La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati

La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati.

Gallimard, collection Folio Junior n° 490, collection Textes classiques, 1977 – 1982 – 1988 – 1997 – 2009 (précédemment publié chez Stock en 1968), 128 pages, 5,90 €, ISBN 978-2-07062-374-7. Illustrations de l’auteur (en couleur à l’origine). La famosa invasione degli orsi in Sicilia (1945) est traduit de l’italien par Hélène Pasquier.

Genres : littérature italienne, littérature jeunesse, conte.

Dino Buzzati naît le 16 octobre 1906 à San Pellegrino di Belluno dans la région de Vénétie. Il étudie le Droit à l’Université de Milan mais il est embauché comme journaliste par le Corriere della Sera. Il est aussi peintre, écrivain et critique littéraire. Il meurt d’un cancer le 28 janvier 1972 à Milan. De lui, j’ai déjà lu Le Désert des Tartares (son plus célèbre roman, paru en 1940) et Le K (un recueil de nouvelles, paru en 1966) et j’ai apprécié le côté fantastique. Avec La fameuse invasion de la Sicile par les ours, je lis un de ses contes, mais il a aussi écrit de la poésie et du théâtre donc il me reste des choses à lire !

Le roman commence par une présentation des personnages et des décors, ça fait un peu théâtral, ça m’a bien plu et puis c’est présenté avec humour.

L’ourson Tonin, fils de Léonce Roi des ours, a été enlevé par deux chasseurs. Deux ans après, les ours font face au froid et à la faim alors ils décident de descendre pour la première fois dans la plaine, là où vivent les humains. « Et les montagnes d’où nous sommes partis. Les reverrons-nous jamais, nos vieilles montagnes ? » (p. 18). Les ours ne sont pas les bienvenus et ils doivent se battre contre l’armée du Grand-Duc, un tyran. « Mais que peuvent les ours, armés de lances, de flèches, de harpons / contre des fusils, des mousquets, des couleuvrines, des canons ? » (p. 24). J’ai oublié de vous dire qu’une partie du roman est racontée sous forme de poésie ! Le Grand-Duc et le magicien De Ambrosiis se réfugient au château de Cormoran mais les ours, valeureux, emmenés par le courageux ours Babbon défient l’armée humaine. Au début, c’est un « Désastre complet » (p. 56) mais un autre ours, plutôt bricoleur, Frangipane, va faire gagner les ours. Pendant que la bataille fait rage, il y a un spectacle au Grand Théâtre Excelsior et, parmi les artistes, un ourson acrobate, rebaptisé Goliath. Oui, oui, vous avez deviné et il va s’en passer des choses ! D’ailleurs, pendant plus de dix ans, les ours vont vivre avec les humains mais leur comportement va changer ce qui déplaît au Roi Léonce.

Ce conte, joliment illustré (par l’auteur lui-même !) s’est déroulé il y a très longtemps car il n’y a plus de montagnes en Sicile, il n’y a plus d’ours non plus… Mais la magie et l’humour de Dino Buzzati font vivre cette histoire pour les petits et les grands lecteurs ! Avec la sortie du film d’animation réalisé par Lorenzo Mattotti et présenté au Festival de Cannes en mai 2019, le livre paraît à nouveau en mai 2019 (couverture ci-contre).

Une lecture plaisante que je mets dans les challenges Cette année, je (re)lis des classiques, Contes et légendes pour la piste « Des animaux à la fête », Jeunesse & Young Adult #9 et Littérature de l’imaginaire #7.

Les liens de Domenico Starnone

Les liens de Domenico Starnone.

Fayard, collection Littérature étrangère, août 2019, 180 pages, 18 €, ISBN 978-2-21370-567-5. Lacci (2014-2016) est traduit de l’italien par Dominique Vittoz.

Genre : littérature italienne.

Domenico Starnone naît le 15 février 1943 près de Naples (Italie). Il vit à Rome où il est journaliste, écrivain et scénariste. Il écrit depuis 1988 mais je ne connaissais pas cet auteur, c’est la première fois que je le lisais. D’après des études littéraires et critiques, des spécialistes disent que Domenico Starnone pourrait être Elena Ferrante !

Vanda et Aldo sont mariés depuis 12 ans, depuis octobre 1962. Ils habitent à Naples et ils ont deux enfants : Sandro, 9 ans, et Anna, 5 ans. Vanda est femme au foyer et Aldo est assistant dans une université à Rome. Il vient de quitter le foyer conjugal car il a rencontré une jeune femme, Lidia, 19 ans.

Ce qu’il y a de subtil dans ce roman, dont l’histoire est somme toute classique, la séparation d’un couple, c’est les trois parties racontées, à leur façon, par les protagonistes.

La première partie est consacrée aux lettres que Vanda écrit à Aldo pour qu’il revienne. « Au cas où tu l’aurais oublié, mon cher, je te le rappelle : je suis ta femme. » (première phrase du roman, p. 9). « Tu n’as tout simplement pas pris la mesure de ce que tu m’as infligé. » (p. 10). « Tu t’es envolé en évitant par tous les moyens d’être clair avec moi. […] J’ai reçu les factures de gaz et d’électricité. J’ai le loyer à payer. Et les deux enfants. Reviens tout de suite. » (p. 15). Est-il question d’amour ou Vanda est-elle simplement dépendante d’Aldo ?

Des années plus tard, Aldo est revenu mais leur couple est comme un objet cassé et recollé qui ne sert plus voire qui menace de se casser à nouveau… C’est la deuxième partie consacrée à Aldo, aux états d’âmes d’Aldo. Car, à leur retour de vacances, leur appartement est sens dessus dessous et leur chat, Labès, a disparu ! Aldo va-t-il prendre la mesure de ce que Vanda et leurs enfants ont subi ?

Et justement, la troisième partie est consacrée aux enfants, Sandro et Anna, devenus adultes et pas contents du tout, surtout Anna. Leur père a commis « Un crime, oui, un crime. » (p. 101).

Les liens est un roman, à la fois court et dense (je l’ai lu d’une traite un dimanche après-midi), sur le naufrage d’un couple, d’une famille… « Laisse tomber les lacets, tout ce que nos parents ont su nouer, c’est un lien avec lequel ils se sont torturés l’un l’autre toute leur vie. » (p. 158). Et c’est vrai qu’il y a quelque chose de pathétique dans les liens qui « unissent » ce couple, cette famille, ou plutôt l’absence de liens… Quand on regarde la couverture, on a l’impression que les lacets sont un lien à la patte et que l’homme ne pense qu’à s’enfuir ! Et on se rend compte que la rancœur a remplacé l’amour aussi bien dans le couple qu’entre les parents et les enfants, ainsi y a-t-il eu un réel pardon ? Je n’en suis pas sûre du tout et c’est triste… Mais super bien écrit ! Tout en finesse, parfois drôle, plutôt cynique, tout en amertume et non-dits, en tout cas ce qu’ont sûrement vécu des milliers de couples qui se sont séparés dans les années 70.

Domenico Starnone est à découvrir ! Du même auteur : Rage de dents (Actes Sud, 1996) et Via Gemito (Fayard, 2000) pour les romans traduits en français, plus les autres titres en italien pour ceux qui lisent en italien ! Avez-vous déjà lu cet auteur ? Me conseilleriez-vous Rage de dents ou Via Gemito ?

Une lecture pour les challenges 1 % Rentrée littéraire 2019 et Voisins Voisines 2019 (Italie).

Viens, mon beau chat de Gaia Guasti

Viens, mon beau chat de Gaia Guasti.

Thierry Magnier, collection En voiture Simone !, mai 2018, 112 pages, 7,40 €, ISBN 979-10-352-0175-3.

Genres : littérature italienne, littérature jeunesse, fantastique.

Gaia Guasti naît en 1974 à Florence (Italie). En 1974, elle arrive à Paris (avec son chat) pour apprendre le français. En 1996, elle entre à l’École supérieure des métiers de l’image et du son et devient scénariste pour le cinéma. Elle est aussi autrice pour la jeunesse. Douze autres romans sont publiés chez Thierry Magnier, plus d’autres romans chez d’autres éditeurs (Milan…). Elle partage son temps entre la France et l’Italie.

« Viens, mon beau chat, viens sur mon cœur amoureux… » (p. 5, première phrase du roman). Le chat, c’est Bouillotte, un magnifique mâle roux qui vit chez les Marilac (Roger, Carmen, Flavie et Marius). Un jour alors que Flavie avait prévu de jouer avec son meilleur ami, Armand Pierlot, la grand-tante Clarisse – qui est par ailleurs propriétaire de l’appartement familial – lui offre « un bracelet ancien, un fil d’argent finement ciselé. […] un objet extrêmement précieux. » (p. 18). Mais Bouillotte s’enfuit par la fenêtre avec le bracelet autour du cou ! Flavie, son petit frère Marius, et Armand vont le poursuivre jusqu’à une maison bien étrange.

S’il n’y a pas de traduction pour Viens, mon beau chat, c’est que Gaia Guasti écrit en français et en italien. Une première version de ce roman, alors titré La dame aux chamélias, est déjà parue aux éditions Thierry Magnier en 2012 dans la collection Le feuilleton des incos.

Viens, mon beau chat est une jolie histoire fantastique qui ressemble à un conte avec plein de chats et une sorcière, en tout cas une vieille dame différente. C’est un hommage au poème Le chat de Charles Beaudelaire (in Les fleurs du mal, 1857) que vous pourrez lire ci-dessous. La couverture est superbe (avez-vous repéré tous les chats ?). L’histoire dans la maison magique de Marguerite fait un tout petit peu peur (pour les enfants, hein !, pas pour les adultes) mais elle est pleine de sagesse et de compassion, de mystère et de fantaisie.

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
                                                                 Nagent autour de son corps brun.

Une jolie lecture pour les challenges de l’épouvante (pour les jeunes lecteurs), de l’été, Jeunesse Young Adult, Littérature de l’imaginaire, Petit Bac 2018 (catégorie Animal), S4F3 #4, Voisins voisines (Italie) et le Défi littéraire de Madame lit (septembre est consacré à la littérature italienne).

Throwback Thursday livresque 2018-27

Pour ce jeudi 5 juillet, le thème du Throwback Thursday livresque 2018 est « en plein vol » (avion, hélicoptère, ailes ou pouvoir magique). Aucune hésitation, je vous propose Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati : par contre, c’est un grand album illustré, pas un roman, j’espère que ça ne dérange pas ! Antoine a un accident avec son avion, il blesse un petit renard avec qui il deviendra ami. Antoine… Oui, Saint-Exupéry ! Et on sait que l’avion fut très important dans sa vie (et dans sa mort aussi…). Vous pouvez voir les autres participations chez BettieRose. Bonne fin de semaine et bon weekend estival !

Les larmes du seigneur afghan de Campi, Zabus et Bourgaux

Les larmes du seigneur afghan de Campi, Zabus et Bourgaux.

Dupuis – Aire Libre, mai 2014, 80 pages, 16,50 €, ISBN 978-2-8001-58-46-4.

Genre : bande dessinée documentaire.

Thomas Campi, né le 8 décembre 1975, est un dessinateur italien qui a commencé par la pub. Il a vécu pendant 6 ans en Chine et vit maintenant à Sydney en Australie. Plus d’infos sur http://thomascampi.com/.

Vincent Zabus, né le 8 mai 1971 à Namur, est un scénariste belge. Du même auteur : Agathe Saugrenu, Macaroni !, Le monde selon François.

Pascale Bourgaux est une journaliste française, elle a couvert le Kosovo, l’Irak, l’Afghanistan, le Moyen-Orient, elle travaille pour les médias français et belges, et donne aussi des cours à Sciences Po.

Depuis dix ans, Pascale va régulièrement en Afghanistan. Elle réalise des reportages sur Mamour Hasan, « un seigneur de guerre ouzbek du nord du pays » (p. 8) et les gens de sa maison. Mars 2010, son employeur préférerait qu’elle ne parte pas car le pays devient de plus en plus dangereux. Pascale est cette fois accompagnée de Gary, le caméraman, c’est sa première fois, et comme d’habitude d’un fixeur qui les guidera et leur servira d’interprète. C’est vrai que la situation s’est dégradée en dix ans : Pascale voit la corruption, les bavures et la pauvreté. « Si l’argent de la communauté internationale était dépensé correctement… Aujourd’hui en Afghanistan, il n’y aurait ni pauvreté, ni talibans. » (p. 26). Beaucoup d’Afghans ne croient plus en la démocratie et sont prêts à inviter les talibans contre lesquels ils ont combattu. « Dix ans de soutien militaire et d’aide humanitaire internationale pour en arriver là… T’imagines ? » (p. 32).

Comme le livre date un peu (2014), on n’apprend pas de choses récentes sur l’Afghanistan mais le constat n’a pas changé : les talibans sont toujours là, la corruption et la pauvreté aussi, une partie de la population se radicalise de nouveau et le pays peut basculer dans le fondamentalisme. C’est triste pour les Afghans… Mais la bande dessinée est tout de même intéressante à lire car, en plus des dessins très réussis, c’est une belle tranche de vie, le beau témoignage d’une journaliste européenne qui aime ce pays et qui risque sa vie à chaque voyage pour rencontrer les gens dans les villages, les filmer, leur donner la parole et qui espère que la vie s’arrangera pour eux. Je me demande si elle y est retournée depuis ? J’aurais aimé savoir plus de choses sur la vie quotidienne, en particulier pour les femmes et les enfants, peut-être qu’il faudrait que je vois le film documentaire réalisé en 2011.

Une lecture pour La BD de la semaine que je mets dans les challenges BD, Défi 52 semaines (A comme Afghanistan), Raconte-moi l’Asie et Un max de BD en 2018.

Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri

Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri.

Robert Laffont, collection La bête noire, octobre 2015, 668 pages, 21,50 €, ISBN 978-2-221-14674-3. Uccidi il padre (2014) est traduit de l’italien par Delphine Gachet.

Genres : littérature italienne, roman policier.

Sandrone Dazieri naît le 4 novembre 1964 à Crémone (Lombardie, Italie). Il est auteur (romans policiers, nouvelles, essai, scénarios…) et journaliste.

Un pique-nique en famille dans la vallée des Pratoni del Vivaro mais, après la sieste, Stefano Maugeri se retrouve seul ; son épouse Lucia et leur fils Luca, 6 ans et demi, ont disparu et il n’arrive pas à les joindre au téléphone. Comme il est un mari violent, il fait un coupable parfait pour le procureur ! Mais la commissaire Colomba Caselli, adjointe du commissaire Alfredo Rovere depuis 4 ans à la troisième section de la brigade mobile (communément appelée la criminelle), est appelée en urgence. Dans la police depuis 13 ans, à 32 ans, elle est en arrêt après ce qu’elle appelle « le Désastre » et fait des crises de panique… Si le corps de l’épouse est retrouvé décapité au Belvédère de la Via Sacra, l’enfant a vraiment disparu. « Si le père est innocent, l’enfant a été emmené par le meurtrier. » (p. 47). Sur les ordres de Rovere, Colomba va devoir travailler avec Dante Torre, connu comme « l’enfant au silo ». « Vous voyez commissaire, pendant onze années, les années les plus délicates dans la formation d’un être humain, j’ai vécu sans contact avec personne hormis lors des confrontations occasionnelles avec mon ravisseur. Ni livres, ni télévision, ni radio. Quand je suis sorti, le monde était pour moi incompréhensible. Les interactions sociales m’étaient totalement étrangères, comme pourrait l’être la vie d’une fourmilière pour vous. » (p. 77). Maugeri est accusé et emprisonné mais Rovere doute de sa culpabilité ; Colomba et Dante vont donc enquêter en parallèle car Torre pense que l’homme qui a enlevé Luca, ainsi que de nombreux autres enfants, est le Père, celui qui l’avait enlevé il y a 35 ans. « Quand il m’a enlevé… Quand le Père m’a enlevé, j’avais avec moi un objet que j’avais trouvé dans le pré où je jouais. C’était un sifflet de scout. […] Celui-ci, dit-il en le montrant du doigt. » (p. 103).

Tu tueras le Père est un très bon roman policier, sombre, extrêmement prenant, un véritable page turner, je l’ai d’ailleurs lu d’une traite ! C’est aussi une réflexion sur la construction de soi, la mémoire, l’imaginaire collectif, la façon dont nous réfléchissons et répondons selon notre culture, nos références et nos souvenirs : Dante Torre a dû tout rattraper après son évasion (musique, cinéma, littérature, personnages, etc.) et, comme il a une excellente mémoire, ça l’aide pour retrouver des enfants disparus. De plus, le lecteur découvre Rome, ses quartiers, ses habitants, ses environs, même si l’auteur explique que certains quartiers sont fictionnalisés. L’enquête est dense, intense, difficile à mener, aussi bien pour Colomba que pour Dante, d’autant plus que les collègues de Colomba et le procureur leur mettent des bâtons dans les roues… L’enquête avance lentement mais ce qu’il vont découvrir est bien plus grave que les actes d’un seul homme, des enlèvements, des expériences, une machination internationale (enfin occidentale plutôt). Et ça fait froid dans le dos… D’autant plus que l’auteur s’est inspiré de faits réels !

Quelques extraits

« Tu sais ce qu’ils t’enseignent tout au début, quand tu apprends à mener une enquête ? À ne pas te polariser sur une théorie. Parce que si tu es trop convaincu, tu vas voir des choses qui n’existent même pas. » (p. 209).

« Depuis quand tu n’es plus en service ? – Entre l’hôpital, la convalescence et la mise en disponibilité ? Presque neuf mois aujourd’hui. » (p. 293).

« Tu connais quelqu’un, toi, qui se donne la peine de mettre un mot de passe à une clé ? – Non, personne. – Alors, quoi que ce soit, ce doit être important. » (p. 387) [une clé USB].

Vite, avant que le mois de mai se termine, une lecture dans le Mois italien ! Et que vois-je ? Tu tueras l’ange, une deuxième enquête de Colomba Caselli et Dante Torre est parue le 18 de ce mois de mai ! Même éditeur, même collection, une prochaine lecture à coup sûr. Excellente lecture que je mets aussi dans les challenges Polars et thrillers de Sharon et Voisins Voisines pour l’Italie.

Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati

Le renard et l’aviateur de Luca Tortolini et Anna Forlati.

Notari, collection L’oiseau sur le rhino, avril 2017, 44 pages, 22 €, ISBN 978-2-9701150-3-8. La volpe e l’aviatore (2017) est traduit de l’italien par Notari et Marcel Cottier.

Genres : littérature italienne, album illustré.

Luca Tortolini naît en 1980 en Italie. Il étudie les Beaux-Arts à Rome. Il vit à Macerata. Il est auteur de plusieurs albums publiés aux éditions Cambourakis, Notari et Rouergue. Plus d’infos sur sa page FB.

Anna Forlati naît en 1980 à Padoue en Italie. Elle est illustratrice. Plus d’infos sur son site (sur lequel j’ai pris l’illustration ci-dessous) et sa page FB.

J’ai reçu ce magnifique album pour le weekend de Pâques, ça m’a fait une très belle surprise et je remercie les éditions Notari !

Il fait nuit et Antoine est obligé de faire un atterrissage forcé en forêt. Un petit morceau de la carlingue blesse un renard et Antoine le soigne. « Il prit soin de moi. Il me banda la patte pendant que je faisais semblant d’être mort. »

Comme vous le voyez, le narrateur est Renard. Je trouve que ça donne une autre ampleur à l’histoire, douce, tendre.

Lorsque l’avion est réparé, Antoine repart mais il n’a pas fait attention que Renard dormait à l’intérieur. C’est une grande aventure pour Renard ! Pourra-t-il manger la poule dont il rêve ?

Les dessins sont complémentaires à l’histoire, en double page, grandioses, avec des détails d’une grande richesse (par exemple, sur la couverture, vous pouvez chercher le hibou, l’oiseau, et c’est comme ça à chaque dessin, un papillon, des baies, etc.).

L’histoire paraîtra douce aux enfants, ils se sentiront confidents de Renard devenant la mascotte de la base militaire, observant Antoine quand il écrit dans ses cahiers et menant une vie agréable malgré la nostalgie de sa forêt. Les adultes, eux, savent qui est Antoine, ce qu’il écrit dans les cahiers, et surtout ils savent qu’Antoine ne reviendra jamais de sa dernière mission… Les enfants se sentiront proches de Renard et garderont espoir au fond de leur cœur.

Ce grand album est propice à parler d’Antoine de Saint-Exupéry, de l’animal et de son milieu naturel, des relations entre l’humain et l’animal, de l’aviation aussi pourquoi pas.

Une très belle lecture que je mets bien sûr dans le Mois italien. Je vais le glisser également dans Je lis aussi des albums organisé chaque année par Sophie Hérisson.