Le Cœur de la Terre de Maxime Chattam

Le Cœur de la Terre (Autre-Monde, tome 3) de Maxime Chattam.

Albin Michel, avril 2010, 467 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22620-840-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Toujours un grand plaisir de retrouver l’univers d’Autre-Monde et ses personnages. Ce troisième tome est différent car Matt et Tobias sont séparés ! Tobias est prisonnier dans le Raupéroden avec une affreuse araignée énorme, le Dévoreur.

« Eden semblait imperturbable. Un havre protecteur. Il était difficile de croire à l’imminence de la guerre. » (p. 29).

« Dépêche-toi d’aller te trouver un compagnon à quatre pattes. – C’est déjà fait, dit-il en s’écartant pour désigner une boule de fourrure noire et marron dont les yeux étaient à peine visibles sous les poils trop longs. Je l’ai choisi parce qu’il est aussi moche que moi ! On devrait s’entendre ! » (p. 98).

Dès le tome 2, Malronce, j’avais mon idée sur les identités du Raupéroden et de Malronce 😉 mais je ne vous dirai rien, na !

Encore ici, l’auteur continue de développer avec talent ses idées, comme la Terre en colère et la Nature qui se venge des humains. Tout tient la route mais tous n’arrivent pas au bout de l’aventure… Une pensée pour Peps et une pour Phalène 😥

« Ils n’avaient plus d’ombre. Et rien ne peut survivre sans sa part d’ombre. L’équilibre du monde. » (p. 336).

« Le résultat est le même : ils obéissent à celle qui sait leur parler. Balthazar avait raison : ils n’ont plus de mémoire, ils ne sont que des coquilles vides qui ne demandent qu’à être remplies ! C’est ça qui les rend si mauvais. » (p. 414).

Je vais me répéter mais toujours de l’aventure, de l’action, des rebondissements, etc. ; et puis quelque chose d’impensable : les Pans (enfants et adolescents) vont devoir se battre contre les Cyniks et les Gloutons (adultes). Une belle fin de cycle mais, en terminant ce tome, on ne sait pas ce qui est arrivé à Plume et aux autres chiens ! Un oubli de la part de l’auteur ou une volonté de garder le suspense jusqu’au prochain tome ?

Comme pour les tomes 1 et 2, une très agréable lecture que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (toujours avec du retard dans la publication de ma note de lecture… mais j’ai bien lu ce roman avant !). Et je vais me plonger dans le deuxième cycle (de 4 tomes), c’est sûr et certain !

Malronce de Maxime Chattam

Malronce (Autre-Monde, tome 2) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2009, 407 pages, 20,30 €, ISBN 978-2-22619-413-8.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam : voir sur le tome 1, L’Alliance des Trois.

Ce fut un plaisir de retrouver l’univers horrifique d’Autre-Monde et nos héros, Matt, Tobias et Ambre (pour les personnages principaux). Ils sont en route vers la Forêt aveugle encore plus au sud, pour le royaume de Malronce, et rien ne leur sera épargné… « Il avait tué. Pour survivre, pour protéger. Mais il avait tué tout de même. » (p. 66). Ils vont découvrir d’énormes chiens qui peuvent servir de montures et rencontrer le peuple Gaïa – ou les Kloropanphylles – qui vivent dans un immense nid judicieusement aménagé au-dessus de la dangereuse Mer-Sèche et qui ont construit un Vaisseau-Matrice.

« Si vous le pouvez, rentrez chez vous, le monde a changé, nous ne pouvons plus compter sur les adultes, et regardez même entre nous, les différences nous poussent à tant de méfiance, nous ne sommes pas encore prêts. À présent je dois vous laisser, je n’ai pas le droit de vous parler. » (p. 171).

« La mémoire est ton identité, tes valeurs, et la connaissance qu’ils n’ont plus les a transformés en coquilles vides. Malronce n’a eu qu’à les remplir de certitudes rassurantes pour en faire ses marionnettes. » (p. 246).

Comme je le disais plus haut : un grand plaisir à retrouver Autre-Monde. L’auteur continue de développer son monde horrifique dans lequel la Nature a repris ses droits de façon bien étrange avec des créatures toutes plus horribles et dangereuses les unes que les autres. En mûrissant, en faisant face au danger ensemble et en pratiquant la solidarité, les enfants et adolescents prennent plus d’épaisseur et de nouveaux apparaissent, tous différents, avec des particularités et des dons différents, ainsi que des ennemis comme les Mangeombres et le Buveur d’innocence. Il y a toujours de l’aventure, du suspense, de la peur, et parfois des traîtrises, c’est que les ados deviennent inévitablement des adultes… et ne peuvent s’empêcher de passer du côté obscur ! Beaucoup d’imagination, j’aimerais bien voir ça en film… d’animation par exemple. Évidemment, j’ai embrayé sur le tome 3 qui clôture le premier cycle de la série et je vous en parle tout bientôt.

Comme pour le tome 1, L’Alliance des Trois, une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire et Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu ce roman avant).

L’Alliance des Trois de Maxime Chattam

L’Alliance des Trois (Autre-Monde, tome 1) de Maxime Chattam.

Albin Michel, novembre 2008, 483 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-226-18863-2.

Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur.

Maxime Chattam, de son vrai nom Maxime Drouot, naît le 19 février 1976 à Herblay (Val d’Oise). Après des études de criminologie – et des cours de comédie au Cours Simon à Paris –, il écrit des romans policiers et/ou fantastique et reçoit plusieurs prix littéraires.

Trois copains, Matt, Tobias et Newton, 13-14 ans, à Manhattan, New York. Ils vivent entre deux mondes, l’enfance et l’adolescence. « Aujourd’hui ces deux mondes se mélangeaient, se heurtaient parfois. Celui des jeux, des figurines qu’il appréciait tant, et celui du jeune homme en devenir. Il s’interrogeait sur la conduite à tenir : devait-il sacrifier ses passions juvéniles au nom de l’âge mûr ? Newton était un peu comme ça. Tobias, lui, n’avait pas encore eu le déclic, […]. » (p. 27-28). Mais les parents de Matt annoncent leur divorce et après Noël, arrivent une vague de froid et une tempête colossale qui engendrent un black out et… des phénomènes bizarres. « Oui, le blizzard était énorme ; oui, il leur était tombé dessus plus tôt que prévu, mais cela n’en faisait pas pour autant la fin du monde. Sauf qu’il y a tous ces signes étranges depuis quelques jours. » (p. 45). La majorité des adultes a disparu… « Ne reverraient-ils jamais leur existence paisible ? Avaient-ils perdu leurs parents, leurs amis et le confort de la vie normale pour toujours ? » (p. 99-100). Matt et Tobias s’enfuient au sud mais la ville est remplie d’humains mutants (les Cyniks et les Gloutons et il ne fait pas bon croiser leur route) et de créatures dangereuses. Sur l’île Carmichael où ils ont trouvé refuge, il y a une soixantaine d’enfants entre 9 et 17 ans qui vivent dans six manoirs car le septième est hanté, et ils rencontrent Ambre : ils deviennent les trois « Pans » mais ils sont poursuivis par le dangereux Raupéroden et se rendent compte que beaucoup d’enfants développent des dons. « Je suis… noir, et elle est blanche – Oh ça. On est des êtres humains, non ? C’est quoi la différence ? Ah oui, ta peau est de la couleur de la terre, la sienne de celle du sable. C’est avec du sable et de la terre qu’on fait les continents, qu’on fait la Terre, non ? Alors vous êtes faits pour vous mélanger. Il ne peut en naître que de bonnes choses. » (p. 309).

Autre-Monde est une excellente série post-apocalyptique, pas seulement pour la jeunesse ; elle oscille entre fantasy, science-fiction et fantastique horreur (un peu comme un survival). Moderne, l’auteur fait plusieurs références populaires, comme Le Seigneur des Anneaux ou le groupe System of a Down : Matt est un adolescent de son temps ! Dans ce roman, pas de temps morts, une belle galerie de personnages, de bonnes idées scientifiques et spirituelles, du mystère, de l’aventure et surtout de l’amitié et de la solidarité, quelques traîtrises aussi mais il faut bien qu’il y ait du suspense (après tout, l’auteur est considéré comme un des maîtres français du thriller et du fantastique), des rebondissements et des frayeurs d’autant plus que les créatures sont… ouah je n’aimerais pas les voir en vrai ! Je n’avais jamais lu Maxime Chattam avant et j’ai été ravie de cette découverte : L’alliance des trois est un véritable page turner et vous pensez bien que j’ai vite embrayé sur le tome 2.

Une lecture très agréable que je mets dans les challenges Jeunesse young adult #6, Littérature de l’imaginaire, Printemps de l’imaginaire francophone (avec du retard dans la publication de ma note de lecture mais j’ai bien lu le roman avant).

J’ai découvert une vidéo présentant ce premier tome d’Autre-Monde :

et par hasard cette suite orchestrale du compositeur français né en 1984, Sébastien Pan. Si vous avez le temps de l’écouter :

Challenge Littérature de l’imaginaire #5 avec Amarüel

La session 4 du challenge Littérature de l’imaginaire s’est bien passée : en lisant 12 romans (et un supplémentaire), j’ai honoré la catégorie que j’avais choisie : Atterrissage dans l’irréel. Je rempile donc avec Littérature de l’imaginaire #5 ! Infos, logos et inscription chez Amarüel et les liens sont à déposer dans la Chrobox. Le challenge dure du 1er décembre 2016 au 31 décembre 2017 (soit 13 mois).

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L’objectif est toujours de lire de la littérature de l’imaginaire (fantasy, science-fiction, fantastique et leurs sous-genres) sous toutes les formes (romans, anthologies de nouvelles, essais, bandes dessinées incluant comics et mangas, magazines spécialisés comme Bifrost par exemple).

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Je choisis la même catégorie : Ange gardien de la simplicité (tous genres et tous supports) et le même échelon que l’année dernière : Atterrissage dans l’irréel = au moins 12 livres, ce qui fait une moyenne d’une lecture par mois et j’espère en lire un peu plus. 😉

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Mes lectures de l’imaginaire

1.

2.

3.

4.

5.

6.

7.

8.

9.

10.

11.

12.

+ ?

Les orphelines d’Abbey Road d’Audren

Pour ce premier billet (hors l’article de présentation) de La quinzaine de l’imaginaire avec Arieste, voici non pas un livre français mais quatre !

QuinzaineImaginaire2016

Les orphelines d’Abbey Road (4 tomes) d’Audren.

L’école des loisirs (voir les tomes ci-dessous).

Genres : littérature jeunesse, fantasy.

Audren naît le 1er septembre 1972 à Paris. Elle étudie les Lettres et les Arts plastiques. Elle vit entre les États-Unis et la France. D’abord compositrice et interprète de soul music (8 albums entre 1997 et 2015), elle est aussi romancière (36 livres jeunesse ou adultes depuis 2002). Elle se bat pour que la maladie de Lyme soit reconnue et traitée. Plus sur son FB et sur son site officiel.

OrphelinesAbbeyRoad1Tome 1 – Le Diable vert, L’école des loisirs, octobre 2012, 282 pages, 14,80 €, ISBN 978-2-211-20987-8.

Appleton, en Angleterre. Le Green Devil’s Manor sur Abbey Road est un ancien manoir transformé en orphelinat. Lady Aglaé Bartropp est la bienfaitrice. Chaque soir, à 20 heures, les filles doivent remercier Jésus et Lady Bartropp, et ne pas poser de questions car, selon les sœurs, « Dieu apportera la réponse à toutes vos questions. » (p. 10).

Dans ce premier tome, le lecteur fait connaissance avec le lieu, les orphelines et les sœurs. La narratrice est Joy, elle a 12 ans et ses parents – Tim et Sharon MacInley – ont disparu avec leur bateau près de l’île de Helm lorsqu’elle avait 6 ans. Elle tient le coup car elle espère les revoir un jour ; et puis il y a ses amies. Margarita, 13 ans, est l’aînée de l’orphelinat, elle a découvert des souterrains sous l’abbatiale. Prudence, 12 ans, est comme Margarita à l’orphelinat depuis toujours. Les filles ont décidé d’accéder à la crypte en cachette et de visiter les souterrains mais Prudence se comporte bizarrement depuis qu’elle y a été seule. « Une ombre angoissée. » (p. 85). Je ne dirais pas que ce roman est anticlérical mais les sœurs ne sont pas gentilles, elles sont même dures, elles n’ont pas dû bien comprendre ce qu’était la charité… De toute façon, les aventures que vont vivre les filles dans le monde d’Alvénir sont totalement différentes des histoires bibliques ou même des fictions qu’elles ont pu lire ! « Je lis, ma grande, je lis beaucoup. Grâce aux livres, j’ai vécu des centaines de vies d’exploratrice et d’aventurière. » (p. 73). « La loi, c’est la loi, on s’en fiche bien de qui la dicte… » (p. 170). Finalement les filles vont vivre par elle-même, elle vont devoir réfléchir, penser, se rendre compte de choses, elles vont apprendre, comprendre, grandir et mûrir.

OrphelinesAbbeyRoad2Tome 2 – Le monde d’Alvénir, L’école des loisirs, mars 2013, 300 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21347-9.

Lady Bartropp et Dawson Von Straten se sont mariés et Joy rend visite à Margarita au château de Sulham. Mais Eulalie, la sœur de Lady Bartropp est prisonnière dans le monde d’Alvénir. Les filles veulent alors y retourner et Lady Bartropp les accompagne mais elle perd la mémoire.

J’ai retrouvé avec plaisir Joy, Margarita, Prudence, Hope et les personnages des deux mondes. « Parfois on a juste besoin d’être heureux et de rire pour rien. » (p. 38). Les sœurs sont toujours aussi méchantes malgré les consignes de Lady Bartropp mais le monde d’Alvénir n’est pas tendre non plus ! Si le premier tome était celui de la découverte des deux mondes, de l’orphelinat et d’Alvénir, ce deuxième tome est plus intriguant et le lecteur fait connaissance avec de nouveaux personnages, en particulier Alonn, un Almour de 17 ans aux yeux violets. Alvénir est « un monde invraisemblable, incompréhensible. » (p. 92) et les filles devront résoudre trois épreuves : calambrer, désarmer le temps et ajouter une perle au collier sacré mais « Le Temps n’a jamais eu d’amis. Tout le monde se plaint du Temps, du temps qui passe. Vous connaissez la rengaine, n’est-ce pas ? » (p. 168). Palpitant !

OrphelinesAbbeyRoad3Tome 3 – Les lumières du passé, L’école des loisirs, octobre 2013, 302 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21444-5.

Joy et ses amies sont de retour à Abbey Road mais les orphelines et les sœurs ressemblent à des fantômes pétrifiés. « Les pensionnaires de l’orphelinat étaient assises dans l’abbatiale. Elles avaient le même regard vide et perdu. Elles semblaient ne plus nous entendre. » (p. 15). Joy, Margarita, June et Prudence doivent retourner dans le monde d’Alvénir pour découvrir ce que manigance le Diable Vert. « Il doit planifier un retour en Alvénir… Une nouvelle révolution… Je le sens. Il est rancunier. Il faut absolument l’empêcher de nuire. » (p. 58). Et ramener de chez les Mogadors l’antidote : l’elixir d’Alchiminott. Mais le monde d’Alvénir est à chaque fois différent, le présent, le passé ? « Ici, l’aventure est partout, Mauk ! Partout ! » (p. 215).

Encore un très bon tome dans lequel le lecteur retrouve avec plaisir les personnages des deux mondes et en rencontre de nouveaux. Ce tome est encore plus profond car les orphelines vont comprendre que la population réagit selon la façon dont elle est bien ou mal gouvernée, et que le passé éclaire le présent. Au fur et à mesure qu’elles mûrissent, les filles prennent de l’épaisseur et deviennent de plus en plus intéressantes.

OrphelinesAbbeyRoad4Tome 4 – L’invasion des Mogadors, L’école des loisirs, mai 2014, 292 pages, 15,50 €, ISBN 978-2-211-21616-6.

Tous ceux qui ont été contaminés sont en quarantaine à l’hôpital. Joy, Ginger, Prudence sont en famille d’accueil et Margarita avec ses domestiques. Joy repart dans le monde d’Alvénir : elle a promis de soigner Alonn de la maladie d’Almour. Mauk, seul, l’attend à l’orphelinat. « J’avais choisi malgré moi deux amours impossibles. » (p. 47). Heureusement, ses amis peuvent l’y rejoindre. « Ginger incarnait la volonté et la certitude qui nous manquaient pour transformer nos rêves en réalité. » (p. 87). Tous devront déjouer les plans du Diable Vert qui veut s’installer dans le monde des humains et régner sur le Green Devil’s Manor.

LitteratureImaginaire2016« J’avais réfléchi. Je comprenais la révolte des Mogadors. Je comprenais leurs difficultés, leurs aspirations, leur désir d’indépendance. Je savais que le gouvernement d’Alvénir n’était pas toujours juste […] Je commençais à saisir précisément ce qui motivait les uns, ce qui révoltait les autres […] » (p. 154) et « Ce voyage m’ouvrait l’esprit sur les intérêts des uns et des autres, les rouages d’un gouvernement, l’amour et ses surprises. » (p. 205). Dans la continuité des tomes précédents, les orphelines réfléchissent, pensent, comprennent qu’il est bon de connaître plusieurs points de vue, de les confronter et de les analyser pour grandir, pour faire le bon choix, pour devenir des adultes intelligents et sincères.

Les orphelines d’Abbey Road est plus qu’une série pour la jeunesse, elle ouvre l’esprit, elle permet de grandir, de voir au-delà de son petit univers.

CJYA2015-2016Je laisse le mot de la fin à Joy. « Nous avions tous pris beaucoup d’assurance au cours de nos voyages. Nous connaissions désormais la contestation, le refus, l’opposition et nous nous autorisions à répondre sans crainte aux adultes. Nous n’avions rien à perdre à exprimer nos pensées. Bien au contraire. Je regrettai de ne pas avoir eu conscience de cela plus tôt. » (p. 27).

Une excellente série pour les challenges Littérature Jeunesse Young Adult, Littérature de l’imaginaire et la Quinzaine de l’imaginaire.

La huitième couleur de Terry Pratchett

8ecouleurLa huitième couleur de Terry Pratchett.

L’Atalante [lien], collection La bibliothèque de l’évasion, 1996, 279 pages, ISBN 2-84172-039-X.

The color of magic (1983) est traduit de l’anglais par Patrick Couton.

Genre : fantasy.

Lorsque Terry Pratchett est mort, le 12 mars 2015, je me suis rendue compte que je n’avais jamais rien lu de lui. Pourtant j’avais repéré les livres du Disque Monde mais ça me paraissait énorme (une quarantaine de tomes !). Je profite donc du Mois anglais pour découvrir cet auteur.

Le mage Rincevent et Deuxfleurs fuient la cité d’Ankh-Mordoch en feu. Deuxfleurs, un étranger, voyage avec le Bagage (un coffre en bois sur pattes qui marche seul) et une boîte noire à images (un appareil photos). Deuxfleurs est assureur et… touriste, le premier que voit passer Ankh-Mordoch. « Je veux connaître la vraie vie morporkienne : le marché aux esclaves, la fosse aux Catins, le temple des Petits Dieux, la Guilde des Mendiants… et une vraie bagarre de taverne. » (Deuxfleurs, p. 44). Nos deux héros, plutôt anti-héros, vont vivre d’incroyables aventures au côté de Hrun de Chimérie qui a une épée magique. Les voyages forment la jeunesse, on le sait, et on en sort toujours différent : « C’était un Rincevent quelque peu différent de celui qui avait échappé à l’incendie d’Ankh-Morpok six mois plus tôt. Il portait davantage de cicatrices, par exemple, et connaissait beaucoup mieux le monde. » (p. 211).

MoisAnglais2015-4ElizaLa tortue la Grande A’Tuin porte son fardeau : Bérilia, Tubul, Ti-Phon et Jérakine, les quatre éléphants géants qui eux portent le Disque Monde. Voici donc l’univers du Disque Monde que je découvrais au niveau littéraire car j’ai déjà vu une ou peut-être deux adaptations télévisées.

Dans ce premier tome, l’auteur s’attaque au tourisme ou plutôt au touriste. « Ils viennent de loin pour admirer notre belle cité, ses nombreuses curiosités historiques, son organisation municipale, toutes ces coutumes désuètes, et ils se réveillent morts dans une ruelle sombre, ou même au fil de l’Ankh. Comment vont-ils raconter à leurs amis qu’ils ont passé un séjour formidable ? » (Rerpf, p. 74).

De la magie, de l’humour, des êtres de toutes sortes comme la Mort et des dragons ! « Les dragons ! Depuis qu’il avait deux ans, les images de ces animaux fougueux dans le Livre octarine des fées le fascinaient. Sa sœur lui avait dit qu’ils n’existaient pas réellement, et il se souvenait de sa déception amère. Si le monde ne possédait pas de créatures aussi belles, avait-il conclu, alors c’était un monde sans intérêt. » (Deuxfleurs, p. 168).

Un mot sur l’Octarine (par rapport au titre) : c’est « la huitième couleur, le pigment de l’Imagination » et les êtres qui sont sensibles à ses radiations « sont capables de voir ce qui demeure invisible aux autres. » (p. 74).

Et il y a encore tant à voir, à découvrir, à explorer dans ce Disque Monde ! J’ai passé un très bon moment avec ce premier tome et je vais en lire d’autres, c’est sûr !

The Magician’s Nephew (The Chronicles of Narnia, book 1) de C.S. Lewis

[Article archivé]

The Magician’s Nephew est le premier tome de The Chronicles of Narnia, une série de C.S. Lewis. Il est paru en 1955 aux éditions Bodley Head. C’est le 6e tome publié des Chroniques mais c’est en fait le 1er tome au niveau chronologique de l’histoire. L’édition que j’ai lue est – comme la première édition – illustrée par Pauline Bayles ; Harper Collins Publishers dans la collection Harper Trophy en 1983, réédition 2002 (241 pages, ISBN 0-06-023498-0).

Genres : littérature irlandaise, littérature jeunesse, fantasy.

C.S. Lewis (Clive Staples Lewis) est né le 29 novembre 1898 à Belfast (Irlande). Essayiste et universitaire : littérature du Moyen-Âge, théologie et littérature du christianisme, critique littéraire. Professeur de littérature anglaise. Écrivain : Le monde de Narnia, La trilogie cosmique, entre autres. Ami de J.R.R. Tolkien. Il est mort à Oxford (Angleterre) le 22 novembre 1963.

Pauline (Diana) Baynes est née le 9 septembre 1922 à Hove dans le Sussex (Angleterre). Elle a grandi en Inde avant de revenir en Angleterre pour étudier. Elle a travaillé au Ministère de la Défense (maquettes, cartographie). Elle a illustré les livres de C.S. Lewis et de J.R.R. Tolkien. Elle et morte le 2 août 2008 à Dockenfield dans le Surrey (Angleterre).

Le monde de Narnia / The Chronicles of Narnia est une série jeunesse en 7 tomes qui sont parus entre 1950 et 1956 mais ils n’ont pas été écrits et publiés dans l’ordre chronologique de l’histoire. Voici un tableau pour tout comprendre :

Titres originaux Parution Titres français Tome
The Lion, the Witch and the Wardrobe 1950 Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique 2
Prince Caspian : The Return to Narnia 1951 Le prince Caspian 4
The Voyage of the Dawn Treader 1952 L’odyssée du passeur d’aurore 5
The Silver Chair 1953 Le fauteuil d’argent 6
The Horse and His Boy 1954 Le cheval et son écuyer 3
The Magician’s Nephew 1955 Le neveu du magicien 1
The Last Battle 1956 La dernière bataille 7

The Magician’s Nephew se déroule à Londres durant l’été 1900. « It is a very important story because it shows how all the comings and goings between our own world and the land of Narnia first began. » (p. 1). Polly Plummer et Digory Kirke (ils ont une dizaine d’années) sont voisins et deviennent amis. Digory, dont la mère est mourante et le père en Inde, vit chez son oncle Andrew Ketterley, un magicien. Les enfants explorent le grenier, surprennent Andrew dans ses recherches et vont se retrouver, grâce à des bagues magiques, dans le Wood between the worlds, le Bois-d’entre-les-mondes. Ils vont d’abord visiter Charn, un pays en ruines, sombre et silencieux où règne la Reine Jadis, en fait la Sorcière blanche. Puis ils vont dans un bois immense et obscur et font la connaissance du lion Aslan, fils de l’Empereur d’au-delà de la Mer et Roi de Narnia qu’il crée en chantant. « It’s not the sort of place where things happen. The trees go on growing, that’s all. » (p. 33). « The Lion was pacing to and fro about that empty land and singing his new song. It was softer and more lilting than the song by which he had called up the stars and the sun ; a gentle, rippling music. And as he walked and sang the valley grew green with grass. » (p. 123).

Il y a de la magie, Narnia est un monde enchanté. Comme dans Alice au pays des merveilles ou Peter Pan, les enfants s’enfuient du quotidien et du monde des adultes qu’ils ne comprennent pas avec la découverte d’un monde magique, d’un monde enchanté, de passages entre les différents mondes qu’ils peuvent emprunter, parfois en bravant le danger mais tout se termine bien. Apparemment ce tome fut plus difficile à écrire car C.S. Lewis le commença en 1949 mais ne le termina qu’en 1955 après l’avoir abandonné plusieurs fois, et cinq autres tomes (qui étaient en fait les tomes 2 à 6) étaient déjà parus lorsqu’il fut terminé et publié ! Peut-être parce qu’il y a un peu de lui dans Digory (mère morte, père éloigné, etc.) ? Le style de C.S. Lewis est simple, il y a un peu d’humour, il est – avec Tolkien – un des précurseurs de la Fantasy. J’ai lu ce tome facilement mais j’ai quand même cherché quelques mots. J’ai vraiment eu l’impression de lire un livre ancien, surtout à cause des pages jaunies et des illustrations qui font un peu vieillottes mais qui sont jolies (par exemple, voici Aslan p. 127).

J’ai trouvé cette lecture agréable (j’ai fait abstraction des controverses concernant l’apologie du christianisme, la lutte du Bien contre le Mal, les arguments sur le sexisme, le racisme, le paganisme, l’occultisme…). Peut-être lirais-je les autres tomes en anglais aussi…

En attendant, c’est une lecture pour les challenges A reading’s week # 2, Animaux du monde (lion), Fant’classique, Jeunesse & young adults # 3, Le mélange des genres (Fantasy), Petit Bac 2014 (catégorie Sphère familiale avec le neveu), Un classique par mois et Vendredi VO.