Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand

Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand.

La Martinière, octobre 2019, 336 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-73249-188-2.

Genres : littérature française, roman policier historique.

Frédéric Lenormand naît le 5 septembre 1964 à Paris. Il grandit au milieu de la culture grâce à sa famille (père professeur, mère directrice d’un centre de documentation, grand-père collectionneur d’art japonais). Il est diplômé en langues (anglais, italien et russe) et étudie à l’Institut d’études politiques de Paris puis à la Sorbonne. À 24 ans, il écrit ses cinq premiers romans puis enchaîne avec les séries policières historiques comme Les nouvelles enquêtes du Juge Ti (27 tomes entre 2004-2021), Les mystères de Venise (5 tomes entre 2008-2012, sous le pseudonyme de Loredan), Voltaire mène l’enquête (13 tomes entre 2011-2020), Arsène Lupin (4 tomes entre 2018-2022), Au service secret de Marie Antoinette (7 tomes entre 2019-2022), entre autres, plus des romans, des essais, du théâtre et de la littérature jeunesse. J’ai rencontré Frédéric Lenormand aux Quais du polar (Lyon) le 30 mars 2013 et il m’a dédicacé une des Nouvelles enquêtes du Juge Ti (je ne sais plus quel titre, il faudrait que je le retrouve, il est sûrement encore dans un carton) ; je l’ai trouvé très sérieux mais ce fut agréable de discuter avec lui (photo ci-dessous). Plus d’infos sur sa page FB.

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Après avoir vu cette série chez Sharon, j’ai été tentée et j’ai réservé les deux premiers tomes qui étaient disponibles dans les bibliothèques, malheureusement je n’ai reçu que le tome 2, donc je lirai L’enquête du Barry, le premier tome, plus tard, tant pis…

Avril 1775, Paris. Rose Bertin est couturière, habilleuse attitrée de la reine. Léonard Autier est coiffeur et perruquier, il tient un salon avec ses deux jeunes frères, Jean-François et Pierre, il est coiffeur attitré de la reine.

Les deux ne s’entendent pas (insultes savoureuses à découvrir) mais, après avoir habillé et coiffé la maréchale de Rochambeau, ils achètent ensemble un billet de loterie pour les bonnes œuvres (la farine a augmenté, personne ne sait pourquoi, et le pain est hors de prix). À leur grande surprise, leur billet à dix sous, le n° 326, gagne « Une splendide œuvre d’art traditionnel des Amériques rapportée par nos valeureux navigateurs ! […] Elle représentait un bonhomme grimaçant, au nez crochu, coiffé d’une couronne de plumes. […] pas très haute […] très massive, compacte, et même pesante. » (p. 22-23). Bizarrement plusieurs personnes veulent leur acheter cette statuette noire, allant même jusqu’à proposer quinze livres ! Rose et Léonard s’enfuient et, lorsque Léonard fait tomber la statuette, Rose comprend : le noir n’est que de la peinture, la statuette est en or massif !

Alors qu’ils retournent chacun à leur boutique, Léonard est alpagué par des messieurs de la guilde des perruquiers-barbiers-chirurgiens de Paris (qu’est-ce que les trois métiers ont à voir entre eux ?). S’il veut conserver la mention « Maître Perruquier » sur son enseigne, il doit avoir l’approbation de la guilde et donc savoir couper un membre, recoudre une plaie, saigner un patient… « Votre ignorance est un outrage à la tradition millénaire de notre corporation ! Sans diplôme de chirurgie, point d’agrément ! » (p. 29). Gloups… Dès le lendemain, Léonard se rend au collège Saint-Côme pour suivre les cours de « Timoléon Rainssard, l’éminent spécialiste du squelette et des organes internes » (p. 31) et il va apprendre des choses bien utiles pour mener des enquêtes, « établir la cause d’un décès grâce à l’examen d’ossements, même très anciens. […] identifier les maladies, les épidémies, les maux divers […] et percer à jour, a posteriori, les manigances des assassins – notamment celles des empoisonneurs, qui sont les plus pervers. […] Voilà qui pouvait aider la police, se dit Léonard. Partant, cela pouvait manifestement aussi aider les coiffeurs aux ordres de la reine. » (p. 32).

C’est grâce à un orfèvre, collectionneur d’origine espagnole, Rubino de Bazazia, que Rose et Léonard apprennent l’histoire de la statuette en or et du fabuleux trésor perdu du pirate Henry Morgan qui reçut cinq malédictions. Comme la statuette est maudite, il refuse de l’acheter et les renvoie chez eux.

Quelques jours après, à Versailles. Ayant raconté une partie de l’histoire de Morgan à Marie-Antoinette, la reine charge Rose et Léonard de retrouver le reste du trésor ainsi elle pourra offrir du pain au peuple. On est loin du « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! », phrase que Jean-Jacques Rousseau dit être celle d’une « grande princesse » (sans la citer) dans ses Confessions (écrites en 1765 et publiées en 1782) et attribuée faussement à Marie-Antoinette. Comment les deux larrons vont-ils trouver un trésor perdu au large « de l’île de Saint-Gonâve, dans la grande baie du côté français de Saint-Domingue. » (p. 59) ? Je vous laisse le découvrir en lisant ce roman à la fois historique et divertissant, genre cozy mystery à la française. Car, de la même façon que la reine d’Angleterre ne peut quitter son palais pour enquêter, elle envoie sa secrétaire particulière, Rozie Oshodi (je parle de Sa Majesté mène l’enquête 1 – Bal tragique à Windsor de S.J. Bennett qui m’avait aussi enchantée mais il y a aussi la série Son espionne royale de Rhys Bowen ou la reine anglaise précédente envoie Georgina enquêter), ici Marie-Antoinette prisonnière du palais de Versailles et espionner par tous, a trouvé deux bons enquêteurs qui peuvent aller partout vu leurs métiers, Rose et Léonard.

C’est aussi un roman social qui se déroule entre avril et mai 1875 et qui parle de la guerre des farines, des augmentations exagérées du prix du pain, du peuple en colère qui se révolte, de Turgot qui avec son libéralisme à l’anglaise embobine le roi Louis XVI (plus préoccupé par ses serrures et ses mécanismes d’horlogerie que par le fait de gouverner mais qui aime son peuple et refuse que les soldats tirent), Turgot donc qui reste sur ses décisions au détriment des avis des autres ministres, mais la reine Marie-Antoinette œuvre en secret (avec Rose et Léonard) pour nourrir le peuple ! D’ailleurs, je pense que plusieurs lecteurs ont eu, comme moi, envie de déguster les macarons qui apparaissent sur la couverture, eh bien le roman est comme ces impertinents macarons (en période de disette), coloré et délicieux !

Quelques jeux de mots amusants avec les ossements de Blanquette de Limoux (p. 33) ou l’alcool la prunelle de Meyzieu (p. 100) et des clins d’œils aux événements qui ont secoué la France avant la pandémie (manifestations, gilets jaunes…).

Sharon qui a lu Le coiffeur frise toujours deux fois (tome 6) et L’enquête du Barry (tome 1) a bien raison, cette série est « très plaisante » et j’ai hâte de lire les autres tomes même si je dois les lire dans le désordre !

Ils l’ont lu : Bianca de Des livres, des livres, Catherine de Ballade au fil de l’eau, Froggy, Sharon (citée plus haut), d’autres ?

Pour Polar et thriller 2022-2023 et Vendredi Lecture avec le thème de septembre, polar historique (je n’ai pas compris si on devait publier le(s) billet(s) en septembre et avant le 4 octobre, date sur le logo ou uniquement le 4 octobre, tant pis…).

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James

Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James.

J’ai lu, novembre 2021, 320 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-29035-842-9. Murder Past Due (2010) est traduit de l’américain par Guillaume Le Pennec.

Genres : littérature états-unienne, roman policier, cozy mystery.

Miranda James est en fait Dean James, originaire du Mississippi, ancien bibliothécaire qui utilise aussi les pseudonymes Jimmie Ruth Evans et Honor Hartman pour écrire des fictions. Deux autres tomes de Le chat du bibliothécaire sont pour l’instant traduits en français, Inventaire fatal (novembre 2021) et Théâtre macabre (avril 2022). La série, Cat in the Stacks Mystery, compte 14 tomes aux États-Unis, le 15e est annoncé pour 2023.

Athena, Mississippi. Charlie Harris, bientôt la cinquantaine, vit avec Diesel un maine coon de deux ans qu’il a récupéré chaton sur le parking de la bibliothèque municipale où il travaille. Veuf depuis trois ans, il vit dans une jolie maison héritée de sa tante Dottie et dans l’héritage, il y avait Azalea Berry la gouvernante. Pour rendre service, il prête des chambres à des étudiants mais Justin, en partant ce matin, a laissé la cuisine en pagaille, ce qui n’est pas dans ses habitudes…

Mais l’événement exceptionnel pour la petite ville d’Athena, c’est l’arrivée de Godfrey Priest, enfant du pays, devenu un riche et célèbre auteur de romans policiers (plutôt violents). Julia Peterson, son ancienne petite amie au lycée, devenue Julia Wardlaw après avoir épousé le pasteur Ezra Wardlaw, est la mère de Justin. Mais quand le passé ressurgit… avec en plus un secret…

C’est que Godfrey Priest était un sacré enfoiré et… « Le retour de ce dernier à Athena ravivait beaucoup trop de mauvais souvenirs et j’avais le désagréable pressentiment que de nouveaux événements déplaisants se produiraient tant qu’il resterait dans les parages. » (p. 69).

Mais la soirée avec Priest est annulée… Il est retrouvé le crâne fracassé dans sa chambre d’hôtel avec « le téléphone de Justin gisant juste à côté du corps. » (p. 81). L’enquête est confiée au shérif par intérim Kanesha Berry (la fille d’Azalea Berry), le shérif étant en arrêt maladie, et à l’agent Bates. Évidemment Charlie Harris, Justin et sa mère Julia sont les premiers suspects de Kanesha Berry… Mais Charlie Harris décide d’enquêter aussi de son côté, ce qui est assez facile car tout le monde apprécie Diesel, la libraire, la boulangère… « j’étais ravi et reconnaissant qu’un compagnon à quatre pattes aussi exceptionnel soit apparu dans ma vie. » (p. 184-185).

Évidemment c’est le titre et la couverture qui m’ont d’abord attirée mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce cozy mystery états-unien. J’ai bien aimé le chat, les personnages et les rebondissements (même si ce n’est pas extraordinaire, ça reste classique). Je lirai sûrement les tomes suivants traduits en français.

Pour le Mois américain, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Polar et thriller 2022-2023.

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake.

Ma éditions (apparemment le livre n’est plus au catalogue, il n’y a plus de fictions), novembre 2011, 480 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-822-40053-4. The Dead Sea Deception (2011) est traduit de l’anglais par Véronique Gourdon.

Genres : littérature anglaise, roman policier, thriller.

Adam Blake (pseudonyme de Mike Carey, scénariste de comics DC et Marvel) naît en 1959 à Liverpool en Angleterre. Il a été professeur avant de se consacrer à l’écriture. Sa bibliographie sur son site officiel.

L’Évangile des Assassins est le premier tome de la série Leo Tillman & Heather Kennedy. Le deuxième est The Demon Code (Le Code du Démon) paru en 2012.

Peason, Arizona, États-Unis. Le shérif Webster Gayle est appelé pour le crash d’un avion. En s’écrasant, l’avion s’est coupé en deux et « La route N40 qui traversait Basset’s Farm était parsemée de corps : hommes, femmes et enfants, tous étendus sur la terre ravagée, tandis que les vêtements se déversaient de leurs valises éventrées, tordues […]. » (p. 9).

Londres, Angleterre. Heather Kennedy doit enquêter sur « un homme mort étendu au pied d’un escalier » (p. 13) datant d’il y a trois semaines mais dont la sœur n’est pas d’accord sur le fait que ça soit un accident. Elle devra « former un nouveau coéquipier, un jeune inspecteur enthousiaste qui vient juste d’entrer dans le service […] Chris Harper. » (p. 15) qui a 28 ans. Le mort était le professeur Stuart Barlow du département Histoire de l’université du Prince Régent, il avait 57 ans, était spécialisé en paléographie et dans les manuscrits de Nag Hammadi. E l’autopsie révèle que, effectivement, la mort est suspecte. En plus il avait déclaré être suivi.

Magas, Ingushetia (république d’Ingouchie, entre l’Ossétie du Nord et la Tchétchénie). Leo Tillman a perdu son épouse (Déborah) et leurs enfants (Jud, Seth et Grace). Il interroge Yanush (Kiril) Kartoyev, un trafiquant russe sur Michael Brand qu’il poursuit depuis 13 ans mais il n’obtient qu’une info importante, la dernière destination de Brand était Londres.

Lorsque Heather Kennedy va interroger Rosalind Barlow, la sœur du professeur assassiné, elle apprend que Stuart Barlow faisait voulait réécrire le codex Rotgut, « une traduction médiévale d’une version égarée de l’Évangile selon saint Jean. » (p. 74) et qu’il faisait partie des Ravellers, « une communauté sur Internet de paléographes – les gens qui travaillent sur les manuscrits anciens et les incunables. » (p. 73) et le seul nom dont elle ait entendu parler est Michael Brand qui devait rencontrer son frère à l’hôtel Pride Court à Londres. Michael Brand, oui, vous avez bien lu, Michael Brand, le point commun entre Leo Tillman et Heather Kennedy ! Et pendant ce temps, Chris Harper a découvert que deux autres scientifiques ayant assisté à la même conférence ont été également tués, Catherine Hurt et Samir Devani.

Deux jours après l’accident d’avion, à Peason, des fantômes des victimes sont apparus. Par exemple, un homme était dans son salon devant la télévision avec un verre de whisky et sa veuve a même senti son parfum, un employé des travaux publics s’est présenté à son bureau et a surfé sur Internet, une femme a sorti sa voiture du garage pour aller au supermarché et faire des achats avec de l’argent qu’elle venait de retirer du distributeur, une autre femme a appelé son frère « exactement soixante et une heures après que l’avion s’était écrasé au sol. » (p. 79). La boîte noire n’a toujours pas été retrouvée alors qu’elle émet bien un signal et, en la cherchant, le shérif Webster Gayle se retrouve lui-même nez à nez avec deux fantômes, si ressemblant qu’ils sont sûrement frère et sœur.

Montmartre, Paris, France. Solomon Kuutma suit Leo Tillman à la trace et envoie ses Messagers. Parfois ils perdent sa trace mais il faut absolument que Tillman ne retrouve ni sa femme ni ses enfants. Pour quelle(s) raison(s) ?

Bon, vous imaginez bien que Leo Tillman et Heather Kennedy, tous les deux cherchant Michael Brand, vont se rencontrer ! « Kennedy était perplexe. Il n’y avait pas grand-chose dans son discours qui lui avait semblé très sensé, même si Tillman l’avait prononcé d’une voix calme et mesurée. » (p. 206). « À propos de là où nous en sommes. Vous devez comprendre que ça fait longtemps maintenant que je recherche Michael Brand. Peut-être même depuis plus longtemps que vous n’êtes inspectrice. Et pendant tout ce temps, je ne me suis jamais senti aussi près de le trouver que maintenant. Nous nous sommes rencontrés au bon moment. Ce que vous savez et ce que je sais, tout cela se complète presque à la perfection. Nous sommes en bonne position. » (p. 251).

L’Évangile des Assassins est un thriller passionnant et explosif, plutôt ésotérique mais compréhensible même par les lecteurs qui n’y connaissent rien en religion chrétienne, groupes du début du christianisme, codex et manuscrits apocryphes. Je pense qu’il y a une part de ‘vérité’ et d’historique et une part de fiction (ou alors c’est que nous ne sommes pas au courant de tout et il vaut mieux pour nos vies !). Cependant, l’évangile de Judas est maintenant connu et beaucoup d’historiens et de scientifiques expliquent qu’il n’est pas le traître que l’on croit et qu’il aurait agi sur ordre de Jésus en toute connaissance de cause (est-ce que ce sont de simples hypothèses ou ont-il des preuves pour étayer tout ça, je ne sais pas). En tout cas, tout s’accélère dans les derniers chapitres. « Tillman la regarda inanimée, et il eut un rare sursaut de conscience. Avait-il entraîné Kennedy dans sa propre folie, ou s’étaient-ils rencontrés où elle était devenue assez dingue pour qu’ils soient sur la même longueur d’onde ? » (p. 434).

En fait, ce roman m’avait été envoyé par Lystig [sa note de lecture sur L’oiseau-Lire] au printemps 2012 (je pense, en tout cas après qu’elle l’ait lu puisqu’elle proposait de l’envoyer à la fin de son billet) et, peu de temps après l’avoir commencé, je me suis rappelée que je l’avais déjà lu, ou en tout cas commencé, car je me suis souvenu de certaines choses et j’ai retrouvé un papier dans le livre avec quelques notes. Comme le disait Lystig, il y a deux héros blessés par la vie, sympathiques et attachants, de l’action, du mystère (de l’ésotérisme) avec les descendants de Judas (et même de Caïn en fait) et le lecteur voyage surtout en Angleterre et aux États-Unis avec une incursion en Russie, en France et au Mexique. Un bon thriller avec une pointe de fantastique qui se laisse bien lire mais aurais-je l’occasion de lire le tome 2 (qui se déroule trois ans après) ?

J’ai repéré deux fautes… Page 45, Start au lieu de Stuart. Page 61, « En pour ce qui était des plaisanteries ».

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 8, un livre dans ma Pàl depuis plus de 5 ans, depuis environ 10 ans même, 3e billet), British Mysteries 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 49, le livre de votre Pàl dont la date d’édition est la plus ancienne, il y a sûrement plus ancien mais celui-ci est dans ma Pàl depuis 10 ans), Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 4e billet), Un genre par mois (en juillet, c’est policier), Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

La saison des ouragans de Fernanda Melchor

La saison des ouragans de Fernanda Melchor.

Grasset, collection En lettres d’ancre, mars 2019, 288 pages, 20 €, ISBN 978-2-24681-569-3. Temporada de huracanes (2017) est traduit de l’espagnol (Mexique) par Laura Alcoba.

Genres : littérature mexicaine, roman policier.

Fernanda Melchor naît le 3 juin 1982 à Boca del Río (État de Veracruz) au Mexique. Elle étudie le journalisme à l’université de Veracruz. Elle écrit des articles et des essais comme Mi Veracruz (2008) puis des nouvelles et des romans, Aquí no es Miami (2013), Falsa liebre (2013), Temporada de huracanes (2017) et Páradais (2021) qui ont reçu des prix littéraires.

Un matin de début mai à La Matosa. Cinq gosses descendent près du canal. Mais au « bord du ravin, et tous les cinq, à quatre pattes sur l’herbe sèche, ne faisant ensemble qu’un seul corps, dans un nuage de mouches vertes, finirent par reconnaître ce qui émergeait au-dessus de l’écume jaune de l’eau : c’était le visage putréfié d’un mort entre les joncs et les sacs en plastique que le vent ramenait de la route, un masque sombre où grouillaient une myriade de couleuvres noires, et qui souriait. » (p. 12). Le cadavre, c’est celui de la Sorcière. L’autrice revient en arrière pour nous raconter, la région et ses malheurs, les habitants et leurs malheurs.

En 1978, il y a eu un glissement de terrain et un ouragan ; la montagne s’est détachée ; des humains et des animaux sont morts ; le tout « transforma en cimetière les trois quarts de la région » (p. 28). Bien sûr, les survivants accusèrent la Sorcière et sa fille mais la Sorcière a sûrement été ensevelie et sa fille, surnommée la Petite Sorcière, est devenue la Sorcière.

Puis, des hommes d’ailleurs en ont profité pour venir travailler à la reconstruction, suivis par des femmes de mauvaise vie et la petite ville de La Matosa, déjà pas bien glorieuse, a changé. Franchement, je plains ses habitants… « la seule chose qu’ils avaient en commun c’était la connerie et le pouvoir de nuisance » (p. 51), car La Matosa est peuplée de mères et grand-mères violentes, de fainéants, voleurs, alcooliques voire drogués, de putes et le sida commence à faire des victimes…

Il y a une telle violence dans ce roman : la 4e de couverture dit que « Fernanda Melchor dresse un formidable portrait du Mexique contemporain et de ses démons. […] elle dépeint la brutalité de la société […] ». Formidable ? C’est bizarre d’employer cet adjectif… J’ai l’impression que personne n’est normal, sensé… Et puis, pour les hommes, je pense en particulier à un certain beau-père, n’importe quelle fillette prépubère devient « une machine à baiser » (p. 169)… C’est que même les femmes mariées, les mères de famille se prostituent, c’est le seul moyen pour elles de gagner un peu d’argent pour nourrir les nombreux enfants qu’elles n’ont pas pu faire sauter… Parce que les hommes boivent, se droguent, baisent et dorment…

Quant à l’enquête sur l’assassinat de la Sorcière, les flics ne sont pas pressés, ils arrêtent enfin les quatre jeunes incriminés mais « L’argent, ils voulaient savoir où se trouvait l’argent, ce qu’ils avaient fait de l’argent, où ils l’avaient caché, c’était la seule chose qui intéressait ce gros dégueulasse de Rigorito et ces salauds de flics qui avaient tabassé Brando jusqu’à lui faire cracher du sang pour le jeter ensuite dans ce cachot qui sentait la pisse, la merde, la sueur aigre des pauvres ivrognes, recroquevillés comme lui contre les murs, et qui ronflaient, riaient tout bas ou fumaient tout en lançant des regards avides dans sa direction. » (p. 193-194).

J’ai repéré ce roman lors du Book Trip mexicain mais je n’avais pas eu le temps de le lire pour ce challenge. Et p…, c’est glauque, c’est plus que glauque ! « Une langue […], crue, musicale, [qui] retranscrit la brutalité avec beaucoup de talent. » dit l’éditeur… Eh bien, je ne dirais pas que c’est musical… Très cru et très brutal, oui, mais pas musical… Cependant, les personnages sont de fiction mais l’autrice s’inspire d’un « fait divers » (il y en a beaucoup des faits divers comme ça au Mexique ?). Franchement, si l’auteur avait été un homme, beaucoup auraient crié à la pornographie, à l’éloge de la prostitution (des femmes, des hommes, des ados), à la pédophilie, à l’homophobie mais si c’est une femme qui écrit, ça passe mieux ? Pas pour moi… Pourtant ça ne me dérange pas si un roman policier (noir, polar, thriller…) contient de la violence mais là c’est trop, c’est un torrent de boue qui se déverse sur les lecteurs… J’ai même eu du mal à le finir parce que c’est aussi parfois long, répétitif et ennuyeux… De plus, la couverture ne m’aurait pas du tout attirée (j’ai emprunté ce livre avec la couverture jaune de Grasset, peut-être que la jaquette, affreuse à mon avis, a été retirée par les bibliothécaires). Je ne pense pas relire cette autrice.

Ils l’ont lu et l’ont plus ou moins apprécié : Amy, DarkBrume, Eve-Yeshé, Lectures hispano-américaines, Loudebergh, LoupBouquin, Mademoiselle lit, Olivia, Selma, Virginie Vertigo, d’autres ?

Pour Challenge de l’été – Tour du monde 2022 (niveau 2, Amérique avec Mexique), Les dames en noir, Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 3e billet) et Un genre par mois (en juillet, c’est policier).

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark

Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, juin 2021, 104 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-082-9. The Haunting of Tram Car 015, (2019) est traduit de l’anglais par Mathilde Montier.

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Le mystère du tramway hanté est la deuxième histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 1ère étant L’affaire étrange du djinn du Caire (2016, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Le Caire, Égypte, 1912. Le surintendant Bashir envoie deux jeunes agents, Hamed Nasr (28 ans) et Onsi Youssef (24 ans) du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, enquêter sur le tramway de la station Ramsès. « Une affaire tout à fait effroyable, déclara-t-il. Je crains qu’il n’y ait guère de façon édulcorée de formuler la chose… Le tramway est hanté. […] La rame 015 qui dessert la vieille ville. C’est un des modèles les plus récents sortis en 1910. Il n’est en service que depuis deux ans et nous rencontrons déjà des problèmes, que Dieu nous protège ! » (p. 12). Depuis une semaine un fantôme se contentait d’effrayer les mécaniciens et les passagers mais la veille, il a attaqué une femme dont les « vêtements […] ont été réduits en lambeaux ! » (p. 13).

Effectivement l’entité, inconnue, n’est pas commode… Devant le peu de budget du ministère, Hamed et Onsi font appel à une cheikha, Nadiyaa (bon, c’est vrai, c’est parce que ça coûte moins cher qu’un djinn). « Nous sommes venus solliciter votre aide, si vous acceptez de nous la fournir. » (Hamed, p. 44-45). Mais la cheika, qui se bat pour les droits des femmes (combat important dans le roman), refuse (le tramway n’est pas une femme qui a besoin d’aide). Cependant Onsi arrive à la convaincre mais la cérémonie du Zâr tourne mal… l’entité n’étant pas un djinn mais une créature violente, un al (ou alk) en provenance d’Arménie (mais existant aussi en Perse et en Asie centrale).

De nouveau, l’auteur mélange les genres dans ce roman court (certains disent une novella), une enquête policière pas classique du tout puisqu’il y a de la fantasy (magie, créatures surnaturelles), de la science-fiction (femmes-machines libérées et libres de penser et de s’exprimer, dirigeables, tramways aériens, genre steampunk) et un peu de fantastique horreur (lovecraftien comme dans la 1ère histoire) avec la créature maléfique. Cet auteur a du génie ! Je ne sais pas si je l’ai déjà dit.

Fatma El-Sha’arawi, qui enquête dans L’affaire étrange du djinn du Caire ne fait pas partie de cette enquête du tramway mais on entend parler d’elle (Onsi a étudié à l’académie avec elle) et elle apparaît à un moment (on voit aussi Siti dans le restaurant nubien de sa grand-mère). Et c’est elle qui enquêtera dans le 3e tome, Maître des djinns (j’ai hâte de le lire !).

Ils l’ont lu (et apprécié !) : Aelinel, Apophis, Belette – Cannibal Lecteur, Boudicca, CélineDanaë, Jean-Yves chez Chut maman lit, Jess – Fantasy à la carte, Le nocher des livres, Lutin – Albédo, Marc – Les chroniques du chroniqueur, Ours inculte, Tachan, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy, 2e billet), Contes et légendes (créatures orientales), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 3 – Sable chaud, sous menu 3 – Un océan de bonheur = vive les vacances, bienvenue au roman qui chauffe les cœurs et muscle les joues, je dois expliquer pourquoi je mets cette lecture ici donc voyez plus bas mais attention spoiler), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Attention Spoiler pour expliquer pourquoi je mets cette lecture dans ce menu 3 du Shiny Summer Challenge. Dans le sous menu 3, il faut du grotesque, du des muscles aussi, bref… Déjà le roman est considéré comme burlesque, je confirme, il l’est. De plus, l’alk est une créature maléfique qui se transforme tantôt en fillette enjôleuse tantôt en vieille femme affreuse aux dents acérées, mais qui n’a qu’un seul objectif, voler un enfant (à naître ou nourrisson), il y a du grotesque (et je me demande bien si je n’ai pas déjà entendu parler de cette légende dans une série ou un film, plutôt états-unien). Et dernier point, totalement décalé (il y a un peu du Laurel et Hardy en eux) : les deux agents du ministère sont obligés de se déguiser en femmes enceintes, gros ventres, robes et chaussures féminines, tout ça, pour attirer la créature malfaisante et la vaincre, je ne vous dis pas, c’est trop drôle, mais c’est aussi musclé. Voilà, j’espère que ce roman convient pour ce menu et ce sous menu car avec cette dernière lecture, j’ai honoré ce challenge (et ce, avec grand plaisir).

Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin 1 – Les héritiers de Benoît Abtey et Pierre Deschodt

Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin 1 – Les héritiers de Benoît Abtey et Pierre Deschodt.

XO, mars 2016, 352 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-657-6.

Genres : littérature française, roman policier historique.

Benoît Abtey naît le 18 octobre 1974 en France. Il étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) à Paris puis suit des cours de théâtre à l’école de Jean-Laurent Cochet à Romainville (en Seine Saint Denis). Son premier roman est Don Juan de Tolède, mousquetaire du Roi (Flammarion, 2011). Puis une série de trois bandes dessinées, Arsène Lupin, avec Pierre Deschodt (Rue de Sèvres, 2014, 2015, 2016) suivie de ce premier tome, Les héritiers. Malheureusement, il n’y a pas d’autres romans depuis 6 ans, Benoît Abtey s’étant lancé avec Jean-Baptiste Dusséaux dans une série de trois bandes dessinées, Kamarades, sur la révolution russe (Rue de Sèvres, 2015, 2016, 2017).

Pierre Deschodt naît en 1971, il est journaliste et auteur. Peintre aussi et mort ? (lire cet article), est-ce la raison pour laquelle il n’y a toujours pas de suite plus de deux ans après ?

Le jeune député des Basses-Pyrénées, Bérenger de La Motte, fait un discours énergique à la Chambre des députés contre les anarchistes – et en particulier contre Arsène Lupin – à cause de l’accident aux chantiers navals Martin-Laroche. Le lendemain, Georges Clemenceau publie un article édifiant dans L’Écho de Paris, rétablissant la vérité sur la vétusté des chantiers navals et la vilenie de Martin-Laroche coupable de la mort de quarante-trois ouvriers et de plusieurs blessés qui ne pourront plus travailler alors qu’un philanthrope anonyme a aidé les familles des victimes (on devine qui est ce bienfaiteur).

Athéna del Sarto fut la fiancée d’Arsène de La Marche qui fut accusé (à tort) de la mort de son père adoptif et tué lors de son évasion. Bérenger de La Motte a demandé Athéna en mariage mais elle ne l’aime pas, d’autant plus qu’elle a récemment compris que le baron Augustin Lapérière qui a acheté le domaine des de La Marche et accueille des orphelins (à qui elle fait école) est Arsène de La Marche (et Arsène Lupin) et elle veut s’enfuir avec lui. Malheureusement elle s’en ouvre à sa meilleure amie, Virginie, qui couche avec… Bérenger de La Motte.

Juin 1897, Gabriel de Saint-Mérande, grand spécialiste de l’Égypte ancienne, fait une conférence à la Sorbonne et Virginie y assiste. Elle sait qu’il est le mentor de Bérenger de La Motte et souhaite éviter une catastrophe entre Bérenger (son amant), Athéna (sa meilleure amie qu’elle a trahie) et Augustin Lapérière (soupçonné d’être Arsène Lupin).

4 mai 1897, l’industriel Martin-Laroche, Athéna et des centaines d’autres femmes meurent dans l’incendie du Bazar de la Charité et Bérenger de La Motte y est pour quelque chose…

Il y a une erreur de date ici, entre juin 1897 (p. 76) et mai 1897 (et ce n’est pas un flashback)… Virginie n’a pas pu demander de l’aide à Saint-Mérande en juin pour qu’il fasse avorter les événements de mai… Cependant le roman me plaît alors je vais continuer la lecture.

Dix ans après, donc en 1907, l’Angleterre et la France ont bénéficié des accords d’Algésiras au grand dam de l’Allemagne qui occupe tout de même – avec la Belgique – une partie de l’Afrique. Les conquêtes se sont faites grâce aux nouvelles dynasties bourgeoises enrichies et aux riches industriels – qui n’ont pas les mêmes valeurs que l’aristocratie et pour qui seuls le commerce et l’argent comptent… Ont été créées des compagnies et des sociétés pour leurs seuls profits (chemins de fer, minières et forestières…).

« Depuis un an et la conférence d’Algésiras, durant laquelle nous avons agi avec une particulière efficacité, la situation au Maroc n’a fait qu’empirer, répondant ainsi à nos attentes. Comme vous ne l’ignorez sans doute pas, il est parfois nécessaire d’accentuer le désordre afin d’obtenir un ordre véritable, du moins le nôtre. L’ordre de l’Ordre […]. Ce que nous souhaitions s’est donc produit dans les délais voulus […]. » (p. 117). C’est un Anglais qui parle au nom de l’Ordre de l’Araignée (je vous laisse découvrir dans le roman le combat entre la confrérie du Phénix, non pas dans Harry Potter, et la confrérie de l’Araignée, de mon côté étant plutôt du genre arachnophobe, je vote pour le Phénix qui renaît toujours de ses cendres).

Puis les auteurs envoient leurs lecteurs au Maroc (sable chaud et oasis) avant de les faire revenir en France dans un domaine viticole. Mais je vous laisse découvrir tout ça ! Vous allez croiser Ariane Mac Aleister (jeune artiste formée par Gustave Moreau), Arsène Lupin et son meilleur ami Archembault, Georges Clemenceau (journaliste puis président du Conseil), le général Lyautey, la traîtresse Madeleine Levasseur qui vendrait des secrets militaires aux Allemands et qui assure être la complice d’Arsène Lupin (disparu depuis dix ans), etc.

Complots, coups bas, fanatisme des uns et des autres, ce roman, qui mélange faits historiques et fiction, est bourré d’action et de rebondissements.

En plus de l’erreur de date dont j’ai parlé plut haut, il y a une erreur ‘amusante’ page 165. « Au moral comme au physique, l’ambassadeur d’Allemagne était tout le traire de Clemenceau. », il manque ‘con’, c’est con !

Pour les challenges Les adaptations littéraires (une adaptation moderne d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc, plus séries télévisées et films en France, séries animées, films d’animation et plus récemment manga au Japon, théâtre…), Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 25, le titre comporte un prénom, Arsène), Challenge lecture 2022 (catégorie 31, un roman dont l’action a lieu dans une capitale européenne, 2e billet), Petit Bac 2022 (catégorie Prénom), Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 2e billet), Un genre par mois (en juillet, c’est policier, thriller, polar) et… le Challenge Arsène Lupin (je rajoute les adaptations).

Les tambours du dieu noir et L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark

Les tambours du dieu noir suivi de L’affaire étrange du djinn du Caire de P. Djèlí Clark.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, avril 2021, 144 pages, 12,90 €, ISBN 979-10-3600-074-4. The Black God’s Drums (2018) et A Dead Djinn in Cairo (2016) sont traduits de l’anglais par Mathilde Montier.

Phenderson Djèlí Clark, de son vrai nom Dexter Gabriel, naît le 11 juin 1971 à New York (États-Unis) mais il grandit chez ses grands-parents à Trinité et Tobago. À l’âge de 8 ans, il retourne aux États-Unis. Il étudie l’Histoire. Il est historien, professeur chercheur (esclavage et émancipation dans le monde atlantique) et auteur (romancier et nouvelliste dans les genres fantasy et science-fiction). Plus d’infos sur son site officiel.

Voici ce que nous dit l’éditeur (site et 4e de couv). « Bienvenue dans la première publication française d’un nouveau maître de l’uchronie et du surnaturel. Bienvenue dans les mondes mirifiques criants de réalisme, foisonnants de couleurs, de sons et de parfums, de Phenderson Djèlí Clark. »

Les tambours du dieu noir est un roman indépendant.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction (uchronie, steampunk).

La Nouvelle-Orléans, années 1880, bientôt ‘Maddi grá’. Une Nouvelle-Orléans indépendante et territoire neutre, avec des guildes, des dirigeables, des Écrivisses métalliques qui patrouillent dans les rues, des tempêtes noires, des Grands Murs construits par les Hollandais pour en protéger la ville et une guerre de Sécession presque avortée sur la fin.

Jacqueline (surnommée LaVrille) est la narratrice. « C’est pendant un de ces gros orages que je suis née, il y a à peu près treize ans, en 1871. » (p. 11). Son coin préféré ? Une alcôve sur un mur dans laquelle elle peut observer – sans être vue – les dirigeables et les gens qui en sortent « farandole de couleurs de peau, de vêtements, de langues » (p. 12). Son rêve ? « Je quitterai cette ville, je fendrai les nuages pour aller découvrir tout ce qu’y a à découvrir et voir tous les gens qu’y a à voir. » (p. 12). Ah, j’oubliais, Jacqueline est pickpocket ! « Comme de bien entendu, de mon alcôve, je peux aussi repérer les voyageurs qui surveillent pas d’assez près leurs portemonnaies, leurs valises et tout ce qui dépasse. Parce qu’à La Nouvelle-Orléans, les rêves, ça nourrit pas son homme. » (p. 12).

Mais soudain, tout ralentit et « une lune monstrueuse monte dans le ciel. Non, pas une lune, […] un crâne ! Un gigantesque crâne blanc emplit de nuit. » (p. 13). Jacqueline pense que c’est une vision que lui envoie la déesse Oya. Mais elle doit se cacher tout au fond de l’alcôve car des hommes arrivent (bizarre, personne ne vient jamais par ici), des Sudistes, et elle surprend leur conversation au sujet d’un scientifique haïtien, « […] les Tambours du dieu noir… T’êt’ bien que vous autres allez la gagner, c’te guerre, à la fin du compte. » (p. 16).

Jacqueline sait à qui elle va vendre l’information, à La Capitaine du dirigeable, le Détrousseur de Minuit, qui a connu sa mère, Rose, morte il y a trois ans. Si Jacqueline a en elle depuis toujours la déesse Oya (ce n’est pas comme une possession), idem pour La Capitaine (de son vrai nom Ann-Marie St. Augustine) avec la déesse Oshun et ces deux déesses sont sœurs donc La Capitaine et Jacqueline sont liées qu’elles le veuillent ou non. « Je comprends mieux pourquoi qu’elle a tant la bougeotte. À chaque tempête, à chaque épisode de vents violents, Oya est souveraine. Je l’entends rugir, en moi comme tout autour. Au milieu de toute cette eau, Oshun doit être pareille et, à force de lui résister la capitaine doit avoir l’impression de lutter contre un raz-de-marée. Dans ma tête, Oya rit. On peut fuir tant qu’on veut ses déesses afrikaines ancestrales, elles nous retrouvent toujours quand elles l’ont décidé. » (p. 64).

J’ai bien aimé (mais je l’ai trouvé un peu trop court, bon j’en aurais voulu plus !), il y a de l’action, de l’inventivité et les deux personnages principales sont attachantes. Je le conseille surtout à ceux qui aiment le steampunk (par certains côtés, ça m’a fait penser à la trilogie Le siècle mécanique de Chérie Priest). Il a été nommé à plusieurs prix : Nebula du meilleur roman court 2018, Hugo du meilleur roman court 2019, Locus du meilleur roman court 2019 et World Fantasy du meilleur roman court 2019.

La chose un peu difficile : lire les phrases en créole (enfin, il me semble que c’est du créole)… Un exemple, « Mwen avé bien plis que dizneuf ans quonça mwen embaqué sus un dirijabl ! Ma granmanman m’auré dékalbichée si mwen avait songé à ton laj. Touça à qui tu dévré rêvé, lé gason qui sont pètèt amoureux di toi et le mayaj. » (la capitaine à Jacqueline, p. 32). Vous voyez, c’est compréhensible quand même (bravo à la traductrice !) et je vous rassure, ce n’est pas tout le temps comme ça, c’est seulement pour quelques dialogues.

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 15, un livre avec une couleur dans le titre), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Couleur pour Noir), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, on est en pleine guerre de Sécession mais… différente), Les textes courts (cette première histoire compte 90 pages) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

L’affaire étrange du djinn du Caire est la première histoire de la série Ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La 2e étant Le mystère du tramway hanté (2019, L’Atalante, 2021) et la 3e Maître des djinns (2021, L’Atalante, 2022).

Genres : littérature états-unienne, fantasy, fantastique, science-fiction, roman policier.

Azbakiyya, quartier cossu du Caire, Égypte, 1912. « Fatma El-Sha’arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, examinait le cadavre vautré sur le gigantesque divan à travers des lunettes spectrales. Un djinn. Un Ancien, qui plus est – musculeux, deux fois plus grand qu’un homme, avec des doigts prolongés par des serres recourbées aussi longues que des couteaux. » (début du roman, p. 93).

Vous avez déjà vu un djinn, vous ? Moi, non… mais je ne possède pas de lunettes spectrales !

L’inspecteur Aasim Sharif de la maréchaussée locale sert d’officier de liaison avec le ministère. « Il n’avait pas mauvais fond. Il était simplement vulgaire. » (p. 93), vu son discours, tout le monde s’en sera rendu compte, et en plus il n’est pas très efficace… Bref, ce que je veux dire, c’est que, comme dans Les tambours du dieu noir avec Jacqueline et La Capitaine, l’auteur privilégie encore ici une héroïne, même si les hommes du Caire sont bien gênés devant « une Saïdi basanée sortie de sa cambrousse » (p. 94), jeune en plus (24 ans), érudite (elle a étudié à Louxor), habillée à l’occidentale (plutôt mode masculine, extravagante, costume anglais, cravate, chapeau melon noir, chaussures à bout golf, canne à pommeau d’argent et montre à gousset offerte par son père horloger) et même deux héroïnes puisque le lecteur fera la connaissance de Siti, une Nubienne, un peu plus tard.

Phenderson Djèlí Clark est un maître dans la fusion des genres ! Nous avons ici une enquête policière avec une pointe de science-fiction (créatures mécaniques et automates, steampunk donc), de la fantasy (magie et créatures d’un autre monde) et du fantastique (horreur, avec un petit côté lovecraftien). C’est que, plus de quarante ans auparavant, al-Jahiz « au moyen de pratiques mystiques et de machines, avait ouvert un passage vers le Kaf, l’outre-royaume des djinns. La raison de son geste – curiosité, malveillance ou malice – restait un mystère. Il avait disparu peu après en emportant ses incroyables inventions. » (p. 101), ouvrant la porte aux djinns, goules, sorciers, magiciennes…

« La fin des mondes est proche, intervint la femme-Jann d’une voix qui résonna comme un écho. L’heure tourne. […] Vous en avez vu beaucoup cette nuit, reprit la prêtresse. […] une paire de cornes torsadées, une faucille, une hache surmontée d’un crochet et une demi-lune entourée de lierre entortillé. » (p. 122). Une vieille prophétie djinn se réalise… « […] selon laquelle trois seront nécessaires, trois qui devront se livrer sans contrainte. » (p. 124-125). Le Bélier (le djinn) est déjà mort, le Moissonneur (l’ange) aussi, mais qui est le Bâtisseur ? Serait-ce la fin du monde ?

Avec cette histoire, l’auteur revisite le mythe de l’horloge, maîtresse du temps et de l’espace, malédiction pour les humains, « toutes les peurs, tous les cauchemars inimaginables » (p. 135). De l’action, des rebondissements, pas de fioritures, le tout dans un format court mais une totale réussite, j’ai encore mieux aimé que Les tambours du dieu noir et j’ai hâte de lire la suite, Le mystère du tramway hanté (2e tome, que j’ai) et Maître des djinns (3e tome, que malheureusement je n’ai pas mais que je vais me procurer puisqu’il est paru en février 2022).

Ils l’ont lu : Amalia, Apophis, CélineDanaë, Elwyn, Lutin d’Albédo, Ours inculte, Yuyine, d’autres ?

Pour Challenge lecture 2022 (catégorie 39, un roman fantasy), Contes et légendes (créatures surnaturelles), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Lieu pour Caire), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 2 – Faire feu de tout bois = guerre, bataille, enjeu politique, ici une guerre magique, 2e lecture), Les textes courts (cette deuxième histoire compte 54 pages), Un genre par mois (en juillet, c’est policier) et surtout S4F3 2022 et Vapeur et feuilles de thé (steampunk).

Challenge polar et thriller 2022-2023

Très bonne nouvelle, le challenge Polar et thriller revient pour une nouvelle édition annonçait Sharon fin juin. Il durera donc du 12 juillet 2022 au 11 juillet 2023. Comme je participe depuis le début à ce challenge, je suis contente de rempiler !

L’objectif est toujours de lire du roman policier de tous les pays et de tous les genres, romans classiques ou contemporains, romans noirs, recueils de nouvelles, thrillers, romans policiers fantastiques, romans policiers historiques, bandes dessinées et mangas policiers, romans policiers de littérature jeunesse et aussi essais, biographies, mémoires. L’option films et séries reste valide.

Infos et inscription chez Sharon et logos de Belette Cannibal Lecteur ici (il y en a 7, pour l’instant, je mets les 2 premiers, mon préféré étant le 2e, ci-contre). Ah, et Sharon a rajouté les catégories ici.

Les catégories
jusqu’à 5 livres lus : Imogène
de 6 à 15 livres lus : Montalbano
de 16 à 25 livres lus : Miss Marple
de 26 à 50 livres lus : Erlendur Sveinsson
de 51 à 75 livres lus : commissaire Jules Maigret
de 76 à 100 livres lus : Walt Longmire
plus de 100 livres lus : Sherlock Holmes
plus de 200 livres lus : Lucky Sherlock

Mes lectures pour ce challenge

1. Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin 1 – Les héritiers de Benoît Abtey et Pierre Deschodt (XO, 2016, France)

2. Le mystère du tramway hanté de P. Djèlí Clark (L’Atalante, 2021, États-Unis)

3. La saison des ouragans de Fernanda Melchor (Grasset, 2019, Mexique)

4-7. La voie du tablier (tomes 1 à 4) de Kôsuke Oono (Kana, 2019-2020, Japon)

Catégorie Imogène honorée 🙂

8. L’Évangile des Assassins d’Adam Blake (Ma, 2011, Angleterre)

9-11. La voie du tablier (tomes 5 à 7) de Kôsuke Oono (Kana, 2021, Japon)

12. Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James (J’ai lu, 2021, États-Unis)

13. Au service secret de Marie Antoinette 2 – Pas de répit pour la reine de Frédéric Lenormand (La Martinière, 2019, France)

Son espionne royale et le collier de la reine de Rhys Bowen

Son espionne royale et le collier de la reine de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juillet 2020, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-263-6. Naughty in Nice (2011) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier, cozy mystery.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (10 tomes, 1997-2006), Molly Murphy (18 tomes, 2001-2022) et Royal Spyness (15 tomes dont 9 traduits en français, 2007-2021). Plus d’infos sur son site officiel.

Les quatre premiers tomes : Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen, Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen et Son espionne royale et la partie de chasse de Rhys Bowen, Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen.

Janvier 1933, Londres sous un froid glacial, vent, pluie, neige, la totale. Georgie aide à la soupe populaire à la gare de Victoria pendant que Binky (son frère), Fig (l’épouse, enceinte et encore plus désagréable que d’habitude) et Podge (leur fils de 4 ans) sont au chaud à Rannoch House. Lorsqu’ils partent pour la Côte d’Azur (comme beaucoup d’Anglais plus ou moins fortunés), Georgie est soulagée mais ils veulent fermer Rannoch House et Georgie n’aurait plus nulle part où vivre…

Heureusement, Sa Majesté la reine Mary invite Georgie à boire le thé et lui propose d’accomplir une petite mission sur la Côte d’Azur. « J’aimerais vous confier une tâche plutôt épineuse et compliquée. […] Tout cela est extrêmement confidentiel, Georgiana. Rien de ce que je vais vous dire ne doit être ébruité. […] Je me fie entièrement à vous. Vous avez déjà su gérer des situations similaires, et vous vous êtes montrée fort ingénieuse. » (p. 46).

Lors d’une récente réception, une précieuse tabatière de la collection de la reine a été volée et celle-ci soupçonne sir Toby Tripoter qui possède la compagnie Britannia Motors, qui est donc « l’un des hommes les plus riches du pays » (p. 48) et qui « est devenu un collectionneur d’objets d’art et d’antiquités passionné – obsessionnel devrais-je dire. » (p. 49). Elle envoie alors Georgie à Nice pour qu’elle récupère cette tabatière. « Évidemment, je peux me tromper. J’accuse sans doute ce pauvre homme à tort. Mais je me targue de savoir très bien juger les gens et, selon moi, sir Toby Tripoter est le genre d’homme prêt à tout pour arriver à ses fins, quelles qu’elles soient. » (p. 49).

Voici Georgie et Queenie en route pour la Riviera ! Dans le Train Bleu, surprise, Georgie rencontre Vera Bate Lombardi (apparentée à la reine et qui a connu Georgie lorsqu’elle était enfant) accompagnée de Coco Chanel. « Vous êtes délicieuse, déclara-t-elle. Je vais faire de vous l’un de mes mannequins. J’ai l’intention de dévoiler ma nouvelle collection lors d’un défilé exceptionnel destiné aux riches Anglais de la Riviera, et vous serez parfaite. […] J’y mêle le masculin et le féminin, la ville et la campagne, le jour et la nuit. » (p. 71).

C’était à prévoir, Georgie et Queenie sont très mal reçues par Fig et sa sœur à la villa Gloriosa… Heureusement, en rendant visite à Vera et Coco Chanel à la villa Marguerite le lendemain, Georgie y rencontre sa mère car la villa lui appartient ! Elle peut donc se préparer pour le défilé mais c’est justement durant le défilé qu’elle trébuche, tombe sur une vieille princesse russe et que le collier inestimable (une rivière de perles et de diamants) est volé… Bien sûr tout cela a été prémédité mais par qui ? Le marquis Jean-Paul de Ronchard fait la cour à Georgie qui n’arrive pas à récupérer la tabatière chez sir Toby Tripoter et en plus, elle est accusée par la police française de son meurtre ! Sa mission et sa liberté sont compromises toute Lady qu’elle soit.

Ah, je me disais qu’il n’y aurait peut-être pas de meurtre dans cet opus ; il (je devrais dire le premier) arrive en fait dans la deuxième moitié du roman et la police française n’est pas montrée de façon très glorieuse… L’action est donc un peu plus longue à démarrer mais c’est pour que le lecteur profite bien de la Côte d’Azur, et s’attache aux nouveaux personnages et aux nouvelles aventures sentimentales de Georgie (c’est qu’elle a 22 ans et demi et tout le monde veut la caser).

Un épisode encore différent : le lieu, la Côte d’Azur (même si ça reste très British avec tous ces Anglais en villégiature), de nouveaux personnages dont certains célèbres comme Coco Chanel, la montée politique de Hitler (en filigrane, dans les conversations et les inquiétudes de certains), Georgie se met toujours en péril (parfois sans s’en rendre compte) mais elle sait tirer son épingle du jeu et devient plus ‘professionnelle’. Bref j’ai bien aimé et je me rends compte que 4 autres tomes sont parus en français depuis, Son espionne royale et les douze crimes de Noël (tome 6), Son espionne royale et et l’héritier australien (tome 7), Son espionne royale et et la reine des cœurs (tome 8), Son espionne royale et les conspirations du palais (tome 9), à lire à l’occasion donc.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Félinana Lillyttérature, Mokona, Mylène, Pedro Pan Rabbit, Ramettes, Sélectrice, Sharon, j’en ai peut-être oublié…

Angleterre pour British Mysteries 7, Mois anglais 2022, Voisins Voisines 2022 et aussi pour Les dames en noir, Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Collier), Polar et thriller 2021-2022 et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 2 – Orage d’été et sous menu 2 – Se rafraîchir en plein cagnard = un lac, la mer, la pluie, la nature, Nature writing, passer l’hiver sur la Côté d’Azur au lieu de Londres glacial, c’est super)

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, novembre 2021, 336 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-1562-3. Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel.

Londres, décembre 1890. L’histoire commence sur les chapeaux de roue puisque Holmes et Watson arrêtent un voleur de perles précieuses déguisé en Père Noël. Puis ils sont abordés par Eve Allerthorpe qui vient du « château de Fellscar, dans le Yorshire de l’Est » (p. 21). Sa mère s’est suicidée il y a un an et, la veille de Noël, elle aura 21 ans et héritera de la tante Jocasta, sœur aînée de sa mère, veuve et décédée il y a des années. L’héritage de cette tante, héroïne engagée pour certains, perturbatrice pour d’autres, sera le bienvenu puisqu’à la mort de son père, elle n’héritera rien, ce sera son jeune frère Erasmus qui héritera du domaine et de la fortune familiale des Allerthorpe. Mais Eve n’héritera que si elle est « saine d’esprit » (p. 31) or elle a l’impression d’être poursuivie par un esprit démoniaque… Celui du Thurrick Noir, un pendant maléfique du Père Noël dans le Yorkshire.

Holmes et Watson sont mal accueillis et mal installés au château de Fellscar… « La perspective de passer trois jours et trois nuits de plus dans ce château glacial et inhospitalier avec cette famille glaciale et inhospitalière ne m’attirait guère. Ma réticence, cependant, fut quelque peu adoucie par le petit-déjeuner que je pris le lendemain matin. » (p. 95).

Alors que la famille vient d’arriver pour Noël, Allerthorpe veut renvoyer Holmes et Watson à Londres dès le lendemain mais, durant la nuit, un accident (un crime ?) a eu lieu. Une fille de cuisine est morte, tombée (jetée !) du troisième étage. « L’atmosphère qui régnait dans la salle à manger était un singulier mélange de nervosité et d’excitation. Pour les invités, ce Noël, avec tous ces cris d’alarme et ces digressions, s’annonçait comme un Noël unique. Certains se le rappelleraient avec un sombre frisson, d’autres avec une tendre perplexité, mais je soupçonnais qu’aucun d’entre nous ne l’oublierait. » (p. 230).

J’ai l’impression que cet opus ne fait pas partie des Dossiers de Cthulhu (puisqu’il n’y a aucune référence à Lovecraft, à part la peur que peut inspirer un être maléfique créé de toutes pièces), en tout cas, il n’y a pas écrit « Dossier de Cthulhu » sur la couverture ou la page de titre. Mais l’ambiance est plaisante (enfin avec un château et une famille désagréables comme tout), dramatique et j’avais vraiment l’impression d’être dans un des titres du canon de Sherlock Holmes qui cogite et taquine John Watson (James Lovegrove est très doué pour ça). Par contre, je vois sur le site de l’éditeur que j’ai raté un titre, Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : les Dossiers de Cthulhu 3, paru en février 2020 (donc je verrai à la bibliothèque pour une prochaine fois). Ce Démon de Noël est donc sûrement un titre indépendant et je suis contente de l’avoir lu parce que j’ai passé un très bon moment, à défaut de passer un bon Noël en plein mois de juin 😛 et j’espère que James Lovegrove continuera d’écrire des « classiques » de Sherlock Holmes, vous voyez ce que je veux dire.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Belette Cannibal Lecteur, Lauryn Books, Nathalie Z sur scifiuniverse, qui encore ?

Pour le Mois anglais, what else ? Puisque j’avais déjà lu Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu 1 et Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : les Dossiers Cthulhu 2 qui m’avaient bien emballée.

Mais aussi pour British Mysteries, Challenge de l’été – Tour du monde #3, Contes et légendes (pour la légende du Thurrick Noir, un peu le Père Fouettard anglais), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2021-2022, Shiny Summer Challenge (menu 2 Orage d’été, sous menu 1 Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).