Hamish Macbeth 2 – Qui va à la chasse de M.C. Beaton

Hamish Macbeth 2 – Qui va à la chasse de M.C. Beaton.

Albin Michel, avril 2019, 288 pages, 14 €, ISBN 978-2-22643-593-4. Death of Cad (1987) est traduit de l’anglais par Marina Boraso.

Genres : littérature écossaise/anglaise, roman policier.

M.C. Beaton… Je remets ce que j’avais déjà écrit pour La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) en juin 2017 et pour Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche avant-hier. M.C. Beaton naît en 1936 à Glasgow : elle est donc née Écossaise ! Mais elle épouse un Anglais et le couple a un fils. M.C., c’est pour Marion Chesney. Elle écrit sous plusieurs pseudonymes dont M.C. Beaton. Ses spécialités : la romance et les mysteries.

Priscilla Halburton-Smythe, 23 ans, journaliste, se rend avec son fiancé, Henry Withering, dramaturge londonien, dans le nord-ouest de l’Écosse pour le présenter à ses parents à Tommel Castle. Après un voyage éprouvant (plus de 900 km), Henry apprécie enfin le paysage avec le village de Lochdubh (celui où on vit dans Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche). « Que c’est beau ici. Tu veux bien t’arrêter un moment ? » (p. 22) ; « Londres me semble tellement loin, fit-il, autant pour lui-même que pour Priscilla. Comme un autre pays, un monde truqué, plein de vacarmes, d’agitation et d’intrigues. » (p. 23). Les deux tourtereaux découvrent au château de nombreux invités… La chasse à la grouse a été annulée à cause du déclin de l’espèce mais le capitaine Bartlett, odieux personnage, a fait le pari qu’il serait le premier à tuer un couple de grouses. Lorsqu’il est retrouvé mort, l’inspecteur-chef Blair conclut à un accident mais Hamish, intrigué, continue les recherches avec son chien, Towser. « Il y a eu homicide, déclara-t-il. Le capitaine Peter Bartlett a été assassiné. Et j’en détiens la preuve formelle. […] Aye, je dois quand même dire que le crime était presque parfait. » (p. 103). « C’est étrange dit-il enfin [le commissaire Chalmer qui a repris l’affaire après Blair], que toutes ces personnes qui détestaient légitimement Bartlett se soient trouvées réunies sous le même toit. » (p. 164). Plus l’enquête avance, plus la relation entre Priscilla et Henry se dégrade.

J’ai préféré cette histoire à Qui prend la mouche. Pourquoi ? Peut-être parce que je l’ai lue en premier et que ce fut une surprise de découvrir Hamish Macbeth et Priscilla Halburton-Smythe (ils sont amis d’enfance et le policier est secrètement amoureux d’elle). Peut-être parce que la traduction est plus fluide et dynamique (la traductrice est différente). En tout cas, j’ai apprécié cette enquête mais je n’aime ni la chasse ni la pêche et je ne sais pas si cette série (datée années 80, comme je le disais déjà pour Qui prend la mouche) est faite pour moi. Je pense que les deux premiers tomes pour découvrir me suffiront car c’est moins drôle et moins percutant qu’Agatha Raisin. Toutefois j’ai appris pas mal de choses sur l’Écosse et son aristocratie. Une série à découvrir si vous êtes curieux ou si vous aimez l’Écosse ou si vous êtes absolutly fan de M.C. Beaton !

Une lecture pour le Mois anglais donc et Voisins Voisines 2019 (Écosse / Angleterre).

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Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche de M.C. Beaton

Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche de M.C. Beaton.

Albin Michel, avril 2019, 252 pages, 14 €, ISBN 978-2-22643-592-7. Death of a Gossip (1985) est traduit de l’anglais par Karine Guerre.

Genres : littérature écossaise/anglaise, roman policier.

M.C. Beaton… Je remets ce que j’avais déjà écrit pour La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) en juin 2017. M.C. Beaton naît en 1936 à Glasgow : elle est donc née Écossaise ! Mais elle épouse un Anglais et le couple a un fils. M.C., c’est pour Marion Chesney. Elle écrit sous plusieurs pseudonymes dont M.C. Beaton. Ses spécialités : la romance et les mysteries.

John et Heather Cartwright dirigent l’école de pêche à la mouche de Lochdubh (à l’extrême nord-ouest de l’Écosse). « Hamish hocha la tête. […] Un sombre pressentiment le tenaillait. Quelque chose ne tournait pas rond dans ce stage de pêche, mais quoi, exactement ? » (p. 79). Et effectivement, une des participantes, Lady Jane Winters, une femme détestable, est retrouvée morte dans la Keeper’s Pool et ce n’est pas un accident puisque « Un bas de ligne es enroulé autour de son cou. Elle a été étranglée. Et ce n’est pas tout… […] On lui a ligoté les chevilles avec une chaîne ! » (p. 123). Mais, alors que le policier du village, l’unique policier du village !, Hamish Macbeth, commence son enquête, l’inspecteur en chef Blair et ses collègues de la PJ, Anderson et MacNals, débarquent de Strathbarie. « Écoutez, mon vieux, je ne suis pas certain que vous ayez l’expérience nécessaire pour résoudre un crime pareil. Laissez-nous faire : on en a vu d’autres, mes hommes et moi. » (p. 137). Mais Hamish et son chien, Towser, ne vont pas se laisser marcher sur les pieds et les pattes ! D’autant plus que Priscilla Halburton-Smythe, la fille des châtelains, va les aider.

Alors, j’ai bien aimé et j’ai appris plein de choses sur l’Écosse et sur la pêche à la mouche (une activité qui ne m’intéresse normalement pas du tout) mais, soyons clairs, c’est beaucoup moins drôle qu’Agatha Raisin ! La série Hamish Macbeth date (années 80), il y a des références à Lady Di, Margaret Thatcher et il n’y a aucune technologie (pas d’ordinateurs et encore moins de téléphones portables) : ce n’est pas un reproche mais les plus jeunes lecteurs vont-ils accrocher ? Je pense qu’avec le succès d’Agatha Raisin, Hamish Macbeth a été traduit mais cette série aurait dû l’être dans les années 80-90 pour plaire réellement au lectorat. Et puis, une série en 35 tomes (en 2018), c’est trop long pour moi… Mais j’ai également lu Qui va à la chasse (en fait je l’ai lu en premier) et je vais rédiger ma note de lecture pour le Mois anglais avant la fin du mois.

Une lecture pour le Mois anglais donc et Voisins Voisines 2019 (Écosse / Angleterre).

La conspiration des médiocres d’Ernesto Mallo

La conspiration des médiocres d’Ernesto Mallo.

Rivages, collection Rivages noir, avril 2018, 202 pages, 18 €, ISBN 978-2-7436-4350-8. La conspiración de los mediocres (2015) est traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton.

Genres : littérature argentine, roman policier.

Ernesto Mallo naît le 16 août 1948 à La Plata près de Buenos Aires (Argentine). Né dans une famille très pauvre, il ne peut pas aller à l’école et enchaîne les petits boulots avant de découvrir le théâtre dans les années 70 puis l’écriture dans les années 2000. Il est dramaturge, journaliste et écrivain. Plus d’infos (en espagnol) sur le site officiel de l’auteur (inaccessible…).

Première moitié des années 70, Buenos Aires, Argentine. Rolf Bölle, un Allemand, ancien nazi, est retrouvé mort dans son fauteuil avec une mise en scène de suicide. « Il n’y a maintenant plus aucune théorie, plus de Dieu, de souvenirs, de sensations, de pardons, d’oublis, de monde. Le jour s’éteint. » (p. 15). Le commissaire adjoint Venancio Ismael Lascano, surnommé Perro (le chien) car il flaire tout, comprend que c’est un meurtre. Mais, comme c’est un policier intègre, il est tenu à l’écart de certaines affaires de la « Federica » (surnom de la police fédérale argentine). Pour l’affaire Böll, ses supérieurs lui refilent un assistant, Miguel Siddi, « aspirant officier, récemment promu, vingt ans, barbe de trois jours, de grand yeux » (p. 21), surnommé Tuerca à cause de sa passion pour les voitures et les courses de rallye. Au départ, Perro est mécontent mais, finalement, les deux hommes s’entendent bien et Perro est ravi de la nouvelle voiture, une Falcon verte 3.6. « Il y a quelque chose de franchement séduisant dans une voiture neuve, surtout quand on a conduit une ruine les quatre dernières années. » (p. 23). Perro contacte Marisa Frauberg, professeur universitaire qui parle six langues dont l’allemand et qui pourra traduire le carnet qu’il a trouvé chez Böll. « Les nazis étaient obsédés par le contrôle, tout devait être inventorié, catalogué, enregistré, même nous, dit-il en relevant la manche de sa chemise […]. (p. 91). Cette enquête et la rencontre de Perro avec Marisa vont bouleverser la vie de Perro et le destin du pays !

J’ai d’emblée aimé le personnage de Perro puis celui de Tuerca. Mais, en ce qui concerne les autres policiers, ouah, c’est du lourd ! On ne sait pas à qui se fier, à qui faire confiance… Tout est pourri, jusqu’aux étages supérieurs ! Et donc, Ernesto Mallo réussit son coup, une enquête difficile et une vision peu réjouissante de l’Argentine des années 70. Une étude fine et poussée sous forme de fiction, quoi de mieux pour comprendre ce pays dans lequel de nombreux nazis se sont enfuis après guerre. J’ai repéré qu’il y a trois tomes parus précédemment : L’aiguille dans la botte de foin (2009), Un voyou argentin (2012), Les hommes t’ont fait du mal (2014) et je les lirai, c’est sûr.

Mon passage préféré : « Elle ressent au fond d’elle un vide angoissant […]. Elle comprend que les idées et les mots sales de Böll l’ont atteinte. […] Elle se dit que ces gens […] sont des personnes médiocres, sans éclat, sans aucun talent, soumis et qu’on n’a au aucun mal à convaincre. Ils étaient les crève-la-dalle de l’après 14-18, ceux-là même qui se nourrissaient dans les poubelles, et dont la privation de nourriture leur avait ôté toute morale. Ces hommes qui en étaient arrivés à considérer d’autres êtres humains comme des aliments envisageables. Et, une fois qu’ils ont été plongés au plus profond de leur misère, est apparu un dément venu leur annoncer qu’ils étaient la race supérieure. Et ils l’ont cru. Et il a montré du doigt les responsables de tous leurs maux. Et ils l’ont cru. Et on leur a donné des uniformes clinquants, et des grosses bottes, des ceinturons austères et des symboles qui faisaient froid dans le dos, pour que tous les craignent. Et ils les ont portés. Et on leur a donné des défilés, des étendards et des drapeaux. Et on a mis dans leurs mains des triques, des pistolets, des fusils et des mitrailleuses. Et on leur a demandé d’être rapides, efficaces et cruels. Et ils l’ont été. Et on les a invités au banquet, à prendre part à la fête, aux mises en scène monumentales où le leader convainquait les foules que le monde était à eux et qu’ils n’avaient plus qu’à se servir. » (p. 150-151).

Une excellente lecture pour le Mois espagnol et sud-américain (que je suis contente d’honorer même si je ne publie que ce billet mais j’aimerais quand même (re)voir un film) que je mets également dans le challenge Polar et thriller 2018-2019.

Apparences de Lydia Le Fur

Apparences de Lydia Le Fur.

Auto-édition [lien mon Best Seller], avril 2017, 12,65 €, 204 pages, ISBN 978-2-9559558-1-9.

Genres : thriller, science-fiction.

Lydia Le Fur naît à Saint Malo (patrie des Étonnants voyageurs). Elle est professeur d’anglais, elle aime les thrillers et le cinéma. Apparences est son premier roman. Plus d’infos sur son blog (avec Lune de Miel) et sa page FB.

Début décembre. Liza Devreau, jeune peintre parisienne, se rend à New York où ses toiles vont être exposées (à la galerie Arbora à Chelsea). Au moment de monter dans le taxi pour l’aéroport, un coup de feu retentit mais, après un petit moment de panique, Liza ne se rend pas compte que quelqu’un a essayé de la tuer. « En plein SoHo, elle se sentait bien, proche des galeries d’art et des musées. » (p. 15). Au bar de son hôtel, elle est abordée par un bel homme qui veut la revoir et le lendemain, elle est abordée dans la rue par un journaliste un peu détective (habillé comme Sherlck Holmes) qui la suit depuis Paris ! « Je me méfie toujours des apparences. C’est comme ça qu’on reste en vie et que l’on fait un bon journaliste ou un bon détective. » (p. 23). Et le journaliste se précipite sur elle car un coup de feu est tiré : pour la deuxième fois, quelqu’un a essayé de tuer Liza, et Thomas Rivard (puisque c’est comme ça qu’il s’appelle) a repéré l’homme armé.

Qui veut tuer Liza et pourquoi ? Mais si le tireur d’élite a raté deux fois sa cible, c’est parce qu’il ne comprend pas pourquoi son employeur veut qu’il tue cette jeune femme lumineuse et talentueuse. « Il se dit qu’elle faisait partie de ces gens qui vous attirent, qui vous arrêtent, des gens dont la beauté intérieure transparaît au dehors, que l’on ne peut s’empêcher de regarder quand ils entrent dans une pièce, des gens qui stoppent les conversations, vers qui l’on se retourne. Elle était un de ces êtres à part et il devait la tuer. » (p. 41-42).

Le lecteur en apprend un peu sur l’Art et le fonctionnement d’une galerie, sur la ville de New York et la devise de sa police : « Courtoisie, professionnalisme et respect. » (p. 49) mais le détective John Berkley n’a pas le temps de mener une enquête car Liza et Thomas filent à Oxford en Angleterre pour se mettre à l’abri et comprendre.

Lorsque Liza est enlevée, les phrases se font plus courtes, plus percutantes et j’ai trouvé que ça montrait bien l’affolement et la peur de Liza.

Je ne dévoilerai rien du pourquoi du comment et il faudra que vous lisiez ce roman mi thriller mi science-fiction pour découvrir la vérité ! Apparences est en fait une réflexion sur l’Art, sur la vie, sur la science : « Avancer avec son temps. Toujours avancer. Et même devancer. » (p. 187) et sur l’obéissance aux ordres. Cette lecture fut une belle découverte avec des surprises (par exemple, il y a des références amusantes à Sherlock Holmes et à George Clooney, l’auteur est sûrement fan !) mais j’aurais voulu en lire plus ! J’ai appris que Lydia Le Fur est en train d’écrire une suite, c’est une bonne nouvelle car elle a une « belle plume » comme on dit et j’espère qu’elle développera plus ses personnages en particulier Liza et le lieutenant Mathieu (le tireur d’élite). Voilà, pas un coup de cœur mais une chouette lecture pour une soirée.

Un passage que j’aime bien : « On ne parle plus que de ça, chez le coiffeur, chez le boucher, au bar, entre collègues. Cela permet d’oublier les malheurs de son quotidien. Les actualités, ce sont les jeux modernes. Du pain et des jeux, du pain et des infos, voilà ce que réclame le peuple et tout le monde est content. Un peu de guerre, un peu de sexe, un peu d’amour et de beaux sentiments, un peu de terroir et de région, un peu de sport de balle sur une pelouse verte et des scandales financiers te hop ! c’est fait, les gens font de beaux rêves. » (p. 79).

Et un autre : « L’humour est une grande qualité. Sans humour, la vie serait bien triste. » (p. 176).

Une petite remarque à propos du « à » majuscule, j’ai repéré quelques (quatre) « A » alors qu’un peu plus loin, il y a bien « À », c’est un petit détail mais (comme je suis chiante), la lettre majuscule reste la même lettre que la lettre minuscule et garde donc son accent (ou sa cédille) qu’elle soit écrite en minuscule (bas-de-casse) ou en majuscule (grandes capitales ou petites capitales).

Une lecture pour le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Titre mot unique), Polar et thriller et S4F3 #4 (le roman est à la fois thriller et à la fois SF).

Ce roman est un livre voyageur organisé par Julie du blog Ju lit les mots + lien vers sa note de lecture. Je remercie donc Julie pour cette initiative et Lydia Le Fur qui m’a envoyé directement son livre. Et je souhaite bonne lecture aux participants suivants.

Le tombeau d’Hercule d’Andy McDermott

Le tombeau d’Hercule (une aventure de Wilde et Chase, 2) d’Andy McDermott.

Bragelonne, collection Thriller, juin 2018, 448 pages, 16,90 €, ISBN 979-1-02810-329-3. The Tomb of Hercules (2008) est traduit de l’anglais par François Fargue.

Genres : littérature anglaise, thriller, aventure.

Andy McDermott naît le 2 juillet 1974 à Halifax dans le Yorkshire (Angleterre). Il étudie à l’Université de Keele dans le Staffordshire. Il est écrivain, journaliste, critique cinéma (Hotdog Magazine entre 2000 et 2006) et graphiste. Plus d’infos sur son site (en anglais).

Après la première aventure de Wilde et Chase dans À la poursuite de l’Atlantide, les Nations Unies ont créé il y a un an l’Agence internationale du patrimoine (AIP) et Nina Wilde est directrice des opérations.

La plate-forme flottante SBX-2 au large du Portugal surveille officiellement l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient mais, en secret, des scientifiques travaillent pour retrouver les structures de l’Atlantide « ensevelies sous le limon qui couvrait les fonds marins » (p. 7) : cartographie grâce à un sonar haute résolution, fouilles pour retrouver des objets atlantes… Mais, une nuit d’orage, un groupe d’hommes lourdement armés prend d’assaut la plate-forme, tuent tout le monde avant de repartir avec des dossiers et de faire couler le site. Tout le monde croit que SBX-2 a sombré à cause de la très violente tempête mais…

Trois mois après, sur un yacht à New York, Nina et Eddie rencontrent des directeurs non exécutifs de l’AIP : ils n’ont pas de pouvoir décisionnel mais ils apportent leur soutien technique ou financier. Parmi eux, Richard Yuen Xuan, un Chinois très riche, et son épouse, Sophia Blackwood, une Lady anglaise. Eddie va se rendre en Chine pour une mission secrète. Quant à Nina, restée à New York, elle demande à la Confrérie millénaire des Sélasphores, en la personne de monsieur Popadopoulos, de pouvoir consulter le véritable Hermocrate et non plus des reproductions ou des photos car elle est persuadée qu’en consultant l’œuvre originale, elle découvrira le tombeau d’Hercule.

Poursuites rocambolesques à Shanghai pour Eddie et dans le métro de New York pour Nina. « Vous voulez dire que la plate-forme a été coulée ? Et que ça aurait quelque chose à voir avec ce qui m’est arrivé aujourd’hui ? » (p. 123, Nina à son supérieur, Amoros).

Ensuite le roman est construit comme le premier, un petit groupe part à l’action, après New York et Shanghai, direction l’Afrique et l’Europe : Botswana, Namibie, Londres, Suisse, Algérie, Tunisie, Bahamas, du pur thriller. Des gentils, des méchants, certains sont loyaux et vont sauver la vie des deux héros, d’autres sont fous à lier, vont trahir, se faire tuer. Bref, de l’action pure et dure, des explosions en tout genre, de l’aventure en veux-tu en voilà, des diamants, de l’uranium et des bombes nucléaires, mais pas de fantastique ou de science-fiction comme dans le premier tome (petite déception). Sauf quand les travaux d’Hercule apparaissent mais ce n’est qu’après un peu plus de 300 pages… De plus Hugo Castille, le pendant belge d’Edward Chase, Anglais, m’a manqué… mais le lecteur fait la connaissance d’autres amis d’Eddie, décidément il a des amis dans le monde entier !

Je trouve que les problèmes de couple entre Nina et Eddie prennent un peu trop de place dans l’aventure. « J’ai mis ma carrière d’archéologue de côté pour devenir une bureaucrate. Je me suis même mise à faire de la politique. Je me suis laissé entraîner dans des jeux de pouvoir pour obtenir ce que je voulais. Et le pire, c’est que j’y ai pris goût. Non, le pire, c’est que j’ai vraiment commencé à me sentir supérieure à Eddie. Juste à cause de mon titre. Je l’ai blessé sans m’en rendre compte. » (p. 239).

Ce que je reproche à ce tome 2, c’est d’être trop construit comme le premier tome, et puis, à l’époque moderne, les méchants détruisent systématiquement les trésors archéologiques qu’ils découvrent ? L’Atlantide, le tombeau d’Hercule, et dans les tomes suivants, l’épée Excalibur, la pyramide d’Osiris, entre autres. À voir si je lirai la suite… Il y a déjà une quinzaines de tomes car Andy McDermott écrit cette série depuis 2007 et elle n’est traduite en français que depuis cette année.

Pour le Challenge de l’été 2018, le Challenge Chaud CacaoLire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été), Littérature de l’imaginaire, Polar et thriller 2018-2019 et Voisins Voisines 2018 (Angleterre).

Le Chrysanthème noir de Feldrik Rivat

Le Chrysanthème noir : seconde enquête de la 25e heure de Feldrik Rivat.

L’homme sans nom, septembre 2016, 448 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-918541-27.1.

Genres : policier, science-fiction, steampunk, uchronie, fantastique.

Feldrik Rivat naît le 27 juin 1978 à Thonon les Bains (Haute Savoie). Il étudie le théâtre (Cholet) puis le dessin à l’École Émile Cohl (Lyon) puis l’archéologie (Nantes et Toulouse) : un homme éclectique qui est de plus peintre (naturaliste) et écrivain ! Du même auteur : la trilogie de fantasy Les Kerns de l’oubli [site officiel], deux autres tomes des Enquêtes de la 25e heure, également aux éditions de L’homme sans nom, et des nouvelles dont Le Contrat Antonov-201 (Solaris n° 205, hiver 2018) qui reçoit le Prix Joël-Champetier.

Après avoir repris La 25e heure, je ne pouvais que lire la suite des Enquêtes de la 25e heure avec Le Chrysanthème noir (2e enquête de La 25e heure) pour le Challenge Chaud Cacao (session 2 consacrée aux auteurs francophones jusqu’au 22 août).

Janvier 1889. Eudes Lacassagne a disparu et on a retrouvé son sifflet à moineau dont il ne se sépare jamais. Il aurait été tué par son frère jumeau, Chrysostome, mais « Le corps d’Eudes Lacassagne reste introuvable. » (p. 38). Louis Bertillon, enfermé à La Salpêtrière (où travaille le professeur Jean-Martin Charcot), dûment drogué te électrocuté, épouse à l’insu de son plein gré Mileva (Anja Verica) Varasd, qui use d’hypnose et de suggestion mentale. « Louis Bertillon se remémore les consignes du jour. Il n’a qu’à suivre les instructions. Toutes les instructions. Et répondre « oui » aux questions. » (p. 8). Pendant ce temps-là, le Chrysanthème noir – surnommé le Chrys ou la CNN « La Compagnie du Chrysanthème Noir. Une compagnie nouvelle pour une société nouvelle. Une entreprise dont l’ambition ultime est de bâtir une civilisation qui mettra l’Homme au centre de tous les enjeux. » (p. 414) – continue ses agissements maléfiques et le nombre de ses membres ne cesse d’augmenter. C’est que « Travailler pour le Chrysanthème noir offre certains privilèges. » (p. 39). L’enquête ne va pas être facile à résoudre… Et, en l’absence de ses deux meilleurs hommes, Lacassagne et Bertillon, c’est Goron, le chef de le Sûreté en personne, qui doit aller enquêter sur le terrain ! « Goron n’ose pas regarder sa montre. Depuis un bon mois que ses nuits sont de plus en plus courtes. Gérer le service, remonter le moral de ses troupes, et superviser des enquêtes de plus en plus sensibles jusque sur le terrain : voilà beaucoup pour un seul homme. » (p. 150).

On retrouve avec plaisir les personnages principaux de La 25e heure, Lacassagne, Bertillon, Goron, Camille, Pinkerton, Méliès qui a également disparu et que son épouse Eugénie recherche… ; des personnages connus ont un rôle plus important comme Chrysostome Lacassagne, le frère d’Eudes, ou Gaston Tissandier, l’aérostier propriétaire de l’Agile ; et bien sûr il apparaît de nouveaux personnages comme le père Lacassagne surnommé le Notaire et qui vit dans les airs à bord de l’Albus-Altus, la famille ducale de l’Abey, Flamel, le Zouave Henri Jacob, mademoiselle Zelle qui s’occupe du Khan. « Tu es mort ! Je t’ai vu sombrer ! Démon ! Fantôme ! Je vais te renvoyer dans les Enfers que tu n’aurais jamais dû quitter ! » (p. 178).

Le président Sadi Carnot modernise la France, en tout cas Paris : téléphone, électricité ! Mais il ne sait pas que de sombres personnages tirent les ficelles (ou le sait-il ?). Il y a des êtres différents : automates, médiums, « ombres »… Et il y a aussi les premiers journaux comme Le Figaro mais certains, clandestins, font l’apologie des idées anarchistes comme Le Révolté ou Le Révolutionnaire socialiste et leurs locaux sont surveillés. Il existe une base historique réelle avec par exemple la construction du canal de Panama, ou de la Tour Eiffel pour l’exposition universelle, mais Feldrik Rivat plonge ses lecteurs dans une uchronie sombre et jouissive. « Le pari du Chrysanthème noir, en cette fin de XIXe siècle, est de permettre à la France de prendre le virage en tête. De redonner à cette nation un vernis perdu, un rêve de grandeur, et cette pointe de fierté qui la caractérise aux yeux du monde entier. Et ce pari sera remporté grâce aux sciences ténébrales. […] Le rêve du Chrysanthème Noir est le plus grand que l’homme ait jamais osé réaliser. Vaincre la mort. » (p. 219). Tout ça est une histoire d’énergie : électricité, lumière, ombre, chaleur, hyperfréquences, rayons perdus que les spectres utilisent, peut-être que l’auteur invente cette théorie ou peut-être que c’était une peur à l’arrivée de l’électricité, on a toujours peur de ce qu’on ne connaît pas. « Paris se prépare, un siècle après 1789, à connaître sa première véritable révolution… » (p. 220). Cette révolution n’est pas industrielle mais plutôt technologique : entre la photographie, le cinéma, l’électricité, le téléphone, de grandes constructions (Tour Eiffel, métropolitain, etc.), Paris représente alors la France et, un siècle après la Révolution, je dirais qu’il y a une pointe de superstition, genre il faut absolument que ça se déroule maintenant, un siècle après.

Hé, un petit tour à la librairie Flammarion ? On y rencontre J.H. Rosny aîné (*) qui tente de vendre son premier livre, L’Immolation ! Ce livre existe vraiment (couverture ci-contre). « C’est du fantastique nouveau, du merveilleux scientifique où je pars à l’assaut de l’inconnu, entame le jeune homme. » (p. 253). Suit un dialogue amusant entre Rosny et Goron (qui lui est venu acheter L’astronomie populaire de Camille Flammarion pour son neveu). « Il va falloir me donner des exemples, mon garçon, car sans cela je vais avoir du mal à suivre. Je suis un cartésien, moi, j’ai besoin de concret. – Du concret ? Vous avez des exemples ? Car le rêveur que je suis ne comprend pas, répond le jeune homme, un brin provocateur. […] » (p. 253-254).

(*) Vous pensez ne pas connaître J.H. Rosny aîné ? La guerre du feu (1909-1911), c’est lui ! « J.H. Rosny aîné » est le pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex né le 17 février 1856 à Bruxelles et mort le 15 février 1940 à Paris. Son cadet est « J.H. Rosny jeune », pseudonyme de Séraphin Justin François Boex, né le 21 juillet 1859 à Bruxelles et mort le 15 juin 1948 en Bretagne. Ils ont parfois écrit à quatre mains mais J.H. Rosny jeune s’est plus tourné vers l’aventure alors que J.H. Rosny aîné est considéré comme le père de la science-fiction moderne. Il reçoit le premier Prix Goncourt en février 1903 et sera même le président de l’Académie Goncourt de 1926 à sa mort en 1940 et c’est J.-H. Rosny jeune qui lui succède jusqu’en 1945. Naturalisés français, les deux frères ont la double nationalité, belge et française. Il existe un Prix Rosny aîné créé en 1980 et qui récompense des romans et des nouvelles de science-fiction francophone.

En parlant de littérature, un clin d’œil à Jules Verne : « Vous me faites une farce ? C’est une supercherie ? Vous vous payez ma tête ? s’offusque l’ingénieur [Gustave Eiffel]. J’ai un moment cru à vos histoires, mais là, messieurs, ce n’est pas sérieux ! Vous me demanderez bientôt un ascenseur pour la lune ! C’est digne d’un roman de Jules Verne ! – En effet, monsieur. Jules Verne met en verbe nos projets, pour préparer l’opinion. Pour aider nos contemporains à se représenter un avenir où le vieux monde aura disparu d’un claquement de doigts, comme au détour d’un virage en épingle à cheveux. » (p. 293).

Un autre clin d’œil littéraire : « Qui était ce gentilhomme ? demande Goron en frisant ses moustaches. – Un médecin anglais [monsieur Doyle cité 4 lignes plus haut] qui s’intéresse de près aux méthodes de la police française. Voilà bientôt quatre ans qu’il me rend visite. Quelqu’un de charmant ! – Et que fait ce médecin de nos méthodes policières ? s’enquiert Goron. – Il en fait des nouvelles, répond Bertillon en posant un épais dossier sur la table. – Des nouvelles ? – Oui, il est aussi écrivain. Il fait paraître de petites nouvelles sur un détective londonien… J’en ai lu quelques-unes… C’est habile ! Pour un peu et je dirais qu’il s’est inspiré de notre Lacassagne pour son personnage. » (p. 314).

Un de mes passages préférés : « Et l’instant est grand, car si l’on oublie de donner un sens profond à chacune de nos actions, à chacune de nos découvertes, on laisse les plus vulnérables des hommes avec une peur au ventre. Une peur dévorante, contagieuse, irrationnelle. Et cette peur, messieurs, c’est la peur de la mort. Et de cette peur naissent tous les extrémismes… » (p. 313). Ce qui rejoint : « La différence entre Croyance et Connaissance est fondamentale, précise Maspero. L’une aliène, l’autre libère. L’une n’est que dogmes et paroles, l’autre est ancrée dans tous les niveaux de la matière et ne demande que des yeux pour être vue. » (p. 268).

J’ai beaucoup aimé : la visite privée de la Tour Eiffel avec Gustave Eiffel le samedi 2 mars 1899 (p. 294-298).

Une note de lecture très longue (j’avais beaucoup à dire !) pour cette lecture dense et intense que je mets dans le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Polar et thriller, Lire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été) et Vapeur et feuilles de thé (pour le petit côté steampunk) avec toujours cette richesse et cette diversité incroyable : policier, historique, fantastique et science-fiction.

J’ai hâte de lire Paris-Capitale qui se déroule vingt ans après !

La 25e heure de Feldrik Rivat

La 25e heure (première enquête) de Feldrik Rivat.

L’homme sans nom, octobre 2015, 448 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-918541-20-2.

Genres : policier, historique, science-fiction, steampunk, fantastique, épouvante.

Feldrik Rivat naît le 27 juin 1978 à Thonon les Bains (Haute Savoie). Il étudie le théâtre (Cholet) puis le dessin à l’École Émile Cohl (Lyon) puis l’archéologie (Nantes et Toulouse) : un homme éclectique qui est de plus peintre (naturaliste) et écrivain ! Du même auteur : la trilogie de fantasy Les Kerns de l’oubli [site officiel], les deux autres tomes des Enquêtes de la 25e heure, également aux éditions de L’homme sans nom, et des nouvelles dont Le Contrat Antonov-201 (Solaris n° 205, hiver 2018) qui reçoit le Prix Joël-Champetier.

« Moi, Émile Clotaire, avocat de l’étude Clotaire & Malti de Montreux, atteste en ce mardi 27 mars 1956, 14 h 34 heure de Leysin, que le dénommé « Biographe » a extrait de sa sacoche le fruit de six ans de collaboration avec son commanditaire, monsieur Louis Bertillon, au domaine dit des Chamois. Vous pouvez continuer, monsieur le Biographe. » (p. 11).

4 décembre 1888. Louis Bertillon, sorti major de la première promotion de l’école de police, a décidé de parfaire sa formation à la Sûreté de Paris auprès de l’inspecteur principal Eudes (Anatole-Faust) Lacassagne – connu aussi comme le Moineau ou le Khan ou la Castagne – mais qui, insomniaque, souffre d’une maladie étrange tenue secrète. « C’est le seul qui puisse apprendre de vous ici. Mes agents sont volontaires, ils assurent un travail de fond, dans le froid et pour un salaire de misère, mais aucun d’eux n’a le cerveau fait comme ce jeune Bertillon, foi de Goron. » (p. 72). Les policiers vont être confrontés à une dangereuse organisation secrète appelée Chrysanthème noir : meurtres, trafics, rituels, ésotérisme (leur symbole est un ophiuchus, un caducée avec deux serpents, un noir et un blanc) et… morts qui reviennent à la vie ! « Non mais soyez sérieux ! Imaginez l’ampleur d’une telle opération ! En plein Paris ! Et sans témoins ! s’agace le magistrat. Ça devient rocambolesque ! » (p. 220).

En plus des deux personnages principaux, Lacassagne et Bertillon, il y a une belle galerie de personnages : par exemple Marie-François Goron est le chef de la Sûreté de Paris, le jeune Louis Bertillon est fiancé à Clémence Prud’hon qui étudie la médecine, Allan Pinkerton est un détective privé américain (qui a réellement existé mais qui était déjà mort depuis 4 ans et demi à l’époque où se déroule cette histoire).

Rien n’est épargné au lecteur : prison, morgue, abattoirs, nuits froides, rues dangereuses dans les bas-fonds de la capitale, cimetière, pompes funèbres… On croise la première machine distributrice de journaux, Henry Désiré Landru, le célèbre photographe Nadar, le docteur de La Tourette, Georges Méliès… D’ailleurs avez-vous votre invitation pour le spectacle de la 25e heure au Café mécanique de Méliès ? « La mort côtoie la vie, l’inerte s’anime, et l’illusion se fait la reine du bal. Ici, tout est spectacle et féerie. Tout est conçu pour abolir les lois de raison. » (p. 135). Au niveau historique, apparaissent bien sûr la Tour Eiffel, des dirigeables, les cabarets de Paris et leur fameuse ambiance, la savate (boxe française), les premières tentatives de cryptage moderne, les débuts de la médecine scientifique moderne, etc. ; un clin d’œil à Sherlock Holmes avec un certain docteur Thomas Holmes qui pratique la thanatopraxie moderne, la nuit connue comme la plus longue du siècle (du vendredi 21 décembre au samedi 22 décembre 1888) et les préparatifs pour l’Exposition universelle de Paris pour les 100 ans de la Révolution française. « Paris, la France, le monde est à l’aube d’une révolution, mais tous l’ignorent. » (p. 371).

Commencé pour un marathon SF en mai 2017 puis lâchement abandonné par manque de temps… Je profite des vacances pour me replonger dans cet étrange roman policier historique mystérieux gothique mi-fantastique (horreur) mi science-fiction (steampunk). Par rapport à ma note de lecture, j’ai lu d’autres livres avant, en particulier le weekend dernier pour un marathon de lecture, mais il y a le Challenge Chaud Cacao avec sa session 2 consacrée aux auteurs francophones (jusqu’au 22 août) donc je modifie l’ordre des notes de lectures.

Un roman qui a tout pour plaire, une belle couverture et même un bandeau d’illustration en têtes de chapitres, un thème attirant, sombre à souhait, une histoire racontée comme les feuilletons du XIXe siècle, de beaux personnages attachants, des rebondissements et des mystères intrigants, l’écriture est dense (il y a beaucoup de détails) mais ce roman est très agréable à lire et lire la suite, Le Chrysanthème noir, me fait très envie !

Une très chouette lecture pour le Challenge de l’épouvante, le Challenge de l’été, Littérature de l’imaginaire, Polar et thrillerLire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été) et Vapeur et feuilles de thé (pour le côté steampunk) : comme vous le voyez un roman vraiment très riche, à la fois policier, historique, fantastique et science-fiction.