En coup de vent… /37

Vous aimez les surprises ? Moi oui ! Enfin… les bonnes surprises ! Ce soir, je rentre du travail (la reprise a été difficile hier matin…), j’étais passée à la poste pour récupérer un colis (j’étais contente d’avoir reçu ce paquet) puis j’arrive chez moi, j’ouvre la boîte aux lettres et… un autre paquet ! Sur le moment, j’ai cru que c’était déjà un premier roman de la rentrée littéraire pour les 68 premières fois. Mais non, c’était un super cadeau de Noctenbule du blog 22 h 05 rue des Dames. Merci, merci beaucoup, Noctenbule ! « Je t’envoie une ou deux petites cartes pour ton anniversaire » m’avait dit Noctenbule, mais dans le paquet, joliment décoré et timbré, j’ai trouvé 4 jolies cartes, 2 marques-pages (mon préféré est bien sûr celui d’inspiration asiatique que vous voyez à droite sur la photo ci-dessous), 3 sachets de thé ou infusion (je n’en connais aucun mais j’ai d’autres parfums de ces thés anglais bio Clipper), une recette de cuisine secrète, un ruban et un ballon bleus (que le matou a essayé de subtiliser !) et un petit paquet en papier kraft. Elle m’a gâtée, Noctenbule ; que je suis contente ! Dans le papier kraft, un livre et j’ai eu la surprise de découvrir un classique que je ne connaissais pas du tout : Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly (1864-1922) et, comme vous pouvez le voir sur la deuxième photo ci-dessous, Noctenbule a même prévu que ce tour du monde se ferait en ballon ! « Défier Jules Verne et son Phileas Fogg ? C’est l’ambitieux projet de Nellie Bly et de son journal, le New York World. C’est en femme, en journaliste et en solitaire qu’elle entame cette traversée en novembre 1889, chargée d’un unique sac à main. Une première. Et en 72 jours, elle boucle cette expédition, qui est autant une ode à l’audace et à la détermination qu’une lutte pour l’émancipation des femmes. » dit la 4e de couverture ; j’adore l’idée ! Alors, encore une fois, un gros merci Noctenbule, bises 🙂 Et pourquoi pas une lecture commune de ce récit de voyage pour le 14 novembre à 9 heures 40 (date et heure où Nellie Bly est partie en 1889) ?

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Mois américain – septembre 2017

Sixième édition pour le Mois américain de Titine du blog Plaisirs à cultiver. Logo, infos, inscription chez Titine plus le groupe FB et le récapitulatif. Il y a des lectures communes mais je n’ai pour l’instant aucun des titres sélectionnés.

Mes billets pour ce Mois américain

1. Entropia (Autre-Monde, 4) de Maxime Chattam (l’auteur n’est pas Américain mais mais le roman se déroule aux États-Unis)

Cannibal Lecteur a fait plusieurs logos, voici mes deux préférés :

Les montagnes hallucinées de Lovecraft et Culbard

Les montagnes hallucinées de H.P. Lovecraft et Ian Culbard.

Akiléos, novembre 2010, 128 pages, 978-2-35574-079-4. En fait, depuis qu’une autre bande dessinée, Quatre classiques de l’horreur, [lien Akiléos] adaptés par Ian Culbard est parue en novembre 2016, la bande dessinée seule des Montagnes hallucinées n’est plus au catalogue.

Genres : bande dessinée anglaise, science-fiction, horreur.

H.P. Lovecraft : je vous renvoie au billet du Printemps Lovecraft et à la note de lecture de Les montagnes hallucinées parue fin mai.

Ian Culbard (aucune information sur sa date de naissance) est un dessinateur de bande dessinée né à Greenwich à Londres dans une famille d’origine polonaise. Il a déjà illustré plusieurs œuvres d’Arthur Conan Doyle (Sherlock Holmes) et de H.P. Lovecraft. Il a même un peu vécu en Ardèche (c’est le département d’à côté !… pour moi s’entend !). Il a aussi travaillé dans les mondes de l’animation et de la publicité. Pour la bande dessinée des Montagnes hallucinées, il a reçu, en 2011, le Prix British Fantasy du Meilleur comics ou roman graphique.

Cette bande dessinée est une fidèle adaptation du récit de Lovecraft. Le narrateur est le Pr William Dyer ; son expédition est partie de Boston le 2 septembre 1930 avec deux bateaux : le Miskatonic (nom de l’université en fait) et l’Arkham, et cinq avions à monter sur place. Les scientifiques émérites sont le Pr Lake (biologiste), le Pr Pabodie (ingénieur), le Pr Atwood (physicien et météorologiste) et le Pr Dyer (géologue), plus seize assistants (des étudiants diplômés) et neuf mécaniciens qualifiés. Notez qu’il n’y a aucune femme… mais je ne crie pas à la misogynie, c’est l’époque qui voulait ça… Le 8 novembre, les bateaux arrivent au Détroit de McMurdo avec au loin le Mont Erebus, et le 9 novembre, tout le monde s’installe sur l’île de Ross pour le campement provisoire. Ces endroits sont déjà nommés car il y a eu une expédition de reconnaissance auparavant, l’expédition Scott et Shackleton. Ensuite, c’est l’inconnu pour eux et, comme je le disais dans ma note de lecture, l’auteur a laissé son imagination s’enflammer (qui ira vérifier ses dires ?) et, pour le plus grand bonheur des lecteurs, les illustrations de Culbard sont fantastiques ! Forages, expédition à l’intérieur de la terre gelée, découverte de « trois curieux fragments d’ardoise » avec des inscriptions. Le 22 janvier, le Pr Lake et une équipe réduite partent à l’ouest, découvrent d’autres fragments d’ardoise, « une chaîne de montagnes plus grande qu’aucune autre qu’il n’ait jamais vue », une caverne avec treize êtres au corps étrange et carrément une immense cité dans la glace. Mais comme plus personne ne donne de nouvelles, Dyer et le jeune Danforth partent en avion à la recherche de leurs collègues et des chiens disparus. Eux aussi découvrent la gigantesque cité dans la glace et… l’horreur ! Comme je le disais dans ma note de lecture, grosses références au Nécronomicon, aux Anciens, etc., un récit horrifique très imaginatif et imagé que la bande dessinée exprime parfaitement bien.

J’ai passé un très bon moment avec cette bande dessinée ! À vrai dire, je l’ai lue avant le texte de Lovecraft – histoire de me mettre dans le bain – mais pour le Printemps Lovecraft, je voulais quand même publier ma note de lecture du « véritable » texte avant la note de lecture de l’adaptation en bande dessinée.

J’ai remarqué quelques fautes : « nos craintes nos craintes », « quatre heures et et demie » et « deux semaines arpès » qui ont été corrigées dans Quatre classiques de l’horreur dont j’ai parlé plus haut.

Si H.P. Lovecraft était Américain, Ian Culbard est Anglais donc je mets cette bande dessinée dans le Mois anglais (le 6 juin, le thème retenu est BD). Je la mets aussi dans les challenges BD, Littérature de l’imaginaire et Un genre par mois (en juin, le genre est la bande dessinée).

Les montagnes hallucinées de H.P. Lovecraft

Les montagnes hallucinées de H.P. Lovecraft.

J’ai lu, collection Science-fiction, octobre 1996, réédition juin 2016, 256 pages, 5 €, ISBN 978-2-29031-905-5. At the Fountains of Madness (1932) est traduit de l’américain par Simone Lamblin.

Genres : littérature américaine, science-fiction, horreur.

H.P. Lovecraft : voir sa biographie et sa bibliographie dans le billet du Printemps Lovecraft.

« Je suis obligé d’intervenir parce que les hommes de science ont refusé de suivre mes avis sans en connaître les motifs. C’est tout à fait contre mon gré que j’expose mes raisons de combattre le projet d’invasion de l’Antarctique […] » (p. 7). Voici comment débute le récit du Pr William Dyer ; il souhaite en effet, pour le bien de l’humanité, empêcher l’expédition Starkweather-Moore. « Ce continent antarctique avait été tempéré et même tropical, avec une végétation luxuriante et une vie animale dont les lichens, la faune marine, les arachnides et les manchots de la côte nord sont, comme chacun sait, les seuls survivants et nous espérions élargir cette information en diversité, précision et détail […]. » (p. 9-10). L’expédition du Pr Dyer était prévue « en un seul été antarctique » (p. 15) mais il y avait une possibilité d’hivernage pour les vingt hommes et les cinquante-cinq chiens de traîneaux d’Alaska. Le voyage s’est bien passé et l’expédition commence bien : forages, vols d’observation, mirages, spécimens collectés, fragments, « espoirs fous de révolutionner les sciences en biologie et en géologie » (p. 20). Alors que l’expédition proprement dite est prévue à l’est, le Pr Lake qui a trouvé d’étranges fragments d’ardoise souhaite partir à l’ouest. L’équipe se scinde donc en deux : Lake et son équipage vont à l’ouest et le reste l’attend. Lake découvre d’immenses sommets et une caverne avec des vertébrés fossiles (quatorze êtres mi animaux mi végétaux avec des ailes membranes, dont huit en parfait état) puis un souterrain secret. « Charrié depuis les jungles inconnues de fougères arborescentes et de champignons du mésozoïque, les forêts de cycas, de palmiers-éventails et d’angiospermes primitifs du tertiaire, ce pot-pourri osseux contenait plus de spécimens du crétacé, de l’éocène, et de diverses espèces animales que le plus éminent paléontologue n’en pourrait dénombrer ou classer en un an. Mollusques, carapaces de crustacés, poissons, batraciens, reptiles, oiseaux et premiers mammifères – grands et petits, connus et inconnus. » (p. 28). Mais le lendemain, il est impossible de joindre l’expédition du Pr Lake… Tempête ? Phénomènes électriques ? Le surlendemain, le Pr Dyer et le jeune Danforth partent en avion en mission de reconnaissance et si possible en opération de secours mais ils découvrent l’horreur ! « On eut dit une cité cyclopéenne d’une architecture inconnue de l’homme et de l’imagination humaine, aux gigantesques accumulations de maçonnerie noire comme la nuit, selon de monstrueuses perversions des lois géométriques et jusqu’aux outrances les plus grotesques d’une sinistre bizarrerie. […]. » (p. 47).

Une des questions que se posent les scientifiques est : « la Terre aurait-elle déjà connu « un cycle entier ou plusieurs cycles de vie organique ? » (p. 30). Comme vous le voyez avec les extraits ci-dessus, Lovecraft s’en donne à cœur joie, l’Antarctique étant un continent encore inconnu, il laisse aller son imagination, s’inspire sûrement de ce que ces contemporains connaissent de l’Arctique, tout semble plausible, mais de toute façon, en ce début du XXe siècle, qui ira vérifier ? Et dans ces « montagnes les plus hautes du monde », ces êtres organiques qui avaient une vie à la fois marine, terrestre et aérienne seraient-ils les Anciens dont parle le Nécronomicon ? Ce serait une découverte sensationnelle ! « le clou de l’expédition », « scientifiquement, c’est la gloire » (p. 36). Ces êtres non humains composés de « pas du sang mais un liquide épais, vert foncé », « dégageant une odeur forte et repoussante » (p. 38) ont-ils servi de modèle aux petits-hommes verts de fiction ? « Les mythes primitifs des Grands Anciens , qui descendirent des étoiles pour inventer la vie sur Terre par plaisanterie ou par erreur, et les contes extravagants des être cosmiques des collines d’Ailleurs que racontait un collègue folkloriste du département anglais de Miskatonic. » (p. 40).

On peut en tout cas noter les erreurs commises par les scientifiques : explosions, stalactites abattues pour améliorer les fouilles… Malgré ces petites erreurs, il y a chez Lovecraft de grandes connaissances scientifiques et architecturales, une rigueur technique, ainsi le lecteur pense que cette expédition a vraiment eu lieu ! Il y a non seulement de nombreuses références à l’univers que Lovecraft a créé (les Anciens, le Nécronomicon, les Shoggoths, tout ce qui est mystérieux, surnaturel, décadent même) mais aussi des clins d’œil à Jules Verne (monde souterrain et ses créatures), à Edgar Allan Poe (horreur) et même à la Bible avec « le regard en arrière » (comme celui de l’épouse de Loth) : instinct ? curiosité ?

L’auteur raconte « contre son gré » mais prend un grand plaisir finalement à donner tous ces détails à ses lecteurs (avides et curieux !) tout en les mettant encore en garde (à titre individuel même, c’est plus marquant) : « Les mots qui parviendront au lecteur ne pourront jamais suggérer seulement l’horreur du spectacle. Il paralysa si totalement notre conscience que je m’étonne qu’il nous soit resté assez de bon sens […]. L’instinct seul a dû nous guider, mieux peut-être que ne l’eut fait la raison […]. De raison, nous n’en avions plus guère. » (p. 147).

Alors, une petite balade en Antarctique pour voir ces montagnes gelées, cette incroyable cité immense et ces êtres cauchemardesques ?

L’histoire Les montagnes hallucinées compte 150 pages (je vous présenterai le récit suivant, Dans l’abîme du temps, une centaine de pages, une prochaine fois) alors court roman ou longue nouvelle ? Elle fut la première fois publiée comme nouvelle dans la revue Weird Tales en 1933. Elle est considérée aux États-Unis comme une novella (plus longue qu’une nouvelle classique mais plus courte qu’un roman). Alors je mets bien cette lecture dans La bonne nouvelle du lundi, Classiques, Littérature de l’imaginaire, Printemps Lovecraft et Un genre par mois (classique ou théâtre).

 

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia

L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia.

Le Belial, février 2017, 272 pages, 20 €, ISBN 978-2-84344-913-0. The Alchemy of Stone (2008) est traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti.

Genres : littérature russo-américaine, science-fiction.

Ekaterina Sedia naît Ekaterina Holland le 9 juillet 1970 à Moscou en Russie. Elle est non seulement écrivain (romans, nouvelles) mais aussi professeur de botanique et d’écologie dans le New Jersey car elle vit aux États-Unis depuis le début des années 90. Plus d’infos sur http://www.ekaterinasedia.com/ (site et blog).

Mattie est une Automate émancipée, devenue une Alchimiste, créée par Loharri, un Mécanicien. Elle vit à Ayona, « une ville immense, sombre et secrète ». Les Gargouilles, un peuple minéral très secret, lui demandent de l’aide. « Elles trouvent leur espérance de vie trop brève et leur destin trop cruel. » (p. 16). Mattie est également embauchée par Iolanda pour des potions mais hésite à trahir son créateur. Elle va rencontrer le Fûmeur d’âmes que tout le monde craint et Sébastien, un révolutionnaire activement recherché.

Sous couvert de science-fiction, mi steampunk mi urban fantasy, ce roman aborde de nombreux thèmes importants : mécanisation, technologie et progrès, immigration, condition des femmes, rôle de chacun dans la société, mémoire du passé, mouvement révolutionnaire, terrorisme… ! Voici quelques extraits qui en témoignent :

« Tu es devenu mécanicien parce qu’élevé par une mère alchimiste. Je suis devenue alchimiste parce que créée par un mécanicien. » (p. 89).

« Ça me déplaît autant qu’à toi, Mattie, mais c’est une affaire de politique. Les gens ont peur. Ils ont besoin de victimes expiatoires. » (p. 153).

« Les femmes ressemblaient aux gargouilles : respectées en théorie, mais dissimulées à ceux qui dirigeaient la ville, elles vivaient dans l’obscurité, dans les interstices de l’existence. » (p. 158).

« Nous avons tous notre rôle à jouer. Sinon, la société ne pourrait pas fonctionner. » (p. 184).

« […] parfois, mieux valait ne rien voir, ne rien savoir. » (p. 222).

L’alchimie de la pierre est le premier roman d’Ekaterina Sedia traduit en français (merci aux éditions Le Bélial !) mais en fait le troisième roman de l’auteur. À noter, qu’en plus de la très belle illustration couleur de couverture, il y a quelques illustrations noir et blanc de Nicolas Fructus. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire L’alchimie de la pierre (qui a reçu le Prix James Tiptree Jr. en 2009). Ce roman – à la fois poétique et apocalyptique avec de très belles descriptions – montre bien tous les rouages d’une société et se révèle être d’une grande intelligence et maîtrise. Car, dans cette ville de pierre et de métal, il faut se battre pour vivre. Je veux lire d’autres titres d’Ekaterina Sedia (en plus, elle aime les chats !).

Une excellente lecture que je mets dans les challenges Littérature de l’imaginaire et Rentrée littéraire janvier 2017.

Reconnaissance de dette de F.S. Fitzgerald et America

Reconnaissance de dette est une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald qu’il est possible de lire dans le n° 1 d’America (pages 120 à 133) avec une traduction de Marc Amfreville.

Francis Scott Fitzgerald (1896-1940) est l’écrivain chef de file de la « Génération perdue » (courant littéraire américain de l’entre-deux guerre).

Le narrateur est éditeur et tant pis s’il ne découvre pas de grands auteurs, ce qu’il veut c’est gagner de l’argent : « Vous penseriez comme moi si vous étiez éditeur. » (p. 122). Six mois auparavant, il a publié L’Aristocratie du monde des esprits du Dr Harden, un témoignage dans lequel le célèbre scientifique explique comment il est entré en contact avec Cosgrove Harden, son neveu mort à la guerre. Trois cent mille exemplaires à deux dollars cinquante pièce, faites le calcul ! Mais il s’avère que ce livre est une supercherie, le jeune homme étant en fait bien vivant… « C’est de la fiction ! Il remplit tous les critères d’une œuvre de fiction : ce n’est qu’un long mensonge à l’eau de rose. (p. 125) dénonce Cosgrove Harden. « Qu’avez-vous fait ? Vous avez fait de lui la risée de tous ! Vous l’avez ramené à la vie sous les traits d’une créature surnaturelle qui envoie des messages idiots sur les fleurs, les oiseaux et le nombre de plombages de George Washington. » (p. 128) reproche Miss Thalia, la fiancée éplorée et en colère. Avec un humour jubilatoire et une sacrée ingéniosité dans le style et la narration, Francis Scott Fitzgerald raconte dans Reconnaissance de dette comment tout faire foirer pour 3 dollars et quatre-vingt cents… C’est aussi une réflexion sur le métier de l’éditeur et sur la notion de fiction : « Qu’est-ce qu’un témoignage ? Qu’est-ce qu’une fiction ? Francis Scott Fitzgerald n’a que 24 ans lorsqu’il écrit cette nouvelle, et son talent éclate déjà. » nous dit America (p. 121).

Une belle surprise pour La bonne nouvelle du lundi organisée par Martine et deux autres bonnes nouvelles en bonus (décidément il y avait déjà plusieurs bonnes nouvelles lundi dernier !) :

Reconnaissance de dette est dans Je me tuerais pour vous et autres nouvelles inédites de Francis Scott Fitzgerald, un recueil à paraître le 29 mars 2017 en coédition entre Fayard et Grasset (480 pages, 23 €) : une très bonne nouvelle effectivement et je ne manquerai pas de lire les autres nouvelles de l’auteur de L’étrange histoire de Benjamin Button (1921) et Gatsby le magnifique (1925).

America est une nouvelle revue littéraire sous forme de mook (contraction de magazine et de book) sous-titrée « L’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue » dont le premier numéro vient de paraître. Créée par François Busnel (La Grande Librairie) et Éric Fottorino (Le 1), cette revue parlera de la littérature américaine pendant 4 ans (les 4 ans du mandat de Donald Trump) et, à raison de 4 numéros trimestriels par an, il y aura en tout 16 numéros (lorsque les 16 numéros seront alignés, leurs tranches formeront la carte des États-Unis). Elle est un peu chère : 19 € pour 196 pages mais elle vaut vraiment le coup. C’est bien simple, la Maison de la presse dans laquelle je me fournis en avait reçu 25 exemplaires mercredi matin et lorsque j’ai acheté mon exemplaire samedi soir en sortant du travail, c’était le dernier ! Preuve que la littérature américaine et qu’une nouvelle revue littéraire intéressent au plus haut point les lecteurs. Bon, je n’ai pas encore tout lu car America est vraiment dense mais ce que j’ai lu et vu (portfolio Un regard sur l’Amérique de Vincent Mercier par exemple) est… top ! Avec Francis Scott Fitzgerald donc, mais aussi Toni Morrison (marraine de la revue), Colum McCann, Louise Erdrich, Jay McInerney, Douglas Kennedy, Philip Roth, Russell Banks, John Irving, Alain Mabanckou, etc., et même Barack Obama (qui se reconvertirait dans l’écriture ?) : America est faite par des écrivains pour les lecteurs soucieux de littérature et de connaissance des classiques (ici Moby Dick) et du monde contemporain. À découvrir de toute urgence! Plus d’infos sur http://www.america-mag.com/.

Je mets aussi Reconnaissance de dette dans le challenge Classiques du Pr Platypus.

Annihilation de Jeff VanderMeer

annihilation1Annihilation de Jeff VanderMeer.

Au Diable Vauvert, mars 2016, 223 pages, 18 €, ISBN 979-10-307-0021-3. Annihilation (2014) est traduit de l’américain par Gilles Goullet.

Genres : littérature américaine, science-fiction, horreur.

Jeff VanderMeer naît le 7 juillet 1968 en Pennsylvanie. Il est écrivain, éditeur et membre du mouvement littéraire New Weird (littérature de l’imaginaire plutôt horreur) inspiré par Lovecraft entre autres. Du même auteur : La cité des saints et des fous (Calmann-Lévy, 2006, recueil de nouvelles). Plus d’infos sur le site officiel de l’auteur, http://www.jeffvandermeer.com/.

« Toute cette région était désertée depuis des décennies, pour des raisons qui ne sont pas faciles à raconter. Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans et la majeure partie de l’équipement de nos prédécesseurs avait rouillé, leurs tentes et abris ne protégeant plus grand-chose. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d’entre nous n’en voyait encore la menace. » (p. 7). Cette douzième expédition, c’est quatre femmes : une biologiste (la narratrice), une anthropologue, une géomètre et une psychologue. « Notre mission était simple : poursuivre l’enquête gouvernementale sur les mystères de la Zone X en progressant lentement à partir du camp de base. » (p. 8). Mais rapidement, elles découvrent une « tour » qui s’enfonce sous terre et qui n’est sur aucune carte des missions précédentes, et elles se rendent compte qu’il se passe des choses étranges… La biologiste, contaminée par des spores, comprend que la tour est organique. « La tour était silencieuse, elle retenait son souffle, son cœur battait soudain plus lentement et de beaucoup plus loin, ou peut-être n’entendais-je que le sang en train de circuler à toute vitesse dans mon crâne. » (p. 71).

UnGenreParMoisWeird vous avez dit weird ! Annihilation, premier tome de La trilogie du Rempart Sud (les tomes suivants s’intituleront Authority et Acceptance) qui a reçu le Prix Nebula du meilleur roman en 2014, est angoissant au possible ! Quel est cet Événement qui a créé la Zone X ? Une catastrophe environnementale ? Des expériences militaires ? Autre chose qui donnerait une explication à des phénomènes incompréhensibles ? Malgré les disparitions, meurtres, suicides, troubles mentaux graves et cancers foudroyants des membres des anciennes expéditions, « Pourquoi continuaient-ils de nous envoyer là ? Pourquoi continuions-nous d’y aller ? » (p. 137) et « […] certaines questions vous détruiront si la réponse vous est trop longtemps refusée. » (p. 192). Au fur et à mesure des souvenirs et de l’avancement du récit, le lecteur en apprend plus sur la biologiste, son enfance, sa passion pour le vivant et les écosystèmes, sa relation avec son époux qui rentra complètement changé d’une mission précédente, sa motivation pour être de cette mission. Mais il faut se méfier des mots, se méfier de ses sens, et surtout ne pas lire ce roman le soir si vous ne voulez pas faire de cauchemars ! J’ai hâte que la suite paraisse. De plus, un film réalisé par Alex Garland (auteur de romans et de nouvelles, scénariste pour le cinéma et le monde du jeu vidéo, et réalisateur anglais né en 1970) devrait arriver sur les écrans en 2017.

LitteratureImaginaire2016Un roman de science-fiction horreur que je présente pour Un genre par mois dans le genre fantastique ou horreur (Bon sang, mais je me suis trompée, j’ai cru que ce genre était celui de novembre !!! Décidément je suis en décalage avec ce challenge…) et que je mets bien sûr aussi dans Littérature de l’imaginaire qui se termine fin décembre.