Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman.

Robert Laffont, collection La bête noire, avril 2018, 408 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22121-549-4. Date With Date (2017) est traduit de l’anglais par Dominique Haas.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Julia Chapman – de son vrai nom Julia Stagg – est une autrice anglaise de romans policiers (pas de date de naissance). D’après Wikipédia, elle a voyagé (en tant que professeur d’anglais langue étrangère) puis s’est installée avec son mari en Ariège où ils ont tenu une auberge qui a inspiré la série de 6 romans, The Fogas Chronicles (2011-2015, non traduits en français). De retour en Angleterre (dans les Yorkshire Dales), elle écrit la série Date with… (pour l’instant 5 tomes, 2017-2020) soit Les détectives du Yorkshire. Plus d’infos sur son site officiel, http://www.jstagg.com/.

Après quatorze ans d’absence, Samson O’Brien revient à Bruncliffe dans le Yorkshire avec un sac et une moto rouge. Il a quitté Londres à cause de quelques problèmes à la MET et souhaite ouvrir – provisoirement – une agence de détective privé mais les habitants ne sont pas ravis de son retour.

De son côté, Delilah Metclaffe gère une petite entreprise de création de sites Internet et l’Agence de Rencontres des Vallons, avec son chien, un Braque de Weimar, qui s’appelle… Calimero (quel drôle de nom pour un si grand chien !). Comme elle a besoin d’argent, elle loue le rez-de-chaussée de son bâtiment à Samson. « Eh bien, on dirait que la vie à Bruncliffe est sur le point de devenir intéressante, commenta Edith. Puis un sourire s’épanouit lentement sur son visage. » (p. 16).

Ce même jour, c’est l’enterrement de Richard Hargreaves, professeur d’université, dont la police pense qu’il s’est suicidé. Puis le corps d’un randonneur, Martin Foster, est retrouvé, sûrement un accident. Delilah fait tout de suite le rapprochement. « Deux de ses clients morts en moins d’une semaine. Une coïncidence ? Probablement. Mais ce fut les doigts tremblants qu’elle déchira l’article et le glissa dans sa poche. » (p. 26). Samson enquête car la mère de Richard Hargreaves est persuadée que son fils ne s’est pas suicidé : son épouse est partie il y a plus de trois ans et il s’en était remis. « […] s’il n’y avait pas de mobile à ce meurtre, le suicide ne semblait pas plus justifié. » (p. 116).

Sous-titré Une enquête de Samson et Delilah, les détectives du Yorkshire, les lecteurs suivent donc la première enquête des ARV : l’Agence de Recherche des Vallons accompagnée de l’Agence de Rencontres des Vallons. Je fais l’impasse sur les nombreux personnages, la famille de Delilah, celle de Samson et ses amis d’enfance qui lui en veulent d’être parti précipitamment quatorze ans auparavant et de n’avoir jamais donné de nouvelles, les familles des hommes décédés, les commerçants, toute une belle galerie de personnages et puis, le lecteur s’en doute, dans les prochains tomes il se passera des choses avec Rick Procter (je me suis même demandé si Samson n’était pas là pour enquêter sur lui et sa bande en fait !). Ce premier tome est agréable et cette série est une intéressante alternative à Agatha Raisin de M.C. Beaton mais Julia Chapman a un humour plus terre à terre et la lecture est peut-être moins jubilatoire qu’Agatha Raisin ou – ma série de ce genre préférée – Mma Ramotswe détective d’Alexander McCall Smith. Mais à découvrir !

Pour les challenges Animaux du monde (pour Calimero, il a son importance), British Mysteries #5 et Mois British Mysteries (dernier jour !), Polar et thriller 2019-2020, Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell de James Lovegrove

Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu, 1 de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, février 2018, 360 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-0749-9. The Chtulhu Casebooks : Sherlock Holmes and the Shadwell Shadows (2016) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel, https://www.jameslovegrove.com/.

Printemps 2014. James Lovegrove, Anglais, auteur de littérature de l’imaginaire, reçoit un mail d’un cabinet d’avocats de Providence (Rhode Island, États-Unis). En tant que descendant de la famille allemande von Luftgraf (soit Lovegrove pour les Britanniques et Lovecraft pour les Américains), il est un « cousin au centième degré environ de H.P. Lovecraft » (p. 12). À ce titre, il hérite de Henry Prothero (H.P. !) Lovecraft (auteur lui aussi), de trois tapuscrits qui étaient en sa possession mais signés du Dr John Watson qu’il va recevoir par coursier international. Tout semble correct : le papier, la machine sur laquelle ils ont été tapés, le style de Watson mais les histoires de Sherlock Holmes qui y sont narrées sont si surprenantes que « presque tout ce que nous savons du grand détective – sa vie, son œuvre, ses méthodes, ses exploits – n’est qu’un vaste mensonge, une façade créée pour cacher une vérité profonde plus sombre et plus horrible. » (p. 14).

Novembre 2016. James Lovegrove décide de publier ces trois inédits que le Dr Watson a rédigé en secret à la fin de sa vie, comme pour se soulager d’un trop grand poids.

Hiver 1880. Le lecteur découvre éberlué la véritable rencontre entre le Dr Watson (qui rentre blessé d’Afghanistan où il était médecin militaire *) et Sherlock Holmes (à peine plus de 20 ans, qui s’est installé depuis peu au 221B Baker Street en tant que premier détective conseil au monde). Immédiatement Holmes et Watson enquêtent sur quatre cadavres découverts dans le quartier de Shadwell. « Ces quatre personnes étaient le genre de gens devant lesquels on passe sans les remarquer… (Il prit l’air rusé.) Et dont le décès pourrait passer inaperçu. » (p. 48-49).

(*) Le lecteur apprendra d’ailleurs ce qu’il s’est exactement passé dans la vallée d’Arghandab en Afghanistan.

Ils vont rencontrer un riche Chinois, maître de l’opium en Angleterre. « La révélation sera universelle. Vous ressortirez de cette expérience avec une appréciation plus large, plus profonde, de l’essence véritable des choses. » (p. 118).

Et le Pr James Moriarty « mathématicien de renom » (p. 231), génie de 21 ans (le théorème binomial, la dynamique des astéroïdes…) : bien avant que le canon officiel le laisse entendre ! « Moriarty n’a pas pu croire qu’il nous découragerait avec quelques belles phrases et un petit tour de passe-passe hypnotique. Il n’a fait que nous laisser une chance. C’était avant tout une démonstration de l’inébranlable confiance qu’il a en lui-même. Il ne nous considère pas dignes d’être ses adversaires. (Son expression se durcit). C’est une erreur, conclut-il sur un ton glacial. Une grosse erreur. Et il la regrettera. » (p. 249).

Et ce n’est pas avec Lestrade que travaille Sherlock mais avec Gregson, plus ouvert sur les choses surnaturelles.

Êtes-vous prêts à cauchemarder tout le restant de votre vie (comme le Dr Watson) et à apprendre la langue r’lyehen ? Ou akto pour quelques personnes, une langue vieille de plus de quinze mille ans. Parce que ce premier tome de la trilogie Les Dossiers Chtulhu est passionnant et j’ai vraiment eu l’impression d’un « croisement » entre l’écriture du Dr Watson (Sir Arthur Conan Doyle) et H.P. Lovecraft, c’est fascinant ! Il y a à la fois une enquête à la Sherlock Holmes avec la réflexion, la logique, tout ce qui fait ce personnage, et le fantastique horrifique de l’univers de Lovecraft. Alors, « crossover » ou « mashup » ou « machine à fric » comme en parle Lovegrove dans sa préface ? À vous de décider ! De mon côté, j’ai trouvé cette histoire tellement plausible et réaliste malgré le surnaturel que j’ai embrayé avec le tome 2, Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic, et je sens que je vais regretter de ne pas avoir le tome 3, Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex, à ma disposition…

Une lecture stupéfiante que je mets dans le Mois British Mysteries et les challenges British Mysteries #5, Lire en thème mars 2020 (pour la pieuvre sur la couverture), Littérature de l’imaginaire #8, Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen

Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juin 2019, 384 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-163-9. A Royal Pain (2008) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (1997-2006), Molly Murphy (2001-2017) et Royal Spyness (2007-2019).

Londres, juin 1932. Un mois après l’affaire Mauxville (voir Son espionne royale mène l’enquête). Georgie ne voit plus Darcy qui lui avait fait la cour. « En me montrant bêtement réticente, j’avais semble-t-il laissé échapper mes chances d’être avec Darcy. Mais voulais-je vraiment de lui ? Il était Irlandais, catholique, fauché, peu fiable et peu recommandable à tous les égards – mis à part qu’il était le fils d’un pair . » (p. 41). Mais Georgie est de nouveau conviée par Sa Majesté la reine pour boire le thé, enfin… pour une mission d’espionnage ! La reine aimerait que son fils, David, prince de Galles, futur roi, oublie enfin cette Américaine mariée, et rencontre « fortuitement » la princesse Hannelore de Bavière, une jeune fille de 18 ans qui vient de sortir du couvent. « Elle continua de me parler, tandis que le sang me battait aux tempes ; comment lui expliquer qu’il m’était impossible de recevoir une jeune lady de sang royal dans une maison où je vivais sans domestiques et me nourrissais de haricots blancs en boîte ? – J’espère que je peux compter sur vous, n’est-ce pas Georgiana ? Pour le bien de l’Angleterre ? J’ouvris la bouche. Et me contentais d’acquiescer : – Bien entendu, madame. » (p. 51). Comment Georgie va-t-elle faire pour accueillir dignement Hannelore et sa suite sans aucun domestique et sans argent pour les repas ? Mais Georgie a de la ressource car « Un Rannoch ne bat jamais en retraite. » (p. 70).

Mais, lors d’une soirée bien arrosée chez Gussie et Lunghi, deux amis de Belinda et de Georgie, Tubby Tewkesbury, un peu ivre, bascule sur la balustrade du balcon qui cède sous son poids et il tombe du sixième étage… L’inspecteur Harry Sugg s’interroge sur le fait que Georgie soit encore impliquée dans un décès, même seulement à titre de témoin. « Deux cadavres en moins d’une semaine. Ça ne peut pas être une simple coïncidence, n’est-ce pas ? » (p. 174). Pire, quelques jours après, Sidney Roberts, qui était aussi à cette soirée, est retrouvé poignardé à l’étage de la librairie Haslett’s dans Wapping où il travaillait. C’est Hannelore (Hanni) qui a trouvé le corps… Qu’est-ce que les deux demoiselles faisaient là ? La librairie Haslett’s est la plus ancienne librairie de Londres mais le quartier de Wapping n’est pas très bien fréquenté… Georgie doit découvrir ce qu’il s’est réellement passé. « Je me mis à réfléchir. Les événements des derniers jours étaient si embrouillés. Il y avait d’abord eu la chute mortelle de Tubby, puis l’horrible épisode dans la librairie, avec le pauvre Sidney gisant là, le sang se répandant à travers sa chemise. Mon grand-père semblait penser qu’il y avait forcément un lien entre ces deux drames. Pour ma part, je ne voyais pas lequel […]. » (p. 227).

J’ai trouvé ce deuxième tome plus dense et plus abouti que Son espionne royale mène l’enquête. Le style est toujours so british, drôle et divertissant mais la dimension politique et les relations entre l’Angleterre et l’Allemagne y sont bien présentes. Une série que je vous recommande !

Une chouette lecture que je mets dans le Mois British Mysteries et les challenges British Mysteries #5, Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2020 (Angleterre).

La voix des vagues de Jackie Copleton

La voix des vagues de Jackie Copleton.

Escales, collection Domaine étranger, octobre 2016, 368 pages (erreur de l’éditeur qui dit 304), 21,90 €, ISBN 978-2-36569-165-9. A Dictionary of Mutual Understanding (2015) est traduit de l’anglais par Freddy Michalski.

Genre : littérature anglaise.

Jackie Copleton naît en Angleterre ; elle enseigne l’anglais au Japon (Nagasaki et Sapporo), elle voyage et vit maintenant à Newcastle (Angleterre) avec son époux. La voix des vagues est son premier roman, une belle réussite ! Plus d’infos sur sa page FB (son blog WP n’étant apparemment plus en ligne).

« La voix des vagues / Qui se dressent devant moi / N’est pas aussi forte / Que mes sanglots, / D’avoir été abandonné. Poème japonais vieux de mille ans. » (en exergue, p. 9).

Une ville, Nagasaki, et l’horreur du 9 août 1945 à 11 heures, des familles, les Takahashi (Amaterasu, Kenzo et leur fille Yuko), les Sato (Jomei, médecin, et son épouse Natsu), les Watanabe (Yuko, Shige et leur fils Hideo), les secrets, les souffrances, les remords, les souvenirs douloureux mais indispensables pour que le lecteur comprenne le fil de leur vie et le fin mot de l’histoire.

Pennsylvanie, hiver 1983-1984. Amaterasu Takahashi (la narratrice) ouvre sa porte et voit un homme défiguré qui dit s’appeler Hideo Watanabe et être son petit-fils. La dernière fois qu’elle a vu Hideo, il avait 7 ans et elle l’a déposé à l’école : c’était il y a plus de 38 ans !

Nagasaki, 9 août 1945. Le quartier d’Urakami et une partie du centre-ville sont envahis par les flammes. Yuko et Hideo ont disparu… Amaterasu et Kenzo Takahashi ont longtemps chercher leur fille unique et leur petit-fils, puis ils les ont longtemps pleurés. « Hideo est mort. Vous ne pouvez pas être lui. Je suis désolée. » (p. 13).

L’homme, venu pour une série de conférences, repart au Japon dans quelques jours alors Amaterasu accepte de prendre sa carte de visite et une lettre. Plus tard, gêné, il revient avec un paquet qu’il doit lui remettre.

Après la guerre, Amaterasu et Kenzo Takahashi ont émigré aux États-Unis, d’abord en Californie puis en Pennsylvanie. Maintenant veuve, seule, Amaterasu va devoir replonger dans son douloureux passé. « Pour dire la vérité, je n’étais pas sûre de même vouloir un petit-fils revenu d’entre les morts. Il me restait si peu de temps. Toutes ces années perdues au cours desquelles une vraie relation humaine aurait pu s’établir étaient passées depuis longtemps. » (p. 84-85).

Mais est-il vraiment trop tard ? Amaterasu va-t-elle accepter ce petit-fils ou va-t-elle le rejeter ? Va-t-elle (enfin) lire les journaux de Yuko qu’elle a récupérés après la bombe ? « Les lettres du docteur me tiraient vers le passé, m’obligeant à déterrer tout ce que j’avais voulu garder caché, mais je ne parvenais pas à m’arracher à sa version du temps enfui que nous avions en partage. » (p. 181).

La question qui tue : quel est le son de l’explosion que les survivants ont appelé Pikadon ? Mieux vaut ne pas le savoir ! Il est préférable d’entendre le son des vagues (virées à Iwo Jima incluses) que le son de la bombe !

A Dictionary of Mutual Understanding est le livre que Kenzo offre à son épouse peu après leur arrivée aux États-Unis pour qu’elle progresse en anglais. À chaque nouveau chapitre du roman, il y a un mot japonais (yasegaman, ninjo, en, kodakara, konjo, etc.) avec son explication afin de comprendre la culture japonaise et le comportement des Japonais.

Jackie Copleton connaît bien le Japon et les Japonais : elle a enseigné à Nagasaki pendant des années ; elle délivre un premier roman magistral, d’une grande beauté, tout en douceur, en finesse et en émotion, mais qui dégage aussi beaucoup de tristesse et parfois même de la rancœur. Sera-t-il possible d’aller au-delà de l’horreur, au-delà de la haine, au-delà de la souffrance ? Ce roman m’a bouleversée bien que je n’aie pas visité Nagasaki (après avoir visité Hiroshima, je ne pouvais pas visiter Nagasaki…). En tout cas, quelle surprise que la vie d’Amaterasu !

Ce roman, magnifique, à garder précieusement dans son cœur, entre dans les challenges Petit Bac 2020 (pour la catégorie Son avec « voix ») et Voisins Voisines (Angleterre).

Challenge British Mysteries #5 en 2020

Bizarrement, j’ai zappé l’édition de 2019… Je m’inscris donc pour le British Mysteries #5 qui se déroule durant l’année 2020 avec le Mois British Mystery en mars. Infos, inscription et logos chez My Lou Book et chez Hilde + groupe FB.

« Tous les types de billets sont acceptés : chroniques en rapport avec la littérature, la littérature jeunesse, les séries, films, BD, documentaires… Présentation de documentaires écrits, audio et vidéo, d’essais, d’articles. Reportages, photos et récits de voyage. »

Avec comme thématique du challenge, les mystères britanniques et irlandais : 1- Detective stories contemporaines, policiers vintage et historiques, cosy mysteries y compris en littérature jeunesse (par exemple Agatha Raisin de M.C. Beaton, Julia Chapman, Agatha Christie, Anne Perry, Dan Waddell, Patricia Wentworth…). 2- Essais, documentaires ou tout autre support traitant de meurtres non résolus (Jack the Ripper, l’affaire Caroline Luard, Madeleine Smith…). 3- Toute histoire ayant sa part de mystère, d’obscurité, voire de surnaturel (Wilkie Collins, Sheridan Le Fanu, Bram Stoker, histoires de fantômes, monstre du Loch Ness et autres légendes, maisons mystérieuses, portraits de médiums, le culte du deuil à l’époque victorienne…).

Et avec pour cadre géographique : Angleterre, Écosse, Pays de Galles, Irlande (nord et sud). Pas de Brexit pour le British Mysteries !

Les catégories

Esprit es-tu là ? : manifestations sporadiques et inattendues, effet garanti – entre 1 et 5 participations. Quelques-uns doutent de vous et vous prennent pour un charlatan, mais votre expérience des mystères de l’au-delà a fait de vous une référence parmi les amateurs de tables tournantes. Et vous comptez bien nous faire une petite démonstration pour nous montrer vos talents.

Résidant de Baker Street : entre 6 et 10 participations, vous deviendrez bientôt un limier expert. Employé de bureau le jour, vous rêvez le soir venu d’aider vos voisins Holmes et Watson dans leurs enquêtes. C’est pourquoi vous lisez avec le plus grand sérieux toutes les histoires policières qui vous tombent entre les mains afin d’être en mesure de résoudre un jour les plus grands mystères.

Gardien de Highgate Cemetery : 11 participations et plus. Des histoires sombres, vous en avez vu passer depuis que vous détenez les clefs du célèbre cimetière. Aujourd’hui vous avez décidé de pousser pour nous quelques portes aux secrets bien gardés.

Les thèmes mensuels proposés

20 février : hommage à M.C. Beaton avec un roman policier au choix

Du 1er au 31 mars : mois British Mysteries avec de nombreux rendez-vous (challenge honoré avec 5 lectures mais seulement 3 notes de lectures publiées dans les temps).

20 avril : Sherlock Holmes et ses adaptations : j’ai pris un peu d’avance avec les Dossiers Chtlhu (voir ci-dessous).

20 mai : Julia Chapman : j’ai pris un peu d’avance avec le tome 1 (voir ci-dessous) mais peut-être le tome 2 en mai.

20 juin : Agatha Christie, romans ou dérivés

20 juillet : un roman se passant à Londres

20 septembre : un classique (par exemple Wilkie Collins, Mary Elizabeth Braddon, Le Fanu, Stoker, nouvelles de Dickens, Polidori, Byron, Ann Radcliffe, Lewis…)

20 octobre : fantôme ou cimetière britannique

20 novembre : cosy mystery, pour se préparer à l’hiver

20 décembre et tout au long du mois : polar de Noël (Anne Perry, M.C. Beaton, Agatha Christie, anthologies…).

Mes billets pour ce challenge

1. The Rook de Daniel O’Malley (Super 8, 2014, Australie) – L’auteur est Australien mais le roman se déroule à Londres.

2 . Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen (tome 2) (Robert Laffont, 2019, Angleterre)

3. Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu, 1 de James Lovegrove (Bragelonne, 2018, Angleterre)

4 . Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman (Robert Laffont, 2018, Angleterre)

Acadie de Dave Hutchinson

Acadie de Dave Hutchinson.

Le Bélial, collection Une heure lumière n° 20, août 2019, 112 pages, 9,90 €, ISBN 978-2-84344-953-6. Acadie (2017) est traduit de l’anglais par Mathieu Prioux.

Genres : littérature anglaise, novella, science-fiction.

Dave Hutchinson naît le 19 décembre 1960 à Sheffield (Angleterre). Il est journaliste, nouvelliste et romancier mais, pour l’instant, ses romans et ses nouvelles n’ont pas encore été traduits en français.

Alors que Duke Faraday, 150 ans, Président de la Colonie est en congés, une alerte le ramène au bureau : une sonde terrienne a franchi les frontières de leur système, inexploré par l’Agence de la Colonisation, dans lequel des humains se sont installés illégalement. La sonde est radioactive et au lieu de se « tenir tranquille et observer cette saleté poursuivre sa route » (p. 19), Ernie lui a tiré dessus…

Les Fondateurs de cette Colonie sont d’anciens scientifiques ayant fui la Terre, il y a plus de 500 ans, à cause d’expériences génétiques interdites ; ils sont maintenant appelés les Écrivains car ils ont créé des humains différents : elfes, nains, hobbits, gobelins, Klingons… Gros clin d’œil à Tolkien et d’autres ! « Les Écrivains ont voulu s’amuser un peu… » (p. 44). Il y a aussi des Gamins, des humains supra-intelligents mais fantasques et avec des vies courtes.

Les chapitres sont courts ; le ton est résolument moderne avec une pointe d’humour (ah oui, l’auteur est Anglais) et, même si je n’ai pas tout compris à la technologie du futur, j’ai lu cette nouvelle avec plaisir ! Le récit est immersif, le questionnement sur l’éthique est posé et la fin est surprenante. Par contre, je n’ai pas percuté pourquoi le titre est Acadie

Pour les challenges 1 % Rentrée littéraire 2019 (lu avant la fin du challenge durant le Week-end à 1000 de janvier), Littérature de l’imaginaire #8 et deuxième nouvelle (ou novella) pour le Maki Project.

Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen

Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juin 2019, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-163-9. Her Royal Spyness (2008) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (1997-2006), Molly Murphy (2001-2017) et Royal Spyness (2007-2019).

Victoria Georgiana Charlotte Eugenie est la fille du duc de Glenn Garry et Rannoch. Sa grand-mère paternelle était une des filles de la reine Victoria mais, peu attirante, elle a épousé « un mauvais baron écossais » (p. 10) qui, pour la peine, devint duc. Elle n’a mis au monde qu’un fils : le père de Georgie (oui, on ne va pas répéter à chaque fois Victoria Georgiana Charlotte Eugenie !). Elle n’est que trente-quatrième pour la succession au trône.

Le lecteur découvre Georgie en avril 1932 au château de Rannoch à Perthshire en Écosse. Georgie est née du remariage de son père, veuf mais ayant un fils de sa première épouse, avec une actrice mais elle « appartenait à l’église anglicane et venait d’une famille britannique respectable […] et l’on approuva donc cette union. » (p. 11). Cependant, l’épouse s’est enfuie lorsque Georgie avait deux ans, elle ne supportait plus de vivre dans un château « lugubre et isolé » (p. 12). Georgie a donc reçu une éducation dans une institution privée suisse grâce à la générosité de la famille paternelle. Elle vit maintenant au château de Rannoch avec son frère aîné, Hamish, surnommé Binky, son épouse acariâtre et pingre, Hilda, surnommée Fig, et leur jeune fils, Hector, surnommé Podge mais « un membre de la famille royale, même mineur, a le devoir de ne pas décevoir les siens. » (p. 17), sous-entendu Georgie doit épouser un bon parti ! Et justement, Sa Majesté a ordonné à Binky d’organiser une réception au château pour lui présenter le prince Siegfried de Roumanie mais Binky est ruiné et Georgie ne veut pas se marier. « Je n’avais pas l’intention de rester ici une minute de plus, à attendre que l’avenir vienne à moi. J’allais partir dans le vaste monde afin de choisir ma propre destinée. » (p. 21).

Fin avril 1932, Georgie s’est enfuie à Rannoch House à Londres dans le quartier aisé de Belgrave Square mais elle n’a pas d’argent, elle se retrouve seule (sans domestiques) dans une maison vide et elle ne sait rien faire (comment allumer la chaudière pour avoir de l’eau chaude ou comment allumer du feu dans les cheminées ou comment faire à manger). Pourtant « Sa Majesté Royale et impératrice des Indes, la reine Mary » (p. 29) qui a des yeux et des oreilles partout, invite Georgie à boire le thé. « Je songe à faire de vous mon espionne, dit-elle tandis qu’on nous versait le thé. » (p. 37). Georgie est donc chargée (sans que la reine ne lui propose de l’aider financièrement) d’espionner son cousin David, prince Galles, futur roi, qui s’est entiché d’une Américaine plus âgée que lui et… mariée !

Mais quatre jours après l’arrivée de Georgie à Rannoch House, son frère débarque à Londres et lui apprend que leur père avait perdu leur château écossais de Rannoch au profit d’un abject joueur français, Gaston de Mauxville ! « J’étais venue à Londres pour fuir les miens, songeai-je tout en me dirigeant vers ma chambre. Mais leur échapper n’était apparemment pas aussi facile que je l’avais cru. L’espace d’un instant, épouser le prince Siegfried ne me sembla pas être une si mauvaise solution que cela, tout compte fait. » (p. 123). Mais la devise des Rannoch est « La mort plutôt que le déshonneur. » (p. 164).

Après les années folles (années 20), la Grande Dépression fut difficile pour tous et beaucoup d’aristocrates furent ruinés. Sans compter qu’il y avait parfois des dettes de jeu… Comme Georgie n’y connaît rien en enquête, elle n’est pas très performante mais ce roman, plutôt genre mystery, est efficace, drôle et distrayant. Il est de plus idéal pour découvrir les jeunes aristocrates désargentés de ce début des années 30, leurs fêtes, leurs intérieurs, et aussi un peu les bas-fonds de Londres. Son amie Belinda ayant un revenu grâce à son activité de créatrice de mode, Georgie souhaite aussi créer son emploi, mais lequel ? C’est qu’une jeune fille de bonne famille ne travaille pas et ce qu’elle a appris à l’institut suisse est inutile ou obsolète… J’ai passé un très bon moment avec ce premier tome que j’ai dévoré en une journée et j’ai embrayé le lendemain avec le tome 2 !

Une chouette lecture que je mets dans les challenges Polar et thriller 2019-2020 et Voisins Voisines 2019 (Angleterre).