La cuillère de Dany Héricourt

La cuillère de Dany Héricourt.

Liana Levi, août 2020, 240 pages, 19 €, ISBN 979-1-03490-314-6.

Genres : littérature franco-anglaise, premier roman.

Dany Héricourt… Je n’ai rien trouvé de plus que ce qu’en dit l’éditeur : « De mère britannique et de père français, Dany Héricourt a grandi au Ghana et au Royaume-Uni, avant de s’installer en France. Après des études de théâtre, elle s’engage dans l’humanitaire. Aujourd’hui, elle travaille dans l’industrie du cinéma en tant que coach de jeu et de dialogue, elle a notamment collaboré avec Éric Rochant, Thomas Vinterberg et Ralph Fiennes, et adapté la série The Eddy pour Netflix. Elle est l’auteure de trois livres dans les domaines érotique, pratique et jeunesse. La cuillère (août 2020) est son premier roman. »

Voici le préambule que j’aime beaucoup. « Mon grand-père, qui est anglais, aime dire que la Grande Histoire engendre toutes les petites histoires de notre existence. Ma grand-mère, qui est galloise, réplique que c’est l’inverse, c’est la somme de toutes nos petites histoires qui fabrique l’Histoire avec un grand H. Alors, où naissent les petites histoires ? grogne mon grand-père. Dnas les draps, les perles et l’argenterie chez les fortunés. Dans la boue, les choux et les cailloux chez les gens comme nous, répond-elle. » (p. 11). Alors vous êtes plutôt du côté du grand-père ou de la grand-mère ? Moi, du côté grand-mère.

Hôtel des Craves, Pays de Galles. 1985. Dans la famille de Seren : le père (Peter), la mère (Kate), les grands-parents maternels (Pompom et Nanou), les deux frères (Dai et Al pour Aled) et le Labrador.

Seren (Madeleine Lewis-Jones) n’a pas encore 18 ans lorsque son père meurt. À côté de la tasse de thé que son père a bue, elle voit une cuillère qu’elle n’avait jamais vue auparavant. « Elle vient d’où cette cuillère ? » (p. 17).

Grâce à Pompom, Seren apprend que la cuillère est assortie à une coupelle, « un taste-vin bourguignon » (p. 21).

En septembre, Seren intégrera la Welsh Academy of Arts mais, durant l’été, elle décide d’aller en France.

« L’apparition de la cuillère est la seule chose intéressante qui soit arrivée depuis des semaines. Conclusion : quitte à me perdre, autant le faire en traquant ses origines. » (p. 54). Dans la vieille Volvo de son père, direction Paris et la Bourgogne. « Visite les caves, montre ta cuillère et ramène au moins une caisse de rouge, s’il te plaît. » (Pompom, p. 70).

Seren va faire le tour des châteaux, particulièrement ceux en B puisque les armoiries sur la cuillère sont B&B. Après que la Volvo soit tombée en panne, elle est accueillie par Colette et Pierre Courtois au château de Ballerey. « – C’est un château assez rustique. Tu en as visité combien pour l’instant ? – Ballerey est le cinquième. – Espérons que ce soit le bon ! » (p. 144).

Un très joli premier roman. Les chapitres sont courts, la lecture est légère et divertissante ; certains moments sont drôles comme par exemple au cinéma ou avec les Allemands naturistes.

Il y a un truc de bien dans ce roman, c’est que, comme il se déroule en 1985, pas de téléphone portable, pas d’Internet, Seren fait ses recherches dans des encyclopédies et des atlas.

Un roman sans prétention mais une lecture vraiment agréable que je mets dans les challenges 1 % rentrée littéraire 2020, Petit Bac 2020 (catégorie Objet pour cuillère) et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

La Source au bout du monde (tome 1) de William Morris

La Source au bout du monde (tome 1) de William Morris.

Aux Forges de Vulcain, novembre 2016, 400 pages, 28 €, ISBN 978-2-37305-016-5. The Well at the World’s End (1896) est traduit de l’anglais par Maxime Shelledy et Souad Degachi. Je l’ai lu en poche : Libretto, octobre 2017, 464 pages, 11,30 €, ISBN 978-2-36914-378-9.

Genres : littérature anglaise, fantasy, classique.

William Morris naît le 24 mars 1834 à Walthamstow dans l’Essex (Angleterre). Dès l’enfance, il aime les merveilles, la forêt, les histoires de chevaliers, les Waverley Novels de Walter Scott et même Les mille et une nuits. Il étudie la théologie à Oxford puis l’architecture et la peinture. Il épouse Jane Burden (je le signale car Jane et William sont parmi les personnages d’Arcadia de Fabrice Colin) et le couple a deux filles, Alice (Jenny) et Mary (May). Fabricant et designer textile, imprimeur et éditeur avec Kelmscott Press (sa maison d’éditions fondée en 1891) qui a édité les œuvres de Geoffrey Chaucer dont la plus célèbre est Les Contes de Canterbury (XIVe siècle), architecte, peintre et dessinateur, romancier, poète, traducteur (de textes anciens de l’Antiquité et du Moyen-Âge), essayiste (essais sur l’Art et sur le socialisme) et conférencier, ce touche à tout membre de la Confrérie préraphaélite est un socialiste utopiste et libertaire. Du même auteur : News from Nowhere soit Nouvelles de nulle part, une utopie (1890). Il est considéré comme le père de la Fantasy et La Source du bout du monde a inspiré, entre autres, C.S. Lewis (Les chroniques de Narnia) et J.R.R. Tolkien (Bilbo le Hobbit, Le seigneur des anneaux…). Retrouvez William Morris sur The William Morris Society (Angleterre) et The William Morris Society (États-Unis) et ses œuvres en ligne sur Wikisource.

« Il y avait jadis une petite contrée sur laquelle régnait un petit souverain, un roitelet que l’on appelait le roi Pierre même si son royaume n’était pas bien grand. Il avait quatre fils nommés Blaise, Hugues, Grégoire et Rodolphe. Ce dernier était le benjamin, âgé de vingt et un hivers, et Blaise, qui en avait vécu trente, était l’aîné. » (p. 11). Voici comment débute ce roman et j’aime beaucoup le ton.

Le domaine s’appelle les Haults-Prés – en anglais Upmeads – (champs, bois, ruisseaux et petites collines) mais il est petit et les fils rêvent de voyages et d’aventures. Rodolphe (en anglais Ralph) – alors que ses frères sont partis, l’un au nord, l’un à l’est, l’un à l’ouest, chacun sur son cheval et accompagné d’un écuyer – a dû rentrer au château avec son père… Tôt le lendemain matin, il s’enfuit avec « son armure, sa lance et son épée [et] son destrier, un beau et robuste cheval gris pommelé nommé Faucon. » (p. 21). Il va à « Bourg-la-Leyne, au-delà de laquelle s’étendait, vers le sud, un monde dont Rodolphe ignorait presque tout, et qui lui semblait un endroit fabuleux, regorgeant de merveilles et d’aventures extraordinaires. » (p. 22). C’est là qu’il entend parler de la Source au bout du monde, une eau magique aux propriétés miraculeuses.

Dans ce monde imaginaire, inspiré du Moyen-Âge, Rodolphe devient un chevalier errant. Tout le monde lui parle de dangers mais pour l’instant les rencontres sont plutôt agréables voire charmantes et bienveillantes. Y aurait-il anguille sous roche ? C’est alors qu’il croise des hommes en armes et certains sont manifestement hostiles. En tout cas, partout où Rodolphe va, il observe, il questionne, il en voit et en entend des vertes et des pas mûres (guerres, bûchers, esclaves…). « Il lui sembla que le monde était pire que ce à quoi il s’attendait. » (p. 110). Mais lorsqu’il entend parler de la dame d’Abondance, il en tombe amoureux sans l’avoir jamais vue et ne pense qu’à une chose, qu’elle vienne vers lui. « Elle me racontera tout lorsque je la verrai. Je n’ai pour l’heure à réfléchir qu’à la façon dont je la retrouverai et ferai en sorte qu’elle m’aime. Elle m’indiquera ensuite le chemin menant à la Source au bout du monde, dont je boirai l’eau afin de ne jamais vieillir et d’obtenir, comme elle, la jeunesse éternelle. Nous pourrons alors nous aimer pour toujours et à jamais. » (p. 159). Quel jeune homme rêveur ! Et peut-être même naïf ? « […] le regard amoureux de Rodolphe, qui la bénit et manqua verser des larmes de bonheur. » (p. 203).

Ce que raconte la jeune femme surnommée la dame d’Abondance à Rodolphe ressemble à un conte. Cependant, au lieu d’une princesse ou d’une bergère, le lecteur a ici un jeune fils de roi, instruit comme l’était les jeunes hommes de son époque mais immature, en quête d’aventure et d’amour (je dirais même en quête d’absolu). « M’est avis, messire, répondit Richard, que cette femme qui mourut assassinée ne descendait pas seulement de la race d’Adam, mais qu’il y avait en son sang quelque brassage avec celui des fées. Qu’en dites-vous ? » (p. 308-309).

J’en dis que ce roman n’est pas facile à lire car la police de caractère est toute petite ! Toutefois, il est vraiment agréable de se plonger dans sa lecture et dans ses merveilles et j’ai hâte de lire le deuxième tome pour la suite des aventures de Rodolphe !

La Source au bout du monde est ici traduit intégralement pour la première fois en français. Une traduction partielle avait été effectuée par Maxime Shelledy et Le Puits au bout du monde était paru Aux Forges de Vulcain en deux tomes, La Route vers l’amour en 2012 et La Route des dangers en 2013 (c’est-à-dire les deux premières parties sur quatre). Ensuite La Source au bout du monde a été traduit à nouveau par Maxime Shelledy et Souad Degachi et est paru Aux Forges de Vulcain en 2016 avec des illustrations et des lettrines (il y a aussi de petites lettrines dans l’édition Libretto que j’ai lue).

Je mets cette lecture dans les challenges Animaux du monde #3 (il y a beaucoup de chevaux, que serait un chevalier sans son cheval ?), Cette année, je (re)lis des classiques #3, Challenge du confinement (case Fantasy), Les classiques c’est fantastique (en décembre, des contes pour les fêtes), Contes et légendes #2 et Littérature de l’imaginaire #8.

 Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 21.

Wily Fox mène l’enquête, 2 d’Adam Frost

Wily Fox mène l’enquête, 2 – Un parfum de mystère d’Adam Frost.

Thomas Jeunesse, octobre 2017, 128 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-35481-435-9. Investigates Fox A Whiff of Mystery (2015) est traduit de l’anglais par Paolia Appelius. Illustré par Emily Fox.

Genres : littérature anglaise, roman jeunesse, roman policier.

Adam Frost naît le 21 août 1972 à Epping (Angleterre). Il est auteur pour la jeunesse depuis 2005. Plus d’infos sur son site officiel.

Emily Fox, diplômée de l’Université Falmouth, est illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

Après la lecture de Wily Fox mène l’enquête, 1 – Une ombre au tableau d’Adam Frost, j’ai embrayé avec le tome 2.

Wily Fox est invité à la soirée de lancement du nouveau parfum, Odorissimo, d’Adolfo Aroma, le célèbre parfumeur, un lapin italien. « Ce parfum séduira dans les terriers tous les goupils qui ont du style et les belettes qui en jettent par son attaque de sous-bois mouillé sur un cœur de marron éclaté. » (p. 4). Le détective londonien est donc à Pise. Mais Fabio furet, le chef de la sécurité d’Adolfo, n’est pas content qu’un renard vienne mettre le museau dans son travail. Mais la soirée ne se passe pas comme prévu et la formule d’un parfum unique, Utopia, créé par le père d’Adolfo, est volée…

Dans la liste d’une centaine d’invités, Albert l’assistant de Wily Fox à Londres, repère trois suspects : Bianca Blaireau, reporter à Pise, Joey La Fouine, ancien gangster reconverti dans le monde de la mode, et Wanda Rouquine, une panda rousse, propriétaire d’une chaîne de magasins mode et parfums en Chine.

Wily Fox se rend à Venise car la Princesse de Parmesan est la seule à posséder un flacon d’Utopia. « C’est « une vieille antilope de quatre-vingt-deux ans » (p. 28).

Mais Marius Molosse et Érica Écureuil de la MOTUS (Milice des Officiers de Terrain Ultra Secrète) lui mettent à nouveau des bâtons dans les roues… La MOTUS enquête sur « Trois gibiers de potence connus sous le nom de Gang des Pattes Noires » (p. 49) qui ont tenté de cambrioler des banques. Non, ils ne sont pas sur la même enquête.

Wily Fox peut partir en Chine sur les trace du « hon sêng zha » (p. 49). Direction Chengdu !

Je ne veux pas répéter ce que j’ai déjà dit pour le premier tome mais encore une belle histoire et une belle enquête pour Wily Fox ! Et des gadgets que n’aurait pas renier James Bond ! Idéal pour démarrer le roman policier pour les enfants à partir de 8 ans mais les grands y trouvent leur compte aussi.

Une lecture idéale pour Animaux du monde #3, British Mysteries #5, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2020 (catégorie crimes et justice avec mystère), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Wily Fox mène l’enquête, 1 d’Adam Frost

Wily Fox mène l’enquête, 1 – Une ombre au tableau d’Adam Frost.

Thomas Jeunesse, octobre 2017, 126 pages, 6,90 €, ISBN 978-2-35481-404-5. Investigates Fox A Brush with Danger (2015) est traduit de l’anglais par Paolia Appelius. Illustré par Emily Fox.

Genres : littérature anglaise, roman jeunesse, roman policier.

Adam Frost naît le 21 août 1972 à Epping (Angleterre). Il est auteur pour la jeunesse depuis 2005. Plus d’infos sur son site officiel.

Emily Fox, diplômée de l’Université Falmouth, est illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

À Londres. Wily Fox, un renard, a son agence de détective privé ; sa secrétaire est madame Mangouste ; son assistante, Albert, est une taupe qui vit en sous-sol ; ses clients sont des animaux. « Il y avait déjà une longue file d’attente à la réception : des moutons, des souris, des chouettes, des ocelots, des autruches et des tas d’autres animaux. » (p. 5). La première cliente est Nini Le Chic, une caniche française, qui possède une galerie d’art à Paris : Dimitri Vatrovitch, un ours brun galeriste en Sibérie, veut absolument récupérer un tableau qu’elle a récemment acheté ; elle a reçu des menaces. « Je veux garder le tableau, mais je veux aussi savoir pourquoi ce Dimitri tient tant à le récupérer. Il y a quelque chose de louche là-dessous. » (p. 11).

À Paris. Le tableau concerné est de petite taille et son titre est « Cloporte nerveux sous le regard d’un campagnol » (p. 16), un tableau de Khandhusky (joli clin d’œil à Khan – husky et à Kandinsky). Alors qu’Érica Écureuil, Brigadière junior de la MOTUS (Milice des Officiers de Terrain Ultra Secrète) et son supérieur, le bouledogue français, Marius Molosse, sont sur place, deux loups avec « un accent russe très prononcé » (p. 22) font irruption dans la galerie d’art et le Khandhusky disparaît !

Wily Fox se déplace avec une Vespa spéciale : elle roule bien sûr mais elle peut voler et servir de sous-marin ce qui sauvera la vie du détective. Le lecteur lit d’ailleurs un vrai thriller puisque, après Paris, Wily Fox se rend (en Vespa aérienne) à Moscou. Et il résout les affaires plus vite que la lumière !

Si le personnage principal d’Adam Frost est un renard, c’est parce que son livre préféré durant l’enfance était Fantastique Maître Renard de Roal Dahl. Wily Fox mène l’enquête, c’est de jolies illustrations, de l’humour, de l’action, du suspense, des gadgets dignes de James Bond et un peu de charme !

Les enfants vont adorer et les grands y prendront plaisir aussi.

Lien vers le tome 2, Wily Fox mène l’enquête, 2 – Un parfum de mystère.

Une lecture idéale pour Animaux du monde #3, British Mysteries #5, Challenge du confinement (case Jeunesse), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2020 (catégorie objet pour tableau), Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

L’ambre du Diable de Mark Gatiss

L’ambre du Diable (Une aventure de Lucifer Box, 2) de Mark Gatiss.

Bragelonne, collection Steampunk, février 2016, 312 pages, 25 €, ISBN 978-2-35294-927-5. Je l’ai lu en Bragelonne poche, septembre 2018, 300 pages, 9,90 €, ISBN 979-10-281-0380-4. The Devil in Amber (2006) est traduit de l’anglais par Laurence Boishot.

Genres : littérature anglaise, science-fiction, steampunk, espionnage.

Mark Gatiss naît le 17 octobre 1966 à Sedgefield dans le comté de Durham (au nord-est de l’Angleterre). Ses parents travaillaient tous les deux à l’hôpital psychiatrique Edwardian situé en face de chez eux et (je suis sûre que c’est lié !), il s’est intéressé dès l’enfance aux aventures de Sherlock Holmes, du Doctor Who, aux films d’épouvante. Résultat ? Il est acteur (cinéma, télévision, humour, policier, espionnage), scénariste (en particulier pour la série Doctor Who), producteur (il est cocréateur et coproducteur de la série Sherlock dans laquelle il joue le rôle de Mycroft Holmes) et auteur ! Du même auteur, dans les aventures de Lucifer Box : Le club Vesuvius (Bragelonne, 2015, traduit de The Vesuvius Club, 2004) et Black Butterfly (2008, pas encore paru en français).

L’ambre du Diable est le tome 2 des aventures de Lucifer Box, peintre diplômé de la Royal Academy of Arts, et agent secret. « Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas au courant (mais où étiez-vous, enfin ?), je m’appelle Lucifer Box, artiste peintre, auteur occasionnel de mémoires croustillants et agent (très secret) au service de Sa Majesté. » (p. 7).

Un extrait de ce que j’avais dit pour le tome 1 : Lucifer Box est un personnage incroyable, artiste impertinent, dandy, aussi sûr de lui que Sherlock Holmes ! Et, s’il habite au 9 Downing Street, une adresse mythique, c’est parce qu’il a hérité la maison de ses ancêtres (qui possédaient tout le quartier auparavant).

Une vingtaine d’années après Le club Vesuvius, voici Lucifer Box dans les années 1920 à Manhattan pour dézinguer Marrod, un trafiquant de cocaïne. « J’allais de continent en continent, coupant, taillant, tuant et tirant. » (p. 18). Mais Lucifer Box a été blessé à la guerre (1914-1918) et il vieillit… « Ce cher vieux Box n’était peut-être plus au sommet de sa forme. » (p. 19). Il est cependant chargé par le nouveau Joshua Reynolds d’enquêter sur F.A.U.S.T. (Facist Anglo United States Tribune) et sur l’homme à la tête des « chemises d’ambre », Desmond Olympe. Or, la sœur de Box, Pandora est la secrétaire du parti !

J’ai noté moins d’extraits que pour le premier tome mais c’est un très bon opus, avec toujours cet humour anglais si particulier, les côtés à la fois historique, espionnage, science-fiction (steampunk), le fait que l’auteur / Lucifer Box s’adressent aux lecteurs, les jeux de mots, tout ça.

Tout comme le premier tome, une excellente lecture que je mets dans les challenges British Mysteries #5, Littérature de l’imaginaire #8, Polar et thriller 2020-2021, S4F3 #6, Vapeur et feuilles de thé et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic de James Lovegrove

Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : les Dossiers Cthulhu, 2 de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, février 2019, 360 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-0283-8. The Chtulhu Casebooks : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel, https://www.jameslovegrove.com/.

Printemps 1895. Après avoir réglé une petite affaire (trois affreux ghasts dans le Métropolitain) avec l’aide de Gregson de Scotland Yard, Sherlock Holmes et Watson rendent visite à un nouvel arrivant à Bedlam. Le jeune homme, la vingtaine, est sûrement « Bostonien, bien né, cultivé, scientifique » (p. 43) mais il lui manque la main gauche, il est défiguré et, dans sa cellule, il écrit en r’lyehen, la Langue des Dieux Aînés.

Après Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu, 1, j’ai embrayé avec ce deuxième tome qui est encore mieux ! Dans le premier tome, Sherlock Holmes et Watson découvraient l’univers de Lovecraft, dans ce deuxième tome, ils sont encore plus impliqués.

« Holmes haussa les épaules. Il semblait vraiment ne plus se préoccuper de ce qui lui arrivait. La guerre qu’il menait le dévorait. La victoire était tout, quel qu’en soit le prix. » (p. 100).

« Des monstres qui étaient des dieux. Des dieux qui étaient des monstres. De toutes formes, chacun d’eux une horreur vivante qui paradait avec suffisance, car ils étaient les maîtres de tout ce sur quoi ils posaient les yeux. Jadis, on les avait vénérés, on leur avait adressé des sacrifices, et ils s’en étaient contentés. […] Ils étaient différents, désormais, ces Dieux Extérieurs qui, dans ces contrées, étaient connus sous le nom d’Autres Dieux. Ils avaient changé. » (p. 172-173).

La deuxième partie est le journal de Zachariah Conroy, son arrivée à l’université Miskatonic d’Arkham et sa rencontre avec Nathaniel Whateley.

Encore un excellent hommage à la fois à Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle avec le côté policier et logique, et à la fois aux créatures de H.P. Lovecraft avec le côté fantastique et même angoissant et horrifique.

D’ailleurs, ces aventures inédites offrent des éclairages incroyables sur les romans et les nouvelles dont Sherlock Holmes et John Watson sont les héros.

Dommage, je n’avais pas le tome 3 pour continuer mais je vais le lire dès que possible !

Un excellente lecture pour les challenges British Mysteries #5, Littérature de l’imaginaire #8, Polar et thriller 2020-2021 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

L’affaire est close de Patricia Wentworth

L’affaire est close : une enquête de Miss Maud Silver de Patricia Wentworth.

10/18, collection Grands détectives, n° 3378, février 2002, réédition novembre 2016, 320 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-26403-275-1. The Case is Closed (1937) est traduit de l’anglais par Bernard Cucchi.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Patricia Wentworth – de son vrai nom Dora Amy Elles – naît le 10 novembre 1878 à Mussoorie (Uttarakhand, Inde) où son père est général de l’armée. Elle étudie en Angleterre puis retourne en Inde où elle se marie au lieutenant-colonel Georges Dillon et écrit dans des journaux. Après le décès de son mari, elle retourne en Angleterre avec ses enfants puis se lance dans l’écriture de romans et épouse George Turnbull, lieutenant-colonel lui aussi mais qui deviendra son assistant. Elle meurt en 1961 à Camberley (Surrey, Angleterre), laissant une œuvre conséquente avec les séries Benbow Smith (1929-1937), Inspecteur Lamb (1939-1942), Frank Garrett (1936-1940), d’autres romans policiers indépendants, d’autres romans historiques ou sentimentaux (1910-1915, ses premiers romans en fait), trois recueils de poésie (1910-1945-1953) et surtout la série la plus importante, Miss Silver (1928-1961).

L’affaire, c’est l’affaire Everton. Et, elle est close parce que Geoffrey Grey, 28 ans, est en prison depuis un an. Il aurait tué son oncle James. Marion, son épouse, a perdu leur bébé, né trop tôt… Son amie et cousine, Hilary Carew, est persuadée que le jeune homme est innocent. Mais que faire ? Hilary a rompu ses fiançailles avec Henry Cunningham et s’est trompée de train ! Elle y rencontre une vieille dame inquiète qui tient un discours bizarre sur Marion et Geoffrey. « J’ai vécu une aventure, dans le mauvais train. D’abord, j’ai cru me retrouver enfermée avec une vraie cinglée et puis il s’est avéré que c’était une de tes amies. » (p. 19). La vieille femme est en fait Mrs Mercer, lui apprend Marion, « la gouvernante de la maison de James. » (p. 25) et elle a témoigné contre Geoffrey au procès.

Suite à la discussion qu’elle a eu avec Mrs Mercer, Hilary décide de reprendre l’enquête depuis le début et de prouver l’innocence de Geoffrey. Ce soir-là, Geoffrey a reçu un appel de James, qui était dans tous ses états, alors il est vite allé à Putney mais il l’a retrouvé mort à son bureau. Malheureusement, il a ramassé le pistolet par terre et a ouvert la porte du bureau aux domestiques, Mr et Mrs Mercer : il fait le coupable idéal même s’il clame son innocence ! « […] il était absurde de croire que Geoff avait tué son oncle. » (p. 36). D’autant plus que c’est Bertie (Bertram), un neveu qu’oncle James détestait qui hérite, même au détriment de son frère Frank (Francis), un vagabond alcoolique pour qui l’oncle James n’avait que peu de considération. Or Bertie et Frank ont tous deux des alibis en béton, trop peut-être ! Ou alors « Alfred Mercer avait abattu James Everton et Mrs Mercer avait menti pour le couvrir. » (p. 57) ?

De son côté Henry Cunningham voudrait quitter l’armée et « reprendre le commerce d’antiquités que lui avait légué, à sa grande surprise, son parrain Mr. Henry Eustatius […]. » (p. 73). Contre toute attente (n’oublions pas qu’elle a rompu les fiançailles), Hilary consulte Henry qui demande conseil à un ami qui lui propose de contacter Miss Silver. Le nom de Miss Silver n’apparaît qu’à la page 140 et Maud Silver apparaît physiquement à la page 144 : faut pas être pressé mais l’enquête ne traîne pas en longueur ! Miss Silver écoute, en tricotant, et elle est très utile à l’enquête de Hilary et Henry, elle apporte un regard extérieur. « Comprenons-nous bien, capitaine Cunningham, dit-elle de sa voix posée. Si vous m’engagez, vous m’engagez pour que je découvre des faits. Si je découvre quoi que ce soit sur ces personnes, je vous le communiquerai. Peut-être cela correspondra-t-il à ce que vous attendiez, peut-être pas. Les gens ne sont pas toujours heureux d’apprendre la vérité. Vous n’avez pas idée du nombre de fois où cela se produit. Très rares sont les gens qui cherchent à connaître la vérité. Ils veulent être confirmés dans leurs opinions, ce qui est une chose toute différente… très différente, oh oui. Je ne saurais vous promettre que ce que je découvrirai ira dans le sens de ce que vous pensez pour l’instant. » (p. 147).

Mais Marion va-t-elle accepter que Hilary enquête et enfin dire ce qu’elle sait ? « Ne refuse pas, je t’en supplie… ne refuse pas, ne refuse pas, ne dis pas non ! Tu ne risques rien. Cela ne fera aucun mal à Geoff. Marion, accepte ! […] Geoff est innocent. Derrière tout ça, il y a un sacré manipulateur qui a tout organisé pour que les apparences soient contre lui, mais il est innocent… je sais qu’il est innocent. » (p. 225).

L’affaire est close est la deuxième enquête de Miss Silver, parue en 1937 (la première étant Grey Mask parue en 1928). Il y a du suspense, des dangers, des rebondissements, des personnages bien intéressants (en particulier Hilary et Henry), j’ai passé un bon moment de lecture et je lirai d’autres enquêtes de Miss Silver à l’occasion. Lorsque L’affaire est close est paru aux éditions 10/18 en 2002, ce roman était inédit en français !

Dans la catégorie « détective en fauteuil » (armchair detective), la Miss Marple d’Agatha Christie « naît » en 1930 ; Miss Silver est donc son aînée puisqu’elle « naît » en 1928. Mais, il ne faut pas croire que Miss Silver reste chez elle à écouter Henry et à tricoter, elle va sur le terrain, d’abord pour se renseigner sur le couple Mercer, et ensuite pour se rendre en Écosse sur les traces de Bertie et Frank (je me doutais bien qu’ils étaient louches, les deux frères, trop d’alibis à eux deux, un seul chacun leur suffisait, eh bien ils en avaient plusieurs, c’était louche !).

Une agréable lecture pour le Mois anglais (qui est terminé mais j’ai bien lu ce roman en juin durant le challenge) et pour les challenges British Mysteries #5, Cette année, je (re)lis des classiques #3, Petit Bac 2020 (pour la catégorie Crimes et justice avec affaire) et Polar et thriller 2019-2020.

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley.

Pocket, août 2017, 320 pages, 4,95 €, ISBN 978-2-26628-303-8. Brave New World (1932) est traduit de l’anglais par Jules Castier.

Genres : littérature anglaise, science-fiction, utopie, dystopie.

Aldous Huxley naît le 26 juillet 1894 à Godalming (Surrey, Angleterre). Son père est l’écrivain Leonard Huxley. Il étudie la littérature anglaise à Oxford. Il est romancier, nouvelliste, poète, essayiste et scénariste. Il meurt à Los Angeles (Californie, États-Unis) le 22 novembre 1963 (le même jour que le président John Kennedy et l’écrivain C.S. Lewis).

Année 632 de N.F. (Notre Ford). Des étudiants visitent le Centre d’Incubation et de Conditionnement de Londres-Central. Tandis que les Alphas et les Bêtas n’ont qu’un seul œuf (et naissent donc uniques), les Gammas, les Deltas et les Epsilons subissent le procédé Bokanovsky : un genre de clonage (même si ce mot n’est jamais cité) qui engendre entre 8 et 96 embryons (bourgeons) bien utiles pour les travaux agricoles ou en usines. La devise planétaire de cet État Mondial est « Communauté, Identité, Stabilité. Des mots grandioses. » (p. 30).

En fait, conditionnement et prédestination pour tous sont la règle et tout le monde prend la soma (la drogue du bonheur). « Et c’est là, dit sentencieusement le Directeur, en guise de contribution à cet exposé, qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper. » (p. 40). Dans le monde d’avant (c’est-à-dire le nôtre), les gens étaient « fous, méchants et misérables » (p. 68), ils n’étaient pas « sains d’esprit, vertueux, heureux » (p. 68), c’est qu’ils n’étaient pas conditionnés pour lutter contre « leurs tentations et leurs remords solitaires, […] leurs maladies et leur douleur qui les isolait sans fin, avec leurs incertitudes et leur pauvreté […], en solitude, dans l’isolement désespérément individuel […]. » (p. 68). Or, c’est la stabilité qui compte. « Pas de civilisation sans stabilité sociale. Pas de stabilité sociale sans stabilité individuelle. » (p. 69). Dans Candide, Voltaire disait déjà « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. » (p. 5).

L’enseignement de Sa Forderie (il y en a dix dans le monde et l’actuel Forderie pour l’Europe occidentale est Mustapha Menier), en alternance avec les discussions de Henry Foster et le Prédestinateur Adjoint d’un côté, et de Lenina et Fanny de l’autre, c’est du pur surréalisme ! Et je ne vous dis pas de quelle façon sont traitées les femmes… Surtout celles qui sont « pneumatiques » dans un monde où la sexualité est totalement libérée : « Je l’ai eu par-ci, je l’ai eu par-là. » (p. 73). Et ce n’est pas mieux avec les « représentants des classes inférieures » (p. 97).

Cependant, il y a parfois des accidents dans le procédé des embryons. Par exemple, Bernard Marx n’a pas la bonne taille et il ressemble plus à un Epsilon qu’à un Alpha ; Elmholtz Watson est trop capable. Déficience physique pour l’un, excès mental pour l’autre… C’est que la motivation principale est « Tout le monde est heureux, à présent ! » (enseignée aux enfants dès l’âge de 5 ans). Mais eux ne sont pas heureux, car ils ont pris conscience d’être à part, d’être des individus différents. Grains de sable dans le rouage ?

J’aime bien le cynisme de Bernard Marx : à chaque fois qu’il entend quelqu’un prononcer par habitude (réciter) une leçon hypnopédique (enseignée à tous à leur insu pendant leur sommeil, dès l’enfance), il annonce la période et la durée de cette leçon.

Il y a en fait deux mondes : le monde de Notre Ford (clin d’œil à Our Lord), un État Mondial créé après la Guerre de Neuf Ans (apparemment nucléaire et bactériologique), et le monde des Sauvages, qui vivent dans des Réserves éloignées et que l’auteur aborde en deuxième partie du roman. Justement, pendant les vacances, Bernard Marx et Lenina Crowne se rendent en Amérique (au Nouveau-Mexique) pour visiter une Réserve de Sauvages : « pas de parfums, pas de télévision, pas même d’eau chaude. » (p. 136). Lenina est horrifiée par ce qu’elle voit (et sent !) chez ces Sauvages. « Mais c’est terrible, chuchota Lenina, c’est épouvantable ! Nous n’aurions pas dû venir ici. » (p. 147). Les Sauvages se reproduisent à l’ancienne (viviparité), ils sont moches, sales, vieux… Mais Bernard et Lenina vont avoir une sacrée surprise qui va changer leur vie ! « Eh bien, j’aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur dont vous jouissez ici ! » (John, p. 224). « Mais vous plaît-il d’être des esclaves ? […] Vous plaît-il d’être des bébés ? Oui, des bébés, vagissants, bavants […]. Oui, bavants […]. Vous ne voulez donc pas être libres, être des hommes ? Ne comprenez-vous même pas ce que c’est que l’état d’homme, que la liberté. […] Vous ne comprenez pas ? » (John, p. 264).

L’auteur s’est bien éclaté avec les noms de ses personnages : par exemple Lenina Crowne, Benito Hoover, Bernard Marx, Darwin Bonaparte… Il mixe prénom et nom de personnalités en vue au début du XXe siècle, politiques mais pas que (Lénine, Marx, Bakounine, Watson, Freud, etc.).

Aldous Huxley écrit Brave New World en 1931 (en 4 mois, dans le sud de la France) et le roman est publié en 1932 à Londres. Classé en dystopie, le roman est pourtant considéré par son auteur comme une utopie ! Préface de l’auteur de 1946. « À tout bien considérer, il semble que l’Utopie soit beaucoup plus proche de nous que quiconque ne l’eût pu imaginer, il y a seulement quinze ans. À cette époque, je l’avais lancée à six cents ans dans l’avenir. Aujourd’hui, il semble pratiquement possible que cette horreur puisse s’être abattue sur nous dans le délai d’un siècle. » (p. 20-21). Aldous Huxley n’a pas tort car par certains côtés, nous y sommes (le culte du bonheur, l’aseptisation, le monde séparé en deux…).

Dans Brave New World, l’auteur s’inspire énormément des œuvres de Shakespeare (puisque c’est le livre qu’a pu lire John durant son enfance et son adolescence). Le titre même, Brave New World, vient de The Tempest (La tempête) de Shakespeare (acte 5).

Il y a de nombreux extraits du Meilleur des mondes sur Wikiquote.

Une excellente relecture (je l’avais lu à l’adolescence) pour le Mois anglais que je mets aussi dans Cette année, je (re)lis des classiques, le Challenge de l’été (pour l’Angleterre), Littérature de l’imaginaire #8 et Summer Short Stories of SFFF – S4F3 #6.

Tag Spécial Mois anglais d’Enna

Pour le Mois anglais, Enna a créé un tag auquel je réponds volontiers !

Quels lieux anglais aimes-tu ou aimerais-tu visiter ? Alors, j’ai mis les pieds deux fois en Angleterre mais uniquement à l’aéroport de Heathrow (à l’aller et au retour). J’aimerais visiter Londres bien sûr mais aussi des vieilles pierres (châteaux, musées, etc.) et la campagne anglaise, genre celle qui est décrite dans Grantchester ou dans Agatha Raisin (les Coswolds par exemple).

Quels aliments / boissons anglais aimes-tu ? J’en connais peu mais j’aime la marmelade de citron, la sauce Worcestershire, les chocolats à la menthe et des fromages comme le Stilton (le bleu anglais). C’est en lisant les réponses de Martine que j’ai réagi que j’avais oublié le thé, à vrai dire je bois plutôt du thé asiatique (japonais, chinois, coréen, indien) mais le lundi, je bois en général du Happy Mondays de Bio Clipper, une entreprise anglaise (du Dorset) alors je rajoute cette info !

Quels auteurs anglais aimes-tu ? Oh la la, beaucoup ! J’aime les auteurs classiques (Jane Austen, les sœurs Brontë, Lewis Carroll, Wilkie Collins, Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Walter Scott, William Shakespeare, etc.), les auteurs de romans policiers ou d’espionnage (G.K. Chesterton, Agatha Christie, P.D. James, John Le Carré, Ruth Rendell, etc.), de fantasy ou de science-fiction (Aldous Huxley, C.S. Lewis, George Orwell, J.R.R. Tolkien, H.G. Wells, etc.) et des auteurs contemporains (Philip Pullman, J.K. Rowling, etc.). J’en oublie, c’est sûr !

Quels films / séries anglais aimes-tu ? J’aime beaucoup le cinéma britannique pour son ambiance et son humour. Pour les films, mon réalisateur préféré est Peter Greenaway qui tourne ses films comme si chaque plan était un tableau (en particulier Meurtre dans un jardin anglais en 1982, Le ventre de l’architecte en 1987, Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant en 1989, entre autres). J’aime bien aussi les adaptations des titres d’Agatha Christie ; et les films de Guy Ritchie comme Arnaques, crimes et botanique (1998) et Snatch (2000). Pour les séries, les séries historiques (Downton Abbey, Peaky Blinders, The Last Kingdom, etc.), policières (Amicalement vôtre, Broadchurch, Les enquêtes de Morse, Les enquêtes de Vera, Happy Valley, Hercule Poirot, Sherlock, The Fall, The Wrong Mans, Whitechapel, etc.) et dans les genres de l’imaginaire (Docteur Who, Game of Thrones, In the Flesh, Penny Dreadful, Le prisonnier, Torchwood, etc.) ont ma préférence mais j’aime bien aussi les séries humoristiques (Benny Hill, Mr Bean, entre autres) et j’en oublie, c’est sûr ! J’avais publié un billet sur des séries anglaises en 2018.

Quels artistes anglais (peintre, sculpteur, photographe…) aimes-tu ? Le premier nom qui me vient à l’esprit est celui du peintre William Turner (1775-1851) et je vous invite à regarder le très beau film, Mr Turner réalisé par Mike Leigh (en 2014).

Quels chanteurs / chanteuses / groupes anglais aimes-tu ? Le rock anglais est un de mes genres musicaux préférés ! Je ne peux pas vous citer tous les artistes que j’aime écouter mais en voici, anciens et récents. Pour les groupes : Alt-J, Ash, Beatles, Blur, Bush, Cast, Clash, Coldplay, Coral, Cure, Deep Purple, Depeche Mode, Editors, Eurythmics, Fleetwood Mac, Genesis, Herman’s Hermits, Joy Division, Muse, Oasis, Orchestral Manœuvres in the Dark (OMD), Pink Floyd, Placebo, Pogues, Police, Portishead, Pulp, Queen, Radiohead, Rolling Stones, Salad, Stranglers, Supergrass, Supertramp, Tindersticks, Uriah Heep, Verve, Who, Yardbirds, Yes, j’en ai sans doute oublié quelques-uns mais ça me semble assez complet par rapport aux artistes dont j’ai des CD. Pour les artistes solos : James Blunt, David Bowie, Kate Bush, Elvis Costello, Beth Gibbons, P.J. Harvey, entre autres, plus les carrières solos d’artistes qui étaient dans des groupes cités ci-dessus comme Damon Albarn, Freddy Mercury, Noël Gallagher ou Thom Yorke. J’avais publié un billet sur le rock anglais en 2017 et un sur 10 groupes de rock anglais en 2016.

Montre-nous des babioles anglaises que tu possèdes ! Euh… J’avais acheté une carte postale du Prince Charles avec Camelia à l’aéroport de Heathrow mais je l’avais envoyée à un ami pour lui faire une blague. Je ne pense pas avoir de choses anglaises chez moi à part des livres !

Son espionne royale et la partie de chasse de Rhys Bowen

Son espionne royale et la partie de chasse de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, janvier 2020, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-261-2. Royal Flush (2009) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (1997-2006), Molly Murphy (2001-2017) et Royal Spyness (2007-2019).

Londres, août 1932. Peu après l’affaire Mauxville (voir Son espionne royale mène l’enquête) et l’affaire bavaroise (voir Son espionne royale et le mystère bavarois), Georgie, toujours désargentée, est seule à Londres car, avec la chaleur, presque tous ses amis sont partis en vacances.

Après avoir rendu service à son amie Belinda occupée avec Paolo, un bel Italien, en dînant à sa place avec un riche Américain, Georgie pense qu’elle peut continuer de passer ses soirées comme ça et passe une annonce mais elle tombe sur un rustaud qui pense à bien autre chose ! Heureusement Darcy O’Mara est là pour la tirer des griffes de ce malotrus. Mais elle est convoquée par le préfet adjoint de police et envoyée en Écosse… Dans le Flying Scotsman, Georgie doit déjeuner à la même table que Godfrey Beverley, un journaliste « cancans & potins » qui lui pose plein de questions… Il ne faudrait pas qu’il apprenne sa mésaventure… Puis fait irruption dans le compartiment Sir Jeremy Daville du Ministère de l’Intérieur. « Nous avons envisagé cette possibilité, répondit Sit Jeremy d’un air grave. Une puissance étrangère qui tenterait de déstabiliser le royaume. Toutefois, les circonstances et la nature de ces accidents nous amènent à une conclusion stupéfiante : il semblerait que nous ayons affaire à un ennemi intérieur. » (p. 81-82).

Mais, en Écosse, dans ce château ouvert à tous les vents, Georgie se sent bien seule, entourée de tous les invités de son frère blessé, tous des pique-assiettes alors qu’il y a très peu d’argent… « Qu’étais-je censée faire au juste ? Et pour quelle raison devrais-je intervenir afin de secourir d’autres gens alors que personne ne paraissait me porter le moindre intérêt ? » (p. 141).

Cette partie de chasse est le troisième tome de Son espionne royale et j’aime vraiment cette série qui s’épaissit à chaque tome. La mission de Georgie est toujours de protéger la famille royale mais son cousin s’obstine avec cette Américaine, mariée en plus. Peu importe, les femmes sont fortes et le font savoir, et Georgie nous fait découvrir les traditions écossaises. Ce tome est à la fois so British et so Scottish !

Une agréable lecture que je mets dans le Mois anglais et les challenges British Mysteries #5, Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).