Le territoire des Barbares de Rosa Montero

TerritoireBarbaresLe territoire des Barbares de Rosa Montero.

Éditions Métailié [lien], collection Suites, septembre 2004, 224 pages, 10 €, ISBN 2-86424-511-6. Réédition en poche en janvier 2014 [lien].

El corazón del Tártaro (2001) est traduit de l’espagnol par André Gabastou.

Genre : roman.

Rosa Montero naît le 3 janvier 1951 à Madrid en Espagne. Elle a étudié la psychologie ; elle est journaliste à El País et romancière. Neuvième roman de Rosa Montero, Le territoire des Barbares est le premier traduit en français. Auteur prolifique depuis 1976, elle a aussi écrit un roman pour la jeunesse, des contes, des récits et des essais.

Un matin de janvier à Madrid. Zarza se réveille plus tôt. Elle est de mauvaise humeur : les voisins copulent à grand bruit… Et elle est angoissée : au téléphone, une voix masculine lui a dit « Je t’ai retrouvée ». Sofia Zarzamala, surnommée Zarza depuis l’enfance, vit depuis deux ans dans ce petit meublé. Elle a 36 ans et elle est seule. Historienne et médiéviste, elle est éditrice et correctrice dans une grande maison d’éditions. Mais ce matin d’hiver, au lieu d’aller au travail, elle fuit. « Pour elle, les jours normaux n’existaient plus. » (p. 14) ; « Dehors, quelque part, il était là […]. » (p. 25).

Peu à peu, le passé de Zarza ressurgit, tout ce qu’elle avait voulu oublier et fuir déjà depuis des années. Mais je ne veux rien vous dire de plus car le récit dévoile les choses au fur et à mesure. Sur deux jours donc avec une montée en puissance et une certaine angoisse. Plutôt une inquiétude grandissante. On sent bien que l’auteur est familière avec la psychologie ! L’écriture précise crée une atmosphère douloureuse presque enivrante. Une petite précision sur barbares, en fait, en espagnol, il s’agit de tartare : le cœur du Tartare (qui s’attache à Zarza) traduit par le territoire des Barbares (qui s’attache au monde qui entoure – ou qui entourait – Zarza) ce qui est un peu différent. Par contre, la bibliothèque où j’ai emprunté ce livre l’a classé en roman policier mais ce n’est pas du tout un roman policier alors je n’aurai pas de roman policier à proposer pour ce mois espagnol… Rosa Montero, une romancière à découvrir !

Deux passages qui m’ont marquée :

MoisEspagnolMai2015-2« Ce n’est pas de la maîtrise, ma petite, c’est une lutte à mort, quotidienne. La vie est une guerre. Non, la vie, c’est comme avancer dans un pays inconnu. Il faut que tu sois sans arrêt sur tes gardes et à l’affût… » (p. 58).

« Il n’est pas de pire enfer que de se haïr soi-même. » (p. 130).

Voilà, c’est le dernier article pour le Mois espagnol de Sharon à part le bilan que je ferai demain.

Le diamant fou de Federico García Lorca

DiamantFouLe diamant fou de Federico García Lorca – Traduit de l’espagnol par André Belamich, Claude Couffon et Bernard Sesé – Illustré par Séverine Assous.

Éditions Michalon [lien], collection Album Tatou, octobre 2006, 43 pages, 15 €, ISBN 978-2-84186-329-7.

Genre : Poésie

C’est pour le Mois espagnol de Sharon que j’ai lu ces poèmes de Federico García Lorca. Cet auteur espagnol, né le 5 juin 1898, a été exécuté le 17 août 1936. Il jouait du piano, il chantait, il peignait, il écrivait, il avait voyagé à New York et à Cuba, il était engagé. Il était ami avec Salvador Dalí qui disait de lui qu’il était un diamant fou. Très belle biographie de García Lorca écrite par Héliane Bernard (p. 40 à 42) et un hommage (p. 2).

Les 18 poèmes présentés dans cet album illustré par Séverine Assous ont été écrits entre 1920 et 1936. Ils racontent la vie, les femmes, l’amour, la musique, New York et Cuba. Ce recueil est bien plus agréable à lire qu’un recueil habituel, académique. Les illustrations en double page sont intenses et colorées, elles entourent bien les poèmes. J’ai en fait découvert Federico García Lorca que je n’avais jamais lu et c’est une belle surprise !

MoisEspagnolMai2015-3Mon poème préféré est Suite (1923).

« Toute chanson

est une eau dormante

de l’amour.

Tout astre brillant

une eau dormante

du temps.

Un nœud

du temps.

Et tout soupir

Une eau dormante

du cri. »