Incognita Incognita de Mark Forsyth

Incognita Incognita de Mark Forsyth.

La petite collection des éditions du Sonneur, avril 2019, 48 pages, 5,50 €, ISBN 978-2-37385-178-6. The Unknown Unknown, Bookshops and the Delight of Not Getting What You Wanted (2014) est traduit de l’anglais par Marie-Noëlle Rio.

Genres : littérature anglaise, essai.

Mark Forsyth naît le 2 avril 1977 à Londres. Il étudie au Winchester College (Winchester, Hampshire) de 1990 à 1995 puis au Lincoln College (Oxford University) de 1996 à 1999. Il est étymologiste et écrivain. Plus d’infos sur son blog, The Inky Fool.

Ce joli petit livre cousu est sous-titré : ou le plaisir de trouver ce qu’on ne cherchait pas.

Il est préfacé par Paul Vacca. « Mark Forsyth nous livre un monde auquel il nous est impossible d’accéder par Internet, car la bien nommée Toile, en même temps qu’elle nous procure la confortable illusion de nous ouvrir à l’ensemble des savoirs, nous maintient en réalité prisonnier dans les mailles de ses algorithmes et dans notre cocon culturel – les fameuses « bulles de filtres » identifiées par Eli Pariser –, fruit de la duplication de nos propres envies. » (p. 8). « Un monde où se perdre est la meilleure façon de se trouver. » (p. 9). Un monde « doublement inconnu : c’est une terra incognita incognita. » (p. 10).

Attention, cet essai n’est pas une critique d’Internet ! Internet est super et on ne va pas aller en arrière. Mais comment chercher quelque chose qu’on ne sait pas, quelque chose dont on ne connaît pas l’existence, quelque chose qu’on ne pourrait pas chercher ? Je donne la parole à l’auteur avec quelques extraits. « Il existe […] trois types de livres : ceux que vous avez lus, ceux que vous savez n’avoir pas lus (comme Guerre et Paix), et les autres : les livres que vous ne savez pas ne pas connaître. » (p. 18). « Mon propos, et tout le propos de cet essai, est de montrer que ce n’est pas suffisant d’obtenir ce que vous saviez déjà vouloir. Les meilleures choses sont celles que vous n’auriez jamais su vouloir jusqu’à ce que vous les ayez. » (p. 20). « Il me fallait aller dehors. Laisser entrer l’élément chance. […] avec Internet, vous obtenez ce que vous saviez déjà vouloir, mais rien de plus, jamais. » (p. 23-24).

L’objectif étant non pas de satisfaire un désir qu’on a déjà mais « un désir nouveau ! » (p. 25). Mais comment faire ? Trouver ce que l’auteur appelle une Bonne Librairie !

Pour tout comprendre et dénicher sa propre Bonne Librairie (ou ses Bonnes Librairies car il peut y en avoir plusieurs), lisez vite ce petit (mais costaud !) essai à l’humour so british voire irrévérencieux ! Mark Forsyth nous parle de livres, de lectures, de hasard, de découverte de l’inconnu, ce que nous, les lecteurs, aimons par-dessous tout !

J’ai acheté Incognita Incognita pendant le Mois anglais (en juin donc) pour le Mois anglais mais avec la canicule depuis deux semaines, c’était impossible de lire… J’avais prévenu et je vous remercie d’avoir attendu ma note de lecture ! Et, bien que ce ne soit pas un roman, je le signale dans la Rentrée littéraire de janvier 2019.

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Comme une mule qui apporte une glace au soleil de Sarah Ladipo Manyika

Comme une mule qui apporte une glace au soleil de Sarah Ladipo Manyika.

Delcourt, mars 2018, 144 pages, 17 €, ISBN 978-2-413-00073-0. Like a Mule Bringing Ice Cream to the Sun (2016) est traduit de l’anglais (Nigeria) par Carole Hanna.

Genres : littérature nigériane, littérature anglaise.

Sarah Ladipo Manyika, née le 7 mars 1968 au Nigeria, est une professeur et autrice nigériane-britannique. Après avoir vécu au Nigeria, au Kenya, en France et en Angleterre, elle vit maintenant à San Francisco aux États-Unis (elle enseigne la littérature à l’université) mais elle partage aussi son temps entre Londres et Harare au Zimbabwe (où elle s’est mariée en 1994). Du même auteur : In Dependence (2008, premier roman), des nouvelles et des essais (non traduits en français). Plus d’infos sur son site officiel, https://www.sarahladipomanyika.com/.

Morayo Da Silva (75 ans) vit depuis vingt ans au quatrième étage d’un petit immeuble qui « a résisté au tremblement de terre de 1906 » (p. 11). Vous l’avez peut-être deviné, Morayo vit à San Francisco. Mais, depuis qu’elle est à la retraite (elle enseignait la littérature à l’université et avait de très bons contacts avec ses étudiants) elle se sent seule et n’a plus que ses souvenirs. Elle se rappelle la ville de son enfance, Jos, où il n’y a plus personne… « Maintenant que mes parents ne sont plus, que mes amis d’enfance ont déménagé ou sont morts, tout ce qui me reste, en fait, ce sont les souvenirs. » (p. 16). Mais ne croyez pas que ce roman soit triste, au contraire Morayo a beaucoup d’humour et même du mordant ! Les chapitres alternent entre Morayo avec ses souvenirs, ce qu’elle veut faire (c’est bientôt son anniversaire) et ses proches (Dawud à l’épicerie, Sunshine sa meilleure amie, etc.). Ça voltige entre les souvenirs avec César, son mari, ambassadeur nigérian qui vit à Lagos et ceux avec Antonio, son amant, « le premier ambassadeur culturel noir du Brésil. Ici au Nigeria. Il était photographe […]. » (p. 47). Mais alors qu’elle prépare son anniversaire, les choses ne se passent pas comme prévu… « Quelle folie ! me dis-je. C’est de la pure folie ici. La vieillesse est un massacre. » (p. 121).

Morayo est comparée par l’éditeur à Mrs Dalloway de Virginia Woolf. Pourquoi pas ? L’humour y est, à la fois africain et britannique. Comme une mule qui apporte une glace au soleil, seul titre de Sarah Ladipo Manyika traduit en français, est une bouffée d’air frais, l’occasion de se faire une nouvelle amie, bienveillante et fantaisiste, et d’entendre parler non seulement de littérature et de personnages de livres mais aussi des gens, oui les vrais gens, ceux que l’on croise, que l’on voit chaque jour sans penser qu’ils font partie de notre vie.

Au départ, j’ai voulu lire ce livre pour le Mois anglais puisqu’il est traduit de l’anglais mais je n’ai pas osé le mettre car Sarah Ladipo Manyika est Nigériane et vit plutôt aux États-Unis mais elle vit aussi en partie à Londres. En tout cas, qu’il soit dans le Mois anglais ou pas, je vous le conseille fortement, j’ai ri, j’ai été émue, c’est un très beau roman tendre et vivifiant.

J’en profite pour le mettre dans À la découverte de l’Afrique car le lecteur découvre pas mal de choses sur le Nigeria.

Hamish Macbeth 2 – Qui va à la chasse de M.C. Beaton

Hamish Macbeth 2 – Qui va à la chasse de M.C. Beaton.

Albin Michel, avril 2019, 288 pages, 14 €, ISBN 978-2-22643-593-4. Death of Cad (1987) est traduit de l’anglais par Marina Boraso.

Genres : littérature écossaise/anglaise, roman policier.

M.C. Beaton… Je remets ce que j’avais déjà écrit pour La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) en juin 2017 et pour Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche avant-hier. M.C. Beaton naît en 1936 à Glasgow : elle est donc née Écossaise ! Mais elle épouse un Anglais et le couple a un fils. M.C., c’est pour Marion Chesney. Elle écrit sous plusieurs pseudonymes dont M.C. Beaton. Ses spécialités : la romance et les mysteries.

Priscilla Halburton-Smythe, 23 ans, journaliste, se rend avec son fiancé, Henry Withering, dramaturge londonien, dans le nord-ouest de l’Écosse pour le présenter à ses parents à Tommel Castle. Après un voyage éprouvant (plus de 900 km), Henry apprécie enfin le paysage avec le village de Lochdubh (celui où on vit dans Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche). « Que c’est beau ici. Tu veux bien t’arrêter un moment ? » (p. 22) ; « Londres me semble tellement loin, fit-il, autant pour lui-même que pour Priscilla. Comme un autre pays, un monde truqué, plein de vacarmes, d’agitation et d’intrigues. » (p. 23). Les deux tourtereaux découvrent au château de nombreux invités… La chasse à la grouse a été annulée à cause du déclin de l’espèce mais le capitaine Bartlett, odieux personnage, a fait le pari qu’il serait le premier à tuer un couple de grouses. Lorsqu’il est retrouvé mort, l’inspecteur-chef Blair conclut à un accident mais Hamish, intrigué, continue les recherches avec son chien, Towser. « Il y a eu homicide, déclara-t-il. Le capitaine Peter Bartlett a été assassiné. Et j’en détiens la preuve formelle. […] Aye, je dois quand même dire que le crime était presque parfait. » (p. 103). « C’est étrange dit-il enfin [le commissaire Chalmer qui a repris l’affaire après Blair], que toutes ces personnes qui détestaient légitimement Bartlett se soient trouvées réunies sous le même toit. » (p. 164). Plus l’enquête avance, plus la relation entre Priscilla et Henry se dégrade.

J’ai préféré cette histoire à Qui prend la mouche. Pourquoi ? Peut-être parce que je l’ai lue en premier et que ce fut une surprise de découvrir Hamish Macbeth et Priscilla Halburton-Smythe (ils sont amis d’enfance et le policier est secrètement amoureux d’elle). Peut-être parce que la traduction est plus fluide et dynamique (la traductrice est différente). En tout cas, j’ai apprécié cette enquête mais je n’aime ni la chasse ni la pêche et je ne sais pas si cette série (datée années 80, comme je le disais déjà pour Qui prend la mouche) est faite pour moi. Je pense que les deux premiers tomes pour découvrir me suffiront car c’est moins drôle et moins percutant qu’Agatha Raisin. Toutefois j’ai appris pas mal de choses sur l’Écosse et son aristocratie. Une série à découvrir si vous êtes curieux ou si vous aimez l’Écosse ou si vous êtes absolutly fan de M.C. Beaton !

Une lecture pour le Mois anglais donc et Voisins Voisines 2019 (Écosse / Angleterre). Sans oublier le challenge Polar et thriller 2018-2019.

Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche de M.C. Beaton

Hamish Macbeth, 1 – Qui prend la mouche de M.C. Beaton.

Albin Michel, avril 2019, 252 pages, 14 €, ISBN 978-2-22643-592-7. Death of a Gossip (1985) est traduit de l’anglais par Karine Guerre.

Genres : littérature écossaise/anglaise, roman policier.

M.C. Beaton… Je remets ce que j’avais déjà écrit pour La quiche fatale (Agatha Raisin enquête) en juin 2017. M.C. Beaton naît en 1936 à Glasgow : elle est donc née Écossaise ! Mais elle épouse un Anglais et le couple a un fils. M.C., c’est pour Marion Chesney. Elle écrit sous plusieurs pseudonymes dont M.C. Beaton. Ses spécialités : la romance et les mysteries.

John et Heather Cartwright dirigent l’école de pêche à la mouche de Lochdubh (à l’extrême nord-ouest de l’Écosse). « Hamish hocha la tête. […] Un sombre pressentiment le tenaillait. Quelque chose ne tournait pas rond dans ce stage de pêche, mais quoi, exactement ? » (p. 79). Et effectivement, une des participantes, Lady Jane Winters, une femme détestable, est retrouvée morte dans la Keeper’s Pool et ce n’est pas un accident puisque « Un bas de ligne es enroulé autour de son cou. Elle a été étranglée. Et ce n’est pas tout… […] On lui a ligoté les chevilles avec une chaîne ! » (p. 123). Mais, alors que le policier du village, l’unique policier du village !, Hamish Macbeth, commence son enquête, l’inspecteur en chef Blair et ses collègues de la PJ, Anderson et MacNals, débarquent de Strathbarie. « Écoutez, mon vieux, je ne suis pas certain que vous ayez l’expérience nécessaire pour résoudre un crime pareil. Laissez-nous faire : on en a vu d’autres, mes hommes et moi. » (p. 137). Mais Hamish et son chien, Towser, ne vont pas se laisser marcher sur les pieds et les pattes ! D’autant plus que Priscilla Halburton-Smythe, la fille des châtelains, va les aider.

Alors, j’ai bien aimé et j’ai appris plein de choses sur l’Écosse et sur la pêche à la mouche (une activité qui ne m’intéresse normalement pas du tout) mais, soyons clairs, c’est beaucoup moins drôle qu’Agatha Raisin ! La série Hamish Macbeth date (années 80), il y a des références à Lady Di, Margaret Thatcher et il n’y a aucune technologie (pas d’ordinateurs et encore moins de téléphones portables) : ce n’est pas un reproche mais les plus jeunes lecteurs vont-ils accrocher ? Je pense qu’avec le succès d’Agatha Raisin, Hamish Macbeth a été traduit mais cette série aurait dû l’être dans les années 80-90 pour plaire réellement au lectorat. Et puis, une série en 35 tomes (en 2018), c’est trop long pour moi… Mais j’ai également lu Qui va à la chasse (en fait je l’ai lu en premier) et je vais rédiger ma note de lecture pour le Mois anglais avant la fin du mois.

Une lecture pour le Mois anglais donc et Voisins Voisines 2019 (Écosse / Angleterre). Sans oublier le challenge Polar et thriller 2018-2019.

Le vampire de John William Polidori

Le vampire de John William Polidori.

The Vampyre : a Tale (1819), entre 65 et 80 pages selon les éditions, est traduit de l’anglais par Henri Faber (Chimères, 1989) ou par Jean-Claude Aguerre (Actes Sud, Babel, 1996). Il est aussi disponible en numérique.

Genres : littérature anglaise, fantastique.

John William Polidori naît le 7 septembre 1795 à Londres d’un père italien (toscan) et d’une mère anglaise. Il étudie à l’université d’Édimbourg (Écosse) et écrit une thèse sur le somnambulisme. Jeune diplômé à 19 ans, il accompagne Lord Byron (1788-1824) à Genève (Suisse) puis voyage seul en Italie avant de rentrer en Angleterre. Il se rend compte qu’exercer la médecine n’est pas fait pour lui et se lance dans le Droit puis dans une carrière littéraire. Mais il se suicide avec du cyanure le 24 août 1821 (il a 25 ans).

Le vampire, originaire d’Orient, passe par le monde arabe et arrive comme une superstition dans l’Europe chrétienne « en subissant quelques légères variations, dans la Hongrie, en Pologne, en Autriche et en Lorraine » (introduction, p. 4).

Londres. Lord Ruthven et Aubrey, un jeune aristocrate orphelin font connaissance. Lord Ruthven est bel homme mais il a le teint sépulcral. Aubrey est riche mais naïf et laisse parler son imagination. Lord Ruthven part en voyage et Aubrey, curieux, décide de voyager avec lui « et quelques jours après, nos deux voyageurs avaient passé la mer » (p. 17). La Belgique, la France, l’Italie, mais Aubrey – grâce à une lettre de ses précepteurs – se rend compte des défauts de Lord Ruthven et part seul en Grèce où il rencontre la belle Ianthe mais Lord Ruthven n’est pas loin… Et même lorsqu’Aubrey, affolé, retourne en urgence en Angleterre, Lord Ruthven est toujours là !

Parue en 1819 dans The New Monthly Magazine, The Vampyre n’est pas la première apparition du vampire en littérature (*) mais cette nouvelle a popularisé le thème du vampire moderne qui a été adapté au théâtre et à l’opéra durant le XIXe siècle. Parti d’un brouillon de Lord Byron, John William Polidori a écrit ce texte à la Villa Diodati durant l’été 1816 qu’il passe avec Percy et Mary Shelley (qui, elle, écrit Frankenstein). Bien que très classique au niveau du style, cette nouvelle vaut le coup d’être lue pour la façon dont elle traite du vampire, une façon moderne, européenne, qui fera entrer le vampire dans son heure de gloire et débouchera sur pléthore d’œuvres littéraires (poèmes, nouvelles, romans…) puis plus tard d’œuvres cinématographiques (films, séries…). Le vampire buveur de sang, d’âme, de vie, qui fait peur et attire en même temps car il est souvent beau (malgré sa pâleur), instruit et beau-parleur, n’est-il pas finalement à classer dans les personnes négatives, néfastes, manipulatrices, véritables trous noirs qui pompent l’énergie vitale de leurs proches – voire leur argent – à éviter de toute urgence et à bannir de son entourage ?

(*) Le vampire en littérature aux XVIIIe et XIXe siècles, une sélectionDissertations sur les apparitions des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires de Hongrie, de Bohême, de Moravie et de Silésie ou Traité sur les apparitions d’Augustin Calmet (1746), un essai français revu et augmenté en 1751. C’est d’abord par la littérature allemande que le vampire entre en littérature avec entre autres Le vampire (Der Vampyr) de Heinrich Augustin von Ossenfelder (1748), un poème, et La fiancée de Corinthe (Die Braut von Korinth) de Goethe (1797), un poème narratif. Puis par la littérature anglaise avec entre autres Le vampire de John Stagg (1810), un poème composé de 152 vers qui se déroule en Hongrie ; Le Giaour de Lord Byron (1813), un poème ; Dracula de Bram Stoker (1897), un roman épistolaire considéré comme la quintessence du genre. Le vampire devient un représentant de la littérature romantique et de la littérature gothique allemande et anglaise avant d’atteindre la France, l’Italie et même la Russie avec La famille du Vourdalak (dans Histoires de morts-vivants) de Tolstoï (1847).

Le vampire de John William Polidori va être à nouveau publié par Les forges de Vulcain en février 2019 sous le titre Le Vampyre, dans une traduction plus récente et en édition augmentée, suivi par Le comte Ruthwen ou les vampires de Cyprien Bérard et une postface inédite de Thomas Spok. Alors, une relecture l’année prochaine, pourquoi pas ? 😉

Source : Aux forges de Vulcain

Une lecture pour La bonne nouvelle du lundi que je mets dans les challenges Cette année, je (re)lis des classiques, Challenge de l’épouvante et dans le Marathon de l’épouvante d’automne 2018Défi littéraire de Madame lit (littérature britannique en octobre) et Littérature de l’imaginaire.

Je rappelle que le mois d’octobre et le Mois de l’imaginaire avec plusieurs éditeurs (de l’imaginaire), de librairies et de bibliothèques en France mais rien près de chez moi, à part à Grenoble et à Lyon, voire même Montpellier (plus dans le Sud) mais ça ne va pas avec mes horaires de travail.

Le tombeau d’Hercule d’Andy McDermott

Le tombeau d’Hercule (une aventure de Wilde et Chase, 2) d’Andy McDermott.

Bragelonne, collection Thriller, juin 2018, 448 pages, 16,90 €, ISBN 979-1-02810-329-3. The Tomb of Hercules (2008) est traduit de l’anglais par François Fargue.

Genres : littérature anglaise, thriller, aventure.

Andy McDermott naît le 2 juillet 1974 à Halifax dans le Yorkshire (Angleterre). Il étudie à l’Université de Keele dans le Staffordshire. Il est écrivain, journaliste, critique cinéma (Hotdog Magazine entre 2000 et 2006) et graphiste. Plus d’infos sur son site (en anglais).

Après la première aventure de Wilde et Chase dans À la poursuite de l’Atlantide, les Nations Unies ont créé il y a un an l’Agence internationale du patrimoine (AIP) et Nina Wilde est directrice des opérations.

La plate-forme flottante SBX-2 au large du Portugal surveille officiellement l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient mais, en secret, des scientifiques travaillent pour retrouver les structures de l’Atlantide « ensevelies sous le limon qui couvrait les fonds marins » (p. 7) : cartographie grâce à un sonar haute résolution, fouilles pour retrouver des objets atlantes… Mais, une nuit d’orage, un groupe d’hommes lourdement armés prend d’assaut la plate-forme, tuent tout le monde avant de repartir avec des dossiers et de faire couler le site. Tout le monde croit que SBX-2 a sombré à cause de la très violente tempête mais…

Trois mois après, sur un yacht à New York, Nina et Eddie rencontrent des directeurs non exécutifs de l’AIP : ils n’ont pas de pouvoir décisionnel mais ils apportent leur soutien technique ou financier. Parmi eux, Richard Yuen Xuan, un Chinois très riche, et son épouse, Sophia Blackwood, une Lady anglaise. Eddie va se rendre en Chine pour une mission secrète. Quant à Nina, restée à New York, elle demande à la Confrérie millénaire des Sélasphores, en la personne de monsieur Popadopoulos, de pouvoir consulter le véritable Hermocrate et non plus des reproductions ou des photos car elle est persuadée qu’en consultant l’œuvre originale, elle découvrira le tombeau d’Hercule.

Poursuites rocambolesques à Shanghai pour Eddie et dans le métro de New York pour Nina. « Vous voulez dire que la plate-forme a été coulée ? Et que ça aurait quelque chose à voir avec ce qui m’est arrivé aujourd’hui ? » (p. 123, Nina à son supérieur, Amoros).

Ensuite le roman est construit comme le premier, un petit groupe part à l’action, après New York et Shanghai, direction l’Afrique et l’Europe : Botswana, Namibie, Londres, Suisse, Algérie, Tunisie, Bahamas, du pur thriller. Des gentils, des méchants, certains sont loyaux et vont sauver la vie des deux héros, d’autres sont fous à lier, vont trahir, se faire tuer. Bref, de l’action pure et dure, des explosions en tout genre, de l’aventure en veux-tu en voilà, des diamants, de l’uranium et des bombes nucléaires, mais pas de fantastique ou de science-fiction comme dans le premier tome (petite déception). Sauf quand les travaux d’Hercule apparaissent mais ce n’est qu’après un peu plus de 300 pages… De plus Hugo Castille, le pendant belge d’Edward Chase, Anglais, m’a manqué… mais le lecteur fait la connaissance d’autres amis d’Eddie, décidément il a des amis dans le monde entier !

Je trouve que les problèmes de couple entre Nina et Eddie prennent un peu trop de place dans l’aventure. « J’ai mis ma carrière d’archéologue de côté pour devenir une bureaucrate. Je me suis même mise à faire de la politique. Je me suis laissé entraîner dans des jeux de pouvoir pour obtenir ce que je voulais. Et le pire, c’est que j’y ai pris goût. Non, le pire, c’est que j’ai vraiment commencé à me sentir supérieure à Eddie. Juste à cause de mon titre. Je l’ai blessé sans m’en rendre compte. » (p. 239).

Ce que je reproche à ce tome 2, c’est d’être trop construit comme le premier tome, et puis, à l’époque moderne, les méchants détruisent systématiquement les trésors archéologiques qu’ils découvrent ? L’Atlantide, le tombeau d’Hercule, et dans les tomes suivants, l’épée Excalibur, la pyramide d’Osiris, entre autres. À voir si je lirai la suite… Il y a déjà une quinzaines de tomes car Andy McDermott écrit cette série depuis 2007 et elle n’est traduite en français que depuis cette année.

Pour le Challenge de l’été 2018, le Challenge Chaud CacaoLire sous la contrainte (trilogies et séries de l’été), Littérature de l’imaginaire, Polar et thriller 2018-2019 et Voisins Voisines 2018 (Angleterre).

À la poursuite de l’Atlantide d’Andy McDermott

À la poursuite de l’Atlantide (une aventure de Wilde et Chase, 1) d’Andy McDermott.

Bragelonne, collection Thriller, avril 2018, 448 pages, 16,90 €, ISBN 979-10-281-0410-8. Atlantis (2007) est traduit de l’anglais par François Fargue.

Genres : littérature anglaise, thriller, aventure.

Andy McDermott naît le 2 juillet 1974 à Halifax dans le Yorkshire (Angleterre). Il étudie à l’Université de Keele dans le Staffordshire. Il est écrivain, journaliste, critique cinéma (Hotdog Magazine entre 2000 et 2006) et graphiste. Plus d’infos sur son site (en anglais).

Au Tibet, Henry et Laura Wilde ont trouvé l’emplacement du pic Doré qui permettraient de retrouver la trace des antiques habitants de l’Atlantide. Ils découvrent en fait les cadavres de l’expédition nazie de Jürgen Krauss ainsi que des inscriptions en glozel (la langue de l’Atlantide) et un objet assez grand en orichalque (métal inconnu décrit par Platon dans le Critias). Mais ils ont été trahis par leur ami Jack, ils sont assassinés et tout disparaît. « La Confrérie ne doit laisser personne découvrir l’Atlantide. » (p. 28).

Dix ans plus tard, leur fille unique, Nina, est devenue docteur en archéologie et elle est tout aussi passionnée que ses parents par l’Atlantide mais l’université de New York rejette son projet. C’est alors que la Fondation Frost, pour qui ses parents travaillaient déjà, la contacte et lui offre le financement de ses recherches. « Vos collègues ne sont peut-être pas intéressés par votre théorie sur l’emplacement de l’Atlantide, mais nous le sommes au plus haut point. » (p. 45).

Le lecteur quitte alors les États-Unis pour la Norvège, l’Iran, la France, le Brésil, le Tibet, un pur thriller avec de l’action, du danger, des méchants et des gentils (zut, qui est méchant, qui est gentil ?). On fait la connaissance d’une belle galerie de personnages, Nina, déjà, et puis Edward (Eddie) Chase, Kari Frost et son père, Hugo Castille, Jonathan Philby, Starkman, Qobras… Tous ne s’en sortent pas, certains sont fous à lier, d’autres se sacrifient pour la bonne cause. C’est un véritable roman d’aventure à la Indiana Jones et ça fonctionne bien, très bien même ! Je ne me suis pas ennuyée un seul instant, ça bouge, ça tire dans tous les sens, ça explose de tous les côtés (oups, des wagons remplis de kérosène !), les relations entre les personnages et les dialogues ne sont pas débiles, les rebondissements ne sont pas téléphonés, Chase et Castille la jouent « tout en finesse » (p. 144) avec leur devise « Vaincre ou périr », humour anglais pour Chase et belge pour Castille.

Mais l’Atlantide est-elle une légende ou a-t-elle vraiment existé ? Il y a de bonnes explications scientifiques qui font de ce roman presque de la science-fiction. « Un glissement de plaque tectonique ou l’effondrement du cratère d’un volcan immergé ont très bien pu provoquer l’affaissement d’une partie du plateau continental, entraînant un tsunami d’énorme envergure. L’île aura été engloutie pendant le cataclysme. Avec le temps, elle a continué à s’enfouir. Sans compter que le niveau de la mer a monté depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a près de dix mille ans. Reliez entre eux ces événements… » (p. 274). Alors convaincus ?

J’ai passé un très bon moment de lecture, excellent même, j’ai simplement un peu traîné pour publier ma note de lecture… Peut-être pour faire durer le plaisir ? En tout cas, j’ai maintenant Le tombeau d’Hercule (la 2e aventure de Wilde et Chase) sur ma pile à lire (PàL). J’espère que sur la durée (plusieurs tomes sont déjà parus entre 2007 et 2017 avec l’épée Excalibur, des populations antiques inconnues, les pyramides et le tombeau d’Osiris, les mythologies Hindi, Incas, etc.), j’espère donc que cette série tiendra la route mais je ne sais pas si je lirai toutes les aventures. Andy McDermott a compilé ses passions, aventure (un peu policier, action, fantastique voire science-fiction), espionnage, Histoire et le résultat est détonant pour une lecture palpitante à cent à l’heure ! Une série de films ou une série télévisée, ça me plairait bien 😉

Pour le Challenge de l’été 2018, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (lieu), Polar et thriller 2018-2019 et Voisins Voisines 2018 (Angleterre).

Et pourquoi pas Lire sous la contrainte ? L’été, la contrainte est trilogie ou série et je ne pensais pas participer mais quel meilleur moment que l’été pour commencer et lire cette série d’aventure action à l’inspiration Indiana Jones ?