Eden 1 de Fabrice Colin et Carole Maurel

Eden – Le visage des Sans-Noms, tome 1 de Fabrice Colin et Carole Maurel.

Rue de Sèvres, collection Histoire à suivre, septembre 2018, 80 pages, 15 €, ISBN 978-2-36981-451-1.

Genres : bande dessinée française, science-fiction, dystopie.

Fabrice Colin naît le 6 juillet 1972 à Paris. Il est auteur de romans et de nouvelles de l’imaginaire (science-fiction et fantasy) et se tourne vers le roman policier et la littérature jeunesse. Il est aussi scénariste pour la bande dessinée et la radio. Plus d’infos sur son site officiel (consultez plutôt « biblio & co » car le blog n’est plus à jour depuis mars 2017). J’ai récemment publié ma note de lecture d’Arcadia.

Carole Maurel naît en 1980. Elle étudie à l’école Estienne et aux Gobelins. Elle est dessinatrice et coloriste (sur cette série) mais aussi scénariste et a reçu quelques prix. Plus d’infos sur son site officiel.

Phoenice, anciennement San Francisco, après le 21e siècle. La ville est divisée en deux : les Élus – ou les Inspirés, ceux qui dirigent, appelés aussi l’Apex – (en haut) et les Sans-Noms – soit le reste de la population – (en bas).

Chez les Sans-Noms, Jonas s’occupe de sa mère malade tout en étudiant et en travaillant dur ; il a 15 ans et s’il réussit l’examen, il passera chez les Inspirés et reverra sa sœur aînée, Helix.

« La volonté des masses est un danger pour les dirigeants, et parasite leur travail. Tous les conflits, toutes les limitations, voire les destructions du pouvoir établi proviennent du fait que les dirigeants n’ont pas observé les conditions grâce auxquelles le pouvoir leur avait été transmis. Pour cette raison, il est nécessaire de couper les chaînes de transmission du pouvoir. » (p. 21). Voici un des cours que reçoivent les jeunes d’en haut.

Mais Jonas découvre qu’il existe un Comité qui se bat pour l’égalité et la justice.

Une très belle bande dessinée sur la lutte des classes et les injustices avec un dessin sobre et réaliste. Que va faire Jonas ? J’ai hâte de lire le tome 2 (que j’ai réservé à la bibliothèque) !

Pour La BD de la semaine, les challenges BD et Jeunesse Young Adult #9. Plus de BD de la semaine chez…

Cap Horn 1 de Christian Perrissin et Enea Riboldi

Cap Horn 1 – La baie tournée vers l’est de Christian Perrissin et Enea Riboldi.

Les Humanoïdes Associés, juin 2010, 56 pages, 9,95 €, ISBN 978-2-7316-2247-8.

Genres : bande dessinée franco-italienne, Histoire, aventure.

Christian Perrissin naît le 1er janvier 1964 ; il étudie les Beaux-Arts à Annecy puis l’atelier BD des Arts appliqués Duperré à Paris. Du même scénariste : El Niño (7 tomes).

Enea Riboldi naît le 13 août 1954 à Milan ; il débute sa carrière au début des années 70 (bandes dessinées, illustrations pour des cartes, pour la télévision…).

Fin du XIXe siècle, aux alentours du Cap Horn.

Trois hommes fuient à cheval, Kruger, Duca, Johannes et 25 kilos d’or… que Kruger embarque pendant la nuit. Il sont poursuivis par les hommes de Popper, l’ange noir du Paramo.

Pendant ce temps, un trois-mats de la Marine française arrive sur les côtes de la Terre de Feu. Un scientifique va étudier les Fuégiens, de la tribu Yamana, et d’autres vont cartographier les canaux de la région, pour la Mission Terre.

Une belle couverture, de beaux dessins dont certains en pleine page, mais beaucoup de personnages rendent la lecture plus compliquée. N’empêche, c’est un beau récit, d’une région peu connue, tout au sud, au Cap Horn, la montagne andine se jette dans la mer. Et ces Indiens Yamana, je ne les connais pas (ou alors j’ai oublié si j’en ai déjà entendu parler).

Les albums suivants sont Dans le sillage des cormorans (2009), L’ange noir du Paramo (2011) et Le prince de l’âme (2013). Une intégrale est parue en 2014.

Pour La BD de la semaine et le challenge BD.

Cartographie de l’oubli de Niels Labuzan

Cartographie de l’oubli de Niels Labuzan.

JC Lattès, août 2016, 522 pages, 20 €, ISBN 978-2-70964-937-7.

Genres : littérature française, Histoire.

Niels Labuzan naît en 1984 et vit à Paris ; il est écrivain et il a voyagé en Afrique. Après avoir eu un coup de cœur pour Ivoire de Niels Labuzan en 2019 (son deuxième roman), j’ai voulu lire Cartographie de l’oubli, son premier roman paru 3 ans avant. Celui-ci se déroule aussi en Afrique mais il est différent car c’est un roman historique qui se déroule de 1889 à 2004.

Juin 1889. Jakob Ackermann, originaire de Brême, défiguré à l’âge de 7 ans à cause d’un jeu qui a mal tourné avec sa chienne, Friza, a maintenant 19 ans et il est soldat. L’Allemagne, surpeuplée, a besoin « de colonies de peuplement ». Ce sera la création de Windhuk en Afrique du sud-ouest et ça démarre avec Jakob et une vingtaine d’autres soldats allemands.

Janvier 2004. C’est la journée de commémoration pour se souvenir du massacre des Hereros à Okahandja en Namibie. Le narrateur est métis. « Chez moi, les hommes sont blancs, les femmes sont noires. Depuis deux générations. » (p. 46). Il participe au devoir de mémoire mais se sent-il Allemand, Africain ?

Été 1891. Damaraland. « Curt Von François étendait insidieusement son ombre sur l’Afrique. » (p. 30). L’Afrique du sud-ouest découvre la civilisation européenne et des Allemands deviennent Africains. Mais quel sera le devenir des peuples indigènes ? Les Hereros acceptent des accords mais les Damaras, habituellement soumis, ne respectent pas le traité. « La colonisation prenait une autre tournure. Il ne s’agissait plus simplement d’implanter des Allemands ou de faire briller une quelconque idée, il s’agissait de la terre, de ses ressources, et de qui était le plus fort pour en jouir, peu importe les moyens employés. » (p. 41).

Mars 1893. Le chef Nana, Hendrik Witbooi, tient tête à l’armée allemande… « […] les victoires de Witbooi étaient sues par les autres peuples. » (p. 80).

1904. Les Hereros se regroupent alors que le gouverneur veut les parquer dans des réserves. C’est leur chef, Samuel Maharero, et le massacre qui sont commémorés cent ans plus tard, en 2004. « Il n’y avait rien à faire, l’Afrique n’appartenait plus aux Africains, elle était aux Européens qui avaient gagné le droit de vie et de mort en ce début de siècle. Cela prendrait du temps, mais tant qu’il y avait des survivants, l’espoir n’était pas perdu. Un instant, il imagina bénéficier de l’aide des Britanniques, eux aussi détestaient les Allemands, mais il dut s’avouer que ça n’arriverait pas. Une grande puissance n’allait pas en défier une autre pour la survie de quelques indigènes. Il devait être réaliste. » (p. 414).

La vie est rude avec la chaleur, la poussière, et on se demande ce que les Allemands sont venus faire dans cette galère ! Il y a quelques passages avec la faune africaine « oryx, impalas, koudous, autruches » (p. 103) mais aussi bœufs, chèvres et chevaux (sûrement importés avec les soldats) mais cette histoire est surtout une histoire humaine. Cependant, un événement surprenant : début 1897, il y a eu une peste bovine (p. 219-221) : « Cette maladie était un fléau, un fléau venu d’un autre pays. » (p. 230) ; tout ça n’est donc pas nouveau…

La colonisation allemande (durant le IIe Reich) est moins connue que les autres colonisations européennes. Je connais (un peu) l’histoire des Boers en Afrique du Sud mais je ne savais pas que les Allemands avaient colonisé, à la fin du XIXe siècle, d’autres pays du sud-ouest comme la Namibie. Cette colonisation, c’est une histoire d’envahissement, de propagande, de mépris, de profit (les matières premières) et de rentabilité. « Savoir-faire allemand et main-d’œuvre africaine. » (p. 142). Le roman est parfois un peu long mais c’est une belle réussite pour un premier roman et il est passionnant : j’ai appris pas mal de choses et j’ai bien aimé le personnage de Jakob Ackermann qui aime ce pays. J’ai moins aimé l’extermination génocidaire des Hereros et des Namas qui précède de 30 ans celui des Juifs d’Europe (durant le IIIe Reich… Je remercie Niels Labuzan d’avoir mis en lumière cette partie de l’Histoire que je ne connaissais pas du tout et j’attends avec impatience son 3e roman !

Je mets cette lecture dans Animaux du monde #3 et À la découverte de l’Afrique.

Vigile de Hyam Zaytoun

Vigile de Hyam Zaytoun.

Le Tripode, janvier 2019, 128 pages, 13 €, ISBN 978-2-37055-185-6.

Genres : littérature française, premier roman.

Hyam Zaytoun est comédienne. Hypokhâgne, khâgne, art du spectacle, art dramatique, créations contemporaines au théâtre, actrice dans des films, des séries télévisées… Vigile est son premier roman. Plus d’infos sur son site, http://www.hyam-zaytoun.com/.

Une nuit d’avril, une jeune femme se réveille et se rend compte que son mari, Antoine, fait un arrêt cardiaque. En attendant les secours, « […] le geste, le geste, le geste qui sauve, répétitif. Il fait passer ma peur, occupe mon énergie, tout entière dans mes mains, dans mon dos qui s’incline, près de toi, en rythme… » (p. 14-15). Antoine et la narratrice sont les jeunes parents de Margot (6 ans) et Victor (3 ans). Après avoir géré le quotidien, la jeune femme rejoint Antoine à l’hôpital. « J’y crois. Tes yeux vont s’ouvrir, ta main se tendre vers moi dans un sourire. » (p. 30). Arrêt cardiaque, infarctus, fonctions vitales, coma, assistance respiratoire, « légume »… Des mots cliniques qui angoissent mais il faut « mettre des mots sur ce qui nous arrive. » (p. 48). La narratrice passe par plusieurs étapes : tristesse, culpabilité, colère, sentiment d’injustice. « Je suis ta vigile, ton garde du corps… » (p. 52). Mais elle va tenir le coup, grâce à la famille, aux amis, au peu d’espoir que le médecin lui a donné, et aux souvenirs (la naissance des enfants, leur rencontre, leur voyage en Inde…).

Je continue de rattraper mon retard dans mes notes de lectures. Vigile est un roman fort, tenace (comme la vie !), violent mais sensible (rempli d’amour) : c’est ce qui m’a fait apprécier ce roman « médical ». Je n’ai pas l’habitude d’en lire mais j’ai autant apprécié que Le matin est un tigre de Constance Joly ou Principe de suspension de Vanessa Bamberger et je vous le conseille vivement.

Cyniquetamere n° 1

Vous rappelez-vous de la nouvelle Le trompettiste de Léon Plagnol et du collectif Cyniquetamere dont je vous ai parlé en juin ? Voici le premier numéro de leur fanzine !

Cyniquetamere : poésies, inspirations, jeux littéraires et autres billevesées

N° 1 – voyage en terres cyniques

Obliques, août 2020, 24 pages , par François Lillart et Léon Plagnol.

Genre : fanzine.

Avec des contenus « alternatifs, désinvoltes, libres et poétiques » (p. 4).

Aux inspirations classiques (le maître, Diogène) ou contemporaines (les disciples, c’est-à-dire les auteurs), des nouvelles, des poèmes, de l’humour, des jeux (littéraires avec contraintes genre OULIPO ou musicaux ou autres), des dessins.

Le tout à lire entre les lignes ou une ligne sur deux, c’est selon votre humeur !

Sa majesté des chats de Bernard Werber

Sa majesté des chats de Bernard Werber.

Albin Michel, septembre 2019, 464 pages, 21,90 €, ISBN 978-2-226-44483-7.

Genres : littérature française, science-fiction.

Bernard Werber naît le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il mêle conte, philosophie, science-fiction ou genre policier dans ses romans et ses nouvelles. Plus d’infos sur son site officiel et sa page FB.

Après avoir dévoré le premier tome, Demain les chats, j’ai voulu lire la suite mais j’ai dû attendre mon tour (roman très demandé et réservé à la bibliothèque).

La narratrice est toujours Bastet ; elle a 3 ans. Elle doit raconter parce que « Tout ce qui n’est pas raconté est oublié. Et tout ce qui est oublié, c’est comme si cela n’avait jamais existé. Raconter une histoire revient à la rendre immortelle » (p. 14). Pour « les récentes aventures qui m’ont transformée de simple chatte d’appartement en conquérante visionnaire » (p. 19), voir le premier tome de la trilogie et pour le projet de « faire communiquer entre elles toutes les espèces » (p. 19), vous en saurez plus en lisant ce deuxième tome.

Bastet fait un petit résumé de l’Effondrement (attentats terroristes, guerre civile, épidémie de peste) et raconte que, depuis la bataille contre les rats, 6 mois auparavant, chats et humains (survivants) vivent « tranquilles sur l’île aux Cygnes » (p. 28). Mais les rats risquent de revenir… toujours plus nombreux, comme l’expliquent deux chats blessés. Les différentes hordes de rats se sont alliées et s’en prennent à tous les êtres vivants (humains, chats, chiens, oiseaux, bétail…). Sur les conseils de Pythagore, tous partent sur l’île de la Cité (le quartier de Notre-Dame).

Mais des dizaines de milliers de rats, conduits par Tamerlan (qui a, comme Pythagore, un troisième œil) font état de siège et le groupe des humains et des chats doit trouver rapidement une solution : ce sera par les airs et il faudra trouver des alliés par-delà les lignes de rats.

« Ce n’est pas que j’apprécie particulièrement la guerre, je ne suis pas comme mon fils qui prône la violence comme distraction, mais je sais que l’une des lois de la nature est aussi la confrontation des espèces ; les chats mangent les souris. Il arrive même que les plantes s’y mettent et que du lierre fasse la guerre à des oliviers en les étouffant avec ses longues tiges. Et puis, parfois, les chats sont en rivalités avec des chiens ou des rats. Alors, ce n’est pas de gaieté de cœur, mais il faut bien se défendre, tuer pour ne pas mourir. […] C’est Pythagore qui m’a fait prendre conscience de cette logique et je lui en suit reconnaissante. » (Bastet, p. 138-139).

C’est un plaisir de retrouver Bastet et son fils Angelo, Pythagore, le lion Hannibal, Nathalie, etc. De nouveaux personnages apparaissent au fil du roman, un taureau exceptionnel, des cochons et leur roi Arthur, Roman Wells un humain de l’université d’Orsay, Champollion un perroquet spécialiste des langues et des sons… Mais attention au carnage… Beaucoup n’y survivront pas… Par contre, il y a des moments drôles ; par exemple, connaissez-vous le « chat-kwando » et le « cri qui fige » ?

Comme dans le premier tome, l’auteur distille pas mal d’informations historiques ou scientifiques au fur et à mesure que Bastet apprend avec Pythagore et l’ESRA (l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu). Nathalie lui dit que, pour créer une civilisation, elle doit comprendre l’humour, l’amour et l’art. « Franchement, si on vous propose de pratiquer sur vous une expérience qui vous rendra plus intelligent, n’hésitez pas, acceptez, cela vaut le coup. Pour ma part je ne regrette vraiment pas. » (Bastet, p. 241). Elle est prête à tout, Bastet : «  C’est à moi qu’incombe la mission de sauver le monde et à personne d’autre, car je suis une ancienne déesse. » (p. 333).

J’ai trouvé ce deuxième tome un peu plus profond que le premier (pas seulement au niveau humain et écologique), un peu plus violent aussi (je ne sais pas si c’est lié !). Je le redis, ce n’est pas de la grande littérature mais c’est enjoué, maîtrisé, agréable à lire alors j’attends maintenant le troisième et dernier tome.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Littérature de l’imaginaire #8 et Petit Bac 2020 (catégorie Animal avec chats).

Maou et Monsieur Poussin de Clothilde Delacroix

Maou et Monsieur Poussin de Clothilde Delacroix.

L’école des loisirs, collection Moucheron, janvier 2020, 40 pages, 6 €, ISBN 978-2-21130-455-9.

Genres : littérature française, jeunesse.

Clothilde Delacroix naît en 1977. Elle étudie les Arts plastiques. Elle est autrice et illustratrice. Plusieurs autres titres à L’école des loisirs en particulier la série Lolotte dans la collection Loulou & Cie.

Maou (une petite chatte) se réveille en pleine nuit : non seulement elle a faim mais elle entend un bruit inhabituel. « On dirait que ça vient du dehors. » (p. 8). Va-t-elle oser, malgré sa peur, ouvrir la porte ? C’est un petit poussin qui crie, Piou, Piou-Piou !

Le matin, elle part à la recherche de la famille de Monsieur Poussin. Il n’est pas à Madame Poulet… Il n’est pas à la famille Canard ou alors la famille est partie pour la migration sans lui !

Une jolie histoire d’amitié entre deux animaux que tout oppose. Agréablement illustré avec des tons pastels pour beaucoup de douceur et de tendresse.

Pour les challenges Animaux du monde #3, Jeunesse Young Adult #9 et Petit bac 2020 (pour la catégorie Animal avec Poussin).

La Californie de Bruno Masi

La Californie de Bruno Masi.

JC Lattès, février 2019, 187 pages, 17 €, ISBN 978-2-7096-6184-3.

Genres : littérature française, roman.

Bruno Masi naît en 1975 à Toulon. Il est journaliste, auteur et responsable pédagogique à l’INA.

4 juillet, Marcus Miope a 13 ans. Il rêve d’aller en Californie (d’où le titre). Il ne supporte pas son frère aîné, Dimitri, (qui est plutôt dégueulasse, fainéant et violent). Annie, sa mère, est fantasque, parfois elle a un copain, souvent elle picole ; elle va… disparaître ! « Aujourd’hui, je sais qu’elle me fixait pour ne pas m’oublier. » (p. 14). Annie est partie depuis plusieurs jours. « Les jours passaient, sa présence s’était diluée, il ne restait que certains gestes ou images que je maintenais gravés dans mon cerveau en fermant les yeux très fort. » (p. 30). En plus, l’été, les vacances, pour Marcus, c’est la solitude et l’ennui, même si Marcus rencontre Penelope, une adolescente norvégienne avec laquelle il vit ses premiers émois. « Juillet et août, c’est deux pansements que l’on tire et qui retiennent nos côtes pour nous empêcher de respirer. » (p. 58). Sinon, il fait des balades à vélo avec son copain, Virgile, ou ils vont voir les voitures passer sur l’autoroute. Marcus est désabusé… « Construire, c’est ça : accumuler les briques factices de notre bonheur. » (p. 111). « Annie était partie. Elle ne reviendrait pas ce soir, ni demain, ni jamais. » (p. 121-122). « Je croyais que le monde était écrit pour moi. Mais je n’étais au final qu’un figurant. » (p. 146).

Je pense que l’histoire se déroule dans la deuxième moitié des années 80 : Marcus écoute au début du roman La fièvre dans le sang d’Alain Chamfort (titre sorti en 1986) et on sait que Laurent Fabius est premier ministre (p. 49) : j’ai vérifié, il l’a été de janvier 1984 à mars 1986. Alors petit problème, si l’histoire se déroule en juillet 1986, Fabius n’est plus premier ministre… Et il y a d’autres anachronismes comme Sex Machine de Crawling Chaos (p. 33) : album sorti en 2003 et « Un énorme soleil rouge […] semblable à un ciel de manga. » (p. 42) : pas sûre que les mangas étaient autant démocratisés dans les années 80 (peut-être l’auteur pense-t-il aux dessins animés ?) et « […] un portefeuille vide (ni carte, ni argent) » (p. 57) : les cartes bancaires existaient déjà, oui, mais elles n’étaient pas courantes (seulement quatre grosses banques les proposaient, je doute que Dimitri en ait possédé une…) et leur utilisation s’est démocratisée dans les années 90 avec l’installation de terminaux de paiement chez les commerçants et le code à quatre chiffres. Un collègue me dit aussi qu’il y a un problème de date avec le fait que Marcus possédait des figurines Star Wars alors qu’il avait 6 ans.

Avec tout ça, j’ai été suspicieuse pendant toute la lecture et j’ai vérifié pas mal de dates ! Ce qui, bien sûr, a gâché mon plaisir de lecture ! Dommage, ce roman avait du potentiel… Il a obtenu le Prix Marcel Pagnol.

Une petite question : y avait-il des MP (militaires américains) (p. 94) en France dans les années 80 ? En Allemagne, oui, mais en France, je n’en ai aucun souvenir…

La faute de grammaire qui tue : « Faîtes ce que vous avez à faire […]. » (p. 65) : mais pourquoi les gens confondent le faîte (sommet) de l’arbre avec le verbe faire ?

Pas sûre que je lise son premier roman Nobody (même s’il se déroule à Tchernobyl) ou son nouveau roman, 8 kilomètres, paru en janvier 2020…

Pour le Petit Bac 2020 (catégorie lieu pour Californie).

Les recettes du Globe-Cooker : Thaïlande de Fred Chesneau

Les recettes du Globe-Cooker : Thaïlande de Fred Chesneau.

Mango, janvier 2014, 50 pages, 4,95 €, ISBN 978-2-31700-807-8.

Avec de très belles photographies de Bernhard Winkelmann.

Genres : livre de recettes, beau livre.

Fred Chesneau naît le 28 février 1968 à Paris. Il étudie la gestion et le marketing puis crée une petite école de cuisine à Paris. Grand voyageur et gastronome, il apparaît dans des émissions culinaires (Les nouveaux explorateurs entre 2007 et 2014) et ouvre son restaurant en Grèce en 2017 (sur l’île de Paros) : Stou Fred (Chez Fred).

Pour le Marathon gourmand de ce week-end, j’ai décidé de lire trois livres des Recettes du Globe-Cooker que je possède depuis mars 2014 et que je n’ai finalement que feuilletés… Le premier que j’ai lu est celui sur l’Inde, le deuxième celui sur le Japon et le troisième est celui sur la Thaïlande.

Comme pour les deux autres livres, une introduction sur la cuisine thaïlandaise : « Rares sont les pays où l’on peut manger différemment à chaque repas pendant quatre semaines d’affilée. Ce qui est bluffant en Thaïlande, c’est que cette diversité, cette inventivité se retrouvent dans le quotidien de chaque famille, modeste ou fortunée, dans n’importe quelle gargote et surtout au coin de la rue. Et toujours, avec un souci extrême apporté à la présentation et à la décoration. » (p. 3), quelques explications et conseils (un wok, un bon couteau, une râpe à papaye verte et pas grave s’il manque un ingrédient pour une recette !). Les principaux ingrédients pour bien cuisiner thaïlandais : lait de coco, citronnelle, galanga (ou gingembre), combawa (citron vert à l’écorce fripée), piments (« petits mais costauds » !), condiments (nam-pla ou nuoc-nam au Vietnam, vinaigre de riz blanc, sauce soja), coriandre et ciboule, basilic thaïlandais. Et les recettes : une quinzaine, entrées, plats, sauces et accompagnements, un seul dessert.

Un détail linguistique : j’utilise l’adjectif thaïlandais plutôt que thaï, pourquoi ? J’ai l’impression que thaï est utilisé pour la langue et la population, et thaïlandais pour la culture et tout ce qui se rapporte à la Thaïlande.

Un autre détail, gastronomique celui-ci : je déteste le nuoc-nam (donc le nam-pla) car, comme le dit l’auteur, c’est « un nauséabond jus de poisson saumuré » (p. 10). Par contre j’aime beaucoup la citronnelle et la ciboule !

Salade de mangue verte : OK pour moi (malgré le fait qu’il faille beaucoup d’ingrédients) mais sans le nam-pla…

Soupe de poulet au galanga et à la citronnelle : pourquoi pas, mais pareil sans le nam-pla…

Mini-rouleaux de printemps : pas de crevettes pour moi ! Peut-être avec un peu de poulet.

Salade de boudin blanc au piment vert : pas de boudin, ni blanc ni noir. Et il y a encore du nam-pla…

Palourdes grillées au sésame : pas de palourdes pour moi. Et il y a encore du nam-pla…

Tartare de canard poché aux herbes : pas de canard pour moi (je veux bien faire un petit effort sur le poulet et le porc mais pas sur les autres viandes). Et il y a encore du nam-pla même avec de la viande…

Mon paï thaï : aïe aïe aïe, des crevettes crues, des crevettes séchées, du nam-pla, pas pour moi !

Supions sautés aux fèves et au basilic : encore pire, des supions (petites seiches), oh et tiens, toujours du nam-pla !

Pétoncles et crevettes au lait de coco : eh bien, pétoncles non, crevettes non, nam-pla non, lait de coco…. oui !

Flans de cabillaud vapeur au curry vert : bah, je pourrais mais ça ne me tente pas… Mais la pâte de curry vert, oui.

Satays et riz parfumé : j’en ai déjà mangé, c’est délicieux !

Porc grillé au citron pimenté : pourquoi pas si je suis invitée ou au restaurant mais ça m’énerve ce nam-pla partout !

Pot-au-phô : j’adore le clin d’œil à pot-au-feu (ça me fait penser à shabu-shabu, soit ça bout ça bout, la fondue japonaise). Mais je ne mange plus de bœuf depuis l’adolescence.

Ananas sauté au piment et au gingembre : miam ! Mais ce n’est pas un dessert, c’est pour accompagner les viandes voire les fromages.

Riz au lait de coco vanillé : parfait mais sans la vanille (qui n’est pas utilisée en Asie et que le chef a rajoutée).

Le bonus de Fred, ma vinaigrette magique : ouf, il n’y a pas de nam-pla dedans ! Une vinaigrette à essayer donc.

Toujours de belles photos qui donnent envie et des recettes faciles à réaliser (même s’il faut beaucoup d’ingrédients pour la plupart) mais il y en a plus de la moitié que je ne ferai jamais (mollusques, crustacés, viandes, nam-pla…) mais c’est tout de même une belle source d’informations sur la gastronomie thaïlandaise. Je me répète mais, comme ceux sur l’Inde et sur le Japon, ce petit livre a tout d’un grand. Et, grâce à des amies thaïes, j’ai pu goûter de délicieuses recettes thaïlandaises (et sans nam-pla !).

Vous pouvez voir – sur la chaîne YT du Fin gourmet – le film sur le Globe-Cooker en visite chez les Thaïs de Paris et la cuisine thaïlandaise (Fred Chesneau participait à une émission télévisée culinaire c’est pourquoi il y a Canal+ sur la couverture en face de Mango).

Précédentes lectures pour le Marathon gourmand de ce week-end : l’Inde et le Japon mais il existe d’autres titres individuels ou regroupés dans des « valises ». Valise n° 1 : Danemark, Inde, Italie, Japon, Maroc, Thaïlande. Valise n° 2 : Bali, Chine, Espagne, Grèce, Liban, Mexique.

Aussi pour le challenge Des livres et des écrans en cuisine.

Les recettes du Globe-Cooker : Japon de Fred Chesneau

Les recettes du Globe-Cooker : Japon de Fred Chesneau.

Mango, janvier 2014, 50 pages, 4,95 €, ISBN 978-2-31700-805-4.

Avec de très belles photographies de Bernhard Winkelmann.

Genres : livre de recettes, beau livre.

Fred Chesneau naît le 28 février 1968 à Paris. Il étudie la gestion et le marketing puis crée une petite école de cuisine à Paris. Grand voyageur et gastronome, il apparaît dans des émissions culinaires (Les nouveaux explorateurs entre 2007 et 2014) et ouvre son restaurant en Grèce en 2017 (sur l’île de Paros) : Stou Fred (Chez Fred).

Pour le Marathon gourmand de ce week-end, j’ai décidé de lire trois livres des Recettes du Globe-Cooker que je possède depuis mars 2014 et que je n’ai finalement que feuilletés… Le premier que j’ai lu est celui sur l’Inde et le deuxième est celui sur le Japon.

De même, dans ce petit livre, une introduction sur la cuisine japonaise : « Difficile de trouver un qualificatif pour exprimer à quel point elle atteint des summums de raffinement, de saveurs, d’esthétique, d’imagination, de patience et de diversité. » (p. 3), quelques explications (produits indispensables, vaisselle, couteaux). Les principaux ingrédients pour bien cuisiner japonais : riz, nouilles (« soba, udon, somen, ramen »), tofu, gingembre, daikon, wasabi, shoyu (sauce soja), saké, mirin et vinaigre de riz blanc. Et les recettes : une quinzaine, entrées, plats, sauces, deux desserts.

Je dois avouer que j’ai un problème avec la cuisine japonaise… Je vous rassure, je ne suis pas morte de faim lors de mes voyages au Japon ! J’ai survécu avec les fruits, les légumes, le riz (à tous les repas, même au petit-déjeuner !), les nouilles, le tofu, quelques œufs, un peu de viande (poulet et porc, voir les recettes yakitori et tonkatsu), le thé et… le chocolat japonais ! Et bizarrement avec la bière (japonaise) alors que je ne buvais pas de bière avant !

Sashimis de Saint-Jacques au guacamole nippon : les noix de Saint-Jacques, pas pour moi… Mais le guacamole au wasabi, en apéritif avec des petits légumes crus, je veux bien !

Ramen comme à Sapporo : j’en ai mangé et j’ai aimé mais sûrement qu’ici, je ne mettrais pas de porc haché (peut-être un œuf à la place).

Tofu frit à la sauce ponzu : miam ! Quant à la sauce ponzu avec du jus de yuzu (fruit que j’ai montré ici), re-miam, encore faut-il trouver des yuzus ici !

Aubergines vapeur au sésame : ça oui, ça fait très envie (mais je ne me souviens pas en avoir mangé au Japon).

Huîtres à la japonaise : alors… les huîtres, pas du tout pour moi !

Onigiri : pas de problème pour moi (contrairement aux sushis…) parce que j’aime bien le nori (feuille d’algue).

Asperges vertes rôties aux cacahuètes : pareil que pour les aubergines vapeur, ça fait très envie mais je ne me souviens pas d’avoir vu des asperges au Japon !

Nouilles de soba glacées : délicieux, et toujours avec cette sauce ponzu (au yuzu).

Petits flans d’automne tokyoïtes : pourquoi pas, mais sans les crevettes !

Yakitoris variés : ah, les restaurants de yakitoris (brochettes de poulet grillé) avec les amis japonais, un classique, que de souvenirs… Mais dans cette recette-ci, sans les noix de Saint-Jacques pour moi.

Tonkatsu : pareil que pour les yakitoris, un classique, avec du porc pané frit, que de souvenirs… (eh oui, j’ai mangé un peu de poulet et de porc au Japon).

Chirashis aux œufs de saumon et aux oursins : œufs de saumon et oursins, pas du tout pour moi !

Encornets farcis au porc et aux herbes japonaises : pourquoi pas mais il faut beaucoup d’ingrédients qu’on ne trouve pas ici…

Papayes fourrées aux perles du Japon : pourquoi pas mais mes fruits japonais préférés sont le yuzu et le yûbari King (melon de Hokkaïdo).

Meringues façon Madame Butterfly : recette spéciale du chef, « libre adaptation ». Pourquoi pas mais il faut beaucoup de fruits différents et d’ingrédients.

Le bonus de Fred, la soupe miso express : qu’est-ce que j’ai pu en consommer de la soupe miso ! Chez les amis ou au restaurant, il y en a un bol systématiquement !

De belles photos qui font envie et des recettes faciles à réaliser (encore faut-il trouver les bons ingrédients tout le monde n’habitant pas dans une très grande ville !) : comme celui sur l’Inde, ce petit livre a tout d’un grand. De même, les recettes me conviennent à part celles avec mollusques et crustacés (Saint-Jacques, huîtres, crevettes, œufs de saumon, oursins) ce qui représente tout de même un petit tiers des recettes. Mais pas de sushis, trop délicats et trop difficiles à préparer, ce qui me convient ; par contre il manque les makizushis (plus communément makis en France) avec riz et feuille d’algue que je mange mais ceux sans poisson, c’est-à-dire que je mange ceux fourrés aux légumes (carottes, concombre, daikon…).

Vous pouvez voir – sur la chaîne YT du Fin gourmet – le film sur le Globe-Cooker au Japon (Fred Chesneau participait à une émission télévisée culinaire c’est pourquoi il y a Canal+ sur la couverture en face de Mango).

Précédente lecture pour le Marathon gourmand de ce week-end : l’Inde et prochaine lecture : la Thaïlande mais il existe d’autres titres individuels ou regroupés dans des « valises ». Valise n° 1 : Danemark, Inde, Italie, Japon, Maroc, Thaïlande. Valise n° 2 : Bali, Chine, Espagne, Grèce, Liban, Mexique.

Aussi pour le challenge Des livres et des écrans en cuisine.