Magus of the Library (tomes 1 à 4) de Mitsu Izumi

Magus of the Library de Mitsu Izumi.

Ki-oon, collection Kizuna, 7,90 € chaque tome. 圕の大魔術師 (Toshokan no Daimajutsushi) est traduit du japonais par Géraldine Oudin.

Genres : manga, seinen, fantastique, fantasy.

Mitsu Izumi naît le 7 février 1989 à Kanagawa au Japon. Elle est mangaka depuis 2011 et travaille principalement pour Kôdansha et Shûeisha. Ses autres titres sont Ano Hana et 7th Garden. Plus d’infos sur son Twitter.

Tome 1 = Ki-oon, mars 2019, 242 pages, ISBN 979-10-327-0467-7.

« Protéger les livres… c’est tout simplement… protéger le monde ! ». Shio est différent des autres habitants du village d’Amun. Il a les yeux verts, des cheveux aux reflets dorés, des oreilles longues et pointues ce qui lui vaut le surnom Oreilles pointues. Il vit dans la montagne avec sa sœur aînée, Tifa, qui se tue à la tâche mais ils sont très pauvres. Le garçon adore lire mais le bibliothécaire le considère comme un potentiel voleur et le met dehors à chaque fois qu’il le voit… Ses rêves, rencontrer un héros qui l’emmènerait dans ses aventures comme Shagrazat le pirate ou vivre à Afshak la capitale des livres où officient les kahunas, les « spécialistes du savoir ». J’aime beaucoup son meilleur ami, Kukuo, un genre de mini lion licorne.

Ce premier tome est la promesse d’une belle aventure mais surtout une ode aux livres et à la lecture. « Un nouveau livre, c’est une porte sur l’inconnu. » et « Les récits ont parfois un grand impact sur la vie de leurs lecteurs… c’est un pouvoir extraordinaire ! ».

Tome 2 = Ki-oon, juin 2019, 256 pages, ISBN 979-10-327-0468-4.

On en apprend un peu plus sur Shio Fumis, c’est un sang mêlé, il parle parfaitement le lakota et le huron… « Quand un nouveau monde s’ouvre à toi… Ce serait dommage de s’en éloigner par ignorance. » En aidant Chaku, il emmène la fillette vers la lecture et la tolérance. Ce deuxième tome est le voyage de Shio entre Amun et Afshak. C’est un grand plaisir de voir les files d’attente devant les librairies d’Itsamunah. « Les enfants qui lisent beaucoup n’ont pas peur de la différence. » D’ailleurs, sang mêlé se prononce comme fraternité pour les kahunas.

Après ce long périple parsemé d’embûches, c’est le moment de l’examen pour devenir apprenti à la bibliothèque d’Afshak. « Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire spécifique à chaque domaine. Et, dans cette première épreuve, leur capacité à traiter un volume record d’informations en un temps très limité. Pour réussir, ils doivent rester concentrés pendant trois jours. C’est à eux de choisir une stratégie pour y parvenir. »

Tome 3 = Ki-oon, octobre 2019, 304 pages, ISBN 979-10-327-0493-6.

Sur le continent Atolatonan, une guerre ethnique a eu lieu il y a moins de cent ans et les problèmes sont encore visibles entre les différents peuples. De son côté Shio continue le concours. « Rien n’est encore joué !! Renoncer maintenant… ce serait trahir toutes les personnes qui m’ont soutenu jusqu’à présent !! La solution à un problème est toujours à portée de main… ».

J’ai bien aimé la vieille toute marrante, mais c’est un tome plus épais, sombre et intense. Un huis-clos dans la bibliothèque d’Afshak, Shio et les autres candidats étant sous une forte pression. C’est que, chaque année, plus de huit cents candidats se présentent et seulement les meilleurs deviennent apprentis.

Tome 4 = Ki-oon, novembre 2020, 232 pages, ISBN 979-10-327-0660-2.

Apprenti ! « La bibliothèque centrale d’Afshak est le quartier général des livres… Un millier de kahunas et près de quatre cents kohkuas (assistants des kahunas) s’y affairent. Pendant un an, les lauréats du concours vont apprendre leur futur métier avant de devenir kahunas à part entière. « Nous n’avons qu’une seule et unique mission… Non pas en tant que dirigeants mais en temps que protecteurs… C’est de veiller sur les livres… et rien d’autre ! »

Quelle belle série ! Les dessins sont grandioses et l’histoire superbe. Je vais attendre la suite avec impatience ! Grâce à son amour de la lecture et à son travail acharné pour l’examen, Shio va pouvoir accéder à son rêve de toujours et il va découvrir l’humour, l’amitié, la solidarité et des peuples différents mais aussi un ennemi…

Au Japon, la série est pré-publiée dans le mensuel Good! Afternoon (dès novembre 2017) puis éditée en volume par Kôdansha (dès avril 2018). Le 4e tome est paru en juin 2020 et, depuis, les fans sont dans l’attente de la suite. J’avais oublié de dire que j’ai repéré cette série chez Karine qui m’a donné très envie de la lire 😉

Lu durant le Read-a-thon du challenge Un mois au Japon, je mets cette lecture également dans La BD de la semaine et les challenges BD et Des histoires et des bulles (catégorie 26, une série) mais aussi dans Challenge lecture 2021 (catégorie 2, un livre dont l’action se passe dans une bibliothèque ou une librairie), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #9. Plus de BD de la semaine chez Moka.

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi

L’homme qui marche de Jirô Taniguchi.

Casterman, collection Manga, septembre 1995, 144 pages, ISBN 2-203-37202-8. 歩くひと (Aruku hito, 1992) est traduit du japonais par Takako Hasegawa.

C’est une ancienne édition que j’ai (la première édition en fait), pour une édition récente, cliquez ci-dessus sur Casterman.

Genres : bande dessinée japonaise, manga, seinen.

Jirô Taniguchi… 谷口 ジロー (14 août 1947-11 février 2017). Vous pouvez lire mon billet qui lui est consacré (biographie et bibliographie). Les histoires de Aruku hito ont été écrites et dessinées en 1990-1991 et publiées en 1992. Aruku c’est le verbe marcher, hito c’est pour homme mais il signifie en fait une personne (donc homme ou femme).

J’ai déjà lu beaucoup de titres de Jirô Taniguchi, un de mes mangakas préférés, même s’il m’en reste quelques-uns à lire (parmi les derniers parus). Pour le challenge Des histoires et des bulles, il faut lire une BD de Jirô Taniguchi (c’est même la première catégorie) alors voici L’homme qui marche. J’ai choisi ce titre parce que c’est le premier de l’auteur traduit en français (et donc paru en France).

Si vous n’avez pas connu cet événement, vous ne pouvez pas imaginer ce qu’il fut pour les amoureux du Japon et de la culture japonaise (et aussi pour les curieux de bande dessinée), mais vous pouvez toujours lire ce titre ou un autre titre de ce merveilleux auteur et dessinateur qui me manque (comme sûrement à tous ses fans). Pour moi en tout cas, c’est une énième relecture et c’est toujours un pur bonheur, je ne m’en lasse pas.

« C’est beau ! – Oui, quelle vue ! – Je sors faire un tour ! – Bon… d’accord ! – Ça me fait beaucoup de bien. » (p. 6). Voici comment commence ce manga. Il y a très peu de texte. L’homme dit à son épouse qu’il sort, prendre l’air, observer le quartier, les oiseaux… Comme ça fait du bien ! Et les promenades, l’homme va en faire d’autres, d’autant plus qu’un chien abandonné par son ancien « propriétaire » s’est invité chez eux (comme les premiers flocons de neige tombent, le couple l’appelle Neige). Au gré des rencontres et de la météo, avec ou sans Neige, parfois avec son épouse, cet homme (l’auteur) se balade, observe, fait parfois des rencontres ou se perd dans des ruelles.

C’est tout simple tant au niveau du dessin tout en délicatesse que des histoires, des anecdotes plutôt, et pourtant c’est grandiose ! Et je vais tout simplement vous laisser découvrir par vous-même ce magnifique manga intimiste et contemplatif. À noter que l’auteur aimait la culture française, il loue la cassette vidéo de La petite voleuse (p. 95).

Pour ceux qui n’aiment pas lire les mangas à cause du sens de lecture japonais, rassurez-vous car les mangas de Jirô Taniguchi sont dans le sens européen, alors plus d’excuse, lancez-vous !

En plus de Un mois au Japon, La BD de la semaine et Des histoires et des bulles, je mets cette lecture dans Animaux du monde (chats, oiseaux, chiens), BD, 2021 cette année sera classique (oui, pour moi c’est un classique !), Challenge lecture 2021 (catégorie 14, un roman graphique, 2e billet), Hanami Book Challenge pour le menu 3 (le Japon d’aujourd’hui) et le sous-menu 1 (Fly to me Saitama, vie à la campagne) et Petit Bac 2021 (catégorie Être humain pour Homme).

Plus de BD de la semaine chez Moka.

Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai

Haïkus des quatre saisons avec des estampes de Hokusai.

Seuil, octobre 2010, 128 pages, 19,90 €, ISBN 978-2-02102-293-3. Haïkus traduits du japonais par Roger Munier.

Genres : littérature japonaise, poésie, classique.

Différents auteurs très connus comme Bashô, Buson, Issa, Shiki (plusieurs haïkus de chacun) et moins connus comme Chiyo-ni, Chora, Gonsui, Hashin, Kikaku, Kitô, Koyû-ni, Kubonta, Moritake, Onitsura, Saikaku, Senkaku, Shara, Taigi, Yayû, Yûsui (un ou deux haïkus de chacun).

Que dire sur ce recueil de poésie en dehors du fait que, bien sûr, il est magnifique tant au niveau des haïkus qu’au niveau des estampes. Je vais donc parler un peu du haïku et des haijin, des estampes et de Hokusai puis donner mes quatre haïkus préférés (un par saison). Hier, j’ai publié une photo qui montre un extrait de ce recueil.

Le haïku. Le haïku 俳句 est un poème japonais court se composant obligatoirement de : 1. 17 mores (syllabes pour les Occidentaux) disposées d’une certaine façon (5/7/5), 2. un kigo (un mot de saison) et 3. un kireji (une césure). Le haïku est très codifié et s’il ne comporte pas de saison ou pas de césure, ce n’est pas un haïku, c’est un muki. Ou un senryu qui parle des faiblesses humaines de façon cynique (*). Le mot haïku est créé en 1891 par Masaoka Shiki (qui fait partie des auteurs de ce recueil). Car au XVIe siècle, les Japonais utilisaient haïkaï-renga ou renga (au moins deux strophes). Et le mot hokku désigne la première strophe d’un renga. Shiki a donc contracté haïkaï et hokku pour créer haïku. Pour conclure, le haïku parle de ce qu’a vu ou ressenti son auteur durant une saison (par exemple des cerisiers en fleurs symbolisent le printemps). (*) J’ai rencontré des gens qui disent écrire des haïkus mais qui n’y parlent que de leurs problèmes personnels et existentiels, ils ont bien du mal à comprendre que ce ne sont pas des haïkus… Ces gens regardant uniquement en eux et n’observant pas du tout la Nature et les saisons !

Les haijin. Les auteurs de haïkus sont des haijin 俳人 (ou haïkistes pour les Occidentaux). Les premiers haijin vivaient au XVIe siècle : Sôkan Yamazaki (1465-1553) dit Sôkan n’est pas présent dans ce recueil mais Arakida Moritake (1473-1549) dit Moritake y est. Les haijin les plus connus sont Bashô Matsuo (1644-1694) dit Bashô, Buson Yosa (1716-1783) dit Buson dont j’ai déjà publié 66 haiku, Issa Kobayashi (1763-1828) dit Issa et Masaoka Shiki (1867-1902) dit Shiki qui représentent les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles apportant chacun des évolutions. Quatre siècles sont donc représentés dans ce recueil. À noter que le célèbre romancier et nouvelliste Natsume Sôseki (1867-1916) dit Sôseki a écrit des haïkus après sa rencontre avec Masaoka Shiki en 1887.

Les estampes japonaises. L’ukiyo-e (浮世絵) signifiant « image du monde flottant » est une technique artistique japonaise de peinture (e) gravée sur bois créée à l’époque d’Edo (1603-1868). Sont représentés des paysages naturels (incluant les animaux) et des lieux célèbres mais aussi des personnes réelles comme des acteurs du théâtre kabuki, des lutteurs de sumô… et des femmes, des femmes belles (bijin), des courtisanes (oiran), parfois dans des scènes érotiques (« maisons vertes », Yoshiwara le quartier des plaisirs…), et aussi des créatures fantastiques comme les yôkai (fantôme, esprit, démon). Les ukiyo-e peuvent aussi être des illustrations de calendrier (egoyomi) et de cartes de vœux privées luxueuses (surimono).

Hokusai. Parmi les artistes d’estampes japonaises les plus célèbres, il y a Kitagawa Utamaro (c. 1753-1806) dit Utamaro, spécialiste des portraits (okubi-e qui signifie « image de grosse tête »), Utagawa Hiroshige (1797-1858) dit Hiroshige, spécialiste des estampes de la ville d’Edo et du Mont Fuji et Katsushika Hokusai (1760-1849) dit Hokusai et surnommé le « Vieux fou de dessin » spécialement connu pour ses vues du Mont Fuji et pour sa Grande vague de Kanagawa. Mais les estampes de ce recueil ne se limitent pas au Fuji et à la vague, elles montrent des paysages (des arbres, des fleurs, des points d’eau, des montagnes…), des animaux, des personnages (à l’intérieur ou à l’extérieur) et même des objets. Né à Edo (l’ancien nom de Tôkyô), Hokusai a vécu pratiquement toute sa vie à Asakusa (quartier que j’aime beaucoup) mais il a voyagé en particulier à Kyôto et a eu une carrière de 70 ans (durant laquelle il a régulièrement changé de nom d’artiste). Ses œuvres sont visibles dans deux musées : le Hokusai-kan à Obuse dans la préfecture de Nagano (depuis 1976) et le Sumida Hokusai Bijutsukan (Musée Sumida Hokusai) à Tôkyô (depuis 2016). À noter que sa fille cadette, Katsushika Ôi (c. 1800–c. 1866), est devenue peintre et est connue grâce à une série de manga Sarusuberi de Hinako Sugiura (3 tomes, 1983-1987) et un très beau film d’animation Sarusuberi Miss Hokusai réalisé par Keiichi Hara (2015).

Voilà, j’espère que ce billet vous a plu, vous a donné envie de lire ces haïkus et, avant de vous donner mes quatre haïkus préférés (un par saison donc, mais ils peuvent changer au gré de mes relectures et de mon humeur), je voulais vous dire que les Japonais sont fiers d’avoir quatre saisons et ont du mal à croire qu’en Europe aussi il y a quatre saisons (peut-être qu’au Japon, les saisons sont plus « marquées » qu’ici).

Printemps : Rien d’autre aujourd’hui / que d’aller dans le printemps / rien de plus (Buson).

Été : Montagnes au loin / où la chaleur du jour / s’en est allée (Onitsura).

Automne : De temps à autre / les nuages accordent une pause / à ceux qui contemplent la lune (Bashô).

Hiver : Les chiens poliment / laissent passage / dans le sentier de neige (Issa).

Pour le Mois au Japon et 2021, cette année sera classique, Challenge lecture 2021 (catégorie 55, un recueil de poèmes), Hanami Book Challenge pour le menu 1, Au temps des traditions, pour le sous-menu 4, fête traditionnelle, nature, écologie (chaque changement de saison est une fête au Japon et aussi bien les haïkus que les estampes font ici honneur à la Nature), Petit Bac 2021 (catégorie Météo, les saisons étant acceptées).

Image

Projet 52-2021 #14

Quatorzième semaine pour le Projet 52-2021 de Ma avec le thème poésie. Cette photo montre un extrait de Haïkus des quatre saisons illustrés avec des estampes de Hokusai, un beau livre que j’aime lire et relire. Je vous souhaite un bon week-end printanier et, si vous voulez participer, allez voir Ma !

 

Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada

Encore un peu petite de Mari Kasai et Chiaki Okada.

Nobi Nobi, août 2019, 40 pages, 12,50 €, ISBN 9782373491609. Chiisai watashi (2013) est traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

Genre : album illustré japonais.

Mari Kasai naît à Hokkaido. Elle est autrice pour la jeunesse. Son autre titre chez Nobi Nobi : Le portrait de Nounours (2016) et d’autres titres chez Mango : Grand Ours est fâché et Grand ours est timide (2003).

Chiaki Okada naît à Ôsaka. Elle est illustratrice pour la jeunesse. Ses autres titres chez Nobi Nobi : J’attends maman (2016), Douce lumière (2017), Maman ! Oui (2018), Un vœu aux étoiles (2018) et d’autres titres chez Seuil : C’est toi le printemps ? (2014), Une nuit à la bibliothèque (2016), Grande fille (2017), Viens, rejoins-nous ! (2018).

Une fillette va promener son chien, Lulu, mais elle est encore un peu petite alors elle y va avec sa maman. « Moi, je suis encore un peu petite. Mais un jour, je pourrai aller toute seule en promenade avec Lulu. Parce que je grandis ! » (p. 5).

Voici un très joli album illustré pour grandir !

Je démarre en douceur le challenge Un mois au Japon et je mets cette lecture dans Animaux du monde #3 (chien), Jeunesse Young Adult #10, Petit Bac 2021 (catégorie Adjectif avec Petite) et Les textes courts.

 

East Asia Digital Library Collection

East Asia Digital Library (EADL), c’est la Bibliothèque Numérique d’Asie de l’Est. En effet, la National Diet Library (Japon) et la National Library of Korea (Corée) ont créé conjointement ce portail culturel unique et libre de droits.

Un beau rapprochement entre les deux pays, pour partager à la consultation des documents et archives (par ordre chronologique ou par sujet) en japonais, en coréen, en chinois (les deux pays utilisant par le passé le chinois) et… en anglais. Histoire, faune et flore, médecine, bouddhisme, correspondances, Arts (dessins, peintures, calligraphies), romans, etc., de précieux documents qui datent d’entre 500 et 2000.

Allez vite consulter les collections coréenne et japonaise sur l’EADL !

Les miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino

Les miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino.

Actes Sud, collection Exofictions, janvier 2020, 384 pages, 22,80 €, ISBN 978-2-330-13059-6. Namiya zakkaten no kiseki ナミヤ雑貨店の奇蹟 (2012) est traduit du japonais par Sophie Rèfle.

Genres : littérature japonaise, fantastique.

HIGASHINO Keigo 東野 圭吾 naît le 4 février 1958 à Ôsaka (Japon). Passionné de romans policiers il étudie l’ingénierie électrique tout en écrivant. Il est considéré comme un des meilleurs auteurs de romans policiers contemporains. Il est auteur de romans (policiers, noir, thriller) comme La maison où je suis mort autrefois, de nouvelles et même d’un excellent manga en 4 tomes, Heads, pour lesquels il reçoit de nombreux prix.

Par une nuit de pleine lune, à deux heures du matin, la vieille Crown volée dans laquelle circulent Atsuya, Kôhei et Shôta tombe en panne. Les trois jeunes, qui viennent de commettre un cambriolage, décident de se planquer dans « la vieille bicoque » (p. 9). C’est en fait un ancien bazar dont le devant servait de magasin et l’arrière de logement. Alors qu’Atsuya cherche de quoi s’allonger, une lettre est glissée dans une fente du rideau du magasin. Elle est signée « le lapin de la lune » (p. 15).

C’est que l’ancien propriétaire, Namiya Yûji, 72 ans, aidait les gens qui avaient des soucis. Souci se dit nayami en japonais ce qui est l’anagramme de Namiya. « Je ne pense pas que le vieux bonhomme parfaitement ordinaire que je suis puisse servir à grand-chose, mais les réponses que je fournis sont toutes le résultat de mes réflexions. » (extrait d’une interview de Namiya Yûji dans un magazine vieux de plus de 40 ans, p. 21).

Kôhei veut répondre à lapin de la lune et Shôta se range à son avis mais Atsuya ne voit pas l’intérêt. « Tu crois que t’as le temps de t’occuper des problèmes de gens que tu ne connais même pas ? Et toi, Shôta, t’es comme lui ? » (p. 29). Mais, finalement, ils n’ont que ça à faire en attendant l’aube et, à peine la réponse de Kôhei mise dans la boîte à lait à l’arrière du magasin, elle disparaît et une autre lettre est glissée dans la fente du magasin !

Les trois amis comprennent que les lettres viennent du passé et se prennent au jeu car personne ne leur avait jamais demandé leurs avis avant. « Une autre lettre, dit-il, en agitant une enveloppe de la main droite. Mais pas de la même personne. » (p. 69).

C’était la première histoire, intitulée La réponse sera dans la boîte à lait. La deuxième est Un harmonica dans la nuit. Katsurô a quitté sa famille pour étudier l’économie à Tôkyô mais il joue de la guitare et voudrait vivre de la musique. Lorsque sa jeune sœur Emiko lui apprend que leur grand-mère est morte, il retourne auprès de sa famille. Mais la veillée ne se passe pas très bien et Katsurô écrit « une lettre au bazar Namiya » (p. 104). Et d’autres histoires suivent.

Les vies d’Atsuya, Kôhei, Shôta et de ceux qui rédigent les lettres et reçoivent les réponses des trois jeunes délinquants vont être indubitablement modifiées !

Comme les différentes parties (histoires) ont des personnages différents, j’ai d’abord pensé que ce livre était un recueil de nouvelles mais pas du tout, c’est bien un roman et tout se met en place petit à petit car tout est lié au-delà du temps et c’est une totale réussite. Le style et la logique de Keigo Higashino sont vraiment extraordinaires et je vous conseille vivement cet excellent auteur japonais car ce roman est à la fois dramatique et drôle, réaliste et fantastique, un véritable coup de maître ! Et la couverture est somptueuse.

Je mets ce coup de cœur dans le Challenge lecture 2021 (catégorie 12, un livre d’un auteur japonais mais d’autres auteurs japonais viendront non seulement pour le Mois japonais mais tout au long de l’année) et Littérature de l’imaginaire #9.

Blue Giant 1 de Shinichi Ishizuka

Blue Giant 1 de Shinichi Ishizuka.

Glénat, juin 2018, 226 pages, 7,60 €, ISBN 978-2-34402-551-2. ブルージャイアント(2013) est traduit du japonais par Anne-Sophie Thévenon.

Genres : manga, seinen.

Shinichi ISHIZUKA 石塚真一 naît en 1971 dans la préfecture d’Ibaraki. Il part étudier la météorologie aux États-Unis pendant 5 ans. Il découvre l’escalade et publie Vertical (18 tomes). Car, de retour au Japon, il devient mangaka.

Dai Miyamoto joue au basket depuis le collège. Il décide tout à coup d’écouter du jazz. « Miles Davis, Charlie Parker et Bill Evans… J’ai pris ceux qui avaient l’air les plus célèbres. » (p. 11). C’est que « Le jazz, c’est une musique rude et brûlante, née de la collision entre les personnalités de chacun. » (p. 19). Son ami Shuhei, qui joue du piano et de la guitare, l’emmène à un concert. Après son entrée au lycée, Dai se met à jouer du saxo sur les berges de la rivière Hirose à Sendai. Mais il ne suit aucun cours et n’a pas de partitions, il y va au feeling, il improvise. Et quand il pleut, il joue sous un tunnel. « Cet écho… est géant ! » (p. 70). « Le jazz, c’est une musique libre et intense ! » (p. 83). Mais les jeunes de son âge ne comprennent pas son engouement… « C’est une musique… grave, puissante et brûlante. » (p. 85). Et il veut devenir « le meilleur jazzman au monde » (p. 137).

Cette série en 10 tomes est pré-publiée au Japon dans Big Comic puis éditée par Shôgakukan (entre 2013 et 2017). Mais attention, Blue Giant n’est pas terminé avec ces 10 tomes ! Suit Blue Giant Supreme (ブルージャイアント シュプリーム) en 11 tomes et Blue Giant Explorer (ブルージャイアント エクスプローラー) prévoit de suivre Dai Miyamoto aux États-Unis (sûrement une dizaine de tomes aussi).

C’est trop pour moi mais j’ai été ravie de découvrir ce premier tome très bien dessiné (époustouflant et vibrant même) et qui raconte une musique que j’écoute peu (je suis plus rock) même si je connais les grands noms du jazz.

Cette série plaira assurément aux amateurs de jazz mais aussi aux amateurs de musique en général et bien sûr aux amoureux de très beaux mangas.

Pour La BD de la semaine et les challenges BD, Lecture 2021 (catégorie 31 = un livre ayant comme thème principal la musique mais il pourrait aller dans les catégories 4, 12, 33, 39 et 40 !) et Petit Bac 2021 (catégorie Couleur pour Blue). Plus de BD de la semaine chez Stéphie. Noctenbule l’a lu aussi.

 

Dodoma (trilogie) de Jun Shiraishi

Dodoma de Jun Shiraishi.

Komikku, c’est le lien FB (il n’y a pas de site alors ce n’est pas évident d’avoir des infos…). ドードーマ (Dôdôma, 2014, Tokuma Shoten) est traduit du japonais par Yohan Leclerc.

Tome 1 : Mana, Tome 2 : Shino, Tome 3 : Mana et Shino

Genres : manga, shônen, science-fiction, fantasy.

SHIRAISHI Jun 白石 純. Pas d’infos sur lui ! Tout ce que je peux dire c’est que c’est un jeune mangaka.

Tome 1, mai 2016, 192 pages, 7,90 €, 978-2-37287-097-9.

« Orbis, pays de l’arbre de vie. » (p. 7). Mana (11 ans) et son frère aîné, Shino (13 ans), vivent dans cette cité de pierres créée, selon la légende, par les dieux après un déluge et où les humains ont pu se réfugier. Ils sont orphelins et vivent avec la famille de leur oncle Yû. Il y a 300 personnes, adultes et enfants. Mais un jour, des visiteuses, Olivia et Chloé, qui parlent une langue incompréhensible viennent « du dehors » : comment est-ce possible, sont-ce des déesses ? Puis la cité est attaquée par des êtres bizarres, géants, masqués, les Dodomas, et de nombreux habitants sont tués, y compris des enfants… Mana fuit avec Shino blessé mais les combats font rage.

Tome 2, juillet 2016, 190 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-37287-132-7.

Shino est gravement blessé mais il a fusionné avec le Dodoma contre lequel il s’est battu alors comment le déplacer pour l’emmener à l’Oasis ? Survient, une vieille femme, un genre d’elfe, Agatha, la suivante de Zena Kronos, venue récupérer la princesse Olivia Leonore et elle fera tout pour les empêcher d’atteindre l’Oasis qui est « une zone de non-agression ». « Chloé, accompagne-le ! Il ne doit pas mourir ! » (Olivia, p. 49).

Tome 3, décembre 2016, 187 pages, 7,90 €, ISBN 978-2-37287-133-4.

Alors que la troupe – qui s’est agrandie – est en route pour la mer afin d’aller au Ciel, trois Dodomas ennemis les attaquent (une sphère, un équidé et un être étrange). Mais Olivia et son peuple ne pensent en fait qu’à une chose, se battre pour le pouvoir alors sauveront-ils les humains ? En tout cas, l’amour entre les deux frères est puissant.

Dodoma, c’est des dessins à la fois plein de poésie et de fulgurance lors des combats. Les dessins sont alors tout en vitesse, c’est assez impressionnant. C’est une histoire intrigante avec des créatures venues d’ailleurs et c’est aussi une histoire de trahison. Dodoma est à la fois de la science-fiction (monde post-apocalyptique, êtres venus d’ailleurs, technologie Dodoma) et de la fantasy (liaison entre les humains et l’arbre de vie, liaison entre l’arbre de vie et la planète). Les tomes sont agrémentés de travaux préparatoires et de yonkomas amusants (strips verticaux de 4 cases).

Lus aujourd’hui et note de lecture de ces 3 tomes rédigée pendant la lecture ; si seulement je pouvais faire comme ça à chaque fois, j’aurais moins de retard dans la rédaction et la publication de mes chroniques !

Une lecture agréable et divertissante pour les challenges BD, Challenge du confinement (case Manga), Jeunesse Young Adult #10 et Littérature de l’imaginaire #8.

Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 6.

Perfect World 1 de Rie ARUGA

Perfect World 1 de Rie ARUGA.

Akata, octobre 2016, 162 pages, 6,95 €, ISBN 978-2-36974-148-1. パーフェクトワールド (2014) est traduit du japonais par Chiharu Chujo et Nathalie Bougon.

Genres : manga, josei.

Rie ARUGA 有賀リエ naît à Omachi (préfecture de Nagano, Honshû). Sa carrière démarre en 2011 lorsqu’elle reçoit le prix Gold pour une histoire courte, Tentai Kansoku. Plus d’infos sur son compte Twitter. Ce tome 1 de Perfect World est son premier manga publié en volume et « grâce au très bon accueil des lecteurs », ce qui était prévu comme un one-shot est devenu une série (chez Kôdansha) et il a même été adapté au cinéma en 2018 (bande annonce ci-dessous).

Tôkyô. Lors d’une soirée professionnelle, Tsugumi Kawana retrouve Itsuki Ayukawa qu’elle avait connu au lycée et qui était son premier amour. « On n’a jamais été dans la même classe, ni dans le même club. Mais on aimait bien discuter tous les deux. » Elle travaille maintenant pour une entreprise de décoration d’intérieur, Cranberries. Et lui est architecte pour un cabinet d’architecture, Kodan. Mais Itsuki part tôt et Tsugumi se rend compte qu’il est en fauteuil roulant : il a eu un accident durant ses études. « Mon premier amour… est à présent handicapé. Malgré tout… mes sentiments, eux, n’ont pas changé. » Mais, comment faire, que dire ? Elle ne connaît rien au quotidien d’un handicapé… Alors qu’ils se rendent tous les deux à Nagano, pour retrouver leurs anciens amis de lycée, surgit Miki Yukimura, l’ex d’Itsuki : elle l’aurait quitté après l’accident alors qu’ils étaient ensemble depuis des années.

C’est avec subtilité et tendresse que Rie Aruga traite du handicap, des souffrances invisibles et des relations avec une personne handicapée. En plus, Tsugumi et Itsuki font la connaissance d’un ado, également en fauteuil, Haruto, qui lui aussi pratiquait le basket, mais il n’accepte pas du tout sa situation et refuse de revoir, depuis un an, sa petite amie. Pourtant… « Bravo !! À peine arrivé et tu marques déjà ?! Pas de doute, t’es toujours le boss !! Bravo Haruto !! T’es le meilleur !! ».

Un josei est un manga féminin, un manga pour les femmes, mais franchement les hommes peuvent très bien le lire et l’apprécier (d’autant plus qu’il parle de basket). Mais surtout du handicap et des relations ce qui concerne tout le monde ! Le problème, comme souvent, le nombre de tomes… Déjà 11 parus au Japon (10 en France) et la série est encore en cours.

Pour La BD de la semaine et les challenges BD et Jeunesse Young Adult #10. Plus de BD de la semaine chez Moka. Et n’oubliez pas de visiter Mon avent littéraire 2020 pour le jour n° 2.