Big Girls de Jason Howard

Big Girls de Jason Howard.

404 éditions, collection 404 comics, avril 2021, 144 pages, 15,99 €, 979-1-03240-441-6. Lu en numérique, 295 pages (numéros 1 à 6), voir ci-contre en bas à gauche, 11,99 €, ISBN 979-1-03240-487-4. Big Girls (2020) est traduit de l’américain par Jason Howard himself et Fonografiks.

Genres : bande dessinée états-unienne, comics, science-fiction.

Jason Howard est un auteur et dessinateur de comics de Holt dans le Michigan. Du même auteur : The Astounding Wolf-Man avec Robert Kirkman au scénario (2007-2010) et Trees avec Warren Ellis au scénario (2014-2020). Pour Big Girls, il est – pour la première fois – seul au scénario et au dessin. Plus d’infos sur son site officiel.

Je remercie NetGalley et 404 éditions que je voulais découvrir.

Une erreur… Personne n’a très bien compris laquelle… Le jargon scientifique… « Mais toutes les personnes qui l’employaient sont mortes à cause de l’erreur quelle qu’ait été l’intention originelle […]. » (p. 15). Les mâles se transforment à cause d’un méga-organisme et deviennent des « mecs géants, affreux et monstrueux » (p. 53), surtout ils détruisent et ils dévorent les humains. Ils deviennent des Jacks.

Il y a un endroit où l’humanité survit, c’est la Réserve. Ember, Apex et Devon sont les Big Girls, elles sont la Barrière qui protège la Réserve. Elles aident Tannik, le marshall supérieur du Cube (le centre de commande de la Réserve) à éliminer les Jacks. Mais Ember ne supporte plus de tuer, même des monstres…

Martin Martinez cache Alan, son fils de 3 ans qui est un géant pas encore transformé en Jack mais Alan est tué par le marshall et Martin rejoint Joanna alias Gulliver dans les Terres brisées. Joanna pense que « Les Jacks ne sont pas nécessairement des tueurs sans âme. » (p. 105) et elle veut tuer les Big Girls. Pour cela, elle a toute une armée de Jacks. « L’humanité a besoin de protecteurs. Mais pas que ce soit l’une d’entre vous. » (p. 253).

Avec les flashbacks, le lecteur comprend peu à peu ce qui s’est passé et quels liens les personnages ont (ou avaient). C’est foisonnant, violent (à ne pas mettre entre toutes les mains) et c’est super bien fait. Inspiré par Godzilla, ce comics est considéré comme un kaijû stories, kaijû signifiant bête étrange ou mystérieuse en japonais (l’auteur est sûrement influencé par le kaijû eiga, le cinéma japonais avec une bête monstrueuse dont Godzilla est une des plus connues).

Apparemment Big Girls est un phénomène dans la publication de comics. Je l’ai déjà dit, j’en lis peu, j’ai un problème avec les couleurs criardes… Mais celui-ci est une réussite tant au niveau des dessins que de l’histoire. Après le « the end ? », j’espère qu’il y aura une suite ! Les dernières pages sont des dessins bonus pleine page.

Une lecture pour La BD de la semaine et les challenges BD, Challenge lecture 2021 (catégorie 39, un livre dont le titre est dans une langue étrangère, 2e billet), Des histoires et des bulles (catégorie 25, un comics), Jeunesse Young Adult #10 (préconisation à partir de 16 ans) et Littérature de l’imaginaire #9.

L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang

L’insondable profondeur de la solitude de Hao Jingfang.

Fleuve, collection Outre Fleuve, mai 2018, 368 pages, 20,90 €, ISBN 978-2-26511-786-0. Gudu Shenchu (2016) est traduit du chinois par Michel Vallet. Je l’ai lu en poche : Pocket, collection Science-fiction, mai 2019, 384 pages, 8,20 €, ISBN 978-2-26629-267-2.

Genres : littérature chinoise, science-fiction, nouvelles.

Hao JINGFANG naît le 27 juillet 1984 à Tianjin (nord-est de la Chine). Elle étudie la physique à l’université Tsinghua de Beijing puis l’économie et la gestion. Elle est autrice de science-fiction (romans, nouvelles) et d’un essai sur la culture. L’insondable profondeur de la solitude est son premier livre traduit en français et la nouvelle Pékin Origami 北京折叠, 2015) reçoit le Prix Hugo en 2016 (premier auteur chinois à recevoir ce prix). Vous comprenez le chinois ? Vous pouvez alors suivre son activité sur son blog officiel.

J’ai lu ce recueil de nouvelles fin novembre 2020 et ma note de lecture attend depuis… Pourquoi ? Parce qu’il y a 11 nouvelles – dont certaines en plusieurs parties – et que je m’étais mise en tête de parler de toutes les nouvelles ! J’imagine bien le billet de 4 ou 5 pages alors je vais faire plus court (j’ai pris trop de notes en fait).

Dans une introduction, Hao Jingfang explique que les nouvelles ont été écrites entre 2010 et 2016 et que celle de Pékin Origami a été conçue « comme la première partie d’un roman » (p. 5) mais le projet n’est pas encore finalisé.

Pékin Origami (en 5 parties) – Lao Dao, 43 ans, célibataire, employé au centre de traitement des ordures, vit à Pékin. La ville est divisée en trois espaces qui vivent en alternance grâce à un basculement genre pliage (d’où origami). Lao Daol vit dans le troisième espace (celui où habitent les plus pauvres) mais il est investi d’une mission. « Je n’ai pas le temps de m’expliquer. Je dois me rendre dans le premier espace. Dites-moi comment. » (p. 10). Cette nouvelle parle de la surpopulation et de l’aliénation selon le statut social.

Au centre de la postérité – Ah Jui, 22 ans, violoniste, mariée à Chen Jun, arrive à la Royal Academy of Music à Londres. Elle veut passer un master de composition. « Ah Jiu n’était pas douée pour l’interprétation mais pour la composition. Elle en était sûre, et tous les professeurs qu’elle avait eu depuis son enfance le reconnaissaient. […] Elle aimait la composition musicale au point d’en faire son langage. » (p. 65). Mais durant sa troisième année d’études, la Terre est envahie par des « hommes d’acier », des extraterrestres venant d’une « planète lointaine ». Une nouvelle qui plaide pour la culture, plus importante que tout.

Le chant des cordes (5 parties) – Pendant le concert de la Symphonie n°2 de Mahler, Résurrection, une explosion fait fuir le public. Nous retrouvons les « hommes d’acier », ces extraterrestres qui s’en prennent à la Terre sauf « les villes anciennes [et] les lieux liés à l’art » (p. 94). Et s’il était possible de détruire la Lune, sur laquelle les extraterrestres ont établi leur base, avec la musique (oscillations, résonance…) ? Plusieurs musiciens et scientifiques se réfugient à Shangri-la. Comme la nouvelle précédente, cette nouvelle est une réflexion sur la liberté et la domination.

Le dernier des braves (3 parties) – Sijie47, poursuivi par des drones, se réfugie dans ce qu’il pense être l’entrepôt d’un supermarché mais c’est en fait un dépôt de munitions surveillé par Pannuo 32, un vieil inoffensif. Inoffensif, vraiment ? Cette nouvelle développe le clonage et la désobéissance.

Le théâtre de l’univers – Glasgow, hiver 2099. C’est l’ère du Céphalocène, « l’ère du partage des cerveaux » (p. 167). Elaine rencontre un musicien de rue ce qui devenu très rare. Elle qui déplore la disparition des rituels et des fêtes qui marquaient la civilisation est ravie. « […] qu’est-ce qui l’a poussée [l’humanité] à abandonner son agressivité pour se sociabiliser ? Les fêtes. » (p. 173). Mais A n’est pas qu’un simple chanteur de rue… Cette nouvelle met en parallèle passé et futur.

Question de vie ou de mort (2 parties) – Un Pékinois rentre tranquillement chez lui lorsqu’il est heurté par une Maserati. Il se réveille dans une ville inconnue où tout est gris. « Il ne savait toujours pas s’il était mort. » (p. 184). L’ambiance de cette histoire est particulière, elle délivre un message philosophique différent mais elle est angoissante.

Le palais Epang (13 parties + 3 épilogues) – Alors qu’Ah Da disperse les cendres de ses parents dans la mer, il s’endort sur le petit bateau et se retrouve devant une île inconnue. « [une] plage, une petite montagne et une végétation luxuriante […] une pierre dressée, presque masquée, au bord d’un bosquet. » (p. 230). Il découvre une grotte avec « des statues similaires aux soldats en terre cuite de Xi’an » (p. 232). Il ramène la statue de l’empereur Qin Shi Huang (ancienne de deux mille ans) chez lui. Celui-ci lui propose de participer au concours de reconstruction du palais d’Epang. Prenons-nous nous-mêmes des décisions ou sommes-nous influencés par ce et ceux qui nous entourent ? « Fleuves et montagnes changent, seul le pouvoir est éternel ! » (p. 278). Et si le passé était lié au présent et inversement ? C’est étrange parce que c’est ce qui est (en partie) développé dans le roman La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron que j’ai lu récemment.

L’envol de Cérès (3 parties) – Sur Cérès, les enfants de l’école primaire Anya attendent le bibliothécaire, Monsieur Ronning, avec impatience. Celui-ci arrive de Mars à bord d’un vaisseau. De l’importance de la lecture (même si les livres sont dématérialisés) et de l’imagination. Mais « les sentiments n’ont pas leur place dans le déroulement de l’histoire humaine. » (p. 317) parce que Mars a besoin de l’eau de Cérès… de toute l’eau de Cérès. Cette nouvelle entre dans le Challenge de la planète Mars car les humains vivent sur Terre (où c’est apparemment le chaos), sur Cérès et sur Mars (qui est une des 3 parties de la nouvelle). D’ailleurs, voici un extrait. « Vu à haute altitude, l’hémisphère Nord de Mars semble constitué d’une vaste mer azur aux vagues magnifiques qui s’étend sur des milliers de kilomètres. À mesure que l’on se rapproche du sol, cette vaste mer se fragmente en d’innombrables parcelles, lacs de tailles diverses entrecroisés de fleuves. […] Ce sont des toits, les toits des villes. Les toits de Mars sont recouverts d’immenses panneaux solaires de silicium. » (p. 303-304).

La clinique dans la montagne – Han Zhi s’est perdu dans le parc qui est maintenant fermé. Son épouse, Andun, va s’inquiéter d’autant plus qu’il devait acheter deux biberons pour leur bébé, Xiao Peng. Han Zhi a 32 ans, il est maître de conférences à l’université mais son beau-père aimerait qu’il gagne plus d’argent. Ce n’était pas une dispute mais « Han Zhi était sorti de la maison et avait pris un bus direct pour la banlieue. » (p. 331). Ses pas le conduisent en fait à la clinique de la montagne où vit son ami, Lu Xing. Et ça va changer sa vie ! En bien ou en mal, ça…

La chambre des malades – Qi Na et Han Jie travaillent dans un hôpital. « Dis-moi, quel sens y a-t-il à continuer à vivre quand on en arrive là ? » (p. 367). Exaspéré par son ami, Ah Paul, qui ne lui donne pas de nouvelles et passe son temps à surfer sur les réseaux sociaux, Qi Na décide d’essayer les électrodes des malades… Les dangers du repli sur soi et des réseaux sociaux trop présents dans les vies humaines.

Le procrastinateur – Ah Chou doit rendre un projet de recherche le lendemain matin mais il n’arrive pas à le rédiger… Ses camarades de chambre ne peuvent pas l’aider mais « Ah Yan sourit jusqu’aux oreilles : Je t’avais bien dit de t’y mettre plus tôt, et que les articles étaient long à résumer. » (p. 376) et « Ah Dan rampa hors du lit : […] C’est encore quand je m’y mets au dernier moment que le résultat est le meilleur […] . » (p. 377). Syndrome chinois, travailler, toujours, et toujours plus ?

Un bon recueil de nouvelles de science-fiction par une jeune Chinoise (déjà la science-fiction a été interdite en Chine pendant longtemps donc la science-fiction chinoise débute mais le fait que l’autrice soit une femme, récompensée en plus, est rare). Ci-dessus, j’ai écrit bon et pas excellent parce que je pense que les nouvelles sont de qualité inégale, premièrement j’aurais aimé m’attacher plus aux personnages et deuxièmement, avec plusieurs parties, certaines nouvelles sont trop longues… (ou la traduction pas très bonne…). Toutefois, pour découvrir les problèmes de la société chinoise, et de l’humanité en général (parce que c’est l’humain qui est toujours mis en avant), c’est un bon recueil de nouvelles qui amène le lecteur à réfléchir non seulement sur le présent mais aussi sur le futur parce que vraiment beaucoup de thèmes sont abordés (il y en a ainsi pour tous les goûts).

Un recueil que je mets dans Challenge de la planète Mars (pour la nouvelle L’envol de Cérès), Challenge lecture 2021 (catégorie 19, un recueil de nouvelles, 2e billet), Littérature de l’imaginaire #9, Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron

La Mort et le Météore de Joca Reiners Terron.

Zulma, octobre 2020, 192 pages, 17,50 €, ISBN 978-2-84304-976-7. A Morte e o Meteoro (2019) est traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec.

Genres : littérature brésilienne, roman, aventure, science-fiction.

Joca Reiners Terron est le pseudonyme de João Carlos Reiners Terron né le 9 février 1968 à Cuiabá (capitale du Mato Grosso au Brésil). Il étudie l’architecture et le dessin industriel. Il vit à São Paulo où il est romancier, poète, éditeur et designer. Depuis 2001, il écrit plusieurs romans, des nouvelles et de la poésie mais La Mort et le Météore est le premier roman traduit en français. Plus d’infos sur son blog pour ceux qui comprennent le portugais !

La forêt amazonienne a intégralement brûlé… Sauver les Kaajapukugi ? Ils sont cinquante hommes, il n’y a plus ni femmes ni enfants… Leur pays, le Brésil, s’en fiche… Le Canada, seul pays à proposer de les accueillir, c’est bien mais le climat n’est pas fait pour cette tribu d’Amazonie… Ils vont finalement aller dans la forêt de Huautla, près de Oaxaca, au Mexique.

Le narrateur, anthropologue, travaille au « bureau de la Commission nationale pour le développement des peuples indigènes » (p. 14) et son supérieur lui ordonne de superviser l’installation des Indiens. Il ne s’agit d’ailleurs plus de développement avec les Kaajapukugi mais de sauvegarde… « C’était la première fois dans l’histoire de la colonisation qu’un peuple amérindien tout entier, les cinquante Kaajapukugi encore en vie, demandait l’asile politique dans un autre pays. » (p. 17) « […] parce que l’environnement qui les avait vu naître, l’Amazonie, était mort, et qu’ils étaient pourchassés avec détermination par l’État et ses agents exterminateurs : les orpailleurs clandestins, les trafiquants de bois, les grands propriétaires terriens et leurs sbires habituels, policiers, militaires et gouvernants. » (p. 18).

Le narrateur (nous ne saurons jamais son nom) va collaborer avec Boaventura, un sertanista (spécialiste) des peuples indigènes et isolés qui travaille pour la Fondation nationale de l’Indien du Brésil (la Funai). Mais les Kaajapukugi ne sont pas arrivés sur le territoire des Mazatèques (au Mexique donc) que Boaventura meurt. Bon, il avait 80 ans mais sa mort est tout de même louche…

Donc les Kaajapukugi débarquent à Oaxaca et c’est au même moment que les Chinois envoient une navette avec un jeune couple en mission sur Mars. Cet événement peut paraître anodin mais les deux événements sont liés. « Le Grand Mal, […], l’homme blanc est le Grand Mal. » (p. 45). On ne peut pas dire que les Chinois soient blancs mais je pense que « l’homme blanc » signifie l’homme occidentalisé, l’homme moderne.

Mais revenons aux Kaajapukugi qui n’étant plus que cinquante hommes, tous âgés de plus de cinquante ans, sont finalement voués à disparaître plus ou moins rapidement… Mais qui sont-ils ? Des « Indiens punks rétifs à toute idée de pouvoir hiérarchisé, cas anarchistes pour qui aucune race n’en surpasse une autre, et pour qui, non, décidément, nul homme n’est le roi de quoi que ce soit. » (p. 50). Nul homme n’est le roi de quoi que ce soit, cette phrase est en exergue du roman et elle me plaît beaucoup. Donc les Kaajapukugi s’installent à Huautla, ils construisent leur maloca (maison collective) et le soir pratiquent le rituel de tinsáanhán (je vous laisse découvrir ce que c’est) et là, c’est le drame…

De plus, en rechargeant son téléphone dans la maison que ses parents lui ont laissée à Oaxaca, le narrateur se rend compte qu’il a reçu une vidéo de deux heures et vingt minutes que Boaventura lui a envoyée avant de mourir. « J’ai reçu des menaces. Bon, des menaces, j’en reçois depuis belle lurette […]. Mais ces dernières menaces sont différentes […]. » (p. 62), « […] je vous ferai part de quelques soupçons et de plusieurs craintes. » (p. 63). Flashback, 1980, Boaventura est un jeune anthropologue et il décide de s’enfoncer en Amazonie pour observer une tribu inconnue. « Je souhaitais observer les gestes dont était fait leur quotidien. Avoir la chance d’être témoin d’une naissance, qui sait, et la triste opportunité d’assister aux rites funéraires d’un peuple au bord de l’extinction. Observer la sagacité du chasseur, le dévouement de l’épouse, comprendre les relations conjugales, sexuelles, la présence de l’animisme. Et déchiffrer leur langue, puis leur mythologie. » (p. 75-76). Mais déranger un peuple isolé volontairement, n’est-ce pas déjà le début de la fin ?

Avec ce roman intense et cette peuplade en déclin, Joca Reiners Terron amène ses lecteurs à réfléchir. « Nous n’étions pas libres, nous étions juste seuls. » (p. 164). Avec la forêt (et donc l’oxygène indispensable) qui brûle ces dernières années, et pas seulement en Amazonie, le temps est compté ! Et, si la colonisation sur Terre est le Grand Mal, qu’en sera-t-il de la colonisation humaine sur Mars alors que la mission chinoise Tiantang I est partie ? Vous comprendrez tout, l’histoire, le titre, en lisant cet incroyable roman (ethnographique, écologique, policier, science-fiction) et en découvrant la fin, terrible. Coup de cœur pour moi et j’espère que d’autres titres de cet auteur seront traduits en français.

Les deux hommes principaux de ce roman, le narrateur et Boaventura sont tous deux anthropologues mais différents, pas seulement à cause de leurs âges, le premier est un fonctionnaire, le deuxième un aventurier. Mais quelque chose les relient, entre autres ils ont tous les deux perdu leurs parents et luttent contre ce deuil et leur souffrance.

Je mets cette excellente lecture dans le Challenge de la planète Mars (vous pouvez penser que la mission chinoise est un petit événement dans ce roman amazonien mais en fait, c’est super important), Littérature de l’imaginaire #9 et Petit Bac 2021 (catégorie Objet pour Météore).

Erectus de Xavier Müller

Erectus de Xavier Müller.

XO, novembre 2018, 440 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-84563-617-0.

Genres : littérature française, thriller, science-fiction.

Xavier Müller naît le 3 octobre 1973 en France. Il est Docteur en Physique, journaliste scientifique et romancier. Il me semblait bien que cet auteur me disait quelque chose ! J’ai lu il y a bientôt 10 ans son premier roman, Dans la peau d’un autre, un thriller à la fois scientifique et science-fiction (comme Erectus).

Province de Mpumalanga, Afrique du Sud, 13 juin. Petrus-Jacobus Willems, le gardien, et sa chienne boerbel Chaka entendent l’alarme. Les scientifiques fuient et il est chargé de fermer le laboratoire. « Contentez-vous de tout fermer et barrez-vous. » (p. 14). Mais, avant de partir, le gardien vole un singe capucin et un chimpanzé mord Chaka…

Pretoria, Afrique du Sud, 10 juillet. La virologue Cathy Crabbe et son assistant, Mike Jones, analysent des cellules d’éléphanteau du Wildlife Center du Parc Kruger. L’éléphanteau est-il malade, serait-ce « une variante du virus Ebola » (p. 27) ? En tout cas l’agent pathogène provoque des métamorphoses, non seulement sur l’éléphanteau mais aussi sur Kanzi, un gibbon du laboratoire. Cathy rédige donc une déclaration de maladie inédite et donne le nom de virus Kruger.

Que je déteste les tests sur les animaux ! Ils mènent à la catastrophe… Mais j’ai bien aimé comprendre tout ce qui se met en place dans un tel cas de contamination, tout ce qui se déclenche jusqu’à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et surtout le choix des membres d’une équipe restreinte, les risques encourus comme « le risque de contamination, le risque écologique, le risque sanitaire » (p. 91).

Faut-il accepter la « règle implicitement admise : la loi de Dollo. En substance cette loi pose que l’évolution est un phénomène à sens unique. Une flèche pointée vers le futur. Pour vous donner un exemple concret, les serpents ne récupéreront jamais les pattes de leurs ancêtres lézards. Ou bien ce serait au prix de millions d’années d’adaptation à un nouvel environnement… L’idée d’une possible régression des espèces serait… comment vous dire… » (Nicolas Barenski, directeur du Museum d’histoire naturelle de Paris, p. 40) ou penser que l’éléphanteau et le gibbon aient pu être transformés par un virus « en un genre de cousin[s] de [leur] version ancestrale. » (p. 39).

En tout cas, s’il y a une scientifique qui défend la théorie de la régression, de l’évolution à contre-sens, c’est la Française Anna Meunier, trentenaire, paléontologue marginalisée par ses confrères et pourtant « Brillante, maligne, réalise. » (p. 41). Mais elle travaille sur des fouilles à Kaimana en Nouvelle-Guinée. Anna abandonne le fossile complet de l’archéoptéryx qu’elle vient de découvrir avec ses étudiants pour suivre Lucas Carvalho, biologiste de l’OMS, en Afrique du Sud.

Le responsable du Wildlife Center du Parc Kruger, Dany Abiker, présente l’éléphanteau, surnommé Quatre-Défenses par son petit-fils, Kyle, aux deux scientifiques. L’éléphanteau est devenu un gomphotherium (un de ses lointains ancêtres). Dany Abiker a construit un enclos dans lequel vivent une girafe et son girafon devenus des giraffokeryx qui « vivaient il y a trente millions d’années » (p. 76), quatre gomphotheriums adultes et un dinohippus, l’ancêtre du zèbre. « […] le virus qui avait contaminé ces animaux provoquait bien une régression évolutive semblable à celle subie par son dinosaure à plumes en Nouvelle-Guinée. Cela expliquait l’anomalie chronologique. Restait à prouver la récurrence du phénomène. Le virus avait frappé dix millions d’années auparavant et aujourd’hui. À deux reprises, donc. Au moins deux… » (p. 77). Mais « il y a un détail qui cloche. […] Le zèbre a régressé de vingt-cinq millions d’années, environ. Le gomphotherium aussi. Mon fossile de dix et les fleurs d’acacia de cent trente ! […] ces bonds paraissent aléatoires. Cela peut frapper une large palette d’espèces sur un delta de plusieurs millions d’années. […] Nous devons stopper ce virus avant qu’il n’infecte la planète. » (p. 83).

Quant aux moqueries de certains collègues scientifiques sur le « virus des cavernes » (p. 34), je me demandais s’il y avait des cavernes au Parc Kruger, eh bien la réponse est simple : « Nulle part vous ne trouverez de cavité souterraine dans la région. » (Dany Abiker, p. 113). Il faut croire que certains scientifiques malgré leur intelligence scientifique sont stupides…

Je précise que ce roman est paru en novembre 2018 soit deux ans et un trimestre avant la pandémie du coronavirus mais ce virus Kruger (de fiction ?) qui se transmet, non seulement aux animaux et aux végétaux mais aussi aux humains, nous questionne sur d’autres virus comme le sida, Ebola, la grippe aviaire et bien sûr les coronavirus découverts plus récemment. « Nous ignorons tout ou presque des mécanismes biologiques de la régression. Nous présumons juste qu’elle est causée par le réveil de gènes silencieux qui peuplent notre génome. » (p. 172).

Les personnages oscillent entre leur vie professionnelle intense (et indispensable pour l’humanité) et leur vie privée. Par exemple, Anna Meunier a un amoureux, Yann Lebel, chercheur océanographique qui va d’ailleurs se retrouver face à un pakicetus, l’ancêtre de la baleine, et Stephen Gordon, le patron de Lucas Carvalho à Genève, s’occupe de Lauryn, sa fille devenue mutique depuis que sa maman est morte. Cela les fait paraître plus humains, plus proches du lecteur.

J’ai dévoré ce roman, en deux fois, et j’ai pris moins de notes la deuxième fois mais j’ai tout de même noté deux extraits. Le premier au sujet du laboratoire Futurabio qui crée des produits à partir de la Nature donc sensés être bons et sains (et bio en plus). « […] deux hypothèses. La première partait du postulat que Futurabio avait découvert le virus dans le parc Kruger et construit un labo pour l’étudier en 2011. Leur erreur aurait alors été d’embaucher comme agent de sécurité un trafiquant d’animaux sauvages qui avait exporté le virus. La seconde hypothèse supposait que Futurabio était la source même du problème. Ses chercheurs auraient créé le Kruger, ou modifié un virus préexistant, et, intentionnellement ou non, l’auraient laissé s’échapper dans la nature. Dans les deux scénarios, leur responsabilité était engagée […]. » (p. 228-229).

Le deuxième concerne la gestion russe du virus après qu’il ait contaminé des humains. « Donc l’humanité s’apprête à vivre terrée à l’intérieur de ses frontières pendant les mois à venir, l’économie est en train de s’effondrer, et tout ce que propose l’OMS, si je vous suis bien, c’est : ‘Il nous faut plus de lits pour accueillir les malades infectés !’ Et ensuite monsieur Gordon, que ferez-vous de ces… erectus ? » (Andreï Akoulov, responsable russe au siège de l’OMS à New York, p. 266).

Je ne suis pas surprise de voir que tout est plausible, tout est possible, et que le monde est en train de vivre ça depuis un peu plus d’un an avec un autre virus et, que la contamination soit « naturelle » ou créée par des scientifiques, qu’elle apparaisse sur un continent ou sur un autre, elle a vite fait le tour du monde pour devenir une pandémie. L’auteur met dans ce roman de la science (pour nous faire réfléchir) et de la fiction (pour nous divertir) et livre un très bon roman cauchemardesque. On sait tous maintenant qu’un virus dans la vraie vie peut être lui aussi cauchemardesque mais laissez-vous quand même tenter par Erectus !

Il existe un mini-site consacré à Erectus et un deuxième tome, Erectus – L’armée de Darwin, paru en février 2021, que je veux lire absolument.

Pour les challenges À la découverte de l’Afrique, Animaux du monde #3, Challenge lecture 2021 (catégorie 39, un livre dont le titre est dans une langue étrangère, Erectus étant du latin), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Être humain avec Erectus pour Homo Erectus) et Printemps de l’Imaginaire Francophone (un auteur à découvrir absolument avec Dans la peau d’un autre ou avec Erectus).

Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky

Metro 2034 de Dmitry Glukhovsky.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, mai 2011, réédition janvier 2014, 413 pages, 22 €, ISBN 978-2-84172-543-4). Метро 2034 (2009) est traduit du russe par Denis E. Savine.

Genres : littérature russe, science-fiction.

Dmitry Alekseïevitch Glukhovsky (Дмитрий Алексеевич Глуховский) naît le 12 juin 1979 à Moscou (Russie). Il est journaliste et écrivain de science-fiction. Il parle six langues ! Il est aussi professeur à l’École du nouveau cinéma de Moscou fondée en 2012. Autres romans : Metro 2033 (2005), Sumerki (2014), Futu.re (2015), Metro 2035 (2017), Texto (2019) et un recueil de nouvelles : Nouvelles de la Mère Patrie (2018). Plus d’infos sur le site officiel de Metro en russe.

« Année 2034. Le monde gît en ruine. L’humanité est presque annihilée. Les radiations rendent les décombres des mégalopoles inhabitables et par-delà leurs limites, à en croire les ouï-dire, s’étendent à l’infini des terres calcinées et de profondes forêts à la faune et à la flore mutées. Nul ne peut décrire ce qui s’y trouve avec certitude. La civilisation s’éteint. La mémoire de la grandeur passée de l’humanité se pare de fables pour devenir légende. […] Vingt petites années seulement depuis que c’est arrivé, mais l’homme n’est plus le maître des lieux sur Terre. Des organismes engendrés par les radiations sont bien mieux adaptés que lui pour vivre dans ce nouvel environnement. L’ère de l’humanité s’achève. » (prologue, page 7).

Metropolitain de Moscou. La station Sevastopolskaya qui produit de l’électricité pour tout le métro est soutenue par la Hanse. La caravane hebdomadaire n’est pas revenue, il n’y a plus de communication et les rumeurs commencent à enfler. Hunter, Homère et Ahmed vont voir ce qu’il se passe. « La Terre, qui semblait jusqu’à ce moment-là parfaitement connue et où l’homme se sentait à l’étroit, était redevenue l’océan sans rivage, chaotique et méconnu qu’elle était autrefois. » (page 106).

Pendant ce temps, Sacha et son père, rejetés, exilés, vivent seuls dans une station abandonnée. « Je veux que les gens se souviennent de moi. De moi et de tous ceux qui m’étaient chers. Pour qu’ils sachent à quoi ressemblait le monde que j’aimais. Pour qu’ils entendent l’essentiel de ce que j’ai appris et compris. Pour que ma vie ne soit pas vaine. Pour que quelque chose reste après moi. » (Homère, page 208). « Tu y déposes toute ton âme ? demanda-t-elle en inclinant la tête. Mais ce n’est qu’un cahier. Il peut brûler ou se perdre. » (Sacha, page 208).

Mais il y a plus important. « Rien ne menace l’homme. Les hommes, ce sont des survivants, comme les cafards. Alors que la civilisation… c’est elle qu’il faut préserver. » (page 278).

« Ni les scientifiques ni les auteurs de science-fiction n’avaient jamais été capables de prévenir correctement l’avenir, se disait-il. Vers l’an 2034, l’humanité devait s’être rendue maîtresse de la moitié de la Galaxie ou, sinon, au moins du système solaire. C’était en tout cas ce que l’on promettait quand Homère n’était encore qu’un enfant. Tant les écrivains que les scientifiques se fondaient sur l’hypothèse que l’humanité était rationnelle et logique. Ils faisaient comme si elle n’était pas composée de plusieurs milliards d’individus paresseux, irréfléchis, prompts à l’emportement, mais était une sorte de ruche douée d’une intelligence collective et d’une volonté unique. Comme si, s’attaquant à la conquête spatiale, elle allait s’y consacrer avec sérieux et application et non s’arrêter à mi-chemin et s’en détourner – comme un enfant capricieux las de son jouet – au profit de l’électronique. Puis de l’électronique passer à la biotechnologie et ainsi de suite, sans avoir atteint dans aucune discipline de résultats réellement spectaculaires. Excepté peut-être la physique nucléaire. » (pages 140-141).

Metro 2034 est la suite de Metro 2033. On y croise Artyom mais il n’est plus le personnage principal avec Hunter. Hunter qui n’est plus lui-même… Ahmed et le père de Sacha ayant été tués, le lecteur suit particulièrement Hunter, Homère et Sacha. Il n’y a plus la surprise du premier tome donc le huis-clos est moins angoissant mais le roman se lit très bien, genre page turner. Il fait toujours froid dans le dos avec son huis-clos dans le métropolitain, ses tunnels sombres et sa violence. Et le lecteur se sent (trop) proche des personnages (très soignés par l’auteur).

Comme je le disais, j’ai retrouvé mes notes de lectures de Metro 2033 et Metro 2034 et j’ai envie de lire Metro 2035 dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Je mets cette lecture dans le Mois Europe de l’Est, ainsi que dans Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Voyage pour Metro) et Voisins Voisines (Russie).

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, mai 2010, réédition août 2014, 631 pages, 25 €, ISBN 978-2-84172-505-2. Метро 2033 (2005) est traduit du russe par Denis E. Savine. Il existe un jeu vidéo sorti en 2010.

Genres : littérature russe, science-fiction.

Dmitry Alekseïevitch Glukhovsky (Дмитрий Алексеевич Глуховский) naît le 12 juin 1979 à Moscou (Russie). Il est journaliste et écrivain de science-fiction. Il parle six langues ! Il est aussi professeur à l’École du nouveau cinéma de Moscou fondée en 2012. Autres romans : Metro 2034 (2011), Sumerki (2014), Futu.re (2015), Metro 2035 (2017), Texto (2019) et un recueil de nouvelles : Nouvelles de la Mère Patrie (2018). Plus d’infos sur le site officiel de Metro en russe.

À Moscou, dans le Metropolitain. Une guerre nucléaire a tout ravagé et les survivants vivent sous terre dans le métro depuis une vingtaine d’années. « Survivre ! Survivre à tout prix. » (p. 22). Artyom, 24 ans, a été sauvé à l’âge de 5 ans d’une invasion de rats par un soldat qui l’a élevé comme son fils. Ils vivent dans la station VDNKh. Un jour, Artyom recueille un chiot. « Qui sait ? Peut-être qu’en grandissant ce chien vous rendra de fiers services. » (p. 40). À part quelques stalkers, dûment protégés, personne ne monte à la surface. « La vie s’était maintenue en surface, mais ce n’était pas la vie telle qu’on l’avait connue, telle qu’on pouvait encore l’appréhender. » (p. 51). Le Chasseur envoie Artyom à Polis, La Ville, La Cité. « Artyom, mon petit, c’est sans doute le dernier endroit sur cette Terre où les hommes vivent comme des hommes. Le dernier où ils n’ont pas encore perdu la mémoire de ce qu’est l’être humain, et de la manière dont ce mot doit résonner. » (p. 109). Mais il y a du danger car dans les autres stations du métro vivent d’autres survivants regroupés comme des tribus… « À votre avis… nous… les êtres humains, je veux dire… est-ce que nous retournerons là-haut ? À la surface. Est-ce que nous pourrons survivre et remonter ? » (p. 245). Mais Moscou est devenue « La ville… Vision lugubre et magnifique ! » (p. 399).

Par le passé, des stations ont été en guerre, comme la Rouge et la Hanse. Il y a eu des annexions, des contrôles, beaucoup de bureaucratie… C’est l’occasion pour l’auteur de « critiquer » la société dans laquelle on vit et la société telle qu’elle peut devenir. Chaque station a sa communauté (ou l’inverse !), il y a les nostalgiques du communisme, les néo-nazis, les Caucasiens, les cannibales… Mais le commerce est fructueux malgré les conflits incessants. Il y a aussi l’obscurité, les rats, la peur puisque le métro est un espace clos ; le roman est de même un huis-clos oppressant. C’est aussi une réflexion intelligente et réaliste sur ce qui fait vivre et se battre les hommes : la politique ? La religion ? Les idées ? Dmitry Glukhovsky nous livre en tout cas des phrases grandioses comme « Pour que des milliers d’hommes et de femmes à travers le métro puissent respirer, manger, s’aimer, donner la vie, déféquer, dormir, rêver, se battre, tuer, s’émerveiller et traduire en justice, philosopher et haïr. Pour que chacun puisse croire à son paradis et son enfer… Pour que la vie dans le métro, malgré sa vanité et son absurdité, malgré sa crasse et son bouillonnement, dans toute cette diversité qui la rendait magique et merveilleuse, pour que la vie des hommes se poursuivent. » (p. 622-623). Évidemment Metro 2033 est un roman difficile à lire, il est assez long (plus de 600 pages), il n’est pas complaisant, il est dense, il est effrayant et c’est un chef-d’œuvre !

À propos des stalkers. « Chaque stalker devenait une légende vivante, un demi-dieu que tout le monde admirait, des plus jeunes aux plus âgés. Quand des enfants grandissent dans un monde où il n’est plus possible de voler ni de naviguer et que des mots tels que « pilote » et « navigateur » se vident peu à peu de leur sens, ils veulent devenir des stalkers. Partir là-haut, nimbés de leurs exploits et accompagnés par des centaines de regards empreints de reconnaissance et d’adoration, pour affronter des créatures monstrueuses et, revenant ici-bas, sous la terre, apporter à leurs congénères du combustible, des munitions, la lumière et le feu. Apporter la vie. » (p. 51-52).

Eh bien, ayant retrouvé mes notes de lectures, je n’aurai pas à relire Metro 2033 et Metro 2034 et je pourrai lire Metro 2035 ! Je ne sais pas si, suite à la lecture, je voulais dire autre chose mais ce billet est déjà pas mal et je le mets dans le Mois Europe de l’Est, ainsi que dans Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Voyage pour Metro) et Voisins Voisines (Russie).

La guerre des salamandres de Karel Čapek au théâtre

La guerre des salamandres de Karel Čapek.

L’avant-scène théâtre, décembre 2018, n° 1453-1454, 168 pages (80 pages pour La guerre des salamandres), 16 €, ISBN 978-2-7498-1436-0. Válka s Mloky (1936) est traduit du tchécoslovaque par Claudia Ancelot (en 1960) et adapté pour la mise en scène de Robin Renucci par Évelyne Loew.

Genres : littérature tchécoslovaque, science-fiction, théâtre.

Karel Čapek naît le 9 janvier 1890 à Malé Svatoňovice en Bohème. Il étudie à Brno puis à Berlin (philosophie) et à Paris (Lettres). Il est francophile (il traduit Apollinaire et Molière), amateur de musique ethnique et de photographie. Il meurt le 25 décembre 1938 à Prague. Du même auteur : La mort d’Archimède, L’empreinte et R.U.R..

L’avant-scène théâtre est une revue bimensuelle qui présente « une pièce, un dossier, une actualité ». Ici, le numéro est double puisque deux pièces sont proposées, R.U.R. que j’ai déjà lue et La guerre des salamandres que je suis ravie de pouvoir enfin lire.

Prague. Chaleur estivale. Salle de rédaction du Lidové noviny, le grand journal du soir. Des journalistes vont interviewer Van Toch, un capitaine au long cours originaire de Bohème et qui, depuis plus de trente ans, « navigue du côté de Java, de Sumatra, des îles de la Sonde, de ce côté-là. » (p. 18). La journaliste Valenta Tchanik dirige l’interview et Julian Krakatit prend les photos (le lecteur les retrouvera tout le long).

Mais Van Toch a besoin d’un nouveau bateau, il a besoin de seize millions (peu importe la monnaie, c’est beaucoup d’argent !). Peut-être que l’armateur, monsieur Bondy, président du conseil d’administration de la MEAS (Métallurgie Énergie Aéronautique Services) peut l’aider ? L’auteur précise « Universal Robots, c’est lui ; le sur-carburateur à fusion nucléaire, c’est lui ; toutes ces inventions modernes qui changent notre vie, c’est lui. » (p. 21).

Max Bondy habite dans une belle propriété verdoyante à Prague mais, comme le dit son majordome, Marek, « Puissance. Élégance. Discrétion. » (p. 22). Van Toch lui propose une « affaire en or, big business » (p. 24) sur l’île de Tana Masa. Devil Bay, les Cingalais en ont peur, ils disent qu’il y a des diables qui marchent sous l’eau.

En fait, les diables sont des salamandres géantes (environ 1 mètre). Van Toch les apprivoise en leur ouvrant des huîtres, les salamandres mangent les huîtres, Van Toch garde les perles, c’est un bon plan ! Il leur apprend même à se défendre contre les requins qui font des ravages parmi leurs semblables. « C’est des bêtes intelligentes, vous savez, intelligentes, sociables, gentilles, et faciles à apprivoiser. » (p. 27).

Bondy, attiré par l’aventure et l’exotisme, accepte le marché, il achète un bateau à Van Toch (qui lui a tout de même donné plusieurs superbes perles), il l’aide à déplacer les salamandres trop nombreuses dans d’autres lagons paisibles et magnifiques où elles peuvent se reproduire sans danger, et bien sûr il amasse des perles dans les coffres de la MEAS. « Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. » (p. 31). Mais… les hommes sont pires que les requins pour les salamandres.

D’autant plus que le secret des salamandres va être éventé à cause de deux couples de tourtereaux avec papa magnat du cinéma… Leur « petit film amateur […] allait faire le tour du monde en première partie des longs métrages de papa Loeb et connaître un succès extraordinaire. » (p. 35). Et les salamandres deviennent célèbres, sont enfermées dans des zoos, participent à des émissions à la radio…

Par exemple, Andy dans sa baignoire au zoo de Londres a appris à lire, elle lit le journal chaque jour alors elle est ravie de recevoir un journaliste, qui n’est autre que Julian Krakatit. Question de Krakatit : « Combien y a-t-il de continents ? » Réponse d’Andy : « Quatre. » Question de Krakatit : « Quatre ? Peux-tu les citer ? » Réponse d’Andy : « L’Angleterre et les autres. » Question de Krakatit : « L’Angleterre et les autres ? Quels autres ? » Réponse d’Andy : « Les nazis, les bolcheviks et Paris. » (p. 39), j’adore ! Malheureusement, Andy va mal finir…

Et les choses vont empirer car sept ans après le début du big business, le capitaine Van Toch rend l’âme. Bondy déclare à ses actionnaires « Maintenant, mesdames, messieurs, je dois vous annoncer des changements radicaux. » (p. 43). Eh bien, il ne perd pas de temps… Les salamandres vont être cotées en bourse ! Avec le Salamander Syndicate, une puissante multinationale, pauvres salamandres… « Je voudrais dire, les salamandres, en premier lieu, il faudrait leur apprendre à dire non, non. Elles sont dociles, elles sont dévouées, elles sont minutieuses, on les déplace, on les utilise à tout, pour tout, partout. Nous leur causons de grandes souffrances, sans y penser, pour notre bien-être, pour notre niveau de vie. Moi je crois que quand on devient insensible à la souffrance, c’est dangereux, et c’est très dangereux pour tout le monde. » (Palméla, l’épouse de Marek, p. 51-52).

Dix ans après, les salamandres se rebellent contre les humains et déclarent la guerre. « Les salamandres ont assez construit pour vous, elles sont fatiguées, elles sont pressées, maintenant elles veulent détruire. » (Aurélia, une des deux avocates des salamandres, p. 61). Les salamandres retrouveront-elles leurs beaux lagons et leur vie tranquille ?

La guerre des salamandres est un roman satirique à la fois conte philosophie et science-fiction dystopique ici judicieusement adapté en pièce de théâtre (en 2018). Karel Čapek s’inspire de la montée du nazisme, du stalinisme et de la tension constante dans les années 30 avec les bruits d’une prochaine guerre pour parler librement de la politique, de l’économie et plus ou moins de la protection des animaux, pour condamner l’exploitation abusive des travailleurs et le totalitarisme. Ce texte est écrit en 1936 mais il y a déjà tout ce qui fera l’humanité d’après la Seconde guerre mondiale, l’hyper-capitalisme avec son intense exploitation de la planète (incluant ici le monde marin et ses créatures) jusqu’à sa destruction, la mondialisation de l’économie et du monde du spectacle. Marek, le majordome, fait figure de dinosaure en collectionnant tous les articles de presse parlant des salamandres. Ce roman ne paraît en France qu’en 1960 (aux Éditeurs français réunis) puis est réédité en 2012 (aux éditions La Baconnière) mais il n’est pas facile à trouver. Pourtant, il est à mon avis équivalent au niveau littéraire et politique à 1984 de George Orwell, à Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et à Nous d’Evgueni Zamiatine, un chef-d’œuvre injustement méconnu donc. Toutefois, je n’ai lu ici que l’adaptation en pièce de théâtre alors je veux encore lire le roman dans son intégralité (un jour) !

Une excellente lecture pour Animaux du monde #3, 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 18, un livre sur l’écologie), Littérature de l’imaginaire #9, Mois Europe de l’Est (ça change, je n’avais publié que des notes de lecture russes jusqu’à maintenant), Petit Bac 2021 (catégorie Animal), Projet Ombre 2021 et Les textes courts.

Futu.re de Dmitry Glukhovsky

Futu.re de Dmitry Glukhovsky.

L’Atalante, collection La dentelle du cygne, septembre 2015, 736 pages, 27,90 €, 978-2-84172-729-2. Je l’ai lu en poche : Le livre de poche, mars 2019, 960 pages, 10,40 €, ISBN 978-2-25382-010-9. Будущее (2013) est traduit du russe par Denis E. Savine.

Genres : littérature russe, science-fiction.

Dmitry Glukhovsky (Дмитрий Алексеевич Глуховский) naît le 12 juin 1979 à Moscou (Russie). Il étudie les relations internationales et travaille comme journaliste avant de se lancer dans l’écriture de romans de science-fiction. Il est aussi professeur à l’École du nouveau cinéma de Moscou fondée en décembre 2012. Ses autres romans : Métro 2033 (2005-2010), Métro 2034 (2009-2011), Métro 2035 (2015-2017), Sumerki (2007-2014), Texto (2017-2019) et un recueil de nouvelles : Nouvelles de la Mère Patrie (2010-2018), tous publiés chez L’Atalante. C’est un auteur que j’aime beaucoup [lire mon billet ici même si le replay de l’émission n’est plus disponible] et je l’admire car il est multilingue (il parle six langues).

Il y a un peu plus de 400 ans, les humains ont trouvé le vaccin contre la vieillesse et ont créé l’Immortalité. 2455. « L’Europe. Une grandiose gigapole qui couvre la moitié du continent, s’appuyant sur la terre et soutenant les cieux. » (p. 64).

Le lecteur suit particulièrement Matricule Sept-cent-dix-sept (qui se présente comme Nicolas, Jacob, Eugène ou Jan mais il me semble que Jan est son vrai prénom), un membre de la Phalange, un Immortel qui avec les membres de son maillon, fait respecter la loi du Choix.

Alors qu’il est au bain, un cadavre surgit ! Il essaie de ramener à la vie l’homme (ce qui lui vaudra d’être poursuivi) mais, autour de lui, les gens sont horrifiés. « Ils n’ont jamais été confrontés à la mort. […] La mort a été éradiquée voilà des siècles, on l’a vaincue […]. » (p. 48).

La loi du Choix. En Europe, l’Immortalité est pour tous alors un couple qui souhaite avoir un enfant doit le déclarer aux autorités et un des deux parents reçoit un accélérateur métabolique qui le fait vieillir et mourir en moins de dix ans. Pour les contrevenants, c’est accélérateur, de toute façon, et enlèvement de l’enfant (quel que soit son âge, deux mois, quatre ans) qui est placé dans un internat pour devenir à son tour un membre de la Phalange, un Immortel à condition qu’il réussisse toutes les épreuves. Le traitement est inhumain (vous découvrirez tout ça en lisant le roman et en découvrant ce qu’a vécu Jan et ses camarades).

Un jour, le sénateur Erich Schreyer contacte Jan pour une mission spéciale, éliminer un activiste, recherché depuis trente ans, Jesus Rocamora, numéro deux du Parti de la Vie qui est contre le Parti de l’Immortalité et la loi du Choix en vigueur en Europe.

Mais il existe d’autres gigapoles où la loi est différente. Il y a d’autres colonies humaines en Panamérique, en Indochine (j’imagine que c’est l’Asie du Sud Est), au Japon et ses colonies, dans les Territoires latinos, en Russie (voir l’extrait ci-dessous) et en Afrique soit un trillion de Terriens, « homo ultimus » (p. 67). Sans compter les Chinois qui ont stérilisé leur population depuis plus de deux cents ans et essaient de « nettoyer » les autres pays détruits par les guerres nucléaires pour s’approprier les territoires.

Extrait d’un documentaire sur la Russie. « Tu te rappelles sans doute que les citoyens russes n’ont jamais été vaccinés contre la mort. C’est d’ailleurs plutôt étrange, compte tenu du fait que ce vaccin a été créé ici. Plus grand monde ne se rappelle de ça de nos jours. Les Russes ont vendu leur vaccin à l’Europe et à la Panamérique, mais ils ne l’ont jamais inoculé à leur population. Ils ont déclaré que les gens n’étaient pas prêts, qu’il était soi-disant impossible de prévoir les effets tant secondaires qu’à long terme et qu’il fallait tout d’abord les vérifier sur un échantillon de volontaires. Ces derniers aussi devaient passer certaines sélections, et les identités de ceux qui avaient été retenus ont toujours été gardées secrètes. Les tests sur des cobayes humains, ce n’est jamais simple. Question d’éthique… Au début, le public s’intéressait à l’affaire, puis il s’est tourné vers autre chose. On a entendu dire que l’expérience n’avait pas pris la direction prévue et qu’il était trop tôt pour inoculer le vaccin à l’ensemble de la population… […] À cette époque la Russie était déjà un pays fermé. […] Le pays a massivement exporté le vaccin, mais les Russes vieillissaient et mouraient toujours. Presque tous. Une vingtaine d’années plus tard, certaines commencèrent à remarquer que les membres de l’élite politique et financière de la Russie, un cercle fermé de quelques milliers de personnes, non seulement ne mouraient pas, mais ne montraient aucun des signes classiques du vieillissement… […]. » (p. 203-205).

Extrait du discours de Mendez, président panaméricain. « Oui, l’immortalité a un prix chez nous. Oui, tout le monde ne peut pas se le permettre. C’est vrai. La Panamérique souffre, elle aussi, de la surpopulation. Mais notre pays n’est pas le pays de l’égalité absolue, il est le pays de l’égalité des chances. Chacun peut gagner suffisamment pour entrer dans les quotas. » (p. 614).

L’Immortalité, c’est terrifiant ! Quelle que soit la gigapole dans laquelle vous habitez car il n’y a plus ni végétation ni animaux, tout est artificiel et… superficiel. L’Europe (avec ses cent vingt milliards d’habitants, quelle horreur !) est peut-être un peu plus transparente et égalitaire que les autres gigapoles du monde mais il y a des zones que personne n’a envie de visiter dans les étages les plus bas (les tours font parfois mille étages) ou dans certaines villes comme Barcelone (devenue zone de non-droit, abandonnée à son triste sort).

Bref, Futu.re (avec un point comme un point de ruptu.re) est un roman surprenant et addictif qu’il n’est pas facile de résumer et je ne voulais pas trop vous en dire. Lisez-le tout simplement ! Il est violent, il est cash mais il indispensable tant au niveau philosophique que social et humain. Dmitry Glukhovsky est un auteur génial et je vous parlerai un de ces jours de Métro 2033 et Métro 2034 (hum, après relectures et ce sont aussi des pavés).

Une excellente lecture pour le Mois Europe de l’Est que je mets aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 44, le plus gros livre de votre PàL, je ne pense pas lire plus gros cette année), Littérature de l’imaginaire #9 et Voisins Voisines 2021 (Russie).

La planète des chats de Bernard Werber

La planète des chats de Bernard Werber.

Albin Michel, septembre 2020, 432 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-22645-585-7.

Genres : littérature française, science-fiction.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Après Demain les chats et Sa majesté des chats, il était logique que je lise le dernier tome de cette trilogie féline.

« Nous sommes sur le grand voilier Dernier espoir, nous avons traversé l’Atlantique en trente-cinq jours éprouvants, et face à nous surgit l’immense cité humaine qu’ils nomment New York ? » (p. 13-14). Mais la ville est envahie par les rats, peut-être cent plus qu’à Paris… !

Le lecteur retrouve donc les chats (Bastet, Pythagore, Angelo, Esméralda…), les humains (Nathalie, Roman Wells…) et les autres animaux comme le perroquet Champollion, le chien Napoléon ou le cochon Badinter. « En tout, nous sommes 274 passagers sur le Dernier espoir : 144 chats, 12 humains, 65 porcs et 52 chiens, un perroquet. » (p. 15). C’est qu’il y a eu beaucoup de dégâts parmi la troupe avant de quitter la France…

Pire, beaucoup de rats américains nagent, montent sur le bateau et font un carnage… Les survivants ne sont plus que sept ! Apparemment il n’y a pas en Amérique de raticide contrairement à que qu’ils espéraient… Ces sept survivants sont sauvés par des humains rescapés habitant au sommet d’un building mais ils ne sont maintenant plus que cinq… « Je crois que je déteste l’Amérique. » (p. 66). Et Bastet, toujours narratrice, déteste aussi le chat Bukowski qui a mangé Champollion…

Bastet rêve encore de devenir reine et prophète mais les rats américains sont vraiment nombreux et dangereux. « Ne pas penser à Pythagore, ne pas penser à Champollion, ne pas penser à tous mes compagnons de voyage du Dernier espoir. Ne pas penser aux rats. » (p. 95). Mais les choses peuvent-elles s’arranger ? « Quoi qu’il vous arrive, il peut encore arriver bien pire. » (p. 143). Pas très encourageant… « Il faut que je garde mon calme. J’ai un objectif à atteindre, j’ai une intention claire. » (p. 203) et, en pensant à la présidente des États-Unis, « Elle ne fait que réclamer ma soumission parce qu’elle est un être exclusivement tourné vers le pouvoir. Mais elle n’a pas de vision sur le long terme. Elle gère le présent mais pas le futur. Elle a besoin de moi et non le contraire. » (p. 204). Parfois philosophe, parfois drôle, Baster doute mais essaie d’avoir toujours des idées pour s’en sortir.

Comme dans les deux premiers tomes, Bernard Werber développe sa fiction avec des notions scientifiques ou historiques. Deux exemples. « Entre / Ce que je pense / Ce que je veux dire / Ce que je crois dire / Ce que je dis / Ce que vous avez envie d’entendre / Ce que vous croyez entendre / Ce que vous entendez / Ce que vous avez envie de comprendre / Ce que vous croyez comprendre / Ce que vous comprenez / Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. / Mais essayons quand même. » (Edmond Wells, p. 374). « Marc Aurèle est l’unique cas d’empereur philosophe. Né en 121 après Jésus-Christ à Rome, il accéda au pouvoir suprême à quarante ans et se montra bon politicien, fin stratège, mais aussi écrivain et homme de sagesse. Sous son règne, l’Empire romain connut son apogée […]. » (p. 395) dans « Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Volume XIV ». Vous vous rappelez que Bastet a accès à cet ESRA grâce à son troisième œil implanté.

Bastet et les survivants réussiront-ils à sauver le monde des rats ? La planète des chats est, malgré l’hécatombe parmi nos amis humains et animaux, une bonne conclusion à cette histoire. Je rappelle ce que j’ai dit précédemment, ce n’est pas de la grande littérature mais il y a de beaux moments, l’auteur ainsi que Bastet se montrent enjoués, c’est parfois émouvant, et le tout est agréable à lire.

Voilà, trilogie terminée ! Je lirai peut-être un autre titre de Bernard Werber un de ces jours (avez-vous un très bon titre à me proposer ?).

Pour Animaux du monde #3 (chats, rats…), Challenge lecture 2021 (catégorie 13, un livre dont le titre comprend le nom d’un animal avec chats), Littérature de l’imaginaire #9, Petit Bac 2021 (catégorie Animal avec chats) et Printemps de l’imaginaire francophone 2021.

Printemps de l’Imaginaire Francophone 2021

Le Printemps de l’Imaginaire Francophone 2021 (ou PIF) revient pour une 6e édition du 1er mars au 1er juin 2021. J’ai participé en 2017 (1 lecture), 2018 (2 lectures) et 2020 (6 lectures) mais j’ai manqué les premières éditions car je ne connaissais pas le blog de Zahardonia.

L’objectif est toujours de lire de l’imaginaire écrit en français (donc auteurs « de Belgique, du Canada, de France, de Suisse ou d’ailleurs »), c’est-à-dire de la science-fiction, du fantastique, de la fantasy, voire du merveilleux, bref ce que l’on appelle SFFF avec « des romans, des nouvelles, du théâtre, des manfras, des BD, des albums, des comics… ».

Infos, nouveau logo (ci-dessus), nouveau logo avec paliers (ci-contre) et défis, inscription sur Monde Fantasy + le groupe FB.

Mes lectures francophones pour ce challenge

1. Le manteau de neige de Nicolas Leclerc (Seuil, 2020, France)

Palier Rêveur invétéré honoré 🙂

2.  La planète des chats de Bernard Werber (Albin Michel, 2020, France)

3. La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont (Dargaud, 2020, France)

Palier Sorcier vagabond honoré 🙂

4. La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac (1830-1831, France)

5. Les âges perdus 1 – Le fort des Landes de Jérôme Le Gris et Didier Poli (Dargaud, 2021, France)

6. Erectus de Xavier Müller (XO, 2018, France)

Palier Scientifique fou honoré 🙂