Une rencontre inattendue d’A.D. Martel

Une rencontre inattendue d’A.D. Martel.

Scrineo, décembre 2022, 11 pages, nouvelle illustrée, lecture numérique.

Genres : littérature française, nouvelle, jeunesse, steampunk.

A.D. Martel fait des études scientifiques mais est doctorante en histoire. Elle aime lire depuis l’enfance, en particulier les littératures de l’imaginaire, et elle se lance tôt dans l’écriture de romans plutôt aventures, fantasy et science-fiction mais aussi quelques romances. Plus d’infos sur son site officiel sur lequel je suis surprise de voir autant de romans déjà écrits.

Rowena, orpheline de 12 ans, est la « meilleure mécanicienne d’Arkantras » (p. 1) mais elle a réparé l’automate pour l’apprenti Arnold et il refuse de la payer… Pire, le contremaître d’Arnold la fiche dehors en déchirant ses vêtements ! « Pourquoi le monde était-il si cruel ? Pourquoi avait-elle été stupide au point de croire que cet apprenti tiendrait parole ? » (p. 4).

Pendant que les riches s’affairent pour Noël, Rowena est maintenant déguenillée, trempée et seule au monde… Alors elle décide de se venger et, en pleine nuit, va récupérer dans l’automate la pièce qu’elle a réparée. Malheureusement elle met trop longtemps et au petit jour, elle est poursuivie par les dockers… Elle doit se cacher et entend « un son étouffé […]. Cela ressemblait… à une plainte. » (p. 7). C’est alors que Rowena découvre un chaton d’environ un mois, « vivant, mais plus pour longtemps » (p. 8). Ce chaton, c’est Monsieur Gratouille.

Scrineo fait mouche avec cette nouvelle inédite offerte pour Noël afin de donner envie de lire De rouages et de sang d’A.D. Martel. Steampunk, chat, cette série a tout pour me plaire et le côté jeunesse ne me dérange pas – au contraire puisque je participe comme chaque année au challenge Jeunesse young adult #12.

Je note donc les deux premiers tomes. Les disparus d’Arkantras paru en mars 2022 et Le trésor du Pink Lady paru en août 2022, les deux tomes étant illustrés par Myrtille Vardelle.

Myrtille Vardelle étudie les métiers du livre (édition-librairie) et la communication puis travaille dans un studio graphique. Elle est illustratrice, photographe et vit à Toulouse. Elle illustre de nombreuses couvertures et romans des éditions Scrineo. Plus d’infos sur son site officiel, Paper & Berries (plus mis à jour), sa page FB et son instagram.

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Littérature de l’imaginaire #11

Il est des challenges que j’ai plaisir à retrouver chaque année, en particulier Littérature de l’imaginaire #11 qui dure du 1er janvier au 31 décembre 2023.

Infos, logos et inscription chez Ma lecturothèque. Il faudra déposer les liens dans la Chrobox (bon, ça ne fonctionne jamais pour moi…) et il y a le groupe Discord pour échanger (mais je n’y suis pas inscrite).

L’objectif est toujours de lire les littératures de l’imaginaire, science-fiction, fantasy, fantastique (et tous leurs sous-genres) avec des romans, nouvelles, essais, bandes dessinées incluant mangas et comics, ainsi que magazines spécialisés (comme Bifrost qui propose un contenu textuel), en format papier, numérique ou audio.

Les échelons En gras, mon choix mais je lis souvent plus.
1 : Atterrissage dans l’irréel – au moins 12 livres
2 : Immersion dans le vide – au moins 36 livres
3 : Absorption dans l’étrange – au moins 60 livres
4 : Fusion dans l’utopique – au moins 84 livres
5 : Synchronisation avec la page – au moins 108 livres

Les catégories En gras, mon choix, A, mais il est possible que j’entre dans D.

A : Ange gardien de la Simplicité – Le challenge reste comme il était jusque-là, à savoir tous les supports sont acceptés et vous lisez tous les genres des lectures de l’imaginaire.

B : Balrog des mots – On bannit les BD et les mangas, la place est réservée aux romans uniquement. Tous genres confondus.

C : Cerbère de la Multidisciplinarité – Vous devrez choisir un genre en début de challenge entre la fantasy et la SF. Ils ont tous deux des sous-genres ; dans cette catégorie vous devrez lire un livre par sous-genre. À vous de voir ce que vous lisez pour le reste de la catégorie.

Fantasy : Dark Fantasy / Heroic Fantasy / Fantasy épique (dans laquelle je regroupe volontairement la High Fantasy et le Sword & Sorcery) / Light Fantasy / Romantic Fantasy / Science Fantasy

Science-fiction : Anticipation / Cyberpunk / Hard-Science ou voyage dans le temps (au choix) / Space Opéra / Steampunk / Uchronie

D : Dragons de l’incontournable – Vous lirez ce que vous voudrez durant ce challenge dans le genre que vous voulez MAIS il vous sera obligatoire de lire 3 livres écrits par des auteurs que l’on qualifie de « classiques » de l’imaginaire. Les incontournables quoi.

Les thèmes bimestriels (facultatifs)
Janvier/février : premier contact
Mars/avril : villes personnages
Mai/juin : adaptation
Juillet/août : enquête
Septembre/octobre : lieu hanté
Novembre/décembre : épistolaire

Mes lectures de l’imaginaire

1. Darwin’s incident 1 de Shun Umezawa (Kana, 2022, Japon)

2. Harper et le cirque des rêves de Cerrie Burnell (Albin Michel Jeunesse, 2017, Angleterre)

3. 19 jours sans Noa d’Anne-Gaëlle Balpe (L’école des loisirs, 2022, France)

4. Charamba, hôtel pour chat – Bobine s’en mêle de Marie Pavlenko et Marie Voyelle (Flammarion Jeunesse, 2022, France)

5. Mermaid Saga Intégrale 1 de Rumiko Takahashi (Glénat, 2021, Japon)

6. Rita trace sa route de Flor Lurienne (Velvet, 2022, France)

7. Boubou et ses amis de Yoon-sun Park (Biscoto, 2022, Corée du Sud)

8. Où est Anne Frank ! d’Ari Folman et Lena Guberman (Calmann Lévy, 2021, Israël)

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11.

12.

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Serii de Takehito Moriizumi

Serii de Takehito Moriizumi.

Atelier Akatombo, juin 2020, 190 pages, 13 €, ISBN 978-2-37927-061-1. セリー est traduit du japonais par Dominique et Franck Sylvain.

Genres : manga, seinen, science-fiction.

Takehito Moriizumi 森泉 岳土 naît en 1975 à Tôkyô au Japon. Il travaille dans une entreprise mais se rend compte que sa passion (depuis l’enfance) est le dessin. Son premier manga, Mori no Mari (Marie de la forêt) paraît dans Monthly Comic Beam alors qu’il a 35 ans. Sa technique de dessin est similaire au lavis (encre de Chine). Les mystérieux hasards de l’hiver et autres histoires paraît en 2019 (Lézard noir) et 1984 de George Orwell/La Luciole de Haruki Murakami en juin 2021 (Atelier Akatombo). Plus d’infos sur ses comptes facebook, twitter et instagram.

Un jeune homme, Kakeru, vit avec une androïde, Serii. Depuis une catastrophe, ils sont confinés dans une maison remplie de livres. Heureusement, il y a des réserves de nourriture pour Kakeru, un générateur pour l’électricité et le chauffage. « Kakeru… La situation est telle que nous ne pouvons plus sortir d’ici… Il s’est passé beaucoup de temps depuis que nous sommes sans nouvelles de l’extérieur. Ce monde… Y a-t-il d’autres personnes en vie à part toi, Kakeru ? » (p. 18-19).

Serii fait la lecture à Kakeru, de la fiction (Ursula Le Guin, Jack London…) ou des livres scientifiques (Paul Davis…) mais subitement ses yeux ne fonctionnent plus alors c’est Kakeru qui fait la lecture. Cependant Serii demande « Kakeru, et si tu me redémarrais à zéro ? Ça permettrait de me réparer, je pense. » (p. 69) mais Kakeru refuse car Serii est une véritable mémoire depuis qu’il est enfant et la redémarrer signifierait qu’elle perde tout ce qu’elle a enregistré ! Douze ans après, Kakeru meurt et Serii se retrouve seule…

Dans cette histoire post-apocalyptique en huis-clos, il y a une certaine douceur, pas de peur, pas d’horreur, c’est plutôt intimiste et philosophique. Les dessins sont très minimalistes, parfois simplement esquissés, et il y a de moins en moins de dialogues, peut-être parce que Kakeru et Serii sont usés par cette vie d’isolement ou alors parce qu’ils n’ont pas besoin d’autre chose que la lecture. Serii est, en tout cas, un très bel objet en tant que livre (à un prix très raisonnable) et c’est justifié vu l’importance des livres et de la transmission dans ce récit. C’est que Takehito Moriizumi aime la lecture depuis l’enfance et que Serii est un vibrant hommage à la littérature qu’elle soit de fiction ou scientifique.

Serii est suivie par 2 histoires courtes, Le sang de l’après-midi (les pages sont jaunes) et Ce jour-là, avec toi : Kuching (2015), Venise (2016), Okayama (2017), trois voyages que l’auteur a faits avec son épouse, puis une postface, Celle que je ne peux oublier (2018). La littérature « C’est un endroit où l’on peut se rendre chaque jour, mais où l’on est accompagné par le sentiment que rien ne se clôturera. » (p. 184). Ces histoires sont plus dramatiques, elles parlent de la famille, des souvenirs, et auraient pu se dérouler avant Serii.

Ils l’ont lu : Anne-Laure de Chut… Maman lit, Le Chroniqueur, Fondu au noir, L’œil de Luciole, d’autres ?

Pour La BD de la semaine, BD 2022, Littérature de l’imaginaire #10, Un genre par mois (de l’amour dans l’air, ici une histoire d’amour différente) et ABC illimité (lettre T pour prénom).

 

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani

Rooster Fighter – Coq de baston 1 de Shû Sakuratani.

Mangetsu, collection Shônen, mai 2022, 192 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-38281-137-5. Rooster Fighter volume 1 (2021) オンドリの戦闘機 ou ニワトリ・ファイター (Niwatori Fighter) est traduit du japonais par Alexandre Fournier.

Genres : manga, shônen, science-fiction, fantastique, horreur.

Shû Sakuratani 桜谷シュウ naît… eh bien quelque part au Japon (aucune info) et il est mangaka. Son premier manga T-Dragon (ヒーローズコミックス 10 tomes entre 2015 et 2019) n’est pas traduit en français. Plus d’infos (et plein de dessins de coqs) sur son compte twitter et son instagram.

Pour l’instant 4 tomes sont parus au Japon : en prépublication dès décembre 2020 dans Hero’s Inc.’s Comiplex (extrait) et en parution dès mai 2021, et un tome est attendu pour 2023.

« Voici l’histoire d’un simple coq … déterminé à protéger l’humanité. » (p. 8). Il y a un an, le Japon a été envahi par des kijûs, des monstres gigantesques qui détruisent tout sur leur passage et bouffent les humains… Le coq sur la couverture, c’est Rooster Fighter ou Coq de baston, « Je vais tous vous éclater ! » (p. 6) mais son vrai nom est Keiji.

Ce coq, attrapé par deux chenapans (un veut le manger, l’autre le donner à son chat), est sauvé par un petit vieux, veuf et triste, qui lui donne à manger, « Désolé, je n’ai pas mieux à t’offrir… – Du riz complet, du maïs, de la pérille… C’est un festin digne d’un roi ! » (p. 22-23) lorsque un kijû fait son apparition, détruit la maison voisine et s’apprête à avaler les chenapans et le pépé alors le valeureux coq intervient et il réussit, « Cocori-K.-O. ! » (p. 46).

Keiji sait que d’autres kijûs apparaîtront alors il essaie d’être au bon endroit au bon moment. Mais il a un défaut, il ne sait pas nager et, après l’épisode du zoo, il est coincé sur une île : j’ai beaucoup aimé sa rencontre avec la tortue millénaire, « T’es bien le premier qui ose tenir tête à Gin le borgne. » (p. 111) et il va falloir qu’il aille en mer…

Les kijûs ne sont-ils pas les monstres que la société japonaise génère ? Des jeunes délaissés par leurs proches ou martyrisés et qui ont la peur au ventre puis la haine, des gens abrutis par leur travail et qui n’ont pas de vie ou des femmes abandonnées alors ils et elles pètent un câble… Au-delà du côté shônen (manga pour garçons et adolescents) et du côté science-fiction, fantastique, horreur, le lecteur se pose des questions sur la vie et la société (avec par exemple les oiseaux exotiques au zoo et le sacrifice de papy Zena, ou le papounet yakuza qui avait un bon fond et qui a été abusé). Nous, les humains, ne sommes-nous pas des monstres en puissance ? Dans le sens ne pouvons-nous pas tous nous transformer en monstre, comme manger des êtres vivants morts (ou parfois encore vivants dans certaines gastronomie) ou prendre plaisir à voir des animaux enfermés ou faire souffrir les autres ou pire…

À noter que les kaijû 怪獣 sont des créatures étranges, mystérieuses, monstrueuses mais naturelles qu’on voit dans le kaijû eiga 怪獣映画, le cinéma japonais de monstres comme Godzilla pour ne citer que le plus connu mais ici, le mot kijû est inventé, peut-être parce que les créatures sont des humains qui se transforment et pas des créatures naturelles comme les kaijû.

Source : éditeur.

Hey, le business « dans le nettoyage. Le yakuza moderne se doit de gagner sa vie honnêtement. » (p. 153), un clin d’œil à La voie du tablier de Kôsuke Oono ? En fin de volume, il y a une histoire bonus, ah ah ah, une histoire de coq et de poulette… Bon c’est quand même un manga sérieux mais qui m’a fait rire et qui est super bien dessiné avec des détails très réalistes et fournis (ci-contre, mon image préférée). Quelle idée saugrenue et excellente de créer un coq sauveur de l’humanité ! C’est loufoque, sans aucun temps mort, et si vous n’aimez pas particulièrement la baston, ne passez pas votre chemin car dessins et messages valent vraiment le coup ! J’ai hâte de lire les tomes suivants pour en savoir plus sur Keiji, ses pouvoirs et sur ce qui l’a mené dans ce combat.

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Fanny), BD 2022 et les challenges ABC illimité (lettre S pour nom), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Rooster / Coq) et Un genre par mois (contemporain en novembre, avec justement un manga très contemporain au niveau dessin, histoire, traitement des thèmes…).

Europa 1 – La lune de glace de Leo, Rodolphe et Janjetov

Europa 1 – La lune de glace de Leo, Rodolphe et Janjetov.

Delcourt, collection Neopolis, février 2021, 48 pages, 12 €, ISBN 978-2-41302-255-8.

Genres : bande dessinée française, science-fiction.

Leo, de son vrai nom Luiz Eduardo de Oliveira, naît le 13 décembre 1944 à Rio de Janeiro au Brésil. Il fait des études d’ingénieur, milite pour la gauche dès 1968 et fuit son pays en 1971 à cause de la dictature militaire. Il se rend d’abord au Chili où il devient dessinateur pour la publicité puis arrive en France en 1981 où il devient dessinateur de bandes dessinées (Pilote, L’écho des savanes) et d’illustration jeunesse (Astrapi, Okapi) tout en continuant de travailler pour la publicité. En 1988, il se consacre à la série Trent avec Rodolphe au scénario (8 tomes) puis, en 1993, il se lance dans les Mondes d’Aldébaran et dès 2001 dans les séries Kenya, Namibia, Amazonie (5 tomes chacune). J’aime bien aussi Dexter London (3 tomes entre 2002 et 2005). Sur Europa il est scénariste avec Rodolphe.

Rodolphe, de son vrai nom Rodolphe Daniel Jacquette, naît le 18 mai 1948 à Bois Colombes dans les Hauts de Seine. Il étudie la littérature à l’université de Nanterre et devient professeur de lettres. Il écrit des articles littéraire, des nouvelles, gère une librairie (années 70) puis travaille pour les magazines Pilote, À suivre, Métal Hurlant et Imagine (la revue du merveilleux) qu’il a fondée. C’est un scénariste de bande dessinée que j’ai découvert sur le tard (avec Trent et Kenya).

Zoran Janjetov naît le 23 juin 1961 à Subotica en Yougoslavie (actuellement en Serbie). Il étudie les Beaux-Arts à Novi Sad en Serbie. Je l’ai découvert en tant que dessinateur des séries scénarisées par Jodorowsky, Avant l’Incal (1988-1995) et Les Technopères (1998-2006). Sur Europa, il est dessinateur et coloriste.

Dans le futur. « Autre sujet d’inquiétude, la dernière mission d’exploration posée en avril dernier sur Europa, […] la deuxième lune de Jupiter et la science place de grands espoirs dans les recherches concernant son étonnant océan souterrain… […] Toutes les liaisons ont brusquement été interrompues et malgré tous les efforts menés pour les rétablir, Europa reste étrangement silencieuse… » (p. 3).

Suzanne Saint-Loup est contactée par le Colonel Delarue du CESS pour une mission interplanétaire. « Vous avez été reçue – brillamment, je dois dire – à tous les examens théoriques et pratiques et vous avez réalisé un nombre conséquent de simulations comme de vols réels… […] Vous avez notamment – et c’est un élément qui nous intéresse tout particulièrement – piloté la navette Orion 4 de la nouvelle génération… » (p. 7) mais « Alors, il est où le problème de cette fille ? – Difficultés relationnelles… Une forme d’autisme… » (p. 7).

Une nouvelle mission est envoyée sur Europa avec des membres des Forces spatiales de l’ONU, la Colonel Bella Sontag, le capitaine Anton Sorg, le capitaine Vincent Cassani (médecin militaire), Winston Pump (paléontologue au CERN) qui ne souhaite pas du tout participer à cette mission et Suzanne Saint-Loup sera la pilote avec le commandant Paul Douglas.

Mais, dans l’ombre, des hommes de Dieu œuvrent pour que cette nouvelle mission échoue comme les précédentes.

Bon, les dessins sont chouettes et ça se met en place tranquillement ; on fait connaissance avec les membres de l’équipage et on comprend que certaines personnes ne veulent pas que l’exploration de cette planète et des créatures qu’elle abrite dérangent leurs convictions religieuses. À voir si la suite tiens la route mais il n’y a pas de raison car, depuis le début des années 90, j’ai apprécié les séries de Leo et ses univers de science-fiction foisonnants et dangereux pour les humains comme Aldébaran, Bételgeuse, Antarès, Survivants… et, en attendant la parution du tome 2 (ce sera un cycle de 5 tomes), peut-être lire le précédent cycle dans le même univers, Centaurus (5 tomes).

Il est trop tard pour déposer mon lien pour La BD de la semaine, tant pis… Mais cette lecture va dans les challenges BD 2022, Littérature de l’imaginaire #10, Les textes courts et Un genre par mois (en novembre il faut présenter du contemporain) ainsi que les challenges illimités ABC illimité (Titre en E pour Europa) et Les départements français en lectures (Rodolphe est né dans les Hauts de Seine, 3e billet pour ce département).

Carbone & Silicium de Mathieu Bablet

Carbone & Silicium de Mathieu Bablet.

Ankama, collection Label 619, août 2020, 277 pages, 22,90 €, ISBN 979-10-335-1196-0.

Genres : bande dessinée française, science-fiction.

Mathieu Bablet naît le 9 janvier 1987 à Grenoble (Isère, France). Il étudie les arts appliqués à l’Enseignement aux arts appliqués et à l’image (ENAAI) de Chambéry puis propose ses dessins aux éditions Ankama (en tant qu’auteur et dessinateur). Ses précédents titres (tous chez Ankama) sont La Belle Mort (2011), Adrastée (2 tomes, 2013, 2014) et Shangri-La (2016). Il participe aussi à DoggyBags (BD collective, tome 2 en 2012, 7 et 8 en 2015) et à Midnight Tales en 2018 (BD et nouvelles en recueils, tomes 1 à 4). Plus d’infos sur son site officiel.

Je vais enfin lire cette bande dessinée énorme qui pèse une tonne (!) et qu’il est impossible de lire à bout de bras, allongée !

Extrait de la préface de la professeure Noriko Ito, directrice de recherche à la Tomorrow Foundation :« Comment rendre notre I.A. humaine ? ».

An 1, Silicon Valley. Le marché est inondé de robots américains, chinois et russes (des I.A. rudimentaires de Mekatronic) mais deux I.A. ‘fortes’ sont conçues par l’équipe de la professeure Noriko Ito à la Tomorrow Foundation. Elles connaissent tout de l’humanité et de son histoire, elles n’émettent pas de jugement mais elles peuvent continuer d’apprendre, prendre des décisions, même faire de l’humour et peut-être plus encore.

Malheureusement, elles doivent être rentables (remplacées le plus rapidement et souvent possible) et leur durée de vie n’est prévue que pour 15 ans (Ito s’est montrée convaincante en réunion et a obtenu 15 ans au lieu des 5 prévues par le boss). Mais les I.A., connectées à tout, savent et qu’est-ce que c’est que 15 ans ?… D’autant plus que des milliers d’autres sont déjà en construction, « Nos usines de montage tournent à plein régime, il faut inonder le marché avant que la concurrence ne le fasse. » (p. 19).

Les I.A devront s’occuper des trop nombreuses personnes âgées dont les familles ne veulent plus s’occuper. Mais ces deux I.A. ‘fortes’ sont uniques, elles ont un nom, Carbone (C6) et Silicium (Si14). Et, illégalement, Ito trouve une solution pour eux deux contre leur obsolescence programmée.

Je ne vous dis pas ce qui se passe (à vous de le découvrir en lisant cette incroyable BD) mais c’est du costaud (et pas seulement parce que la BD est lourde) ! Ito donne tout dans son travail au détriment de sa vie personnelle et de sa vie de famille (elle a une fille). Et ce n’est pas toujours facile pour Carbone et Silicium… Mais l’auteur balade ses lecteurs partout dans le monde au fil des années (jusqu’à l’an 271) et ça ne va pas en s’arrangeant, ni pour les humains ni pour les robots… Beaucoup de thèmes sont abordés – qui représentent à la fois l’anticipation, le post apocalyptique, le cyberpunk, la poésie et la philosophie aussi – travail, surpopulation (avec ce que ça implique, migration, famine, vieillissement…), technologie, éthique, transhumanisme, liberté, et aussi collectivité (connectivité), écologie…

Quant aux dessins, ils sont tout simplement splendides, les couleurs parfaites, les cases architecturales et j’ai remarqué quelque chose : les personnages n’ont pas vraiment de pieds, aussi bien les humains que les I.A., j’ai eu l’impression que ça montrait leur fragilité, une possibilité pour eux de tomber (unitairement et collectivement). « Pourquoi toute cette douleur ? Pourquoi toute cette haine ? Pourquoi toute cette violence ? » (p. 178), à votre avis, qui parle, un humain ou un robot ?

Dans la postface, Empreinte Carbone, Alain Damasio invente un mot, et quel mot ! Et je le comprends tout à fait parce que qu’est-ce que j’ai été émue en lisant cette bande dessinée. Il puis, il explique si bien des choses que j’avais à peine osé deviner. Une chose est sûre, Carbone & Silicium est une œuvre grandiose ! Qui a bien mérité ses prix Utopiales BD 2021 et BD Fnac France Inter 2021.

Ils l’ont lu : Benjamin – Une case en plus, Caroline – Un dernier livre avant la fin du mondeJulien – Carnets dystopiques, Mo – Bar à BD, Nausicaah – Marchombre, Nicolas – Just a Word, Noukette, Usbek & Rica, Zoë – Le coin des desperados (abondamment illustré), d’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Noukette) et les challenges BD 2022, Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 5e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 52, un livre qui a gagné un prix littéraire) et Littérature de l’imaginaire #10.

Il existe une édition prestige noir et blanc (2e vidéo) mais je préfère la version couleur.

À dos de crocodile de Greg Egan

À dos de crocodile de Greg Egan.

Le Bélial, collection Une heure lumière, mai 2021, 112 pages, 8,90 €, ISBN 978-2-84344-980-2. Riding the Crocodile (2005) est traduit de l’australien par Francis Lustman.

Genres : littérature australienne, roman, science-fiction.

Greg Egan naît le 20 août 1961 à Perth (sud-ouest de l’Australie). Il étudie les mathématiques à l’University of Western Australia et devient programmeur informatique puis écrit des nouvelles d’horreur et publie son premier roman, An unusual angle, en 1983. Il est nouvelliste et romancier de science-fiction et en particulier de hard science-fiction. J’ai l’impression d’avoir déjà lu Cérès et Vesta mais je n’ai (pour l’instant) pas trouvé trace d’une note de lecture (peut-être au brouillon dans un cahier…). Plus d’infos sur son site officiel et son compte twitter (à noter qu’il n’y a aucune photo de lui sur internet, si vous en voyez une c’est celle d’un homonyme).

« Leila et Jasim étaient mariés depuis dix mille trois cent neuf ans quand ils commencèrent à envisager de mourir. Ils avaient connu l’amour, élevé des enfants et vu prospérer leur descendance, génération après génération. Ils avaient visité une dizaine de mondes et vécu au sein de mille cultures. » (début du roman, p. 9).

Sur Najib, leur planète natale, dans la civilisation de l’Amalgame, ils ont été heureux et sont amplement satisfaits de tout ce qu’ils ont vécu et accompli mais, avant de mourir, ils veulent faire une dernière chose, un dernier voyage mais lequel choisir ? « Le regard de Leila se posa sur un endroit où les réclames se raréfiaient, ce qui la mena vers le bulbe d’étoiles entourant le centre de la galaxie. Si le disque de la Voie lactée appartenait à l’Amalgame, dont les diverses espèces primitives avaient fusionné pour former une civilisation unique, le bulbe central était peuplé d’êtres ayant refusé jusqu’à la moindre communication avec ceux qui les entouraient. Toutes les tentatives pour envoyer des sondes dans le bulbe […] avaient été doucement mais fermement repoussées, et les intrus expulsés sans délai. Les Indifférents restaient silencieux et isolés depuis bien avant l’existence de l’Amalgame. » (p. 12-13).

Ils sont intrigants ces Indifférents dans leur bulbe ! Des humains d’origine ? Ou alors plus personne à l’intérieur ? J’ai hâte de savoir ! En tout cas, c’est là que Leila et Jasim décident d’aller après une soirée d’adieu avec leur descendance et leurs amis, deux-cents dans leur maison et deux-cents dans ‘l’aile virtuelle’.

Après un voyage-sommeil de vingt mille années-lumière (avec leur maison), Leila et Jasim arrivent à Nazdik-be-Bhigane, un monde peu peuplé. Après l’acclimatation de leurs métabolismes et la découverte des environs (quelques habitations et des centaines d’observatoires abandonnés), ils peuvent observer le bulbe. « Au crépuscule, la moitié du territoire des Indifférents s’étendait, éblouissant, de l’horizon à l’est jusqu’au zénith, et la lente marche des étoiles vers l’ouest révélait à mesure une partie croissante de sa splendeur. » (p. 19) et prendre connaissance des données accumulées pendant leur sommeil. « Les Indifférents pourraient être morts et disparus, dit Jasim. Ils ont construit la clôture parfaite, qui leur a maintenant survécu et garde leurs ruines. » (p. 24), c’est l’hypothèse la plus plausible après « un million d’années de silence » (p. 24).

En tout cas, leur seul voisinage est un nid de serpents à fourrure, longs « de huit à dix mètres » (p. 28), venus vivre ici il y a quinze mille ans pour être tranquilles, pas dangereux mais pas sociaux non plus même s’ils ont accueilli le couple pour faire leur connaissance.

Au bout de dix-sept ans, Leila et Jasim observent et calculent toujours lorsqu’ils voient quatre fois la même lueur en quatre lieux différents, or par le passé seulement trois avaient été observées par leurs prédécesseurs. « Les archives révélèrent quelques dizaines d’occasions où le même type d’émissions avait été observé [mais]. Il n’y avait jamais eu plus de trois évènements liés entre eux auparavant […]. » (p. 37). Optimistes, Leila et Jasim se désincarnent et s’installent sur Trident, l’observatoire qu’ils ont construit pour être au plus près du bulbe.

Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir jusqu’où Leila et Jasim iront. Malgré des théories scientifiques et informatiques (très loin dans le futur) que je n’ai pas très bien comprises, mes connaissances étant limitées (en méta-univers, transferts de données, etc.), j’ai suivi avec grand plaisir les péripéties de Leila et Jasim et donc, j’ai beaucoup aimé ce roman (certains lecteurs disent que c’est une novella, bref un roman court ou une longue nouvelle). Je lirai d’autres titres de Greg Egan, c’est sûr et je comprends qu’il soit considéré comme l’auteur de science-fiction le plus fascinant de sa génération, le ‘pape de la hard SF’. D’ailleurs, j’espère que vous lirez ce roman et que, comme moi, vous serez fascinés par ce futur immense et par la quête de Leila et Jasim parce que ce roman est court mais riche, fluide, intrigant, passionnant et parce que l’humain veut toujours aller plus loin, en savoir plus même si c’est folie parfois (souvent ?).

Ils l’ont lu (et presque tous apprécié) : Aelinel, Apophis, Belette Cannibal Lecteur, CélineDanaë, Crémieu-Altan, FeydRautha, Gromovar, Lorkhan, Lune, Ombre Bones, Ted, Vert, Yogo Le Maki, vous aussi ?

Lu spécialement pour le S4F3 #8, ce roman entre aussi dans Challenge de l’été – Tour du monde (hors niveau, Océanie), Challenge lecture 2022 (catégorie 53, un livre dont le personnage principal est une personne âgée, alors les deux personnages principaux pour être âgés, ils sont âgés, ils ont plus de dix mille trois cents ans !), Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Crocodile), Un genre par mois (en septembre, nouvelle, novella c’est-à-dire roman court) et Tour du monde en 80 livres (Australie).

Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore

Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore.

Le passager clandestin, collection Dyschroniques, octobre 2021, 144 pages, 9 €, ISBN 978-2-36935-100-9. No Woman Born (1944) est traduit de l’américain par Arlette Rosenblum et revu par Dominique Bellec.

Genres : littérature états-unienne, science-fiction.

Catherine Lucille Moore le 24 janvier 1911 à Indianapolis (Indiana). Elle lit beaucoup, en particulier de la littérature fantastique, dès l’enfance. Quand elle doit quitter l’université (Grande dépression), elle devient secrétaire et commence à faire publier ses premières histoires (science-fiction et fantasy) dans des pulps (années 1940), en particulier dans le magazine Astounding Science Fiction. Elle est une pionnière de la science-fiction féminine et féministe. Elle se marie avec Henry Kuttner (écrivain de science-fiction) en 1940 et ils écrivent à quatre mains. Elle utilise aussi le pseudonyme de Lawrence O’Donnell. Elle écrit 4 romans (entre 1942 et 1957), de nombreuses nouvelles et plusieurs de ses œuvres sont adaptées au cinéma. Elle meurt le 4 avril 1987 à Hollywood (Californie).

Deirdre était la plus belle femme au monde. Danseuse et chanteuse, elle était connue dans le monde entier, même « sous les tentes du désert et dans les huttes polaires » (p. 6). « Et le monde entier l’avait pleurée quand elle était morte dans l’incendie de la salle. » (p. 7) dans laquelle elle se produisait. Son impresario, John Harris, ne s’en est jamais remis.

Mais son cerveau a été conservé et, depuis un an, un savant, Maltzer, travaille sur un robot pour la faire revivre, pas un robot tout mécanique, un humanoïde. « C’est moi, John chéri. C’est réellement moi, tu sais. » (p. 18). C’est troublé que John Harris découvre la nouvelle Deirdre, « en vérité, elle était toujours Deirdre » (p. 25), belle, souple, la même voix, le même rire, les mêmes postures, la même assurance, « c’était bien la femme de chair et d’os, aussi sûrement que s’il l’avait vu se dresser devant lui, intacte, à nouveau, tel le phénix ressuscité de ses cendres. » (p. 27).

Deirdre a un projet. « Je vais remonter sur scène, John […]. Je peux toujours chanter, je peux toujours danser. Je suis toujours moi-même dans tout ce qui compte et je n’imagine pas faire autre chose pendant le restant de mes jours. » (p. 39). Mais « comment des spectateurs régiraient-ils ? » (p. 42). Harris la voit humaine et est d’accord avec elle mais Maltzer la voit machine et veut l’empêcher de se produire devant un public.

Je vous laisse découvrir ça en lisant ce court roman que les anglophones appellent une novella.

Avec son écriture à la fois tranchante et sensuelle, No Woman Born est considérée comme de la SF féministe et, effectivement, qui peut décider de ce que sera la vie (personnelle et professionnelle) de Deirdre si ce n’est elle-même, quelle qu’elle soit ! Maltzer et Harris peuvent lui parler de leurs idées, la conseiller, mais ne peuvent pas la considérer comme handicapée et l’obliger à abandonner une carrière dont elle a besoin. Un court roman à découvrir d’autant plus qu’il a été écrit en 1944, en pleine Seconde guerre mondiale, les femmes prenaient la place des hommes dans presque tous les corps de métiers et commençaient à se libérer et à devenir autonomes. En plus, c’était le début de la robotique, maintenant on parle de corps augmenté, de transhumanisme. Le passager clandestin déniche toujours des ‘petites’ pépites bien agréables à découvrir !

Ils l’ont lu : Anna de ScifiLisons, Georges sur Phénix Web, Lhisbei de RSF blog, Stéphanie de De l’autre côté des livres, d’autres ?

Pour les challenges 2022 en classiques, Littérature de l’imaginaire #10, Mois américain, Petit Bac 2022 (catégorie Famille pour Femme) et S4F3 2022.

Célestopol 1922 d’Emmanuel Chastellière

Célestopol 1922 d’Emmanuel Chastellière.

L’homme sans nom, mars 2021, 416 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-918541-71-4. Sur le site de l’éditeur, il est possible de charger librement la nouvelle Une nuit à l’opéra Romanova (3 parties).

Genres : littérature française, science-fiction, nouvelles.

Emmanuel Chastellière naît en 1981 à Aubenas (en Ardèche) et s’intéresse très jeune aux littératures de l’imaginaire. Il étudie l’Histoire et se lance dans l’aventure Fantasy en 2000 avec Elbakin.net : j’ai l’impression de suivre ce site depuis ses débuts sans connaître les noms de ses créateurs. D’ailleurs je pense avoir découvert Emmanuel Chastellière en tant que traducteur (La chute de la Maison aux Flèches d’Argent d’Aliette de Bodard) avant de le découvrir en tant qu’auteur car c’est cette traduction qui m’a donné envie de le lire. Plus d’infos sur son site et son blog Un mot après l’autre ainsi que sur sa page FB et la page FB de Célestopol.

Vous vous rappelez que j’avais lu et aimé Célestopol (en libretto parce que je ne l’avais pas trouvé aux éditions de l’instant…). Eh bien, voilà, je me lance enfin dans Célestopol 1922 ! Comme pour chaque recueil de nouvelles que je lis, j’aime bien faire un topo et donner un ou deux extraits de chaque nouvelle avant de donner mon avis général sur le livre (le billet est donc un peu long).

Toungouska – Janvier 1922. Ça commence bien puisqu’Arnrún et Wojtek (mes personnages préférés de Célestopol) sont de retour mais… une petite faute page 10 : « Wojtek préféra ne pas rien dire », ne rien dire, c’est mieux (j’espère qu’il n’y aura pas d’autres fautes, vous savez que je n’aime pas ça…). Je rappelle qu’Arnrún est une mercenaire islandaise et Wojtek un ancien soldat dans un corps d’ours qui parle. Ils sont tous deux envoyés en Sibérie (sur Terre donc) par le duc Nikolaï, ‘le prince de la Lune’, car il y a eu un accident en 1908 et une partie de la forêt avait brûlé.

Mon rossignol – On retourne à Célestopol sur la Lune. Alissa une ouvrière qui voudrait faire avancer les droits sociaux et Milan, un député au Parlement, se revoient après huit ans. Mais il n’est pas sûr d’être réélu et de pouvoir faire quelque chose pour elle et ses camarades. D’autant plus que, sur Terre, en Russie, l’impératrice Glorianna a fait passer « par les armes un certain Lénine et ses comparses, après des mois de remous et une prétendue tentative d’assassinat. » (p. 37). Mais la politique n’est pas une tendre amie… Et si Milan la trahissait de la même façon qu’à la fin de leurs études ?

Sur la glace – Pour un gala de patinage au Grand Palais de Céléstopol, le duc Nikolaï invite Victor un grand patineur (et son épouse Colette) mis aux bans de la société par l’impératrice Glorianna. C’est Ajax le majordome automate de Nikolaï qui accompagne partout Victor et, en l’observant s’entraîner sur un étang gelé loin des yeux, il comprend ce qu’a vécu le patineur. Quand le sport et la politique ne font pas bon ménage…

Memento mori – Une famille juive de Bessarabie s’est exilée à Célestopol mais la mère est morte et le père, Joseph Ackerman, médecin très occupé quoique mal payé, n’arrive pas à gérer ses deux filles, Judith 16 ans et Azra 10 ans. La seule chose qui compte pour lui, le memento mori, le petit mausolée consacré à sa défunte épouse. La seule chose qui compte pour les filles, sortir, voir du monde mais elles n’en ont pas le droit. Un cruel drame familial.

Une nuit à l’opéra Romanova – Arnrún et Wojtek ont été embauchés pour protéger les objets à vendre à l’hôtel des ventes, je dis objets mais en fait, la salle est remplie de magiciens et prestidigitateurs qui achètent des tours. Le plus important est le dernier, le n° 50, le Miroir du monde, créé par Buatier de Kolta qui est mort récemment sur scène et l’enchère démarre à deux mille roubles. Sélim le Magnifique l’obtient pour cinq mille roubles et incite tout le monde de venir à sa nouvelle représentation à l’opéra Romanova. « Et je la conclurai… par ce tour ! » (p. 120). Après avoir livré sa malle à l’Ottoman, celui-ci les embauche pour sa propre protection jusqu’au spectacle. Une deuxième faute page 150 : « Je suis désolée, poursuivit Sélim, je n’en aurais toutefois pas pour tout le monde », c’est je n’en aurai (futur pas conditionnel). Incident diplomatique à Célestopol sur fond de magie et d’art !

Le correcteur de fortune – « Pollux […] le cheval de course le plus célèbre au monde » (p. 163) qui gagne toutes ses courses vient d’arriver quatrième au grand prix de l’hippodrome de Célestopol ! Est-ce que Vassili qui vient d’arriver sur la Lune et le ducat d’argent qui ne le quitte jamais y sont pour quelque chose ? Ensuite, il est pour la première fois au Grand Palais pour assister à une compétition d’échecs entre Boris Illivitski, le champion en titre, et un automate, « Ce n’était qu’un torse, avec des mains lui permettant de manipuler les pièces. Mais Vassili n’était pas dupe : cette apparence ne signifiait aucunement qu’il n’était pas capable de jouer, et même de bien jouer. » (p. 174). La chance va-t-elle encore lui sourire ? Une troisième faute page 180 : « Vassili […] fit aussitôt fit volte-face ».

Katarzyna – Après avoir trop bu dans un bar, Kasia, dernière cliente, est abusée par le jeune serveur. « La jeune femme s’enfonça dans les rues, étonnamment déserte cette nuit. » (p. 193). Mais, alors qu’elle est loin des quais, la brume de sélénium est étonnamment haute aussi… Pendant cinq ans, Kasia état pilote pour l’Aéropostale mais elle a arrêté de travailler il y a huit mois… Et elle boit trop, depuis que Piotr, son mari, pilote lui aussi, a disparu… « Son appareil s’était volatilisé quelques heures après le décollage. » (p. 195). Mais lorsqu’elle rentre, un message l’attend avec des coordonnées pour retrouver Piotr !

Le revers de la médaille – Bo-yeong, Coréenne, conçoit des décors en particulier pour le théâtre et vend des livres d’occasion dans sa roulotte ; son mari, Előd est restaurateur de tableaux mais il aimerait vivre de sa peinture. Elle aurait voulu être à l’inauguration de l’amphithéâtre Pierre Curie la veille au soir mais Előd l’avait invitée au théâtre et la pièce lui a déplu… Elle aime lire et tient même un salon de lecture mais… « Dans l’esprit de tout un chacun, lire, entre autres choses, demeurait un loisir frivole. Qui pouvait se permettre de se laisser aller à l’oisiveté quand la crise menaçait ? » (p. 222). Un jour, elle rencontre par hasard une dame et l’invite chez elle à son salon de lecture mais elle ne sait pas que c’est Tuppence Abberline, la maîtresse du duc Nokolaï, qui ensuite lui fera une étrange proposition.

Un visage dans la cendre – Kokorin est un voleur mais il respecte le code d’honneur des Vorovskoy Mir (le monde des voleurs). Or des Cheyennes sont arrivés à Célestopol et ils ne respectent rien… Rien à voir avec les Indiens d’Amérique, ils sont comme les Apaches, les voyous de Paris. «un code que  ces ‘terreurs’ d’un genre nouveau considéraient avec un cynisme et une arrogance extraordinaires. Leurs méthodes, leur manque de discrétion… […] Ils lui étaient tombés dessus à six […] » (p. 238-239). Mais des gamins ont remarqué qu’en une nuit, les chats ont tous disparu alors que, parmi eux, un plus petit, Frigg, était leur mascotte… Kokorin va-t-il retrouver les chats ? Une quatrième faute page 244, « À parti du moment ».

La malédiction du pharaon – Le Caire, septembre 1922. Howard Carter peint pour survivre. Par manque de subventions, les fouilles archéologiques sont arrêtées depuis deux ans : « l’Empire russe de la cruelle tsarine Glorianna et la Nouvelle-France du téméraire Napoléon IV avaient broyé l’Angleterre, littéralement ou presque. » (p. 266). Un soir, il est contacté par un inconnu, Ajax (qui n’est pas un inconnu pour le lecteur), qui lui propose un chantier… sur la Lune ! « En toute discrétion, cela va de soi. » (p. 270). Une semaine plus tard, Carter secondé par des automates découvre un chantier incroyable et des inscriptions avec un alphabet bien plus qu’antique !

Paint Pastel PrincessChez Hécate, un bordel de luxe à Célestopol, enfin « un établissement de standing » (p. 298). Léon, le gardien, a dû mettre dehors, Igor, le chauffagiste qui essayait de violer Hilda, le nouvel automate féminin. Pélagie, une Berlinoise venue s’installer sur la Lune, est une spécialiste des masques « pour les blessés de guerre, les défigurés. […] Des dizaines de masques, bien plus élaborés, bien plus réalistes que la moyenne, qui lui avaient valu la reconnaissance de ces braves jeunes gens et l’intérêt de la maison close. » (p. 301). Léon est un vétéran de la guerre de Crimée mais il n’est pas une gueule cassée, il a perdu une main et porte une prothèse (il ne quitte jamais son gant) ; il est hanté par la colline sur laquelle sont morts presque tous ses camarades. « […] il était là, avec eux. Chaque nuit. Avec les morts, ces éclopés incapables de se faire à leur nouvelle existence, si loin de cette vie qu’ils avaient espéré retrouver. » (p. 306). Une cinquième faute page 329, « Je viendrais vous voir prochainement avec le reste. », de nouveau c’est le futur pas le conditionnel donc je viendrai.

La fille de l’hiver – Décembre 1922. Célestopol prépare Noël et « Les lumières du marché de Noël de Célestopol scintillaient gaiement sous le dôme de verre de la cité lunaire. » (p. 331). Mais les miséreux n’en profitent pas, rares sont ceux qui peuvent s’offrir un vin chaud ou un sachet de marrons… Pourtant une jeune femme en haillons s’aventure sur le marché (illustration de couverture) sous les regards stupéfaits puis méprisants des ‘honnêtes’ gens. Un policier s’approche d’elle mais elle tremble et ses propos sont inintelligibles, à part « Kocht… » et « Ni… Nikolaï » (p. 335) puis elle se met à hurler, « Un cri sauvage, vibrant de souffrance. » (p. 335) à tel point que tout le monde doit se mettre les mains sur les oreilles et à tel point que la statue gigantesque de Nikolaï se fissure et se casse ! Qui est cette fille de l’hiver qui a disparu ? Une sixième faute page 384, « Je ne me serai souvenu de rien », ce n’est pas le futur mais je ne me serais, une septième page 393, « je ne pourrais jamais rentrer chez moi. », ici c’est l’inverse, c’est je ne pourrai, et une huitième page 397, « Anastasia, dès je t’ai aperçue », il manque le que, décidément…

Danser avec le chaos – Janvier 2023, désert de Lirania. Trois jeunes femmes, Elzebeth, Aranaï et Taledine, ont volé un des grimoires sacrés des sorcières de Thran pour l’apporter au Prophète qui est annoncé. « Les Parchemins du Chaos. Tchernobog. Le Dieu Noir. Le Dieu de la Lune. » (p. 404). Mais les jeunes femmes se réveillent dans les ténèbres… « Vous avez dérobé ce qui ne vous appartenait pas […]. Vous vous êtes moquées des ouvrages sacrés de mes disciples. La nuit et l’obscurité règnent ici. Il est temps pour vous de payer le prix de votre audace. » (p. 410). Alors que le duc Nikolaï ne pense qu’à la science, il y a peut-être bien un peu de magie sur la Lune !

Voilà, j’ai lu les 13 nouvelles de ce deuxième recueil de Célestopol et j’ai pris du plaisir à passer cette année 1922 sur la Lune. C’est ma deuxième incursion sur la Lune et j’ai été enchantée de retrouver Arnrún et Wojtek (qui étaient mes personnages préférés de Célestopol comme je l’ai dit plus haut) et j’ai bien aimé Ajax, le majordome du duc Nikolaï (qui peut-être n’apparaît pas auparavant ou alors il ne m’avait pas autant marquée qu’ici). Je passe sur les huit fautes (de grammaire ou d’inattention, citées ci-dessus) et je dis que l’ouvrage est quand même un livre soigné avec ses jolies entêtes de chapitres (une illustration genre architecture de métal et de verre qui correspond très bien à la cité lunaire). Comme dans le premier recueil, ces nouvelles de science-fiction sont spatiales (sur la Lune, sans être du space opera) et rétro-futuristes (un début de XXe siècle différent du nôtre et plus futuriste au niveau technologique) avec son côté steampunk (où la vapeur est remplacée par du sélénium, l’énergie gazeuse sur la Lune). Les nouvelles sont également plus ou moins liées entre elle, en tout cas, il y a un fil directeur qui les relie (par exemple, dans Un visage dans la cendre, c’est sûrement Joseph, le médecin de Memento mori que Kokorin voit ivre à l’auberge, et dans La fille de l’hiver, le lecteur retrouve Judith, une des deux filles de Joseph, il y a comme un petit côté Comédie humaine avec ces personnages qui (ré)apparaissent). De plus, le style de l’auteur est fluide, maîtrisé, il a toujours le mot juste, il ne s’étale pas, il écrit ce qu’il faut pour que les nouvelles aient la bonne taille et leur chute est souvent terrible. Il y a bien sûr des clins d’œil à Jules Verne, à Lovecraft, entre autres. Les sujets abordés sont souvent douloureux comme la guerre, l’espionnage, la pauvreté et la lutte sociale, l’exil, la politique, des choses que, peut-être le duc Nikolaï aurait voulu laisser sur Terre mais qui malheureusement persistent sur la Lune, mais il y a aussi de l’art, de la magie, du sport, des amitiés et même des chats. Célestopol 1922 a été nominé pour plusieurs prix littéraires en 2021 et 2022.

Ils l’ont lu : Aelinel de La bibliothèque d’Aelinel, Amanda sur Les Fantasy d’Amanda, Apophis de Le culte d’Apophis, Boudicca sur Le Bibliocosme, CélineDanaé de Au pays des CaveTrolls, Le Chien critique, Les chroniques du Chroniqueur, Dup de Bookenstock, La Geekosophe, Gromovar de Quoi de neuf sur ma pile, Karine sur ImaJnère, Lhisbei de RSF blog, Lorhkan, Lune de Un papillon dans la Lune, Maks de Un bouquin sinon rien, Nicolas sur Just a Word, Le nocher des livres, Sometimes a book, Stéphanie sur De l’autre côté des livres, Symphonie de L’imaginaerum de Symphonie, Le syndrome Quickson, Yuyine, Zina sur Les pipelettes en parlent, Zoé prend la plume, d’autres ?

Pour les challenges Littérature de l’imaginaire #10, La bonne nouvelle du lundi, Petit Bac 2022 (catégorie Chiffres pour 1922), Textes courts (nouvelles entre 14 et 60 pages) et Vapeur et feuilles de thé.

Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre

Le chant des Fenjicks de Luce Basseterre.

Mnémos, septembre 2020, 336 pages, 21 €, ISBN 978-2-35408-794-4.

Genres : littérature française, science-fiction.

Luce Basseterre naît en 1957 à Toulon et vit quelques années au Québec. Elle est nouvelliste et romancière (son premier roman, Les enfants du passé, est paru en 2016 aux éditions Voy’el (parution au Livre de poche en 2022). Plus d’infos sur son site officiel et sur sa page FB.

Après avoir lu La débusqueuse de mondes de Luce Basseterre (en poche, en 2019), excellent roman, coup de cœur même, j’avais très envie de lire son premier roman Les enfants du passé (paru en 2016 mais pas facilement trouvable… et enfin paru en poche en ce début d’année, chouette !) et son nouveau roman Le chant des Fenjicks qui est en fait une préquelle à La débusqueuse de mondes. Mais, tout vient à point à qui sait attendre !

Dans un monde dirigé par les Chalecks, la reproduction est contrôlée par un cyberparasite. Un cyberparasite que Smine Furr, un félidé stérile, a réussi à shunter. C’est qu’il existe une certaine opposition dans l’Empire. Quelques mots sur les Chalecks, ce sont des créatures reptiliennes hermaphrodites, beaucoup sont caméléonïdes mais il y a aussi des Yerlings, des Fnuts, des D’jyné et d’autres batracidés (je pense comme la capitaine D’Guébachakarakt surnommée D’Guéba, une grenouille Caudata, la débusqueuse de mondes). Mais là, nous sommes sur la planète Imbtoj habitée par des Imbtus (des félidés) et inféodée à l’Empire Chaleck.

Après la visite de contrôle de Smine Furr, apparaît dans le ciel un fenjick (son nom est Koba, ça vous rappelle quelque chose ?) : ce sont des vaisseaux mais ce sont des mammifères, ils sont vivants, cependant leur transhumance est menacée car les Chalecks les attrapent… « Le mammifère cosmique se rapproche. Défiant toutes lois naturelles, il nage dans l’air comme un poisson dans l’eau. C’est beau. Incroyablement beau. Il tourne en rond. Compterait-il se poser ? J’en frissonne. » (p. 9). En fait, des Fenjicks, il n’y en a presque plus… Les Chalecks leur mettent un implant pour les contrôler et ils deviennent des cybersquales. « Une écoutille […] s’ouvre. Chacun retient son souffle. C’est une félidé qui se présente sur le seuil, elle est aussitôt acclamée. L’almadur Karim Shayak, grande prêtresse de l’opposition et de la résistance à l’envahisseur chaleck. » (p. 10).

Peu de temps après, Smine Furr est convoquée dans le bureau de Li capram Jöns pour y être interrogé sur unæ collègue puis est promu comme secrétaire (sédail) de Li capram Lô Nifl Ere au Palais des Résidents Permanents. « Te rends-tu compte que tu tiens peut-être une occasion inespérée de prouver ta théorie sur le rôle des biocoms dans la stérilité qui vous frappe ? » (p. 30). Idaho, une amie, veut l’embarquer dans la résistance… et Smine Furr est arrêté…

En parallèle, on suit Waü Nak Du, un biologiste chaleck qui étudie les fenjicks. « Dans quelle situation me suis-je mis ? Qu’est-ce qui m’a pris à l’époque de vouloir sauver ces bestiaux ? » (p. 34). Avec son cybersquale matricule PH420 KP, il escorte de Yuna Hô jusqu’aux Outremarges, trois jeunes fenjicks, Ichu, Nadu et Udu (à vrai dire dans l’espoir d’attirer des fenjicks adultes pour en faire des cybersquales). Mais lorsqu’ils sont attaqués, les trois jeunes décrochent… « Je ne comprends pas leur chant, mais je l’entends. Il m’arrive sur la même fréquence que les plaintes des jeunes que nous convoyons. » (le vaisseau, p. 108). « J’ai beau vérifier, aucune émission d’aucune sorte n’est enregistrée par aucun journal. […] Je ne comprends plus ou trop bien. Je ne suis plus sûr de rien. Le banc de squales continue de nous harceler. Ils nous entraînent, impossible de leur échapper. » (Waü Nak Du, p. 108). Le matricule PH420 KP, devenu Samtol, s’est libéré en libérant les trois jeunes et il essaie de retrouver sa mémoire effacée mais, imaginez la fureur de Waü Nak Du.

Après avoir suivi Smine Furr et Waü Nak Du, les lecteurs suivent aussi les cybersquales Koba avec Smine Furr (content d’avoir échappé à la prison) et Samtol avec Waü Nak Du (en colère d’avoir foiré sa mission et effrayé par ce qu’il va devoir dire à ses supérieurs, euh s’il les revoit un jour !). Mais tous les fenjicks ne sont pas encore délivrés et Smine Furr et Waü Nak Du sont emprisonnés… « […] dans le cas des fenjicks, comment aurions-nous pu imaginer que ces créatures puissent ressentir quelque chose ? Qu’elles puissent souffrir, vouloir rester libres ? » (p. 192).

Un pur bonheur ce roman space opera ! Il est aussi imagé et inventif que La débusqueuse de mondes. Même s’il n’y a plus l’effet de surprise, le style, la construction du roman, les personnages, les planètes, l’action et l’imagination de Luce Basseterre sont bien là ! Par contre, je ne vais pas mettre un coup de cœur à cause du point que je développe ci-dessous.

Il faut s’y habituer : pour dire il ou elle (les créatures étant hermaphrodites), l’autrice utilise le terme maintenant connu de ‘iel’ ainsi que ‘ciel’ pour celui ou celle (et les pluriels qui vont avec, ‘iels’ ou ‘ciels’). Pour dire le ou la ou les dans, par exemple je le vois ou je la vois ou je les vois, l’autrice utilise ‘li’ ce qui donne ‘je li vois’. Pour parler d’un ou une collègue (par exemple), elle utilise ‘unæ’ (terme que je n’avais vu) et ses variantes, ‘chacunæ’, ‘quelqu’unæ’… Pour mon et ma, elle utilise ‘man’. C’est un peu compliqué pour moi et ça a ralenti ma lecture…

Iels l’ont lu : Camille de La Geekosophe, CélineDanaë d’Au pays des CaveTrolls, Le Chien Critique, Les chroniques du Chroniqueur, Eleyna de La bulle d’Eleyna, FeyGirl de Les chroniques de FeyGirl, Le Galion des étoiles, Lhisbei de RSF Blog, Marie Aryia de Les mots étaient livres, Stéphanie d’Outrelivres,

Pour les challenges Club de Vendredi Lecture – RattrapageLittérature de l’imaginaire #10 et S4F3 2022.