Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg

Stand Still Stay Silent, livre 1 de Minna Sundberg.

Akileos, octobre 2018, 320 pages, 29 €, ISBN 978-2-35574-353-5. Stand Still Stay Silent, Book 1 (2013, réédition 2015) est traduit de l’anglais par Diane Ranville.

Genres : bande dessinée suédo-finlandaise, comics, science-fiction, fantasy.

Minna Sundberg naît le 9 janvier 1990 en Suède mais vit en Finlande entre 1997 et 2013 avant de retourner en Suède. Elle étudie le graphisme à Helsinki et réalise sa première bande dessinée, A Redtail’s Dream (600 pages), un conte inspiré de la mythologie finlandaise, paru chez Akileos sous le titre Un rêve de renard en 2019. Plus d’infos sur le site officiel de SSSS (il y a 4 tomes) et sur son site officiel.

Année 0, jour 0. En plus de pluies diluviennes sur la Norvège, le gouvernement annonce que la maladie de la Rouille arrive (l’Islande a déjà fermé ses frontières). À Dalsnes, un village encore plus isolé depuis que la route s’est effondrée, Aksel demande à Gunnar (qui part en bateau) de ramener de la ville sa grand-mère qui vit seule (avec un chat).

Année 0, jour 3. Les pays ferment les trafics aériens et maritimes. « Si cela nous permet de retarder l’arrivée de la contagion sur notre sol, même pendant quelques semaines, nous pourrons peut-être développer un remède d’ici-là. Ou au moins, nous aurons mis en place un plan pour gérer la prise en charge des malades alors même que presque tout le pays sera cloué au lit. » (p. 22).

Dingue, Minna Sundberg a écrit et dessiné cette histoire en 2013 mais ça ressemble bigrement à la crise du covid !

Année 0, jour 5… jour 40. Tout s’accélère, évolution de la maladie, des contaminations, des morts, plus aucun contact avec l’extérieur.

« Année 90. Islande. Reykjavík, capitale du monde connu. Population : 41750. Taux d’immunité : 11 %. » (p. 60). Une équipe est constituée par « le conseil nordique de l’Histoire et de la Redécouverte […] pour une mission de recherche en direction du monde silencieux. » (p. 63). Siv et Torbjörn Västerstöm (Suédois, 35 et 38 ans, universitaires), Taru Hollola (Finlandaise, 41 ans, stratège dans l’armée) et Trond Andersen (Norvégien, 67 ans, général à la retraite) vont partir en Suède.

En plus des cases de la bande dessinée, il y a un peu comme un journal de bord avec la « carte complète représentant le monde connu élaborée par Steingrímur Þórðarson, Scalde, révisée en l’an 87 » (p. 70), les différents peuples avec leurs spécificités et leurs croyances, les Islandais, les Norvégiens, les Danois, les Suédois, les Finnois (notez que le reste du monde est devenu totalement inconnu) et des consignes comme « La première règle pour survivre en dehors des zones sécurisées. En cas de rencontre avec une bête, un troll ou un géant, ne courez pas, n’appelez pas à l’aide. Souvenez-vous simplement de rester immobile et silencieux. Peut-être qu’il partira. » (p. 74), d’où le titre Stand Still, Stay Silent (rester immobile, rester silencieux).

Eh oui, commencée comme de la science-fiction, la bande dessinée continue comme de la fantasy voire du fantastique (avec une pointe d’horreur). C’est bien joué de la part de l’autrice !

Le couple Västerstöm, Taru Hollola et Trond Andersen embarquent avec eux dans l’expédition, Tuuri Hotakainen (Finlandaise, 21 ans, de la base militaire Keuruu, Scalde et mécanicienne), à noter qu’Onni Hotakainen, son frère (27 ans, mage dans l’armée) refuse d’embarquer au dernier moment, Lalli Hotakainen (leur cousin, Finlandais également, 19 ans, mage et éclaireur dans l’armée) et un chat : il y a deux pages sur « Les félins sacrés. Les poissons, les oiseaux, les insectes et les reptiles, toutes les créatures à peine conscientes qui peuplent notre monde furent épargnées tandis que tous les représentants du règne mammifère succombaient à la maladie. Tous, sauf le chat. Peut-être était-ce le hasard, peut-être était-ce le destin, peut-être étaient-ils connectés au monde des esprits. […] » (p. 112-113). Puis, lors de l’escale en Finlande, Emil Västerstöm (Suédois, 19 ans, nettoyeur dans l’armée et neveu de Torbjörn Västerstöm) se joint à l’équipe et le voyage se poursuit en train jusqu’à Mora, capitale de la Scandinavie.

Bon, je ne vous en dis pas plus, il y a tant de choses à découvrir dans cette bande dessinée qui est un beau livre à avoir sur ses étagères. Plus d’un an et demi de travail pour l’autrice qui a utilisé différentes légendes scandinaves pour parfaire son histoire (et montrer leurs ressemblances et leurs différences selon les pays et leur langue). Et donc, c’est à la fois science-fiction, fantasy, fantastique mais ce n’est pas fouillis. Au contraire, c’est vraiment bien diversifié au niveau de l’agencement des cases, de la lecture, des pages de ‘journal’ avec des explications (des infos importantes), des couleurs (plutôt tons bleus et de l’orange lorsqu’il y a du danger, comme la couleur de la maladie, la rouille) et des paysages avec de nombreux détails. Rien que de voir les personnages principaux (qui vont dans la zone inconnue et dangereuse avec chacun leurs qualités, leurs défauts, leurs angoisses) sur la couverture fait envie et, au feuilletage, on se rend compte tout de suite que c’est riche, dense, intense, rythmé, ce qui se confirme à la lecture. Il y a même de l’humour et de la poésie. Une totale réussite et j’ai hâte de lire les tomes suivants !

Elle a lu les deux premiers tomes et les a appréciés : L’ourse bibliophile. D’autres ?

Pour La BD de la semaine (plus de BD de la semaine chez Moka) et les challenges BD 2022, Challenge lecture 2022 (catégorie 29, un livre dont le titre est un verbe à l’infinitif, bon les deux verbes, stand et stay, sont anglais), Jeunesse young adult #11, Littérature de l’imaginaire #10, Petit Bac 2022 (catégorie Verbe pour Stand et Stay), Tour du monde en 80 livres (Finlande, l’autrice est Suédo-Finnoise mais j’ai déjà un livre pour la Suède) et Shiny Summer Challenge 2022 (menu 2 – Orage d’été, sous menu 1 – Dorothée au pays d’Oz = voyager dans le temps et les univers, les sorcières sont invitées, ici ce sont les trolls et autres dangereuses créatures post apocalyptiques). Et, bon sang, j’ai oublié le Challenge nordique !

Deux albums illustrés de Marika Maijala et Juha Virta

un-mois-un-editeurJ’ai décidé de participer à Un mois, un éditeur (ma présentation) organisé par Sandrine du blog Yspaddaden – Tête de lecture. Le premier éditeur choisi (pour le mois d’octobre) est Cambourakis [lien] qui fête cette année ses 10 ans. Ce n’est pas un éditeur inconnu pour moi car j’ai déjà lu plusieurs bandes dessinées en particulier celles de Zeina Abirached (Liban) et de Choi Juhyun (Corée du Sud). Pour ce premier rendez-vous [lien], j’ai lu deux albums illustrés finlandais. 🙂

le-correspondant-couvLe correspondant de Marika Maijala et Juha Virta.
Cambourakis, collection Sylvia Lespiègle, janvier 2014, 32 pages, 14 €, ISBN 978-2-36624-071-9. Sylvi Kepposen : Kirjekaveri (2011) est traduit du finnois par Kirsi Kinnunen.
Mars et sa bonne neige ! Mais Sylvia est enrhumée et reste dans sa chambre avec son chien Pantoufle. Dans la maison d’en face, elle remarque un garçon assis à la fenêtre, C’est Lucas, il s’est cassé la jambe et ne peut pas promener son chien Kafka. Sylvia décide de lui envoyer une lettre par l’intermédiaire du chien ! « Le soir, à son grand étonnement, Lucas reçoit du courrier. La lettre a l’air tout à fait ordinaire, sauf que sur l’enveloppe il n’y a ni timbre ni adresse d’expéditeur. » (p. 13). Finalement la lettre n’est pas si ordinaire: c’est le début d’une histoire – une petite fille et sa jument Rose rencontre un petit garçon qui cherche le chemin de la mer bleue – que Lucas va devoir continuer.
Une jolie histoire de rencontre et d’amitié dans laquelle vous découvrirez que Rose n’est pas une jument. Les illustrations sont variées : crayons de couleurs, collages… ; les personnages sont amusants avec leur grosse tête toute ronde ; quant au décor, c’est vraiment très joli (la neige, les paysages, les chambres…). J’ai de plus beaucoup aimé le grand format de ce livre (34 cm), comme une fenêtre ou plutôt une porte ouverte sur le monde !

gare-au-loup-couvGare au loup de Marika Maijala et Juha Virta.
Cambourakis, collection Sylvia Lespiègle, janvier 2014, 32 pages, 14 €, ISBN 978-2-36624-093-1. Sylvi Kepposen : Hukkaretki (2010) est traduit du finnois par Kirsi Kinnunen.
Août, c’est les vacances ! Sylvia, sa maman et son chien Pantoufle arrivent chez Papy Enska à la campagne. Papy a un chat, Filou, et une nouvelle voisine. Sylvia fera sa connaissance demain car elle doit filer au lit « Mais au fond du jardin, dans l’obscurité, une silhouette observe la nature. Qui cela peut-il bien être? » (p. 8). Le lendemain matin, Sylvia fait la connaissance de Violette et découvre ses dessins et ses observations sur le climat. Violette croit avoir aperçu un loup. Comme pour le précédent album illustré (en fait, Le correspondant est paru après celui-ci mais je l’ai lu avant), c’est une histoire de rencontre et d’amitié, entre deux fillettes cette fois. Toujours le même genre de personnages avec de grosses têtes, ça les rend amusants et attendrissants. Le grand format est encore mieux pour cette histoire qui se déroule à la campagne et en forêt.

Quelques mots sur les deux auteurs.

Marika Maijala naît en 1974, elle vit à Helsinki. Elle étudie le cinéma, la littérature et le graphisme. Elle est graphiste et illustratrice. Plus d’infos sur son site officiel.

Juha Virta naît en 1970 à Turku. Il étudie l’anglais, l’histoire et les sciences sociales. Il est professeur d’histoire et auteur.

Il reste un album de ces deux auteurs que je n’ai pas lu mais que je lirai avec plaisir : Une longue journée paru chez Cambourakis en mai 2016.