles, c’est bien mais pas trop n’en faut. 13 formats courts sur l’année, c’est déjà bien.

Objectif Lémur Fauve : coupons la poire en deux avec 26 textes pour cette année, un bon début et s’il y a une saison 2, on réfléchira…

Objectif Lémur Vari : les vacances, les contretemps, 39 petites histoires semblent être le bon compromis.

Objectif Maki Catta : carton plein, avec une nouvelle par semaine soit 52 textes.

Je vais choisir le premier objectif, Hapalémur Doré, 13 titres, c’est déjà un bel objectif ! Mais je ferai peut-être mieux 😉

Mes lectures pour ce super challenge

1. L’enfance attribuée de David Marusek (Le Bélial, août 2019, États-Unis) 🙂

2. Acadie de Dave Hutchinson (Le Bélial, août 2019, Angleterre) 🙂

3. Les questions dangereuses de Lionel Davoust (Hélios (ActuSF), janvier 2019, France) 🙂

4. Entre la mort et la vie d’Alexei Apoukhtine (Alicia, 2018, Russie, 1892) 🙂

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La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou

La route de Tibilissi de Chauvel, Kosakowski et Lou.

Delcourt, collection Terres de légendes, avril 2018, 176 pages, 22,95 €, ISBN 978-2-7560-6231-0.

Genres : bande dessinée, fantastique (mais pas que).

David Chauvel est au scénario. Il naît le 18 décembre 1969 à Rennes. Il étudie le commerce international mais, devant le chômage, il se lance dans la bande dessinée au début des années 90 : Rails, Black Mary, Les enragés, Nuit noire, Lunatiks, Ring circus, entre autres.

Alex Kosakowski est au dessin. Il vit en Californie, il est artiste dans le jeu vidéo. La route de Tibilissi est la première bande dessinée pour laquelle il collabore au dessin. Son œuvre sur https://alexkosakowski.com/.

Lou est à la couleur. C’est rare que le nom du (ou de la) coloriste soit mentionné sur une couverture (il l’est habituellement sur la page de titre à l’intérieur). Son vrai nom est Simon Canthelou : autodidacte (mais fils de Christian Darasse, auteur de BD), il est graphiste, dessinateur, coloriste et scénariste.

Une famille, à pieds dans la neige, fuit devant des hommes à cheval. La mère puis le père sont touchés par des flèches. Jake reçoit la hache du père mourant qui leur conjure de se rendre à Tibilissi. Les deux frères, Jake l’adolescent et Oto le plus jeune, se sauvent dans la forêt et dans la neige ; ils ont peur, ils ont faim, ils ont froid et la tempête faire rage. Le lendemain, comme ils ne sont pas équipés pour survivre, l’aîné décide de retourner dans leur village de Tchintaïchi pour prendre des vêtements et de la nourriture. Tout est détruit et brûlé mais ils retrouvent Doubi, une bestiole à fourrure (mais de quelle espèce ?) et Trois-Trois, un robot rafistolé. « Par les temps qui courent… Quand le frère ne reconnaît plus le frère… Quand le voisin assassine le voisin… On ne sait plus ni à quoi ni à qui se fier. » (p. 65). Jake et Oto rencontrent une vieille femme puis des voyageurs, hommes, femmes, enfants, qui, eux aussi, fuient la guerre. Mais peut-on faire confiance à des inconnus ? « Il n’y a pas de paix. Il n’y a plus de sécurité nulle part. Nous avons réussi à leur échapper, mais c’est avant tout parce que nous avons eu de la chance. » (p. 107).

La route de Tibilissi est une bande dessinée choc sur l’enfance bousillée dans un pays en guerre : lequel et à quelle époque exactement, on ne sait pas trop, on pense à l’Europe de l’Est (influencé sûrement par Tbilissi mais ici c’est Tibilissi donc ailleurs), mais ce qui arrive peut arriver dans tous les pays et à toutes les périodes. Les deux créatures ne collent pas à cette époque qu’on pense plutôt médiévale mais elles correspondent à la fantasy (pour Doubi) et à la science-fiction (pour Trois-Trois). On a donc ici une bande dessinée fusion et j’aime le mystère et la créativité ! D’ailleurs Alex Kosakowski a un style particulier, pas vraiment américain (comics) mais pas européen non plus, c’est un mélange de plusieurs influences ce qui est une belle réussite ; les couleurs, les personnages et les paysages sont beaux malgré l’horreur de la guerre et de la fuite en étant poursuivis par des ennemis. Le lecteur est en cavale avec Jake et Oto, il a froid, il est sur le qui-vive, en perpétuel danger et il ne sait pas trop où il va : quelqu’un sait où est Tibilissi ? De plus, Oto ne se sépare jamais de son livre et il y a de nombreux clins d’œil aux contes comme la vieille femme qui ressemble à une Baba Yaga. Et surtout la fin est étonnante !

Après plusieurs semaines chaotiques (sans lecture de bandes dessinées), voici enfin une bande dessinée pour La BD de la semaine ! Que je mets aussi dans les challenges BD, le tout nouveau Jeunesse Young Adult #9 et bien sûr Littérature de l’imaginaire #7. J’aimerais bien aussi dans Contes et légendes mais cette BD entre-t-elle dans la piste « Contes de montagnes » : je pense que oui car elle se déroule quand même en forêt enneigée montagneuse (on voit des montagnes, des vallées et des précipices).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

En passant

En coup de vent… 91 – Cafés littéraires à Montélimar

Bonjour mes amis, pour une fois, un billet « En coup de vent… » littéraire.

Si j’ai publié la photo d’Android Nougat [lien] samedi (pour la thématique « monumental »), c’est parce que je suis allée à Montélimar la veille pour une journée professionnelle sur les littératures de l’imaginaire (octobre étant le mois de l’imaginaire).

Je vous épargne le trajet en train, assez court mais qui passe devant la centrale nucléaire de Cruas…

Chaque année ont lieu les Cafés littéraires de Montélimar avec des invités, des rencontres, des spectacles, des expos, etc.

La journée professionnelle du vendredi 4 octobre était sur les littératures de l’imaginaire : ma tasse de thé et aussi une partie de mon travail ! L’événement se déroulait à la Médiathèque intercommunale Maurice Pic de Montélimar (Drôme).

Le matin, deux rencontres, l’une après l’autre :

L’imaginaire dans tous ses états par Stéphane Moulain avec un historique, les genres littéraires science-fiction, fantasy, fantastique et quelques sous-genres puis un échange agréable. J’ai noté deux titres que je n’ai jamais lus et qui, selon lui, sont indispensables : Hyperion de Dan Simmons (un auteur que je n’ai encore jamais lu) et Neverwhere de Neil Gaiman (un auteur dont j’ai déjà lu quelques titres mais pas celui-ci).

Grand entretien avec Alain Damasio modéré par Thierry Caquais. La présentation et l’analyse de Les Furtifs étaient un peu longue mais donnaient très envie à ceux qui ne l’ont pas encore lu de le lire ! Alain Damasio m’est apparu très à l’aise, détendu, engagé (je l’avais vu fin mai sur le plateau de 28’ sur Arte, je vous mets la vidéo ci-dessous si c’est possible). Il a un tic de langage : il dit très souvent « tu vois » et tutoie le public, ça m’a amusée. J’ai pris quelques notes mais je ferai un billet à part car je n’ai pas encore lu Les Furtifs, je n’ai d’ailleurs jamais lu aucun roman de cet auteur. Il a écrit plusieurs nouvelles et seulement trois romans en vingt-cinq ans (car il a une longue gestation) : La Zone du Dehors (1999, réédition 2007 et poche 2009), La Horde du Contrevent (2004 et poche 2007) et Les Furtifs (2019). Quelqu’un parmi vous les a lus ?

De gauche à droite : Thierry Caquais (modérateur) et Alain Damasio (auteur)

L’après-midi, deux rencontres, en même temps :

Table ronde avec Antonin Atger (pour Interfeel chez PKJ, science-fiction) et Valérie Simon (pour Coup d’état chez ActuSF, fantasy), modérée par Thierry Caquais. Deux auteurs que je ne connaissais pas et deux titres qui m’ont paru intéressants non seulement pour les ados mais aussi pour les adultes. La conversation a tourné sur les résumés et les contenus de ces romans, le rôle de la politique et des relations humaines, le rôle des femmes aussi, évidemment sur les littératures de l’imaginaire et plus encore (cinéma, jeux vidéo…). Je les lirai si j’en ai l’occasion (si la bibliothèque les achète !).

De gauche à droite : Thierry Caquais (modérateur), Antonin Atger et Valérie Simon (auteurs)

Une journée enrichissante, je remets ça dès que possible !

J’ai finalement trouvé la vidéo avec Alain Damasio donc elle est ci-dessous (en espérant qu’elle ne disparaîtra pas) et je vous souhaite une bonne semaine automnale et de belles activités littéraires ou autres 🙂

Winter is coming de William Blanc

Winter is coming : une brève histoire politique de la fantasy de William Blanc.

Libertalia, collection Poche, avril 2019, 144 pages, 8 €, ISBN 978-2-37729-091-8.

Genres : essai, fantasy.

William Blanc, né en 1976, est historien, doctorant en histoire médiévale, conférencier et auteur. Du même auteur au éditions Libertalia : Charles Martel et la bataille de Poitiers (2015), Les Historiens de Garde (2016), Le Roi Arthur, un mythe contemporain (2016), Super-Héros, une histoire politique (2018) et Les Pirates expliqués aux enfants, petits et grands (2019).

Dans cet essai bien documenté, érudit (mais à la portée de tous), l’auteur virevolte sur les différences entre science-fiction et fantasy, les visions fantasmées (Moyen-Âge, futur), l’artisanat et la beauté (très importants), les révolutions industrielles en particulier en Angleterre (la première révolution industrielle), le travail dans les sociétés capitalistes, les guerres modernes (XXe siècle) qui sont des guerres industrielles, la disparition des sociétés paysannes, les super-héros, l’écologie, etc. Il y a de nombreuses références, des réflexions sur la beauté et la créativité (indispensables) et sur la pensée (sur les contestations étudiantes aussi, en Europe, aux États-Unis) car tout cela a influencé la fantasy et l’évolution de la fantasy (comme de la science-fiction bien sûr). L’auteur convoque évidemment J.R.R. Tolkien mais aussi William Morris, Ursula Le Guin, Michael Moorcock, etc.

Un extrait édifiant : « De nos jours, on essaie toujours de séparer les deux facultés : nous demandons à un homme de ne faire que penser ; à un autre, de ne faire que travailler, et nous appelons le premier un homme honnête, l’autre un manœuvre, tandis que l’ouvrier devrait souvent penser, et le penseur, souvent travailler ; tous les deux seraient ainsi des honnêtes hommes dans la meilleure acceptation du mot. Avec notre manière de voir, nous en faisons deux êtres malhonnêtes ; l’un enviant son frère, l’autre le méprisant ; le gros de la société est ainsi constitué de penseurs morbides et de travailleurs misérables. » (p. 19). John Ruskin, 1853 ! Rien n’a changé, n’est-ce pas ?

La littérature fantasy a commencé en Angleterre avec des hommes engagés comme John Ruskin donc ou William Morris qui inspira J.R.R. Tolkien ou C.S. Lewis, une « gauche révolutionnaire (et souvent libertaire) » (p. 27). « Imaginer des mondes, écrire des contes et rêver d’un passé merveilleux, c’est donc, pour lui [Morris] déjà préparer les masses à l’avenir. » (p. 28) : vous comprenez pourquoi la fantasy est politique ! L’auteur rapproche aussi la fantasy au surréalisme, il cite par exemple L’éléphant de Célèbes de Max Ernst (1921).

Après la littérature – et comme pour la science-fiction – la fantasy s’est déclinée au cinéma (dans les années 70), incluant les longs métrages d’animation, avec des films se déroulant dans des mondes post-apocalyptiques mi science-fiction mi fantasy comme Les sorciers de la guerre de Ralph Bakshi (1977) et Nausicaä de la Vallée du vent de Hayao Miyazaki (1982 pour le manga et 1984 pour le film d’animation).

Le merveilleux et la lutte contre le totalitarisme est partout : dans la première trilogie de La guerre des étoiles, dans Le seigneur des anneaux, dans Harry Potter entre autres ! Mais l’auteur déplore que ça soit très vite devenu une industrie… Littérature, cinéma, animation jeux de rôle, jeux vidéo, franchises, produits dérivés… Il y a une marchandisation à outrance (ce qui, à mon avis, n’enlève rien à la qualité des œuvres, peut-être pas toutes, ou de façon inégale) mais cette marchandisation à outrance est ce que dénonçait Morris…

C’est pour lutter contre cette politique de masse que G.R.R. Martin a souhaité « réagir et proposer une version repolitisée de la fantasy » (p. 62). Il commence avec Armageddon Rag (1983), un polar fantastique contemporain mais qui emprunte à la fantasy (le nom du groupe de musique est Nazgûl, le chanteur est surnommé Le Hobbit et leurs chansons font référence au Seigneur des anneaux et à Led Zeppellin). Puis, à partir de 1996, arrive Le trône de fer et l’auteur se concentre « sur les conflits opposants les différentes maisons nobles des Sept Couronnes […] il n’existe pas de camp du bien, pas de solution parfaite, mais des actions que les gouvernants doivent assumer. » (p. 65).

On le voit, la fantasy est toujours d’actualité et a des messages à nous faire passer – tant politiques qu’écologiques – même si elle reste une littérature de « L’Évasion » (référence à Tolkien, p. 78-79). « Les dragons et les Hobbits ont donc toujours été des animaux politiques. Ils le seront encore pour longtemps. » (p. 79).

Il y a d’intéressants chapitres bonus en fin de tome sur les dragons, les jeux de rôle, les Wargames, sur Conan de Robert E. Howard (une autre fantasy politique) et sur la métaphore de l’hiver dans la fantasy (Jessie Winston, James Georges Frazer, J.R.R. Tolkien, G.R.R. Martin, T.S. Elliot, C.S Lewis, les eddas…), métaphore similaire en science-fiction avec par exemple le nouvel âge glaciaire post-atomique.

Ce que j’ai noté, ci-dessus, ce ne sont que quelques pensées et quelques extraits que je voulais garder pour moi et que je partage avec vous mais si vous lisez cet essai passionnant, vous lirez la fantasy (ou vous verrez des films et des séries apparentés à la fantasy) avec un esprit différent, presque neuf !

Une lecture enrichissante que je mets dans les challenges Rentrée littéraire janvier 2019, Littérature de l’imaginaire et Summer Short Stories of SFFF (S4F3) #5.

Challenge Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #5

La 5e édition du Summer Short Stories of SFFF (S4F3) est commencée depuis le 21 juin… Il est tard pour m’inscrire mais le challenge court jusqu’au 23 septembre et il est encore possible de s’inscrire donc challenge, me voici !

Infos, logo et inscription chez Albédo + le top départ ici + les premiers liens ici.

L’objectif est toujours de lire des livres de tous les genres de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique (SFFF), horreur, etc., de moins de 350 pages : romans, recueils de nouvelles, essais et anthologies (ne sont pas pris en compte les nouvelles à l’unité, les novellas de moins de 80 pages, les revues et magazines, les comics et bandes dessinées).

Mes lectures SFFF pour ce challenge

1. Winter is coming : une brève histoire politique de la fantasy de William Blanc (Libertalia, 2019, France)

2. Le testament d’Erich Zann, suivi de La fille de Valdemar de Brian Stableford (Les Moutons électriques, 2019, Angleterre)

Miss Pook et les enfants de la lune de Bertrand Santini

Miss Pook et les enfants de la lune de Bertrand Santini.

Grasset Jeunesse, novembre 2017, 190 pages, 13,90 €, ISBN 978-2-246-86055-6.

Genres : littérature jeunesse, fantastique, fantasy.

Bertrand Santini naît à Aix en Provence et travaille d’abord comme graphiste (affiches de cinéma) puis comme scénariste (séries animées) avant de devenir auteur : plusieurs albums illustrés pour la jeunesse et des romans, Le Yark (2011), Jonas le requin mécanique (2014) et Hugo de la nuit (2016) qui ont reçu des prix littéraires.

La Tour Eiffel construite pour l’Exposition universelle doit être démontée en 1909 mais Gustave Eiffel la veut immortelle. Le 2 décembre 1907, la dame de fer, alors rouge de Venise, est repeinte en jaune-brun, une couleur moins tape-à-l’œil. Le même jour, Hector Dubenpré, riche industriel, achète une automobile et son épouse, Georgette, engage Miss Pook, une gouvernante anglaise, pour leur fille de dix ans, Élise. Miss Pook voyage avec un cerf-volant dragon enchanté, Goldorillon, et emmène la fillette sur la lune où vivent des créatures légendaires. Rêve d’Élise ou réalité ? « Vous êtes la nounou la plus magique de tout l’univers ! s’exclama Élise. » (p. 36).

Mes trois passages préférés

« L’humanité est un îlot de bêtise et de superstition, vois-tu, et les adultes s’évertuent à transmettre leur ignorance à leurs enfants. Cela explique pourquoi cette espèce évolue si lentement. » (p. 60).

« Ces aventures ont révélé la force qui est en toi. Les cauchemars ne sont pas aussi malfaisants qu’on croit. Bien au contraire ! Il faut être à leur écoute. Ce sont de précieux alliés. Ils alertent des périls qui rôdent autour de soi, mais aussi en soi ! N’oublie jamais cela : si l’ombre et les ténèbres te font dresser les cheveux sur la tête, c’est pour mieux t’aider à grandir. » (p. 116).

Un passage à lire absolument ! « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs ! L’arrivée des véhicules à moteur peut être saluée comme le plus grand des progrès ! Non seulement la locomotion mécanique bouleversera nos relations avec le temps et l’espace, mais elle nous permettra de respirer à nouveau ! Oui, enfin Paris sera bientôt débarrassé des voitures à chevaux, attelages bruyants qui sèment par nos rues ces déjections nocives pour la respiration ! Voyez ! Sentez ! La fumée des moteurs n’est ni malsaine, ni malodorante, comparée au crottin qui exhale de titanesques tourbillons morbides et suffocants. Rouler en voiture mécanique, c’est servir le futur de l’humanité. Alors, vive l’automobile qui offrira à Paris un air pur et sain, vive l’avenir et gloire au génie du genre humain ! » (discours de Hector Dubenpré, P. 15). Je n’ai qu’un mot à dire : oups !

J’avais repéré ce roman grâce à sa couverture (belle et sombre) à sa parution mais il y a tant et tant de romans qu’il est passé à la trappe… Lorsque j’ai appris mercredi dernier qu’il avait reçu le Prix Elbakin 2018, j’ai eu envie de le lire et coup de chance, il était disponible à la bibliothèque !

Une très belle lecture jeunesse, rythmée, charmante, qui fait réfléchir (voyez avec les trois extraits ci-dessus), nourrie de beaucoup de références et qui enchante, réellement ! J’ai hâte de lire la suite de ce roman magique, initiatique, merveilleux (pour employer l’ancien mot qui était utilisé pour conte, mythe, légende, épopée, fable, surnaturel et finalement fantasy).

Pour les Challenge de l’épouvante (jeunes lecteurs), Challenge de l’été, Jeunesse & Young Adult, Littérature de l’imaginaire et S4F3 #4.