Bob le chat philosophe de James Bowen

Bob le chat philosophe de James Bowen.

City éditions, septembre 2019, 160 pages, 14,50 €, ISBN 978-2-82461-550-9. Bob, Life Lessons from a Street-wise Cat (2018) est traduit de l’anglais par Marion Boclet.

Genres : littérature anglaise, témoignage.

James Bowen naît le 15 mars 1979 dans le Surrey en Angleterre mais, à l’âge de 3 ans, il déménage en Australie avec sa mère, ses parents divorçant. Après plusieurs déménagements avec sa mère, il rentre en Angleterre, à l’âge de 17 ans. Le voici SDF et drogué à Londres… Mais il rencontre Bob, ou plutôt Bob va à sa rencontre. Ce roman témoignage est précédemment paru sous un autre titre : Un chat des rues nommé Bob et il existe une préquelle : A Street Cat Named Bob, en français Le monde selon Bob (2012). Plus d’infos sur sa page FB et sur son compte twitter.

« Il était blessé quand je l’ai trouvé, au printemps 2007, et je l’ai soigné jusqu’à sa guérison. Il m’a incontestablement sauvé. Quand j’y repense, je me rends compte que ma vie était un vrai désastre avant que je ne le rencontre. Cela faisait au moins dix ans que j’étais toxicomane, et j’avais été sans abri pendant une longue période, à dormir dans la rue ou dans des foyers. C’était ma deuxième chance – ou ma neuvième vie, si vous préférez. » (extrait de l’introduction, p. 13).

Ce chat roux, Bob, va devenir célèbre : James Bowen, musicien, joue de la guitare à Covent Garden avec Bob ce qui attire les passants, publie des vidéos sur YouTube, écrit son premier livre, The Big Issue, puis un film est tourné, A Street Cat Named Bob (en français Un chat pour la vie) en 2016 et Life Lessons from a Street-wise Cat paraît en 2018. « Ce livre est un recueil de quelques-unes des expériences et de quelques-uns des aperçus que j’ai eu au cours de ces années avec Bob. J’espère qu’il vous aidera autant qu’il m’a aidé. » (extrait de l’introduction, p. 13).

Entre James et Bob, c’est une rencontre et une histoire d’amitié. « Nos relations avec nos animaux de compagnie nous offre une alternative. Nous pouvons compter sur eux. Ils ne nous mentent pas. Ils ne nous trompent pas. Ils ne nous déçoivent pas. Leur affection pour nous est inconditionnelle – je dirais même : leur amour pour nous est inconditionnel. Savoir que cette amitié est toujours là pour vous n’est pas seulement un immense réconfort ; c’est aussi une source de force. » (p. 23).

Vous me connaissez, j’ai évidemment pleuré en lisant ce livre mais il y a des passages où j’ai (sou)ri. Par exemple, dans Nous avons tous besoin de petits trésors (p. 50-51), le coup des jouets et des bouchons en plastique planqués sous le canapé, eh bien j’ai ça aussi sous mon canapé ! (mais plus de bouchons en plastique parce que je n’achète plus de bouteilles d’eau). Et dans, Choisissez vos combats (p. 68-70), Bob doit choisir entre virer la boîte de mouchoir qui l’empêche d’être en plein soleil sur le rebord de la fenêtre (facile !) ou chasser les abeilles qui butinent dans le jardin (peine perdue…). Ou, dans La pleine bobitude (p. 97), vous connaissez la zénitude et la ‘pleine conscience’, eh bien avec Bob c’est la bobitude ! Dans Amusez-vous – et souvent (p. 109-110), « Bob n’est pas différent des autres chats quand il s’agit de jouer. Il n’y a rien qu’il aime autant que de lancer l’un de ses jouets préférés à travers toute la pièce ou de bondir frénétiquement pour essayer d’attraper les rayons de soleil qui dansent sur le mur. À Noël, il est capable de se divertir pendant des heures avec un bout de papier cadeau usagé. », je connais ça, moi aussi !

Ce livre est tout simple, sans prétention, mais beau à lire, reposant, instructif (des petits moments, bons ou mauvais, joyeux ou tristes, des conseils, sans morale, sans jugement, basés simplement sur l’observation de Bob et un ressenti que tous ceux qui vivent avec ou plutôt ‘chez’ des chats perçoivent aussi). En plus, il y a de jolies illustrations en noir et blanc de Dan Williams. Bien sûr je vous le conseille (prévoyez peut-être une boîte de mouchoirs).

« Alors que j’écris ceci, Bob a maintenant environ onze ans. Peut-être plus. Étant un chat qui vit dans une maison, il y a de fortes chances qu’il vivre entre quinze et vingt ans, voire plus de vingt ans. » (p. 112). Malheureusement, environ deux ans après la parution de ce livre, en juin 2020, Bob meurt dans un accident (sûrement heurté par une voiture)… et une statue en bronze, créée par la sculptrice Tanya Russsell, lui est consacrée à Islington au nord de Londres (photo ci-dessous puis deux vidéos ci-dessous aussi).

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio n° 23, un livre qui a été adapté en film ou série, 3e billet), Challenge lecture 2022 (catégorie 13, un livre avec un chat sur la couverture, 2e billet), Petit Bac 2022 (catégorie Animal pour Chat), Shiny Summer Challenge 2022 (menu 4 – Chaud et ardent, sous menu 1 – Brûlant d’amour = l’amour sous toutes ses formes, 3e billet, l’amour entre un humain et un chat) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Je modifie un peu le billet pour qu’il entre dans le challenge Les adaptations littéraires (adaptation en livre du vécu + chansons + film) : comme moi, vous pouvez écouter les chansons de James Bowen enregistrées au célèbre Abbey Road Studios de Londres et voir le film consacré à l’histoire de Bob et James Bowen avec Luke Treadaway dans le rôle de James Bowen et Bob qui joue pratiquement toutes ses scènes, le tout est évidemment très émouvant.

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake

L’Évangile des Assassins d’Adam Blake.

Ma éditions (apparemment le livre n’est plus au catalogue, il n’y a plus de fictions), novembre 2011, 480 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-822-40053-4. The Dead Sea Deception (2011) est traduit de l’anglais par Véronique Gourdon.

Genres : littérature anglaise, roman policier, thriller.

Adam Blake (pseudonyme de Mike Carey, scénariste de comics DC et Marvel) naît en 1959 à Liverpool en Angleterre. Il a été professeur avant de se consacrer à l’écriture. Sa bibliographie sur son site officiel.

L’Évangile des Assassins est le premier tome de la série Leo Tillman & Heather Kennedy. Le deuxième est The Demon Code (Le Code du Démon) paru en 2012.

Peason, Arizona, États-Unis. Le shérif Webster Gayle est appelé pour le crash d’un avion. En s’écrasant, l’avion s’est coupé en deux et « La route N40 qui traversait Basset’s Farm était parsemée de corps : hommes, femmes et enfants, tous étendus sur la terre ravagée, tandis que les vêtements se déversaient de leurs valises éventrées, tordues […]. » (p. 9).

Londres, Angleterre. Heather Kennedy doit enquêter sur « un homme mort étendu au pied d’un escalier » (p. 13) datant d’il y a trois semaines mais dont la sœur n’est pas d’accord sur le fait que ça soit un accident. Elle devra « former un nouveau coéquipier, un jeune inspecteur enthousiaste qui vient juste d’entrer dans le service […] Chris Harper. » (p. 15) qui a 28 ans. Le mort était le professeur Stuart Barlow du département Histoire de l’université du Prince Régent, il avait 57 ans, était spécialisé en paléographie et dans les manuscrits de Nag Hammadi. E l’autopsie révèle que, effectivement, la mort est suspecte. En plus il avait déclaré être suivi.

Magas, Ingushetia (république d’Ingouchie, entre l’Ossétie du Nord et la Tchétchénie). Leo Tillman a perdu son épouse (Déborah) et leurs enfants (Jud, Seth et Grace). Il interroge Yanush (Kiril) Kartoyev, un trafiquant russe sur Michael Brand qu’il poursuit depuis 13 ans mais il n’obtient qu’une info importante, la dernière destination de Brand était Londres.

Lorsque Heather Kennedy va interroger Rosalind Barlow, la sœur du professeur assassiné, elle apprend que Stuart Barlow faisait voulait réécrire le codex Rotgut, « une traduction médiévale d’une version égarée de l’Évangile selon saint Jean. » (p. 74) et qu’il faisait partie des Ravellers, « une communauté sur Internet de paléographes – les gens qui travaillent sur les manuscrits anciens et les incunables. » (p. 73) et le seul nom dont elle ait entendu parler est Michael Brand qui devait rencontrer son frère à l’hôtel Pride Court à Londres. Michael Brand, oui, vous avez bien lu, Michael Brand, le point commun entre Leo Tillman et Heather Kennedy ! Et pendant ce temps, Chris Harper a découvert que deux autres scientifiques ayant assisté à la même conférence ont été également tués, Catherine Hurt et Samir Devani.

Deux jours après l’accident d’avion, à Peason, des fantômes des victimes sont apparus. Par exemple, un homme était dans son salon devant la télévision avec un verre de whisky et sa veuve a même senti son parfum, un employé des travaux publics s’est présenté à son bureau et a surfé sur Internet, une femme a sorti sa voiture du garage pour aller au supermarché et faire des achats avec de l’argent qu’elle venait de retirer du distributeur, une autre femme a appelé son frère « exactement soixante et une heures après que l’avion s’était écrasé au sol. » (p. 79). La boîte noire n’a toujours pas été retrouvée alors qu’elle émet bien un signal et, en la cherchant, le shérif Webster Gayle se retrouve lui-même nez à nez avec deux fantômes, si ressemblant qu’ils sont sûrement frère et sœur.

Montmartre, Paris, France. Solomon Kuutma suit Leo Tillman à la trace et envoie ses Messagers. Parfois ils perdent sa trace mais il faut absolument que Tillman ne retrouve ni sa femme ni ses enfants. Pour quelle(s) raison(s) ?

Bon, vous imaginez bien que Leo Tillman et Heather Kennedy, tous les deux cherchant Michael Brand, vont se rencontrer ! « Kennedy était perplexe. Il n’y avait pas grand-chose dans son discours qui lui avait semblé très sensé, même si Tillman l’avait prononcé d’une voix calme et mesurée. » (p. 206). « À propos de là où nous en sommes. Vous devez comprendre que ça fait longtemps maintenant que je recherche Michael Brand. Peut-être même depuis plus longtemps que vous n’êtes inspectrice. Et pendant tout ce temps, je ne me suis jamais senti aussi près de le trouver que maintenant. Nous nous sommes rencontrés au bon moment. Ce que vous savez et ce que je sais, tout cela se complète presque à la perfection. Nous sommes en bonne position. » (p. 251).

L’Évangile des Assassins est un thriller passionnant et explosif, plutôt ésotérique mais compréhensible même par les lecteurs qui n’y connaissent rien en religion chrétienne, groupes du début du christianisme, codex et manuscrits apocryphes. Je pense qu’il y a une part de ‘vérité’ et d’historique et une part de fiction (ou alors c’est que nous ne sommes pas au courant de tout et il vaut mieux pour nos vies !). Cependant, l’évangile de Judas est maintenant connu et beaucoup d’historiens et de scientifiques expliquent qu’il n’est pas le traître que l’on croit et qu’il aurait agi sur ordre de Jésus en toute connaissance de cause (est-ce que ce sont de simples hypothèses ou ont-il des preuves pour étayer tout ça, je ne sais pas). En tout cas, tout s’accélère dans les derniers chapitres. « Tillman la regarda inanimée, et il eut un rare sursaut de conscience. Avait-il entraîné Kennedy dans sa propre folie, ou s’étaient-ils rencontrés où elle était devenue assez dingue pour qu’ils soient sur la même longueur d’onde ? » (p. 434).

En fait, ce roman m’avait été envoyé par Lystig [sa note de lecture sur L’oiseau-Lire] au printemps 2012 (je pense, en tout cas après qu’elle l’ait lu puisqu’elle proposait de l’envoyer à la fin de son billet) et, peu de temps après l’avoir commencé, je me suis rappelée que je l’avais déjà lu, ou en tout cas commencé, car je me suis souvenu de certaines choses et j’ai retrouvé un papier dans le livre avec quelques notes. Comme le disait Lystig, il y a deux héros blessés par la vie, sympathiques et attachants, de l’action, du mystère (de l’ésotérisme) avec les descendants de Judas (et même de Caïn en fait) et le lecteur voyage surtout en Angleterre et aux États-Unis avec une incursion en Russie, en France et au Mexique. Un bon thriller avec une pointe de fantastique qui se laisse bien lire mais aurais-je l’occasion de lire le tome 2 (qui se déroule trois ans après) ?

J’ai repéré deux fautes… Page 45, Start au lieu de Stuart. Page 61, « En pour ce qui était des plaisanteries ».

Pour Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 8, un livre dans ma Pàl depuis plus de 5 ans, depuis environ 10 ans même, 3e billet), British Mysteries 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 49, le livre de votre Pàl dont la date d’édition est la plus ancienne, il y a sûrement plus ancien mais celui-ci est dans ma Pàl depuis 10 ans), Polar et thriller 2022-2023, Shiny Summer Challenge 2022 (menu 1 – Été ensoleillé, sous menu 1 – Mort sur le Nil = policier et thriller, 4e billet), Un genre par mois (en juillet, c’est policier), Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Son espionne royale et le collier de la reine de Rhys Bowen

Son espionne royale et le collier de la reine de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juillet 2020, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-263-6. Naughty in Nice (2011) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier, cozy mystery.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (10 tomes, 1997-2006), Molly Murphy (18 tomes, 2001-2022) et Royal Spyness (15 tomes dont 9 traduits en français, 2007-2021). Plus d’infos sur son site officiel.

Les quatre premiers tomes : Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen, Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen et Son espionne royale et la partie de chasse de Rhys Bowen, Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen.

Janvier 1933, Londres sous un froid glacial, vent, pluie, neige, la totale. Georgie aide à la soupe populaire à la gare de Victoria pendant que Binky (son frère), Fig (l’épouse, enceinte et encore plus désagréable que d’habitude) et Podge (leur fils de 4 ans) sont au chaud à Rannoch House. Lorsqu’ils partent pour la Côte d’Azur (comme beaucoup d’Anglais plus ou moins fortunés), Georgie est soulagée mais ils veulent fermer Rannoch House et Georgie n’aurait plus nulle part où vivre…

Heureusement, Sa Majesté la reine Mary invite Georgie à boire le thé et lui propose d’accomplir une petite mission sur la Côte d’Azur. « J’aimerais vous confier une tâche plutôt épineuse et compliquée. […] Tout cela est extrêmement confidentiel, Georgiana. Rien de ce que je vais vous dire ne doit être ébruité. […] Je me fie entièrement à vous. Vous avez déjà su gérer des situations similaires, et vous vous êtes montrée fort ingénieuse. » (p. 46).

Lors d’une récente réception, une précieuse tabatière de la collection de la reine a été volée et celle-ci soupçonne sir Toby Tripoter qui possède la compagnie Britannia Motors, qui est donc « l’un des hommes les plus riches du pays » (p. 48) et qui « est devenu un collectionneur d’objets d’art et d’antiquités passionné – obsessionnel devrais-je dire. » (p. 49). Elle envoie alors Georgie à Nice pour qu’elle récupère cette tabatière. « Évidemment, je peux me tromper. J’accuse sans doute ce pauvre homme à tort. Mais je me targue de savoir très bien juger les gens et, selon moi, sir Toby Tripoter est le genre d’homme prêt à tout pour arriver à ses fins, quelles qu’elles soient. » (p. 49).

Voici Georgie et Queenie en route pour la Riviera ! Dans le Train Bleu, surprise, Georgie rencontre Vera Bate Lombardi (apparentée à la reine et qui a connu Georgie lorsqu’elle était enfant) accompagnée de Coco Chanel. « Vous êtes délicieuse, déclara-t-elle. Je vais faire de vous l’un de mes mannequins. J’ai l’intention de dévoiler ma nouvelle collection lors d’un défilé exceptionnel destiné aux riches Anglais de la Riviera, et vous serez parfaite. […] J’y mêle le masculin et le féminin, la ville et la campagne, le jour et la nuit. » (p. 71).

C’était à prévoir, Georgie et Queenie sont très mal reçues par Fig et sa sœur à la villa Gloriosa… Heureusement, en rendant visite à Vera et Coco Chanel à la villa Marguerite le lendemain, Georgie y rencontre sa mère car la villa lui appartient ! Elle peut donc se préparer pour le défilé mais c’est justement durant le défilé qu’elle trébuche, tombe sur une vieille princesse russe et que le collier inestimable (une rivière de perles et de diamants) est volé… Bien sûr tout cela a été prémédité mais par qui ? Le marquis Jean-Paul de Ronchard fait la cour à Georgie qui n’arrive pas à récupérer la tabatière chez sir Toby Tripoter et en plus, elle est accusée par la police française de son meurtre ! Sa mission et sa liberté sont compromises toute Lady qu’elle soit.

Ah, je me disais qu’il n’y aurait peut-être pas de meurtre dans cet opus ; il (je devrais dire le premier) arrive en fait dans la deuxième moitié du roman et la police française n’est pas montrée de façon très glorieuse… L’action est donc un peu plus longue à démarrer mais c’est pour que le lecteur profite bien de la Côte d’Azur, et s’attache aux nouveaux personnages et aux nouvelles aventures sentimentales de Georgie (c’est qu’elle a 22 ans et demi et tout le monde veut la caser).

Un épisode encore différent : le lieu, la Côte d’Azur (même si ça reste très British avec tous ces Anglais en villégiature), de nouveaux personnages dont certains célèbres comme Coco Chanel, la montée politique de Hitler (en filigrane, dans les conversations et les inquiétudes de certains), Georgie se met toujours en péril (parfois sans s’en rendre compte) mais elle sait tirer son épingle du jeu et devient plus ‘professionnelle’. Bref j’ai bien aimé et je me rends compte que 4 autres tomes sont parus en français depuis, Son espionne royale et les douze crimes de Noël (tome 6), Son espionne royale et et l’héritier australien (tome 7), Son espionne royale et et la reine des cœurs (tome 8), Son espionne royale et les conspirations du palais (tome 9), à lire à l’occasion donc.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Félinana Lillyttérature, Mokona, Mylène, Pedro Pan Rabbit, Ramettes, Sélectrice, Sharon, j’en ai peut-être oublié…

Angleterre pour British Mysteries 7, Mois anglais 2022, Voisins Voisines 2022 et aussi pour Les dames en noir, Petit Bac 2022 (catégorie Objet pour Collier), Polar et thriller 2021-2022 et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 2 – Orage d’été et sous menu 2 – Se rafraîchir en plein cagnard = un lac, la mer, la pluie, la nature, Nature writing, passer l’hiver sur la Côté d’Azur au lieu de Londres glacial, c’est super)

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove

Sherlock Holmes et le démon de Noël de James Lovegrove.

Bragelonne, collection Steampunk, novembre 2021, 336 pages, 25 €, ISBN 979-10-281-1562-3. Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019) est traduit de l’anglais par Arnaud Demaegd.

Genres : littérature anglaise, roman policier, fantastique.

James Lovegrove naît le 24 décembre 1965 à Lewes (Angleterre). Diplômé d’Oxford, il est critique littéraire et son premier roman paraît en 1990. Il est auteur de littérature de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, horreur) et de littérature jeunesse. Peu de ses romans sont traduits en français. Plus d’infos sur son site officiel.

Londres, décembre 1890. L’histoire commence sur les chapeaux de roue puisque Holmes et Watson arrêtent un voleur de perles précieuses déguisé en Père Noël. Puis ils sont abordés par Eve Allerthorpe qui vient du « château de Fellscar, dans le Yorshire de l’Est » (p. 21). Sa mère s’est suicidée il y a un an et, la veille de Noël, elle aura 21 ans et héritera de la tante Jocasta, sœur aînée de sa mère, veuve et décédée il y a des années. L’héritage de cette tante, héroïne engagée pour certains, perturbatrice pour d’autres, sera le bienvenu puisqu’à la mort de son père, elle n’héritera rien, ce sera son jeune frère Erasmus qui héritera du domaine et de la fortune familiale des Allerthorpe. Mais Eve n’héritera que si elle est « saine d’esprit » (p. 31) or elle a l’impression d’être poursuivie par un esprit démoniaque… Celui du Thurrick Noir, un pendant maléfique du Père Noël dans le Yorkshire.

Holmes et Watson sont mal accueillis et mal installés au château de Fellscar… « La perspective de passer trois jours et trois nuits de plus dans ce château glacial et inhospitalier avec cette famille glaciale et inhospitalière ne m’attirait guère. Ma réticence, cependant, fut quelque peu adoucie par le petit-déjeuner que je pris le lendemain matin. » (p. 95).

Alors que la famille vient d’arriver pour Noël, Allerthorpe veut renvoyer Holmes et Watson à Londres dès le lendemain mais, durant la nuit, un accident (un crime ?) a eu lieu. Une fille de cuisine est morte, tombée (jetée !) du troisième étage. « L’atmosphère qui régnait dans la salle à manger était un singulier mélange de nervosité et d’excitation. Pour les invités, ce Noël, avec tous ces cris d’alarme et ces digressions, s’annonçait comme un Noël unique. Certains se le rappelleraient avec un sombre frisson, d’autres avec une tendre perplexité, mais je soupçonnais qu’aucun d’entre nous ne l’oublierait. » (p. 230).

J’ai l’impression que cet opus ne fait pas partie des Dossiers de Cthulhu (puisqu’il n’y a aucune référence à Lovecraft, à part la peur que peut inspirer un être maléfique créé de toutes pièces), en tout cas, il n’y a pas écrit « Dossier de Cthulhu » sur la couverture ou la page de titre. Mais l’ambiance est plaisante (enfin avec un château et une famille désagréables comme tout), dramatique et j’avais vraiment l’impression d’être dans un des titres du canon de Sherlock Holmes qui cogite et taquine John Watson (James Lovegrove est très doué pour ça). Par contre, je vois sur le site de l’éditeur que j’ai raté un titre, Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : les Dossiers de Cthulhu 3, paru en février 2020 (donc je verrai à la bibliothèque pour une prochaine fois). Ce Démon de Noël est donc sûrement un titre indépendant et je suis contente de l’avoir lu parce que j’ai passé un très bon moment, à défaut de passer un bon Noël en plein mois de juin 😛 et j’espère que James Lovegrove continuera d’écrire des « classiques » de Sherlock Holmes, vous voyez ce que je veux dire.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Belette Cannibal Lecteur, Lauryn Books, Nathalie Z sur scifiuniverse, qui encore ?

Pour le Mois anglais, what else ? Puisque j’avais déjà lu Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : les Dossiers Cthulhu 1 et Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : les Dossiers Cthulhu 2 qui m’avaient bien emballée.

Mais aussi pour British Mysteries, Challenge de l’été – Tour du monde #3, Contes et légendes (pour la légende du Thurrick Noir, un peu le Père Fouettard anglais), Littérature de l’imaginaire #10, Polar et thriller 2021-2022, Shiny Summer Challenge (menu 2 Orage d’été, sous menu 1 Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen

Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie de Rhys Bowen.

Robert Laffont, collection La bête noire, juillet 2020, 360 pages, 14,90 €, ISBN 978-2-22124-262-9. Royal blood (2010) est traduit de l’anglais par Blandine Longre.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Rhys Bowen est le pseudonyme de Janet Quin-Harkin, née le 24 septembre 1941 à Bath dans le Somerset. Autrice de romances, elle utilise Rhys Bowen pour ses romans policiers : les séries Constable Evan Evans (1997-2006), Molly Murphy (2001-2017) et Royal Spyness (2007-2020).

Les trois premiers tomes : Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen, Son espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen et Son espionne royale et la partie de chasse de Rhys Bowen.

Novembre 1932, Londres. Georgie est seule à Rannoch House mais elle reçoit deux lettres, une de la Reine Mary pour déjeuner jeudi et une de sa belle-sœur, Fig, qui lui annonce que la météo est tellement catastrophique dans leur château écossais qu’ils (Binky, Fig et Podge) viennent passer l’hiver à Rannoch House. La catastrophe pour Georgie qui n’a toujours ni domestique ni chauffage ni nourriture digne de ce nom… Heureusement elle rencontre Darcy O’Mara qui l’invite chez Rules, le plus ancien restaurant de Londres.

Lors de son déjeuner avec la Reine, Georgie apprend qu’elle doit représenter la Cour d’Angleterre au mariage de « la princesse Maria Theresa de Roumanie [et du] prince Nicholas de Bulgarie […] héritier du trône. » (p. 49). Maria Theresa est une de ses anciennes camarades de pensionnat (en Suisse si je me souviens bien). Il lui faut une femme de chambre et Queenie Hepplewhite, la jeune femme que Hettie Huggins (l’amie de grand-papa cockney) lui a envoyée est… spéciale. « Topons là, mam’zelle […]. Vous allez pas le regretter, mam’zelle. J’vous jure que j’serai la meilleure femme de chambre que vous avez jamais eue ! » (P. 81). Ne soyons pas mauvaises langues mais nous en doutons quand même !

Voici donc Georgie en route pour la Roumanie en compagnie d’une bonne fantaisiste, maladroite et incompétente (elle a perdu ses précédents emplois à cause d’incidents à répétition…) et d’un chaperon austère, Lady Middlesex. Direction le château de Bran en Transylvanie, évidemment personne n’est rassuré : des loups, des vampires… Et surtout une tempête de neige qui bloque l’accès au château (Middlesex et Bickett ne peuvent repartir le lendemain matin comme prévu).

En tout cas, à Bran, Georgie retrouve sa mère qui y séjourne avec son amant allemand, Belinda sa meilleure amie qui comme souvent a utilisé un subterfuge, le prince Siegfried de Roumanie que Georgie a éconduit il y a quelques mois, la vraie Hannelore et… Darcy (serait-il un espion de la Couronne britannique ?). « Maintenant qu’il était là, je me sentais capable d’affronter vampires, loups-garous et brigands » (p. 169). Mais le maréchal Pirin, un grossier personnage mais indispensable en politique (pour éviter une guerre civile en Yougoslavie), meurt durant le banquet… Crise cardiaque ? Empoisonnement ? Et, bien sûr, impossible d’appeler la police : « À cause de la neige, la ligne téléphonique est coupée. Nous sommes complètement isolés. » (p. 171).

Pour cette quatrième aventure (enquête) de Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glenn Garry et Rannoch, surnommée Georgie, (et pour le lecteur), c’est un total dépaysement (quoiqu’il fasse plus froid en Transylvanie qu’à Londres). C’est la première fois que Goergie et le lecteur quittent Londres (enfin sauf pour aller dans l’affreux château familial en Écosse).

Par rapport au premier tome où Georgie était une totale novice, elle prend de la bouteille (je ne veux pas dire qu’elle boit), elle devient plus observatrice, plus perspicace au fur et à mesure de ses aventures. Ici, elle ne va pas protéger ou enquêter sur un membre de la famille royale anglaise, elle est totalement hors de son univers mais elle va de nouveau très bien s’en sortir (avec un peu d’aide quand même et même Queenie a son utilité).

C’est bien sûr toujours so British et il y a de la matière : histoire, politique et social des années 30 (certains parlent déjà de Hitler), protocole hum… pas toujours respecté, humour… et une pointe de surnaturel dans ce huis-clos glacial (y aurait-il vraiment des vampires ?).

Bon, je dois avouer que je l’ai lu en août dernier et que je n’avais pas publié ma note de lecture. Pourquoi ? Parce que toutes les notes de lectures rédigées au brouillon dans des cahiers se sont retrouvées dans des cartons avec des livres ou des papiers et que je les retrouve peu à peu (oui, il reste encore quelques cartons à ouvrir), donc voilà, mieux vaut tard que jamais et je lis en ce moment le tome 5, Son espionne royale et le collier de la Reine, paru en juillet 2020.

D’autres l’ont lu : À livre ouvert, Mylène, Pedro Pan Rabbit, Ramettes, d’autres ?

Angleterre pour British Mysteries 7, Mois anglais 2022, Voisins Voisines 2022 et aussi pour Contes et légendes (vampires, château qui a inspiré Bram Stoker), Les dames en noir, Petit Bac 2022 (catégorie Famille pour Fiancée parce que pour la catégorie Lieu il y a déjà pas mal), Polar et thriller 2021-2022.

L’œuf de cristal de H.G. Wells

L’œuf de cristal de H.G. Wells.

Mercure de France, 1899, 35 pages (lecture numérique). The Crystal Egg (1897) est traduit de l’anglais par Henry-D. Davray.

Genres : littérature anglaise, nouvelle, fantastique, science-fiction.

Herbert George Wells, plus connu sous son nom de plume H. G. Wells, naît le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent (Angleterre). Son père est jardinier puis commerçant (porcelaines, articles de sport) et joueur de cricket professionnel. Il découvre la lecture dès l’enfance et est placé en apprentissage (chez un marchand de tissus, ce qui ne lui plaît pas), heureusement il peut ensuite étudier les Sciences à Londres, en particulier la biologie, la physique, la géologie et la zoologie (il participe à la création de la Royal College of Science Association et en devient même le premier président en 1909). Il s’intéresse à une société meilleure, au socialisme, fréquente William Morris (dont j’ai lu La source au bout du monde) et Jerome K. Jerome, enseigne au Pays de Galles puis à Londres et rencontre Maxim Gorki en Russie. Après un livre scolaire de biologie et des articles humoristiques dans des revues, il commence à écrire de la fiction. Très connu pour ses romans et ses nouvelles de science-fiction (il est considéré comme le père de la SF contemporaine), il est aussi essayiste (œuvres politiques, sociales, historiques et de vulgarisation scientifique), dessinateur et concepteur de jeux. Il meurt le 13 août 1946 à Londres laissant une œuvre conséquente, La machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), L’île du docteur Moreau (The Island of Doctor Moreau, 1896), L’homme invisible (The Invisible Man, 1897), La guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898), Quand le dormeur s’éveillera (When the Sleeper wakes, 1899), Les premiers hommes dans la Lune (The First Men in the Moon, 1901), La guerre dans les airs (The War in the Air, 1908) et tant d’autres.

Dans le quartier des Sept Cadrans, une petite boutique, C. Cave, naturaliste et marchand d’antiquités. En vitrine, des objets hétéroclites voire surprenants et « une masse de cristal façonnée en forme d’œuf et merveilleusement polie. Cet œuf, deux personnes arrêtées devant la vitrine l’examinaient : l’une, un clergyman grand et maigre ; l’autre, un jeune homme à la barbe très noire, au teint basané et de mise discrète. Le jeune homme basané parlait en gesticulant avec vivacité et semblait fort désireux de voir son compagnon acheter l’article. » (p. 2).

Monsieur Cave vend cet œuf cinq guinées mais il n’est plus en vente car un acheteur venu dans la matinée l’aurait déjà retenu. Mécontents, madame Cave, le beau-fils et la belle-fille de monsieur Cave veulent absolument vendre l’œuf et profiter de l’argent mais l’œuf a disparu et « la discussion se changea en une pénible scène » (p. 9).

Mais ne restons pas dans le mensonge, monsieur Cave a simplement confié l’œuf « à la garde de M. Jacoby Wace, aide-préparateur à St Catherine’s Hospital, Westbourne Street » (p. 10), un ami qui connaissant madame Cave a accepté de « donner asile à l’œuf » (p. 11).

Mais qu’a donc cet œuf de spécial ? Pourquoi exerce-t-il une telle fascination ?

L’œuf aurait dû être à l’abri mais Jacoby Wace reste un « jeune savant investigateur » (p. 19) et ne peut s’empêcher d’étudier l’objet et sa phosphorescence…

The Crystal Egg parut d’abord dans New Review en mai 1897 puis dans le recueil Tales of Space and Time avant d’être traduit en français en 1899, puis publié dans le pulp américain Amazing Stories en mai 1926. Dans cette nouvelle, H.G. Wells brosse un portrait dramatique de la famille Cave et traite des prémices de l’infiniment petit que l’humain ne connaît pas encore. Le lecteur est ici dans le merveilleux (britannique) de la fin du XIXe siècle, à la limite entre fantastique et science-fiction voire fantasy avec des descriptions surprenantes et imagées qui amènent à réfléchir. Un an après, l’auteur écrit La guerre des mondes et fait venir les Marsiens (nom d’époque) sur Terre.

Vous pouvez lire L’œuf de cristal dans Les chefs-d’œuvre de H.G. Wells (Omnibus SF, 2007) ou librement en numérique, par exemple sur Bibliothèque numérique romande (BNR) ou Wikisource (français) ou l’écouter en audio sur LittératureAudio.com ou même le lire en anglais sur ce Wikisource.

Si j’ai choisi de lire une nouvelle de H.G. Wells, c’est pour honorer à la fois Les classiques c’est fantastique (en mai, tour d’Europe, avec donc ici l’Angleterre), La bonne nouvelle du lundi (ça fait longtemps !) et le nouveau challenge H.G. Wells mais cette lecture entre aussi dans 2022 en classiques, Littérature de l’imaginaire #10 et Les textes courts.

À noter que The Crystal Egg fut adapté en 1951 par Charles S. Dubin (1919-2011) pour la série télévisée américaine Tales of Tomorrow (saison 1, épisode 9, en NB, 24 minutes) donc je mets cette œuvre dans Les adaptations littéraires. Et vous pouvez visionner l’épisode ci-dessous.

Un mariage royal d’Allison Montclair

Une enquête de Sparks & Bainbridge, 2 – Un mariage royal d’Allison Montclair.

10-18, collection Grands détectives, juin 2021, 384 pages, 8,10 €, ISBN 978-2-26407-785-1. A Royal Affair (2020) et traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière.

Genres : littérature anglaise, roman policier.

Allison Montclair… Peu d’infos sur elle. Ce serait le pseudonyme d’une autrice anglaise ayant déjà écrit de la fantasy et de la science-fiction mais GoodReads dit que The Right Sort of Man: A Sparks & Bainbridge Mystery (2019) est son premier roman. Elle grandit avec les livres d’Agatha Christie et les films de James Bond d’où sa passion pour les intrigues criminelles et l’espionnage. Du même auteur : Cozy Case Files, A Cozy Mystery Sampler (tomes 6 en 2019 et 9 en 2020), ainsi que Le bureau du mariage idéal et Règlements de comptes à Kensington (annoncé pour avril 2022).

Londres, juillet 1946. Au Bureau du mariage idéal, Iris Sparks reçoit Miss Letitia Hardiman qui était ‘Ack ack girl’ pendant la guerre. La seconde cliente est Patience Matheson, une cousine de Gwendolyne Bainbridge. « L’affaire nécessite beaucoup de doigté. Considérant la vitesse à laquelle les ragots se propagent, nous préférons ne pas mener d’enquête interne. Personne ne doit avoir vent de l’histoire et surtout, surtout, pas un mot ne doit sortir dans la presse. Ce n’est probablement rien, mais nous devons nous en assurer. » (p. 28).

Promis, pas un mot à la presse ! Mais je vous explique. La princesse Elizabeth s’est éprise de Philip (elle avait 13 ans et lui 18) et veut l’épouser mais une lettre de chantage est arrivée au palais. « Princesse, j’ai en ma possession ce que Talbot a trouvé à Corfou. Je sais ce qu’il savait. Dites à Alice que, si elle souhaite récupérer ce qui lui appartient, il y aura un prix. » (p. 32). Alice est la mère de Philip ; la famille a effectivement vécu en Grèce avant d’être évacuer d’urgence.

Un véritable plaisir de retrouver les deux ‘marieuses’ plutôt enquêtrices, Iris et Gwendolyne, ainsi que leur ami dramaturge à Soho, Sally (Salvatore Danielli) et l’ami truand d’Iris, Archie Spelling. «  Je sors avec un gangster. Tout va pour le mieux. » (p. 106). Après-guerre oblige, il y a dans cet opus de nombreuses références aux États-Unis (cowboys, Indiens, Harpo Marx, Zorro) et tout est toujours rationné. Par contre, pas trace du journaliste mufle du Daily Mirror, Gareth Pontefract, et c’est tant mieux, ça veut dire que la presse n’est pas au courant du chantage honteux sur lequel enquêtent Iris et Gwen. De plus, le regard du lecteur est détourné vers la Grèce et ses soubresauts politiques (j’ai appris des choses dont je n’avais jamais entendu parler et ce n’est pas la première fois que je me dis que, finalement, je ne sais pas grand-chose sur l’histoire de ce pays).

« Je vous rappelle que nous travaillons pour la Reine, ou plutôt pour la conseillère occulte de la Reine, votre cousine Patience, en supposant qu’elle œuvre dans l’intérêt de notre Reine laquelle, espérons-le, œuvre dans l’intérêt du Roi lequel, à son tour, œuvre dans l’intérêt du pays. » (p. 179).

Dans cette aventure encore dangereuse et cependant rondement bien menée par Iris et Gwen (qui n’hésitent pas à nouveau à se mettre en danger), les souvenirs de la guerre sont encore bien présents, « les horreurs, les bombardements, les trahisons, les morts, avec comme point d’orgue les révélations de toutes ces atrocités. » (p. 245). Les problèmes d’Iris et Gwen (trouver un bureau plus grand, une secrétaire et donc des fonds, entre autres), leurs relations pleine d’humour avec les hommes (elles ne se laissent pas faire et j’aime bien leur petit côté féministe), et surtout le côté enquête, espionnage (voyage littéraire en Grèce) me plaisent beaucoup et j’ai hâte de lire la suite, Règlements de comptes à Kensington (que j’achèterai dès sa parution mi-avril). Par rapport au passé d’Iris, Allison Montclair distille les infos au compte-goutte laissant le lecteur dans le suspense, à suivre donc.

Une faute page 229 : « aucuns papiers »… Aucun signifiant ‘nul’, ‘pas un’ est donc au singulier ainsi que papier. Remplacez aucun par ‘nul papier’ ou ‘pas un papier’. Par contre, aucun et aucune peuvent être au pluriel uniquement s’ils sont suivi d’un nom qui ne s’utilise qu’au pluriel comme ‘aucuns agissements’ ou ‘aucunes annales’ (mais il y en a peu). Ne pas confondre avec ‘d’aucuns’ qui n’est pas un adjectif indéfini ou un pronom indéfini comme aucun mais une expression qui signifie ‘certains’, ‘quelques-uns’ d’où le pluriel.

Pour les challenges Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 26, un tome deux (ou plus) d’une saga déjà commencée), British Mysteries #7, Challenge lecture 2022 (catégorie 24, un roman policier écrit par une femme), Les dames en noir, Mois du polar 2022, Petit Bac 2022 (catégorie Famille avec Mariage), Polar et thriller 2021-2022, Tour du monde en 80 livres (Angleterre) et Voisins Voisines 2022 (Angleterre).

Ours de Ben Queen et Joe Todd-Stanton

Ours de Ben Queen et Joe Todd-Stanton.

Kinaye, collection Graphic Kids, mai 2021, 160 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-35799-093-7. Bear (2020) est traduit de l’américain par Romain Galand.

Genres : bande dessinée états-unienne, littérature jeunesse.

Ben Queen, Américain, est le scénariste. Il a écrit les scénarios des films d’animation Cars 2 (2011), Cars 3 (2017) et Addam’s Family 2 (2021).

Joe Tood-Stanton, Anglais, est le dessinateur. Il est auteur et illustrateur de bandes dessinées parues chez Sarbacane, entre autres.

Ours a deux ans et huit mois. Ces parents, labrador chocolat (chien intelligent) et golden-retriever (chien loyal) sont tous deux des chiens policiers mais Ours est devenu « chien guide d’aveugle » (p. 10).

Patrick a vingt-huit ans. Bien que devenu « totalement et définitivement aveugle » (p. 11) suite à un accident, il est un grand lecteur, sportif et gagne sa vie en réparant et entretenant les distributeurs automatiques.

Ours et Patrick sont chacun narrateurs de leur histoire. Ils se rencontrent au centre des chiens guides de Greenville et ça fonctionne tout de suite entre eux. « On était fait pour être ensemble. » (p. 15). C’est qu’Ours est un chien exceptionnel !

Mais au bout de trois mois, c’est la catastrophe : Ours est devenu aveugle, il craint de perdre son travail et d’être remplacé par un autre chien… Or, dans la maison de Patrick vivent des ratons laveurs qui conduisent Ours en forêt et… l’y abandonnent. Pendant ce temps, Patrick et Meg (l’employé du centre des chiens guides) cherchent Ours. « D’accord. Pas de panique. Ours. Tu vas y arriver. Tu n’es pas n’importe quel chien d’aveugle, tu te rappelles ? » (p. 48).

D’ailleurs Ours rencontre un ours qui s’appelle Pierre et qui va l’aider parce que, contrairement aux autres créatures humaines et animales, il n’a pas eu peur de lui. Ours va découvrir qu’il est possible de voir autrement qu’avec les yeux grâce à Pierre et grâce à Andromeda Billingsly DeWitt la chauve-souris.

Ours et Patrick se retrouveront-ils ?

Ours est une très belle histoire d’amitié, une incroyable aventure que tous les lecteurs, petits et grands, apprécieront pour sa finesse et sa tendresse. Bien sûr, cette histoire parle du handicap mais elle raconte aussi comment le surmonter, comment être heureux malgré le handicap, comment aller au-delà de soi et de ce qu’on voit, ou ce qu’on ne voit pas ou ce qu’on imagine voir. Un résultat splendide, coloré, parfois drôle, et surtout optimiste. Je découvrais Kinaye avec cette œuvre et je lirai d’autres titres de cette maison d’éditions, la première à publier en français des bandes dessinées américaines pour les enfants. Plus d’infos sur le site officiel, le blog, la page FB et le compte Twitter.

Pour les challenges BD : La BD de la semaine, Des histoires et des bulles (catégorie 14, une BD jeunesse, 2e billet), Bingo littéraire d’Hylyirio (n° 11, une bande dessinée ou un roman graphique, 2e billet). Plus de BD de la semaine chez Stéphie.

Pour les autres challenges : Challenge lecture 2022 (catégorie 2, un livre dont le personnage principal est porteur d’un handicap, les deux personnages principaux sont aveugles, Patrick l’est et Ours le devient), Jeunesse young adult #11 et Petit bac 2022 (catégorie Animal pour Ours qui est en fait un chien mais il y a aussi deux ours, et d’autres animaux, dans cette BD).

Une histoire pour l’Europe de Will Self

Une histoire pour l’Europe de Will Self.

Mille et une nuits, La Petite Collection n° 200, mars 1998, 48 pages, 1 €, ISBN 2-84205-315-X. A Story for Europe (1996) est traduit de l’anglais par Francis Kerline. Illustrations par Serge Kantorowicz. Postface d’Olivier Cohen.

Genres : littérature anglaise, nouvelle, science-fiction.

Will Self naît le 26 septembre 1961 à Hammersmith (Londres, Angleterre). Il est écrivain (romans, nouvelles) et journaliste. Plus d’infos sur son site officiel.

Londres, chez la famille Green. Humphrey, surnommé Humpy, deux ans et demi, se met subitement à parler l’allemand. « Wir müssen expandieren ! […] Masse ! […] Massenfertigung ! » (p. 9-10). Sa mère, Miriam, journaliste, est fort mécontente, elle pense que son fils est agressif. Daniel rentre du travail le soir, « Darlehen, hartes Darlehen. » (p. 11) ricane Humpy. Miriam décide de lui faire voir un psychologue pour enfants, Philip Weston.

Francfort, au « Département de recherche-développement en capital-risque de la Deutsche Bank » (p. 18), le docteur Martin Zweijärig, 61 ans, n’arrive pas à se concentrer, sue, parle tout seul, un genre de charabia… « Qu’est-ce qui m’arrive ? Serais-je en train de perdre la bille ? » (p. 34).

Tout comme Maudit soit l’Éternel ! et Dieu n’a pas que ça à foutre de Thierry Marignac, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur et j’ai voulu lire ce petit livre avant qu’il parte au pilon. Eh bien… L’idée de départ était originale mais je trouve qu’elle n’est pas développée (il n’y a pas de fin, pas de lien entre le bébé et le vieil homme, donc l’interchangeabilité n’aboutit à rien…). Voilà, cette histoire aussi se lit vite mais ne me laissera pas un souvenir impérissable… Et vous, vous connaissiez ?

Pour Littérature de l’imaginaire #9, S4F3 #7 et Les textes courts.

Le Murder Club du jeudi de Richard Osman

Le Murder Club du jeudi de Richard Osman.

JC Lattès, collection Grands formats, avril 2021, 432 pages, 22,90 €, ISBN 978-2-70244-941-7. The Thursday Murder Club (2020) est traduit de l’anglais par Sophie Alibert.

Genres : littérature anglaise, premier roman, roman policier.

Richard (Thomas) Osman naît le 28 novembre 1970 à Billericay dans l’Essex (Angleterre). De 1989 à 1992, il étudie les sciences politiques et la sociologie au Trinity College de Cambridge. Il est surtout célèbre en tant que professionnel de la télévision anglaise en particulier la BBC et ITV (animateur, producteur, réalisateur). Une petite info qui n’a rien à voir avec la littérature, c’est un géant, il mesure 2,01 m. Une autre info, musicale celle-ci, son frère aîné, Mat Osman est le bassiste du groupe Suede. The Thursday Murder Club est son premier roman. Plus d’infos sur sa page FB et son compte Twitter.

Coopers Chase est un village de luxe pour les retraités. Joyce Meadowcroft, ancienne infirmière, vient de rencontrer Elizabeth qui « occupe l’un des appartements de trois chambres à Larkin Court » (p. 13) avec son mari Stephen et qui lui a posé des questions sur l’avenir possible d’une fille poignardée. Elizabeth a créé avec Penny Gray (une enquêtrice de police retraitée) le Murder Club du jeudi pour étudier de vieilles affaires classées, les fameuses cold case (et elles trouvent parfois quelque chose) mais Penny est en soins intensifs…

Les membres du Murder Club du jeudi sont Elizabeth (76 ans, je suis pratiquement sûre qu’elle était espionne !), Joyce (la nouvelle recrue, presque 80 ans), Ibrahim Arif (un psychiatre retraité de 80 ans) et Ron Ritchie (célèbre leader syndicaliste de 76 ans).

Donna de Freitas, 26 ans, agente de police au poste de Fairhaven, fait la connaissance des quatre membres du Murder Club du jeudi lors d’une conférence à Coopers Chase.

Il y a deux narrations, Joyce qui écrit son journal et l’auteur qui va de l’un à l’autre des protagonistes. Beaucoup de digressions, d’humour so British et… des meurtres ! « Nous avons tous une histoire triste dans nos cartons, mais nous ne partons pas tous tuer des gens. » (p. 32).

Parmi les protagonistes, autres que les membres du Murder Club du jeudi. Ian Ventham, qui dirige Coopers Chase, est un gros connard (ce n’est pas dans le roman, c’est moi qui le dis) qui ne pense qu’à agrandir pour gagner plus d’argent quitte à abattre des arbres et à déplacer un cimetière (le site était un couvent pendant des siècles). Tony Curran, l’associé que Ventham vient de virer, est assassiné dans sa cuisine, « traumatisme contondant à la tête » (p. 58), bon vous verrez, ce n’est pas une grosse perte. Bogdan Jankowski, un Polonais, ouvrier doué quoique parfois peu regardant sur la qualité, est l’homme à tout faire de Ventham. Jason Ritchie, ancien boxeur, est le fils de Ron le syndicaliste et il a trempé dans des affaires louches par le passé.

En tout cas, exit les vieux dossiers d’affaires classées ! « Une véritable affaire, un véritable cadavre et, là, quelque part dans la nature, un véritable assassin. » (p. 59). Elizabeth, Joyce, Ibrahim et Ron sont ravis mais comment entrer dans l’enquête menée par Chris Hudson ? « Elizabeth s’est aperçue qu’elle aimait beaucoup Donna et Chris. Le Murder Club du jeudi avait eu de la chance de tomber sur ces deux-là. » (p. 338). C’est que Donna a pu, grâce à un subterfuge d’Elizabeth, rejoindre l’équipe des enquêteurs et elle est « l’ombre » de Chris, une ombre bien utile et perspicace.

Mais, lorsque le principal suspect est lui aussi assassiné… « Nous avons donc tous été témoins d’un meurtre, fait Elizabeth. Ce qui, cela va sans dire, est fantastique. » (p. 213), tous deviennent des suspects potentiels…

J’ai vraiment aimé les relations entre les différents personnages, déjà les personnes âgées entre elles (en particulier avec Bernard, un veuf inconsolable), et ensuite les mêmes personnes âgées avec les policiers et les quelques autres personnages. Quant au style de l’auteur, il est excellent, soigné, fluide et ce roman, très bien construit, est à mon avis, un mélange de cozy mystery et de polar. Au gré des pérégrinations d’Elizabeth et Joyce, l’auteur balade ses lecteurs dans les petites villes de la campagne anglaise et envoie même Chris enquêter à Chypre (il en profite pour rappeler en toute discrétion qu’un pays européen est séparé en deux car envahi au nord par les Turcs). La fin est surprenante et n’amène pas à un tome suivant mais j’aimerais bien quand même !

D’autres l’ont lu et apprécié ou pas… comme Cannibal Lecteur en lecture commune avec Bianca, ou Maeve, et La Papivore l’a même lu in English.

Une lecture que je mets dans A year in England, British Mysteries #6, Challenge de l’été #2 (l’auteur est Anglais et nous fait voyager à Chypre, pas pendant tout le roman mais c’est assez important dans l’intrigue), Polar et thriller 2021-2022 et Voisins Voisines 2021 (Angleterre).